
Ce dimanche 26 mars 2026 s’élancera la 112e édition de Liège-Bastogne-Liège, troisième course du mythique triptyque ardennais de la saison cycliste. À 10 h 10 précisément, le peloton prendra le départ de Liège, pour descendre en direction de la Province du Luxembourg, à Bastogne, avant de remonter vers la ville de départ en arpentant ses vallons mythiques.

Point météorologique de La Flèche Wallonne 2026

Des températures printaniers plus qu’agréables (17°C) et un vent de Nord-Est qui aurait pu être handicapant, si seulement ses valeurs n’étaient pas inexistantes dont le maximum atteindra 10 km/h. Rien n’empêchera les coureurs les plus forts de faire les différents. Rien ne les freinera dans leur course folle. Le truel annoncé est lancé et rien ni personne ne pourra l’arrêter.
Points clés de Liège-Bastogne-Liège 2026
127.1 kilomètres de l’arrivée : le versant sud du Col de Haussire (3.8 kilomètres à 7.1 %) fait son retour après son introduction en 2025. Plus longue difficulté de Belgique, les UAE émirates devraient y imposer déjà un gros tempo pour créer cette fatigue et appliquer le plan « all-in » afin que l’attaque redoutée de Pogačar soit la plus tranchante possible. D’ordinaire, ce serait un lieu idéal d’anticipation. Malheureusement, le train du tenant des deux dernières éditions devrait annihiler toute tentative.
88.3 kilomètres de l’arrivée : 2023 est si proche et si loin à la fois. Trois ans après l’anticipation de Jan Tratnik, il paraît désormais peu probable de revoir des audacieux essayer de contrecarrer le plan des favoris à la victoire dans la côte de Wanne.
81.8 kilomètres de l’arrivée : idem pour la côte de Stockeu. A ce stade, choisir d’anticiper revient à se tirer une balle dans le pied. L’objectif pour la quasi-totalité du peloton se résume à survivre et attendre l’inévitable sanction.
77.6 kilomètres de l’arrivée : une fois la rocade passée et ses plus forts pourcentages, le faux plat montant en quasi ligne droite n’est absolument pas favorable à une poignée de coureurs pris en chasse par le peloton au sommet de la côte de la Haute-Levée.
63.3 kilomètres de l’arrivée : la question centrale autour du Col du Rosier sera de savoir si les Decathlon CMA-CGM oseront bousculer les émiratis. L’équipe de Tadej Pogačar est, sans doute, la plus faible des dernières années. Tant et si bien qu’il serait de bon ton d’essayer de se débarrasser des éléments les plus faibles et tenter d’esseuler le champion du monde avant l’approche de la Redoute.
50.8 kilomètres de l’arrivée : d’autant que la réintroduction du Col du Maquisard, en compagnie de la cote de Desnié devrait rajouter un peu plus usure et écrémer encore plus le peloton. Une opération qui serait bienvenue, aussi pour les Red Bull – Bora Hansgrohe afin d’éviter un mauvais placement de Remco Evenepoel au pied de la Redoute.
46.7 kilomètres de l’arrivée : pour autant difficile d’imaginer un coureur comme Ben Cosnefroy mis en difficulté, ni même Pavel Sivakov ou Tim Wellens quand même bien la condition physique ne soit pas la plus optimale. champion du monde avant l’approche de la Redoute.
Si les montées font énormément de dégâts, les descentes peuvent être des tombeaux. Celle menant à Remouchamps est loin d’être anodine. Prise à près de 80 km/h, elle mène au pied de la Redoute et offre une bataille de placement que l’on ne voit que sur les Classiques. C’est ici que Paul Seixas peut d’or et déjà perdre la course.
34 kilomètres de l’arrivée : pour suivre l’attaque de Tadej Pogačar, il faudra être capable d’endurer un sub 3′ dans la Redoute, qui porte si bien son nom. C’est-à-dire être capable de développer plus de 565 watts ou près de 8.5 w/kg… Si la montée du Slovène semblait facile, c’était une mission qui s’avérait impossible pour le commun des mortels que compose le peloton professionnel.
30.1 kilomètres de l’arrivée : non répertoriée, la côte de Cornemont a été ajoutée pour casser la chasse que la côte des Forges ne permet pas. Elle est vectrice de mouvements et désorganisation.
23.3 kilomètres de l’arrivée : la cote des Forges est trop peu sélectif pour jouer un quelconque rôle.
13.4 kilomètres de l’arrivée : tout le monde souhaite voir un duel entre au moins Paul Seixas et Tadej Pogačar sur les pentes de la Roche-aux-Faucons, mieux encore un truel avec Remco Evenepoel en juge arbitre ne serait pas de trop. Si le Belge a montré plus de faiblesses dès que la pente s’élevait cette saison, le voir à la bascule proche du Slovène pourrait créer énormément de tensions. Le Belge étant peut-être, à l’heure actuelle, une source d’inquiétude en cas de sprint réduit, tant il a travaillé son coup de poing.

