Paris-Roubaix 2021

Profil de Paris-Roubaix 2021 © A.S.O

Compiègne – Roubaix : 257.7 kilomètres pavés de 55 kilomètres de mauvaises intentions, répartis en trente secteurs. Ce n’est pas sans raison que le Monument est surnommé “l’Enfer du Nord”. Avec un dénivelé positif de seulement 1 304 mètres, le relief n’est guère la raison qui vient à faire la différence sur le parcours qui a forgé les légendes de la Reine des Classiques depuis 1896. Garin, Coppi, Merckx, Bobet, Duclos-Lassalle ou encore Hinault y ont marqué l’histoire du sport cyclisme de leur empreinte. La nature du revêtement est source d’usure et de sélections tout au long des près de six heures de course. Année après année, les organismes des participants y sont de la même et insatiable façon éprouvés.

sous les pavés la plaque

Hors du macadam, un peu plus de 20 % du tracé est parcouru sur des blocs de granite, plus ou moins irréguliers. Tantôt poussiéreux quand le temps est radieux, tantôt savonneux quand le temps est pluvieux.

numéro de secteurnom du secteurlongueur du secteurpente moyenne distance de l’arrivéedifficulté du secteur
30Troisvilles – Inchy2200 m– 1.1 %161.4 km★★★☆☆
29Viesly – Quiévy1800 m– 1 %154.9 km★★★☆☆
28Quiévy – Saint-Python3700 m1 %152.3 km★★★★☆
27Saint-Python1500 m1.2 %147.6 km★★☆☆☆
26Haussy sur Écaillon – Saint Martin sur Écaillon800 m1.1 %141.1 km★★☆☆☆
25Saint Martin sur Écaillon – Vertain2300 m0.7 %136.8 km★★★☆☆
24Capelle sur Écaillon – Ruesnes1700 m2.3 %130.4 km★★★☆☆
23Artres – Quérénaings1300 m-0.6 %121.4 km★★☆☆☆
22Quérénaing – Maing2500 m-1.4 %119.6 km★★★☆☆
21Maing – Monchaux sur Écaillon1600 m0.2 %116.5 km★★★☆☆
20Haveluy – Wallers2500 m– 0.1 %103.5 km★★★★☆
19Trouée d’Arenberg2300 m– 0.7 %95.3 km★★★★★
18Wallers – Hélesmes1600 m– 0.1 %89.3 km★★★☆☆
17Hornaing – Wandignies Hamage3700 m– 0.1 %82.5 km★★★★☆
16Warlaing – Brillon2400 m0 %75 km★★★☆☆
15Tilloy lez Marchiennes – Sars et Rosières2400 m– 0.1 %71.5 km★★★★☆
14Beuvry la Forêt – Orchies1400 m 0.1 %65.2 km★★★☆☆
13Orchies1700 m– 0.6 %60.2 km★★★☆☆
12Auchy lez Orchies – Bersée2700 m0.5 %54.1 km★★★★☆
11Mons en Pévèle3000 m0.3 %48.6 km★★★★★
10Mérignies – Avelin700 m0.3 %42.6 km★★☆☆☆
9Pont Thibault – Ennevelin1400 m0 %39.2 km★★★☆☆
8Templeuve (l’Épinette)200 m0.8 %33.8 km★☆☆☆☆
Templeuve (Moulin de Vertain)500 m– 1.1 %33.3 km★★☆☆☆
7Cysoing – Bourghelles1300 m – 0.1 %26.9 km★★★☆☆
6Bourghelles – Wannehain1000 m0.3 %24.4 km★★★☆☆
5Camphin en Pévèle1800 m– 0.1 %19.9 km★★★★☆
4Carrefour de l’Arbre2100 m0.1 %17.2 km★★★★★
3Gruson1100 m– 0.5 %14.9 km★★☆☆☆
2Willems – Hem1400 m0.3 %8.2 km★★★☆☆
1Roubaix (Espace Charles Crupelandt)300 m– 0.7 %1.4 km★☆☆☆☆
★☆☆☆☆ = Facile – ★★☆☆☆ = Plutôt facile –
★★★☆☆ = Difficile – ★★★★☆ = Très difficile- ★★★★★ = Extrêmement difficile

Au départ de l’Oise, ce n’est qu’au bout de 96.7 kilomètres, une fois rentré dans le département du Nord, que les premiers pavés font leur apparition. Comme à l’accoutumée, le secteur de Troisvilles-Inchy ouvre le bal. D’évidence, si loin de l’arrivée, le secteur long de 2 kilomètres 200 n’est absolument pas décisif. Cependant, les premiers écrémages par l’arrière débutent. Révélateur, il est une indication pour les leaders. A savoir, si ce sera une grande journée ou un calvaire à subir. Durant près de 60 kilomètres, tout n’est qu’affaire de placement et d’élimination par l’arrière.

Haveluy – Wallers (km 154.2)

Crédits Photo : Twitter Paris-Roubaix

Situé juste avant la mythique Trouée d’Arenberg, le secteur de Haveluy-Wallers fait l’objet d’une attention toute particulière. Le rythme y est tellement élevé que les premières cassures ont lieu. La guerre de position en vue de la Trouée, 11 kilomètres plus loin, est y intense. Cependant, les regards sont éminemment tournés vers le secteur suivant.

Trouée d’Arenberg (km 162.4)

Crédits Photo : Twitter Paris-Roubaix

Loin de l’arrivée (95.3 kilomètres), la Trouée d’Arenberg est un mythe de Paris-Roubaix depuis 1968. A son amorce, la tension est palpable. Les 500 premiers mètres correspondent à l’approche de la passerelle et se font en descente (- 2.2 %) sur un pavé extrêmement disjoint, en piteux état et sur une route parcemée de trous. Une fois passée, un équilibre précaire se met en place. Garder une distance de sécurité pour éviter d’être pris par le coureur qui nous précède et conserver le maximum de vitesse possible pour ne pas se faire déborder. Une obligation : prendre le haut du pavé. A gauche, le bas-côté est pris la boue. A son opposé, les spectateurs stoppés par un ruban de sécurité. 1 900 mètres, la Drève des Boules d’Hérin commence à rendre mieux. Le pavé s’étant progressivement enherbé. Les barrières vont leur retour et sonne le glas de la fin.

Mons en Pevèle (km 209.1)

Crédits Photo :Nord Découverte

Situé à moins de 50 kilomètres de l’arrivée, il est le secteur majoritairement choisi pour faire la différence depuis son introduction en 1978. Un secteur qui créé des drames comme la chute de Fabian Cancellara en 2016 ou des nombreuses chutes sur le Tour de France 2018.

Carrefour de l’Arbre (km 240.5)

Crédits Photo : Twitter Paris-Roubaix

Après le Carrefour de l’Arbre, si le groupe de tête n’a su faire de différence ou s’entendre favorisant un regroupement. C’est le jeu du surnombre qui prime. L’équipe la plus représentée est à cet égard l’équipe récompensée.

un dimanche en enfer

Attendu depuis 2002, la pluie fait son retour du côté de Paris-Roubaix. Trop souvent épargné, cette fois sans l’ombre d’un doute les coureurs s’élanceront sous la pluie. La pavé sera humide, ce qui le rend glissant. Les secteurs seront boueux, ce qui augmentent la difficultés. Une délicatesse déjà constatée par l’état du pavé, du fait des allers et venus des engins agricoles qui malmènent les secteurs au cours de l’été et de l’automne.

Un vent favorable de Ouest-Sud-Ouest qui devrait favoriser un déclenchement de la course de loin. D’autant qu’il s’intensifiera au cours de la journée pour culminer à 29 km/h.

Avoir un vent de côté permet de faire des cassures plus aisément. Attention danger dans les secteurs intermédiaires. Hornaing et Tilloy pourraient en devenir des secteurs clés.

une rivalité sempiternelle

Crédits Photo : Eurosport

Chaque génération à son lot de rivalité. La décennie passée fut marquée par l’opposition farouche, sur les flandriennes, entre Tom Boonen et Fabian Cancellara. Une polarisation de l’adversité maintes fois vu et revu : Hinault et Lemond, Anquetil et Poulidor, Merckx et De Vlaeminck ou encore Coppi et Bartali.
Depuis maintenant six ans, Wout van Aert et Mathieu van der Poel s’opposent dans les sous-bois. Une rivalité qui les a poussé à se partager les titres de champion du monde de cyclo-cross dans les catégories jeunes, espoirs et professionnels. Désormais, les antagonistes sont poussés à s’affronter sur la route. Depuis qu’ils pratiquent la compétition sur route, le belge et le néerlandais se sont rencontrés par quarante-cinq occasions chez les professionnels. Un matchup qui a tourné, à l’image des terrains boueux, à l’avantage de MVDP. Terminant vingt-sept fois devant WVA, avec un total de neuf victoires à la clé.

Crédits : ProCyclingStats

La lutte exacerbée entre les deux a pris une dimension particulière à l’occasion de la saison 2020. Amenés à se rencontrer sur les preuves World Tour, les deux phénomènes ont marqué à leur manière la fin de saison sur les courses d’un jour. Si le Tour des Flandres est une image parfaite de l’émulation que génére ce duel perpétuel.

Cette relation indissociable ne fait pas naître qu’une reconnaissance respective. Les contre-exemples sont légions. Gent-Wevelgem a débuté cette série de match sur le terrain et en dehors. Dans le final des rues de Welvelgem, les deux comparses se sont littéralement roulés dessus avant de se renvoyer la faute dans les médias. Leurs adversaires ont ainsi pu parfaitement tirer profit du marquage des deux hommes. Un schéma qui n’a cessé de se reproduire depuis lors ; que ce soit à la Primavera (Milan San Remo), dans le final du Creuzot au Tour de France ou même lors du pénultième tour du circuit urbain de Louvain au Mondial dans les Flandres, le week-end dernier.

Wout van Aert
Mike Teunissen  
Dylan Groenewegen
Edoardo Affini
Timo Roosen
Nathan Van Hooydonck
Pascal Eenkhoorn

L’équipe Jumbo-Visma aligne Wout van Aert en fer de lance. A l’image de 2019, l’équipe qui célèbrera le centenaire de son sponsor pourra compter sur Mike Teunissen en éventuel Plan B (en cas de nouvel incident de son coéquipier). Gardons que les gros moteurs de Edoardo Affini, Timo Roosen, Nathan van Hooydonck et Pascal Eenkhoorn seront d’une aide particulier pour placer WVA dans les meilleures conditions.

Mathieu van der Poel
Tim Merlier
Silvan Dillier
Jonas Rickaert
Jasper Philipsen
Senne Leysen
Oscar Riesebeek
Gianni Vermeersch

MVDP n’est pas le seul crossman de la Alpecin Fenix. Gianni Vermeersch a toutes les qualités pour faire parler de ses talents lorsque le terrain est boueux et glissant. Un Paris-Roubaix humide n’est pas pour lui déplaire. Être coéquipier de Mathieu van der Poel offre son lot d’avantages et d’inconvénients. L’inconvénient majeur est d’être réduit à un rôle de coéquipiers au service de son leader. L’avantage certain repose sur l’effet de marquage entre leaders. Un second couteau peut tirer son épingle du jeu. Un des bénéfices du surnombre quand la course amène tout à chacun à se retrouver esseulé.
Fort de sa place de 2 en 2018, Silvan Dillier tentera d’apporter sa pierre (et non son pavé) à l’édifice. Là où Jasper Philipsen tentera le pari impossible de la passe de 5. Lui qui a gagné ses quatre dernières courses.

le wolpack toujours en chasse

Crédits : Deceuninck Quick Step

S’il est une équipe qui a marqué la dernière décennie, c’est bien la Deceuninck Quick Step. La stratégie du Wolfpack est simple : être une hydre à plusieurs têtes. L’avantage numérique offre indéniablement un atout tactique dans le final. C’est grâce à ce surnombre que Philippe Gilbert est le dernier tenant du titre. Grâce à la présence d’Yves Lampaert, Nils Politt n’a absolument rien pu faire pour contrer les attaques des hommes de Patrick Lefévère. Encore plus prononcé depuis la fin des années Boonen, le cumul de leaders a permi à la DQS de placer un homme sur le podium de chaque édition 2012. Depuis la retraite de Tommeke, la pluralité de leaders est la grande force de l’équipe.

Yves Lampaert
Zdeněk Štybar
Florian Sénéchal
Kasper Asgreen
Bert Van Lerberghe
Davide Ballerini
Tim Declercq

Patrick Lefévère est un homme d’expérience. Si l’ancien coureur belge n’est plus directeur sportif mais manager d’équipe. Son expérience et sa vision ont une influence indéniable sur ses coureurs, notamment lors des classiques. Depuis 1980, Pat’ officie dans le peloton professionnel pour pas moins de 38 Paris-Roubaix à son actif.

editionseQuipe dirigéemeilleur coureur sur paris roubaixPosition
1980Marc – IWC – VRDJacques Osmont20
1981Capri Sonne – Koga MiyataMarc Demeyer5
1982Capri Sonne – Campagnolo – MerckxGregor Braun
3
1985LottoJozef Lieckens7
1986Lotto – Emerxil – MerckxMarc Sergeant7
1987Lotto – MerckxMarc Sergeant7
1988TVM – Van SchiltNoël Segers20
1989Domex – Weinmann – Eddy MerckxJan Goessens21
1990Weinmann – SMM – UlsterThomas Wegmuller7
1991Weinmann – Eddy MerckxCarlo Bomans3
1992GB-MG MaglificioFranco Ballerini11
1993GB-MG MaglificioFranco Ballerini2
1994GB-MG Maglificio – BianchiFabio Baldato2
1995Mapei-GBFranco Ballerini1
1996Mapei-GBJohan Museeuw1
1997Mapei-GBJohan Museeuw3
1998Mapei – BricobiFranco Ballerini1
1999Mapei – QuickstepAndrea Tafi1
2000Mapei – QuickstepMusée Johan1
2001Domo – Farm FritesServais Knaven1
2002Domo – Farm FritesJohan Museeuw1
2003Quickstep – DavitamonServais Knaven7
2004Quickstep – DavitamonJohan Museeuw5
2005Quickstep – InnergeticTom Boonen1
2006Quickstep – InnergeticTom Boonen2
2007Quickstep – InnergeticTom Boonen6
2008Quickstep – InnergeticTom Boonen1
2009Quickstep – InnergeticTom Boonen1
2010Quickstep – InnergeticTom Boonen5
2011Quickstep Cycling TeamSylvain Chavanel38
2012Omega Pharma – Quick-StepTom Boonen1
2013Omega Pharma – Quick-StepNiki Terpstra3
2014Omega Pharma – Quick-StepNiki Terpstra1
2015Etixx – Quick StepZdeněk Štybar2
2016Etixx – Quick StepTom Boonen1
2017Quick-Step FloorsZdeněk Štybar2
2018Quick-Step FloorsNiki Terpstra3
2019Deceuninck – Quick StepPhilippe Gilbert1

Gardien de quatorze victoires sur l’Enfer du Nord avec ses coureurs, il est le recordman absolu de la maîtrise de la petite Reine. Aucune équipe n’a su égaler son bilan qui s’étale sur les vingt-six dernières années. Tantôt en jouant sur les egos capables de triompher sur les classiques avec Franco Ballerini et Johan Museeuw dans les années Mapei, tantôt en s’organisant derrière un leader unique comme Tom Boonen dans les années Quickstep – Innergetic.

Même si 902 jours se sont écoulés depuis la dernière édition, le cru 2021 n’ échappera pas à ce qui a déjà été observé au cours des trois dernières éditions qui eu la chance de ne pas être reportés. Un quatuor de leaders est aligné. Florian Sénéchal en vue depuis la Vuelta a Espana rêvera d’accrocher un nouveau pavé à son palmarès. Plus gros que celui glané chez les juniors. Le Nordiste a l’énorme avantage de connaître chaque millimètre du parcours. Savoir où et quand virer à la vitesse maximale. Où prendre des risques et pousser à la faute les adversaires. Mais ce n’est pas sans pression que le coureur le plus régulier des classiques pavées s’aligne. La forme à ne pas en douter est la meilleure possible, affûté comme jamais Séné est prêt.

Pourtant la concurrence est féroce en interne. Kasper Asgreen, vainqueur du Tour des Flandres, pourrait se voir tirer le gros lot. Impressionnant sur le mondial, le danois aura été vu tôt dans la course. Peut être un peu trop mais quoi qu’il en soit, la Danish Dynamite était costaud. A tel point, qu’il était difficilement imaginable de l’imaginer pourtant malade.

Yves Lampaert n’est pas en reste. Mué au statut d’équipier de luxe pour Wout van Aert, le belge est en grande forme et fin prêt à accrocher lui aussi un nouveau Monument à son palmarès. Vainqueur sur le Tour de Grande-Bretagne, la bonne impression s’est confirmée sur la Primus Classic.

Résultats de Zdeněk Štybar © First Cycling

Une aussi bonne condition perceptible pour Zdeněk Štybar. Sans nul doute, le plus expérimenté du Wolfpack. Le tchèque, multiple champion du monde de cyclo-cross, aura le temps pour avantage. Et pourrait enfin gagner le trophée tant rêvé, tant convoité.
Les trois derniers nommés seront marqués mais la pancarte ne sera-t-elle pas plus sur les épaules du français ? Envisageable, il faudra passer entre les goûts. Faire parler de sa maîtrise du vélo, les crossmen en sont avantagés. Les astres semblent s’aligner pour Styby.

