Etape 5 Giro d’Italia 2021

177 kilomètres pour relier Modena à Cattolica pour 330 mètres de dénivelé positif. Comme un électrocardiogramme, plus c’est plat plus ça pue. L’étape en quasi ligne droite devrait être d’un ennui mortel. Une chance que les équipes de sprinteurs ne devraient pas laisser filer. Ce sont les Lotto Soudal de Caleb Ewan, les Alpenin Fénix de Tim Merlier vainqueur de la deuxième étape, les Codifis Solutions Crédits d’Elia Viviani et les Jumbo Visma de Dylan Groenewegen qui sont principalement attendus pour ramener dans les rangs les échappées matinaux. Avant de se diriger vers un sprint massif.

A près de 8 kilomètres et demi de l’arrivée, les équipes commenceront une grosse bataille de replacement pour rester en tête du peloton. A ce moment, la grande majorité des équipes à l’avant sera les équipes de leaders. Désireuse de ne pas se faire piéger par la moindre cassure avant la barrière fatidique des 3 kilomètres. Synonyme de neutralisation des temps en cas de problème.

6.9 kilomètres de l’arrivée : un carrefour giratoire qui signifie que le peloton s’étire naturellement en son passage.

6.4 kilomètres : rétrécissement en biffurquant sur la gauche de la roue.

6.1 kilomètres : ce n’est guère ici que le repositionnement pourra se faire avec un rond-point à prendre par la gauche.

Dans une longue rue serpentant, c’est à 4.8 kilomètres que les obstacles se représentent en travers de la route.

4.6 kilomètres : nouvelle occasion d’étirer le peloton avec un rond point à passer par la droite.

Avant un énième split dans un rond-point à passer par la gauche à 3.8 kilomètres du but.

3.4 kilomètres : encore et toujours un rond-point qui ne facilitent définitivement pas le remplacement.

3.2 kilomètres : le replacement ne peut se faire, il faut encore attendre.

3 kilomètres : la barrière kilométrique attendue pour les leaders est franchie, il ne leur reste plus qu’à rester alertes jusqu’à la ligne d’arrivée. Mais la question pour les sprinteurs est maintenant de se positionner devant les leaders.

Un repositionnement rendu compliqué par les ouvrages urbains.

Mais aussi par les nombreux virages comme à 2.7 kilomètres de l’arrivée.

Ou même à 2.6 kilomètres.

Voire des virages serrés comme à 2.2 kilomètres de l’arrivée.

En longuant la cote à 1.7 kilomètres de l’arrivée, la route va légèrement se rétrécir. Les coureurs tomberont sur de la une voie qui sera élargit en prennant la place des parkings.

1.2 kilomètres : un virage qui se prend sans toucher aux freins.

Pour retomber sur des routes qui ne sont pas larges lorsque l’on parle de sprint massif. Quand bien même les ouvrages amovibles en bétom sur la gauche seront enlevés et les places de parking sur la droite libérées.

Une étroitesse qui se confirme plus nettement ici.

900 mètres : dernier virage avant la ligne droite finale.

Un sprint somme toute technique où il est nécessaire d’être placé relativement tôt. Probablement à environ 5 kilomètres de l’arrivée. Pour éviter soit de rétrograder par le différents obstacles qui étire naturellement le peloton, soit d’être mal positionné aux 900 mètres et devoir faire des efforts trop tôt en vue du sprint final. Un repositionnement qui ne sera pas des plus simples dans la ligne droite finale, qui n’est pas la plus large pour un sprint massif.

Tim Merlier arrive en favori après sa victoire à Novara. Mais ce sprint ne lui scie guère. D’abord, parce que le belge a un défaut qui est celui du placement. Qui lui cause beaucoup de problèmes lors de nombreux sprints.

Mais surtout parce que le sprint du jour se fera vent de face, ce qui implique de déclencher son sprint le plus tard possible. Seulement non content d’avoir peu de visuel sur la ligne droite finale et de voir la ligne d’arrivée dans les derniers instants. Merlier est un sprint long, qui a pour habitude de déclencher son sprint tôt. Le sprinteur de la Alpecin Fénix nous fera-t-il une Ackermann ? C’est grandement possible. Dans ces conditions, le gain d’étape s’éloigne assez naturellement de meilleurs qui devra être au dessus de la meute pour s’imposer.

Un sprint qui aime le vent de face est bien Caleb Ewan. Mais l’australien a souffert du mauvais placement lors du premier sprint et globalement dans bon nombre de sprints cette saison. Ce qui lui a coûté un certain nombre de victoires alors qu’il apparaît comme le sprinteur le plus rapide du plateau. Son train à l’instar de tous les sprinteurs est déminué sur le Giro, ce qui n’est pas sans le contraindre. La question de la forme peut se poser lorsque l’on sait que l’aussie est l’un des meilleurs grimpeurs des sprinteurs purs. Lâché dans les premières difficultés de la troisième étape alors même que des sprinteurs comme Fernando Gaviria ou Elia Viviani ont accroché le wagon est relativement désappointant. Pocket Rocket vient avec l’objectif de gagner une étape sur les trois Grands Tours cette année. Il est probablement normal qu’Ewan ne soit pas à 100 %. Mais pour prétendre à la victoire du jour, il faudra être bien placé. Le coureur de la Lotto Soudal doit se resaissir.

De nombreux doutes planés autour de Dylan Groenewegen. Sa quatrième place à Novara aura montré quelques enseignements. D’abord dans les derniers mètres, le néerlandais semble encore un peu sur la retenue en évitant au maximum le contact. Mais les raisons d’être optimiste sont grandes. Comme on peut le voir à 3 kilomètres de l’arrivée, le sprint de la Jumbo Visma en jaune était en tête. Frottait jusqu”à jouer des épaules avec les coureurs de la Israel Start Up Nation pour garder la roue d’Edoardo Affini. Son train s’est ensuite mis en position avec une remontée de David Dekker. Avec de si gros rouleurs, un Groenewegen bien positionné est forcément mis sur orbite. Un candidat plus que redoutable pour la gagne.

Quand on parle de trains de leaders devant être placés avant les trois kilomètres, les DSM étaient très bien placés à Novara. Un travail dont pourrait tirer profit Max Kanter. Option privilégiée lors de l’étape de Canale. Mais les difficultés ont eu raison du sprinteur lourd. Emmené par Nikias Arndt, Kanter a un réel coup à jouer. Le très bon positionnement de son train pourrait lui être profitable. Lui qui a accroché deux podiums sur son premier Grand Tour, lors de la dernière Vuelta.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Dylan GroenewegenPodium 2 0.5 %
Dylan GroenewegenVainqueur 6.5 0.5 %
(cote boostée)
Max KanterPodium 120.25 %

Etape 4 Giro d’Italia 2021

187 kilomètres entre Piacenza et Sestola pour un dénivelé positif total de 3078 mètres. Une étape avec un final qui semble proposer une bataille entre les meilleurs puncheurs du peloton et les leaders du classement général. Une étape où le Giro peut assurément se perdre, à défaut de s’y gagner.
La deuxième moitié suggère un terrain difficile à maîtriser. Une réelle opportunité pour les échappées. Mais ceux qui auront pris la poudre d’escampette pourront-ils rallier l’arrivée sans être rattrapés. La victoire de Taco van der Hoorn, nous rappelle que rien n’est figé dans le marbre. Et que même lorsque les échappées matinaux ont une chance infime de gagner, la probabilité n’est jamais nulle pour autant.

LES CHANCES DES ECHAPPEES D’ALLER AU BOUT

Les plus de 80 kilomètres menant à Ciano d’Enza sont totalement plats, ce qui facilite un filtrage des échappées. D’ordinaire plus les chances des échappées sont grandes, plus le peloton a tendance à voir une succession d’attaques interminables jusqu’à ce que le groupe soit autorisé à prendre le large. Toute la question est de se demander :

  • la taille du groupe d’échappée
  • sa composition en terme de profil de coureurs

Pour cette dernière question, s’il est un impératif, c’est qu’un homme peu dangereux au classement général final ne soit présent dans la bonne du jour. Un homme dangereux actuellement n’est pas un véritable problème en vérité, s’il ne l’est pas pour le classement général à Milan. Les Ineos Grenadiers peuvent et même se devront de se débarasser du poids du maillot à un moment donné en première semaine. Sans, ils n’ont pas à subir le poids de la course dans la défense du maglia rosa. Et peuvent donc économiser une énergie précieuse en vue d’une troisième semaine extrêmement éprouvante.

Le vent au départ jusque Parme, c’est-à-dire sur les 60 premiers kilomètres est totalement de face. Non content d’être défavorable, le vent sera fort, estimé entre 25 et 30 kilomètres par heure. Dans ces conditions, une échappée de gros rouleurs est plutôt à envisager. Peu voudront tenter le baroude avec un vent défavorable toute la journée durant. A moins que le groupe ne soit si conséquent qu’il ne soit trop compliqué voire impossible à gérer. Mais sur un relief si plat, il est plus aisé de faire un filtrage des échappées et d’accorder un crédit à un groupe dont le nombre est plus facile à maîtriser. Le peloton bataillera-t-il dans une journée dantesque jusqu’au pied de la première difficulté ? Très probablement pas.

Avec une journée dantesque, les positions doivent être assez conservatrices avec peu d’équipes prêtent à l’offensive. Durcir la course dans les différentes ascensions de la journée et prendre des risques dans les descentes semble relativement inopportun dès la première journée où le relief est difficile. Néanmoins une fois que la taille du groupe est déterminée et que sa composition l’est aussi. Pour condamner les chances des échappées, il faut qu’une ou plusieurs équipes se mettent en chasse.

QUI POUR MENER LA CHASSE ?

Les Ineos Grenadiers vont-ils défendre le maillot ? C’est toute la question. De prime abord, la réponse semble négative. Filippo Ganna n’est pas en mesure de résister aux offensives dans la dernière difficulté. De plus, il serait bienvenue de se décharger du poids de la course en vue de la troisième semaine. Pourtant l’italien sur ses terres a confié en interview qu’il défendrait ses chances demain. Mais attention à ne pas s’y tromper, défendre son maillot ne veut pas dire faire rouler léquipe pour autant.
Avec Remco Evenepoel, troisième du GC à 20 secondes tout comme son coéquipier, Joao Almeida, quatrième, la Deceuninck Quick Step apparaît en tête de liste pour mener à bien cette tâche. L’occasion est parfaite pour l’équipe belge de revêtir le maglia rosa. Ces deux leaders ont une parfaite raison chacun d’aller à la rencontre du maillot : établir une hiérarchie claire entre les deux hommes. le portugais trouve sur le papier une étape à sa portée et fait figure de leaders le plus rapide au sprint. Quand le jeune belge lui peut, compte tenu de toutes les inconnus autour de sa capacité de récupération sur trois semaines et globalement de ses conditions de reprise de la compétition, se tester dans un rôle de leader du GC sur un Grand Tour.

Tomorrow our focus will be entirely on George. We are here to ride a good GC with him.

ARTHUR VAN DONGEN

Deuxième du GC, Tobias Foss pourrait voir son équipe roulait aussi. Bien que le directeur sportif des Jumbo-Visma annoncait la veille vouloir tester Tobias Foss pour le classement général en ne le bridant pas uniquement au rôle de grégario de luxe de George Bennett. Le chemin inverse semble être pris. Plusieurs inconnus demeurent autour du norvégien, notamment sa capacité à tenir dans un final si ardue. Et pourtant, Foss peut tant prétendre au maillot rose si tel est le cas qu’au maglia bianca (maillot blanc de meilleur jeune). Si les Killer Wasps ne sont pas attendus pour mener la chasse, ils peuvent néanmoins mettre la main à la pâte.
Ce sont plutôt des équipes comme la UAE émirates tant pour Diego Ulissi que Davide Formolo, les Bora hansgrohe pour Emmanuel Buchmann ou même les Israel Start-Up Nation pour Dan Martin qui apparaîssent comme les équipes les plus probables en vue d’un gain d’étape (et éventuellement un maillot de leaders pour le premier dans cette hypothèse).

Le final devrait commencer dans une bataille pour le placement dans la difficulté non répertoriée de Montecreto en vue d’être bien en tête du peloton pour aborder la descente vers le pied de Sestola.

Versant par lequel Giulio Ciccone s’est imposé en 2016, la descente vers Fanano fera l’objet de toutes les attentions pour se pas retrouver piéger ou trop loin pour aborder la dernière difficulté du jour.

Le Colle Passerino : 4.25 kilomètres répertoriés à 9.9 %, un véritable coupe-pattes. Avec un sommet situé à 2.45 kilomètres, que des leaders se marquent est possible mais qu’ils n’en profitent pas pour s’expliquer est inenvisageable. Encore une fois, en début de Giro, l’épreuve ne s’y gagne pas mais peut s’y perdre ou se tendre.

Pentue avec des pourcentages jusqu’à 16 % sur un bitûme qui par endroit ne rend guère. Les probabilités d’attaques avec un fort vent de dos sont d’ailleurs accrus à l’endroit même de ladite photo. Il ne restera que 1.75 kilomètres (à 9.8 %) avant le sommet.

Un final tortueux, pas totalement en descente. Ce qui favorise un groupe ou une victoire en solitaire suivant les écarts au sommet du Passerino.

Peu de visuel sur la courte portion descendante.

Un dernier kilomètre tortueux qui est favorable à ou aux hommes de tête.

Un dernier virage à négocier à 400 mètres de la ligne d’arrivée.

100 derniers mètres

UNE EXPLICATION ENTRE LEADERS INEVITABLE ?

Si explication entre leaders il y a, alors les puncheurs auront fort à faire pour accrocher le wagon de tête. La difficulté semble trop longue pour une bonne majeure partie d’entre eux. L’absence des ogres slovènes, Tadej Pogacar et Primoz Roglic est une bénédiction pour les grimpeurs du peloton qui n’auraient sans doute eu que des miettes à se partager sur ce type de profil.

Sans les deux monstres, le nom qui ressort naturellement est celui de Simon Yates. Le Passerino semble cousue-main pour le britannique. Leader impérial en 2018, il avait alors explosé en chassant tous les lièvres : défense du maillot, bonifications, victoires d’étape. S’agira-t-il comme sur la Vuelta qu’il a remporté à l’expérience. Le marquage sur l’étape du jour semble la meilleure option pour ne pas se découvrir trop tôt.

Le plus à même de porter ce rôle est bel et bien Remco Evenepoel. Etre co-leader lui permet de jouer plus facilement la carte offensive où son binôme n’a juste qu’à suivre les roues. L’offensive est d’ailleurs priviligiée. Le belge l’aura démontré lors du sprint intermédiaire de la deuxième étape, le sprint n’est pas son point fort. Mais peut-on lui en vouloir ? S’il est un coureur qui a peu sprinté dans sa courte carrière tant professionnel qu’amateur, c’est bel et bien R.EV. Véritablement dominateur chez les juniors, les seuls courses qu’il n’a pas remporté sont des épreuves/étapes où il n’a pas fini en solitaire (14 sur 27). Aucune victoire au sprint. La Deceuninck pourrait jouer le coup du Picón Blanco lors du Tour de Burgos avec son duo. Une étape qu’Evenepoel avait remporté et où Almeida avait pris la 5e place ou comme sur lAlto da Fóia à Algarve. Deux Tours que le jeune prodige avait remporté avant son terrible accident.

J’ai vu que Remco a vraiment une forme incroyable sur une des dernières ascensions. Je l’ai vu sur le gros plateau et je me suis dit “wow il a une forme fantastique”

Filippo ganna

La forme semble plus que présente quand on écoute les bruits qui se murmurent à l’extérieur et au sein du peloton. A en croire Pippo lui-même.

Un autre coureur qui tient une forme incroyable à en juger par sa performance sur le contre-la-montre de Turin et qui aime les forts pourcentages est bien Aleksandr Vlasov. Le leader de la Astana arrive après un Tour des Alpes réussi notamment sur les ascensions clés du Kaunergrat Piller Sattel et du Boniprati. Sa performances sur l’Angliru l’an passé tend à démontré que le russe aime les forts pourcentages et ne devrait partir d’une montée sélective. Ce qui devrait pêche au moins pour la gagne, ce sont ses capacités au sprint où il est apparu dominé a bien des occasions comme au Tour des Alpes sans être totalement ridicule face à deux hommes prétendus très rapide à savoir Simon Yates et Pello Bilbao.

C’est d’ailleurs ce dernier qui pourrait être un des prétendants sous les radars. Pello Bilbao est aligné en leader de rechange. Ce qui implique qu’il ne doit pas perdre de temps en première semaine pour pallier à toutes défaillances de Mikel Landa. Rapide au sprint sans doute le plus rapide avec Almeida sur le papier, quand bien même son sprint face à Ion Izagirre sous-tend le contraire. Le basque est aussi un coureur qui excelle lorsque les conditions climatiques sont apocalyptiques. Une aubaine et une occasion de victoire pour la Bahreïn-Victorious. Bilbao a cette marge de manœuvre grâce à la présence de Landa qui lui permet de passer à l’offensive. Et si celle-ci échoue ? Son sprint est bien meilleur que celui d’Evenepoel. Ce qui lui donne l’ascendant dans bon nombre de scénarios.

PRONOSTICS

CoureursType de Classementcotemisebookmakers
Remco EvenepoelVainqueur 100.25 %
Pello BilbaoPodium 80.25 %
Pello BilbaoVainqueur 300.25 %
Aleksandr VlasovPodium 5.50.5 %
Simon Yates et Dan Martin Podium 110.25 %(cote boostée)

Etape 3 Giro d’Italia 2021

190 kilomètres entre Biella et Canale pour un dénivelé positif total de 1869 mètres. Une étape où le profil suggère un final dynamique pouvant brouiller les cartes d’un sprint massif au profit d’un sprint réduit. Mais le final ne peut-il pas être encore plus explosif ?

Le final commence avec la difficulté de Piancanelli. Longue de 5 kilomètres à 5.9 %, la montée pourrait permettre de commencer à durcir la course pour faire sauter quelques sprinteurs. Mais avec un sommet à 67.8 kilomètres de l’arrivée n’est pas trop tôt sur un début de Grand Tour ? L’opération paraît plus probable lors d’une classique. Et pourtant, la tentation pour certaines équipes de leaders de distancer des concurrents à la victoire finale pourraient être grande.

Si les routes n’y sont pas des plus larges, ce qui favorise un peloton étiré. La majorité de la montée se fait sur des zones découvertes.

Si la majeure partie des lacets au pied se font dans une zone boisée où le vent ici défavorable n’a pas d’impact. C’est dans le vignoble que la partie devient intéressante. Avec un vent favorable, ce qui pourrait inciter aux mouvements tôt dans la course. Une course rendue encore plus nerveuse par le mauvais temps puisqu’il est annoncé des averses toute la journée.

La descente se fera avec un vent défavorable.

Mais le placement y est important puisque les routes n’y sont pas larges et par endroit techniques. De quoi morceler encore plus un peloton qui pourrait être en pièces détâchées si une équipe se destine à profiter de cette étape pour dynamiter la course.

Il faudra pourtant envisager un retour de l’arrière sur les 10 kilomètres menant à Castino. Ce qui devrait normalement favoriser une course d’attente avant l’enchaînement des difficultés finales.

Près de 5 kilomètres à environ 5 %, une nouvelle occasion pour certaines équipes de durcir la course et faire passer par la fenêtre quelques sprinteurs les plus purs. A ce stade, il restera 45,5 kilomètres à parcourir.

