Amstel Gold Race 2021 Preview

Après une édition 2020 annulée à cause de la crise du coronavirus, la 55e édition de la classique ardennaise d’ouverture retrouve sa place dans le calendrier World Tour. Un retour permis par le Ministre de la Santé, du bien-être et des Sports incluant l’Amstel Gold Race sous le régime des exceptions à la règle pour les compétitions sportives élites et d’obtenir la confiance des maires de Valkenburg aan de Geul, Maastricht et Eijsden-Margraten et de l’autorité régionale de sécurité du Sud de Limburg.

editiondistancenombre de difficultéSdenivele positif total
2021215.5 kilomètres382624 mètres
2019266 kilomètres353489 mètres
2018261 kilomètres363449 mètres
2017261.5 kilomètres353283 mètres
2016264 kilomètres343271 mètres
2015260.5 kilomètres343510 mètres
2014254 kilomètres343447 mètres
2013254.5 kilomètres343452 mètres

Un format différent des précédentes éditions avec un rabottage moyen de 44.5 kilomètres pour une moyenne de 790 mètres de dénivelé positif total en moins. Qui s’explique par l’obligation d’un circuit pour pouvoir contrôler plus facilement l’interdiction du public au bord des routes. Un profil somme toute valonné mais avec des collines moins sélectives que les traditionnels :

  • Kruisberg : 500 mètres à 7.9 % ;
  • Eyserboswerg : 1 kilomètre à 8 % où Julian Alaphilippe et Jakob Fuglsang s’était isolé en 2019 ;
  • Keutenberg : 1.5 kilomètres à 5.1 %.

Le parcours est composé de douze boucles de 16.9 kilomètres comprenant trois difficultés majeures : Geulhemmerberg, Bemelerberg et Cauberg. Une boucle connue pour avoir été le final introduit en 2013 jusqu’en 2016. Avec une légère variable en 2017 en empruntant par le Cauberg sur la boucle de fin en tant que dernière difficulté.

Une boucle finale de 15.9 kilomètres qui est désormais connue de tous puisqu’elle est la même depuis 2018. Exit le Cauberg en juge de paix, le Bemelerberg est une nouvelle fois l’ascension qui doit clôre la journée depuis 2017.

Le Geulhemmerberg (1.4 kilomètres à 4.6 %) dont le pied est le plus dur : 900 mètres à 6.5 % avec une pente maximale à 8.3 %. Que ce soit en 2017 comme en 2018, c’est une cote que Alejandro Valverde aime à exploiter pour faire exploser le groupe de tête.

De quoi user le peloton au fur et à mesure des passages mais vraisemblablement pas un secteur où l’attaque décisif s’y déroulera.

numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième114.5 kilomètres
Huitième97.5 kilomètres
Neuvième80.5 kilomètres
Dixième63.5 kilomètres
Onzième46.5 kilomètres
Touzième30 kilomètres
Treizième13 kilomètres

Le Bemelerberg (800 mètres à 5.3 kilomètres) qui se poursuit par un long plateau en son sommet portant la difficulté à une distance totale à 4.3 kilomètres à près de 2 %.

Une difficulté sur une route serpentante et boisée favorable aux attaques, bien que le plateau au sommet offre un terrain de chasse presque idéal à un groupe organisé.

Numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième108.5 kilomètres
Huitième91.5 kilomètres
Neuvième74.5 kilomètres
Dizième57.5 kilomètres
Onzième41 kilomètres
Douzième24 kilomètres
Treizième6 kilomètres

La Cauberg pouvant aussi être appelé le Gilberg (800 mètres à 7.5 %) était un temps la dernière difficulté de l’Amstel et là où tout se décidait. Son placement en dehors du circuit final à changer la donne.

Véritable le secteur le plus dure, son dernier passage est situé à 17.5 kilomètres de l’arrivée. Ce qui offre une opportunité lointaine mais réduit la marge des puncheurs qui peuvent voir un retour des hommes les plus rapides sur le circuit final.

numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième105 kilomètres
Huitième85 kilomètres
Neuvième68 kilomètres
Dixième51.5 kilomètres
Onzième34.5 kilomètres
Douzième17.5 kilomètres

Mais la boucle finale offre des opportunités aux nombreux coureurs notamment aux seconds couteaux qui souffrent moins du marquage et au contraire peuvent profiter du marquage des leaders entre eux.

D’abord, la descente courte et rapide vers le Geulhemmerberg qui s’opère sur des routes étroites.

Ensuite, la descente dans les champs après ladite difficulté du Geulme où Philippe Gilbert a subi la cassure entre les deux groupes de tête en 2018 et où Daryl Impey a tenté en vain de faire la jonction avec le groupe Valverde.

Enfin, bien que presque plat, il ne faut surtout pas mésestimer les 5 derniers kilomètres. Où Mathieu van der Poel a signé un come-back dans un groupe de chasse s’entendant à la perfection. Après que Jakob Fuglsang à 3 kilomètres de l’arrivée ait rompé la bonne entente en attaquant Julian Alaphilippe. L’écart d’une minute sur le groupe Van der Poel et de 30 secondes sur Kwiatkowski et Trentin y a fondu comme neige au soleil. C’est un terrain idéal qui plus est pour une late attack à la Michael Valgren comme en 2018.

Niveau météo, le vent sera de 16.5 km/h et favorable dans le Cauberg. Ce qui y favorisera les mouvements. Mais le vent de côté plus défavorable au sommet pourrait refroidir les ardeurs des plus téméraires. Compte tenu de la météo, le secteur clé pourrait être dans le Geulme… Problème, c’est la difficulté la moins favorable à un mouvement couronné de succès. Les six derniers kilomètres sont avec un vent nettement défavorable. Ce qui tend à favoriser un scénario au sprint réduit. Il est vrai que les éditions précédentes, avec des difficultés plus dures aux abords du circuit final, ont favorisé des mouvements lointain. Sans pour autant éliminer définitivement un petit groupe au sommet du dernier passage du Bemelerberg. En circuit, les attaques décisives ont tendance à être proche du but et lorsque le plateau s’homogénéise aussi. Tant d’éléments qui tendent à favoriser les hommes les plus rapides. A moins comme en 2018, à ce qu’une équipe profite de son surnombre et du marquage des gros leaders pour tirer son épingle du jeu.

C’est pourquoi malgré des indicateurs qui montrent Wout van Aert sur la pente descendante, le belge de l’équipe Jumbo-Visma est le grand favori. D’aucuns ne peut contester que le double vice-champion du monde commence à être sur la réserve.

Mais tout le monde souhaiterait un palmarès si garni malgré une fatigue naissante. Il est à noter que nombre de fois, WVA sera apparu comme l’un des plus forts si ce n’est le plus fort. En disparaissant dans le final ou en trébuchant. C’est le cas à l’E3 Saxo Bank Classic, au Tour des Flandres et plus récemment à la Flèche Brabançonne, battu au sprint par Tom Pidcock. Seulement dans ces trois cas, le champion de Belgique de contre-la-montre était seul dans le final et a dû accumuler les efforts superflus d’un marquage de prêt et d’une stature de leader incontesté. Sur l’Amstel, WVA n’aura jamais été aussi bien entouré et profitera de l’appui des deux hommes en forme de la formation. Qui ont composé le podium final du Tour du Pays Basque ; à savoir Primoz Roglic et Jonas Vingegaard. Ces deux derniers sont des alliers de taille pour Wout van Aert qui pourra passer en posture d’homme qui attend un sprint réduit. Une position somme toute défensive. Les efforts superflus du passé doivent être fait par le slovène et le danois. Qui doit contrôle les offensives en sautant dessus. Quand WVA n’a plus qu’à suivre les roues. Une position qu’à connu le belge à Gent-Wevelgem. Sa seule victoire sur les classiques mais surtout la seule fois où il était épaulé dans le final (par Nathan Van Hooydonck). Evidemment, le leadership est partagé. Si Wout van Aert reste la carte maîtresse d’un sprint réduit dont il peut être le maître en évitant les efforts de trop vu dans le passé. Primoz Roglic et Jonas Vingegaard coche les cases de bons voire très bons coureurs dans l’exercice individuel. Ce qui en fait des candidats en cas de late attack. Profitant d’être sous les radars grâce à la stature du belge. Mais aussi d’hommes explosifs donc plus ou moins rapide au sprint dans un comité réduits de 3 à 5 coureurs. Le marquage que Wout van Aert devrait subir parmi les leaders, ce qui l’élimine assez nettement des prétendants à la gagne est la force de ces deux coéquipiers. Le mood mental de Wout van Aert prêt pour sa dernière course avant la coupure nécessaire est plutôt à une bonne place plus que la gagne coûte que coûte. Ce qui ouvre d’autant plus les possibilités des deux comparses. N’oublions pas que si les bosses du circuit ne conviennent pas totalement à Roglic, rien ne l’empêche de faire la même late attack qu’à Tre Valli Varesine. le slovène ne s’empêche jamais rien.
Le fait est que l’équipe Jumbo-Visma sera nécessairement au contrôle de la classique ardennaise d’ouverture. Au début du millénaire, l’ancien Rabobank était l’équipe locale qui faisait la fierté de tout un peuple et qui avait l’habitude de contrôler pour Michael Boogerd. Gardien de sept podiums en dix éditions entre 1998 et 2007. Une prestance sur la classique locale que l’équipe cherchera à retrouver avec ses étrangers, cette année.

Oui parmi les favoris des bookmakers, on ne peut que citer des coureurs attendus comme Julian Alaphilippe et Marc Hirschi qui seront en répétition et en peaufinage avec la Flèche Wallonne de mercredi et de Liège-Bastogne-Liège, dimanche prochain. Le placement du Cauberg si loin de l’arrivée n’est pas pour les servir. D’autant plus que le suisse des UAE émirates n’a pour l’heure pas montré grand chose sur l’Itzulia Basque Country.

Pour être honnête, je ne sais pas vraiment où j’en suis. Je me sens bien, mais si c’est assez bon pour gagner, je ne sais pas. Peut-être que je suis trop prudent, on verra dimanche à l’Amstel. 