Un plateau relevé

Avoir déplacé en octobre Paris-Roubaix, ouvre à un éventail de coureurs différents le Monument. Les flandriens ont moins de pavés accumulés dans les jambes avant d’y participer. La fatigue de la saison peut se faire ressentir mais surtout situ juste après le mondial, le panel de leaders en forme est plus important.

Dylan van Baarle
Gianni Moscon
Michał Kwiatkowski
Owain Doull
Luke Rowe
Leonardo Basso
Michał Gołaś

Les Ineos Grenadiers pourraient jouer trois cartes. Bien que celle de Gianni Moscon puisse être discutable.

Dylan van Baarle, récent médaillé d’argent au Championnat du Monde, arrive en forme et prêt à en découdre. Au printemps, tout au long des flandriennes, il n’aura jamais quitté le Top 10. Allant même chercher la victoire sur A travers les Flandres.
Mais le coureur le plus excitant reste Michal Kwiatkowski. Il est d’ailleurs surprenant de constater qu’à 31 ans, le polonais participe à son premier Paris-Roubaix. La question de l’expérience se pose. Pas de la capacité. Au cours des dernières semaines, le Pole n’a eu de cesse de préparer l’événement avec minutie. Attaquant dans les secteurs pavés du GP de Denain. Comme une répétition du récital qu’il pourrait livrer dimanche. Encore une fois, cette semaine, lors du Eurométropole Tour, Kwiatko a été vu tenter. Que ce soit de durcir dans le Col de la Croix Jubaru comme à l’arrivée, dans un coup du kilomètre (late attack) désespéré pour éviter le sprint et surprendre les purs sprinteurs. Attention de ne pas se méprendre, l’inexpérience n’est pas total. Il est bon de rappeler qu’en 2014, sur le Tour de France, il avait su intégrer le Top 10 de la difficile étape d’Arenberg Porte du Hainaut. Où il a pu faire connaissance avec les pavés du Nord, notamment sous des conditions climatiques exécrables qu’il devrait une nouvelle fois retrouver. Un outsider à ne pas méestimer.

Paris-Roubaix sera ma dernière course de l’année, je n’aurais rien à perdre.

michal kwiatkowski

Matej Mohorič
Marco Haller
Heinrich Haussler
Sonny Colbrelli
Marcel Sieberg
Jonathan Milan
Fred Wright

Comment ne pas citer la Bahraïn Victorious, quand on voit la forme outragueuse de Sonny Colbrelli. L’italien sur un nuage brille partout. La tactique de marquer à la culotte MVDP et WVA au mondial n’étant pas payante. Le champion d’Europe devra revoir sa stratégie si les deux monstres viennent à se marquer.

Jonas Rutsch
Sebastian Langeveld
Michal Valgren  
Tom Scully
Stefan Bissegger
Julius van der Berg
Mitchel Docker

La EF Education Nippo fêtera dignement la retraite dde Mitchel Docker. Deux néophytes de Paris-Roubaix débuteront : Jonas Rutsch et Michal Valgren. Le danois est parmi les coureurs les plus en vue en fin de saison. Troisième du championnat du monde, les courses en Italie ne lui ont pas résister. Mais quid d’une course comme la Reine des Classiques.
Il partagera le leadership avec Stefan Bissegger, deux Top 10 chez les espoirs. Pour gagner Paris-Roubaix, il faut être un gros moteur. Grâce à ses résultats en contre-la-montre, la Swiss Dynamite a de quoi faire sur les pavés. C’était d’ailleurs un objectif affiché lors du début de saison. Avec l’envie de briller sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Sur la première, le suisse aura surpris son monde en faisant montre de puissance sur les monts flandriens. Un indice comme quoi, il pourrait être le prochain Fabian Cancellara. Une question légitime qui se pose tout autant pour Filippo Ganna. La forme est au rendez-vous. Pas totalement ridicule sur le Tour du Benelux, sans être transcendant. C’est avec précision que Bissegger prépare l’échéance. Sur le final de l’Eurométropole, il aura été vu. Allant jusqu’à travailler pour que Valgren fasse le jump sur le groupe de tête dans la dernière des difficultés. Un autre outsider de taille, sans doute sous les radars, qui appréciera le mauvais temps.

Greg Van Avermaet
Oliver Naesen  
Lawrence Naesen
Stan Dewulf
Gijs Van Hoecke
Damien Touzé
Michael Schär

L’équipe AG2R Citroën La Mondiale a comme depuis le début de saison, une équipe solide sur le papier. Mais tellement décevante dans les faits. GVA est loin d’être en condition et Naesen ne trouve pas le petit truc en plus. Le coureur le plus intéressant à observer sera sans doute Stan Dewulf, bien que ce dernier ait dit se mettre au service des deux premiers.

Peter Sagan
Daniel Oss
Maciej Bodnar
Max Schachmann
Juraj Sagan
Jordi Meeus
Nils Politt

La Bora Hansgrohe aligne encore du lourd. Peter Sagan est la naturelle tête d’affiche mais ses coéquipiers ne sont pas en reste. Notamment, le dauphin du dernier vainqueur: Nils Politt. L’allemand a montré être en forme sur son tour national, au GP de Wallonie où il aura été le coureur qui attaque le plus avec Campy et au mondial. De bonnes augures en vue de l’objectif du week-end. Quid d’un Jordi Meeus sur les pavés ?

Hugo Houle
Ben Perry
Davide Martinelli
Yevgeniy Gidich
Yevgeniy Fedorov
Dmitriy Gruzdev
Gleb Brussenskiy

Qui est sérieusement emballé par la Astana Premier Tech ?

Christophe Laporte
Eddy Finé
Tom Bohli
Szymon Sajnok
Piet Allegaert
Andre Carvalho
Jampy Drucker

Tous les yeux tournés sur Christophe Laporte, véritable pourfendeur de classiques chez la Cofidis Solutions Crédits.

Stefan Küng
Arnaud Démare
Jake Stewart
Ramon Sinkeldam
Olivier Le Gac
Fabian Lienhard
Miles Scotson

La Groupama-FDJ n’a pasà rougir. Arnaud Demare montre du mieux et surtout Stefan Küng devrait s’éclater sous un Paris-Roubaix pluvieux.

Boy van Poppel
Taco van der Hoorn
Pieter Vanspeybrouck
Baptiste Planckaert
Tom Devriendt
Wes Kreder
Aimé De Gendt
Kévin Van Melsen

Côté Intermarché Wanty Gobert Matériaux, le nom le plus cité est à raison Taco van der Hoorn. Animé par une rage de ne pas avoir été sélectionné pour le mondial des Flandres, le néerlandais est sans cesse vu à l’attaque, avec son lot de réussite. Une année couronnée de grands succès pour l’ancien de la Jumbo. Littéralement impressionnant, il n’est pas rare de voir des attaquants « matinaux » pousser loin la chanson. C’était le cas notamment de Silvan Dillier lors du sacre de Peter Sagan en 2018 ou encore de Matthews Hayman en 2016. S’il est un moteur capable de pareil exploit, c’est bien TvdH.

Sep Vanmarcke
Hugo Hofstetter
Jenthe Biermans
Mads Würtz Schmidt
Jenthe Biermans
Tom Van Asbroeck
Rudy Barbier

Chez Israël Start-Up Nation, Sep Vanmarcke monte en puissance. Mais un Mads Würtz Schmidt ou même un Hugo Hofstetter ne sont pas à mettre de côté. D’autant que le belge attire le mauvais œil sur lui.

Philippe Gilbert
John Degenkolb
Florian Vermeersch
Tosh van der Sande
Sébastien Grignard
Frederik Frison
Harry Sweeny

Belle équipe que la Lotto Soudal mais une préférence pour Florian Vermeersch.

Iván García Cortina
Imanol Erviti
Juri Hollmann
Gabs Cullaigh
Mathias Norsgaard
Sebastián Mora
Lluís Mas

La Movistar comptera sur IGC, malchanceux au mondial avec une crevaison au plus mauvais moment. Attention au petit Mathias Norsgaard capable de tout.

Luke Durbridge
Jack Bauer
Rob Stannard
Alex Konychev
Chris Juul-Jensen
Barnabás Peák
Sam Bewley

Une équipe dynamique du côté de la Bike Exchange mais pas nécessairement des plus plaisantes pour un Paris-Roubaix.

Jasha Sütterlin
Søren Kragh Andersen  
Cees Bol
Nils Eekhoff
Nikias Arndt
Max Kanter
Casper Pedersen

Une DSM pétrie de talents. N’y allons pas par quatre chemins. Avec une place de deux chez les juniors, une victoire chez les espoirs, tous les regards sont tournés vers Nils Eekhoff qui peut avoir tendance à souffler le chaud et le froid mais a des résultats convainquant… Assez pour se laisser séduire.

Victor Campenaerts
Max Walscheid
Dimitri Claeys
Simon Clarke
Giacomo Nizzolo
Michael Gogl
Reinhardt Janse Van Rensburg

Une obligation pour les coureurs de la Qhubeka NextHash. L’équipe est en difficulté, les courses pour se montrer se font rares. Victor Campenaerts apparaît être LE coureur du moment pour l’équipe sud africaine. Mais qui sait, avec les soucis de l’équipe actuelle, le surplus de motivation devrait être présent pour tous. (même si l’on sait que Michal Gogl a signé avec la Alpecin Fenix pour deux ans).

Edward Theuns
Mads Pedersen
Jasper Stuyven
Quinn Simmons
Ryan Mullen
Alex Kirsch
Toms Skujiņš
Kiel Reijnen

Le grand objectif de Mads Pedersen qui pourra compter sur Jasper Stuyven chez la Trek Segafredo. Un belge qui pourra jouer sa carte d’autant que l’inconnu demeure sur la récupération de la chute du danois au mondial. Si le champion du monde 2019 s’est pas gêné, ne jamais oublier que par temps pluvieux : il est l’un des meilleurs du monde.

Matteo Trentin
Alexander Kristoff
Sven Erik Bystrøm
Fernando Gaviria
Rui Oliveira
Vegard Stake Laengen
Mikkel Bjerg

Du côté de UAE-Team Emirates, Alexander Krisstoff ambitionne de gagner. Mais en a-t-il les capacités, lui qui regarde en arrière. Matteo Trentin pourrait être la meilleure carte, si le norvégien n’est pas en jambe.

Connor Swift
Benjamin Declercq
Amaury Capiot
Matis Louvel
Bram Welten
Chrostophe Noppe
Clément Russo

Côté Arkéa Samsic, les ambitions sont mesurées pour Sébastien Hinault. Amaury Capiot, Bram Welten, Christopher Noppe et Benjamin Declercq seront les flandriens endurcis. Quand Connor Swift essayera de mettre à profit ce qu’il a appris au Tro-Bro Léon.

Jens Debusschere  
Bert De Backer
Jonas Van Genechten
Cyril Lemoine
Luca Mozzato
Quentin Jauregui
Jérémy Lecroq

La B&B Hotels p/b KTM n’a pas de tête forte. Bert de Backer fera partie des coureurs protégés de par son expérience sur la Reine des Classiques comme Jens Debusschere. Mais le premier mettra, surtout à la fin de l’épreuve, un terme à sa carrière. Luca Mozzato lui surfera sur la forme du moment quand l’essentiel des regards seront portés sur Jérémy Lecroq. Le français, onzième de Gent welvelgem, voudra réitérer pareil exploit. Bien que les supporters les plus vaillants scandent le nom du nordiste, Quentin Jauregui, qui a repris la compétition, il y a de cela un mois à cause d’un problème au genou.

Anthony Turgis
Niki Terpstra
Edvald Boasson Hagen
Dries Van Gestel
Geoffrey Soupe
Adrien Petit
Florian Maitre

La Total Energies compte en ses rangs un ancien vainqueur. Niki Terpstra, non sélectionné pour le mondial en raison d’une méforme, ne devrait retrouver miraculeusement les jambes qu’il n’a plus depuis son départ de la Deceuninck Quick Step, en 2019. Doté d’un quatrième vélo, comme le disait Kevin Desmedt (mécanicien de l’équipe), Anthony Turgis est un leader naturel sur les classiques pavés. D’autant plus après le travail fourni pour l’équipe de France à Louvain. Une tâche rondement menée, qui a débouché sur le sacre de Julian Alaphilippe et un doublé historique pour le cyclisme français. Adrien Petit arrive en troisième position dans la hiérarchie des hommes de Jean-René Bernaudeau.

Eduard-Micael Grosu
Clément Carisey
Dušan Rajović
Evaldas Šiškevičius
August Jensen
Pierre Barbier
Julien Trarieux

Objectif montrer le maillot pour la Delko..

Timothy Dupont
Arjen Livyns
Ludovic Robeet
Stanisław Aniołkowski
Laurenz Rex
Tom Wirtgen
Tom Paquot

De même pour la Bingoal Pauwels Sauces WB où Arjen Livyns est loin de ses jambes du printemps. Ludovic Robeet coureur le plus en forme de l’équipe a toute les qualités pour aller chercher un Top 15.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Michal KwiatkowskiGagnant/Placé1250.1 %
Zdenek StybarGagnant250.1 %
Zdenek StybarPodium 70.15 %
Nils EekhoffGagnant1500.05 %
Stefan BisseggerGagnant2510.05 %

Championnat du Monde Course en ligne Elites Homme 2021

Profil de la course en ligne des championnats du monde 2021 © 2021 UCI Road World Championships

Antwerpen – Leuven : 268.3 kilomètres à encaisser au cours d’une journée somme toute usante à la limite de l’exténuante. Portée par un cumul de dénivelé positif à 2562 mètres selon les organisateurs, 2250 mètres selon La-Flamme-Rouge. La vérité, sans doute, entre les deux. C’est-à-dire plus proche des 2406 mètres, “avec des cathédrales pour uniques montagnes”. Un point de détail que le futur champion du monde ne s’encombrera pas sur un parcours spécial alternant circuit urbain et circuit flandrien. Un itinéraire valonné dans le plat pays, qu’est celui de Jacques Brel. Un clin d’oeil pour l’histoire du maillot irisé, qui fêtera son centenaire dans la nation du vélo. Un peuple belge détenteur du record de victoires (26) sur la course d’un jour que tout coureur souhaite accrocher à son palmarès, pour marquer de son emprunte l’histoire des forçats de la route à deux roues. Pour faire parti d’une caste à part, pour faire parti de ceux qui ont eu l’unique privilège de porter le maillot arc-en-ciel durant une année calendaire… de septembre à septembre. Et rejoindre les grands noms au panthéon du cyclisme : Van Looy, Merckx, Gimondi, LeMond, Hinault, Zoetemelk, Freire, Bettini et bien d’autres.

un PARCOURS plein de promesseS

Composition des tours de circuits issue du Guide Média WK21 © 2021 UCI

De mémoire, jamais un championnat du monde n’a proposé une alternance des circuits qui composent la route à parcourir. Traditionnellement, le tracé d’un mondial est soit composé d’un circuit local à parcourir x fois selon la distance (73 éditions entre 1927 et 2021), soit d’une étape en ligne (1928 à 1931), soit d’une étape en ligne plus ou moins longue précédent un circuit (2010 à 2013 et 2016 à 2019) ou enfin d’une succession de circuits (1950). C’est vers un format inédit et totalement atypique que le 100e anniversaire des Championnats du monde va se dérouler.
Le parcours peut se découper entre trois parties distinctes :

  • 53 kilomètres entre ligne entre Antwerp et Louvain,
  • un circuit urbain de 15.5 kilomètres dans Louvain,
  • un circuit flandrien de 32.18 kilomètres autour d’Overijse.

Le final se déroule avec ladite alternance de circuits se découpe comme suit : 1,5x le circuit de Louvain, 1x le circuit flandrien, 4x le circuit dans Louvain, 1x le circuit flandrien et 2,5x circuit de Louvain.

Habituellement (93 % des mondiaux jusqu’à ce jour), le finale des Championnats du Monde se déroule sur un unique circuit local. Les organisateurs en Flandre ont décidé de rajouter un circuit plus sélectif que le circuit local sur lequel se trouve la ligne d’arrivée. C’est ainsi que le comité d’organisation a opté pour une boucle autour d’Overijse, dans la région de Druiven, traduisible par les Raisins, en référence à la spécialité locale qui a donné l’inspiration au drapeau de la ville.

La boucle commence par le Smeysberg (700 mètres à 8,8 %, max 16 %) à Huldenberg.

Une courte ascension non pavée qui signe l’entrée d’un enchainement de difficultés tout aussi brèves, usantes et sélectives par endroit par la raideur de la pente. Un potentiel destructeur pour l’heure qui n’aura fait que des sélections par l’arrière avec ses pentes maximales.

A peine trois kilomètres plus loin, le Moskesstraat (550 mètres à 8 %, max. 18 %)

Loin d’être inconnue des flandriens les plus assidus puisqu’elle aura été une des difficultés clés de la Flèche Brabançonne (De Brabantse Pijl) en 2020 avec l’attaque de Mathieu van der Poel. Des pavés que le peloton aura arpanté sur l’édition de cette année remporté par Tom Pidcock devant Wout van Aert mais aussi sur le Druivenkoers Overijse (le Grand Prix des Raisins) glané par Remco Evenepoel, il y a de cela quelques semaines.