Une courte descente sans difficulté technique qui permettra d’enchaîner avec la prochaine difficulté.

Manera : 5.3 kilomètres à 5.4 %

Une nouvelle occasion de durcir avec un sommet à 36.2 kilomètres de l’arrivée.

Mais les 18 kilomètres menant au pied de Guarene seront sans doute un frein à toute action et surtout un terrain de chasse où à la fois les équipes de sprinteurs et les Ineos Grenadiers peuvent faire rentrer les plus remuants dans les rangs. Cette dernière difficulté répertoriée (2.8 kilomètres à 7.1 %) se doit être le secteur clé de la course.

Des tentatives inévitables par plusieurs aspects :

  • sa difficulté : 7.1 % de moyenne et une pente maximale avoisinant les 17 % ;
  • un visuel limité dans les rues Plata et Garibaldi ;
  • un second sprint intermédiaire placé au sommet offrant 3, 2 et 1 secondes de bonification aux trois premiers au sommet ;
  • un sommet situé à 14.9 kilomètres de l’arrivée.

Mais les 10 derniers kilomètres offrent où il sera compliqué d’aller chercher un sprint massif.

Une dernière occasion pour une late attack dans le repecho d’Occhetti de 500 mètres à 6.3 %.

Suivi d’une courte descente à 5.5 kilomètres de l’arrivée sur des routes étroites qui ne facilitent pas l’organisation d’une chasse.

Jusqu’à virer à 4.7 kilomètres du but où le visuel s’étend et la route retrouve de sa largeur.

800 mètres à l’arrivée : un premier virage qui oblige à être placé en tête en cas d’arrivée en groupe plus ou moins conséquent.

Un semblant de “rond-point”… En vérité, un virage à négocier dans la foulée à 700 mètres.

Un dernier passage technique où le placement est primordiale à 500 mètres mais qui encore une fois se passe plus vite que ce que le plan peut laisser suggérer.

Pour débouler à 400 mètres sur la ligne droite finale.

Avec un final vent de dos d’une vitesse de 18 km/h, un temps pluvieux, des routes étroites et un enchainement de difficulté, le final s’annonce explosif.

UN SPRINT REDUIT INEVITABLE ?

Certaines équipes de sprinteurs auront tout intérêt à durcir la course en vue de se débarasser des sprinteurs les plus purs du peloton à savoir Dylan Groenewegen, Tim Merlier, Caleb Ewan, Fernando Gaviria et Elia Viviani.

Filippo Ganna ne s’y trompe pas lorsqu’il constate que l’étape est cousue-main pour Peter Sagan. Mais d’aucuns ne le conteste. La Bora Hansgrohe est attendue pour mener la chasse en vue du gain d’étape pour son sprinteur maison en quête du maillot cyclamen. Peto a montré toute sa forme récemment. Mataro sur le Tour de Catalogne n’était que le prémisce de ce que nous avons vu en Romandie. Sous une étape rendue nerveuse par la pluie et plus sélective par le vent et les difficultés, le triple champion du monde a dompté un peloton réduit avec autorité en enfermant astucieusement Patrick Bevin pour remporter l’étape de Martigny. Il en est de même lors de la dantesque étape d’Estavayer. Où malgré les difficultés jugées trop dures pour le slovaque, ce dernier est allé chercher la deuxième place derrière Marc Soler, vainqueur en solitaire.

L’équipe allemande devrait miser sur son sprinteur vedette, objet de toutes les attentions pour le mercato à venir. Pour l’aider dans la chasse, la Qhubeka Assos de Giacomo Nizzolo pointe en tête de liste pour être un allier de circonstance. L’équipe sud-africaine peut rêver du gain d’étape avec son sprinteur polyvalent qui aime les journées difficiles. En vue depuis la reprise à Besssèges, sa deuxième place la veille dans un sprint ne lui convenant pas totalement montre l’étendue de son talent. Sa durabilité sur un terrain vallonnée comme celui-ci n’est plus à démontré après sa compagne de classiques belges. Deuxième notamment lors de Gent-Wevelgem derrière Wout van Aert. Rien de bien étonnant tant on sait que l’italien s’est déjà montré sur des courses comme Le Samyn, Kuurne-Bruxelles-Kuurne, A travers la Flandres, etc.

Toute la question de leur équipe sera de trouver la balance parfaite pour durcir les difficultés sans mettre en difficulté tant leur sprinteur que leurs éléments en vue de garder de la main d’oeuvre pour le final et de rester prudent dans les parties un peu plus techniques des différentes descentes. La difficulté de Guarene pourrait être un obstacle de taille avec des leaders se mêlant à la zizanie et désorganisant le groupe. Notamment une Deceuninck Quick Step en recherche des bonifications avec Remco Evenepoel déjà remuant au second sprint intermédiaire de Novara. Et éventuellement Joao Almeida à l’arrivée qui dans une course d’usure, où peu de sprinteurs sont présents, peut faire parler de sa pointe de vitesse étant le plus rapide au sprint. L’aide précieuse de Rémi Cavagna et de Mikkel Honoré en parfait leadout pourrait le mener à bien dans sa quête et un gain d’étape à la clé. Sa 8e place à Mataro (maillot blanc de meilleur jeune) sans forcer son talent et sans être dans la roue de son coéquipier n’est pas sans montrer que le portugais est rapide. Une vitesse déjà vue à Chiusdino en portant le leadout de Julian Alaphilippe et surtout dans les sprints réduits de Monselice et Tortoreto du dernier Giro.
Mais sur ces attaques attendues que les Ineos Grenadiers pourraient mettre la main à la patte pour défendre le maillot de Filippo Ganna et garder le sésame quelques jours de plus. Difficile avec tant de main d’oeuvre d’échapper à un sprint réduit.

D’autres équipes cependant pourrait être tenter d’aller chercher les bonifications tant au sommet de la Guarene qu’à l’arrivée avec une potentielle sélection. L’étape de mardi à Sestola devrait convenir soit à un puncheur ou soit un leader. Si les intérêts de la DQS avec son duo de leader à 20 secondes chacun de Pippo ne sont plus à démontrer, d’autres restent en embuscade. Gianni Moscon du côté des britanniques peut assurer l’intérim en ne pointant qu’à 26 secondes. L’italien de la Ineos s’est montré véritablement renaissant sur le Tour des Alpes. A l’époque pré-Covid, évoquer une telle situation pourrait paraître improbable. Mais l’ADN de l’équipe s’est réécrite, les britanniques n’hésitent plus à passer à l’attaque.

On peut tout autant penser à Alberto Bettiol qui n’est qu’à 29 secondes. Sa 12e place lors du contre-la-montre d’ouverture n’est pas sans montré que l’italien est en forme notamment en signant un excellent premier intermédiaire (7e place). De retour au top après un printemps mitigé, gêné par une blessure. Dans une configuration à la façon du Tour des Flandres, l’italien pourrait profiter d’être sous les radars des Grenadiers tant le coureur de la EF Education Nippo n’est pas un danger pour le classement général. Offensif et aimant la pluie, Bettiol a une deux opportunités pour gagner du temps et ravir un temps le maillot rose.

Les UAE émirates sont très certainement l’équipe qui avec la DQS peut véritablement jouer sur l’offensive dans le final. L’équipe a plusieurs cordes à son arc. D’abord, en misant sur la double casquette de Diego Ulissi dont les capacités de puncheurs ne sont plus à démontrer et qui ne pointe qu’à 32 secondes de Top Ganna. L’italien rapide au sprint peut tout autant tenter d’aller chercher un accessit sur l’arrivée à Canale. Mais dans ce cas, la vitesse n’est pas suffisante pour faire la nique à des sprinteurs de la trempe de Sagan ou Nizzolo qui apparaissent comme les deux grands favoris de la journée. Ce que peut tenter Alessandro Covi qui a déjà montré au Giro dell’Appennino l’an passé qu’il avait la vitesse nécessaire pour faire partie des tout meilleurs. Sa 5e place à Martigny ne pose pas de doute sur sa durabilité sur ce type d’étape. Ce qui jete le doute, c’est la capacité des émiraties à faire bloque dans un tel sprint. Trop désorganisés lors du Tour de Romandie, les coureurs du golfe persique n’ont jamais réussi à faire front commun ensemble. D’abord à Martigny où Covi et Marc Hirschi ont été autorisés à faire leurs propres sprints. Le lendemain à Saint Imier où Ulissi, Hirschi et Rui Costa ont fait une nouvelle fois jouer la carte personnelle au détriment d’un sacrifice pour le collectif. Une situation similaire le surlendemain à Estavayer où les trois n’ont pu faire front commun.

Mais attention à ne éliminer trop vite les Ineos pour un sprint réduit. Jhonatan Narvaez est sur le papier, leur homme le plus rapide. L’équatorien aura montré une belle pointe de vitesse la veille sur le deuxième sprint intermédiaire. Gêné par une blessure plus tôt dans la saison, la petite balle de fusil des britanniques ne devait pas être présent sur le Giro. Le remplacement d’Ivan Sosa lui a laissé une place jusqu’ici inespéré. Si la forme de la semaine Coppi e Bartali de l’an passé est présent et qu’il est autorisé à faire le sprint, Narvaez peut aller chercher une nouvelle étape sur le Tour d’Italie après sa victoire l’an passé sous la pluie à Cesenatico.

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Giacomo Nizzolo Podium 30.5 %
Jhonatan NarvaezVainqueur 1250.1 %
Jhonatan Narvaez Podium 300.15 %
Alberto BettiolVainqueur 400.2 %
Alberto Bettiol Podium 150.3 %
Joao AlmeidaPodium 70.15 %

Etape 2 Giro d’Italia 2021

179 kilomètres pour relier Stupinigi et Novara pour un cumul risible de 706 mètres de dénivelé positif. Un GC forcément resserré après un court contre-la-montre dans les rues de Turin. Une occasion franche pour les équipes de sprinteurs. Comment dans de pareilles conditions en début de Tour peut-on échapper à un sprint massif ? Avec un condensé d’étape pour sprinteurs en première semaine (2, 5, 7 et 10), le temps presse pour les hommes les plus rapides qui n’auront en deuxième et troisième semaine que l’étape 13 et 17 pour se mettre quelque chose sous la dent. Ce qui laisse à penser que bon nombre abandonneront en cours de vol.
Etonnament, la chasse ne reposera pas sur les épaules de la Deceuninck Quick Step. L’équipe belge vient sans sprinteurs sur un Grand Tour, une grande première et une marque de sa volonté de briller au classement général final. Ce sont donc sur d’autres équipes… Belges notamment qu’il faudra compter pour prendre la chasse à leur compte. La Lotto Soudal sans réel leader pour le classement général fait partie de ces équipes misant sur le sprint. Avec Caleb Ewan dans ses rangs, l’équipe pilotée par Marc Wauters à une bien belle occasion d’accrocher un premier succès sur cette 104e édition du Giro d’Italia. Appuyé sans doute par la Cofidis Solutions Crédits qui chercherait un troisième succès sur le Giro en sept participations après les victoires de Damien Monier en 2010 et Rik Verbrugge en 2006. Une équipe totalement articuliée autour de son sprinteur local à savoir Elia Viviani. C’est sans nul doute accompagné des UAE Team Emirates pour Fernando Gaviria que les fuyards seront maîtrisés.

Chaque final d’étape à son lot de tension. C’est encore plus vrai sur les premières étapes sur les Grands Tours. Où la nervosité d’un sprint à venir s’entrechoque avec la nervosité des équipes de leaders qui souhaitent ne pas subir de cassures avant la neutralisation des temps à trois kilomètres de l’arrivée. Ce sera le cas dans les marées à près de 6 bornes de l’arrivée. Bien que le peloton accélèrera naturellement par ce jeu d’une bataille de position et de nervosité palpable à une vingtaine de kilomètres du but, comme à l’accoutumé.

Les équipes y frotteront pour être dans les premiers de cordée avant l’approche du changement de direction à 4 kilomètres de l’arrivée qui devait étirer naturellement le peloton.

S’en suit 2.6 kilomètres pour mener aux abords de la périphérie de Novara.

1.4 kilomètres de l’arrivée : le placement commence à être crucial avec un rond-point à négocier en empruntant la première sortie.

Un véritable billard pour dérouler son train.

700 mètres de l’arrivée : un dernier obstacle à négocier (à prendre à droite de préférence).

200 mètres : l’endroit idéal pour lancer son sprint.

Un vent de face léger (7km/h) toute la journée dont une petite partie vent de face entre 4 kilomètres et 1.4 kilomètres de l’arrivée, pour conclure par une sprint vent de côté.

PEUT-ON ECHAPPER A UN SPRINT ?

La Deuceninck Quick Step arrive sans sprinteur, ce qui laisse deux options aux coureurs de l’équipe belge. Economiser du jus en vue des étapes à venir ou dynamiter le final.

A la flamme rouge, une succession d’ouvrage urbaine dans des rues serpentant offre une occasion parfaite de late attacks. Mais la tâche semble ardue pour s’extraire d’un peloton lancé. Les probabilités de succès d’un tel mouvement sont presque nulles. Si une attaque doit dynamiter le final, c’est donc plus loin du but. Rémi Cavagna apparaît en tête de liste pour ce genre d’opération. Mais sa marge sur Filippo Ganna lui permettra-t-il une occasion ? A seulement 18 secondes, les Ineos Grenadiers devraient veiller aux grains. D’autant que les britanniques seront forcément bien placés et lancés pour permettre à leur leader de ne pas subir de cassures et donc de pertes de temps. De plus, le TGV de Clermont ên quête de sa première victoire de la saison. Ce qui le rendait extrêmement offensif. Une victoire acquise sur le contre-la-monde de clôture du Tour de Romandie devrait l’assagire.

Toutes les équipes de sprinteurs présentent sur le Giro d’Italia par la difficulté de parcours aligne un train de sprinteurs plus faibles qu’à l’accoutumé ou parfois totalement remanier. Sur la papier Dylan Groenewegen est le sprinteur le plus rapide. Sa période de suspension à la suite de l’incident au Tour de Pologne qui a failli coûté la vie à Fabio Jakobsen semble avoir été bénéfique physiquement pour le néerlandais de la Jumbo-Visma.

Son physique sur le contre-la-montre était impressionnant. Nul doute que le multiple vainqueur d’étape sur le Tour de France a pris de la masse. La puissance qui en découle et qu’il pourrait dégager sur le sprint est sans conteste la clé de la réussite. La hiérarchie dans l’équipe est claire, Groenewegen est le sprint numéro 1.

u début, je me suis dit que c’était dommage car j’aurais eu mes chances sur le Giro. Bien sûr, j’attendais cela avec impatience, car lors de l’UAE Tour, tout s’est bien passé dans les sprints. La confiance était là. Donc c’était décevant au début, mais j’ai aussi compris Dylan. Il a tellement gagné, a tellement de crédit et a un grand statut au sein de l’équipe. Je pense qu’il est normal que je doive sacrifier mes chances pour cela. Dans le Giro, je vais surtout avoir un rôle de soutien pour Dylan. J’espère pouvoir jouer un rôle important dans le dernier kilomètre. En plus de cela, je veux acquérir de l’expérience, apprendre des choses de Dylan avant et pendant la course. J’aime la façon dont il attaque et dont il aborde certaines situations. C’est la chose la plus importante

david dekker

C’est pourquoi Tim Merlier peut profiter de la situation pour s’imposer. Comme Caleb Ewan, le belge peut par occasion comme au Tirreno-Adriatico souffrir de problème dans son placement. Heureusement, le sprint est peu technique. Ce qui lui ouvre la voie. La qualité des sprints de Pocket Rocket à laisser à désirer cette saison. Sur le papier l’autralien de la Lotto Soudal est le plus rapide derrière Groenewegen. Mais son train est apparu faible cette saison, voire effacé. La marge de manoeuvre pour Merlier est donc un peu plus grande sur un sprint en World Tour. Le train avec Alexander Krieger, Dries de Bondt, Oscar Riesebeek et Gianni Vermeersch est relativement nouveau. Comme les autres, les automatismes ne sont pas en place. Mais le belge arrive en confiance avec trois succès au compteur et des victoires autoritaires au Samyn et à la Bredene Koksijde Classic. Le gros point négatif réside dans l’absence de Jonas Rickaert, poisson pilote attitré du belge. C’est pourquoi Krieger devra très vite pallier et faire tout aussi bien que son coéquipier.

Sur le train qui se connait le mieux est celui de la Cofidis Solutions Crédits. Elia Viviani est entouré de son frère Attilio, de son poisson pilote Fabio Sabatini et du sprinteur plus polyvalent Simone Consonni. La victoire à Cholet montre que l’italien a retrouvé de sa superbe après un Tour UAE convainquant. Jamais bien loin de la mettre dans le mille. Le seul point négatif a posé pour le champion d’Europe 2019 repose sur la non compatibilité avec Consonni qui n’a pas vraiment fait ses preuves par le passé. Mais c’est sans doute sur le travail de Sabatini qui figure parmi les meilleurs poissons pilotes du monde qu’il faudra compter pour aller chercher un premier succès sur le Giro.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Tim MerlierVainqueur 5 0.35 %
Elia VivianiPodium 2.85 0.65 %

Etape 1 Giro d’Italia 2021

Un contre-la-montre d’ouverture du Giro d’Italia plat comme la main.

8.6 kilomètres : un format court et intense où rares sont les virages à négocier. Ce qui favorise un maintien quasi-constant de la position de CLM, c’est-à-dire les mains sur les prolongateurs, la tête baissée et le visage longeant les avants-bras. Un parcours somme toute pour pures spécialistes où il faut à la fois être puissant et le plus aérodynamique possible.

Un départ de la Piazza Castello

400 mètres : un rétrécissement en passant sous une arche où il faudra négocier vitesse et précision en naviguant entre les rails de tram.

Pour prendre de la vitesse sur 200 mètres dans une légère portion en faux plat descendant.

800 mètres : le premier virage à régocier à fond les ballons.

Un véritable billard Corso S. Maurizio pendant 960 mètres où il n’y a qu’un seul mot ordre : PUSH, PUSH HARDER THAN YOU CAN !

1.8 kilomètres : un nouveau virage à négocier sans l’ombre d’une difficulté tant la voie est large.

2.9 kilomètres : ne pas se fier aux virages suggérer par le plan, encore une fois aucune difficulté pour entrer dans le Parc del Valentino.

3.1 kilomètres : même problématique, full gas period !

4.7 kilomètres : la première relance du circuit. Plus de la moitié du parcours aura alors été parcouru (54.65%)

200 mètres plus loin, un rond-point à prendre sans poser les mains sur les freins pour passer sur la rive Est du Pô.

5.1 kilomètres : à l’image du parcours, pas vraiment de technicité. Un bon nombre du peu de virages à négocier se prennent pleine balle.

Même démonstration 100 mètres plus loin où aucune raison valable d’être sur les freins.

Un rond-point pris par la gauche sans forcer.

5.8 kilomètres : dernière potentielle relance

50 mètres plus loin, l’accès au Corso Moncalieri pouvant se passer sans encombre pour négocier les 2.76 kilomètres restants.

6.4 kilomètres : 300 mètres de faux plat montant à négocier, juste sur la puissance pure avant 200 mètres de faux plat descendant.