Marc Hirschi

Vraisemblablement, un flou chez le coureur qui doit être à 100 % pour réitérer ses sprints réduits presque imbattables de la saison passée. Après un début de saison décalé, le rythme sera sans doute atteint pour Hirschi qui accumule désormais treize jours de course en deux courses d’une semaine en Espagne. La question est de savoir si cela sera suffisant ? Quand on pense qu’un Alaphilippe cumule seize jours de course depuis février et devrait être proche des 100 % pour l’objectif de son début de saison : Liège-Bastogne-Liège. Mais les deux meilleurs puncheurs du monde devront se confronter à une lutte interne. Mauri Vansevenant ayant un statut d’homme protégé chez la Deceuninck Quick Step et Matteo Trentin qui sera l’autre atout côté émiratis. Ces deux derniers étant sans doute sur un sprint réduit si plat plus rapide que les deux premiers.

Si comme dans l’esprit d’Hirschi et le mien, un groupe doit se disputer la gagne alors le surnombre est probablement la clé. La Astana Premier Tech après ses démonstration au Pays Basque arrive en tête de liste. Jakob Fuglsang arrive sur les objectifs de son début de saison. Toujours en vue sur l’Amstel, Fuglsang est tout de même réduit à éviter le sprint réduit. Bénéficiera-t-il des largesses d’un marquage ? Sans doute que non, et ce malgré un état de forme plutôt décevant et un début de saison assez effacé. Mais les Astana ont deux cartes qui se sont montrés au delà d’être ultra offensif véritablement en forme. L’enchainement des montées typiquement basque les aura mis en condition. C’est donc naturellement qu’il faut à la fois mentionner Alex Aranburu et Omar Fraile. Si ce dernier n’est pas l’option sprint, le basque est rapide en comité réduit et peut à l’instar d’un Valgren foudroyer le groupe d’une late attack victorieuse. Une position qu’Alex Aranburu peut adopter comme d’attendre un sprint réduit. Auteur de la descente qui a causé le retard de Tadej Pogacar sur Primoz Roglic lors de la dernière étape. L’avoir vu aux avants-postes à ce stade de la course malgré le rythme prouve que l’espagnol au delà d’être en excellente forme et extrêmement polyvalent. Sa victoire à Sestao potentiellement prévisible ne l’était pas dans la manière. On aurait pu attendre du basque qu’il attend un sprint réduit. Ce qui n’a pas été le cas. Le coureur est imprévisible. Il peut donc bénéficier de cette fougue en cas de final mouvementé qui le placerait en bonne position. Comme son équipe peut profiter du surnombre pour soit jouer les offensives, soit rouler pour lui et faire confiance en son sprint. Après tout si Pidcock a battu WVA pourquoi Aranburu ne le pourrait pas ? Kasper Asgreen a bien à l’usure eu Mathieu van der Poel.

En parlant de Tom Pidcock, le vainqueur de De Brabantse Pijl s’aligne en tant que figure de proue des Ineos Grenadiers. Son sprint n’est plus à démontrer après ses victoires en massif chez les amateurs mais aussi sa troisième place à Kuurne-Bruxelles-Kuurne et surtout son sprint victorieux face à WVA. Seulement, l’Amstel Gold Race avec ses routes étroites nécessite un placement toujours constant. Ce qui est le poids faible déjà vu de Pidcock sur l’Omloop Het Nieuwsblad. Le britannique peut subir les cassures et enchainer les efforts superflus. Dans un sprint plus plat qu’il y a quelques jours, la marge se réduit pour le multiple champion du monde de cyclo cross chez les amateurs. D’autant que malgré sa victoire, il semblait parfois à la rupture dans les monts de la Flèche Brabançonne. Des points qui viennent en somme noircir le tableau, de la pépite britannique qui a acquis sa première victoire World Tour et est désormais libéré d’un poids.

La liste de prétendants est grande entre hommes déjà en vue comme Greg van Avermaet, Ide Schelling, Dylan Teuns, etc ou d’homme rapide comme Daryl Impey ou Maximilian Schachmann entre autres. Mais s’il y avait un coureur à nommer, c’est sans doute le malchanceux Michael Matthews qui aura sur le mondial d’Imola montré toute sa durabilité sur les courses d’usure.

Non loin de gagner l’Amstel, il y a quelques années, l’autralien arrive vraisemblablement en forme. Dans le groupe de gagne de Gent-Wevelgem et de Milan San Remo, Bling-Bling pourrait profiter d’une équipe misant sur son sprint et d’un Smith Dion en forme le lançant si tel est le cas.

PRONOSTICS

Alex Aranburu vainqueur : 25 – 0.25 % (Winamax) / podium : 9 – 0.25 % (Winamax)

Omar Fraile vainqueur : 60 – 0.25 % (Zebet) / podium : 20 – 0.25 % (Winamax)

Primoz Roglic podium : 3 – 0.5 % (Betclic)

Etape 5 Itzulia Basque Country 2021 Preview

160 kilomètres reliant Hondarribia et Ondarroa, pour un dénivelé positif total de 2256 mètres. Une étape sur le papier promise aux sprinteurs. Mais à l’image de la Volta a Catalunya, rares sont les hommes les plus rapides à avoir fait le déplacement. Tant le Pays Basque est une terre hostile aux sprinteurs.

SPRINT OU ECHAPPEE, TELLE EST LA QUESTION ?

A l’aune d’une étape marquée par plus de 100 kilomètres de bataille intense pour que l’échappée du jour ne se forme, les équipes de leaders voudraient sans doute une étape de transition. Ce qui donne du crédit à une échappée. A l’aube d’une étape décisive pour le classement général, principalement résumé par un mano-a-mano entre les UAE Emirates et les Jumbo-Visma, les différentes équipes verraient d’un bon oeil un éventuel accessit en misant sur leur élément le plus rapide. Ce qui donne du crédit à un sprint massif. Comme à chaque fois, il y a du pour et du contre. Il convient de se pencher vers les équipes qui ont le plus intérêt à miser sur leur sprinteur.

  • Bora Hansgrohe : Ide Schelling est la carte sprint assez naturelle. Maximilian Schachmann est le leader de l’équipe allemande pointe à 1’32. 12e du GC, le podium à un peu plus d’une minute semble compromis. L’équipe est réputée pour mettre le collectif au service tantôt de son leader sur les étapes accidentées, tantôt de son sprinteur sur les étapes qui sont promises à une arrivée massive. Une fois n’est pas coutume avec un allemand ne visant plus qu’un Top 10, l’équipe devrait être parmi les premiers à prendre les choses en main.
  • EF Education Nippo : l’équipe américaine emmène avec elle le favori, Magnus Cort Nielsen. Intrinsècquement sans doute le plus rapide du peloton. Une occasion en or de ramener une victoire d’étape. Mais un plan B avec Sergio Higuita, qui préfèrerait une arrivée plus en bosse, est envisageable. 10 secondes de bonification qui pourraient ramener le colombien aux portes du Top 10.
  • Israel Start-Up Nation : avec Daryl Impey et Patrick Bevin, les ISN ont des hommes rapides pour aller chercher le gain d’étape. La chute de Michael Woods leur a sans doute enlever leur meilleure chance de victoires. Mais leur deux méridionaux ont montré beaucoup de forme et possède une très bonne pointe de vitesse au sprint.
  • Astana Premier Tech : déjà lauréat, Alex Aranburu a une occasion parfaite pour doubler la mise aujourd’hui. La question repose cependant pour les kazashks de savoir si des coureurs rapides comme Omar Fraile ou Alexey Lutsenko se glisseront ou non à l’avant pendant qu’Aranburu reste au chaud dans le peloton. Si tel est le cas, l’équipe ne sera pas mis à contribution. Dans le sens inverse, le train bleu pourrait faire des dégâts dans le final.
  • Bike Exchage : après avoir été en vue sur les sprints du Tour de Catalogne, Smith Dion a une occasion parfaite pour aller glaner la première victoire de sa saison.
  • Caja-Rural : rares sont les équipes Conti à s’employer en tête de peloton au lieu de miser sur les éternelles échappées publicitaires. Pourtant l’équipe espagnole pourrait être en vue avec la carte sprint Jon Aberasturi.
  • Euskaltel Euskadi : une problématique similaire avec Mikel Aristi pour la célèbre équipe basque.

Nombre sont les équipes qui peuvent prétendre à mener la chasse derrière les fuyards. Le symbole d’autorité pour se faire dès le départ pour éviter qu’un groupe trop conséquent ne prenne le large. Le terrain est idéal pour contrôler avec la fatigue accumulée de la veille, les plus téméraires pourraient se faire petit et être résignés à un sprint. Même des équipes comme la Deceuninck Quick Step ou la Lotto Soudal peuvent miser sur respectivement Mikkel Honoré et Stefano Oldani pour un sprint. La liste peut très vite s’allonger, avec une équipe qui n’est pas représentée dans la bonne échappée du groupe pour se mettre en ordre de marche.

Avec des sommets à 44.9 et 28,7 kilomètres de l’arrivée, les difficultés de Gontzagaraigana et Urkaregi pourraient perdre à certaines équipes de durcir la course.

Sans doute les pentes d’Urkaregi sont les plus propices à ce genre d’opération. 5 kilomètres à 4.8 % peut permettre de décrocher quelques sprinteurs mais globalement peu. Les sprinteurs purs n’ayant fait le déplacement.

Problème supplémentaire pour lesdites difficultés : le vent défavorable qui joue en faveur des sprinteurs. D’autant que la vingtaine de kilomètres restants permet aisément un regroupement.

Pays Basque oblige, le final est parsemé de petits repechos. Les dix derniers kilomètres ne font pas figure d’exception. Le premier dont le toit est situé à 6.5 kilomètres de l’arrivée fait penser au Capo Mele en longuant le littoral.

Un lève cul en sortie de ville de Mutriku et un dernier aux abords d’Ondarroa.

Rien de bien vraiment méchant mais à 2 kilomètres de l’arrivée, certains voudront sans doute y tenter une late attack. La question est : le rythme imposé par les trains de sprinteurs leur permettront-ils de sortir ?

Après une decente vers le centre ville, à 800 mètres le peloton doit s’étirer. Pensant de deux voies à une par l’effet d’un rond point (à passer par la gauche).

A 600 mètres, un autre carrefour giratoire à prendre une nouvelle fois par la gauche.

Avant de conclure par un tournant à droite où la route se rétrécira à 250 mètres.