S’en suit la descente vers Overijse avant de débuter le Taymansstraat (738 mètres à 5,5 %, max. 18 %) par un virage en S autour de l’Eglise de Saint-Martin d’Overijse.

Vers Eizer, c’est le Bekestraat (439 mètres à 7,5 %, max. 15 %) que le peloton devra emprunter.

Une montée étroite et pavée (non visible sur la photo) où le positionnement est primordial.

Une fois à Tervuren, précisément dans la sous-municipalité de Duisbourg, c’est le Veeweidestraat (480 mètres à 5,2 %, max. 12 %).

Le circuit flandrien se clôt par un second passage dans le Smeysberg, avant d’entreprendre le retour vers Louvain.

Un circuit urbain qui est rendu technique par les nombreuses relances. Plus d’une trentaine de virages qu’il faudra négocier. Des nombreuses chutes qui ont été observées chez les juniors, éliminant le prodige national Cian Uijtdebroeks des prétendants au titre ou celle ayant gêné Romain Gregoire au pied de la cote du pressoir permettant à Per Strand Hagenes de faire le trou et de s’envoler vers un sacre mondial mérité.

Le placement y est ainsi primordial pour ne pas être piégé. Les courses juniors et espoirs ont montré qu’un avantage de plus de quinzaine de secondes n’offre guère de visuel à un groupe de chasse et ainsi donne un avantage à un groupe de tête organisé. Tout l’intérêt pour une échappée de s’entendre et que des éléments qui l’a compose ne saute pas des relais créant de ce fait une désorganisation comme Daan Hoole a pu le faire chez les espoirs.

4 kilomètres du circuit local : le Keizersberg (290 mètres à 6,6 %, max. 9 %), qui n’aura nullement été décisif jusqu’à présent et à raison compte tenu de sa très courte distance.

https://veloviewer.com/segments/1294645

7.25 kilomètres du circuit local : après avoir longé le canal Louvain-Dyle, c’est à un faux plat qui se dresse sur la route, à savoir le Decouxlaan (975 mètres à 2,5 % en moyenne, max. 6 %). Sans l’ombre d’une difficulté mais qui ajoute de l’exigence physique au fur et à mesure des répétitions et des secteurs sans repos possibles.

9.85 kilomètres du circuit local : en bout de la Nieuwe Mechelsesteenweg, les coureurs tournent sur la droite pour prendre la montée clé des courses amateures.

Une montée qui s’aborde sur une voie se rétrécissant qui impose de virer en tête, pour ne pas se faire piéger d’une attaque d’un puncheur dès le pied.

Le Wijnpers (360 mètres à 8 %, max. 9 %), la troisième côte du circuit local. Une cote du pressoir qui aura été le secteur clé des attaques décisive de Per Strand Hagenes chez les juniors homme, de Filippo Baroncini chez les juniors homme.
Une fois le sommet franchi, les coureurs doivent aborder 2.2 kilomètres de rocade, direction Kapucijnenvoer puis tourner à gauche.

https://veloviewer.com/segments/5062776

Situé à 13.65 kilomètres du parcours et donc à moins de 2 kilomètres de l’arrivée au dernier passage, la Sint-Antoniusberg (230 mètres à 5,5 %, max. 11 %) est la dernière des occasions pour faire basculer la course. Zoe Bäckstedt et Kaia Schmid s’y sont extirpées du groupe de tête sur la course juniors dame. Une dernière difficulté où Katarzyna Niewiadoma aura tenté son va-tout chez les élites dames.

La cote de Saint Antoine est courte, étroite et pavée. Les deux bandes de bitume aux extrémités offrent un bien meilleur revêtement qui favorise un groupe/peloton encore plus allongé.

Pour rejoindre la ligne d’arrivée sur la Geldenaaksevest, il faut descendre la Naamsestraat sur 850 mètres.

Une fois sur la Geldenaaksevest, il ne reste que 700 mètres à parcourir. En cas de sprint, il est impératif de virer en tête pour aborder dans de bonnes positions les 250 derniers mètres.

une prime aux attaquants ?

Les risques de précipitation sont de 24 % pour la journée de dimanche. C’est vers un mondial sec qu’il faut se diriger selon toute vraisemblance. Sur un circuit urbain technique, l’absence de chaussée mouillée enlève un facteur de nervosité supplémentaire.

Le vent d’à peu près 15 km/h devrait souffler depuis le sud-ouest. Ce qui implique un vent favorable dans le Taymansstraat et au sommet du Bekestraat. Un vent de côté dans les deux dernières ascensions du circuit flandrien et de dos sur le retour vers le circuit local. Une prime aux attaquants somme toute qui pourrait être encouragés à tenter des mouvements de loin. Concernant le circuit urbain de Louvain, le plus embêtant est le vent défavorable sur la rocade qui suit la cote du pressoir.

WOUT VAN AERT SEUL CONTRE TOUS ?

10 | Tiesj Benoot
11 | Victor Campenaerts
12 | Tim Declercq
13 | Remco Evenepoel
14 | Yves Lampaert
15 | Jasper Stuyven
16 | Dylan Teuns
17 | Wout van Aert

Rien de plus beau que de briller à la maison. La pression personnelle, du collective, médiatique et populaire qui en découle est le pendant d’une course à domicile. Rien de plus compliqué donc que de lever les bras chez soi. C’est la tâche à laquelle s’attachera la Belgique. D’autant que Wout van Aert est le favori légitime tout désigné sur un parcours cousue-main pour l’homme à tout faire de la Jumbo-Visma.

Du côté de Sven Vanthourenhout, les consignes sont claires : tout pour WVA. La sélection belge est construite autour d’une tactique : faire de Wout van Aert le prochain champion du monde. Pour se faire le scénario privilégié est un sprint (réduit). La tactique belge sera de verrouiller un maximum la course, de neutraliser au mieux les offensives et si jamais que Wout van Aert fasse partie du groupe de tête mais accompagné afin de ne pas porter tout le poids de la course.

La meilleure défense c’est l’attaque, oui, mais le scénario idéal pour moi en ce moment est d’aborder le finale en “mode économie d’énergie”

Wout van aert en conference de presse

Evidemment, Tim Declercq et Yves Lampaert sont désignés pour travailler en tête de peloton. Jasper Stuyven pour apporter son expérience local, lui le louvaniste. Dylan Teuns et Tiesj Benoot pour leur patte flandrienne. Les deux éléments qui apparaîssent clés sont Victor Campenaerts qui aura montré un gros niveau au cours du dernier mois. Déjà en vue sur le Tour du Benelux, Campy aura été un des grands artificiers et un soutien de taille pour Remco Evenepoel dans sa quête d’une médaille d’argent au Championnat d’Europe. Peut être même que sans son souci mécanique, le belge aurait pu permettre à son compatriote de faire la différence sur Sonny Colbrelli. Inarrêtable sur le Tour de Wallonie, il n’aura fait que confirmer sa forme à 100 % à l’approche de Flanders 2021. Attentio, cependant le vivier belge est tellement dense que la course pourrait basculer la tactique d’un sens comme dans l’autre. Quid de la réaction du collectif si Wout venait à se faire piéger ? N’y a-t-il pas de plan B dans les tiroirs .

C’est en se tournant vers la starlist qu’on pourrait penser que la Belgique aligne deux leaders. La présence de Remco Evenepoel n’est pas sans poser quelques questions :

  • Comment R.Ev peut aider au mieux Wout van Aert a devenir champion du monde ?
  • Ses ambitions personnelles ne seront-elles pas une épine dans le pied de la Belgique ?

A la seconde question, il est bon de rappeler que si le jeune prodige a un égo digne de son talent. Il sait à l’occasion le mettre de côté pour se muer en coéquipier de luxe. Ainsi a-t-il sacrifier ses chances en 2019 au Yorkshire, en attendant Philippe Gilbert victime d’une chute. La vraie problématique étant sur la première question. La réponse est semble-t-il évidente : en faisant ce qu’il sait faire de mieux. Profiter de ses qualités de rouler, partir en solitaire et forcer les autres nations à travailler, avec sur leur porte-bagage Wout van Aert qui n’aura qu’à s’économiser. Une tactique à double tranchant, puisque qui voudra emmener Wout van Aert sans broncher ? D’autant plus problématique que Remco Evenepoel est dans une large majorité battu au sprint, s’il est accompagné. Sur le circuit de Louvain, la stratégie semble formatée elle aussi. Utiliser la forme de Remco pour contrer toutes les attaques. Sauter sur tout ce qui bouge et ne pas collaborer pour permettre à ce que le groupe Van Aert fasse la jonction, en étant à l’origine d’une désorganisation.

Quoi qu’il en soit, l’objectif pour les belges sera de ne pas de reproduire le fiasco du mondial de Renaix, en 1963. Où Evenopoel serait dans la peau du traître Benoni Beheyt et WVA dans celle du favori incontesté Rik Van Looy. Hasard ou coïncidence, ces deux derniers sont originaires d’Herentals… Comme un clin d’oeil à l’Histoire, gageons que ça ne finisse pas en pied de nez.

Niveau pression ? Depuis les jeunes catégories, Wout van Aert est habitué à cette tension que créer un objectif mondial. Triple champion du monde de cyclo-cross de 2016 à 2018, en bon belge c’est tout naturellement que “la pression, il l’a boit”. Mais à y regarder de plus près, il n’a pas plus grand ennemi et adversaire que lui-même. Dans le final d’Imola, en 2020, le groupe de chasse derrière Julian Alaphilippe comptait entièrement sur le travail de Wout van Aert. Un schéma qui s’est une nouvelle fois reproduit aux Jeux Olympique de Tokyo, cet été, où la chasse de Richard Carapaz reposait sur les épaules du belge. Logique, tant le pensionnaire de la Jumbo-Visma est dominateur sur ces événéments. Est-ce donc un hasard que ces courses d’un jour au plus haut rang mondial se résument à un tous contre un ? Est-ce bien étonnant que depuis le Championnat d’Europe de cyclo-cross à Rosmalen en 2018, Wout van Aert enchaîne les places d’honneur et plus précisément les médailles d’argent. Un goût de l’argent retrouvé aux mondiaux de CX, à Bogense, en 2019 et à Ostende, au cours de l’hiver 2021. Mais aussi aux contre-la-montre d’Imola et du week-end dernier.

A l’image des classiques plus décousues, WVA n’est en rien obligé d’attendre un sprint et pourrait faire partie des mouvements de course, avec tous les inconvénients tactiques que cela implique. C’est pourquoi, il est un si grand favori. Personne ne souhaite l’emmener au sprint. Mais au vue de sa forme, il sera compliqué de se débarasser du belge.

42 | Pascal Eenkhoorn
43 | Sebastian Langeveld
44 | Bauke Mollema
45 | Oscar Riesebeek
46 | Mike Teunissen
47 | Dylan Van Baarle
48 | Mathieu Van der Poel
49 | Danny Van Poppel

Si la forme et la hiérarchie du printemps étaient respectées, Mathieu van der Poel serait sur le même plan que son adversaire de toujours. De ses aveux, Wout reste le grand favori. Gêné par des problèmes de dos, sa participation aux mondiaux s’est fait attendre et il a fallu attendre le dernier moment pour avoir la confirmation de sa présence. Son retour s’est fait de la meilleure des manières. Signant un succès devant Taco van der Hoorn à l’Epic Port d’Antwerp. Confirmant sa forme lors de la Primus Classic, c’est à cause d’une crevaison que MVDP a été éliminé du groupe de tête. Une reprise qui par une victoire d’entrée n’est pas sans montré le gros niveau du néerlandais. Koos Moerenhout a toute la confiance en son coureur qui trouve un terrain taillé sur mesure pour lui dans les monts de la Flèche Brabançonne qu’il a déjà dompté par le passé. Après une journée usante, peu de coureurs sont plus rapides au sprint que MVDP. A la faveur du schéma des hommes juniors et espoirs, la cote du pressoir pourrait permettre à Van der Poel de faire parler de son explosivité. Comme il l’avait fait face à Julian Alaphilippe sur les Strade Bianche.

Quand bien même, la forme ne lui permettrait pas de faire partie des hommes du final. La présence de Mathieu van der Poel est de bonne augure pour les équipes désireuses d’utiliser le circuit flandrien pour dynamiter la course… La dynamiter de loin. Mais aussi pour être au service du collectif. Principalement autour de Dylan van Baarle, toujours présents pour les Ineos Grenadiers au cours du printemps dans les courses flandriennes. Mike Teunissen, rapide au sprint pourrait être un fer de lance comme une touche personnelle si la forme est ascendante comme elle l’a été depuis quelques mois. Et si la Belgique réussissait son opération verrouillage ? Danny van Poppel avec la forme affichée depuis l’Egmont Classic Race pourrait rêver d’une médaille après six podiums en quatorze jours de course.

1 | Julian Alaphilippe
2 | Rémi Cavagna
3 | Benoît Cosnefroy
4 | Arnaud Démare
5 | Christophe Laporte
6 | Valentin Madouas
7 | Clément Russo
8 | Florian Sénéchal
9 | Anthony Turgis

A regarder les bookmakers, les trois têtes d’affiche des classiques du printemps sont de nouveaux en tête des pronostics. Julian Alaphilippe forme le triumvirat de l’année 2021 quand les courses se déroulent en territoire belge. Et pourtant, le parcours est loin de convenir au mieux aux qualités du champion du monde sortant. Le scénario de rêve à l’image de MVDP serait de faire la différence dans le Wijnpers. En a-t-il les capacités ? Rappelons qu’Alaf n’a pas réussi à battre WVA cette année sur une course d’un jour. Mais si la France ne vient pas pour défendre mais remettre un titre en jeu, ne faut-il pas se demander s’il n’y a pas meilleure carte pour le clan tricolore ?

Clément Russo, Remi Cavagna, Valentin Madouas et Arnaud Demare devraient être assignés à un rôle de coéquipier non protégé. Pourquoi pas avoir des opportunités mais sans bénéficier d’un collectif soudré autour d’eux. Les rôles d’Anthony Turgis et Benoit Cosnefroy seront sans doute similaires. En permettant à la France de durcir tôt la course dans le circuit flandrien. Après sa victoire sur la Bretagne Classic et une médaille de bronze sur les Championnats d’Europe, Cosnefroy a été un poil plus décevant sur le Tour du Luxembourg. Mais ses qualités de puncheurs devront nécessairement être mis à profit et en avant notamment dans le Moskestraat. Christophe Laporte fort de son succès au Tour de Wallonie arrive avec le plein de confiance. Mais le scénario le favorisant est un sprint réduit… dans une configuration qui ne lui scie pas vraiment.

La véritable arme de Thomas Voeckler, une sorte d’atout dans sa poche doit Florian Sénéchal. Le français de la Deceuninck Quick Step après une victoire sur la Vuelta a Espana a construit toute sa deuxième partie de saison pour les échéances à venir : Mondial et Paris-Roubaix. Jamais le nordiste n’a paru si affûté. Un constat criant sur la balance : – 4 kilos. Sur un nuage lors de la Primus Classic, le parcours dans les Flandres convient parfaitement aux qualités de Flo’ Séné qui semble-t-il a ce statut d’homme protégé.

26 | Andrea Bagioli
27 | Davide Ballerini
28 | Sonny Colbrelli
29 | Alessandro De Marchi
30 | Gianni Moscon
31 | Giacomo Nizzolo
32 | Matteo Trentin
33 | Diego Ulissi

Au delà du trio du printemps, un homme pourrait avoir le statut de coureur de l’année face à Wout van Aert. Sonny Colbrelli est très clairement dans la forme de sa vie. Se mettant en lumière sur des terrains du moins au plus vallonnés. Tellement transcendant que le nouveau champion d’Europe au cours des sept dernières courses compte un général du Tour du Benelux à son actif et n’a tout simplement pas quitté le Top 2…

J’aimerais arriver dans un petit groupe sans Wout van Aert

sonny colbrelli a cyclingnews sur zoom

Etonnamment on aura pu se dire qu’après tant de victoires insolentes, l’italien n’aurait pas peur d’aller au sprint face à l’ogre belge. Les hommes de Davide Cassani comptent donc faire partie des dynamiteurs pour piéger Wout van Aert. Sur le papier, il faudra résoudre la hiérarchie entre Colbrelli, Matteo Trentin et Giacomo Nizzolo qui auront les faveurs en cas d’arrivée pour hommes rapides. Mais des classics men expérimentés comme Gianni Moscon et Davide Ballerini pourrait tirer les marrons du feu.

34 | Mark Cavendish
35 | Ethan Hayter
36 | Tom Pidcock
37 | Luke Rowe
38 | Jake Stewart
39 | Ben Swift
40 | Connor Swift

A regarder la Vuelta a Espana, Tom Pidcock n’est pas l’adversaire redouté qu’il a été lors du printemps pour Wout van Aert, où il lui aura contesté le sprint lors de la Flèche Brabançonne et où il aura été départagé à la photo finish sur l’Amstel Gold Race. Mais des bruits du peloton, le britannique s’est préparé parfaitement dans le peloton faisant des exercice spécifique de fractionné en vue de ce mondial. Sur un parcours où il peut faire parler de son punch, Pidcock est donc un favori légitime après un printemps réussi.

Il faudra composer avec un coleadership. Ethan Hayter s’aligne avec des ambitions après un Tour de Norvège et de Grande Bretagne au sommet. Le tout étant que le londonien est sur le papier une option sprint dans une course dont on ne sait comment la lire et comment elle finira.