Près de 2.8 kilomètres à l’image du CLM : APPUYER COMME UNE BRUTE.

Le premier départ aura lieu à 14h, tous les coureurs s’élanceront de minute en minute jusqu’au dernier partant à 17h03. Les premiers partants auront un vent de 11-12 km/h contre 9 km/h pour les derniers. Une différence risible somme toute avec un vent léger mais qui peut avoir son importance dans un contre-la-montre si court où chaque gain marginal peut jouer pour la gagne.
A ce jeu, l’impact du temps joue pour 1.4 % à 14 h, 0.9 % à 15 h, 0.1 % à 16 h et -0.5 % à 17 h. C’est donc une différence à watts égales de 3 secondes qui peut être mesurée entre les premiers et derniers partants. Qui s’explique aussi par un vent pour 49.3 % de face pour les premiers partants de 14 et 15 h, de 48.5 % pour les partants de 16 h et 46.1 % pour ceux aux alentours de 17 h.

UN TRIUMVIRAT INDEBOULONNABLE ?

Filippo Ganna (départ 16h53) en champion du monde de la discipline s’aligne comme le favori de l’effort individuel chez lui. En délicatesse après une série de 8 victoires d’affilée depuis le 21 août 2020. 3e du chrono de San Benedetto del Tronto où il est détenteur du record du parcours depuis l’an passé, Pippo a enchainé les méperformances. Seulement 9e du prologue du Romandie en n’inscrivant que le 13e temps à l’intermédiaire. Le chrono de clôture a été tout autant une déception pour Top Ganna. Une vulgaire 10e place à 37 secondes de Rémi Cavagna. Pourtant tout n’est pas à jeter pour le quatruple champion du monde de la poursuite individuelle sur piste. Sur ledit chrono, le pointage entre l’intermédiaire et l’arrivée dont le profil lui était plus favorable que la première section, Ganna a signé le 4e temps. A 18 secondes cependant du TGV de Clermont. Une preuve néanmoins que la mécanique reste huilée pour l’italien des Ineos Grenadiers puisqu’il pointait au 17e temps à l’intermédiaire.

J’espère ne décevoir personne si je ne remporte pas le prologue, samedi à Turin. Les jambes n’étaient pas à 100% lors de la dernière épreuve mais j’ai pu récupérer avant le Giro et je me sens bien. Je souhaite donner de la joie aux Italiens

filippo ganna

Après un Tour de Romandie érintant au service de ses leaders, Pippo a coupé une semaine en vue de refaire du jus pour le Giro. Mais ce repos forcé lui sera-t-il profitable ? Les performances des derniers temps n’ont-elles pas des raisons rationnelles ? Il est vrai que la préparation n’est pas la même cette année. D’abord, avec une coupure/reprise sur piste contrariée par le Covid-19 qui l’a forcé à la mise à l’arrêt trois semaines. Puis des stages en altitude aux Canaries sur les pentes du Volcan de Teide. Un moteur refaçonné pour les épreuves montagneuses. L’objectif annoncé est plutôt clair : les Jeux Olympiques avec la poursuite par équipe et le contre-la-montre sur route (sans la poursuite individuelle dont il est le maître incontesté et incontestable puisque l’épreuve a disparu de la liste en 2008). Le natif de Verbania (150 kilomètres de Turin), lui donnera-t-il ce boost pour vaincre dans son Piémont natal et remettre les pendules à l’heure italienne ?

Rémi Cavagna (départ 15h43) s’aligne comme son concurrent principal. Vainqueur du chrono de fermeture du romandie, le TGV de Clermont a enfin mis la balle au fond des filets. Lors du prologue de ladite preuve, le champion de France de la discipline n’a fait qu’une bouchée de Pippo signant le meilleur temps à l’intermédiaire (7 secondes de mieux) mais s’inclinant sur la seconde partie de 3 secondes sur l’italien et de 14 secondes sur Richie Porte et Rohan Dennis qui se seront donnés corps et âme dans l’arrivée punchy.
Le contre-la-montre de Turin correspond parfaitement aux caractérisques de Cavagna qui peut s’y exprimer à merveille. 2e malheureux à Gien pour 8 dizièmes puis 2e à Banyoles en Catalogne, le TGV est désormais dans la cour des grands. Mais est-ce étonnant pour celui qui sur une partie totalement plate du chrono de la planche des Belles-Filles avait inscrit le premier temps à l’inter 1 (14.4 km), 14 secondes de mieux que Tom Dumoulin. Un TGV de Clermont qui se doit de pointer désormais à l’heure.

Remco Evenepoel (départ 16h52) serait sans doute devant son coéquipier dans la liste des favoris sans sa chute au Tour de Lombardie, l’an passé. Malheureusement, la période de convalescence a eu des effets sur son physique. Si le phénomène a perdu “sa graisse de bébé”, c’est 4 kilogrammes de moins sur la balance avec un poids affirmé et annoncé de 59 kilos. Un désavantage lorsque l’on parle d’effort individuel où le rapport poids/puissance est de mise.

Mais attention à ne pas se fourvoyer, R.EV est l’un des coureurs les plus aérodynamique sur un vélo de chrono. Dès la sortie des juniors, Remco s’est illustré chez les professionnels. Terminant 3e du CLM de Pocino à San Juan (12 kilomètres). Le résultat le plus désapointant restant le ITT de Romandie (15e) mais le jeune belge n’a guère loupé les podiums depuis qu’il est néopro. 4e à une seconde du podium dans un effort similaire au Tour de Belgique, Remco n’a en confrontation directe avec Pippo jamais perdu de duel :

  • Champion d’Europe à Alkmaar
  • 2e des mondiaux d’Harrogates derrière Rohan Dennis
  • Vainqueur à San Juan
  • Vainqueur à Algarve

A l’impossible, Remco Evenepoel n’est tenu“. Gagner le contre-la-montre du jour sera compliqué pour un retour en grâce. Mais le coureur vedette de la Deceuninck Quick Step s’est longement préparé. Asurrément, le lionceau est prêt. S’il est un poids plume qui peut réussir cet exploit, c’est le jeune prodige. L’avantage du contre-la-montre d’ouverture, c’est que l’effort est solitaire. Nul besoin de rythme de course, la forme est juste nécessaire. Si le petit Cannibale est aligné, c’est au moins que celle-ci est présente. Paradoxe des ambitions au GC, Remco Evenepoel peut très bien signer un départ tonitruant sans pour autant aller que le manque de rythme ne lui pèse plus tard dans la course.

UN PODIUM OUVERT

Ce sont sans doute, les incertitudes autour de la forme de Filippo Ganna et de la gestion du retour de Remco Evenepoel qui ouvre la voie aux outsiders.

Joao Almeida (départ 16h29) est probablement la tête de liste de cette foule qui frappe à la porte. 6e à Al Hudayri, 7e à San Benedetto del Tronto et 3e à Banyoles, ses récents résultats lui offre une place de choix parmi les leaders du GC. Sans doute la première au regard de ses résultats sur les trois chronos de l’an passé :

  • 2e à Palerme
  • 6e à Valdobbiadene
  • 4e à Milan

Le problème majeur réside dans ses résultats dans des efforts solitaires courts et plats comme au Tirreno-Adriatico et aux Emirats Arabes Unis où Almeida n’a fait que des fonds de Top 10. Est-ce l’intensité de l’effort où Almeida doit réhausser le niveau aujourd’hui ou un manque de watts ?

Victor Campanearts (départ 14h02) aurait été, au moins l’an passé, un nom maintes fois ressorti. Pourtant il n’en est rien. Ses récentes déclarations sur un recentrement de sa spécification pour les classiques. Lui ont fait délaisser l’effort individuel. Sa 30e place sur Paris-Nice n’en est que la démonstration. Sa 8e place aux mondiaux d’Imola a été une véritable déception alors qu’il n’avait guère loupé de podiums en 2020 qui s’est pourtant cloturé par une deuxième place à Milan. Mais si Campy semble avoir tourné la page des contre-la-montre avec sa non-sélection pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Un regard attentif pour les suiveurs Zwift sera porté pendant son échauffement où il sera communautaire : https://teamqhubeka.com/victor-campenaerts-to-warm-up-for-giro-ditalia-time-trial-on-zwift

Un triplé Deceuninck Quick Step envisageable sur le contre-la-montre du jour ? Alberto Bettiol (départ 14h02) aurait y jouer les trouble-fêtes. Auteur d’un retour en forme après un hiver compliqué, l’italien s’est illustré sur le contre-la-montre de San Benedetto del Tronto où il a pris la 6e place. Dauphin dans la même seconde, en 2019, de Pippo sur les champions nationaux. L’italien s’est illustré par le passé sur des efforts courts et plats comme à San Benedetto del Tronto. Mais pour rêver de rose, le coureur de la EF Education Nippo doit retrouvé le niveau de 2019.

Tobias Foss (départ 15h33) fait forcément parler de lui quand on parle de TT d’ouverture du Giro. 3e l’an passé, le norvégien est attendu de tous depuis qu’il est sorti vainqueur du Tour de l’Avenir 2019. Sur le chrono similaire du Tirreno-Adriatico, il aura pourtant été en déça des espérances. Cependant, le chrono de Bilbao est venu rectifier le tir avec une belle 4e place. Le jeune espoir des Killer Wasps peut profiter d’un matériel à la pointe, ce qui confère un avantage sur des efforts individuels. Si la forme est là, le podium ne sera pas loin.

Mais chez la Jumbo, il n’est pas en reste. Edoardo Affini (départ 15h56) peut tout autant prétendre à une belle place. Bien que tout autant décevant lors du contre-la-montre de San Benedetto del Tronto, l’italien champion sur piste apprécie ce genre d’effort court et intense. C’est sur les traces de 2018/2019 qu’il doit surfer pour briller sur le tracé du jour. A la pointe chez la Jumbo-Visma, Affini doit profiter de l’axe développe et performance de l’équipe en vue des Grands Tours.

Ce Giro d’Italia pourrait être le retour au sommet de plusieurs coureurs ayant connu des déboires l’an passé. Patrick Bevin (départ 16h55) fait partie de ceux-ci. Mais tout indique que la forme est présente après des Tour du Pays Basque et de Romandie en vue au sommet de son art. Paddy pourrait frapper fort après sa 7e place dans le même temps que Tadej Pogacar (5e) sur le chrono de Bilbao.

L’option du départ tardif se révèle être la meilleure. C’est pourquoi le duel Evenepoel/Ganna à 16h52 sera le centre de l’attention. Avantage pour le belge au vue des performances de Pippo qui semble à court de forme sur l’effort individuel. La cote boostée de par l’aspect value est un inconditionnel, notamment parce que le différentiel du weather impact n’est que d’une seconde.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmaker
Remco EvenepoelVainqueur 3.750.5 %
Remi CavagnaVainqueur 50.5 %
(cote boostée)
Tobias FossPodium 240.25 %
Edoardo AffiniPodium 180.25 %

Giro d’Italia 2021 Classement Général Preview

Du samedi 8 au 30 mai, le Tour d’Italie, premier Grand Tour de la saison 2021, va s’élancer pour sa 104e édition. Un total de 3 479 kilomètres à parcourir sur les 21 étapes, dont deux contre-la-montre individuel (pour 38.9 kilomètres au total). 

Description du Giro d’Italia 2021

SEMAINE 1

Étape 1 : Torino – Torino (8.6 kilomètres)

Une étape d’ouverture avec un court contre-la-montre entièrement plat qui offrira le premier maillot rose à un spécialiste ou déjà à un leader ayant des aptitudes prononcées dans l’effort individuel. Bien que l’essentiel soit l’établissement d’une première hiérarchie entre les leaders en forme et ceux dont la condition devrait être optimale plus tard dans la course.

Étape 2 : Stupinigi – Novara (179 kilomètres)

Première occasion que les équipes des hommes les plus rapides ne devraient pas laisser filer. Un premier sprint massif à n’en pas douter.

Étape 3 : Biella – Canale (190 kilomètres)

Un sprint mais sera-t-il massif ou réduit avec une élimination des sprinteurs purs dans l’enchainement des quatre difficultés qui composent les 80 derniers kilomètres ? Dont le sommet de la dernière n’est située qu’à 15 kilomètres de l’arrivée.

Étape 4 : Piacenza – Sestola (187 kilomètres)

Un profil digne d’une étape pour une échappée. Mais avec un enchainement de difficulté dans sa seconde partie, la montée finale du Colle Passerino (4.3 kilomètres à 9.9 %) promet un final explosif entre les leaders au CG et les puncheurs du peloton.

Étape 5 : Modena – Cattolica (177 kilomètres)

Une nouvelle occasion royale pour les sprinteurs mais aussi et surtout pour les échappées publicitaires.

Étape 6 : Grotte di Frasissi- Ascoli Piceno (160 kilomètres)

Une énième étape profilée pour une échappée victorieuse. Une occasion d’avoir une course dans la course. Mais surtout l’opportunité pour une équipe sans réelle ambition pour le classement général final d’endosser le maillot rose comme le fit Valerio Conti en 2019 dans une étape similaire. Une manière pour les favoris de se libérer du poids de la course et préserver leur effectif en vue de la troisième semaine.

Étape 7 : Notaresco – Termoli (181 kilomètres)

A chaque sprint sa particularité : cette fois-ci une arrivée en faux plat montant tortueux où le placement sera plus que toutes les autres fois la clé.

Étape 8 : Foggia – Guardia Sanframondi (170 kilomètres)

Un équilibre difficile à trouver mais les échappées matinaux auront des occasions franches de mettre la balle dans le fond des filets. Une arrivée profilée puncheur où encore une fois les différences entre leaders seront minimes.

Étape 9 : Castel di Sangro – Campo Felice (158 kilomètres)

Une arrivée gravilloneuse qui n’est pas sans rappeler le Colle del Finestre. Une étape assurément où le Giro ne s’y gagne pas mais où il peut s’y perdre.

Étape 10 : L’Aquila – Foligno (139 kilomètres)

Un sprint très probable dans une étape courte à la veille d’une journée de repos. Vu le nombre d’offrandes faites aux sprinteurs, certaines équipes ne devraient pas laisser filer pareille opportunité.

SEMAINE 2

Étape 11 : Perugia – Montalcino (162 kilomètres)

La fameuse étape des Strade Bianche au lendemain d’une journée de repos. Une étape qui en 2010 était dantesque et a vu des écarts importants entre les hommes du GC. Vincenzo Nibali y avait perdu plus de deux minutes sur Cadel Evans. Une étape charnière en vue de la victoire finale.

Étape 12 : Siena – Bagno di Romagna (212 kilomètres)

Les Apennins ne laisseront que peu de répits au peloton avec une étape où la montagne peut accoucher d’une souris comme être un arbre qui cache la forêt.

Etape 13 : Ravenna – Verona (198 kilomètres)

Sprint, point barre.

Étape 14 : Cittadella – Monte Zoncolan (205 kilomètres)

Le mythique Monte Zoncolan… Bien que par son versant le plus facile. Les 14.1 kilomètres à 8.5 % dont les trois derniers à 13 % et des pentes maximales à 27 % établiront une hiérarchie très claire entre les leaders pour le GC et ceux qui devront malheureusement revoir leurs objectifs. Christopher Froome y ressussita en 2018, en sera-t-il de même pour un leader paraissant à la ramasse ?

Étape 15 : Grado – Gorizia (147 kilomètres)

Une étape aux portes de la Slovénie promise à une échappée. Les slovènes de la Barhaïn Victorious seront-ils de sortie sur leur terre ?

Étape 16 : Sacile – Cortina d’Ampezzo (170 kilomètres)

A la veille d’une journée de repos, les leaders auront un terrain parfait pour s’expliquer entre hommes forts avec un enchainement quasi ininterrompu entre trois cols à plus de 2 000 mètres d’altitude. Un dénivelé positif faramineux de 5710 mètres, un véritable cauchemar.

SEMAINE 3

Étape 17 : Canazei – Sega di Ala (193 kilomètres)

Les journées de repos sont pour certains difficiles à digérer et pourtant il faudra avoir le coeur bien accroché pour entamer la dernière semaine. Avec une arrivée au sommet dès son entame. Une situation qui voit pour la majorité des cas, beaucoup de coups d’épée dans l’eau quand le programme qui suit est jugé trop corsé (aka 2017).

Étape 18 : Rovereto – Stradella (231 kilomètres)

Dernière occasion pour les sprinteurs de s’exprimer dans un final pour le moins des plus compliqués à gérer. D’autant que la fatigue accumulée peut offrir de véritables chances aux échappées.

Étape 19 : Abbiategrasso – Alpe di Mera (176 kilomètres)

Première étape du duo final avec un final de 9,7 kilomètres à 9 %.

Étape 20 : Verbania – Valle Spluga Alpe Motta (164 kilomètres)

Un dénivelé positif total condensé dans la seconde partie d’étape qui ne voit aucune vallée. Une étape de tous les possibles où les renversements peuvent et devront avoir lieu. Une étape tracée pour la dramaturgie.

Étape 21 : Senago – Milano (30.3 km)

Presque un inconditionnel, le contre-la-montre de clotûre à Milan peut bouleverser une dernière fois la hiérarchie établie. On aura en mémoire Tom Dumoulin reprenant le maillot rose à Nairo Quintana en 2018.

Que penser de cette 104e édition ?

Un Giro comprenant très peu de contre-la-montre. L’effort individuel ne devrait jouer dans la finalité qu’une influence mineure. Le chrono d’ouverture est trop court pour établir une hiérarchie avec des certitudes.
La troisième semaine est titanesque, ce qui promet techniquement une stratégie assez conservatrice avec une première et deuxième semaine sur la défensive. Quid des enchainements des étapes de la troisième semaine ? La dernière étape montagneuse peut à elle seule résumer le Giro 2021 et être le lieu de tous les va-tout. Au détriment d’étapes précédentes plus dynamitées.

UN TRIO DE TÊTE FEBRILE

Egan Bernal, vainqueur du Tour de France 2019, s’aligne avec la ferme intension de découvrir le Giro d’Italia et de tout faire pour le gagner. Mais si les données Strava et le début de saison du colombien des Ineos Grenadiers montre que le coureur de 24 ans est en forme. Ses problèmes de dos le poursuit et il doit désormais composer avec la douleur qui en résulte.

Tout va dépendre de la façon dont mon dos répond. Si tout va bien alors je me concentrerai sur le classement général et la bataille pour le maillot rose. On prendra les jours les uns après les autres car je n’ai pas couru depuis deux mois. C’est inutile de faire des fausses promesses.

Egan bernal – La Gazzetta dello Sport

C’est pourquoi l’équipe britannique mise aussi sur Pavel Sivakov pour s’aligner en leader de rechange. Un “as in the hole” qui devrait pallier à toute défaillance de son leader. Sans sa chute sur le Tour des Alpes, le franco-russe s’affichait comme le coureur le plus en forme avec Simon Yates.

Le britannique de la Bike Exchange justement est l’un des hommes en grande forme en vue du Giro. En démonstration sur le Tour des Alpes, Yates n’a jamais paru si aérien que sur les pentes du Prati di Tivo lors du Tirreno Adriatico. Où il semblait en mesure d’égaler Tadej Pogacar sur les pentes escarpées du col des Abruzzes. Seulement si Simon Yates a l’habitude des coups d’éclat, c’est aussi pour son inconstance qu’il est réputé. Archi dominateur du Giro 2018, il aura alors implosé en chassant sur tous les tableaux. La Vuelta a Espana aura montré que la leçon a été retenue. Gare d’être en forme trop tôt dans un Tour d’Italie qui impose une gestion milimettrée.