Virer dans les premiers de cordée y est primordial pour espérer disputer la victoire. Le placement s’avère donc nécessaire au sommet du dernier repecho pour entamer la descente rapide en tête et passer la flamme rouge dans les premières positions.

Qui dit positionnement primodial dit train, la tendance mène vers les équipes de leaders ne voulant subir de cassures dans un final tortueux. A ce jeu, les UAE émirates seront nécessairement bien placés pour Brandon McNulty et Tadej Pogacar. Marc Hirschi sera mis à contribution de l’équipe mais le final est rapide pour un homme si explosif et pourtant peu nommé. En défense demain du maillot de leader, le suisse préparant les ardennaises n’aura pas l’occasion de se tester. Ce qui n’est pas nécessairement le cas sur l’arrivée du jour. Les suiveurs occasionnels seront néanmoins que le petit Cancellara est rapide et puissant. 2e de peu à Nice battu par le tout aussi explosif Julian Alaphilippe, Hirschi avait presque réussi à faire la nique à Tadej Pogacar et Primoz Roglic à Laruns mais été à cours à cause de son long raid solitaire. 2e malheureux à Liège-Bastogne-Liège en étant gêné par la vague de Julian Alaphilippe, Hirschi a montré qu’en forme c’est un coureur redoutablement rapide. Il n’y a qu’à voir le nom du sprint dans le Top 10 de Saintes-Maries-de-la-Mer dont il faisait partie pour s’en convaincre. Ce sont les suiveurs les plus avisés qui l’auront remarqué bien avant l’année dernière. Que ce soit en Allemagne mais surtout au Binck Bank Tour et à la Klasikao. Si Hirschi aborde protégé le final, il sera nécessairement bien placé et pourrait entamer les derniers mètres dans les coureurs de tête.

Evidemment, il faudra faire face pour cela au train Astana mais aussi de la Bora Hansgrohe. Dans un sprint plat, avantage sans doute à Ide Schelling sur Alex Aranburu. Le néerlandais est très en vue en ce moment. L’absence de Peter Sagan lui donne les clés du sprint aujourd’hui. Troisième du sprint du peloton à l’étape de Calella en Catalogne, le coureur se sera montré sous son meilleur jour lors de l’étape de Mansera où il lui aura manqué peu pour passer le Montserrat. Il aura impressionné sur le GP Industria & Artigianato où au kilomètre il aura signé un retour sur les hommes de tête.

S’il est des hommes rapides qui ne sont jamais bien loin depuis le début de saison, Jon Aberasturi et Mikel Aristi ne sont jamais bien loin de planter leur première gagne de la saison. Le premier rapide à Cholet échoue face à Elia Viviani et le second par deux fois depuis l’ouverture de la saison. Pourtant si une préférence doit aller ce serait vers le coureur de la Caja Rural.

PRONOSTICS

Ide Schelling vainqueur : 30 – 0.25 % (Betclic) / podium : 8.5 – 0.25 % (Winamax)

Marc Hirschi podium : 11 – 0.25 % (Unibet)

Jon Aberasturi podium : 3.9 – 0.5 % (Unibet)

Etape 4 Itzulia Basque Country 2021 Preview

189.2 kilomètres reliant Gasteiz à Hondarribia, avec un total de 2646 mètres de dénivelé positif. L’étape du jour ressemble à une occasion parfaite pour l’échappée d’aller se disputer la victoire d’étape. Mais qu’en est-il vraiment ?

Le classement général à l’issue de la veille permet plus de marge de manoeuvre pour la Jumbo-Visma. Maintenant le Top 10 se tient en 1’09 et les coureurs au delà du Top 20 possèdent un débours de plus de deux minutes.
Le départ se fera avec un vent estimé à 20 kilomètres par heure sur une portion roulante : 48 kilomètres à -0.7 %. Avec un vent si favorable, si l’étape s’y forme, ce sera nécessairement une échappée de gros moteurs. Mais nombre sont les équipes qui désireront être représentées à l’avant. Ce qui augure une bataille d’une bonne heure jusqu’au pied de la première difficulté.

En tournant à Vergara, les coureurs adoreront les premières rampes de Deskarga. La première difficulté du jour (3 kilomètres à 7.7 %) offre le terrain parfait pour qu’un groupe puisse s’extraire du peloton.

Ici même, le vent tournera en défaveur.

Sur des portions découvertes, cela ne peut que favoriser une échappée de grimpeurs costauds avec des rampes allant jusque 12 %. La question des espoirs de ladite « bonne du jour » reposera sur deux aspects concomittants :

  • les hommes qui la compose sont-ils dangereux au classement général ? Si tel est le cas, alors la Jumbo-Visma sera obligé de rouler et maintenir l’écart avec les hommes de tête de crainte de ne perdre le maillot de leader.
  • combien d’équipes sont représentées à l’avant ? Il va de soi que certaines équipes ont les clés des chances des fuyards. Si aucun Movistar n’est à l’avant, alors l’équipe espagnole roulera pour Alejandro Valverde qui a de bonnes chances en cas d’arrivée de leaders. Si aucun Astana Premier Tech n’est aux avant-postes, alors les kazashks rouleront pour le gain d’étape comme ils l’ont fait lors de la deuxième étape. Avec l’envie, les EF Education Nippo auront la veille étaient mis à contribution pour favoriser un retour du peloton et accroitre les chances de Sergio Higuita. Le colombien est rapide sur le papier, en cas d’arrivée de leaders, le petit gabarit est un des plus rapides. Les chances de victoires d’étape avec son champion national sont accrues pour l’équipe américaine. Une logique tout autant applicable avec la Bora Hansgrohe avec Maximilian Schachmann s’ils n’ont pas Patrick Konrad devant.

Dossard 161 : Michael Woods pouvait avoir un coup à jouer dans le final. Sans doute du fait de ses blessures faut-il éliminer le canadien et les Israel Start-Up Nation des équipes prétendantes à la chasse. Quoi qu’il en soit, la main d’oeuvre potentielle et le risque d’un homme bien placé au GC à l’avant reste présente. Ce qui ne garantie en rien le succès de l’échappée.

Le Jaizkibel (7.9 kilomètres à 5.5 %), montée traditionnelle de la Klasikao (Clasica San Sebastian) pourrait être le théâtre des premiers écrémages à l’arrière. Le pourcentage moyen ne rend certes pas honneur à la montée de deuxième catégorie mais c’est essentiellement dû à ses 800 mètres à -1% en son milieu et son replat sur le dernier kilomètre. Un sommet à 41.5 kilomètres de l’arrivée qui ouvre le champ des possibles.

Une descente rapide qui ne devrait pas offrir de répit où les Astana pourrait encore une fois en tirer profit.

Le mur d’Erlaitz (3.8 kilomètres à 10.6 %) ressemblerait presque au final de la veille. Bien que les pourcentages maximums y soient moins abruptes, « seulement » 13 %. Un profil qui offre des possibilités de course dans la course, tout comme de bataille entre les leaders si jonction il y a eu. A ce jeu, les UAE émirates ont un coup à jouer avec Tadej Pogacar à 20 secondes de Primoz Roglic mais aussi Brandon McNulty à 30 secondes.

Une descente peu technique et roulante pour remonter vers Irun.

Une fois dans Hondarribia, le final chaotique peut commencer avec une succession de carrefours giratoires.

A 1.5 kilomètres, un rond-points à prendre par la droite pour…

… déboucher dans une rue à sens unique. Un lieu idéal pour une late attack si une équipe est représentée en surnombre, pouvant faire barrage aisément et laisser filer leur comparse avant que la chasse ne soit prise en compte par les autres membres du groupe de tête. Une situation d’autant plus propice lorsqu’un équipe dispose de plus d’éléments que les autres qui auront possiblement plus de mal à collaborer dans l’immédiat.

A la flamme rouge, la route retrouve de la largeur.

Avant de déboucher sur un rond point à 700 mètres de la ligne.

Lui même débouchant sur une route coupée par un terre plein central.

300 mètres : un dernier rond-point qui oblige à virer dans les premiers pour espérer viser le gain d’étape.

Sortie de rond point : des aménagements urbains qui ont visiblement l’air modulable. Donc potentiellement de la deux voies sur les 200 derniers mètres.

Et débouler sur la ligne d’arrivée vent de dos (13km/h).

Très indécise, il est une certitude. Les Astana après leur démonstration sur le final de Sestao pourrait encore une fois sortir une « Astanasterclass ». L’équipe a les éléments pour aller chercher la victoire dans l’échappée, tout comme avec les leaders en profitant du surnombre et du tumultueux final. « Number… number… number » comme rabâcherait Patrick Lefévère. Détenteur du KOM Strava de la montée d’Erlaitz chez les amateurs : Oscar Rodriguez pourrait être la carte échappée des Astana. Intrisècquement bon dans les murs, l’espagnol a la marge de manoeuvre adéquate pour prendre le large sans être inquiété. Pointant à 18’46 du leader. Mais l’équipe compte aussi dans ses rangs des coureurs en forme en chasse d’étape dont Alexey Lutsenko, brillant sur le GP Indurain et déjà très en vue depuis le début de saison. Ainsi qu’Omar Fraile venant sur ses terres en conquête d’une victoire d’étape.

Si leader, il devait y avoir. Les UAE émirates ont toutes les cartes pour faire vasciller Primoz Roglic et l’esseuler. Jonas Vingegaard aura fort à faire pour contrer les offensives de Brandon McNulty. Qui pourrait profiter du chaos pour sortir comme il l’a déjà fait à Tortoreto sur le dernier Giro. En profitant du marquage des deux slovènes et ainsi rebattre les cartes du GC mais surtout de faire peser encore plus une double menace sur les épaules de Primoz Roglic.

Une étape assurément à livebet, au vue de l’évantail des possibles multiplier les picks n’est pas une mauvaise option mais pas celle que je choisis de privilégier avec l’inconnu de l’issue qui rend la loterie encore plus incertaine.

PRONOSTICS

Omar Fraile ou Alexey Lutsenko vainqueur : 6.5 – 0.5 % (Unibet)

Brandon McNulty podium : 18 – 0.25 % (Betclic)

Oscar Rodriguez vainqueur : 125 – 0.1 % (PMU)

Oscar Rodriguez podium : 30 – 0.15 % (Winamax)

Étape 3 Itzulia Basque Country 2021 Preview

167.7 kilomètres pour 2591 mètres de dénivelé positif et une arrivée en véritable mur, qui devrait assurer creuser les écarts au classement général. Avec deux slovènes qui ont prouvé leur capacité et supériorité sur ce type d’arrivée et Israël Start-Up Nation comptant sans doute le meilleur coureur du monde dans les pourcentages à deux chiffres, les espoirs des échappées semblent vain.