50 | Kasper Asgreen
51 | Mikkel Bjerg
52 | Mikkel Honoré
53 | Michael Valgren Hundahl
54 | Andreas Kron
55 | Magnus Cort Nielsen
56 | Mads Pedersen
57 | Mads Würtz Schmidt

S’il est un collectif qui rivalise sur le papier avec celui de la Belgique, c’est bien l’équipe du Danemark. Cinq coureurs sont protégés. D’abord, les deux sprinteurs à savoir Mads Pedersen qui semblait monter en puissance chez lui et en Norvège et Magnus Cort Nielsen, pourfendeur de trois victoires d’étape sur la dernière Vuelta. Mais à regarder de plus près, ce dernier n’a jamais été un adepte des courses d’un jour. Se mettant en lumière, sur les courses par étape où il faut se bonifier avec le temps.

Enfin, les trois électrons libres : Michael Valgren, Kasper Asgreen et Mikkel Honoré. Fort de deux succès, en Italie, en deux jours, dont un devant Sonny Colbrelli, Valgren est le nom cité de tous. Depuis 2018 environ, le coureur de la EF Education Nippo est toujours en forme en fin de saison. Brillant sur les GP au Canada, il s’est clairement montré sur les derniers mondiaux. Ce qui en fait naturellement un candidat qui affiche ses ambitions avec conviction. Kasper Asgreen était costaud au Tour du Benelux mais loin d’être rassurant même plutôt décevant. Le contre-la-montre de dimanche avec une quatrième place à une pincée de secondes du podium le replace en haut de l’échiquier. A se souvenir du printemps, il était le grand homme fort. Vainqueur par coup tactique du surnombre de la deceunick Quick Step sur l’E3 et du Tour des Flandres en battant au sprint MVDP dans un configuration où la victoire semblée perdue d’avance.
Mikkel Honoré est probablement le coureur le plus intringuant de cette sélection. Véritablement sous les radars comparé à ses quatre autres compatriote, le coureur de la Deceuninck pourrait profiter de sa forme. Mais aussi d’être sous-estimé pour aller glaner une médaille si ce n’est un titre mondial. Pour rappel, depuis son championnat national, sur les courses d’un jour et au classement général des courses par étape, il n’a quitté le Top 5. Une prouesse qui montre la condition du coureur du Wolfpack.

DES CHAMPIONS historiques

88 | Stefan Bissegger
89 | Silvan Dillier
90 | Marc Hirschi
91 | Stefan Küng
92 | Fabian Lienhard
93 | Michael Schär

Marc Hirschi après un Tour du Luxembourg semble être proche de retrouver son niveau de 2020. Sur un parcours urbain qui peut mettre en avant les puncheurs dans la cote du pressoir, l’helvète a toutes les qualités pour faire parler son explosivité. Seulement, la statistique est contre lui puisqu’aucun champion du monde espoir n’a réussi à convertir son titre chez les professionnels.

18 | Luka Mezgec
19 | Matej Mohoric
20 | Domen Novak
21 | David Per
22 | Tadej Pogaçar
23 | Jan Polanc
24 | Primož Roglič
25 | Jan Tratnik

Même problématique pour Matej Mohoric, leader désigné à la sortie du Tour de France par Tadej Pogaçar. Un exploit qui serait triple puisque le slovène entrerait dans l’histoire en étant le premier coureur à devenir champion du monde chez les juniors, les espoirs et les élites. Une prouesse à la hauteur du bonhomme, qui trouve un terrain à sa mesure et la forme montrée au Benelux était plus que rassurante.

159 | Erik Baska
160 | Juraj Sagan
161 | Peter Sagan
162 | Patrik Tybor

Pour l’histoire, Peter Sagan pourrait devenir le premier coureur à détenir quatre titres mondiaux

LE FACTEUR (UNO-)X

99 | Sven Erik Bystrom
100 | Odd Christian Eiking
101 | Markus Hoelgaard
102 | Alexander Kristoff
103 | Vegard Stake Laengen
104 | Rasmus Tiller

S’il est une équipe qui a fait parler d’elle sur les classiques du printemps, c’est bien la Uno-X. Formation norvégienne par excellence, elle a des coureurs qui se seront montrés à leur avantage très récemment. A l’image de Tiller Rasmus qui aura joué de malchance sur l’Epic Port d’Anvers en crevant par deux fois mais en revenant en costaud. Un viking qui sera accompagné de son coéquipier au cours de la saison : Markus Hoelgaard. Rapide mais pas autant qu’Alexander Kristoff qu’on ne peut éliminer sur une course supérieure à 250 où il fait partie des meilleurs du monde. Une épine potentielle pour WVA en cas de sprint, si le norvégien est présent.

CEUX QUI VEULENT PROFITER DU CHAOS

58 | Roger Adria Oliveras
59 | Alex Aranburu
60 | Imanol Erviti
61 | Ivan Garcia Cortina
62 | Gorka Izagirre Insausti
63 | Carlos Rodriguez Cano
64 | Gonzalo Serrano Rodriguez
65 | Antonio Jesus Soto Guirao

Une formation guère ambalante sur la forme montrée.

66 | Luke Durbridge
67 | Caleb Ewan
68 | Nathan Haas
69 | Michael Matthews
70 | Nick Schultz
71 | Miles Scotson
72 | Robert Stannard
73 | Harry Sweeny

En cas de sprint, l’équipe misera sur Michael Matthews régulier sur les podiums du mondial et qui fêtera son anniversaire ce dimanche

74 | Esteban Chaves
75 | Fernando Gaviria
76 | José Tito Hernández Jaramillo
77 | Sergio Andrés Higuita
78 | Alvaro José Hodeg
79 | Juan Sebastián Molano
80 | Nelson Soto Martinez
81 | Rigoberto Urán

Un parcours trop dur pour les sprinteurs et trop facile pour les grimpeurs sud-américains.

82 | Pascal Ackermann
83 | Nikias Arndt
84 | John Degenkolb
85 | Nils Politt
86 | Maximilian Schachmann
87 | Georg Zimmermann

Séduisante sur le papier pour tenter de dynamiter les choses notamment avec Nils Politt

94 | João Almeida
95 | Nelson Oliveira
96 | Rui Oliveira
97 | Rafael Reis
98 | Andre Rodrigues De Carvalho

Almeida a un terrain à sa convenance mais il ne faudra pas se faire piéger comme à Trento.

117 | Stanislaw Aniolkowski
118 | Cesare Benedetti
119 | Maciej Bodnar
120 | Michal Golas
121 | Michal Kwiatkowski
122 | Lukasz Owsian

Michal Kwiatkowski est prêt pour un doublé avec ce qu’il a montré au GP de Denain.

123 | Robin Carpenter
124 | Lawson Craddock
125 | Matteo Jorgenson
126 | Brandon McNulty
127 | Neilson Powless
128 | Quinn Simmons

Une équipe emballante sur le papier et des coureurs en forme. Le parcours ne semble idéal que pour Quinn Simmons mais que ce soit Lawson Craddock ou Matteo Jorgensen, il y a de quoi faire avec la forme affichée récemment.

Contrairement aux courses femmes et espoirs, les élites hommes pourraient être inspirés par des offensives de loin notamment dès le premier passage sur la boucle flandrienne. Afin de saper au mieux le travail de l’équipe belge. Peu d’équipe, si ce n’est aucun, hormis la Belgique ne désire avoir un sprint d’une trentaine-quarantaine d’unités. Les Pays-Bas se sont cassés les dents par deux fois à tenter de favoriser un sprint, trébuchant dans le kilomètre final. Le parcours urbain a montré qu’il est possible de se faire piéger et qu’il est rendu extrêmement technique, voire un peu trop au vue des nombreuses chutes. Le parcours flandrien a de quoi tenir ses promesses avec de nombreux écrémages par l’arrière mais surtout s’il n’y a pas de temps morts au sommet des difficultés. Des temps morts qui ont permis des regroupements.
Avec autant de nations prêtes à en découdre la tâche sera rude pour Wout van Aert. Le belge va devoir selon toute vraisemblance sortir de sa zone de confort et faire la course. Dans une telle configuration, il devra être à la fois le plus fort mais aussi le plus malin pour aller lever les bras. Car une nation sur-représentée peut profiter du surnombre pour aller l’emporter et à ce jeu, les danois pointent en pôle position.

Quid des jeux d’équipes ? On sait que les sélections nationales peuvent faire cohabiter des coureurs adversaires au cours de l’année. C’est pourquoi, il n’est pas rare de voir des coureurs ne pas collaborer dans des groupes de contre parce qu’un coéquipier est à l’avant. Tel fut le cas de Pogacar aux JO lorsque McNulty s’est extirpé du groupe de tête avec Carapaz. Dans un tel cas, l’avantage est clair pour les équipes comme la Deceuninck Quick Step et les Trek Segafredo… Une nouvelle épine dans le pied de Wout van Aert qui n’aura guère de coéquipiers de la Jumbo-Visma comme alliers de circonstance. Une aubaine pour le Wolfpack qui sait à merveille gérer les classiques flandriennes et saura s’organiser si WVA est piégé.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Florian SénéchalGagnant 650.1 %
Kasper AsgreenGagnant 210.15 %
Mikkel HonoréGagnant 510.05 %
Mikkel HonoréPodium 210.1%

Championnat du Monde Contre la Montre Elites Homme 2021

Profil du contre-la-montre des championnats du monde 2021 © 2021 UCI Road World Championships

Knokke-Heist – Bruges : 43.3 kilomètres aux fins de sacrer le prochain champion du monde de l’effort individuel, porteur du maillot irisé durant la saison 2022. Un cumul de dénivelé positif porté à 78 mètres selon les organisateurs mètres (23 mètres selon La-Flamme-Rouge).

un contre la montre pour les rouleurs

Départ en bord de mer du Nord pour débuter le CLM des championnats du monde 2021 dans les Flandres.

1.5 kilomètres : premier virage serré à négocier en tournant à droite.

Quelques mètres plus loin à la sortie d’une route à sens unique, un nouveau virage à aborder…

… pour prendre la deuxième sortie (tout droit) au rond-point.

2.3 kilomètres : tournant vers la Lippenslaan

300 mètres plus loin : tournant à droite.

2.8 kilomètres : un rond-point à négocier.

100 mètres plus tard : 500 mètres de ligne droite à parcourir sur la Koningslaan.

3.6 kilomètres : suivre la route principale pour…

… longer un premier carrefour giratoire…

… puis un second.

3.8 kilomètres : c’est parti pour 2.3 kilomètres de billard sur la Natiënla 49.

6.1 kilomètres : légère biffurcation

6.6 kilomètres : un virage rapide

7.3 kilomètres : rien de technique

Toute une campagne exposée à travers pendant une bonne dizaine de kilomètres pour rejoindre le circuit de Brugge.

18.3 kilomètres : c’est le début du segment Oostkerke-SintKruis en tournant à droite.

Un secteur qui débute en longuant le canal de Schipdonk.

13.8 kilomètres : première indication du temps intermédiaire et passage à la rive ouest…

… direction Dubzele sur près de 3.5 kilomètres.

17.2 kilomètres : la route se rétrécit pour laisser place aux flux aller-retour de la boucle de Bruges Harbour.

17.7 kilomètres : entrée de ladite boucle de 11.7 kilomètres en prenant à droite.

18.3 kilomètres : tournant à gauche rapide

5.4 kilomètres en suivant le canal de Boudewijn.

… avant d’opérer un demi-tour vers le nord à 23.7 kilomètres.

5.6 kilomètres pour développer toute sa puissance.

29.3 kilomètres : avant de tenir la droite…

… puis de prendre à droite à 29.8 kilomètres…

… et de suivre la route principale vers Damme.

33.4 kilomètres : un petit twist and turn (virages en S) après avoir signé en route le second temps intermédiaire.

Un peu plus de 1.5 kilomètres à parcourir pour rejoindre Damme.

34.9 kilomètres : dont l’entrée se fera sur un “tapis pavé” (de bonne ou mauvais intention sur 200 mètres).

35.1 kilomètres : reprise des pavés à la sortie du pont du canal de Damme.

Un canal que les concurrents suivront durant 4.7 kilomètres pour arriver à Dampoort.

39.8 kilomètres : Virage à droite pour accéder au canal de Brugge-Oostende.

Malgré un terre plein central en entrée de changement de direction, la largeur de la route offre une opportunité pour ne pas perdre de vitesse.

Entrée des 3.3 derniers kilomètres

40.6 kilomètres : tournant à droite…

… sur une Julius en Maurits Sabbestraat moins large.

41 kilomètres : dernier tournant…

… un 90°C arrondi, rapide mais qui offrira une dernière relance.

2.2 derniers kilomètres qui file droit.

Pour fuser sur les 200 derniers mètres, sur une voie unique mais sans aucune conséquence.

En à peine deux heures et demi entre le premier départ à 14h30 et la dernière arrivée (estimée) à 16h55, les changements météorologiques devraient être mineurs. Que ce soit les modèles Arome comme Arpège, aucune précipitation n’est à prévoir, du moins pas avant 21 heures. Ce sont donc sous des conditions sèches que chacun des participants devraient s’élancer.

Cependant, si le vent ne semble pas s’intensifier sur la majorité des modèles. La légère brise d’à peine 10 km/h devrait changer légèrement de direction. Un changement à l’avantage des derniers partants. Un vent marin, potentiellement, plus de face au départ et plus fort d’environ 2 km/h par rapport à l’intérieur des terres.

UN QUATUOR POUR UN PODIUM ?

Départ : 16:05:30

Champion du monde en titre, Filippo Ganna peut espérer garder sa couronne. Le maître du temps était assis sur le trône de manière indéboulonable. Remportant tous les chronos auxquels il a participé de son titre de champion national 2020 (21 août) au CLM d’Al Hudayriat Island au UAE Tour (22 février) ; soit une série de huit contre-la-montre d’affilée. Sur la période 2020-2021, l’italien compte 17 participations à des efforts individuels pour 14 podiums dont 11 victoires.

La bête à rouler des Grenadiers est un homme pointilleux qui sait parfaitement répondre présent et être à 100% en vue de ses objectifs. Ainsi, Top Ganna a dominé de la tête et des épaules les CLM du Giro d’Italia. Tout comme il aura été l’artificier du sacre olympique de la poursuite par équipe sur piste à Tokyo. L’Italie comptait un débours de 0.867 secondes au troisième kilomètres. C’est sous l’impulsion de Pippo que l’Italie a comblé ledit retard et finit avec 0.171 secondes d’avance sur les Danois. Un exploit à la hauteur du talent du meilleur poursuiteur de l’histoire. Quatruple détenteur du record du monde en individuel. Le championnat d’Europe sera sa seule ombre au tableau récente où Stefan Küng aura renversé la vapeur passant d’un retard de 4 secondes à l’intermédiaire à une avance de 8 secondes sur la ligne

Départ : 16:02:30

Récemment à Trento, le suisse a remis les pendules à l’heure. Après une troisième place l’an passé, nul doute que le sacre européen de King Küng l’aura remonté comme un coucou. Il est vrai que question contre-la-montre pour pur rouleur Stefan Küng n’est pas en reste. Gardien de belle place d’honneur tout au long de la saison comme à San Benedetto del Tronto ou à Laval sur le Tour de France. Ce dernier contre-la-montre où il aura bûché face à seulement un Tadej Pogacar stratosphérique en produisant malgré tous ses meilleurs chiffres.

Résultats des contre-la-montre entre 30 et 50 kilomètres de Stefan Küng

Les longues distances ne sont pas pour le désavantager et son historique en atteste. Ajoutons à cela que sa base de supporters est encore plus importante en Belgique qu’en son pays d’origine. Porté par une partie de la foule, le spécialiste de la discipline de la Groupama-FDJ peut prétendre à plus qu’une médaille sur ce mondial.

Départ : 15:07

Des spécialistes, Remco Evenepoel est un véritable ovni. Le jeune prodige de la Deceuninck Quick Step appréciait ce type d’exercice long et roulant avant son accident au Tour de Lombardie. Désormais de retour, son excellente troisième place au CLM de Trento démontre que R.Ev is back. Gardien de deux podiums sur les chronos nationaux sur pareille distance. C’est aux mondiaux du Yorkshire que Remco s’est illustré. Un long chrono de 54 bornes, dominé par Rohan Dennis. Mais avec une médaille d’argent le neopro, il y a de cela deux ans, finissait devant Ganna. Un résultat qui montre son gros moteur. Et pourtant à regarder son gabarit, Evenepoel ne laisse pas entrevoir le monstre de watts qu’il est. 60 kilos annoncé pour 1m71. Le belge est bien loin des 72.46 kilos pour 1m83 de moyenne des spécialistes engagés demain.

Mais il compense à merveille par un aérodynamisme presque sans égale en étant parfaitement gainé et posé sur la machine ; portant de fait au minimum son CdA.