C’est pourtant du côté de la Deceuninck Quick Step que les yeux seront rivés. Remco Evenepoel, véritable phénomène découvre les courses de trois semaines dans des conditions peu ordinaires. Victime d’une chute spectaculaire par dessus le parapet d’un pont lors du Tour de Lombardie, l’an passé. Le belge décrit comme le digne successeur d’Eddy Merckx n’a depuis pas repris part à une compétition. Le pari semble osé de remporter son premier Grand Tour à sa première participation. Un exploit remontant à Bernard Hinault en 1978. Le manque de rythme pêchera-t-il ? Pour sûr, rien ne remplace le rythme des compétitions accumulées. Aucun jour de course ressemble à un coup de poker avec 2/7 dépareillés. Le manque d’expérience se fera-t-il ressentir ? Il est vrai que R.EV est réputé pour être un coureur fougueux. Capable de partir dans des raids solitaires de l’impossible. Les risques de rechute liée à sa fracture du bassin sont-ils totalement éradiquer ? Seul le poids de trois semaines nous le dira.

Le bilan physique est désormais dressé, le jeune belge ne pèse plus que 59 kilogrammes soit 4 kilos de moins qu’avant son incident. Le coureur est plus svelte, moins gras. Un avantage indéniable dans la haute montagne. Mais au détriment de ses performances dans l’effort individuel ? Les questions sont pour l’heure sans réponses.

Ce sont avec beaucoup d’inconnus avec lesquels la DQS doit composer. Cela étant dit, l’équipe belge n’a rarement affiché une équipe si compétitive sur un Grand Tour. Les hommes de Patrick Lefévère sont réputés pour écraser les classiques printanières mais rarement les classement généraux des GT. Les récentes déclarations de l’équipe et de Remco Evenepoel vont dans le sens d’un leadership affirmé sur les épaules de Joao Almeida, 4e du Giro 2020. Le portugais épaulé par James Knox, Mikkel Honoré et Fausto Masnada comptera faire tout aussi bien. Si ce n’est mieux. Cependant, que ce soit l’an passé que cette année sur les pentes de Vallter 2000, Port Ainé ou du Prati di Tivo, Almeida n’a jamais figuré parmi ceux capables de figurer sur le podium et encore moins de remporter le classement général du Giro.

DES OUTSIDERS EN EMBUSCADE

A n’en pas douter la Barhaïn Victorious a une équipe redoutable sur le papier. Mikel Landa sera entouré d’une armada pour aller décrocher son premier Grand Tour.

Je suis satisfait de ma forme actuelle. Après le Tour du Pays Basque, j’ai eu quelques jours de repos. Avant mon sixième Giro d’Italie, j’ai passé quelques semaines dans un camp d’entraînement en altitude au Teide. J’ai eu de bonnes conditions et j’ai travaillé dur et très bien. Je me sens très bien maintenant, et je crois que je suis en parfaite forme pour mon objectif principal de la saison 2021. J’ai toujours réalisé de très bonnes performances sur le Giro d’Italia. Mon record du général était 3ème en 2015 et 4ème en 2019. J’ai également remporté deux étapes au Giro 2015. Le Giro est une course que je connais assez bien et je me sens très en confiance avec mes coéquipiers. Je pense que nous avons une équipe exceptionnelle autour de moi, donc je pense que ce sera un très, très bon mois

Mikel Landa

Sa reprise au Trofeo Laigueglia puis son convainquant GP Industria & Artigianato ont été le prémice de ce que Landa peut faire de mieux lorsque le basque est en grande forme. Rassurant sur les pentes du Prati di Tivo sans être dominateur. Le leader affiché de la Barhaïn Victorious aura montré sur les pentes d’Ermualde qu’il était un prétendant pour le Giro à venir.

En vue du maillot rose, l’équipe aligne à ses côtés ses deux moteurs slovènes : Jan Tratnik et Matej Mohoric. Mais c’est véritablement sur Rafael Valls, Damiano Caruso et Pello Bilbao qu’il faudra compter en haute montagne. Ce dernier d’ailleurs n’est pas totalement réduit au rôle de coéquipier. Puisqu’il est un co-leader ou du moins un plan B en cas de défaillance de Landa. On le sait celui-ci à la fâcheuse habitude de trainer sa misère en attirant la malchance. Bilbao a l’avantage d’être un grégario qui figure toujours parmi les meilleurs au CG : 16e lors du Tour de France 2020 en appui de Landa ou même 6e lors du Giro d’Italia 2018 en appui de Miguel Angel Lopez. Ses aptitudes dans l’effort individuel et sur les efforts pour puncheurs lui donne un ascendant sur Landa en première semaine. Mais c’est sans doute l’étape reine à près de 6 000 mètres de dénivelé qui pourrait rebattre les cartes du côté de la Barhaïn. Profitant du relief et d’une journée érintante, il pourrait retourner la situation en sa faveur à la façon d’un Richard Carapaz en 2019. Il est vrai que Bilbao est l’un des meilleurs coureurs sur les courses à plus de 4 500 mètres de dénivelé positif. Dans une étape où le classement général doit se jouer au sortir de la deuxième semaine, rien ne figer dans le marbre pou

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Giacomo Nizzolo Podium 30.5 %
Jhonatan NarvaezVainqueur 1250.1 %
Jhonatan Narvaez Podium 300.15 %
Alberto BettiolVainqueur 400.2 %
Alberto Bettiol Podium 150.3 %
Joao AlmeidaPodium 70.15 %

Etape 5 Tour de Romandie 2021

Un contre-la-montre de clôture du Tour de Romandie pour façonner de manière définitive le classement général final. Avec 9 coureurs en 1 minute 04 et un podium en 21 secondes, les positions vont assurément bouger à l’issue de l’effort individuel.
16.19 kilomètres au programme pour un dénivelé positif total de 338 mètres, un TT somme toute vallonné où les spécialistes devront se confronter aux coureurs du classement général pour le gain de l’étape. Un ITT dont les segments sont consultables via : https://www.strava.com/activities/5195595681

Un départ somme toute technique avec une descente et déjà des petites différences qui devraient se créer sur un espace de 1.68 kilomètres. En effet, sur des routes mouillées chaque trajectoire peut vite devenir un véritable supplice.

A la fin de ce premier point débutera une place pavée où l’ascension de la Grimpette de la Lorette peut débuter.

Une montée du chemin de la Lorette que certains auront déjà empruntés par le passé, au cours de la troisième étape du Tour de Suisse 2019 ou même en 2013 encore une fois sur la troisième étape.

800 mètres pavés à pas moins de 13 % et une pente maximale de 16.5 % seront au menu de cette difficulté qui frappera l’entrée du CLM.

Les pourcentages les plus raides se terminent en passant la Tour-Porte de Bourguillon 1367 avec un pavé un peu plus rugeux en son arche.

Son passage signe surtout la fin de la zone pavée pour retrouver l’asphalt.

Mais la montée n’est pas terminée pour autant avec 300 mètres à 7.8 % à parcourir dans le chemin de Breitfeld. Ce qui porte la Lorette à un total de 1.14 kilomètres à 11.2 %.

C’est au bout du chemin que les plus spécialites trouveront un terrain à leur mesure. 3.2 kilomètres auront alors été parcourus.

Sur un plateau de 2 kilomètres menant à Marly, toute la puissance peut être développée.

Des virages se prenant sur les prolongateurs, il n’y a juste qu’à pousser.

Avant l’entame d’un long faux plat montant vers Tentlingen poussé par le vent.

1.5 kilomètres à 5 %

Suivi de 1.3 kilomètres à 2 % sur des bons bouts de ligne droite.

Le retour vers Fribourg n’offrira guère de répit. La moitié du CLM a été parcouru qu’il faut entamer la seconde.

Avec un vent d’abord de côté dans une portion en faux plat descendant.

Puis un vent de face sur les 5 derniers kilomètres, une zone pas mal découverte donc exposée au vent.

Le contre-la-montre se clôt par un petit kick autour de la cathédrale Saint Nicolas et dans la rue des Alpes.

Un dernier lève-cul au sprint…

… pour clôturer les 200 derniers mètres.

Météo pour les premiers partants : 5 km/h avec des rafales jusque 18 km/h

Météo pour les derniers partants : vent léger presque constant de 4 km/h

Il convient cependant de tempérer. Beaucoup sont adeptes de Windy et auront remarqué que les modèles tendent à s’accorder sur un vent léger. Mais des rafales s’intensifiant que légèrement.

Si mon modèle montre une différence nette de rafales pour les premiers partants, c’est un net désavantage pour ces derniers par rapport aux départs plus tardifs puisque la portion vent de face représente près d’un tiers du TT. Cependant, le vent reste que léger pour la majorité selon la globalité des modèles et près de deux tiers du chrono est favorable aux spécialistes dans la mesure où les routes sont propices à rester en position.

LES SPECIALISTES POURTANT FAVORIS ?

La Lorette pourrait laisser penser que les spécialites se voient éliminer des prétendants. Mais si le parcours demande une certaine polyvalence, nombre sont les kilomètres où les grosses machines peuvent mettre en route.

Cependant, peut être certains comme Stefan Bissegger seront un peu plus désavantager par rapport à d’autres. Il est vrai que le suisse de la EF Education Nippo a montré que ce soit lors du prologue comme lors de l’étape d’Estavayer qu’il bûchait lorsque la route s’élève. La grimpette de la Lorette, le faux plat de Marly et les abords de l’arrivée plutôt punchy pourrait lui faire accumuler un petit débours qu’il sera compliqué de rattraper.

Le tracé demande une certaine polyvalence :

  • technicité et prise de risques : une route humide avec un départ en descente scabreuse, des secondes précieuses précieuses peuvent être prises pour ceux qui sont à l’aise sous les conditions climatiques difficiles ;
  • flandrien et puissant : les pavés et notamment les montées pavées demandent une certaine puissance. Le fait que le pavé soit humide oblige à passer la montée de la Lorette le plus sur la selle possible. Les nombreuses portions de routes entre le kilomètre 3 et l’entrée dans Fribourg doivent permettre de dégager toute la puissance d’un rouleur.

Battre le pavé ne devrait gêner Filippo Ganna qui est détenteur du Paris-Roubaix 2016. Pippo aura montré que les montées ne l’encombre guère même si c’est un gabarit lourd comme Bissegger. La question se pose tout de même sur son état de forme. Battu au contre-la-montre de San Benedetto del Tronto au Tirreno-Adriatico, le quatruple champion du monde sur piste de la poursuite individuelle n’a pas fourni un prologue à la mesure de son titre de champion du monde. Du moins à la mesure des chronos qu’il a archi dominé l’année passée. Des signes pouvaient être vu lors du CLM d’Alès où Benjamin Thomas lui a fait la nique au premier intermédiaire. Pas mal mis à contribution au service de l’équipe cette semaine, Pippo atomisera-t-il le TT avant l’ouverture du Giro dans 6 jours ? Histoire de remettre les pendules à l’heure. Les conditions climatiques pourraient pousser à la prudence.

Bien qu’ayant chuté à Estavayer, Rohan Dennis a semblé rassuré sur l’étape d’hier en fournissant le travail qu’on lui demandait sur les pentes de Thyon 2000. Vainqueur du prologue, remporté à la manière, l’autralien des Ineos Grenadiers est sans doute le grand favori du jour. Mais si Dynamite Dennis a rassuré, il n’a pour autant pas annihiler toutes les attaques comme il a pu le faire sur les pentes de la Vue des Alpes lors de l’étape de Saint Ymier. Il est coutume de dire que ce n’est pas le lendemain d’une chute qui pose le plus de problème mais le surlendemain. Payera-t-il les conséquences de sa chute dans la descente de Châbles ?

Ou la chute ne sera-t-elle que anodine comme Stefan Küng semble le suggérer ? Il est vrai que le suisse aura fait un sacré aquaplaning à cause d’une ligne blanche où sa route avant aura chassé. Une chute plus impressionnante qu’elle n’en a l’air selon les dire du coureur de la Groupama-FDJ. La route extrêmement humide et grasse et le lopin de terre percuté auront sans doute aidé à rendre la chute moins violente qu’elle n’y paraît. Dans ces conditions, si le champion de suisse du CLM n’est pas marqué. Il est un candidat tout à fait crédible à la victoire tant ses derniers chronos sont à la hauteur d’une victoire aujourd’hui.

Comment parler de chutes sans aborder Geraint Thomas ? En position de remporter l’étape de Thyon 2000, le gallois n’a pu disputer totalement ses chances au sprint au sommet du col face à Michael Woods. Et pourtant il semblait bien partir vers un coup double : victoire d’étape et maillot de leader. Le leader n’est qu’à 11 secondes de Rusty Woods, ce qui le place en balotage très favorable en vue de la victoire finale. Ici encore, la chute semble plus violente qu’elle n’en a l’air. Le gallois ne s’est pas plaint à l’arrivée de quelconque douleur, si ce n’est exprimé une certaine frustration.

Une situation cocasse qu’il aura excerbé par un humour anglosaxon qu’on lui connait. Le parcours somme toute semble être du cousue-main pour le gallois. La question semble pointer essentiellement vers la prise de risque. Le GC semble à première vue acquis avec 11 secondes de retard sur Woods et une vingtaine sur ses principaux rivaux. Mais ne voudra-t-il pas conclure en beauté ? Rien n’est vraiment figé dans le marbre. Sa quatrième place lors des mondiaux en la matière à montrer un retour en grâce de G. Si le CLM est couru avec cette objectif alors Thomas est en position de battre Rohan Dennis.

Loin de toute considération chauvine, Rémi Cavagna apparaît dans la liste des favoris pour plusieurs facteurs. C’est un rouleur hors norme. La distance lui convient. Il est polyvalent et surtout il aime la pluie. Jamais bien loin depuis le début de saison, le coureur de la Deceuninck Quick Step peut se targuer d’être parmi les meilleurs du monde actuellement.

Partant à contre-courant des opinions majoritaires, le pari risqué d’un terrain valonné peut jouer un rôle. C’est pourquoi le choix des leaders peut s’avérer un pari profitable si les rafales faiblissent en milieu de journée. Certains leaders ont un spot clair à jouer pour le podium. Marc Soler n’est qu’à 12 secondes du podium et peut aisément combler les 33 secondes sur Rusty Woods. Il est vrai que deux places semblent se libérer sur le podium avec à la fois les places de Michael Woods et de Ben O’Connor qui ne sont pas réputés être les meilleurs dans le domaine. Richie Porte est tout autant dans la même situation favorable. Son prologue et son chrono de Catalogne ont montré un retourau plus haut niveau de l’australien. Seulement, le mauvais temps n’est pas sans effet sur Tasmanian Devil Fish. On le sait l’aussie n’est pas à l’aise sur son vélo lorsque la route est humide. Au travail sur l’étape d’Estavayer pour Thomas, le co-leadership a alors bougé vers un leadership unique affirmé. L’étape de Thyon 2000 a montré un Porte parfois en difficulté. Pas vraiment un indicateur positif en vue du CLM.

Celui qui pourrait faire la bonne opération du jour est Ion Izagirre. L’espagnol est réputé pour être bon sur les efforts individuels où la polyvalence est de mise. 27 secondes à rattraper sur O’Connor n’a rien d’insurmontable. Les 48 secondes sur Woods par contre pourrait être un peu plus ardue mais loin d’être impossible. Le basque de la Astana Premier Tech a un coût à jouer au GCX sur ce TT et il n’est pas plus à l’aise qu’un Izagirre sous la pluie. La forme est exaltante sur ce Tour de Romandie, si les jambes d’y il a 3/4 ans en chrono sont au rendez-vous. Ion peut s’immiscer sur le podium final.

Meilleur que le basque sur plat, peut être que Damiano Caruso est une tout aussi bonne option en vue d’un GC fait à fond. En fond de Top 10, l’italien des Bahreïn Victorious est aux portes de faire un Top 5 à l’issue du CLM. Il n’y a qu’à se remémorer l’époque du triplé BMC sur le Tour de Suisse pour se rappeler des qualités de rouleurs de Caruso qui s’affiche en forme avant le Giro d’Italia où il épaulera Mikkel Landa et Pello Bilbao. Ses derniers CLM de Grands Tours ne sont pas sans montrer ses capacités lorsqu’il est appliqué dans l’exercice. Un autre coureur qui aime à l’évidence la pluie.

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Giacomo Nizzolo Podium 30.5 %
Jhonatan NarvaezVainqueur 1250.1 %
Jhonatan Narvaez Podium 300.15 %
Alberto BettiolVainqueur 400.2 %
Alberto Bettiol Podium 150.3 %
Joao AlmeidaPodium 70.15 %

Etape 2 Tour de Romandie 2021 Preview

Une étape de 165.7 kilomètres pour un dénivelé positif total de 3305 mètres. Une étape exigeante dont le final n’est pas sans rappeller l’étape 2 du Tour de Romandie 2015.

Ce jour-là, une échappée de deux coureurs fut autorisée à prendre le large dès le kilomètre 0 sur un départ nettement plus plat sur 40 kilomètres entre Apples et Yverdon-les-Bains. Avec sept minutes d’avance, l’écart passa sous les deux minutes à l’entame de l’avant-dernière difficulté de la journée : Les Pontins. Qui marque le début d’un copier-coller avec le version 2021. L’échappée fut reprise dans la-Vue-des-Alpes où Geraint Thomas alors leader du classement général sera victime au pied d’une crevaison. Malgré une aide de Peter Kennaugh, G. ne pu jamais faire la jonction et le maillot de leader s’en alla de ses épaules. Le final fut marqué par une attaque de Rein Taaramäe au sommet qui compta jusqu’à 25 secondes d’avance. Avant de se faire rattraper à 2.4 kilomètres de l’arrivée, par un groupe de 48 coureurs dont la chasse fut mener par le Kaiser Penzer Tony Martin. Le classement de l’étape est disponible ici : https://www.procyclingstats.com/race/tour-de-romandie/2015/stage-2

Aura-t-on droit à une nouvelle explication entre leaders à l’arrivée dans un groupe plus ou moins conséquent que l’édition 2015 ? Une late attacker réussira-t-elle là où l’estonien de la Astana a échoué ? Ou bien l’échappée a-t-elle des chances d’aller au bout ?

Dans une journée où du fait du profil escarpé, l’étape devient outrement plus difficile à contrôler qu’une étape conclue par un sprint. Les échappées ont une chance réelle d’aller au bout. Il ne fait guère de doutes que la bataille pour prendre l’échappée pourrait être longue. Ce qui pose un problème lorsque l’on sait que les 18 premiers kilomètres sont plats avant d’heurter la première difficulté. Avec 1.85 kilomètres à 9.9 %, la cote de Neuveville, marquant le pied des Prêles, est nettement plus sélective. C’est l’endroit idéal pour que les fuyards prennent la poudre d’escampette.
Problème notable, filtrer ces derniers se révèle plus compliqué avec des grimpeurs patentés. Nombre sont ces derniers à figurer dans les 78 premiers du GC. Un GC qui se tient sous la minute. Les Ineos Grenadiers auront une nouvelle fois fort à faire pour maintenir l’écart d’une échappée de costauds.

Avec ses 4 kilomètres à 8.3 %, le col des Pontins est la difficulté la plus complexe du final.