Vue depuis la ligne d’arrivée
Le grand favori de Liège-Bastogne-Liège 2026

Certains personnages de la pop culture résument assez bien la « problématique Tadej Pogačar » à laquelle le peloton mondial est confrontée. Capable de terrasser n’importe qui, il est devenu un ogre si invincible qu’il en est devenu (presque) ennuyeux.
Tant pour une partie du public, que pour pour lui-même où des signes de lassitude peuvent se faire ressentir. Le Slovène semble même parfois courir contre lui-même. Parce que personne ne lui résiste vraiment, peu importe le terrain. Encore plus sur les journées difficiles qu’il a transformé en simples formalités. Depuis le Lombardie 2023, la statistique est simple et effrayante. Pogačar collectionne les victoires, notamment sur les Monuments, comme d’autres collectionnent des figurines de petits coureurs cyclistes. Dix-sept courses d’un jour disputées sur au moins 3 000 mètres de déclivité : quinze victoires et deux places de deuxième (derrière Mattias Skjelmose sur l’Amstel Gold Race de l’an passé et l’offrande à Brandon McNulty sur le Grand Prix de Montréal). À 27 ans, le double champion du monde en titre est déjà en train d’écrire sa légende qui est encore loin d’avoir trouvé son point final. Pour l’édition 2026 de la « Doyenne », le double champion du monde est naturellement le grand favori. Plus qu’une aberration, ce serait même une faute professionnelle que de ne pas commencer par là. Mais justement, c’est là où le sujet devient intéressant. Un favori aussi écrasant finit toujours par appeler une réponse. L’histoire du sport/des sports est pleine de ces moments où l’adversité, loin d’être un obstacle, se révèle être le seul carburant capable de faire franchir un palier supplémentaire à un athlète.
Ces jeunes m'obligent à repousser mes limites assez loin
Tadej Pogačar - interview d'après course des Strade Bianche 2026
Si San Goku lui-même, dans le Dragon Ball Super, cherche désespérément un adversaire à sa mesure. Pas pour être battu, mais pour ressentir quelque chose à nouveau, pour être poussé dans ses retranchements. Paul Seixas pourrait bien être cet adversaire, à l’image de Jiren. Pas pour battre Pogačar si tôt dans sa carrière. Pas non plus en l’attaquant sur son propre terrain, dans un duel où le Slovène a tous les atouts. Mais plutôt en le forçant à sortir de cette zone de confort que le peloton lui a, bien malgré lui, construite à force de capitulations anticipées. Faire douter Pogačar et le contraindre à jouer une partition qu’il n’a pas lui-même composée. Voilà ce que le jeune prodige de la Decathlon CMA-CGM doit être capable d’imposer sur les routes ardennaises. Gagner un Monument sans jamais avoir été en proie aux doutes, cela n’a aucun goût, aucune saveur. Une victoire insipide et fade. Alors si sa victoire semble écrite d’avance, un adversaire comme Paul Seixas sera-t-il capable de réveiller la flamme et le pousser dans ses derniers retranchements et donner ainsi plus de relief à son succès ? Auquel cas, cela sera-t-il suffisant pour être un grain de sable dans la mécanique parfaite de l’ogre de Komenda et enrayer la machine ?
La curiosité de Liège-Bastogne-Liège 2026

Personne, ni même Paul Seixas ne connaît pas ses propres limites. Il y a quelque chose de fascinant dans la trajectoire du coureur français. Non pas parce qu’elle suit un chemin balisé, afin de poursuivre son processus de développement.
Mais précisément parce qu’à chaque fois que le jeune coureur de seulement 19 ans semblait avoir atteint un plafond, il l’a traversé comme s’il n’existait pas. Comme un explorateur des siècles passés partant cartographier des terres dont ils ignoraient jusqu’à l’existence, le sociétaire de la Decathlon CMA-CGM avance dans ses propres frontières physiologiques encore largement inconnues, y compris de lui-même. Un phénomène qui progresse, non pas en optimisant ce qu’il sait faire, mais en découvrant en permanence ce dont il est capable. Chaque course disputée depuis le dernier Critérium du Dauphiné semble nous fournir une nouvelle donne sur les limites qu’il peut atteindre. Et cette information, systématiquement, s’avère plus positive que ce que l’on attendait, en faisant voler en éclats tous les plafonds de verre depuis ce début de saison. À chaque fois que l’on pense avoir cerné son potentiel maximal, il le repousse à la surprise générale le lendemain. Son jeune âge est à la fois une excuse et un motif d’espoir de le voir tutoyer les sommets à une vitesse ahurissante. À un âge où beaucoup apprennent encore le métier et continuent de se former au plus haut niveau du cyclisme professionnel, Seixas, lui, semble déjà avoir acquis tous les fondamentaux.
Quand je prend le départ d'une course, ce n'est pas pour autre chose que la gagne.
Paul Seixas - interview d'avant course de Liège-Bastogne-Liège 2026
Cette 112e édition de Liège-Bastogne-Liège s’annonce comme un nouveau test après avoir triomphé avec brio sur les courses de ce printemps. Un test exigeant, face au meilleur coureur du monde… Si ce n’est de tous les temps. L’aplomb avec lequel il court, depuis la sortie des juniors, fera que face à Pogačar, il ne baissera très certainement pas les yeux. Pour le Slovène, le danger vient de ce petit frenchy talentueux qui ignore ses propres limites. Allons même plus loin, en nous demandant s’il n’est pas déjà la lame la plus tranchante contre laquelle « Pogi » va devoir se battre dès à présent ? Bien sûr, le battre à la régulière relèverait de l’exploit générationnel. Mais s’il y a bien un coureur aujourd’hui capable de faire dérailler la logique implacable du cyclisme de cette décennie marquée par les Fantastiques et de lever les bras sur le quai des Ardennes à la place de l’égérie émiratie, c’est bien Paul Seixas. Le rendez-vous est pris, la France retient son souffle.
L'outsider de Liège-Bastogne-Liège 2026