Départ : 16:04

S’il faut parler d’opposé en terme de gabarit, son compatriote est une grosse cuisse en puissance. Prophète en son pays, Wout van Aert est un des coureurs les plus attendus. Évidemment, d’aucuns ne contestera que son objectif principal est de devenir champion du monde sur route. Mais pour se faire le belge doit être en forme. Récent vainqueur du Tour de Grande Bretagne en remportant pas moins de quatre étapes, WVA aura la lourde tâche d’assumer son rôle d’archi-favori. Une pression démesuré qu’il a l’habitude de porter sur ses épaules depuis les catégories jeunes en cyclo-cross. Une discipline dont il se partage les titres mondiaux avec Mathieu van der Poel. Avec un seul chrono par équipe, il est le spécialiste qui a le moins préparé l’exercice de tous les favoris. Ce qui le place hiérarchiquement en dessous dans la hiérarchie. Mais qu’à cela ne tienne, avec la forme qu’il tient et avec le matériel Jumbo-Visma à la pointe en la matière. Wout van Aert est assurément un client qui sera porté par tout un peuple

DES NATIONS CANDIDATES AUX TITRES

Si Stefan Küng est pour beaucoup la meilleure carte pour les helvétiques, Stefan Bissegger est l’autre métronome suisse. Parmi les hommes forts spécialistes de la discipline, le coureur de la EF Education Nippo s’est illustré cette année. Seulement, la “Swiss Machine” devra faire face à un obstacle de taille : la distance. Si la question pouvait être posée pour le Championnat d’Europe où il lui en manquait face aux grosses cylindrées, le constat est encore plus criant sur le double de distance dans les Flandres. Au cours de sa carrière, Bissegger n’aura parcouru plus de 30 kilomètres en effort individuel que six fois dont seulement deux chez les professionnels. Saint Emilion a 44 secondes du vainqueur et 12 du podium mais a surtout montré ses limites dans le temps où sur des chronos pour spécialiste il peut connaitre une potentielle baisse de régime. Bien qu’il ait fini à une meilleurs places que ses temps intermédiaires, l’écart s’est creusé après le second intermédiaire :

  • T1 : 19 secondes de Wout van Aert, 6 secondes de Kasper Asgreen et 7 secondes de Jonas Vingegaard
  • T2 : 30 secondes de Wout van Aert, 6 secondes de Kasper Asgreen et 9 secondes de Jonas Vingegaard
  • Arrivée : 44 secondes de Wout van Aert, 23 secondes d’Asgreen et 12 secondes de Jonas Vingegaard

L’Italie aligne ses deux pistards à savoir Filippo Ganna et Eduardo Affini. Ce dernier retrouve un semblant de sa superbe en ayant signé chez les Jumbo-Visma. Un candidat au podium potentiel, tout comme Matteo Sobrero. Mais si ce dernier, beau frère de Filippo Ganna, pourra profiter des précieux conseils lors des reconnaissances. Le parcours ne semble pas assez punchy, en étant dépourvu de suffisamment de relances.

Wout van Aert et Remco Evenepoel se doivent d’apporter une médaille ou deux sur leur terre. Galvanisés par la foule, l’exploit de voir les deux coureurs sur le podium est réel.

DES NATIONS CANDIDATES AUX PODIUMS

Avec ce qu’on montré Kasper Asgreen et Mikkel Bjerg tant au Benelux qu’au Championnat d’Europe, l’optimisme d’un médaille pour le Danemark s’est envolé.

Mentalement débloqué Rémi Cavagna est au porte de toucher les étoiles. Mais gare de ne pas explosé en plein vol. Le parcours malheureusement n’est pas assez technique pour espérer quoi que ce soit de Benjamin Thomas qui a réussi sa saison après des médailles olympiques.

Un parcours qui manque de vallons pour les deux américains que sont Lawson Craddock et Brandon McNulty.

La bête à rouler des Deceuninck Quick Step sort d’une Vuelta où il aura exposé son gros moteur. Josef Cerny pourrait profiter de la surcompensation d’après Grand Tour sur une distance qu’il apprécie.

DES TOP 10 ESPÉRÉS

Est-ce trop long pour Tom Scully ?

Même problématique pour Jan Tratnik, là où c’est probablement pas assez technique pour Tadej Pogaçar.

Andreas Leknessund est décevant, un coup d’éclat n’est pas à espérer.

Carlos Rodriguez Cano s’est montré être un adversaire redoutable pour Tobias Halland Johannessen au Tour de l’Avenir. Il est temps de voir une pépite éclore.

Jos Van Emden se fait vieux pour performer au plus haut rang mondial.

Michal Kwiatkowski aurait aimé plus technique.

Tobias Ludvigsson souffle le chaud et le froid.

Depuis quand Tony Martin a-t-il fait un contre-la-montre à fond convaincant ? Maximilian Richard Walscheid en tant que sprinteur aimera des chronos plus courts.

Ethan Hayter et Dan Bigham viseront un Top 10 qui serait un beau résultat.

La même chose pour Marcus Christie et Ryan Mullen.

Ainsi que pour Stefan de Bod qui était convaincant dans l’ensemble de la première partie aux Jeux Olympiques. Là où Ryan Gibbons aimerait un chrono plus technique.

Pour montrer le maillot national

Venantas Lasinis

Spas Gyurov

Grmay Tsgabu et Haily Hailemelekot

Ylber Sefa

Ronald Kuba

Andreas Miltiadis

Daniil Fominykh

Nazir Jaser.

Ognjen Ilic

Azzedine Lagab

Rigoberto Urán

Archibold Franklin et Christofer Jurado Lopez

Muradjan Khalmuratov

Eduardo Sepulveda

Felix Ritzinger

Rafael Reis et Nelson Oliveira

Hugo Houle et Nickolas Zukowsky

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Wout van AertGagnant4.20.4 %
Josef CernyPodium 610.1%

Etape 20 Vuelta a Espana 2021

Sanxenxo – Castro de Herville : 202.2 kilomètres avant une conclusion du Tour d’Espagne au contre-la-montre de Saint-Jacques de Compostelle. Un cumul de dénivelé positif affichant un non moins exigeant 4199 mètres dans une étape profilée “classique”. Une dernière occasion pour les baroudeurs d’aller chercher une victoire d’étape. Des ambitions confrontées à celles des membres du classement général qui chercheront à gagner du temps et/ou chercher un accessit avant le CLM du lendemain.

UNE DERNIÈRE CHANCE À SAISIR

Plusieurs éléments viennent se confronter dans cette dernière étape en ligne, où les intérêts des uns et des autres viennent s’entrechoquer.

D’abord, nombre sont les équipes qui seront à la recherche de leur dernière occasion de glaner une victoire d’étape avant une épreuve chronométrée dont elles ne pourront prétendre au gain à l’issue de l’effort individuel. Alto Castro de Herville prend une signification particulière pour les baroudeurs, qui y voit leur dernière chance de lever les bras.

Ensuite, l’étape offre un total de 28 points à distribuer au classement de la montagne. Si les deux premières places sont trustées par les coureurs de la DSM (Michael Storer 59 points et Romain Bardet 54 points). Les adversaires ne sont pas hors jeu pour autant. Primoz Roglič compte 11 points de retard sur le détenteur du maillot à pois. Tandis qu’à la fois Rafal Majka et Damiano Caruso quant à eux totalisent 33 points au classement de la montagne, soit 26 points de retard. Si l’opération paraît compromise pour ces deux derniers. Une chasse aux points les obligeant à prendre la totalité des points de la journée. La mission n’est pas impossible pour le coureur de la Bahreïn-Victorious dont la marge de manoeuvre est réduite à une non-présence des deux coureurs de la DSM aux avant-postes. Pour rappel, les sommets de première catégorie offre 10, 6, 4, 2 et 1 points aux cinq premiers. Quand les deuxième et troisième catégories n’ouvrent les points qu’aux trois premiers.

Une porte ouverte où l’italien pourrait se faufiler en profitant de l’usure créée par l’énorme chasse opérée par la Team DSM hier où dans un effort vain et non appuyé des autres équipes, les coureurs de Matthews Winston se seront littéralement cramés. A l’image du français à bout en fin d’étape.

Si certains pensent que la course au maillot du meilleur sprinteur puisse rentrer en jeu. Fabio Jakobsen ne devrait pas craindre les délais sur l’étape du jour. En effet, au delà de 40 km/h, les délais seront de 22 % du temps du vainqueur. Ce qui donne plus d’une heure de débours accordée (environ 66 minutes pour 40 de moyenne ou encore 63 minutes pour 42 de moyenne). Gardons nous des hypothèses que la Jumbo-Visma serait donc inspirés de mettre le porteur du maillot vert hors délais afin de récupérer son maillot dont Primoz Roglič est deuxième du classement par points.

Après une quinzaine de kilomètres, les coureurs du peloton seront confrontés aux premières difficultés du parcours escarpé du jour avec une série de difficultés non répertoriées.

Un enchaînement où l’échappée du jour devrait se former.

Un relief exigeant qui devrait être favorable aux attaquants de prime abord. Cependant, les routes y seront larges, ce qui ne devrait pas faciliter le contrôle. Un point qui peut impliquer des relances constantes en tête du peloton pour qui aura loupé le coche.

Enfin, d’apparence si les DSM n’ont besoin de relancer sans cesse pour mettre à l’avant Michael Storer et/ou Romain Bardet. Tout porte à croire que l’échappée a de grandes chances d’aller au bout. D’autant que stratégiquement, dans la bataille pour le classement par équipe, les Bahraïn-Victorious seraient bien inspirés de mettre des pions devant pour creuser l’écart au classement par équipe. Pour cause, les bahraïnis ne disposent que de 4 minutes 01 sur la Jumbo-Visma. Lors que l’on sait que le temps est pris sur les trois premiers de l’étape. Le danger est présent à la veille du contre-la-montre final.

Et pourtant, les hommes de Gorazd Štangelj ont aussi d’autres intérêts. Jack Haig pointe à 1:43 du podium. Techniquement au dessus de Miguel Ángel López en contre-la-montre, l’australien pourrait rêver gagner du temps sur les coureurs de la Movistar dans une étape piégeuse. Gino Mäder quant à lui est à 3:05 du maillot blanc. Les déclarations d’Egan Bernal pourrait encourager les coureurs de la Bahraïn à prendre le peloton en main comme ils l’ont fait à El Gamoniteiru. Une course durcie pourrait être favorable aux deux leaders de l’équipe médiatique de l’année.

La course au podium est une chose. Avec une équipe Movistar décimée, les Ineos Grenadiers pourraient tout autant tenter le coup. Mais la manoeuvre est délicate car si MAL et Mas doivent composer avec uniquement Imonal Erviti, José Joaquín Rojas et Nelson Oliveira. Les britanniques ne sont guère mieux lotis avec Tom Pidcock, Pavel Sivakov et Salvatore Puccio pour seuls compagnons d’Adam Yates et du vainqueur du Giro d’Italia. Placer un pion à l’avant pour tenter quelque chose sur le circuit final pourrait être une manoeuvre gagnante en cas d’offensive. Mais il faudra compter sur les autres pour mener la chasse. Une chasse qui peut être assurée tout autant par le membres du Top 12 dans la défense d’une place au GC. Ainsi si Félix Grosschartner était amené à faire partie de l’échappée, une équipe comme les Intermarché Wanty Gobert Matériaux seraient amenés à rouler pour défendre la position de Christian Odd Eiking. Le même constat peut être fait avec David de la Cruz qui forcerait à la Cofidis Solutions Crédits et les Bahraïn Victorious à rouler. Un raisonnement similaire si Gino Mäder prenait le large avec une Jumbo-Visma en ordre de marche éventuelle pour Sepp Kuss. Cela étant dit, quatre équipes parmi le Top 8 s’illustrent. Seuls les Ineos sont pour l’heure bredouilles en terme de victoires d’étape. Une hérésie pour une équipe qui prétendait à la victoire finale et en est bien loin. Les Grenadiers pourraient être avec les Bahraïn, l’équipe du jour cherchant à durcir une journée physiquement exigeante en troisième semaine.

https://veloviewer.com/segment/29576146

Le final commencera avec l’enchaînement de l’Alto de Valichán (6.6 kilomètres à 5.4 %), l’Alto de Mabia (5.9 kilomètres à 5.7 %) et l’Alto de Mougiás (9.7 kilomètres à 6.1 %).

https://veloviewer.com/segments/10528772

Une longue descente vers Baiona avant d’entamer le final.

L’Alto de Prado (5.5 kilomètres à 6.2 %) pourrait voir les premières escarmouches au sein du peloton de leaders. Avec un sommet à 23 kilomètres de l’arrivée, l’endroit est parfait pour tenter de faire exploser le peloton avec cela est maintes fois vu sur les classiques du printemps et de l’automne.

Des routes étroites et un mur à 12.5 % à passer sur 600 mètres à Murxido. Un terrain parfait pour y lancer une offensive.

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Une descente rapide vers Mosende pour attérir au pied d’un petit repecho.

Une courte montée explosive avant…

https://veloviewer.com/segments/22981673

… de redescendre rapidement vers le final du jour.

L’Alto de Herville, une arrivée inédite sur la Vuelta. 9.7 kilomètres à 4.7 % ne devraient pas être de taille à rebuter les leaders qui sont de véritables grimpeurs patentés.

Débutant par un mur long de 1.8 km à 9.9 %, le placement sera vital sur des routes étroites.

Si les quatre derniers kilomètres se radoucissent et sont à moins de 5 %, les 200 derniers mètres sont explosifs avec près de 10 %.

UN DERNIER TOUR ET PUIS S’EN VA

Baroudeurs non rassasiés, une DSM qui ne lâchera pas tant que ses grimpeurs ne sera pas devant et une Bahraïn-Victorious entre deux objectifs, et leaders qui souhaitent se replacer au GC avant le ITT, le rythme pourrait s’avérer infernal sur les 50 premiers kilomètres de course. Une étape au potentiel dynamique qui ne laisse guère de places au doute, une course il y aura. Si se forme tardivement, les 100 derniers kilomètres sont une invitation à faire exploser le final de l’étape. Toute la question est de savoir qui a la surprise générale comptera le peloton pour maintenir l’échappée à distance. Comme la DSM l’a fait hier, la Bahreïn-Victorious la veille et les Jumbo-Visma l’avant-veille.

Dans une étape profilée comme un Liège-Bastogne-Liège en Galice, selon les propres mots de l’organisateur, Egan Bernal à son mot à dire. Il est vrai que le profil se rapproche d’un Tour de Lombardie mais encore plus d’un Giro dell’Emilia où le colombien s’est déjà illustré. Le potentiel du vainqueur du Tour de France 2019 sur ce type de relief était déjà connu quand chez Androni – Sidermec – Bottecchi, il avait pris la deuxième place du Giro dell’Appennino. Son point de référence restant le Memorial Alfredo Martini en Toscane où la course y est décousue. Mais s’il doit prendre des références récentes cette année sur le Trofeo Laigueglia s’est illustré avant de confirmer tout le bien que l’on peut penser du vainqueur sortant du Giro d’Italia sur les Strade Bianche.

Auteur d’une attaque lointaine au Lac de Covalonga suivi de seulement Primoz Roglič, le vainqueur du Tour de l’Avenir 2017 a démontré tout le panache qu’on l’a déjà vu faire preuve sur l’étape de l’Iseran comme de Cortina d’Ampezzo. Un goût de l’attaque qu’il a retrouvé dans le finale de l’Alto d’El Gamoniteiru, suivi une nouvelle fois seulement de Roglič. Un tempérament bien trempé qu’il n’a aucune raison de laisser de côté sur une étape où il peut aller chercher un accessit. A 4:43 de Primoz Roglič et 1:50 du podium, le Grenadiers n’est en rien une menace. Bernal à toutes les raisons de profiter de sa montée en puissance pour ramener aux britanniques, ce petit plus qu’ils n’ont obtenu jusqu’à présent sur la Vuelta 2021.

Si la Bahreïn-Victorious est amenée à vouloir durcir la course pour Jack Haïg comme l’a déjà, l’australien trouve un terrain à sa mesure. Le final par ses airs punchy n’est sans doute pas pour déplaire au leader de substitution. 5 de Balcon de Alicante et 4e au Mur de Valdepenas de Jaén, son sprint explosif était déjà souligné à la Fosse-aux-Loups et a la Ruta del Sol, que ce soit l’an passé qu’il y a deux ans. Au même titre, on peut ajouter son travail pour Yates à l’étape des murs de Saturnia sur le Tirreno Adriatico de 2020 pour se laisser convaincre.

Si l’on mentionne le Trofeo Laigueglia et une chance que les échappées se disputent la guerre, il est un puncheur qui doit avoir coché l’étape du jour. Capable de briller devant comme avec le peloton de leaders, Mauri Vansevenant, l’homme “pendule” (surnom donné à sa façon de se dandiner sur le vélo) doit être la carte Deceuninck Quick Step. Inutile pour les hommes de Wilfried Peeters et de Davide Bramati toute la garde autour de Fabio Jakobsen pour rallier l’arrivée dans les délais puisque l’étape est classée catégorie 5 soit haute montagne. Des délais de 22% qui ouvrent une porte aux puncheurs du Wolfpack. Andrea Bagioli aura laissé des plumes en cours de route sur l’étape de la veille. Bien plus que le belge aidant son sprinteur à ne pas être hors délais, dans une étape qui n’a pas débranchée. Capable de faire des shows comme à la Flèche Wallonne où sans sa chute il aurait pu faire la nique au peloton. Vansevenant retrouve un peu de Belgique en Galice.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Egan BernalGagnant17.250.25 %
Egan BernalPodium 6.750.75 %
Mauri VansevenantGagnant400.1 %
Jack HaïgPodium 110.15 %

Etape 16 Vuelta a Espana 2021

Laredo – Santa Cruz de Bezana : 180 kilomètres pour entamer la troisième semaine de la Vuelta. Une étape sur le papier qui est l’une des dernieres occasions pour les sprinteurs mais avec un dénivelé positif de 2275 mètres, l’étape sera loin d’être plate.