Dans le prolongement du sprint intermédiaire, le sommet de la cote de Llodio n’est situé qu’à une petite quinzaine de kilomètres. Les premiers mouvements au sein du peloton devraient y avoir lieu. A l’image de la veille, l’équipe Astana Premier Tech par son surnombre de coureurs puncheurs pourraient profiter de cette occasion avec les coureurs de la Bora Hansghore pour désorganiser le groupe et d’esseuler au maximum Primoz Roglic et Tadej Pogacar qui font tout deux figures d’épouvantails.

Mais mieux vaut être accompagné dans la folle aventure avec une descente plutôt favorable à un groupe de chasse.

Suivi immédiatement du Malkuartu dont la partie la plus raide est à 10.2 % sur 1680 mètres en son pied. Un premier écrémage important ne peut qu’y être fait tant les pentes sont terribles.

Cette fois, les fuyards peuvent profiter d’une descentes certes peu technique mais n’offrant jamais un visuel à un groupe de chasse puisqu’en partie totalement boisée.

Les seuls passages techniques à trois lacets en son début.

Pour conclure par une arrivée finale infernale : Santa Maria d’El Yermo à Ermualde. Pas moins de 3.3 kilomètres à 10.2 % dont 2.5 kilomètres à 12.5 % n’offre guère d’endroits où se cacher.

Sur de petites routes, mieux vaut aborder la difficulté dans les premiers de cordée.

Y avoir un train ou des coéquipiers est accessoire, tant les pentes sont raides. Les coureurs n’en tirent aucun bénéfice. Tout se fait à la pédale. Les plus forts s’isolent, les plus faibles prennent un tir. A un peu moins de 1.5 kilomètres de l’arrivée, la pente se radoucie… Enfin passant de près de 19 % à 11 %.

On pourrait se poser la question de l’influence du vent mais la zone est totalement couverte jusqu’aux 200 mètres. Ce qui fait que le vent n’aura que peu d’impacts dans la montée finale du jour.

Je pense que demain (l’arrivée à Ermualde) me convient beaucoup mieux.

Michael woods

S’il est un coureur qui a mis un cible sur cette étape, c’est Michael Woods. Le coureur de la Israel Start Up Nation vient en véritable conquérant. Avant même de démontrer ses capacités bien connues sur les pentes à deux chiffres, il convient de faire remarquer que le leader des ISN a repéré le final dimanche dernier : https://www.strava.com/activities/5067240574/segments/2813763287653532620

Gravisant Santa Maria del Yermo en 12’32 soit une moyenne de 16 km/h, prenant le KOM Strava par l’occasion. Un KOM pris tout autant sur la partie raide : 10’15 à 14.6 km/h. Une moyenne qui montre l’étendue de la difficulté.

Rusty Woods est un adepte des performances sur les murs. Gardien de la victoire sur le Mur de Fayence (1.2 kilomètres à 9.8 %) en début de saison, il avait répondu présent à son statut de favori. Vainqueur triomphal de l’étape des murs à Saturnia du Tirreno-Adriatico 2020, il s’échappant sur les pentes du Poggio Murella (1.6 kilomètres à 10.8 %). Sa troisième place à la Flèche Wallonne en démarrant de très loin par rapport à Marc Hirschi et Benoit Cosnefroy n’est pas sans montrer une fois de plus que c’est sur les pentes les plus abruptes que le canadien excelle. Sa victoire à Milan – Turin avec l’arrivée au sommet de Superga (4.1 km à 9.8 %) devant Alejandro Valverde et ses places d’honneur à San Luca (2.1 km à 9.4 %) ou même au mondial d’Innsbruck dans le Gramartboden (2.8 km à 11.5 % – max 25 %) atteste encore une fois que son palmarès est fleuri lorsqu’il faut résister au lactique.

Mais pour vaincre, il faudra se défaire du leader du général. Qui l’avait battu précisément à l’arrivée de San Luca. En effet, Primoz Roglic est sans nul doute l’un des meilleurs coureurs lorsque l’on parle de murs indigestes. Délaissant un peloton tout entier sur les pentes du col de Durbize (1.2 km à 10.3 %) pour aller conquérir la victoire à Chiroubles sur le dernier Pars-Nice. Le slovène s’est toujours offert ses adversaires sur les pentes les plus raides. Tout le monde aura en tête sa cadence de pédalage sur le Pas de Peyrol où il était sorti vainqueur de son duel avec Tadej Pogacar, voire même au Col de la Loze. Mais c’est sans doute sur les pentes de Los Machucos (6.9 à 8.6 %) et Mas de la Costa (4.1 km à 12.2 %) que Rogla s’est montré à son aise.

Attention tout de même à Tadej Pogacar qui aura montré une nouvelle fois un visage aggressif sur l’étape de la veille dans la montée d’Asturiana. Le compatriote de Roglic n’est pas en reste dans ces pentes où il aura maintes fois fait jeu égale. Michael Woods a tout intérêt de profiter du marquage des deux autres pour tirer profiter de la situation et éviter un sprint sans doute perdu d’avance. A ceci près d’un tel sprint se fait sur la réserve, ce qui donne une chance à Rusty Woods face aux ogres slovènes.

D’autres coureurs méritent forcément une mention honorable. Forcément David Gaudu attirera l’oeil des français. Le coureur de la Groupama-FDJ souhaite se préparer pour les ardennaises et après un final repéré lui aussi dimanche aura à coeur de briller. A l’image d’un Adam Yates tout aussi alaise lors que la pente s’élève mais sa passivité la veille pose question pour un coureur aux résultats souvent en dents de scie. Sans doute du mal à croire en Maximilian Schachmann au vue de la longueur de la difficulté. Tout comme à Alejandro Valverde, souvent battu sur son terrain depuis deux ans surtout pas les slovéniens. Tout comme Marc Hirschi dont le rôle devrait être de rester au près de son leader. Et s’il était une surprise ? Oscar Rodriguez pourrait être une belle carte pour les Astana aujourd’hui. Un podium à 50 un poil haut pour un prétendant au Top 8.

PRONOSTICS

Michael Woods podium : 2.15 – 1.5 % (Unibet)

Michael Woods vainqueur : 5.9 – 0.25 % (Winamax/PMU)

Michael Woods et Primoz Roglic sur le podium : 3.8 – 0.25 % (Betclic)

Etape 2 Itzulia Basque Country 2021

154.8 kilomètres pour 2518 mètres de dénivelé positif reliant Zalla à Sestao, pour une étape promise à un sprint des puncheurs au sein du peloton ; du moins, sur le papier. Si l’étape est parfaitement contrôlable, le final l’est-il pour autant ?

DE L’ORAGE DANS L’AIR POUR UN FINAL CHAOTIQUE

Un temps exécrable : de la pluie, du vent et moins de 10°C. Des conditions climatiques que certains vont adorer et que d’autres vont assurément détester.

La Asturiana (7.4 kilomètres à 6.5 % de moyenne – max : 14 %) mais une difficulté majeure dans sa première moitié. Les 2.8 premiers kilomètres étant à 10.5 % de moyenne.

La route se prête aux mouvements très tôt dans Asturiana d’une part avec une météo favorable : vent de dos. D’autant que la zone est pour une bonne partie couverte, ce qui n’est pas pour freiner les attaques.

Des mouvements d’autant plus favorisés par des routes peu larges.

Sans offrir un visuel conséquent. La chasse n’est pas favorisée dans ces conditions, quand bien même un train serait en marche. Bien inspiré seront les mouvements tant contrôler les attaques devrait y être compliqué,

Une descente technique menant à 3.6 kilomètres de l’arrivée. Un endroit idéal pour maintenir l’écart et même l’amplifier. Impossible de ne pas être tenter d’y aborder Asturiana en tête, le sommet n’est qu’à 14.3 kilomètres de l’arrivée. Ce qui offre 11 kilomètres de descente.

Un point crucial où l’organisation de la chasse est quasi impossible. Surtout dans un peloton n’y prenant pas tous les risques dans les virages humidifiés par la pluie contrairement aux hommes de tête désireux d’aller décrocher le gain de l’étape (si tenté qu’ils n’aient pas le skill de Zakarin).

1.9 kilomètres de l’arrivée : un premier rond-point qui doit nécessairement étirer le peloton ou un groupe de tête conséquent si regroupement il y a.

La flamme rouge commence une nouvelle fois par le second rond-point de ce final.

Avant d’entamer le début du final à 600 mètres de la ligne d’arrivée…

… dont les 300 premiers mètres sont à pas moins de 11.5 %

Les premières rampes collent au bitume avec des pourcentages à près de 16 %.

Sur des routes normales..

Il conviendra de prendre la droite de la route pour éviter les ralentisseurs au sol…

… avant d’entammer le dernier kick à 300 mètres…

… et d’aborder les 200 derniers mètres totalement plat qu’il faudra aborder dans les trois premières places pour espérer décrocher la victoire d’étape à Sestao.

UNE CHANCE POUR LES SECONDS COUTEAUX

La montée d’Asturiana implique que les risques d’attaques seront omniprésentes. La Jumbo-Visma possède le maillot de leader sur les épaules de Primoz Roglic. Le slovène a seulement deux secondes d’avance sur Brandon McNulty. Mais aussi et surtout dix-huit et vingt-quatre secondes sur ses coéquipiers : Jonas Vingegaard et Tobias Foss. Les killer Wasps ont ainsi une belle carte à jouer. Le final scie parfaitement au récent vainqueur de la Vuelta. Son équipe devrait être au tempo dans Asturiana pour le porter vers les dix secondes de bonifications accordées au vainqueur. Dans un final rappelant celui de Suances, l’ancien sauteur à ski à montrer qu’il était l’un des meilleurs sur ce type de finition. Un final qui tend à montrer que virer en tête aux 200 mètres est important. Les trois premiers (Primoz Roglic, Andrea Bagioli, Félix Grosschartner) ayant viré en 2, 3 et 4 derrière un Guillaume Martin s’écrasant. Récemment, l’arrivée de Biot lors de Paris-Nice n’a fait que confirmer l’impression ressentie en Espagne.