Seulement y espérer du mouvement semble vain. Entre un sommet situé à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée et une partie de vallée reliant Boudevilliers avec un vent défavorable, les éléments sont réunis pour une explication dans la dernière difficulté.

C’est une nouvelle fois dans le Col de la Vue des Alpes qu’il faudra compter sur des attaques au sein du GC. Mais comme en 2015, les leaders se neutraliseront-ils les uns les autres ? Avec son effectif, l’équipe Ineos Grenadiers a de quoi imprimer un tempo pour juguler les attaques, du moins sur le papier.

Sur des routes protégées du vent et larges, il est difficile à la fois de surprendre comme d’annihiler toutes les offensives. Si 7.7 kilomètres à 6.8 % est exigeant, le fait est que le col est régulier. Ce qui a permis en 2015 à Michael Albasini de lisser plus facilement son effort et de s’accrocher au groupe de leaders.

La descente qui s’en suit est sans doute un lieu clé par plusieurs éléments. D’abord, sa technicité rendue plus délicate par le temps pluvieux.

Ensuite, si la descente se fait sur de la trois voies lors des 2.5 premiers kilomètres. La route se rétrécisse par la suite.

Une largeur de route qui reste étroite et non favorable à une chasse jusqu’à Renan situé à 7.2 kilomètres de l’arrivée.

Enfin, le vent qui dans le final poussera les coureurs vers l’arrivée. Ce qui n’est pas sans jouer sur l’offensive, qui verrait d’un bon oeil la bonne opération.

Un final somme toute chaotique où le surnombre jouera indubitablement un rôle. A ce jeu nécessairement trois équipes pointent le bout de leur nez.

Les Ineos Grenadiers s’alignent avec les trois premiers du GC. Deux d’entre-eux auront déjà parcouru l’étape en 2015. Le malheureux Geraint Thomas qui aura subit une crevaison au pied du Col de la Vue des Alpes et Rohan Dennis qui en avait terminé dans le groupe de tête. Tout deux ont les mêmes aptitudes. Que ce soit dans un raid solitaire par leur aptitude dans l’effort individuel. Mais les laissera-t-on attaquer si facilement ? Il est évident qu’ils seront marqués à la culotte. Pourtant une autre qualité et pas des moindres est à souligner : celle de la vitesse au sprint. Tous les yeux semblent rivés sur G. mais c’est sans doute Rohan Dennis dont il faut se méfier. En 2018, à Sion, l’autralien aura régler un groupe de 27 coureurs. Mais c’est notamment sur le Tour des Alpes 2017 que Dynamite Dennis s’est illustré. 3e à Cles derrière Matteo Montaguti et Thibaut Pinot dans un groupe de 48 coureurs. Vainqueur à Innervillgraten d’un véritable peloton de 67 coureurs dans un sprint pour puncheur. Une explosivité confirmée tout autant sur le Tour de La Provence cette même année.
Bien sûr quelques ombres pointent au tableau. Rohan peut très bien être mis au service du collectif comme il l’a été hier. Et ce malgré son maillot jaune, le co-leadership revenant à son compatriote Richie Porte et le gallois Geraint Thomas. C’est d’ailleurs ce dernier qui peut profiter du travail de Rohan Dennis. Sur les sprints du Tirreno-Adriatico 2017, G. y a battu l’australien. La grande interrogation demeure sur ses capacités actuelles au sprint. Il est vrai que le Tirreno de l’an passé à démontrer que le gallois a perdu de sa superbe.

S’il est une leçon retenue de la veille, c’est que les UAE émirates peuvent prétendre tout autant à ce surnom. L’équipe se verrait sans doute bien profiter du surnombre pour que son coureur local et transfert le plus médiatique de l’année s’impose. Il est vrai que Marc Hirschi a posé un oeil sur cette étape. Le super-combatif du Tour 2020 arrive en grande forme. Après un Tour de Catalogne et un Tour du Pays Basque au service de ses leaders, le transfuge polémique de la Team Sunweb a montré être en forme que ce soit ce week-end lors de Liège-Bastogne-Liège ou même lors du prologue d’ouverture. Hirschi a montré maintes fois sur les deux dernières années qu’il était parmi les plus rapides lorsque l’on parle de sprint réduit. Que ce soit sur le Binck Bank Tour, sur la Klasikao San Sebastian ou sur le Tour de France, le champion du monde espoir 2018 a maintes fois fait parler de lui.

Mais l’équipe peut tout autant profiter de la présence d’un Rui Costa, pour tenter de dynamiter le groupe de tête et forcer les autres équipes à rouler. 5e ici même en 2015, le portugais est rapide au sprint mais techniquement moins que son coéquipier.

Evidemment, un coureur a coché toutes les cases du côté des Astana Premier Tech pourrait être Alexey Lutsenko qui a le bénéfice d’avoir perdu du temps hier. Le kasahks peut tant aller dans l’échappée et triompher aisément que de finir dans le groupe des leaders, profiter d’être sous les radars pour une late attack comme d’attendre un sprint réduit où il est l’un des plus rapides. Wilco Kelderman du côté de la Bora Hansgrohe fait partie de ses leaders rapides mais n’est-il pas finalement plus intéressant de se tourner vers une cote plus aguicheuse ? Il est vrai qu’un Lucas Hamilton aura démontré au Tirreno-Adriatico de l’an passé et surtout sur le récent Paris-Nice de belles aptitudes lorsque la route s’élève et avoir une petit pointe de vitesse au sprint.

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Giacomo Nizzolo Podium 30.5 %
Jhonatan NarvaezVainqueur 1250.1 %
Jhonatan Narvaez Podium 300.15 %
Alberto BettiolVainqueur 400.2 %
Alberto Bettiol Podium 150.3 %
Joao AlmeidaPodium 70.15 %

Etape 1 Tour de Romandie 2021 Preview

Si Aigle-Martigny a des allures de coups de poignard après un mondial 2020 annulé en Suisse ici même. Le circuit du jour de 34,6 kilomètres à parcourir quatre fois à comme un air de déjà-vu puisqu’il aura été similaire en tout point à celui du GP de l’Echappée organisé par le club du coureur local : Sébastian Reichenbach.

A ne pas s’y méprendre, les yeux seront rivés vers la dernière ascension de Produit et sa descente pour déterminer l’issue de l’étape. Si la difficulté est escamotée, un sprint massif ne fera guère de doute. Si des manoeuvres sont entreprises, alors il faudra se tourner vers quelles équipes sont capables de les juguler.

2.6 kilomètres à 7.1 %, la montée ressemble sur le papier à une difficulté où mettre en difficulté les sprinteurs semblent compliqués tant la difficulté semble courte à 26 kilomètres du but.

Seulement par sa route étroite, l’ascension aux allures de Mont Brouilly pourrait intéresser certaines équipes pour dynamiter la course avec un terrain de jeu à la mesure du challenge.

La descente qui suit offre une occasion supplémentaire de grapiller quelques secondes précieuses et de morceller un peu plus le groupe de tête / peloton. Avant l’entame d’une partie de circuit, très largement moins favorable à tout mouvement. Et à un contrôle quasi serein des équipes de sprinteurs.

Une succession de lacets qu’il faudra aborder sur route humide. La prise de risque sera minimale dans le peloton. Une chance que la descente soit si courte.

Chamoson offre un véritable billard si un groupe peu conséquent s’est extrait de la difficulté précédente pour commencer à s’organiser sur des routes plus larges et majoritairement plus rectilignes.

Tout en gardant un train de sénateur afin de ne pas décrocher son sprinteur sur le 1 kilomètre 300 à 7.7 % à gérer avant d’aborder le retour sur Martigny

Un retour où la meute pourra se mettre en chemin du sprint que toutes les équipes prévoient et anticipent.

Une portion en inadéquation avec un raid solitaire ou un groupe trop réduits. Pour qu’un groupe puisse avoir une chance d’aller au bout, il faut qu’à la fois nombre d’équipes soient représentées mais aussi que les Ineos Grenadiers ne se soient pas fait piéger.

Si le vent est léger, il est à noter qu’il sera cependant de face dans le final. Ce qui intrinsècquement diminue les chances de mouvements couronnés de succès.

Le final n’est qu’une offrande supplémentaire en direction des trains de sprinteurs. La bataille de position dans les trois kilomètres plus tortueux ajoute ce piment à la joute avant l’abord des 680 mètres finaux.

Peut-on échapper à un sprint ?

La réponse est évidemment négative. Trop d’équipes sont intéressées par un sprint que les chances des échappées sont proches de 0. Cependant, rien n’inscrit un sprint massif dans le marbre. Et c’est probablement plutôt vers un sprint réduit qu’il faut se tourner. Plusieurs éléments semblent poindrent en ce dénouement :

  • le vent de face dans le final oblige à la formation d’un groupe plus ou moins conséquent ;
  • la pluie qui va nécessairement ajouter de la nervosité et de la technicité. Que ce soit dans la descente de Produit que dans le final où chaque courbe dans la bataille de position créera des risques de chutes ;
  • la présence d’équipes fortes sans sprinteur dans leurs rangs comme les Astana Premier Tech et les Deceuninck Quick Step qui auront une position plus agressives que ce soit les difficultés pour les kazashks ou dans le final pour les belges ;
  • une équipe UAE émirates qui a la clé de la montée de Produit. Si les émiraties décident de ne pas jouer la montée aggressive, le sprint ne fera guère de doute. Si au contraire, ils décident d’emmener une conduite plus offensive alors un groupe peu facilement se dégager au sommet ;
  • l’équipe Ineos Grenadiers qui devrait devient la meilleure allier des équipes de sprinteurs désireuses de garder une position avantagueuse au classement général. Les britanniques devraient dompter les attaques.

Parmi les hommes rapides succeptible de survivre du moins de profiter d’un regroupement, Phil Bauhaus est sans doute dans les coureurs en tête de liste pour faire la nique à Peter Sagan. L’allemand de la Bahraïn Victorious est un gros gabarit : 1 m 84 pour 71 kilogrammes. Un élément qui le désavantage nécessairement dans la montée de Produit est l’élimine des candidats si la course ne s’emballe de trop. Et pourtant les courses d’une semaine en France auront été un bon indicateur quant à sa capacité à passer outre certes difficultés. Le train composé de Jan Tratnik, Stephen Williams et Sonny Colbrelli devrait lui permettre d’aborder le sprint dans les meilleures dispositions et de prétendre à la gagne aux abords du dernier virage. Pour décrocher la seconde victoire de sa saison, si tenté que ce ne soit la deuxième d’une longue série pour celui qui retrouve ses jambes de ses années Sunweb.

Les Israël Start-Up Nation emmène Patrick Bevin qui avait sa forme terrible montré au Tour du Pays Basque à une chance de s’exprimer en cas de sprint réduit. Cela dit cette fois, le danois Mads Würtz Schmidt pourrait profiter de sa pointe de vitesse pour s’exprimer. Les risques de cassure sont présentes dans un final tortueux. Ses capacités de rouleur pourrait tout autant lui permettre de tenter une late attack en cas de final décousue. Après une Etoile de Bessèges en vue, le coureur d’ISN a fait le plein de confiance avec une victoire sur le Tirreno Adriatico. Les danois brilleront-ils encore sous la pluie ?

Et pourtant les chances d’une late attack sont tout de même réduite et c’est vers le sprint qu’il faut se tourner. Il est plus surprenant de faire Gerben Thijssen si sous coté par les bookmakers après sa Vuelta a Espana teintée de sprint où sa vitesse a été mise en avant. Certes le belge ne profite pas de la position plutôt offensive de l’équipe mais en cas de sprint, la Lotto Soudal pourrait être en ordre de marche pour le laisser totalement s’exprimer. Andreas Kron et Philippe Gilbert pourront le placer parfaitement pour aller chercher un bien bel accessit si ce n’est plus.

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Phil Bauhaus Podium 80.25 %
Gerben ThijssenVainqueur 1000.1 %
Gerben Thijssen Podium 150.15 %
Mads Würtz Schmidt Podium 350.10 %

Prologue Tour de Romandie 2021

Un prologue de 4 kilomètres. Une affaire techniquement pour pure rouleur, les spécialistes sont attendus mais pas uniquement eux.

Très peu technique en son début, les apparences semblent dire que le rond point et quelques virages doivent permettre nombre de relances. Que nenni, les deux relances majoritaire auront lieu au demi-tour et pour aborder les 800 derniers mètres punchy.

Les différences devraient être plus notables (et encore sur un prologue ce n’est l’affaire que d’une poignée de secondes) dans la difficulté du jour : 800 mètres à 7.7 %. Punchy en son pied et roulant en son sommet comme un faux plat montant.

Au niveau mêtéorologique, le vent sera léger venant de l’Ouest. Ce qui donne un vent de travers sur les 3.2 premiers kilomètres. Avant d’aborder la difficulté du jour avec un vent favorable.

Un vent qui devrait s’intensifier pour les derniers partants, ce qui n’est pas sans être à leur avantage.

Un prologue de 4 kilomètres rappelle aisément les distances de la poursuite individuelle sur piste. Ce n’est pas un hasard de voir Filippo Ganna et Stefan Bissegger dans ces conditions être les favoris aujourd’hui. Pourtant l’avantage doit revenir à l’italien. Certes Pippo est un poids lourds tout comme le Suisse et il aura vécu un camouflé en étant battu par Wout van Aert et Stefan Küng à San Benedetto del Tronto. Cependant, Pippo quadruple champion du monde de la poursuite individuelle et triple détenteur du record du monde en la matière est un maître du tempo. Qui a montré que sa puissance pouvait pallier les bosses. Il n’y a qu’à se remémorer le Muro di Ca del Poggio sur le deuxième chrono du Giro où dans les pentes à 18 %, Ganna aura déposé Jonathan Caicedo pourtant poids plume. Ou même plus récemment sur le chrono d’Alès à l’Etoile de Bessèges où Pippo aura rattraper son retard à l’intermédiaire sur Benjamin Thomas. Des aptitudes dans les bosses qui auront été plus que vu la veille dans le mur de Saint Siffret. Avec l’objectif de ravir le rose à Turin dans quelques jours sur le chrono d’ouverture du Giro, Ganna est proche si ce n’est déjà à 100 %. Ce qui en fait naturellement le favori de la course du jour.

Mais il faudra faire face à d’autres poursuiteurs plus léger et punchy comme son coéquipier : Geraint Thomas qui aura l’avantage de gagner du temps dans les 800 derniers mètres. Tout deux partent dans les dernières positions et auront l’avantage de la météo contrairement à Bissegger. A ces hommes il faut sans doute ajouter le français en forme : Rémi Cavagna qui vient avec l’objectif de briller. Ayant l’habitude de partir pleine balle, les conditions du prologue devrait lui plaire. Assurément partir en avant dernier lui donnera un avantage.

PRONOSTICS

Filippo Ganna vainqueur : 2.9 – 0.35 % (Winamax)

Geraint Thomas vainqueur : 13 – 0.15 % (Zebet / Betclic)

Geraint Thomas podium : 3.75 – 0.5 % (Betclic)

Rémi Cavagna podium : 3.25 – 0.5 % (Unibet)

Liège Bastogne Liège 2021 Preview

Plan de la Doyenne des Classiques 2021 © A.S.O.

Liège-Bastogne-Liège figure parmi les courses les plus anciennes du peloton professionnel. Créée en 1892, elle est la plus ancienne des courses encore présentes au XXIe siècle. Ce qui lui vaut le surnom de ” la Doyenne “. Le temps aura façonné son visage à plusieurs occasions. Entre 1992 et 2018, l’arrivée était déplacée à Ans, ce qui ajouta quelques surprises au palmarès du traditionnel quatrième Monument de la saison. Avec notamment des difficultés redessinant sans cesse le final de cette classique ardennaise. Depuis 2019, l’arrivée est de nouveau jugée à Liège. Le millésime 2021 offrira un 107e cru que nombre de coureurs souhaite accrocher à leur palmarès.

Profil de la Doyenne des Classiques 2021 © A.S.O.

Le parcours de cette édition 2021 sera un copier-coller de l’édition précédente, à une différence mineure. Le tracé comptera 2,1 kilomètres supplémentaires pour faire un détour par la cote de Desnié portant le kilométrage à 259.1 kilomètres de course pour 4266 m de dénivelé positif.

Avec un sommet à 61.7 kilomètres de l’arrivée, le Col du Rosier est l’endroit où les manœuvres des grandes équipes commencent. Une sélection par l’arrière commence sur la difficulté la plus longue de la journée.

Plus pimentée que feu le col du Maquisard (4 kilomètres à 4.9 %), l’inédite cote de Desnié (1.6 kilomètres à 8.2 %) souhaite ajouter de la nervosité à la course une fois arrivé à SPA. Les organisateurs désireux de ne proposer aucun répit au peloton afin de forcer les mouvements. Mais à seulement dix kilomètres de la Redoute tant redoutée, n’est-ce pas voué à être un coup d’épée dans l’eau ? Sauf à tirer profit d’une sélection avant la “redout(able)”.

Une sélection dure à mettre en place sur une bosse aux allures de faux plat montant à zone découverte.

Cependant, le vent de dos (de 18 km/h à 22 km/h) pourrait pousser à anticiper les manoeuvres. Là où à la fois le Rosier et le Redoute ont une direction nettement moins favorable aux mouvements.

La côte de la Redoute est le visage de Liège-Bastogne-Liège dont la portion la plus compliquée mesure 1.5 kilomètres à 9.8 % et des pentes maximales à 16.5 %. L’endroit idéal pour lancer une offensive avec seulement 35,2 kilomètres à parcourir une fois le sommet franchi. Le problème réside dans les vingt kilomètres séparant son sommet du pied de la Roche aux Faucons. Extrêmement favorable à une chasse, comme nous l’avons vu en 2019 où les leaders ont du mal à faire la différence.
Le rôle d’un coureur comme Mauri Vansevenant peut être clé dans la réussite de la quête de Julian Alaphilippe. Anticiper les mouvements, pourrait alléger le poids de la course sur les épaules de la Deceuninck Quick Step, en permettant au belge de sortir comme il l’a tenté sur la Flèche Wallonne. Que ce soit les Ineos Grenadiers, Jumbo-Visma, UAE émirates, Movistar, Astana Premier Tech, Bora Hansgrohe, etc. Tous ont des cartes pour miser sur un final classique dans un va-tout dans la côte finale. Cela signifie qu’il y a nombre d’équipes qui peuvent fixer le scénario d’une attente de la Roche aux Fauçons. Dans le cas où les Deceuninck Quick Step serait plutôt dans le contrôle de la course et de son cadenassage, ils pourraient trouver aisément des alliés de circonstances ayant louper le coche.

Pourtant, la course d’attente pourrait avoir lieu dans une journée où le vent sera défavorable dans la remontée vers Liège. Avantageant un scénario classique d’une course se jouant dans la Roche aux Fauçons.

Placée entre La Redoute et La Roche aux Fauçons, la Côte des Forges (1.3 kilomètre à 7.2 %) se veut brouiller les pistes d’une chasse depuis son introduction. Mais il n’en est rien, le tronçon est trop régulier et les yeux trop tournés vers la difficulté suivante. Que le secteur n’a été décisif qu’en 2019 où Julian Alaphilippe en fond de groupe a donné son feu vert à Jakob Fuglsang pour attaquer dans la dernière difficulté sans subir de veilléités de sa part.