UNE DERNIÈRE OCCASION POUR LES SPRINTEURS DE S’EXPRIMER

eTapenombre De points distribués
1650, 30, 20, 18, 16, 14, 12, 10, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2 aux 15 premiers
1720, 17, 15, 13, 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 aux 15 premiers
1820, 17, 15, 13, 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 aux 15 premiers
1930, 25, 22, 19, 17, 15, 13, 11, 9, 7, 6, 5, 4, 3, 2 aux 15 premiers
2020, 17, 15, 13, 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 aux 15 premiers
2120, 17, 15, 13, 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1 aux 15 premiers

D’emblée, force est de constater qu’un total de 160 points seront distribués aux grands maximum (sans compter les 100 points des cinq sprints intermédiaires). Fabio Jakobsen possède 86 points sur son Dauphin, Magnus Cort Nielsen qui apparaît comme la menace principal du maillot avec Primoz Roglič, gardien de 92 points de retard. Le néerlandais serait bien inspirés d’assurer son maillot avec 50 points de la victoire pour naviguer sur du velours. De prime abord, la pensée première serait de se dire que laisser filer une échappée ferait le jeu de Jakobsen mais par le jeu des bonifications et de la dangerosité de MCN sur cette étape et sur l’étape 19 voire même la 20. Le Wolfpack devrait donc être parmi les équipes qui contrôleront pour un sprint dès le départ. Mais pour se faire Deceuninck Quick Step aura besoin d’allier pour annihiler toutes les ambitions des plus téméraires.

Des vaillants portés par le vent de dos. Pour sûr, la Groupama-FDJ sera de ceux qui miseront sur leur sprinter. La résistance du français a été mise à rude épreuve lors de l’étape de Córdoba mais il était parmi les derniers sprinteurs purs à résister jusqu’au passage les plus compliqués d’Alto del 14%. Sur une étape à sa portée avec le souvenir d’un Tour 2018 où il aura attendu la troisième semaine pour s’imposer (18e étape), Arnaud Demare devrait avoir le soutien de son équipe, entièrement bâti autour de lui. La question est plus délicate pour les DSM. Qui se verrait peut être avoir un jour de repos avant deux étapes où l’étape sera sur la sur-offensive. Cela dit, Alberto Dainese a montré ne pas être loin de lever les bras pour la première fois sur un Grand Tour. Mais surtout être le sprinteur capable de rivaliser avec Jakobsen, en l’absence de Jasper Philipsen et grâce aux lacunes de Nono.

Les équipes comme la Bike Exchange et les UAE émirates seront probablement inspirées pour mettre la main à la pâte. Seulement à partir de l’Hijas, à 75 kilomètres de l’arrivée.

Mais l’aide ne sera pas pavée de bonnes intentions. Puisque Jakobsen a montré plusieurs fois quelques faiblesses lorsque le relief s’escarpe. Pire encore, après avoir déclaré se sentir émoussé. Lors du final de l’étape de Villanueva de la Serena, le maillot vert a été incapable de tenir les roues de son train. Explosant à l’amorce du dernier kilomètre.

Le point positif pour le néerlandais, ce sera le vent de face dans les 50 derniers kilomètres. Qui devrait naturellement freiner les véhémences. Quid du travail de sape que les Australiens et les émiratis auront entamé.

Les routes sont mal plates, ce qui offre un terrain parfait pour user les grosses cuisses a l’image de San Cipriano (non répertoriée), situé à 55 kilomètres de l’arrivée. Une difficulté surmontable mais comme l’a montré l’étape de Suances l’an dernier. Une difficulté qui à l’image des repechos de fin (Vispieres, Mar, Pedroa, Perujo ou encore Valdearenas) ont pour but d’émousser les hommes rapides. A l’image de Sam Bennett qui y avait été mis en difficulté dans Sans Cipriano avant d’exploser à 26 kilomètres de l’arrivée.

6.6 kilomètres de l’arrivée : entrée d’un secteur extrêmement sinueux.

3.6 kilomètres de l’arrivée : virage à gauche, le placement soit déjà être opéré avant la barrière fatidique des trois kilomètres.

Bien que serpentant, le final s’opère sur une route principale.

Ce n’est qu’à 700 mètres de l’arrivée que l’obstacle principal se dressera face aux coureurs. Un virage en épingle qui devrait allonger le peloton et anéantir toutes les chances de ceux qui seront mal placés.

Pendant 100 mètres, la roue sera étroite. S’il y a un endroit où tenter le coup du kilomètre, c’est donc à 700 mètres de l’arrivée.

400 mètres de l’arrivée : tournant sans visuel.

Le même constat à 200 mètres de l’arrivée.

FABIO JAKOBSEN MALMENÉ

Bien que le maillot vert fêtera ses 25 ans à l’arrivée de l’étape comme au départ, le peloton n’est pas prêt de lui cadeau. Il en va de même pour Ángel Madrazo, résident de Santander. Le local de l’étape aura sans doute à cœur de briller sur des routes qu’il connait par cœur. Santa Cruz de Bezana n’est qu’à 8.5 kilomètres de sa ville natale. L’espagnol connait le final comme sa poche bien qu’il ait l’habitude de parcourir le repecho de Valdearenas dans le sens inverse (selon ses entraînements Strava).

A l’image d’un SammyBe souffrant à Suances, Fabio Jakobsen devrait subir une montée de lactique, potentiellement fatale. La Bike Exchange devrait courir de manière agressive afin de se débarrasser du plus grand nombre de sprinteurs purs. Toute la question est de savoir pour qui les australiens vont courir. A en croire le travail tout au long du Tour de France et de cette Vuelta, Michael Matthews devrait une nouvelle fois profiter du travail de Luka Mezgec.

Nous avons été bloqués à environ quatre kilomètres de l’arrivée, et le virage à trois kilomètres de l’arrivée était le point où vous ne pouviez pas vraiment remonter après cela.

Nous nous sommes perdus là-bas, d’une manière ou d’une autre, j’ai trouvé Rob Stannard avec environ deux kilomètres à parcourir et j’ai pensé que Matthews était sur ma roue. Mais c’était dur, j’étais comme un kamikaze dans les virages, j’essayais juste de monter là-haut. Je savais qu’il n’y avait pas de temps pour monter autre chose que d’aller à fond dans les virages.

https://www.greenedgecycling.com/2021/08/27/mezgec-clinches-4th-on-a-chaotic-sprint-finish-to-day-13-of-la-vuelta/

Dégageant une force sur l’étape de Valdepeñas de Jaén pour placer son sprinteur dans les meilleures conditions avant le mur final, Mezgec impressionne de par sa forme. Sur l’attaque de Jay Vine dans le final de Córdoba, il aura été au sacrifice au revenir sur l’attaque au kilomètre du coureur d’Alpecin Fénix. Plus récemment sur le dernier sprint, il aura montré être un sprint de premier rang malgré son travail de poisson pilote. Un résultat honorable tant on sait qu’il était le plus rapide du deuxième groupe derrière celui du train Deceuninck Quick Step dont seul s’est extrait Alberto Dainese dans les 300 mètres finaux.

Dans un final tout aussi tortueux où les trains de leaders et de sprinteurs notamment de la DQS imprimeront un gros tempo. Le placement sera primordial, même vital. Plus qu’à l’accoutumée. Une tare pour Michael Matthews qui souffre de problèmes de placement. Luka Mezgec pourrait profiter d’une nouvelle mésaventure de Bling-Bling pour avoir à jouer sa carte. Si cela n’est pas déjà l’option privilégiée. Le slovène a montré qu’il était un meilleur gage sur les sprints plats à l’image de celui des Champs-Elysées où en emmenant Matthews, il aura fini devant sa sprinteur et même aux portes du podium. Le placement de Mezgec est souvent sans rien n’a redire. Il devrait habilement virer dans les dix premiers à 700 mètres de l’arrivée. Ses aptitudes dans un sprint long pourrait l’aider quand on voit les courbes à 400 et 200 mètres. Des courbes qui invitent à l’anticipation. Et quand bien même, la dernière des courbes peut permettre à un poisson pilote comme lui, à l’instar de Michael Morkov a fini dans le Top 10 et même sur le podium.

Le danger pour la Deceuninck repose sur une absence de Jakobsen dans le final. Alors que Cort Nielsen sprintera pour la victoire. Il sera alors de bons tons de prendre le maximum de points que le danois ne prendra pas. Florian Sénéchal est l’option numéro 1. Mais la masterclass serait de faire le sprint pour la seconde place. La courbe à 700 mètres invite à la cassure. Josef Cerny apparaît comme le coureur idéal pour tenter le coup. Mais son utilisation à deux kilomètres de l’arrivée jusque la flamme rouge, l’élimine des candidats. Zdenek Stybar quant à lui est le poisson pilote de Flo’ Sénéchal. Surprenant deuxième à Córdoba, Andrea Bagioli pourrait profiter de son explosivité de puncheurs pour faire le trou quand ses coéquipiers feront la cassure et profiteront des 100 mètres de route a une voie pour faire rideau et propulser l’italien vers la victoire. Une opération “masterclass” qui aurait pour effet de priver potentiellement les deux premières places à MCN si ce n’est plus.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Luka MezgecGagnant320.15 %
Luka MezgecPodium 90.25 %
Andrea BagioliGagnant250.1 %

Etape 12 Vuelta a Espana 2021

JaénCórdoba : 175 kilomètres d’un final en Andalousie qui aura vu le peloton professionnel maintes fois sur la Vuelta comme sur la Ruta del Sol. Pas moins de 91 fois ville-étape au cours de son histoire, une terre qui ” pue le vélo ” somme toute. Un dénivelé positif de 2018 mètres qui est dans les standards de ce qu’ont présenté les étapes andalousiennes par le passé.

Une résistance presque exceptionnelle aux sprinteurs ?

Si la Jumbo-Visma a contrôlé à surprise ou non, l’étape de la veille. C’est que Primoz Roglič avait une arrivée qui était cousue-main. Seulement, l’étape du jour est bien différente. L’Alto del 14% ne permet pas de faire suffisamment de dégâts au sein des leaders du classement général et le final plat implique que bien des hommes rapides peuvent mater le slovène. Il serait plus que surprenant que les Killers Wasps mettent la machine en route sur parallèle étape. C’est donc aux mains des Intermarché Wanty Gobert Matériaux de Christian Odd Eiking que le peloton sera remis et que la chasse des échappées incombera. L’objectif donc pour les hommes de Jean François Bourlart est que des hommes peu dangereux au GC ne s’immiscent dans le groupe de tête pour pouvoir laisser filer l’écart. Les précédentes échappées ont montré une tendance au replacement en tête du classement pour la victoire finale.

eDitionscourseDifficulté du finaltype De victoirevaiNqueur
2016Ruta del SolSan JeronimoSprint réduitNacer Bouhanni
2014VueltaSan Jeronimo (seulement 5 kilomètres) + Alto del 14% (avec un replat)Sprint réduitJohn Degenkolb
2011VueltaSan Jeronimo (seulement 5 kilomètres) + Alto del 14% (avec un replat)Sprint réduitPeter Sagan
2010Ruta del SolAucuneSprint réduitOscar Freire
2009Vuelta2x San Jeronimo SolitaireLars Boom
2009Ruta del SolAucuneSprint massifGert Steegmans
2008VueltaSan Jeronimo Sprint réduitTom Boonen
2008Ruta del SolAucuneSprint massifAlessandro Petacchi
2007Ruta del SolAucuneSprint massifTom Boonen
2006VueltaAucuneSprint massifPaolo Bettini
2006Ruta del SolAucuneSprint massifAlessandro Petacchi
2005VueltaSan Jeronimo Sprint en petit comité (7)Leonardo Bertagnolli
2005Ruta del SolAucuneSprint massifAlessandro Petacchi
2003VueltaSan Jeronimo SolitaireDavid Millar
2003Ruta del SolAucuneSprint massifOscar Freire

Pourtant, l’histoire montre la ville d’Andalousie est prisé des hommes rapides. Bien souvent, malgré l’enchaînement des difficultés dans le final, un sprint réduit est attendu. Seulement voilà, 2021 est une année au cru exceptionnel. Le Giro, le Tour de France et même la première semaine de la Vuelta ont vu un nombre considérable d’échappée aller au bout. Aucune équipe ne souhaite prendre la chasse à son compte. Pourtant, il est un élément qui doit faire pencher la balance en faveur d’un énième sprint sur une étape où bon nombre attende une échappée. L’abandon, la veille, de Jasper Philipsen ouvre des portes pour le classement par points du meilleur sprinteur. Les adversaires de Fabio Jakobsen ont une occasion en or de refaire leur retard sur le néerlandais de la Deceuninck Quick Step. Hors de question donc pour les hommes de Patrick Lefevere de rouler quand des incertitudes planent autour de la capacité du maillot vert à passer les difficultés. Mieux vaut laisser filer l’échappée et en faire partie avec les puncheurs mis aux avant-postes. Une problématique tout autre pour la Bike Exchange de Michael Matthews, des UAE émirates de Matteo Trentin et des EF Education Nippo de Magnus Cort Nielsen. Bien que ces trois nommés puissent tenter le coup en prenant la poudre d’escampette, il est sans doute plus aisé pour leur équipe de contrôler de concert une journée pareille. D’autant que le dernier nommé a été clair en interview. Après deux jours de suite en échappée, il serait bon de faire du jus. Hors de question donc de prendre l’échappée. Les hommes de Jonathan Vaughters ont deux choix : miser sur leur autre élément à l’avant de la course ou miser sur un sprint réduit dans le peloton avec Magnus Cort Nielsen. A la surprise générale, si les DSM ne rouleront certainement pas pour Alberto Dainese et continueront leur démarche offensive qui leur a réussi tant avec les doubles succès de Michael Storer. Il en est tout autre pour Arnaud Démare qui peut très bien résister à l’enchaînement Sans Jeronimo – Alto del 14 %. Les Groupama-FDJ peut donc être des alliés de circonstances improbables.

Une montée de Jeronimo, longue (13.2 kilomètres) mais roulante (3.3%).

L’Alto del 14% est tout aussi roulant : 5.7 % sur 7.3 kilomètres. Mais c’est au proche du sommet qu’il faut se méfier avec une portion d’un kilomètre à deux chiffres. Où Alejandro Valverde et Adam Yates avaient attaqué à la surprise générale dans le peloton lors du dernier passage en 2014.

Cette fois, cependant, la descente vers Córdoba sera inédite…

… et le chemin pour rallier l’arrivée plus court. Ce qui peut donner une prime aux attaquants.

Attention cependant, le final offre 10 kilomètres de boulevard favorable à une chasse.

Le vent défavorable, bien que léger, dans la dernière ascension pourrait profiter aux sprinteurs.

UNE PRISE DE RISQUE ASSUMÉE

La majorité se dirigera vers une échappée, sans doute à raison. La minorité vers un sprint réduit. Je serai de ces derniers. Encore plus fou, j’ose le pari Arnaud Demare. Si jadis, des sprinteurs lourds comme Tom Boonen ou Lars Boom y ont survécu, le français est un tout autre grimpeur. Il est vrai que Nono n’est pas en reste quand il s’agit de grimpette. La véritable interrogation demeure sur l’alto del 14 %. A n’en pas douter, dans un tel scénario, les puncheurs tenteront de durcir la course comme elle l’avait été pour Michael Matthews en 2016. Le placement sera primordial mais l’an passé Demare a démontré que les courts passages punchy peuvent être surmontés. Notamment en Wallonie avec la cote de Cheratte (1 kilomètre à 8.4%) ou même la cote de Beffe (1.6 kilomètres à 8.7 %).
Galvanisé par son anniversaire (30 ans) aujourd’hui, le seul point noir au tableau repose sur son train. L’abandon de Jacopo Guarnieri est une demie bonne nouvelle. En manque de jambe, l’italien n’a su être le dernier relai qu’il fallait pour le français. Ramon Sinkeldam au contraire à montrer beaucoup de forme. Mais son métier n’est pas celui de poisson pilote. Si le néerlandais survit, il devrait sprinter contre nature en étant en position 1 contre la position 2 originel. Rares sont les sprints où Sinkeldam a emmené Demare et il ne devra pas y reproduire les mêmes erreurs. A l’image de l’EuroEyes Classic d’Hambourg en 2019 où il a déposé Arnaud Demare à 500 mètres de la ligne d’arrivée. Gagne d’une victoire non assurée. La forme est là pour le frenchy mais en tant que sprinteur dépendant de son train, Nono devra sprinter plus à l’instinct. Bonne nouvelle, si sprint réduit l’apanage des sprinteurs sera moins fourni et Nono aura “moins” à frotter. Quand on sait que c’est le défaut que Ignatas Konovalovas réussi à effacer, il n’y a plus qu’à.

Si Michael Matthews est le grand favori, Matteo Trentin dans la polyvalence est son principal ennemi. A l’avant, sans cesse en chasse des points des sprints intermédiaires. L’italien de l’équipe émiratie a désormais la main mise sur les étapes où les hommes rapides peuvent briller. L’abandon de Juan Sebastian Molano lui laisse carte blanche et surtout une occasion rêvée pour opérer une remontée au classement par points dont il occupe la neuvième place et où il pourrait fort d’un succès remonter à la troisième place. L’énorme avantage de l’ancien champion d’Europe est qu’il peut briller tant en échappée que dans le peloton.