Il y a des courses qui semblent taillées pour un seul homme. Liège-Bastogne-Liège, comme bon nombre de course usante, paraît aujourd’hui appartenir à Tadej Pogačar. Double tenant du titre, souverain dans les grands rendez-vous, le Slovène aborde la « Doyenne » en favori absolu. Mais cette année encore, une silhouette familière se dressera dans sa roue ou plutôt, tentera de s’en échapper. Remco Evenepoel sera lui aussi plus qu’un simple adversaire.
Le Belge entretient avec Liège une relation particulière. Vainqueur en 2022, il est taillé sur-mesure pour ce Monument Ardennais. Malheureusement, rien ne laisse penser qu’il ne finira pas par chasser indéfiniment le Slovène. Mais c’est peut-être là que réside l’enjeu principal. Pogačar attaque tôt, souvent à des moments clés les plus difficiles, et finit par briser ses adversaires sur la durée. Mais le sociétaire de la Red Bull – Bora Hansgrohe, grâce à ses capacités de rouleur et fait d’un autre bois. Sa résistance, en chasse du duo Mathieu van der Poel – Tadej Pogačar, sur le Ronde van Vlaanderen a donné un premier axe de réponse. Et si cette fois, il devait être accompagné de Paul Seixas, en chasse du champion du monde ; alors ses chances ne seraient jamais réduites à néant. Au-delà des watts donc, ce sera une bataille à distance entre deux egos qui joueront à faire céder l’autre.
Le public attend ce duel frontal depuis trop longtemps, souvent frustré par les chutes ou les calendriers décalés. Cette année, les deux coureurs semblent être à 100 %. Dès lors, Remco Evenepoel est le seul capable de regarder Pogačar dans les yeux et de lui dire, sans trembler, « aujourd’hui, je serais une épée Damoclès au dessus de ta tête ».
Les candidats au podium de Liège-Bastogne-Liège 2026

Comme pour tous les noms qui vont suivre, seul un impondérable pourrait sortir les trois premiers cités du podium. Tout autre nom sur la boite serait une surprise, tant les trois sont clairement au dessus de la meute. On peut dire qu’il y a autant d’écarts de niveau entre Tadej Pogačar et Remco Evenepoel, que ce dernier avec Mattias Skjelmose. Le Danois a pourtant montré une bonne condition avant d’aborder le dernier Monument du printemps.

« Mes faiblesses actuelles vont se faire sentir« , déclarait Tom Pidcock, dans les interviews d’avant-course. Contrarié par une blessure au genou, le sociétaire de la Q36.5 a eu beau faire ses exercice sur le Tour des Alpes, il n’a jamais paru aussi limité de la saison. Alors même que la condition était fabuleuse, avant sa chute en Catalogne.

Rapide et jamais vu aussi fort, Mauro Schmid dispose d’une nouvelle stature au départ de la 112e édition de la « Doyenne ». Le coureur helvête est l’un des plus endurants du plateau. De quoi lui faire entrevoir un Top 5 sur le Quai des Ardennes ?

Les Ineos Grenadiers pourront miser sur deux profils que tout oppose. D’un côté le puncheur-grimpeur, Kévin Vauquelin qui doit passer un cap sur les événements de ce standing et de l’autre, Egan Bernal qui retrouve peu à peu des couleurs.

En l’absence de Matteo Jorgenson, Ben Tulett doit réciter la même partition que sur la Flèche Wallonne.

Solide sur cette campagne ardennaise, Alex Baudin a toutes les qualités pour continuer d’être avec les meilleurs.

Comme depuis le début de saison, la Groupama-FDJ sera une nouvelle fois dépendante de Romain Grégoire, qui a une fâcheuse tendance à se brûler les ailes. Le natif de Besançon est une sorte de pyromane suicidaire…
Prédiction
Une fois n’est pas coutume, Tadej Pogačar finira par s’imposer en solitaire. Après avoir pris une poignée de secondes au sommet de la Redoute, il sera rejoint avant le Cornémont par Paul Seixas, puis Remco Evenepoel. Le Slovène jouera son va-tout dans la Roche-aux-Faucons.
D’abord accompagné de Seixas, il finira par faire plier le Français. Les places seront alors figées. Pogačar – Seixas – Evenepoel, le tiercé dans l’ordre de cette Doyenne, certes sans surprise mais non pas sans saveur.