Cependant, la position du danois est excellente. Vingegaard a tout intérêt à suivre les mouvements pour obliger les autres équipes en prendre en compte la chasse et forcer un regroupement. Si le final est cousue main pour Primoz, il l’est tout autant pour Vingagaard qui se sera révélé d’abord sur les pentes du Jebel Jais, crucifixiant Alexey Lutsenko à 50 mètres de la ligne. Mais surtout à la semaine Coppi e Bartali en s’adjuvant deux victoires d’étape (Sogliano al Rubicone et l’arrivée punchy de San Marino) ainsi que le classement général. La dernière étape de Forli aurait pu être coché à son compteur tant il a semblait l’offrir à son dauphin Mikkel Honoré, le GC étant assuré.

Roglic devrait se contenter de rester au marquage de l’américain des UAE Emirates et principalement de Tadej Pogacar. Son compatriote au caractère offensif n’est plus à démontrer ne pointant qu’à vingt-huit secondes. Là encore, les UAE Emirates avec Marc Hirschi à trente-huit secondes ont une autre carte stratégique pour tenter de dynamiter le final et esseuler au maximum Primoz Roglic en le forçant à sauter sur le plus de coups possibles. Le suisse vainqueur de la Flèche Wallonne a montré, l’an passé, en forme, qu’il est le puncheur du moment capable de rivaliser avec Julian Alaphilippe. Ses talents de descendeur ne sont plus à démontrer. L’ombre au tableau réside dans sa forme du moment, en construction pour les ardennaises. Aura-t-il le bon de sortie ? Ou devra-t-il travailler pour Tadej Pogacar qui a une occasion à l’arrivée de combler son retard sur Roglic ? Des chaines qui pourrait le contraindre dans un final avec les deux slovènes à lancer son leader et tester sa condition en étant mis au service du collectif tourné vers le vainqueur du Tour UAE et du Tirreno-Adriatico.

Trois ans en arrière, le final pointerait directement vers Alejandro Valverde. Le leader de la Movistar pointe à 43 secondes de Roglic. Si le UAE Tour n’augurait rien de bien, le Tour de Catalogne semblait montrer un Valverde sur une courbe ascendante. Mais c’est réellement sa victoire ce week-end, au GP Miguel Indurain, qui redore le blason du vétéran espagnol. La Movistar, fidèle à elle-même, pourrait être d’une grande aide à la Jumbo-Visma pour favoriser un sprint en comité réduit de leaders/puncheurs. Tentant d’imprimer un tempo, l’équipe locale pourrait faire le travail pour Roglic qui n’aurait jusqu’à son rôle de marquage.

Si l’on parle de Suances et d’hommes offensif, forcément Guillaume Martin fait partie des dynamiteurs qui seront intéressés pour durcir le final. Le français de la Cofidis Solutions Crédits a montré sa forme sur les routes de Paris-Nice et nul doute qu’il participera à la fête. Le problème du français résidant principalement dans son anticipation… Toujours trop tôt.

Dans la même position que la Movistar, les Bora Hansgrohe eux devraient miser sur une montée moins explosive pour ne pas faire rompre Maximilian Schachmann dès le pied. Passé les passages les plus raides, l’allemand est en position de disputer la victoire étant un excellent puncheur et descendeur. Le seul qui a pu tant bien que mal rivaliser face à Roglic sur Paris-Nice. Sans doute, l’équipe Astana Premier Tech a plus ce rôle avec Alex Aranburu qui sera privilégié pour le gain de l’étape comme il l’était à Suance. Mais s’il n’est pas présent, Omar Fraile qui lui avait servi de pilote pour durcir la montée pourrait disputer ses chances ; tout comme un Jakob Fuglsang. Mais à 1 minute 03, si attaque il y a dans Asturiana, Alexey Lutsenko pointe en tête des hommes avec une marge de manoeuvre plus importante.

La liste de prétendants est longue, une vingtaine d’hommes coche un certain nombre de cases pour remporter la victoire d’étape. Deux équipes pourraient cependant être à l’offensive et miser sur des coureurs qui excellent sousmauvais temps. D’aborrd, la Deceuninck Quick Step semble avoir un coup à jouer avec Mauri Vansevenant. Mais c’est probablement vers Mikkel Honoré qu’il convient de se tourner. Deuxième du Général de la Coppi e Bartali, le danois est en forme. Quand on parle de temps pluvieux, on pense forcément aux danois qui y excelle. A 46 secondes au GC, la marge dde manoeuvre est permise. Le jeune de 24 ans désire à se tester sur les classements généraux quand il en a l’opportunité. L’occasion est parfaite pour la DQS qui peut miser sur Mattia Cattaneo et Vansevenant en plus pour mettre le feu au pétard. En face, les Ineos Grenadiers ont un intérêt au chaos. Adam Yates est en bonne position pour un podium au GC (28 secondes de Roglic). Mais les britanniques seront forcément intéressés à faire vasciller les slovènes. Richard Carapaz pourrait être utiliser en artificier comme sur les pentes de Vallter 2000. A ceci près que, la marge de manoeuvre est plus importante. L’équipe désire tester des coureurs en phase de course. L’équatorien pourrait l’être dans un cadre offensif. Bien placé à Suances, les finaux punchy lui conviennent. En démontre Fracasti où Carapaz avait fait la nique à Caleb Ewan et Diego Ulissi.

PRONOSTICS

Jonas Vingegaard vainqueur : 40 – 0.25 % (Winamax) / podium : 14 – 0.25 % (Unibet)

Mikkel Honoré vainqueur : 30 – 0.25 % (Unibet) / podium : 9.5 – 0.25 % (Unibet)

Richard Carapaz vainqueur : 35 – 0.25 %(Winamax) / podium : 12 – 0.25 % (Unibet)

Tour des Flandres 2021 Preview

De Ronde van Vlaanderen version 2021 ressemblera à s’y méprendre au parcours 2020. Avec ses 254.3 kilomètres qui seront à parcourir, la 105e édition évite cependant l’amputation d’une quizaine de kilomètres de l’an passé. Mais cette année encore l’abandon du Mur de Grammont se poursuit. Plus symbolique que décisif, le Mur de Grammont n’était guère l’endroit clé du parcours étant situé beaucoup trop loin de l’arrivée depuis le changement de parcourir opéré en 2012.
Par rapport à l’édition 2019/2020, le final reste le même avec l’enchainement mythique (Kruisberg, Vieux Quaremont et Paterberg) suivi des treize derniers kilomètres sans difficultés menant à Audenarde.

LE VIEUX QUAREMONT, NOUVEAU JUGE DE PAIX DEPUIS LE FINAL A AUDENARDE ?

editionssecteur clé pour la victoiredistance de l’arrivéenombre de coureurs s’y degageant
2020Descente Steenbeekdries393
2019Oude Kwaremont171
2018Oude Kwaremont191
2017Oude Kwaremont551
2016Paterberg131
2015Sommet du Kruisberg en facteur282
2014Descente vers Ronce312
2013Oude Kwaremont182
2012Oude Kwaremont183

Depuis le remplacement en 2012 du final Mur de Grammont – Bosberg par le Vieux Quaremont – Paterberg, la course s’est jouée par cinq fois sur les neufs éditions qui ont eu lieu dans le Vieux Quaremont (par quatre fois dans son dernier passage). Du moins par cinq fois, les vainqueurs s’y sont isolés définitivement et s’y sont maintenus hors portée de fusil d’un groupe de chasse désireux d’accrocher le précieux Monument à leur palmarès.

MontNomDistance de l’arrivéelongueurpente moyennepente maximalerevetement
1Kattenberg152.1 km800 m6 %11 %asphalte
2Oude Kwarement133.1 km2200 m4 %11.6 %1500 m pavé
3Kortekeer122.6 km1000 m6.7 %17.1 %asphalte
4Eikenberg114.9 km1200 m5.2 %10 %pavé
5Wolvenberg111.8 km645 m7.9 %17.9 %asphalte
6Molenberg101.9 km463 m7 %14.2 %300 m pavé
7Marlboroughstraat97.9 km2040 m3 %7 %asphalte
8Berendries93.9 km940 m7 %12.3 %asphalte
9Valkenberg88.5 km540 m8.1 %12.8 %asphalte
10Berg Ten Houte76.1 km1100 m6 %21 %400 m pavé
11Kanarieberg70.6 km1000 m7.7 %14 %asphalte
12Oude Kwarement 54.6 km2200 m4 %11.6 %1500 m pavé
13Paterberg51.2 km360 m12.9 %20.3 %pavé
14Koppenberg44.6 km600 m11.6 %22 %pavé
15Steenbeekdries39.2 km700 m5.3 %6.7 %asphalte
16Taaienberg36.7 km530 m6.6 %15.8 %500 m pavé
17Kruisberg/Hotond26.5 km2500 m5 %9 %450 m pavé
18Oude Kwarement 16.7 km2200 m4 %11.6 %1500 m pavé
19Paterberg 13.2 km360 m 12.9 % 20.3 %pavé

A franchir par trois fois, le deuxième passage du Vieux Quaremont est souvent un passage charnier dans la course. Mais c’est évidemment sa longueur notamment ses 1.5 kilomètres pavés qui en font un secteur clé et privilégié pour s’isoler.

editionsvainqueur RVVplace à OHNPlace à E3place à GWEplace à DDV
2020Mathieu van der Poel//9 dans le groupe pour la victoire/
2019Alberto Bettiol/4 dans le groupe pour la victoireDNF51
2018Niki Terpstra51Victoire en solitaire399
2017Philippe Gilbert132 dans le groupe pour la gagne/2
2016Peter Sagan2 dans le groupe pour la gagne2 dans le groupe pour la victoire1/
2015Alexander Kristoff114 dans le groupe pour la troisième place9/
2014Fabian Cancellara/9 dans le deuxième groupe38/
2013Fabian Cancellara/Victoire en solitaireDNF/
2012Tom Boonen2 dans le trio pour la gagneVainqueur du sprint du pelotonVainqueur groupe des leaders/
2011Nick Nuyens/38 dans le cinquième groupe39Vainqueur du sprint du peloton
2010Fabian Cancellara/Vainqueur d’un trioDNF16 dans le peloton pour la deuxième place
2009Stijn Devolder736 dans le deuxième groupe pour la quatrième place5 dans le troisième groupe/
2008Stijn Devolder699 dans le troisième groupe pour la septième place6361
2007Alessandro Ballan/10 dans le deuxième groupe pour la sixième place//
2006Tom Boonen13 dans le cinquième groupeVainqueur d’un duo1175 dans le peloton pour la deuxième place
2005Tom Boonen2 dans le peloton pour la deuxième placeVainqueur d’un duo/80

Placé plus tôt dans la saison, briller à l’Omloop Het Nieuwsblad n’a guère bien réussi pour qui désire gagner le Tour des Flandres. Cependant, nombre de vainqueur ce sont illustrés au cours de leur saison de sacre. A l’image d’Alexander Kristoff qui n’aura certes pas accroché une autre flandrienne mais aura au départ du Ronde affiché un compteur de dix victoires en 2015.