A cœur vaillant, rien d’impossible. Piet Allegeart n’est que rarement nommé et pourtant il est de ces hommes rapides, sur les sprints plats de cette Vuelta, qui peuvent passer les difficultés. Et si l’on en doute, il n’y a qu’à voir sa deuxième place à la photofinish au Tro Bro Leon pour s’en convaincre. Le belge est un coureur en forme et endurant. Pas déméritant sur les classiques belges, il peut aussi cocher les deux cases… Avec cependant plus de réserve.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Arnaud DemareGagnant710..05 %
Arnaud DemarePodium 270.1 %
Matteo TrentinGagnant15.250.15 %
Matteo TrentinPodium 50.2 %
Piet AllegeartPodium 750.05 %

Etape 10 Vuelta a Espana 2021

Roquetas de Mar – Ricón de la Victoria : 189 kilomètres pour se mettre en jambe dans une deuxième semaine marquée par la remontée vers la Castille et Léon en passant par les Estrémadures. Un cumul de dénivelé positif de 2350 mètres sur une étape en bord de mer qui invite à prendre en compte les sprinteurs les plus polyvalents n’est guère anodin. Une journée somme toute casse-patte avec bon nombre de repechos jalonnant les deux premières du parcours.

Une incertitude sur qui reposera le poids de la course

Comme à l’accoutumée, la Jumbo-Visma doit protéger au mieux les intérêts de Primoz Roglic. Doit-elle prendre la chasse à son compte dans une étape de près de 200 kilomètres alors que le final est trop simple pour qu’une majorité de leaders doit mis en difficulté. Le slovène n’y gagnerait qu’une poignée de secondes. C’est donc une nouvelle fois dans le rôle d’un contrôle passif, c’est-à-dire dire d’un filtrage d’hommes non dangereux au classement général, que les Killer Wasps sont attendus. Afin de laisser le poids de la course sur les équipes intéressées par le gain d’étape. Seulement, rares sont ces équipes. D’ordinaire, les équipes de sprinteurs seraient à mentionner. Cependant, le Muro de Almáchar est bien trop dur (5 kilomètres à 8.3 %) pour qu’une équipe de sprinteurs contrôlent une journée entière dans l’espoir que son homme rapide passe la difficulté. Quid des sprinteurs polyvalents ? L’option tactique est limitée. Beaucoup dans le peloton comprendront que la chance des échappées est réelle, c’est une longue bataille qui s’annonce. Le nombre d’unités composant le groupe de tête peut très vite s’affoler. Les équipes telles que la Bike Exchange de Michael Matthews, la Deceuninck Quick Step d’Andrea Bagioli, les UAE émirates de Matteo Trentin, les Astana Premier Tech d’Alex Aranburu et les EF Education Nippo de Magnus Cort Nielsen ont toutes un intérêt à organiser le filtrage puis la chasse des fuyards. Seulement, chaque équipe peut aussi ne pas miser sur ces sprinteurs polyvalents qui ne sont pas garantis de passer le Puerto de Almáchar avec un peloton de leader. Pour cause, la difficulté est longue, près de 10 kilomètres à 5 %. Mais les cinq derniers kilomètres sont une incitation à un tempo élevé. D’autant, que le Mur est suivi d’une descente technique pour rallier l’arrivée. Des équipes comme celle du maillot rouge ou les Ineos Grenadiers voudront aborder cette partie descendante en tête. De craintes de ne subir des cassures par l’arrière et peut-être même être à l’initiative dudit morcellement du peloton en opérant une descente rapide. L’option serait donc de prendre part à l’échappée en mettant leur sprinteur polyvalent à l’avant. Seulement, le jeu d’équipe sera primordial. D’aucuns ne souhaitera dans cette configuration emmener Michael Matthews sur le porte-bagage. L’aussie sera attaqué de toute part. Pourra-t-il à lui seul contrecarrer toutes les velléités en tête de course ? Ses coéquipiers sont contraints de l’accompagner pour se sacrifier.

Certes, Almáchar est plus long que la Gallisterna (Championnat du monde 2020l, ou Durbize (étape 4 de Paris-Nice 2020) mais Matthews a montré une forme si impériale et des capacités d’escalade rares sur l’étape de Cullera qu’il n’est pas inenvisageable que l’australien puisse survivre avec les leaders. L’option tactique des BEX devrait sûrement de miser sur un sprint réduit plutôt qu’en échappée. Et pourquoi pas trouver des alliés de circonstances en chemin avec des équipes ayant loupé le coche.

Une journée au bord du littoral méditerranéen implique d’être exposé au vent marin. Il convient de répondre à plusieurs questions :

  • Peut-il y avoir des bordures ? Si les conditions le permettent.
  • Quelles sont les conditions pour qu’il y ait des bordures ? Il faut des zones exposées au vent à un vent latéral (de préférence trois quart dos) et un vent d’au moins 20-25 kilomètres par heure
  • Les conditions sont-elles réunies pour qu’il y est des bordures ? Le bord de mer en question est truffée de zones à découvert. La première des conditions est présente. Le vent sera plus de côté que trois quart dos. La deuxième est à moitié remplie. Quant à la dernière, le vent sera de guère plus de 10 kilomètres/heure. La troisième condition n’est pas remplie.

La journée n’en sera que moins nerveuse au sein du peloton

La difficulté principale (https://www.veloviewer.com/segments/16453224) se compose en trois parties. D’abord, l’approche du mur par un faux plat montant irrégulier. Mais attention au premier kilomètre, pas loin de fleurter avec les deux chiffres.

Ensuite, le Mur long de 5 kilomètres pas près de 8.5 %. 14% à sa pente maximale, une vraie difficulté pour puncheurs patentés. La longue ne fait guère de doutes sur le fait que les leaders au lendemain d’une journée de repos de voudront se tester les uns, les autres et pourquoi pas mettre en difficulté un rival au classement général. Avec un sommet à 16 kilomètres de l’arrivée, le tempo devrait y être infernal.

Enfin, une descente technique, scabreuse longue de près de 14 kilomètres. Ce qui ne laisse que deux kilomètres de plat pour rallier la ligne d’arrivée.

Si le vent est léger, il ne sera guère favorable. Ce qui pourrait avoir comme incidence de favoriser les sprinteurs les plus polyvalents mais surtout de retarder les velléités.

AU PARADIS DES PUNCHEURS / GRIMPEURS ?

A Cullera, Andreas Kron, était censé être la carte numéro 1 des Lotto Soudal. Le belge devait être à l’avant. Il aura même insisté pour être dans l’échappée mais aura loupé la bonne, avec beaucoup de frustration à l’arrivée… Et une faim de loup.

Nous avons quelque chose à régler dans l’équipe. En tant qu’équipe, nous n’avons pas couru comme il fallait au départ. J’ai été le seul à essayer et j’ai essayé pendant 20 kilomètres. Je l’ai fait, mais j’ai dépensé trop d’énergie. Personnellement, j’aurais voulu y prendre part, parce que je suis certain que j’aurais pu battre Magnus. Nous allons patienter et voir dans les prochains jours.

Andreas Kron, arrivée étape 6 de la Vuelta 2021

Le danois a un oeil particulier sur la deuxième semaine. C’est celui qu’il vise en particulier, c’est pourquoi il n’est pas étonnant qu’il soit le seul coureur à voir repérer le final du jour. Ce qui assurément est un avantage. Le jeune de la Lotto possède toutes les qualités pour y briller. Tant devant qu’au sein du peloton. Excellent puncheurs, il doit basculer parmi les hommes de tête. Excellent rouleur, il peut anticiper les mouvements et même accompagner l’anticipation d’autres que lui. Bon sprinteur, il peut s’imposer aisément au sein d’un comité réduit si l’écrémage du mur et de la descente n’a pas été suffisant.

Deux coureurs vont s’aligner parmi les locaux de l’étape : Alvaro Cuadros et Luis Ángel Maté. Si le premier a montré un intérêt pour cette étape et l’envie d’être à l’avant. Le second pourrait s’offrir tout autant un baroude d’honneur. D’autant qu’il a hâte d’être sur ces terres.

J’ai de très bonnes sensations et je veux me battre, ça doit être notre Vuelta, me battre dans les échappées et gagner une étape.

Luis Ángel Maté

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Andreas KronGagnant210.15 %
Andreas Kron + Ion IzagirrePodium 750.05 %
Andreas KronPodium 5.50.15 %
Luis Ángel MatéSprint Intermédiaire150.1 %

Etape 9 Vuelta a Espana 2021

Profil de l’Etape 9 du Tour d’Espagne 2021 © A.S.O.

Puerto Lumbreras – Alto de Velefique : 188 kilomètres pour une arrivée hors catégorie sur la Vuelta. Un cumul de dénivelé positif porté à 4725 mètres. Une journée importante à la veille de la première journée de repos. Mais la question est de savoir si nous n’assisteront pas à une course dans la course ? A moins que les leaders ne se disputent la part du gâteau dans l’une des rares arrivées au sommet.

UNE INDÉCISION CERTAINE QUANT AU SCÉNARIO

Il est édifiant de voir la différence de conduite de Primoz Roglič par rapport à l’accoutumé. En effet, le slovène laisse filer volontairement les secondes et les minutes pour les échappées. Quitte à en perdre le maillot rouge comme sur l’étape du Picón Blanco.

Quelle que soit ma situation au classement lundi quand nous serons en repos, je devrai m’en accommoder. Il est vrai que nous avons une grande étape de montagne demain (dimanche). Mes coéquipiers ont montré hier (vendredi) qu’ils étaient super forts. J’ai aussi de bonnes jambes en ce moment et on va assurément se battre.

Primoz roglic

Loin de se mettre en chasse de chaque bonification comme l’année dernière, cela pourrait être une indication que le numéro 3 mondial est en gestion. Une gestion compréhensible vu son manque cruel de préparation. Mais une indication aussi que Rogla est sur la défensive, craignant une troisième semaine dont il est toujours en baisse de régime. La Jumbo-Visma devrait ne pas contrôler la course. Du moins de manière offensive pour courir après le gain d’étape avec son leader. Movistar apparaît dès lors comme la seule équipe capable de prendre la chasse à son compte. Toutes les interrogations planent autour de l’influence de la perte d’Alejandro Valverde dans leur plan. Le plan ordinaire aurait été de mettre des pions à l’avant pour servir de relais mais c’est maintenant Carlos Verona qui doit suppléer l’abandon du vétéran. Un dernier rempart en forme comme l’a montré l’étape de Balcón de Alicante mais qui doit compter sur le soutien plus appuyé d’Imanol Erviti, José Joaquín Rojas, Nelson Oliveira et Johan Jacobs. Une équipe espagnole bien seul tan les Ineos Grenadiers ont dans le viseur les semaines à venir et que Bahraïn-Victorious doit faire face aux faiblesses apparentes de Mikel Landa. Dans ces conditions, les échappées ont une nouvelle fois toutes leurs chances. Mais les grimpeurs n’auront pas un terrain favorable pour s’extirper du peloton.

Une cinquantaine de kilomètres avec un léger vent de coté seront à parcourir avant de frapper une pied de la première difficulté dont les vingt premières sur l’A7. Quasiment en rectiligne, il est compliqué de s’extirper du peloton lorsque ce dernier nous a en ligne de mire tout le temps et qu’aucun obstacle ne freine les relances en tête de celui-ci.

Une entrée dans Huércal Overa qui pourrait permettre à un groupe d’essayer de prendre une poignée de secondes d’avance

Auquel cas, ce seront les pentes d’Alto Collado Venta Luisa, 29 kilomètres à 4.4 % de répertoriés qui devront faire la différence. Un long col somme toute roulant où les rouleurs auront toute leur chance.

La montée de Velefique (13.2 kilomètres à 6.4%) sera le juge de paix de la journée. Une ascension dont le pied est le plus difficile.

Une montée où comme on l’a vu en 2009, il est ardue de faire de grands écarts tant elle est roulante.

UNE ÉCHAPPÉE À PRIVILÉGIER

Qui dit échappée loterie favorisant plutôt des profils de rouleur dit Jan Tratnik. Un rouleur certes mais qui a montré des qualités de grimpeurs sur les derniers Giro.

Dans les costauds à Picón Blanco Oscar Cabedo est des équipes invitées, celui qui offre une des plus belles résistances comme on a pu le voir lors du Tour de Burgos.

Parmi les belles surprises de l’arrivée de deux jours auparavant Christian Odd Eiking figure parmi les coureurs ayant fini avec une partie des leaders notamment le groupe Giulio Ciccone. En forme avant de prendre le départ de la Vuelta, le Norvégien possède la puissance nécessaire pour faire partie d’un groupe de costaud et à montrer toutes les qualités pour passer les bandes de montagne. Du moins, une bande si roulante. A moins que celle-ci ne soit trop longue ? Mais au vue des jambes affichées, l’espoir est permis.

Si GC Day, souvenir de 2017 où l’étape de l’Observatorio Astronómico de Calar Alto emprunté le même col. Une étape remportée par le colombien qui est sur-offensif à l’image de son équipe en ce début de Vuelta.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Miguel Ángel LópezPodium 6.50.25 %Unibet
Jan TratnikGagnant2500.05 %Winamax
Jan TratnikPodium 750.1 %Winamax
Oscar CabedoPodium 400.1 %Winamax
Christian Odd EikingGagnant800.1 %Unibet

Etape 6 Vuelta a Espana 2021

Profil de l’Etape 6 du Tour d’Espagne 2021 © A.S.O.

Requena – Cullera : 158.3 kilomètres pour la reproduction de l’arrivée de la Volta a la Comunitat Valenciana édition 2020 qui a vu s’imposer Tadej Pogacar devant Alejandro Valverde et Dylan Teuns. Une arrivée punchy pour puncheurs à n’en pas douter après une journée relativement plate. Seulement 901 mètres de dénivelé positif dont un cinquième repose sur les deux derniers kilomètres de l’étape du jour.

Un schéma 2021 qui se reproduit ?

Que ce soit sur le Giro comme sur le Tour de France, la part belle était donnée aux échappées et l’étape du jour pourrait donner lieu à la reproduction de ce schéma. Désormais la Trek Segafredo est détentrice du maillot de leader du classement général. En effet, le maillot rouge est sur les épaules du français Kenny Elissonde. Ce dernier possède 5 secondes sur Primoz Roglič. Hors de question donc, de contrôler une journée pour favoriser un scénario où l’échappée est reprise sur une arrivée, extrêmement favorable au slovène. Dans le même temps, la Jumbo-Visma n’a guère envie de récupérer le maillot pour se libérer de son poids si tôt dans la course. A quoi bon s’en être débarrassé sur les pentes du Picón Blanco pour le récupérer si tôt ? Les autres équipes de leaders ont-elles envie de rouler pour offrir des bonifications sur un plateau à Primoz Roglič qui s’est battu bec et ongles l’an passé pour ces maudites secondes. D’autant que demain, la première étape de montagne frappera. Chaque éléments de support à leur(s) leader(s) doivent être préservés. Effectivement, l’étape 7 à Balcón de Alicante offre 3707 mètres. La Movistar serait bien avisée de ne pas rouler pour Bala, quand bien même l’étape du jour lui conviendrait à merveille. La mission des Trek sera de filtrer au mieux les échappées pour que le temps puisse filer sans craintes. Fort heureusement, l’équipe est plus forte que la malchanceuse Intermarché Wanty Gobert pour jouer ce jeu. La bataille peut être longue pour que le fameux bon de sortie soit accordé. Fort heureusement, le vent sera de face pour mener jusque la cote méditerranéenne, que le peloton touchera au kilomètre 100.

1.9 kilomètres à 9.4 % et des pentes de 14 % au plus haut, l’arrivée de Cullera est régulière dans les pourcentages à deux chiffres. Il faut donc être explosif pour y briller.

Une montée qui s’aborde par un rétrécissement ce qui oblige à être en tête de crainte de ne subir l’élastique qui se tend et se casse.

Une montée que l’on peut facilement juger sur cette vidéo.

Un scénario de leaders n’est pas à exclure, les courtes zones à bordures pourrait oser le rythme en tête de peloton et favoriser un retour du peloton, notamment sous l’impulsion des Ineos Grenadiers que l’on a vu alerte hier.

Des zones courtes d’à peine plus de 5 kilomètres mais favorables à une scission.

UNE VÉRITABLE LOTERIE

Sep Vanmarcke trouve un terrain à sa mesure. Gros moteur, il pourrait être moins usé que ses compagnons d’échappée. Sa forme est bonne comme on l’a vu sur le départ du CLM où il visait le KOM ce jour là. La chute d’hier est selon toute vraisemblance sans conséquence.

La Lotto Soudal se veut offensive sur cette Vuelta. Les noms réguliers d’Andrea Kron et Harm Vanhoucke reviennent régulièrement mais Maxim van Gils n’est pas en reste après ses bons résultats sur la Klasikao et en Wallonie ne peut l’écarter.

Andrea Bagioli, puncheur à n’en pas douter de la Deceuninck Quick Step possède un petit matelas qui pourrait lui permettre un bon de sortie. Cochant à la fois la case échappée que peloton, il est sans doute le coureur obvious à raison pour l’étape du jour.