Comme à l’accoutumé, la cote de la Roche aux Faucons devrait être le théâtre de tous les possibles. Le lieu des derniers va-tout, des tapis peu importe les cartes en main.

Les forts pourcentages à son pied permettent de faire une sélection indiscutable. C’est ici même que Fuglsang parti en solitaire vers sa victoire tout comme Bob Jungels en 2018.
À ceci près que depuis 2019, l’arrivée est de nouveau jugé à Liège. Le final est amputé de la mythique cote de Saint Nicolas, qui été située dans les cinq derniers kilomètres.

Le même final raboté de 1.5 kilomètres dans Liège est conservé par rapport à l’édition 2019. Toujours dans un esprit d’avantager les mouvements victorieux dans La Roche aux Fauçons…

… dont le sommet est situé à 10 kilomètres pour la seconde partie où Alaphilippe s’était extrait avec Marc Hirschi avant d’être rejoint par les deux slovènes (Tadej Pogacar et Primoz Roglic), l’an passé.

Le dernier kilomètre en ligne droite et totalement plat :

  • oblige aux arrivées en solitaire ou aux late attacks pour les moins rapides ;
  • force à négocier un sprint réduit dans une position favorable (c’est-à-dire éviter d’emmener le groupe) ;
  • permet à ce qu’un train puisse lancer parfaitement son sprinteur en cas de comité plus ou moins conséquent.

LA ROCHE AUX FAUCONS, UNE NOUVELLE FOIS DECISIVE ?

Si le vent de face n’est dans l’absolu pas un frein aux offensives, il est indubitablement un obstacle qui devrait favoriser des mouvements plus proches de l’arrivée. Un allier de taille pour la Deceuninck Quick Step. Pour sûr, s’il est un coureur qui est désavantagé par l’abandon de la Côte de Saint-Nicolas. C’est bel et bien Julian Alaphilippe. S’il est un coureur qui souhaiterait tout mettre dans la Côte de la Roche-aux-Fauçons. C’est assurément le champion du monde. Que les autres équipes de leaders soient intéressées par des offensives tardives de leurs hommes forts est du pain béni pour les hommes de Patrick Lefévère qui devraient en conséquence avoir moins de pain sur la planche. Et surtout pour Alafpolak qui n’aura pas à s’épuiser tôt dans une course usante lancée de loin.

J’aime l’ancien format et la combinaison de Saint Nicolas et d’Ans qui probablement correspondent plus à mes caractéristiques, mais c’est toujours une course qui me convient dans son parcours.

https://www.cyclingnews.com/news/julian-alaphilippe-content-to-shoulder-good-kind-of-pressure-ahead-of-liege-bastogne-liege/

Alaphilippe soulignait en interview à l’Equipe que la Roche aux Faucons devrait être une énième fois le juge de paix. Au cours des dernières années, Julian Alaphilippe nous a montré être le meilleur du monde dans ce type d’effort très précis : une difficulté à 10 bornes de l’arrivée suivie d’une descente. Grâce à ses qualités de puncheur, il sait s’extraire en solitaire ou n’emmenant sur son porte-bagage qu’un nombre de coureurs très restreint. Le coureur de la Deceuninck Quick Step a cette faculté inouï à avoir une attaque en double injection. Un second souffle qu’il n’a pas eu au sommet du Cauberg, dimanche dernier. Un élément qui faisait douter de sa forme après un printemps en demi-teinte. Autrement dit, un second punch que personne d’autre n’a. A l’image de son attaque des mondiaux de Bergen et d’Imola où il a, sur ses secondes accélérations, mis la plaque. Grâce à ses qualités de descendeur, Loulou peut maintenir si ce n’est creuser l’écart sur ses adversaires. Grâce à sa résistance au lactique, Juju sait souffrir comme personne pour bien souvent finir en solitaire face à une meute en chasse. Le final de la Roche aux Faucons est très similaire à cette effort “alaphilippesque”. Il y a de cela deux ans sur le Tour de France, le sommet de la cote de Mutigny qui a vu un raid solitaire de Julian Alaphilippe vers son premier maillot jaune était situé à 16 kilomètres de l’arrivée. Le sommet de la cote de la Jallière, qui a vu son attaque pour la reconquête du maillot, suivi seulement de Thibaut Pinot, était à 12.5 kilomètres de l’arrivée. L’an passé, les trois victoires du coureur préféré des français ont eu un goût de déjà vu. D’abord sur le Tour de France avec une attaque dans le Col des Quatre Chemins dont le sommet était situé à 11 kilomètres de l’arrivée. Ensuite lors du mondial d’Imola, Alaphilippe a montré une énième fois être le meilleur coureur du monde dans ce type d’effort puisque le sommet de la Gallisterna était situé à 12 kilomètres de l’arrivée. Enfin, sur la Flèche Branbançonne dans le Mokkesstraat suivi seulement de Mathieu van der Poel avant d’être rejoint par Benoît Cosnefroy. Même si on pourrait citer son effort précisément dans la Roche-aux-Fauçons aved Marc Hirschi avant d’être rejoint par Tadej Pogacar et Primoz Roglic. Le reste appartient désormais à l’Histoire… L’histoire pas toujours glorieuse du meilleur puncheur du monde.

Trois points communs se dégagent de chaque final qu’il a remporté et animé :

  • une cote taillée pour puncheurs
  • suivi d’une descente puis d’une partie plane
  • une distance moyenne de douzaine de kilomètres à parcourir entre le sommet et l’arrivée

Tous les éléments d’une victoire étincelante d’Alaphilippe sont réunis après sa victoire à la Flèche Wallonne. Une victoire qui lui permettrait de rentrer dans le club très fermé des coureurs ayant réussi le doublé :

  • Ferdi Kübler en 1951 et 1952,
  • Stan Ockers en 1955,
  • Eddy Merckx en 1972,
  • Moreno Argentin en 1991,
  • Davide Rebellin en 2004,
  • Alejandro Valverde en 2006, 2015 et 2017
  • Philippe Gilbert en 2011.

Tous les feux sont au vert pour le français qui de retour de stage se sera débloqué à Valkenburg avant de mettre tout le monde d’accord à Huy. Et démontrer que les jambes sont prêtes pour dimanche. Alaphilippe peut faire face à son objectif affirmé du début de saison : Liège-Bastogne-Liège. La chasse gardée autour de Julian est composée de Dries Devenyns et Pieter Serry qui seront mis à l’ouvrage dès l’ouverture de course pour contrôler les échappées matinaux. Pour le final, Mikkel Honoré, James Knox, Joao Almeida et Mauri Vansevenant seront au support du champion du monde dans sa quête. La fougue du premier couplée à sa forme pourrait servir de plan B. Quand le portugais de retour de stage en altitude pourrait faire parler de son expérience de la Doyenne dans les rangs amateurs. L’ayant remporté à la manière avec les U23 en 2018. Des soutiens bienvenus qui lui seront nécessairement profitables.

Mais pour se faire, il faudra se défaire des deux slovéniens. Vainqueur sortant, Primoz Roglic après une anticipation malvenue sur le Mur de Huy arrive en grande forme. Ultra dominant sur Paris-Nice (bien que le Classement Général lui ait échappé le dernier jour) et gardien du Tour du Pays-Basque sans la moindre fausse note, le champion de Slovénie aligne déjà quatre victoires en seize jours de course.

La même garde rapprochée que pour la Flèche Wallonne entourera le vainqueur sortant. La question est dans une course de mouvement, Jonas Vingegaard à l’image de l’Amstel Gold Race sautera-t-il sur tous les coups ou y sera-t-il à l’initiative comme Sam Oomen lors de son attaque avec Richard Carapaz dans le final de dimanche dernier ? C’est toute la question autour du danois qui a ébloui de forme sur la semaine Coppi e Bartali et sur l’Itzulia Basque Country. Les indications de forme semble pourtant tendre, à l’image de la Deceuninck Quick Step, vers une garde très rapprochée de son leader…. A tort ou à raison. Bien qu’ayant remporté le sprint du groupe de cinq coureurs, l’an passé. Il est à noter que Primoz Roglic ne s’impose guère dans les sprints totalement plats. Son explosivité n’a que très peu fait la différence sur un tel final. Il convient tout autant de mesurer sa victoire de l’an passé. Si Alaphilippe n’avait pas levé les bras trop tôt, Roglic n’aurait pas gagné. Évidemment, Alaphilippe se serait fait déclassé pour sa vague. Mais ce n’est que révélateur de plus d’une domination sur ce type de sprint dont il n’est maître. D’autant que si vague il n’y avait pas eu, Roglic aurait été battu au minima par Marc Hirschi qui semblait s’envoler vers un doublé Flèche – Doyenne et probablement par son compatriote.

Tadej Pogacar après avoir été mis à l’écart de la Flèche Wallonne avec son équipe arrive sur LBL avec les crocs. Une mise hors course qu’il aura pallier par une sortie d’un peu plus de 200 bornes sur le parcours de Liège – Bastogne – Liège : https://www.strava.com/activities/5167401379
S’il est un coureur qui s’affiche en grande forme, c’est le vainqueur du Tour de France sortant. Vainqueur du UAE Tour, Pogi aura poursuivi sa domination du cyclisme mondial en s’adjuvant le Tirreno-Adriatico. Avant de tomber face à un os sur le Tour du Pays Basque où son compatriote à repris la main dans un duel qui risque de rythmer l’été prochain sur le prochain Tour. Mais si Pogacar a perdu tout espoir de disputer la gagne à Arrate, il a sans doute paru être le plus costaud ce jour-là. Ce qui laisse planer quelques regrets derrière lui, surtout pour les suiveurs. Comme l’an passé, il serza sans doute compliqué de se défaire du prodige slovène dans la Côte de la Roche-aux-Fauçons. En cas de sprint réduit, s’il était un des deux du duo slovène à choisir, ce serait le plus jeune des deux. Le duel n’est pas si déséquilibré si on se fit à l’arrivée de La Roche-sur-Foron mais le sprint de Laruns aura démontré que Pogacar peut briller tant dans des sprints en bosse par son puncheur que plat par son explosivité. Si Tamau Pogi est entouré par le très explosif Marc Hirschi qui s’alignait sur les ardennaises avec ambition. Le début de saison repoussé a semble-t-il eu raison des desseins du jeune suisse, élève de Fabian Cancellara. Sans doute, faut-il plus compter sur l’expérimenté Davide Formolo pour porter haut son coéquipier. Il est vrai que l’italien est l’architecte de la victoire de Pogacar sur le Tirreno Adriatico notamment sur l’étape de Castelfidardo. 2e en 2019 et 7e en 2018, le tracé de la Doyenne correspond parfaitement aux caractéristiques de Formolo qui pourrait être une option si jamais les UAE émirates veulent une course dynamique.

Cependant, les trois équipes des grands favoris se profilent plutôt vers une course défensive ; en attente de la Roche-aux-Fauçons. Ce qui n’est pas le cas des Ineos Grenadiers qui avec le renoncement de Tom Pidcock s’affiche en véritable trouble-fête. Sans le prodige britannique, le leadership semble s’être placé sur les épaules de Michal Kwiatkowski. Techniquement, Adam Yates aurait été un leader plus naturel dont un sprint en comité réduit peut sourire. Mais ni le Tour du Pays Basque en deça des espérances, ni la Flèche Wallonne n’ont rassuré sur le british. Qui a une facheuse tendance à commencer ses saisons trop fort et le payer à l’approche des Grands Tours. Si les mouvements doivent avoir lieu dans la Redoute, Richard Carapaz s’affiche comme une option crédible dans un mouvement lointain. Convainquant sur l’Amstel Gold Race où sa présence dans le groupe de tête aura donné les nuts à ses coéquipiers mais aussi sur la Flèche en attaquant dans le final (dans le Chemin des Gueuses). Le problème de l’équatorien comme pas mal de coureurs qui doivent anticiper la côte finale repose sur sa faiblesse au sprint. Sa force repose sur son intelligence de course sachant profiter du moindre moment où un groupe se regarde pour s’en extraire. Cependant, le Pole reste la carte maitresse de l’équipe britannique. Son retour de stage en altitude lui permet de profiter de ce travail en altitude pour supporter une journée valonnée et usante. Maître du placement, Kwiatko est rarement hors coup. En cas de sprint réduit, la vitesse parle clairement en sa faveur et en fait nécessairement un prétendant à prendre au sérieux.

A chaque équipe son némesis. La Movistar fera partie de ces équipes qui voudront absolument une décision finale dans la Roche-aux-Fauçons pour Alejandro Valverde. Né un 25 avril, Bala fêtera ses 41 ans dimanche. Gardien de quatre victoires sur la Doyenne, une cinquième victoire le placerait ex-aequo avec le grand Merckx. Depuis sa victoire au GP Miguel Indurain, Papy semble avoir retrouvé une seconde jeunesse après deux saisons décevantes. Le Tour du Pays Basque a montré que le champion du monde 2018 est définitivement de retour.

Sa troisième place à la Flèche Wallonne n’est qu’une énième preuve que Bala est proche de son meilleur niveau malgré son âge avancé. Le punch n’est plus celui d’antan mais l’arrivée de l’Amstel aura exposé aux yeux de tous à quel point il ne faut pas enterrer Valverde si vite. Deuxième du sprint du groupe pour la quatrième place, il n’a été battu que par Michael Matthews. Alors qu’il aura été à l’initiative du sprint en lançant depuis le panneau 300 mètres. Un sacré effort qui aurait du le contraindre à une place moins honorifique.

editionplacejour
2019DNF28 avril
20181322 avril
2017123 avril
20161624 avril
2015126 avril
2014227 avril
2013321 avril
2012DQS22 avril
2010325 avril
20091926 avril
2008127 avril
2007229 avril
2006123 avril
20053324 avril

Liège-Bastogne-Liège est toujours dans le sillage de son anniversaire. Mais ce n’est que par une occasion que Bala a eu l’occasion de courir le fameux jour. Fait intéressant, en quatorze participations il aura fini pas moins de huit fois dans le Top 10… Toute sur le podium de la Doyenne. Peut-on attendre un Valverde intenable dans le final ? Si les résultats ne sont pas toujours là, on se souviendra d’un Valverde remuant derrière Bob Jungels en 2018.

Si la bataille des puncheurs semble tendre vers une extraction du peloton des deux slovènes, d’Alaphilippe et potentiellement Valverde. D’autres coureurs notamment grimpeurs peuvent avoir un mot à dire mais il ne faut pas pour autant effacer le scénario d’un groupe faisant jonction avec les coureurs pré-cités. Le vent de face peut favoriser un regroupement. Si le résultat des années précédentes ne montre pas de groupes réduits d’une quinzaine d’unités, il n’en a jamais été loin. Même les années pourtant moins favorables de la Côte de Saint-Nicolas s’en approchait. Mais il faut remonté à 2015 pour voir pareil scénario. En ordre de marche, les équipes de sprinteurs passant bien les difficultés peuvent répondre présentes pour mener ladite chasse sur le chemin de Liège. Mais il ne faudra pas tarder et se regarde dans le blanc des yeux. En pole position de ces sprinteurs, Michael Matthews est l’homme à nécessairement mentionné. En grande forme, l’australien faisait partie des hommes à accrocher le wagon sur le Cauberg mais ayant subi la cassure causée par Julian Alaphilippe. Sa quatrième place à l’Amstel est le reflet de ce que Bling-Bling est capable du mieux. La forme est présente depuis Paris-Nice où il aura été le seul à relancer au sommet du Mur de Durbize derrière Primoz Roglic. Des capacités dans les pentes raides déjà vu à Imola dans la Gallisterna qui n’était pas loin de lui offrir une nouvelle médaille mondiale. Bien sûr, l’équipe peut compter sur Esteban Chaves qui pourrait faire parler de son retour au sommet mais son sprint est loin d’être un gage en petit comité. Tandis qu’un Lucas Hamilton était en vue cette saison offre plus de garanties de ce point de vue.

A la double casquette, les Astana Premier Tech font partie des équipes qui comme les Ineos Grenadiers peuvent dynamiter la course de partout avec Omar Fraile, Luis Leon Sanchez, Alexey Lutsenko tous rapides au sprint et en grande forme mais aussi Jakob Fuglsang plus en attente de la Roche-aux-Fauçons. Tout comme jouer dans le final non pas du surnombre mais pour Alex Aranburu en cas d’option sprint en comité réduit. L’équipe a montré toute la volonté de sacrifice pour son sprinteur polyvalent. Sa grande forme et sa surprenante 13e place à la Flèche Wallonne montre que le basque a passé un cap. Déjà entre-aperçu sur le Tour du Pays Basque en étant tout le temps à l’offensive que ce soit à Sestao (étape qu’il a gagné), à Ondarrao et à Arrate. La question est-il assez rapide pour battre Matthews en face à face dans un sprint plat ? Un léger doute plane pour un coureur qui n’a pas vraiment la finesse tactique dans les finales d’étape.

Si la durabilité de Daryl Impey dans le final de Liège-Bastogne-Liège pose question. Michael Woods se pose parmi les puncheurs en forme pouvant suivre l’attaque attendue de Julian Alaphilippe. Evidemment, il n’est pas sans rappeler que comme à l’accoutumé Alaphilippe devra répondre en ayant la pancarte… ou plutôt un véritable panneau publicitaire. Cette fois, Rusty Woods se présente dans une difficulté où il peut faire partie des hommes de tête. Si sur le papier le Mur de Huy correspond aux capacités du canadien dans les forts pourcentages. Son placement qui a tendance à pêché n’a pas été la course de son podium raté. Mais plutôt son inaptitude à savoir frotter dans les moments cruciaux, conséquence de ses mauvais placements. Or, dans le final du jour Woods peut aisément pallier à ce défaut. Mais son sprint n’est pas le meilleur et pour échapper et faire la nique au meilleur. Le coureur d’ISN est contraint au même schéma qui l’a fait remporter l’étape de Villanueva de Valdegovia sur la dernière Vuelta : anticiper et arriver en solitaire. Une tâche ardue qui l’enlève sans doute des prétendants du jour.

Evidemment, les coureurs comme David Gaudu, Guillaume Martin, Warren Barguil, Maximilian Schachmann, Ide Schelling, Patrick Konrad, Quinten Hermans, Ben Tulett, Ben O’Connor, et bien d’autres méritent une mention parfois plus qu’honorable.

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Julian Alaphilippe ou Tadej PogacarVainqueur 31 %
Alejandro ValverdePodium 3.50.35 %
Julian AlaphilippeVainqueur 6.50.5 %
Michael Matthews Vainqueur 400.15 %

Pour les petites BK, le boost Winamax sur le podium d’Alaphilippe est plus qu’intéressant et à prendre impérativement.

Valverde déjà pris à 4.8 sera comptabilisé à la cote article et non Discord.

Flèche Wallonne 2021 Preview

Deuxième course du tryptique ardennais, la Flèche Wallonne est réduit depuis 2003 à une course de cote où le Mur de Huy en est le juge de paix. Une montée finale qui donne tout le prestige de la classique hutoise, qui rythme avril depuis son introduction en 1983.
Sur un parcours de 193,6 kilomètres avec une boucle de 31,8 kilomètres à parcourir deux fois.

Introduite dans le circuit final en 2014, il a fallu attendre l’année suivante pour que son couple indémodable avec la cote de Cherave remplace le duo côte d’Amay (1.6 kilomètres à 6 %) – côte de Villers-le-Bouillet (1.3 kilomètres à 6.5 %).