Mais s’ils l’on compare les différentes flandriennes du calendrier qui ont eu lieu, c’est très nettement le Grand Prix E3 Saxo Bank Classic qui est le plus révélateur. Depuis 2005, hormis Nick Nuyens en 2011, tous les vainqueurs du Tour of Flanders ont figuré dans le Top 10. Une statistique qui en dit long mais Wout van Aert, 11e de la course et grand favori pour dimanche dira que « si les hommes mentent, pas les chiffres ; cependant les hommes peuvent faire mentir les chiffres« .

Le Berg Ten Houte est certes situé à 76 kilomètres de l’arrivée, ce qui le place loin de l’arrivée. Mais sa complexité avec 21 % en font un secteur où la course peut clairement imploser. C’est le secteur qu’a choisi Dylan van Baarle pour s’isoler et s’envoler vers une victoire en solitaire sur Dwars Door Vlaanderen (A travers la Flandre).

Moins pentu que le Berg Ten Houte, attention au Kanarieberg qui pourrait permettre d’accentuer l’avance prise dans le mont précédent. La course ne s’y gagne certainement pas, mais elle s’y perd assurément.

A 50 bornes de l’arrivée, les choses sérieuses commencent bel et bien réellement. La course ne débranche plus. Rare y sont les répits.

Le Koppenberg, un temps jugé trop dangereux, est un incontournable depuis 2008. 500 mètres à 13,3 % pour une pente maximale à 21.6% sur des pavés qui ont marqué sa légende en l’interdisant pour sa dangerosité. Le sommet étant à 45 kilomètres de l’arrivée, le raidar mythique invite aux mouvements.

Pas un secteur où la course se joue. Quoi que, c’est en facteur en faisant un trou dans la descente qui s’en suit que Julian Alaphilippe suivi de Mathieu van der Poel se sont extirpés l’an passé. Avant d’être rejoint par Wout van Aert et de filer vers une victoire certaine.

Le Taaienberg est une ascension de 600 mètres à 6.8% pour une pente maximale à 14,8%. Renommé en Belgique, Boonenberg le raidar est la rampe préférée de Tommeke. Tout le monde aura en souvenir l’ironie du destin qui a frappé le champion belge avec son double incident mécanique au pied de « SON » ascension. Peu décisive mais génératrice d’un écrémage constant, le Taaienberg n’échappe jamais à la règle avec un sommet situé à 37 kilomètres de l’arrivée.

Le Kruisberg ou le premier du tryptique final. 500 mètres à 8.2 % et une pente max à 10.5 %. Situé à 27 kilomètres, les attaques y sont monnaie courante pour anticiper le final. Une anticipation qui peut s’avérer payante comme celle de Niki Terpstra en 2018 qui y avait assis son sacre avant de déposer de manière décisive les derniers survivants de l’échappée dans Oude Kwaremont.

Mais c’est en général et à l’instar des grandes classiques dans le final que tout se joue.

Le vieux Kwaremont est l’ascension iconique du Flandre. Parcouru trois fois au cours de la journée, il aura marqué l’année 2017 avec la chute de Sagan et de Greg van Avermaet. 2.5 kilomètres à 3.7%, la pente maximale est tout de même à 12.3%. L’ascension du vieux Kwaremont est faite à bloc. C’est ici même qu’Alberto Bettiol à l’instar d’un Fabian Cancellara y a construit sa victoire finale grâce à une attaque tranchante.

Le Paterberg ou le mur de la dernière chance. Son sommet n’est qu’à un petit 13 kilomètres de la ligne d’arrivée à Oudenaard. 400 mètres à 13.1% et une pente vertigineuse à 21.3%, l’ascension est parfaitement pour les puncheurs. Sagan en 2016 n’hésita pas à attaquer Sep Vanmarcke pour se diriger vers une victoire en solitaire.

Reste les 13.5 kilomètres de plat menant à Audenarde…

… avec une dernière ligne droite finale pour un sprint impérial en comité réduit ou pour savourer une victoire en solitaire comme il se doit.

Un triumvirat si friable

A l’entrée des classiques, après un Strade Bianche autoritaire et un Tirreno-Adriatico tyrannique, le trio Mathieu van der Poel, Wout van Aert et Julian Alaphilippe était attendu pour écraser les flandriennes et ne laisser que des miettes à leur adversaire. Mais seulement Gent-Wevelgem s’est offerte au belge de la Jumbo-Visma. Même Milan san Remo a échappé aux trois champions. Une aubaine pour les opposants qui peuvent se réjouir d’un duel fratricide qui a fini harakiri.

Pour certains, la victoire de Wout van Aert à Wevelgem est teinté d’une baisse de forme, n’ayant réussi à faire la différence dans les monts. Mais avec un coéquipier dans le final et surtout 35 kilomètres à parcourir en solitaire, deux jours après un E3 éprouvant. Marqué par des bourraques et une course dynamitée très tôt. En avait-il l’intérêt ? Des trois, Wout van Aert semble être le plus fort du moment. Lâché dans les derniers kilomètres menant à Harelbeke, le double vice-champion du monde 2020 avait subi une crevaison au pire moment et avait dû payer les efforts consentis pour rentrer sur le groupe de tête après un contre dont il ne pu répondre. C’est à A travers la Flandre que Mathieu van der Poel a déçu en lâchant dans le Knokteberg. Là où Julian Alaphilippe l’a rejoint alors que le champion du monde était distancé de long date.

Pourtant, si MVDP et WVA n’ont pas autant brillé que prévu, c’est le Wolfpack qui s’est mis en avant. D’abord, en gagnant l’Omloop Het Nieuwsblad avec Davide Ballerini mais surtout en s’adjuvant à la manière l’E3 Saxo Bank Classic avec Kasper Asgreen. Une véritable masterclass dont seule l’équipe de Patrick Lefévère est capable. Mais les récents indicateurs obcurcissent l’horizon de la Deceuninck Quick Step. D’abord, le Wolfpack a subi la bordure initiée par les Ineos Grenadiers sur Gent Wevelgem. Ne pouvant appliquer la tactique : isoler, être en surnombre, esseuler. Une invisibilité du collectif sur Dwars Door Vlaanderen. Qui n’est jamais de bon ton à cinq jours du Ronde.

L’effectif du Wolfpack aligne l’armada : Julian Alaphilippe, Florian Sénéchal, Kasper Asgreen, Yves Lampaert, Zdenek Stybar, Bert van Lerberghe, Tim Declercq. Evidemment, les deux derniers sont au service du collectif tandis que les cinq autres sont des cartes diverses pour la gagne. Un grand Davide Ballerini serait sans doute cité parmi les leaders mais les récentes courses l’ont mis sur la touche. Sa présence est justifiée par l’absence de dernière minute de Zdenek Stybar. Dans une course mouvementée, Julian Alaphilippe est le leader naturel. A l’image d’un Tommeke champion du monde, la superstar français a une aura au sein du collectif où il est attendu pour faire la différence soit dans le Vieux Quaremont, soit dans le Paterberg. Comme il l’a déjà fait dans des finaux au profil similaire où Loulou s’est imposé au cours des trois dernières années :

  • Poggio -MSR 2019 (3.3 km à 3.7 % – max : 8 %) : 5.4 kilomètres de l’arrivée
  • Cote de Mutigny – TDF 2019 (900 m à 12.2 %) : 16 kilomètres de l’arrivée
  • Cote de la Jallière – TDF 2019 (1.9 km à 7.9 %) : 12.5 kilomètres de l’arrivée
  • Col des Quatre chemins – TDF 2020 (3.6 km à 7.6 %) : 11 kilomètres de l’arrivée
  • Gallisterna – Mondiale 2020 (2.7 km à 6.4 %) : 12 kilomètres de l’arrivée

Toutes les interrogations demeurent sur sa forme. Le français est sorti d’un Tirreno-Adriatico exténuant où il a réussi à remporter une étape. Ayant observé une période de repos d’une semaine, sa course de mercredi n’a pas donné de vrais bons indicateurs. Mais ne s’est-il pas réserver pour dimanche alors qu’il a une revanche à prendre avec le Tour des Flandres après sa chute de l’an dernier ?

L’effectif aligne en co-leader Florian Sénéchal, très en vue depuis le début de saison. Poisson pilote de Davide Ballerini dans le final de l’Het Nieuwsblad. Le vainqueur de Paris-Roubaix chez les juniors il y a 10 ans s’est montré tout autant à son avantage sur Bredene Koksijde (3e), l’E3 (2e) et A travers les Flandres (9e). Sa pointe de vitesse en fait un coureur redoutable en cas d’arrivée en petit comité. Ayant battu au sprint Mathieu van der Poel à Harelbeke.