L’échappée dite “pimpim” pourrait être la bonne nouvelle du jour du côté de la Trek Segafredo. On sait les équipes invitées sur l’offensive. C’est probablement alors sur Jonathan Lastra du côté de la Caja Rural qu’il faut se pencher. Frottant avec les meilleurs puncheurs à la sortie du printemps, l’espagnol trouve enfin un terrain à sa mesure pour montrer toute son explosivité.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Sep VanmarckeGagnant/Placé1800.1 %PMU (annoncé hier soir)
Maxim van GilsGagnant2500.05 %Betclic
Maxim van GilsPodium 600.1 %Betclic
Jonathan LastraPodium 250.1 %Winamax
Andrea BagioliPodium 80.25 %Winamax

Etape 3 Vuelta a Espana 2021

Profil de l’Etape 3 du Tour d’Espagne 2021 © A.S.O.

Santo Domingo de Silos – Picón Blanco : 202.8 kilomètres pour la première arrivée au sommet de la Vuelta. Un cumul de dénivelé positif porté à 2787 mètres dont près d’un quart seront gravi lors de l’ascension finale (647 mètres). Placé en troisième journée, les pentes abruptes de la montée de la province de Burgos devrait assurément être le théâtre des premières joutes entre les leaders.

Les premières arrivées au sommet promises aux leaders du classement général en?

D’ordinaire, les premières explications au sommet sont un rendez-vous pour les leaders. La journée devrait être marquée par un vent de face / trois quart face. Des conditions qui rendent compliquées la tâche des échappées. D’autant que le départ devrait permettre un filtrage plus ou moins facile. Quatre équipes retiennent l’attention et devraient avoir un œil vers l’arrivée au sommet. Les Movistar sont ces troubles-fêtes qui par toute occasion devraient rouler. Évidemment la pole position est trustée par la Jumbo-Visma qui aura pour mission de protéger au mieux les intérêts de Primoz Roglic et pourquoi pas de Sepp Kuss au classement de la montagne. Une situation de protection assez similaire avec les Ineos Grenadiers en protection de son trident de leaders capable de dynamiter le final. Et enfin la Bahraïn-Victorious pour Mikel Landa. Quoi que ce dernier ait plus dans le viseur la troisième semaine. Rien n’indique que son caractère offensif ne soit pas intéressé par un gain d’étape et intrinsèquement de temps dès la première semaine.

Éditions du tour de burgosvainqueurNombre de prétendants à la victoireDistance de l’attaque décisIve
2021Romain Bardet31.6 kilomètres (Timecode : 25:27)
2020Remco Evenepoel12 kilomètres (Timecode : 26:48)
2019Ivàn Ramiro Sosa11.8 kilomètres (Timecode : 20:41)
2018Miguel Ángel López23.1 kilomètres (Timecode : 16:45)
2017Mikel Landa23 kilomètres (Timecode : 24:10)

7.6 kilomètres à 9.1 % et des pentes de 18 % au plus haut, le Picón Blanco est loin d’être une ascension facile.

Une montée qui s’aborde par des routes étroites, ce qui devrait rendre l’approche encore plus nerveuse. A supposer que les bonifications aient été attribuées à l’échappée au cours de l’Alto de Buccos.

L’étroitesse des routes sera perpétuelle, tout au long de la montée qui se fera à découvert donc exposée au vent.

Un vent plutôt défavorable dans les derniers hectomètres qui devraient favoriser des regroupements et un regroupement à l’approche des deux derniers kilomètres si des offensives tôt il y a.

UN MAILLOT ROUGE À CHAHUTER

Le leader de la Jumbo Visma, Primoz Roglic, arrive avec un maillot de leader qu’il désirera consolider. Des leaders, il est celui qu’il ne faut pas emmener au sprint en cas de comité réduit.
Dans un final sélectif, l’écrémage par l’arrière ne devrait avoir raison de lui. Certes, des incertitudes planes sur sa durabilité lors des étapes montagneuses après son abandon sur le Tour de France et sur les Jeux Olympiques. Mais sans enchaînement, l’étape se résume à une course de cote. Un effort proche de contre-la-montre en sorte où il a démontré que les pépins physiques ne le touchent que très peu.

Les Ineos Grenadiers ont vraisemblablement l’embarras du choix pour briller lorsque le pente s’élève. L’un des perdants de la veille est Adam Yates, qui aura perdu 31 secondes en étant gêné par la chute à 4 kilomètres de l’arrivée de Burgos, sans pour autant être pris dedans. Parmi les équipes qui voudront mettre la pression sur la Jumbo-Visma, les britanniques sont en tête de liste. Toute la question est le sens tactique. Imprimer un tempo pour esseuler au maximum les adversaires du trident Grenadiers ? Trois équipes semblent armer pour contrer ce type d’opération. Quid du dernier relai laissant place à ce trio? Comment opérer ? Simon Yates doit-il dès maintenant opérer la remontada du temps perdu ou doit-il s’armer de patience et attendre un sprint réduit où il est un des hommes les plus explosifs. Richard Carapaz peut autant être cette électron libre. Mais comme à Burgos, le vent défavorable devrait freiner les véhémences. Il est vrai que l’on a vu pas mal d’attaques être reprise et les leaders attendre les portes du dernier kilomètre pour s’attaquer réellement.

Parmi les équipes capables de faire basculer la Vuelta, la Bahreïn-Victorious surfe sur la vague 2021. Avec une équipe forte autour de Mikel Landa, le basque a toutes les armes pour faire du Picón Blanco un enfer. D’autant qu’il aura été toujours placé et une fois vainqueur au sommet de la terrible ascension. Cela étant dit, un sprint réduit ne le favorise guère et se sont bien ses coéquipiers qui font meilleures figures. A ce jeu, Jack Haig le plus polyvalent des Bahreïnien a son mot à dire. Il n’est qu’à se rappeler de l’étape de la Fosse aux Loups où il aura pris la 4e place derrière un Julian Alaphilippe vainqueur en solitaire mais surtout derrière Primoz Roglic et Michael Matthews. Gêné lui aussi par la chute, la perte de temps n’a rien de rédhibitoire et l’australien ne perd en rien son rôle de plan B en cas de défaillance de Landissimo. Le Dauphiné aura montré tout le bien que l’on peut penser du transfuge de la Mitchelton-Scott.

Dans le groupe des leaders derrière Bardet et le groupe Landa, Geoffrey Bouchard aura été à Burgos sur la lignée de son année : toujours dans une forme étincelante. Une excellente nouvelle pour Clément Champoussin pour trouve un coéquipier de luxe pour l’épauler le plus longtemps possible. Le niçois s’est montré sur l’étape final du Tour de l’Ain, un regain d’énergie bienvenu après un printemps teinté de déception à la suite d’une carence en fer. Cependant, les deux français semblent encore un peu juste que ce soit en forme qu’en potentiel pour rivaliser dans un groupe de leaders. Il faudra donc anticiper.

Si la même force collective est démontré comme sur le Tour de Burgos mais aussi sur le Tour de France et le Giro d’Italia alors l’équipe a les armes pour prendre la course à son compte. Mark Padun, Wout Poels, Gino Mäder, Damiano Caruso et Jack Haig sont des aides précieuses pour Mikel Landa. La question est de savoir qui pour se sacrifier et qui pour faire office de plan B. Majoritairement préservé à Burgos, Mark Padun pourrait potentiellement bénéficier de la perte de temps qu’il a subi dans la chute à 4 kilomètres de l’arrivée à Burgos, tout comme Jack Haig. Si la question de Wout Poels en support est immédiatement répondue. Les attentes futures autour de Gino Mäder pourrait lui permettre de se conserver un peu. 2e du Giro, Caruso est tout désigné pour porter le rôle d’équipier de luxe et partir au sacrifice comme il l’a toujours fait et l’aurait fait en Italie sans la chute de son leader.

Une montée dont les pourcentages siéent à Maximilian Schachmann mais trop longue. Quoi qu’aider par le vent de face. Félix Grosschartner devra faire mieux qu’en 2020 où il avait souffert sur les pentes du Pićon Blanco.

Outrageux sur les pentes sévères de l’Angliru, Aleksandr Vlasov a déçu sur le même type de pourcentages sur le Giro. Monte Zoncolan et Sega di Ala ont été de véritables déception. Là où il a légèrement plus rassuré sans convaincre à Alpe si Mera. Dommage qu’Oscar Rodriguez soit réduit au rang de domestique, alors que le potentiel est tout autre qu’un Vadim Pronskiy d’une grande aide sur le Giro. A l’instar d’un Omar Fraile grimpant comme il ne l’a jamais fait sur le Tour de France. Sans atteindre le niveau de Izagirre, limités à prendre le large pour espérer lever les bras.

Une équipe qui se doit et se veut offensive. Guillaume Martin trustera les places dans le peloton des leaders et probablement que sa fougue feront qu’il fera partie de ceux qui porteront les premières banderilles. Mais que ce soit Rémy Rochas, les frères Herrara ou Fernando Barceló, les Cofidis Solutions Crédits ont de quoi avoir des électrons libres à chaque étage de la course.

Surpris mais pas tant par le CLM d’Andrea Bagioli, le caractère explosif de Picón Blanco correspond parfaitement aux qualités de puncheurs de l’italien, qui doit tirer lui aussi profit du vent de face. De retour à la compétition en juillet après une opération du genou, le jeune puncheur de la Deceuninck à rassurer au Tour de l’Ain. L’équipe belge sera en recherche de gain d’étape, c’est tout naturellement que ses coureurs se porteront à l’offensive. Trop long pour Zdenek Stybar et Florian Sénéchal, trop dur pour Josef Cerny, la meilleure carte sur le papier est James Knox. Mais le britannique est en deçà des espérances cette saison. À moins que Mauri Vansevenant, nous fasse du Vansevenant. Gageons que son Tour du Pays Basque a montré toutes les qualités de grimpeurs qu’il a démontré au fil du printemps, notamment sur des montées punchy comme celle d’Ermualde ou d’Arrate.

A l’image du Giro et du Tour de France, les EF Education Nippo vont bloc en début de Grand Tour derrière leur leader. Ce sera une nouvelle fois, le cas pour Hugh Carthy qui trouve une ascension explosif qui est cousue main pour ses capacités au vue de son pédigrée. Sa perte de temps de la veille peut l’inciter à récupérer les seconds perdues mais le vent de face n’est guère une bonne nouvelle pour une offensive lointaine comme l’on observe à chaque année au Tour de Burgos. Ceci étant si bon de sortie est permis dans l’équipe, une offensive de Simon Carr pourrait être la meilleure option. Tant le franco-britannique (désormais) a impressionné sur les routes de la Clasica San Sebastian.

Quid de l’équipe Groupama-FDJ qui a une équipe entièrement bâti autour d’Arnaud Demare. Sur le Giro d’Italia, les hommes de Marc Madiot, l’an passé, n’étaient guère autorisés à s’échapper afin de se préserver pour les étapes aux sprints. Un schéma qui pourrait être reproduit à l’identique dans une première semaine extrêmement favorable aux sprinteurs. Mais si ce n’est pas le cas alors Rudy Molard apparaît être la seule et unique carte pour aller chercher un résultat.

Un train Ineos qui devra mettre en route comme ils l’ont fait par le passé sur les pentes du Picón Blanco. Toute la question repose sur la tactique adoptée par le trio Egan Bernal – Adam Yates – Richard Carapaz

Une équipe qui mise sur les étapes est bien la Intermarché Wanty Gobert Matériaux. Sa meilleure carte pourrait être Rein Taaramäe dont le Tour de République Tchèque aura presque été couronné de succès. Jan Hirt y a montré une bonne forme mais en tant que grimpeur diesel, une course de cote ne devrait pas être à son avantage. Simone Petilli y a montré être un support de qualité mais c’est dans un coup à la Thyon 2000 que les observateurs l’attendent. Évidemment Louis Meintjes est plus que quiconque l’option GC mais a toujours subi au cours des trois dernières années sur les pentes terribles du Pićon Blanco.

Les arrivées au sommet ne seront guère le cheval de bataille de l’équipe israélienne. Mais s’il y avait un nom à donner ce serait James Piccoli qui devra faire le même numéro de résistance qu’à Villarodrigo pour espérer un accessit sur une étape qui ne semble pas propice aux échappées.

Défense du maillot rouge à tout prix et si Sepp Kuss était préserver pour défendre son maillot de meilleur grimpeur ?

Une équipe résolument portée sur l’offensive avec comme meilleure chance Steff Cras mais surtout Matthews Holmes, Harm Vanhoucke et Maxim van Gils

Alejandro Valverde mène la chasse après une victoire d’étape. Mais devrait être réduit au rôle de gregario pour Enric Mas et Miguel Angel Lopez qui ont montré tout deux leur classe sur les pentes de la montée à la frontière de la Cantabrie et de la Castille et Léon.

Auteur d’une montée agressive sur le Tour de Burgos, Mikel Nieve est sans nul doute le meilleur élément. Mais le vent de face pourrait permettre à des garçons plus polyvalents et donc rapides de faire partie du groupe. C’est le cas entre autre de Nick Schultz, de Robert Stannard et surtout de Lucas Hamilton qui devra retrouver son niveau de Paris-Nice pour espérer quelque chose.

Vainqueur de l’étape 3 de Burgos, c’est désormais avec une petite pancarte que Romain Bardet s’aligne sur cette étape. Pur grimpeur et adepte des pourcentages abruptes à n’en pas douter si l’on se rappelle de sa victoire sur l’altiport de Peyragudes. Chris Hamilton paraît trop juste et Michael Storer pourrait être réduit à un rôle d’assistant de luxe pour le français avant d’avoir sa carte.

Après avoir surpris son monde, tout le monde attend que Fabio Aru puisse partir en retraite sous les honneurs après des saisons difficiles chez la UAE Emirates, en deçà de son niveau chez Astana. Avec les jambes de Burgos, l’italien sera une carte plus rassurante qu’un Sergio Henao qui y a souvent bûché.

Giulio Ciccone ambitionne de se battre au classement général et qui pourrait être le grand gagnant d’une montée plutôt neutralisé par le vent de face. Tant l’italien possède une explosivité au sprint, qui pourrait lui permettre de décrocher un premier succès sur le Tour d’Espagne. Kenny Elissonde et Juan Pedro Lopez seront là pour l’épauler dans sa mission. Quinn Simmons lui ne cesse de perdre du temps en vue des prochaines étapes.

Quatre noms : un leader en la personne de David de la Cruz qui a montré par le passé bien aimer cette montée et trois grimpeurs, à savoir Rafa Majka, Jan Polanc et Joe Dombrowski.

Jay Vine ne cesse d’impressionner et sera assurément à observer tout au long de la Vuelta. 5e à Lagunas de Neila sur des pentes à deux chiffres, l’australien passé professionnel chez les Alpecin Fénix grâce à Zwift trouve un terrain à sa mesure au vue de ce qu’il a démontré récemment.

L’équipe régionale qui assurément voudra se montrer aux avants-postes…

… tout comme la Caja Rural où c’est une véritable loterie de dégager un nom au jour le jour.

Un loterie moins hasardeuse avec les Euskatel Euskadi, trois noms se dégagent sur ce type de finish : Mikel Biskarra, Joan Bou et Martín Gotzon. Cela semble trop dur pour un Luis Ángel Maté vieillissant et un Antonio Jesús Soto trop court.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Primoz RoglicGagnant30.5 %
Primoz Roglic et Adam YatesPodium 6.190.5 %

Étape 1 Vuelta a Espana 2021 Preview

Parcours officiel du Tour d’Espagne 2021 © A.S.O.

3417 kilomètres répartis sur 21 étapes d’une Vuelta traditionnelle, parsemée de murs mais sans jamais atteindre des hauteurs vertigineuses.

Une ouverture par un court contre-la-montre ?

Profil Etape 1 du Tour d’Espagne 2021 © A.S.O.

Etre un coureur polyvalent ne sera pas de trop lorsque l’on parle d’effort individuel dans Burgos et notamment autour des contreforts du Château de Burgos.

Dès le départ, les coureurs qui s’élanceront sur ce court CLM (seulement 7.1 kilomètres) devront faire face à la non moins célèbre ascension du Mirador del Castillo (2.1 kilomètres à 3.4 %). Puisse que les routes empruntant la Carretera del Castillo ne seront guère celle empruntée lors du Tour de Burgos à l’occasion de la première étape dont l’arrivée a été glanée par Plackaert récemment et Grosschartner en 2020.

Dès 600 mètres, un premier tournant et le début de l’Alto del Castillo.

Une courte section pavé en arrivant devant l’Eglise de San Esteban.

Mais surtout deux portions punchy d’une centaine de mètres à la pointe du Mirador.

Puis à l’approche du sommet de la butte de Burgos sur laquelle repose le Château.

Profil Etape 15 du Tour de France 2021 © A.S.O.

Suivi d’une descente courte, sinueuse mais peu technique où certains pourront gagner des secondes précieuses.

Surtout dans le twist and turn au bas de la descente…

C’est en récupérant l’Avenue Cantabria que les rouleurs trouveront un terrain à leur mesure sur les trois derniers kilomètres du contre-la-montre d’ouverture. De véritables boulevards à ciel ouvert où toute la puissance des grosses cuisses devra être développée.

Profil Etape 20 du Tour de France 2021 © A.S.O.

Une similarité sur l’Avenue Reyes Catolicis où le vent donc aura son influence, n’étant guère freiné par l’agencement urbain.