Situé à 9.7 kilomètres de l’arrivée, le chemin des gueuses offre une opportunité pour ceux désirant anticiper l’arrivée finale.

La boucle introduite en 2020 fait part au chemin des gueuses remplaçant la désormais regrettée côte de Cherave. Une modification qui “simplifie” somme toute le final. Les Gueuses étant situées à près de 10 kilomètres de l’arrivée en son sommet contre les seulement 6 kilomètres au sommet de son prédécesseur. Et dont le graphique montre des pentes plus “abordables”. Si le but en 2015 était d’offrir un final plus dynamique en plaçant Cherave en pénultième difficulté. La modification apportée l’an passé tant à éliminer les attaques qui ont des chances d’aller au bout. A l’image de Maximilian Schachmann en 2018. Pour favoriser un final explosif à Huy comme il est coutume.

Est-il nécessaire de présenter le monstre belge ? 1.3 kilomètres à 9.7 % selon les organisateurs, vous place parmi les géants du cyclisme moderne. Une seule obligation, aborder le Mur dans les premiers de cordée.

Plusieurs manières d’aborder le Mur de Huy :

  • anticiper la montée : un action de bravour comme Rigoberto Uran l’an passé ;
  • attaquer avant les 500 mètres : un aveu de faiblesse comme Igor Astarloa en 2006 ;
  • attaquer à 400 mètres : un excès de confiance dès les plus forts pourcentages comme Matthias Kessler en 2007 ;
  • attaquer à 300 mètres : porté par l’adrénaline juste après le virage Claude Criquielion comme Philippe Gilbert en 2011 ;
  • attaquer à 200 mètres : le moment idéal vers la petite chapelle face à Notre-Dame de la Sarte Calvaire où la majorité s’écrase quand il faut remettre une dent comme Alejandro Valverde et Julian Alaphilippe ont eu l’habitude d’y placer leurs accélérations décisives.

Anticiper le Mur de Huy est souvent résumé à une attaque suicide. Quand bien même Maximilian Schachmann était à quelques 250 mètres de faire la nique aux favoris. La montée du chemin des Gueuses se fera avec un vent plutôt de côté. Mais au sommet en virant sur Bellegrade, c’est un vent défavorable qui attendra le suicide squad. Avec des Deceuninck Quick Step misant sur Julian Alaphilippe, des Movistar emmenant un Alejandro Valverde dans une forme presque juvénile, des Jumbo-Visma avec en tête d’affiche Primoz Roglic, des UAE émirates avec le tenant du titre Marc Hirschi et le prodige slovène Tadej Pogacar mais aussi une armada Ineos Grenadiers pouvant gagner avec moulte cartes, des Israel Start-up Nation engageant l’homme des pourcentages à deux chiffres Michael Woods et même les AG2R Citroën La Mondiale avec le puncheur de poche Benoit Cosnefroy ou les Groupama-FDJ avec l’explosif David Gaudu. Nombre sont les équipes fortes qui peuvent miser sur un comité de puncheurs/grimpeurs pour ravir Huy. Dès lors, la chasse ne devrait pas être parasitée et l’explication se faire une énième fois entre hommes forts.

Avec le champion du monde dans ses rangs, gardien de deux victoires à Huy et deux places de dauphin du Bala en quatre participations, la Deceuninck Quick Step vient avec une équipe solide autour de Julian Alaphilippe. Si le leadership semble désigné. Il est vrai que Mauri Vansevenant après son show en échappée l’an passé et son phénomènal Amstel Gold Race, dimanche dernier malgré l’accumulation des pépins, peut être remis en question. D’autant que Julian Alaphilippe sur le sommet du dernier passage du Cauberg n’a pas paru si bien.

Il est des raisons d’espérer d’abord parce que l’AGR est l’ardennaise qui correspond le moins au frenchy. Avec un Cauberg placé si loin de l’arrivée, plusieurs angles peuvent être vu pour la méperformance d’Alaphilippe. Contrairement à une arrivée sèche comme Huy, le Cauberg oblige à faire une sélection mais prolongé l’effort. Le champion du monde en titre était donc d’abord obligé de jouer son va-tout dans la montée. Quitte à être au rupteur et exploser au sommet. Ensuite, il avait la possibilité de se tester, observer le niveau de sélection et ne pas prolonger un effort qu’il aurait juger inutile en vue du gain de course. Enfin, parfaire sa condition en vue de son objectif de la semaine ardennaise : Liège-Bastogne-Liège. Ne pas trop en faire et éviter la pancarte qu’a eu Wout van Aert durant tout le printemps et qui lui a fait peser tout le poids de la course sur ses épaules. Une manière aussi de naviguer sous les radars. Puisque si le français sort d’un stage en Espagne après le Tour des Flandres qui lui a fait “manquer de fraîcheur” selon ses propres mots. Il n’est pas meilleur gestionnaire que Julian en vue d’un objectif où il sait être à 100 % le Jour-J. En témoigne, sa supposée méforme à Villard de Lans, sur une fin de Tour 2020 où il semblait à courir. Alors qu’un peu plus d’une semaine après, le français de l’équipe belge était au rendez-vous aux mondiaux d’Imola. Un objectif qu’il a su concrétisé comme les Strade Bianche et le maillot jaune l’était en 2019. Un type d’effort que le français maîtrise sur le bout des doigts.

La place de Mauri Vansevenant pose question. Sera-t-il coleader pouvant pallier à une méforme manifeste d’Alaphilippe ? Sera-t-il un relai de taille à l’image d’un Dan Martin en 2018 ? Ou pourra-t-il dynamiter de loin à l’image de son raid passé ? Un statut de dynamiteur que pourrait tout autant endosser Michael Honoré ou James Knox ?

Une équipe solide sur le papier dont on ne peut dégager un leader clair. Même si l’évidence pointe vers l’homme en forme du moment : Tom Pidcock, vainqueur de la Flèche Brabançonne et deuxième pour 6 millimètres de l’Amstel Gold Race. Sur les traces du printemps extraordinaire de Philippe Gilbert en 2011, le britannique n’est pas loin de se rapprocher sur fameux triplé du grand Phil. Hélas, la victoire de l’Amstel lui manquera tout autant que Liège-Bastogne-Liège. Puisqu’au sommet de Huy, il sonnera l’heure de couper pour le jeune prodige signé par les Ineos Grenadiers. Bien que ne mesurant qu’1m70 pour 58 kilos, Pidcock est un véritable touche à tout… Un coureur capable tant de grimper que de sprinter. Malheureusement du fait de son jeune âge, peu de référence dans les murs (si ce n’est sa victoire par exemple à la Philippe Gilbert chez les juniors) mais son gabarit léger et son explosivité acquise au cyclo-cross lui permettront à coup sûr de briller au sommet du Mur. Pour se faire, il sera entouré d’hommes expérimentés comme Michal Kwiatkowski, Adam Yates et Richard Carapaz qui peuvent tous bien figurer sur ce type d’arrivée.
Le premier gardien de quatre Top 10 dans le double de participations sera probablement un allier de choix. Le Mur impose de l’aborder dans les premiers du peloton. Le placement est une des clés de la victoire. Le Pole est un maître dans le placement.
Bien qu’Adam Yates apprécie les forts pourcentages. Il n’y a qu’à avoir en mémoire le Tirreno Adriatico 2019 pour s’en convaincre. S’il devait une avoir un coleadership avec Pidcock, Yates serait en tête de liste au vue de son printemps. Mais un grand point d’interrogation demeure après un UAE Tour et un Tour de Catalogne réussit. Le britannique n’est-il pas sur la descendante comme semble le montrer le Tour du Pays Basque ? C’est possible, tant il a souvent eu l’habitude d’être en forme trop tôt. Son rôle pourrait être d’attaquer le Mur dès le pied pour forcer les autres leaders à se découvrir plus tôt et essayer de les mettre dans le rouge trop vite.
Quant à l’équatorien, son tempérament parfois fougueux pourrait être une aubaine pour les Grenadiers qui n’aurait qu’à le laisser être un électron libre comme Vansevenant pourrait l’être pour les Deceuninck.
Quoi qu’il en soit, l’équipe a sur le papier un train possible dans le Mur rarement vu et une occasion de placer le plus explosif de leur coureur en tête à 200 mètres de l’arrivée. Jouer tactique et/ou assurer un train d’enfer dans les 10 derniers kilomètres pour ne pas perdre la tête du peloton est tout à fait dans leur corde.

Désireux de découvrir les ardennaises, les Jumbo-Visma emmène Primoz Roglic en fer de lance des Killer Wasps. Le slovène arrive en grande forme après un Itzulia Basque Country plus que réussi. Le champion de Slovénie s’est montré sous son meilleur jour dimanche, avant de ne subir un ennui mécanique dans la dernière montée du Cauberg. Alors qu’il aura au tour précédent, véritablement fait un travail de titan. Bouchant la vingtaine de secondes d’écart sur le groupe de tête.

Seulement le Cauberg n’est pas Huy. Rogla a montré maintes fois sur les arrivées punchy qu’il était l’un des meilleurs du monde. Mais Biot ou Suances sont outrement plus simple que Huy.

Un point qui n’empêche pas Roglic de voler dans les gros pourcentages. Mais il s’est illustré dans des arrivées pentues plus longues donc avec un effort moins violent puisque plus prolongé et gestionné. Evidemment l’arrivée de San Luca à la fois du chrono du Giro d’Italia que du Giro dell Emilia pourrait être mis en avant. Tout comme sa montée du mur final au chrono du Pays Basque :

Mais n’y a-t-il pas plus explosif que Roglic sur ce type d’arrivée ? La question demeure en suspens.
Quid de Jonas Vingegaard chez la Jumbo-Visma ? C’est la question que l’on peut se poser tant le jeune danois impressionne depuis deux ans sur les pentes escarpées. D’abord en Pologne il y a deux ans, avant Pologne en 2019 avant d’imprimer un sacré tempo sur les pentes de l’Angliru l’an passé. La forme est bonne après un Itzulia en tant que coéquipier mais aussi dauphin de Primoz et surtout un campagne Coppi e Bartali plus que réussi. Encore une fois, les néerlandais peuvent jouer sur deux tableaux et il sera intéressant comment ils jouent avec Vingegaard qui peut être au service de son leader, avoir sa carte dans le Mur ou lui aussi jouer de loin comme on l’a vu sur l’Amstel Gold Race ou il sautait sur tous les coups dès que le final s’est emballé à 50 kilomètres de l’arrivée.

Avec le champion sortant dans ceds rangs, les émiratis arrivent en quête du doublé. Seulement, Marc Hirschi mué en coéquipier de luxe pour Tadej Pogacar à sa reprise ne s’est guère montré lorsqu’il en a eu l’occasion dimanche. Ce qui laisse planer un doute sur ses capacités à pouvoir faire le doublé. Qu’à cela ne tienne, Jan Polanc, Davide Formolo, Diego Ulissi et Rui Costa pourrait placer sur orbite la pépite slovène. Tadej Pogacar, vainqueur du dernier Tour de France aura montré toute sa classe dans les pentes à deux chiffres. Marie Blanque, Cullera, Jebel Hafeet, Grand Colombier, et autant de podiums à son tableau de chasse. Problème, sa montée de Huy l’an passé n’a guère était convaincante manquant de tranchant. Avantage cependant, désormais il connaît la montée de quoi savoir un peu mieux la dompter.

Quintuple vainqueur de la Flèche Wallonne, Alejandro Valverde s’aligne en quarantenaire renaissant. Vainqueur du GP Miguel Indurain, Bala n’a eu de cesse de confirme son retour au sommet après ses podiums à Arrate et Ermualde. Son Amstel a été tout aussi rassurant. A quelques jours de ses 41 ans qu’il fêtera dimanche, à Liège-Bastogne-Liège. Le vétéran espagnol n’a jamais paru aussi jeune. Neuf Top 10 en quatorze participations, place Valverde sur le trône des puncheurs. Une couronne cependant, qu’il apparaît avoir perdu depuis deux ans et son sacre mondial.

Avec trio de leaders, la Groupama-FDJ misera sur Valentin Madouas, Rudy Molard mais surtout sur David Gaudu qui apprécie le Mur de Huy et les gros pourcentages. Le breton qui aura porté les premières estaucades en 2017 à sa première participation. Vainqueur au Pays Basque, le frenchy est en condition. Accroché un podium semble compliqué au vue de la concurrence mais un Top 10 est plus qu’abordable.

Un Jakob Fuglsang dont les grands objectifs de début de saison se présente à lui. Seulement pour le leader d’Astana Premier Tech, le début de saison n’a guère été convainquant et ne pas accroché le bon wagon à l’Amstel Gold Race n’a guère rassuré pour un danois qui arrive dans les vieux âge du peloton.

Les Israel Start-Up Nation viennent avec le maître des pourcentages à deux chiffres. Troisième l’an passé, Michael Woods aura fait trop d’efforts de replacement qui lui auront coûté la victoire. En sera-t-il de même cette année ? Avec autant d’équipes si fortes, la tâche semble ardue pour Rusty Woods, qui semble partout bien avoir récupéré de sa chute au Pays Basque.

Avec Patrick Konrad et ses multiples Top 10, la Bora Hansgrohe a une occasion de briller. Mais il faudra compter aussi sur Maximilian Schachmann et le remuant Ide Schelling. Tous semblent battu d’avance et devraient plutôt anticiper.

La AG2R Citroën La Mondiale a un énorme coup à jouer avec Benoit Cosnefroy, dauphin d’Hirschi. Seulement, des problèmes au genou ont retardé le puncheur français. Son objectif de la saison voire d’une carrière repose sur la Flèche Wallonne. Mais le français n’a guère rassuré. Absent de l’Amstel Gold, le français semblait de retour sur la Flèche Brabançonne… Semblait. Suivant Teuns dans le Moskesstraat, ce n’est que dans le Holsthelde que Benoit s’est mis à la planche pour revenir à 5 secondes du trio de tête. Seulement si l’effort pouvait apparaitre rassurant, le fait est que le groupe derrière fasse la jonction avec Dylan Teuns et Benoit Cosnefroy. Que dire de son interview à l’Equipe qui ne laisse qu’un goût amer.

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Julian Alaphilippe ou Tom PidcockVainqueur 2.650.25 %
Julian AlaphilippePodium 2.21 %
Julian AlaphilippeVainqueur 50.25 %

Amstel Gold Race 2021 Preview

Après une édition 2020 annulée à cause de la crise du coronavirus, la 55e édition de la classique ardennaise d’ouverture retrouve sa place dans le calendrier World Tour. Un retour permis par le Ministre de la Santé, du bien-être et des Sports incluant l’Amstel Gold Race sous le régime des exceptions à la règle pour les compétitions sportives élites et d’obtenir la confiance des maires de Valkenburg aan de Geul, Maastricht et Eijsden-Margraten et de l’autorité régionale de sécurité du Sud de Limburg.

editiondistancenombre de difficultéSdenivele positif total
2021215.5 kilomètres382624 mètres
2019266 kilomètres353489 mètres
2018261 kilomètres363449 mètres
2017261.5 kilomètres353283 mètres
2016264 kilomètres343271 mètres
2015260.5 kilomètres343510 mètres
2014254 kilomètres343447 mètres
2013254.5 kilomètres343452 mètres

Un format différent des précédentes éditions avec un rabottage moyen de 44.5 kilomètres pour une moyenne de 790 mètres de dénivelé positif total en moins. Qui s’explique par l’obligation d’un circuit pour pouvoir contrôler plus facilement l’interdiction du public au bord des routes. Un profil somme toute valonné mais avec des collines moins sélectives que les traditionnels :

  • Kruisberg : 500 mètres à 7.9 % ;
  • Eyserboswerg : 1 kilomètre à 8 % où Julian Alaphilippe et Jakob Fuglsang s’était isolé en 2019 ;
  • Keutenberg : 1.5 kilomètres à 5.1 %.

Le parcours est composé de douze boucles de 16.9 kilomètres comprenant trois difficultés majeures : Geulhemmerberg, Bemelerberg et Cauberg. Une boucle connue pour avoir été le final introduit en 2013 jusqu’en 2016. Avec une légère variable en 2017 en empruntant par le Cauberg sur la boucle de fin en tant que dernière difficulté.

Une boucle finale de 15.9 kilomètres qui est désormais connue de tous puisqu’elle est la même depuis 2018. Exit le Cauberg en juge de paix, le Bemelerberg est une nouvelle fois l’ascension qui doit clôre la journée depuis 2017.

Le Geulhemmerberg (1.4 kilomètres à 4.6 %) dont le pied est le plus dur : 900 mètres à 6.5 % avec une pente maximale à 8.3 %. Que ce soit en 2017 comme en 2018, c’est une cote que Alejandro Valverde aime à exploiter pour faire exploser le groupe de tête.

De quoi user le peloton au fur et à mesure des passages mais vraisemblablement pas un secteur où l’attaque décisif s’y déroulera.

numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième114.5 kilomètres
Huitième97.5 kilomètres
Neuvième80.5 kilomètres
Dixième63.5 kilomètres
Onzième46.5 kilomètres
Touzième30 kilomètres
Treizième13 kilomètres

Le Bemelerberg (800 mètres à 5.3 kilomètres) qui se poursuit par un long plateau en son sommet portant la difficulté à une distance totale à 4.3 kilomètres à près de 2 %.

Une difficulté sur une route serpentante et boisée favorable aux attaques, bien que le plateau au sommet offre un terrain de chasse presque idéal à un groupe organisé.

Numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième108.5 kilomètres
Huitième91.5 kilomètres
Neuvième74.5 kilomètres
Dizième57.5 kilomètres
Onzième41 kilomètres
Douzième24 kilomètres
Treizième6 kilomètres

La Cauberg pouvant aussi être appelé le Gilberg (800 mètres à 7.5 %) était un temps la dernière difficulté de l’Amstel et là où tout se décidait. Son placement en dehors du circuit final à changer la donne.

Véritable le secteur le plus dure, son dernier passage est situé à 17.5 kilomètres de l’arrivée. Ce qui offre une opportunité lointaine mais réduit la marge des puncheurs qui peuvent voir un retour des hommes les plus rapides sur le circuit final.

numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième105 kilomètres
Huitième85 kilomètres
Neuvième68 kilomètres
Dixième51.5 kilomètres
Onzième34.5 kilomètres
Douzième17.5 kilomètres

Mais la boucle finale offre des opportunités aux nombreux coureurs notamment aux seconds couteaux qui souffrent moins du marquage et au contraire peuvent profiter du marquage des leaders entre eux.

D’abord, la descente courte et rapide vers le Geulhemmerberg qui s’opère sur des routes étroites.

Ensuite, la descente dans les champs après ladite difficulté du Geulme où Philippe Gilbert a subi la cassure entre les deux groupes de tête en 2018 et où Daryl Impey a tenté en vain de faire la jonction avec le groupe Valverde.

Enfin, bien que presque plat, il ne faut surtout pas mésestimer les 5 derniers kilomètres. Où Mathieu van der Poel a signé un come-back dans un groupe de chasse s’entendant à la perfection. Après que Jakob Fuglsang à 3 kilomètres de l’arrivée ait rompé la bonne entente en attaquant Julian Alaphilippe. L’écart d’une minute sur le groupe Van der Poel et de 30 secondes sur Kwiatkowski et Trentin y a fondu comme neige au soleil. C’est un terrain idéal qui plus est pour une late attack à la Michael Valgren comme en 2018.