Je suis bien évidemment très déçu du report de Paris-Roubaix 2021, même si je comprends les contraintes sanitaires. C’est une situation frustrante pour moi comme pour tous les nombreux fans de cette course. À titre personnel, je comptais me mettre en évidence sur ces routes mythiques, montrer tout mon potentiel. En général, les contrats professionnels se négocient à partir de mai jusqu’en juillet. Un report en octobre pénalise un coureur comme moi. Néanmoins, je serai sur La Vuelta pour préparer les Mondiaux. Si Paris-Roubaix a lieu la semaine après les Mondiaux, je serai prêt à 100%, vous pouvez me faire confiance.

florian senechal – 1er avril 2021 sur Twitter (tweet supprimé)

La période est charnière pour Séné, qui joue gros sur le Tour des Flandres avec le report de Paris-Roubaix. Si le talent du français est indubitable et que beaucoup aimerait signé un tel coureur. C’est surtout le poids d’un Monument dans le palmarès qui pèserait sur l’aspect financier de la négociation. Une envie de briller qui transcenderait le frenchy mais qui a aussi un poids négatif : l’aspect mental. De mauvaises décisions peuvent en découler, s’il considère qu’il joue son va-tout sur le Monument pavé des Flandres. Une potentielle épine dans le pied de la DQS, qui peut en subir les conséquences tactiques. Evidemment, rien n’est réellement perdu d’avance. Paris-Roubaix sera reporté juste après le Mondial dans les Flandres où il place son second pic de forme. Le français y sera tout autant en condition qu’actuellement.

A l’instar de l’E3, Kasper Asgreen tout comme Yves Lampaert ont un coup à jouer sur une attaque lointaine comme d’une late attack (attaque au kilomètre). Si le danois peut être mis à contribution plus facilement que le rouleur belge tôt dans la course. La forme de Lampaert malgré ses résultats est édifiante sur les récentes courses. Nul doute que si Lampy n’avait pas creuvé dans le final de l’E3, avec le raid solitaire d’Asgreen, il aurait probablement été la première carte late attack dans le final. Cette dernière a été exécutée avec brio par la danish dynamite. Que ce soit Paris-Roubaix 2019 où Lampaert aura joué le rôle d’équipier de luxe et pris la troisième place ou du Ronde l’an passé en accrochant une cinquième place. Le champion de belge 2018 est dans sa maturité, jamais bien loin de décrocher la plus belle victoire de sa carrière.

Evidemment face au Wolfpack, les deux grands favoris sont les éternels rivals dans les sous-bois. Mathieu van der Poel pourrait être à la fin de son pic de forme qu’il avait prévu de maintenir jusqu’à dimanche. Mercredi n’a pas été pour rassurer. Mais le champion du monde de cyclo-cross 2021 a-t-il subi un jour sans ? Les premières chaleurs lui ont-elles couper les pattes ? L’équipe pour emmener le tenant du titre n’est pas la plus forte sur le papier mais compétitive. Mais c’est véritablement, Gianni Vermeersch qui sous les radars fournis un travail qualitatif. 14e des Strade Bianche, 9e de l’E3 et 10e de Gent Wevelgem sont des placettes plus qu’honorifique. Si la Alpecin Fenix est inspirée, l’équipe aurait tout intérêt à avoir un plan B à MVDP. Mais si le néerlandais est en forme, il ne serait pas inopportun de placer un pion devant. Voire tout au moins d’envoyer un coureur dynamiter la course soit dès le Berg Ten Houte ou dans le deuxième passage du Vieux Quaremont. C’est ici que Vermeersch peut tirer son épingle du jeu et profiter éventuellement du marquage à l’arrière pour être dans le haut du panier. Sa pointe de vitesse au sprint comme nombre de cyclo-crossmen est rapide, ce qui lui confère une certaine confiance en arrivée en petit comité.

Mais avant cela, il faut se défaire de Wout van Aert qui apparait comme le grand favori. Dans une forme qui ne semble que se bonifier malgré un Tirreno-Adriatico toujours sur les devants de la scène. Le belge arrive en confiance après sa victoire à Gent-Wevelgem. L’équipe est forte pour mener la chasse. Toute la question est de savoir si l’équipe pourra l’accompagner le plus loin possible pour contrer le surnombre de la DQS avec un Nathan van Hooydonck qui aura annihiler toutes les tentatives dans le final de la dernière flandrienne disputée et remportée par son leader. La stratégie du belge se résumera sans doute à durcir de loin. Dès le Berg Ten Houte dont les rampes sont difficiles pour esseuler au mieux les équipes les plus sur-représenter et tenter un écrémage plus conséquent tôt dans la course. En arrivée groupée, le coureur polyvalent de la Jumbo-Visma a montré être l’un des plus rapide du peloton. Allant jusqu’à faire la nique à Caleb Ewan. Les erreurs de son sprint à l’arrêt, lancé aux 200 mètres sont retenus. Avec Paris-Roubaix de décaler, son calendrier est revenu mais l’objectif Tour des Flandres demeure.

Derrière ces pourfendeurs de classiques, l’équipe AG2R Citroën La Mondiale aligne son duo d’amis inséparables : Greg van Avermaet et Oliver Naesen. Les deux belges de l’équipe français ont tout d’un duo de choc mais n’ont pas réussi à trouver la clé jusqu’à présent.

Exit, la mise en quarantaine la semaine dernière pour cas de Covid-19. La Trek-Segafredo aligne son trio de sprinteurs : Jasper Stuyven, récent vainqueur de Milan San Remo, Edward Theuns et Mads Pedersen dont l’énorme potentiel n’est plus à démontré. Quinn Simmons découvrira le Monument, comme beaucoup de grandes courses World Tour. 19 ans mais un véritable phénomène qui n’a pas hésité récemment à mettre le feu au poudre dans le peloton. Potentiellement, la distance sur une course si compliquée peut poser un problème quand à sa durabilité. Mais l’américain aura sans doute, le rôle de dynamiteur au sein du peloton afin d’agiter le final.

Si l’on parle de mise à l’écart à cause du coronavirus, on peut tout autant mentionner la Bora Hansgrohe qui emmenera son triple champion du monde, Peter Sagan et Nils Politt en fer de lance sur le Ronde. Le slovaque en préparation jusqu’à présent arrive dans la partie de son calendrier avec des objectifs en tête et annoncé. L’allemand lui transfuge de la Israel Start Up Nation est un coleader qui a tout autant son mot à dire au vue de la forme affichée sans doute plus convaincante que Peto. Un candidat assurément redoutable si les jambes de 2019 sont présentes.

Une équipe agichante sur le papier mais terriblement décevante dans les faits. La EF Education First aligne le vainqueur 2019, Alberto Bettiol qui n’est pour l’heure que l’ombre de lui-même… Abonné aux abandons.

Que penser de Sep Vanmarcke ? Si les résultats sont en mi-teintes, le belge est à ne pas s’y méprendre en forme. Et le leader de la Israel Start-Up Nation a toujours bien figuré dans le final du Ronde.

Mais si l’on regarde les éditions précédentes, Dylan van Baarle est un coureur toujours présent. Le vainqueur de mercredi a obtenu une victoire à la manière après un raid solitaire de 50 bornes. Problème pour le néerlandais des Ineos Grenadiers, il est réduit à reproduire le même schéma et d’arriver en solitaire. S’il faisait partie des coureurs à marquer par Wout van Aert. Sa victoire l’a mis dans une position un peu plus délicate pour le Ronde. Mais les Ineos ont le prodige Thomas Pidcock pour y remédier. Le britannique est la star montante depuis les rangs amateurs où sa progression bien que spectaculaire est linéaire. Dans le final de Milan San Remo, il aura montré qu’il n’était pas avare d’efforts. Prenant en main la descente du podium, avant d’immédiatement tenter de faire le jump sur l’attaque de Stuyven et ne pas compter sur les autres. Le défaut majeur actuellement du british est son placement qui lui coûte de l’énergie en replacement. Mais les monts flandriens imposent une vigilance de tous les instants.

Un problème de placement dont Stefan Küng ne souffre pas. La bête à rouler de la Groupama-FDJ est en démonstration sur les classiques, en étant très souvent en vue dans les groupes de tête. L’épine dans le pied du suisse : son sprint. A l’image de nombre de coureurs, King Küng est réduit à une late attack mais sait-il surprendre dans un exercice où il est attendu ? Gent-Wevelgem a montré que non.

Wout van Aert en interview ciblait deux coureurs sous les radars dont il faut se méfier par leur régularité. Anthony Turgis était le second. Toujours présent dans les Top 10 (15 en vérité) des flandriennes actuellement, le français de la Total Direct Energie est en vue en ce moment. 15e de l’Het Nieuwsblad dans un sprint assez décousue ; 2e de Kuurne-Bruxelles-Kuurne derrière le très rapide Mads Pedersen ; 12e de l’E3 ; 9e de Gent-Wevelgem en ayant loupé le coup par erreur, le français aura animé le final en s’extirpant du groupe de contre (qui avait course perdu) pour aller chercher une placette et 8e d’A Travers les Flandres. Le français est un coureur offensif, malin et rapide. Ce n’est pas étonnant de l’avoir vu prendre la quatrième place l’an passé.

Mais il faudra pour ça se défaire de coureurs rapides, tout autant en vue dernièrement : Tiesj Benoot pour la Team DSM avec une option attaque lointain ou late attack de Soren Kragh Andersen, Michael Matthews pour la Bike Exchange, Matteo Trentin pour la UAE Emirates, Michael Gogl en dynamiteur pour la Qhubeka Assos, Christophe Laporte pour la Cofidis Solutions Crédits, Sonny Colbrelli pour la Bahrain Victorious qui pourra compter sur un Heinrich Haussler vieillissant mais toujours aux avants-postes, Arjen Livyns toujours présents dans les groupes de tête et même un surprenant Warren Barguil plus qu’alaise sur les pavés.

Pronostics

Wout van Aert vainqueur : 4 – 1 % (Winamax)

Florian Sénéchal vainqueur : 20 – 0.15 % (Betclic)

Florian Sénéchal podium : 6.25 – 0.3 % (NetBet)

Yves Lampaert vainqueur : 25 – 0.15 % (Betclic)

Yves Lampaert podium : 7.25 – 0.3 % (NetBet)

Gianni Vermeersch podium : 45 – 0.1 %(NetBet)

Etape 7 Tour de Catalogne 2021 Preview

133 kilomètres, 2231 mètres de dénivelé positif pour une étape de conclusion traditionnel dans le circuit de Montjuïc à Barcelone.

Le circuit originel de Montjuïc à parcourir 8 fois faisait 6 kilomètres avec la difficulté de la montée du Château de Montjuïc (2.49 kilomètres à 4.3 %) avec 700 mètres à 6.6 % autour du stade Olympique.

Cette année seulement après 7 éditions sur le même circuit, les organisateurs ont décidé de modifier le circuit final. En empruntant le Montjuïc par son « Purito », nom donné au segment Strava après son passage lors de l’étape 9 de la Vuelta 2012.