Niveau météo, le vent sera de 16.5 km/h et favorable dans le Cauberg. Ce qui y favorisera les mouvements. Mais le vent de côté plus défavorable au sommet pourrait refroidir les ardeurs des plus téméraires. Compte tenu de la météo, le secteur clé pourrait être dans le Geulme… Problème, c’est la difficulté la moins favorable à un mouvement couronné de succès. Les six derniers kilomètres sont avec un vent nettement défavorable. Ce qui tend à favoriser un scénario au sprint réduit. Il est vrai que les éditions précédentes, avec des difficultés plus dures aux abords du circuit final, ont favorisé des mouvements lointain. Sans pour autant éliminer définitivement un petit groupe au sommet du dernier passage du Bemelerberg. En circuit, les attaques décisives ont tendance à être proche du but et lorsque le plateau s’homogénéise aussi. Tant d’éléments qui tendent à favoriser les hommes les plus rapides. A moins comme en 2018, à ce qu’une équipe profite de son surnombre et du marquage des gros leaders pour tirer son épingle du jeu.

C’est pourquoi malgré des indicateurs qui montrent Wout van Aert sur la pente descendante, le belge de l’équipe Jumbo-Visma est le grand favori. D’aucuns ne peut contester que le double vice-champion du monde commence à être sur la réserve.

Mais tout le monde souhaiterait un palmarès si garni malgré une fatigue naissante. Il est à noter que nombre de fois, WVA sera apparu comme l’un des plus forts si ce n’est le plus fort. En disparaissant dans le final ou en trébuchant. C’est le cas à l’E3 Saxo Bank Classic, au Tour des Flandres et plus récemment à la Flèche Brabançonne, battu au sprint par Tom Pidcock. Seulement dans ces trois cas, le champion de Belgique de contre-la-montre était seul dans le final et a dû accumuler les efforts superflus d’un marquage de prêt et d’une stature de leader incontesté. Sur l’Amstel, WVA n’aura jamais été aussi bien entouré et profitera de l’appui des deux hommes en forme de la formation. Qui ont composé le podium final du Tour du Pays Basque ; à savoir Primoz Roglic et Jonas Vingegaard. Ces deux derniers sont des alliers de taille pour Wout van Aert qui pourra passer en posture d’homme qui attend un sprint réduit. Une position somme toute défensive. Les efforts superflus du passé doivent être fait par le slovène et le danois. Qui doit contrôle les offensives en sautant dessus. Quand WVA n’a plus qu’à suivre les roues. Une position qu’à connu le belge à Gent-Wevelgem. Sa seule victoire sur les classiques mais surtout la seule fois où il était épaulé dans le final (par Nathan Van Hooydonck). Evidemment, le leadership est partagé. Si Wout van Aert reste la carte maîtresse d’un sprint réduit dont il peut être le maître en évitant les efforts de trop vu dans le passé. Primoz Roglic et Jonas Vingegaard coche les cases de bons voire très bons coureurs dans l’exercice individuel. Ce qui en fait des candidats en cas de late attack. Profitant d’être sous les radars grâce à la stature du belge. Mais aussi d’hommes explosifs donc plus ou moins rapide au sprint dans un comité réduits de 3 à 5 coureurs. Le marquage que Wout van Aert devrait subir parmi les leaders, ce qui l’élimine assez nettement des prétendants à la gagne est la force de ces deux coéquipiers. Le mood mental de Wout van Aert prêt pour sa dernière course avant la coupure nécessaire est plutôt à une bonne place plus que la gagne coûte que coûte. Ce qui ouvre d’autant plus les possibilités des deux comparses. N’oublions pas que si les bosses du circuit ne conviennent pas totalement à Roglic, rien ne l’empêche de faire la même late attack qu’à Tre Valli Varesine. le slovène ne s’empêche jamais rien.
Le fait est que l’équipe Jumbo-Visma sera nécessairement au contrôle de la classique ardennaise d’ouverture. Au début du millénaire, l’ancien Rabobank était l’équipe locale qui faisait la fierté de tout un peuple et qui avait l’habitude de contrôler pour Michael Boogerd. Gardien de sept podiums en dix éditions entre 1998 et 2007. Une prestance sur la classique locale que l’équipe cherchera à retrouver avec ses étrangers, cette année.

Oui parmi les favoris des bookmakers, on ne peut que citer des coureurs attendus comme Julian Alaphilippe et Marc Hirschi qui seront en répétition et en peaufinage avec la Flèche Wallonne de mercredi et de Liège-Bastogne-Liège, dimanche prochain. Le placement du Cauberg si loin de l’arrivée n’est pas pour les servir. D’autant plus que le suisse des UAE émirates n’a pour l’heure pas montré grand chose sur l’Itzulia Basque Country.

Pour être honnête, je ne sais pas vraiment où j’en suis. Je me sens bien, mais si c’est assez bon pour gagner, je ne sais pas. Peut-être que je suis trop prudent, on verra dimanche à l’Amstel. 

Marc Hirschi

Vraisemblablement, un flou chez le coureur qui doit être à 100 % pour réitérer ses sprints réduits presque imbattables de la saison passée. Après un début de saison décalé, le rythme sera sans doute atteint pour Hirschi qui accumule désormais treize jours de course en deux courses d’une semaine en Espagne. La question est de savoir si cela sera suffisant ? Quand on pense qu’un Alaphilippe cumule seize jours de course depuis février et devrait être proche des 100 % pour l’objectif de son début de saison : Liège-Bastogne-Liège. Mais les deux meilleurs puncheurs du monde devront se confronter à une lutte interne. Mauri Vansevenant ayant un statut d’homme protégé chez la Deceuninck Quick Step et Matteo Trentin qui sera l’autre atout côté émiratis. Ces deux derniers étant sans doute sur un sprint réduit si plat plus rapide que les deux premiers.

Si comme dans l’esprit d’Hirschi et le mien, un groupe doit se disputer la gagne alors le surnombre est probablement la clé. La Astana Premier Tech après ses démonstration au Pays Basque arrive en tête de liste. Jakob Fuglsang arrive sur les objectifs de son début de saison. Toujours en vue sur l’Amstel, Fuglsang est tout de même réduit à éviter le sprint réduit. Bénéficiera-t-il des largesses d’un marquage ? Sans doute que non, et ce malgré un état de forme plutôt décevant et un début de saison assez effacé. Mais les Astana ont deux cartes qui se sont montrés au delà d’être ultra offensif véritablement en forme. L’enchainement des montées typiquement basque les aura mis en condition. C’est donc naturellement qu’il faut à la fois mentionner Alex Aranburu et Omar Fraile. Si ce dernier n’est pas l’option sprint, le basque est rapide en comité réduit et peut à l’instar d’un Valgren foudroyer le groupe d’une late attack victorieuse. Une position qu’Alex Aranburu peut adopter comme d’attendre un sprint réduit. Auteur de la descente qui a causé le retard de Tadej Pogacar sur Primoz Roglic lors de la dernière étape. L’avoir vu aux avants-postes à ce stade de la course malgré le rythme prouve que l’espagnol au delà d’être en excellente forme et extrêmement polyvalent. Sa victoire à Sestao potentiellement prévisible ne l’était pas dans la manière. On aurait pu attendre du basque qu’il attend un sprint réduit. Ce qui n’a pas été le cas. Le coureur est imprévisible. Il peut donc bénéficier de cette fougue en cas de final mouvementé qui le placerait en bonne position. Comme son équipe peut profiter du surnombre pour soit jouer les offensives, soit rouler pour lui et faire confiance en son sprint. Après tout si Pidcock a battu WVA pourquoi Aranburu ne le pourrait pas ? Kasper Asgreen a bien à l’usure eu Mathieu van der Poel.

En parlant de Tom Pidcock, le vainqueur de De Brabantse Pijl s’aligne en tant que figure de proue des Ineos Grenadiers. Son sprint n’est plus à démontrer après ses victoires en massif chez les amateurs mais aussi sa troisième place à Kuurne-Bruxelles-Kuurne et surtout son sprint victorieux face à WVA. Seulement, l’Amstel Gold Race avec ses routes étroites nécessite un placement toujours constant. Ce qui est le poids faible déjà vu de Pidcock sur l’Omloop Het Nieuwsblad. Le britannique peut subir les cassures et enchainer les efforts superflus. Dans un sprint plus plat qu’il y a quelques jours, la marge se réduit pour le multiple champion du monde de cyclo cross chez les amateurs. D’autant que malgré sa victoire, il semblait parfois à la rupture dans les monts de la Flèche Brabançonne. Des points qui viennent en somme noircir le tableau, de la pépite britannique qui a acquis sa première victoire World Tour et est désormais libéré d’un poids.

La liste de prétendants est grande entre hommes déjà en vue comme Greg van Avermaet, Ide Schelling, Dylan Teuns, etc ou d’homme rapide comme Daryl Impey ou Maximilian Schachmann entre autres. Mais s’il y avait un coureur à nommer, c’est sans doute le malchanceux Michael Matthews qui aura sur le mondial d’Imola montré toute sa durabilité sur les courses d’usure.

Non loin de gagner l’Amstel, il y a quelques années, l’autralien arrive vraisemblablement en forme. Dans le groupe de gagne de Gent-Wevelgem et de Milan San Remo, Bling-Bling pourrait profiter d’une équipe misant sur son sprint et d’un Smith Dion en forme le lançant si tel est le cas.

PRONOSTICS

Alex Aranburu vainqueur : 25 – 0.25 % (Winamax) / podium : 9 – 0.25 % (Winamax)

Omar Fraile vainqueur : 60 – 0.25 % (Zebet) / podium : 20 – 0.25 % (Winamax)

Primoz Roglic podium : 3 – 0.5 % (Betclic)

Etape 5 Itzulia Basque Country 2021 Preview

160 kilomètres reliant Hondarribia et Ondarroa, pour un dénivelé positif total de 2256 mètres. Une étape sur le papier promise aux sprinteurs. Mais à l’image de la Volta a Catalunya, rares sont les hommes les plus rapides à avoir fait le déplacement. Tant le Pays Basque est une terre hostile aux sprinteurs.

SPRINT OU ECHAPPEE, TELLE EST LA QUESTION ?

A l’aune d’une étape marquée par plus de 100 kilomètres de bataille intense pour que l’échappée du jour ne se forme, les équipes de leaders voudraient sans doute une étape de transition. Ce qui donne du crédit à une échappée. A l’aube d’une étape décisive pour le classement général, principalement résumé par un mano-a-mano entre les UAE Emirates et les Jumbo-Visma, les différentes équipes verraient d’un bon oeil un éventuel accessit en misant sur leur élément le plus rapide. Ce qui donne du crédit à un sprint massif. Comme à chaque fois, il y a du pour et du contre. Il convient de se pencher vers les équipes qui ont le plus intérêt à miser sur leur sprinteur.

  • Bora Hansgrohe : Ide Schelling est la carte sprint assez naturelle. Maximilian Schachmann est le leader de l’équipe allemande pointe à 1’32. 12e du GC, le podium à un peu plus d’une minute semble compromis. L’équipe est réputée pour mettre le collectif au service tantôt de son leader sur les étapes accidentées, tantôt de son sprinteur sur les étapes qui sont promises à une arrivée massive. Une fois n’est pas coutume avec un allemand ne visant plus qu’un Top 10, l’équipe devrait être parmi les premiers à prendre les choses en main.
  • EF Education Nippo : l’équipe américaine emmène avec elle le favori, Magnus Cort Nielsen. Intrinsècquement sans doute le plus rapide du peloton. Une occasion en or de ramener une victoire d’étape. Mais un plan B avec Sergio Higuita, qui préfèrerait une arrivée plus en bosse, est envisageable. 10 secondes de bonification qui pourraient ramener le colombien aux portes du Top 10.
  • Israel Start-Up Nation : avec Daryl Impey et Patrick Bevin, les ISN ont des hommes rapides pour aller chercher le gain d’étape. La chute de Michael Woods leur a sans doute enlever leur meilleure chance de victoires. Mais leur deux méridionaux ont montré beaucoup de forme et possède une très bonne pointe de vitesse au sprint.
  • Astana Premier Tech : déjà lauréat, Alex Aranburu a une occasion parfaite pour doubler la mise aujourd’hui. La question repose cependant pour les kazashks de savoir si des coureurs rapides comme Omar Fraile ou Alexey Lutsenko se glisseront ou non à l’avant pendant qu’Aranburu reste au chaud dans le peloton. Si tel est le cas, l’équipe ne sera pas mis à contribution. Dans le sens inverse, le train bleu pourrait faire des dégâts dans le final.
  • Bike Exchage : après avoir été en vue sur les sprints du Tour de Catalogne, Smith Dion a une occasion parfaite pour aller glaner la première victoire de sa saison.
  • Caja-Rural : rares sont les équipes Conti à s’employer en tête de peloton au lieu de miser sur les éternelles échappées publicitaires. Pourtant l’équipe espagnole pourrait être en vue avec la carte sprint Jon Aberasturi.
  • Euskaltel Euskadi : une problématique similaire avec Mikel Aristi pour la célèbre équipe basque.

Nombre sont les équipes qui peuvent prétendre à mener la chasse derrière les fuyards. Le symbole d’autorité pour se faire dès le départ pour éviter qu’un groupe trop conséquent ne prenne le large. Le terrain est idéal pour contrôler avec la fatigue accumulée de la veille, les plus téméraires pourraient se faire petit et être résignés à un sprint. Même des équipes comme la Deceuninck Quick Step ou la Lotto Soudal peuvent miser sur respectivement Mikkel Honoré et Stefano Oldani pour un sprint. La liste peut très vite s’allonger, avec une équipe qui n’est pas représentée dans la bonne échappée du groupe pour se mettre en ordre de marche.

Avec des sommets à 44.9 et 28,7 kilomètres de l’arrivée, les difficultés de Gontzagaraigana et Urkaregi pourraient perdre à certaines équipes de durcir la course.

Sans doute les pentes d’Urkaregi sont les plus propices à ce genre d’opération. 5 kilomètres à 4.8 % peut permettre de décrocher quelques sprinteurs mais globalement peu. Les sprinteurs purs n’ayant fait le déplacement.

Problème supplémentaire pour lesdites difficultés : le vent défavorable qui joue en faveur des sprinteurs. D’autant que la vingtaine de kilomètres restants permet aisément un regroupement.

Pays Basque oblige, le final est parsemé de petits repechos. Les dix derniers kilomètres ne font pas figure d’exception. Le premier dont le toit est situé à 6.5 kilomètres de l’arrivée fait penser au Capo Mele en longuant le littoral.

Un lève cul en sortie de ville de Mutriku et un dernier aux abords d’Ondarroa.

Rien de bien vraiment méchant mais à 2 kilomètres de l’arrivée, certains voudront sans doute y tenter une late attack. La question est : le rythme imposé par les trains de sprinteurs leur permettront-ils de sortir ?

Après une decente vers le centre ville, à 800 mètres le peloton doit s’étirer. Pensant de deux voies à une par l’effet d’un rond point (à passer par la gauche).

A 600 mètres, un autre carrefour giratoire à prendre une nouvelle fois par la gauche.

Avant de conclure par un tournant à droite où la route se rétrécira à 250 mètres.

Virer dans les premiers de cordée y est primordial pour espérer disputer la victoire. Le placement s’avère donc nécessaire au sommet du dernier repecho pour entamer la descente rapide en tête et passer la flamme rouge dans les premières positions.

Qui dit positionnement primodial dit train, la tendance mène vers les équipes de leaders ne voulant subir de cassures dans un final tortueux. A ce jeu, les UAE émirates seront nécessairement bien placés pour Brandon McNulty et Tadej Pogacar. Marc Hirschi sera mis à contribution de l’équipe mais le final est rapide pour un homme si explosif et pourtant peu nommé. En défense demain du maillot de leader, le suisse préparant les ardennaises n’aura pas l’occasion de se tester. Ce qui n’est pas nécessairement le cas sur l’arrivée du jour. Les suiveurs occasionnels seront néanmoins que le petit Cancellara est rapide et puissant. 2e de peu à Nice battu par le tout aussi explosif Julian Alaphilippe, Hirschi avait presque réussi à faire la nique à Tadej Pogacar et Primoz Roglic à Laruns mais été à cours à cause de son long raid solitaire. 2e malheureux à Liège-Bastogne-Liège en étant gêné par la vague de Julian Alaphilippe, Hirschi a montré qu’en forme c’est un coureur redoutablement rapide. Il n’y a qu’à voir le nom du sprint dans le Top 10 de Saintes-Maries-de-la-Mer dont il faisait partie pour s’en convaincre. Ce sont les suiveurs les plus avisés qui l’auront remarqué bien avant l’année dernière. Que ce soit en Allemagne mais surtout au Binck Bank Tour et à la Klasikao. Si Hirschi aborde protégé le final, il sera nécessairement bien placé et pourrait entamer les derniers mètres dans les coureurs de tête.

Evidemment, il faudra faire face pour cela au train Astana mais aussi de la Bora Hansgrohe. Dans un sprint plat, avantage sans doute à Ide Schelling sur Alex Aranburu. Le néerlandais est très en vue en ce moment. L’absence de Peter Sagan lui donne les clés du sprint aujourd’hui. Troisième du sprint du peloton à l’étape de Calella en Catalogne, le coureur se sera montré sous son meilleur jour lors de l’étape de Mansera où il lui aura manqué peu pour passer le Montserrat. Il aura impressionné sur le GP Industria & Artigianato où au kilomètre il aura signé un retour sur les hommes de tête.

S’il est des hommes rapides qui ne sont jamais bien loin depuis le début de saison, Jon Aberasturi et Mikel Aristi ne sont jamais bien loin de planter leur première gagne de la saison. Le premier rapide à Cholet échoue face à Elia Viviani et le second par deux fois depuis l’ouverture de la saison. Pourtant si une préférence doit aller ce serait vers le coureur de la Caja Rural.

PRONOSTICS

Ide Schelling vainqueur : 30 – 0.25 % (Betclic) / podium : 8.5 – 0.25 % (Winamax)

Marc Hirschi podium : 11 – 0.25 % (Unibet)

Jon Aberasturi podium : 3.9 – 0.5 % (Unibet)

Etape 4 Itzulia Basque Country 2021 Preview

189.2 kilomètres reliant Gasteiz à Hondarribia, avec un total de 2646 mètres de dénivelé positif. L’étape du jour ressemble à une occasion parfaite pour l’échappée d’aller se disputer la victoire d’étape. Mais qu’en est-il vraiment ?

Le classement général à l’issue de la veille permet plus de marge de manoeuvre pour la Jumbo-Visma. Maintenant le Top 10 se tient en 1’09 et les coureurs au delà du Top 20 possèdent un débours de plus de deux minutes.
Le départ se fera avec un vent estimé à 20 kilomètres par heure sur une portion roulante : 48 kilomètres à -0.7 %. Avec un vent si favorable, si l’étape s’y forme, ce sera nécessairement une échappée de gros moteurs. Mais nombre sont les équipes qui désireront être représentées à l’avant. Ce qui augure une bataille d’une bonne heure jusqu’au pied de la première difficulté.

En tournant à Vergara, les coureurs adoreront les premières rampes de Deskarga. La première difficulté du jour (3 kilomètres à 7.7 %) offre le terrain parfait pour qu’un groupe puisse s’extraire du peloton.