En comparaison, le final de cette 100e édition est outrement plus compliquée que les éditions précédentes.

Pour se rendre compte de la difficulté de ce mur, il n’y a qu’à revenir son passage lors de ladite édition de la Vuelta a Espana.

2.6 kilomètres à 4.3 % mais dont les 600 derniers mètres sont à 11.7 %, ce qui ouvre l’évantail de possibilités pour les plus puncheurs du peloton.

L’abord des premières rampes à 14 % avait vu en 2012, l’attaque d’Alessandro Ballan.

Avant que Joaquim Rodriguez aka Purito n’y sonne le peloton dont seul Philippe Gilbert pu suivre l’attaque. Rien que de nommer ces deux puncheurs doit montrer toute l’étendue de la difficulté du jour dans Montjuïc. Qui devrait assurément offrir du spectacle sur les routes de Barcelone.

S’en suit la désormais commune descente du circuit traditionnel.

Une première partie courte serpentant avec de reprendre…

Le pourtour du stade olympique en son pied.

Avec le fameux passage de 700 mètres à 6.6 %

Et de reprendre la descente vers la ligne d’arrivée.

UNE BATAILLE EPIQUE POUR LE PODIUM

Avec Alejandro Valverde à 14 secondes de Geraint Thomas et Joao Almeida à 18 secondes, pour ne citer que les deux dangers immédiats les plus puncheurs pour le gallois. Il ne fait guère de doutes que l’étape sera au moins contrôler par la Movistar et/ou la Deceuninck Quick Step, de concert avec les Ineos Grenadiers. Mais si Michael Woods pointe à 59 secondes, ce qui laisse censée être suffissante pour s’assurer d’un triplé des britanniques sur le podium. L’étape scie parfaitement au canadien. C’est donc tout autant que les Israel Start-up Nation sont attendus pour mener la chasse des premiers fuyards. Une fois sur le circuit, l’intérêt des Ineos sera de marquer et juguler les attaques de Bala et d’Almeida qui seront fortement pousser à aller vers le gain de l’étape bonifié de 10 secondes à l’arrivée.

A tout égard, l’objectif principal des britanniques est d’assurer la victoire finale d’Adam Yates qui cumule 45 secondes sur son coéquipier Richier Porte. Le britannique a un parcours à sa mesure. Simon, son frère au même profil s’y étant imposé en 2018. Dans une étape difficile à contrôler, une possibilité s’ouvre à l’équipe britannique qui ne défendra pas coute que coute le triplé Yates-Porte-Thomas sur le podium.

En tout état de cause, Richard Carapaz doit jouer les garde-fous de ses leaders. En marquant à la culotte, les attaques des autres leaders. C’est précisément ce rôle qui offre à l’équatorien une liberté de mouvements que ses leaders n’ont pas. La carte Carapaz se résume à une attaque – défense quand le trio se positionne plutôt sur la défensive. A chaque attaque, Carapaz peut suivre le mouvement et ne pas collaborer du fait du resserrement entre la 2e place de Richie Porte et la 7e place de Joao Almeida. Une course offensive scie parfaitement au tempérament du vainqueur du Giro d’Italia 2019. Ce dernier aura déclarer que l’équipe aura utilisée cette semaine pour tester chaque coureur clé dont il fait partie. Après un travail monstre sur l’ascension de Vallter 2000 où Richard Carapaz a sauté sur toutes les attaques pour préparer le terrain à un attaque d’Adam Yates. L’équatorien a remis le couvercle le lendemain dans un long relai sur les pentes de Port Ainé

I had to stop and put my chain back on, but I came back, got back into it all, and then I could finish off the work

https://www.cyclingnews.com/news/richard-carapaz-hits-ground-running-in-2021-volta-a-catalunya/

Malgré un ennui mécanique, ce qui a expliqué le relai de Geraint Thomas a un moment. Carapaz s’est remis en ordre de rang imprenant un relai qui a permis à l’équipe de pouvoir miser sur Porte dans les derniers kilomètres afin de permettre à G. Thomas de décrocher sa place sur le podium en faisant sauter Joao Almeida et en allant chercher la troisième place bonifiée de l’étape. Typiquement, dans une configuration de Vallter 2000 que Richard Carapaz peut tirer son épingle du jeu. Grâce à son marquage, l’équatorien pourrait à la fois fatiguer les adversaires directes de Geraint Thomas avant de s’envoler pour défendre les bonifications à l’arrivée. Un circuit où à la fois, il faut être punchy, rapide et intelligent. Richard Carapaz coche de nombreuses cases.

Mais pour cela, il faudra se défaire de Michael Woods qui après son résultat plutôt inattendu sur la longue montée de Vallter 2000 et une solide deuxième place sur l’étape de Port Ainé. S’il est un nom qui se dégage naturellement sur ce circuit, c’est bien celui de Rusty Woods qui apprécie plus que quiconque les forts pourcentages dont il est devenu un véritable maître. Le coureur de la Israel Start up Nation bénéficie contrairement à Joao Almeida d’une liberté de mouvement que le portugais n’a pas.

Difficile pour le coureur de la Deceunick Quick Step de pouvoir tirer son épingle du jeu. Joao Almeida sera sans doute trop marquer par les Ineos Grenadiers et ne devrait aller chercher le gain de l’étape qu’en sprint réduit où il est l’un des plus forts après ce qu’il a montré l’année dernière où même en figurant dans le Top 10 du sprint de la veille qu’il n’a disputé qu’à moitié se relevant à 25 mètres de la ligne. Cependant, il est une certitude : la DQS misera sur l’offensive dans le final afin de désorganiser le train des Ineos Grenadiers et de permettre une porte de sortie à son leader. Du chaos peut surgir James Knox. Dynamiteur dans le final de la veille, le britannique est en vue depuis deux étapes. A l’offensive, la DQS est tout autant en recherche d’une bon classement général d’Almeida que d’une victoire d’étape. Knox sonne comme le plan B idéal sur ce type de circuit où il aura été en groupe de contre en 2019. Un artificier que les Ineos Grenadiers seront contents de laisser filer n’étant nullement une menace au GC tant pour la victoire que pour le podium. Le coureur de Kendal étant à plus de 24 minutes d’Adam Yates.

PRONOSTICS

Joao Almeida ou Michael Woods vainqueur : 4.4 – 0.5% (Unibet)

Richard Carapaz vainqueur : 150 – 0.15 % (Betclic)

Richard Carapaz podium : 40 – 0.2 % (Unibet)

James Knox vainqueur : 50 – 0.15 % (Betclic)

James Knox podium 14 – 0.2 % (Unibet)

Etape 5 Tour de Catalogne 2021 Preview

201,1 kilomètres, un col au départ, une montée proche de l’arrivée, 2952 mètres de dénivelé positif pour conclure par une arrivée plate à Mansera. Une étape sur le papier promise au sprint mais les leaders laisseront-ils un os à ronger à la meute en chasse ?

UNE OFFRANDE POUR LES ECHAPPEES ?

Les étapes se suivent mais ne se ressemblent jamais. Sans une arrivée au sommet, les leaders n’ont que peu de chance de bouleverser le classement général. Les Ineos Grenadiers sont solidement ancrés en haut du classement général. Simon Yates est le leader du GC devant Richie Porte (45″) et Geraint Thomas (49″). Désormais au vue du final, seuls les leaders ayant une pointe de vitesse au sprint et/ou mais surtout « et » intéressé par les dix secondes de bonifications à l’arrivée. Alejandro Valverde de la Movistar pointe à la 4e place à 1’03 soit 14″ du podium tandis que Joao Almeida de la Deceuninck Quick Step lui à la 7e place (1’07) à 18″ de G. Mais ont-ils les moyens et l’envie hypothétique de contrôler la course pour un sprint où des sprinteurs peuvent être présents au vue du parcours ? De gros doutes peuvent être soulevés.

Les 36.9 premiers kilomètres sont une nouvelle fois un terrain adéquate pour qu’un gros groupe puisse prendre le large avec une route s’élevant progressivement vers du Coll de Comiols (7.8 km à 5.2 % – max : 7.6 %).

Une première partie sélective où il faut faire la différence sur les 7.3 kilomètres qu’offre cette portion pour faire exploser un groupe et/ou de partir en solitaire.

Une deuxième partie de mal-plat sur 7.7 kilomètres à 0.3 %.

Le problème majeure repose sur le vent défavorable dans la montée de Montserrat qui complexifie tout mouvement d’autant que la deuxième partie est favorable à un groupe de chasse. Dans ces conditions, malgré une descente vers Mansera avec un vent favorable, le scénario d’un sprint en petit comité est à privilégier.

Le dernier kilomètre avec une série de twist and turn peut en apparence offrir une opportunité d’anticiper un sprint pour les moins rapides du groupe

Seulement, le premier virage à 700 mètres se prend pleine balle.

Avant un rétrécissement à 600 mètres où il faudra être en alerte face aux late attacks.

Pour finir par les 300 derniers mètres de ligne droite

Dans un sprint au vent défavorable, il faudra faire preuve de malice et ne pas faire une Ackermann en lançant trop tôt.

Qui dit échappée, dit loterie

Si l’ont parle d’échappée, il faut que les coureurs accrochent le bon wagon. Et pourtant, il est des numéros dans une loterie qui peuvent attirer le sort dans le tirage. Trois noms semblent se dégager assez naturellement. Trois hommes en forme, qui auront bien figurer sur l’étape d’ouverture à Calella. Le parcours est cousue main pour Luis Leon Sanchez et Matej Mohoric qui sont tout deux en chasse d’une victoire d’étape. L’espagnol pointant en tête après la forme affichée sur le Tour UAE et Paris-Nice. Juste derrière Ide Schelling complète la liste des candidats. À l’offensive hier, il a fait parfait du premier coup à se voir créditer une petite quinzaine de secondes avant d’etre repris et que la bonne du jour ne lui file sous le nez. Si une arrivée au sprint il y a, en comité c’est sans doute le coureur de la Bora Hansgrohe qui est le plus rapide. C’est pourquoi ma demande de paris sur Betclic dans le chat client s’est tourné vers l’ajout du pari « LLS et Ide Schelling sur le podium de l’étape », juguant les cotes trop faibles pour prendre l’un des trois.

Dans une étape de loterie où les échappées ont tout toute leur chance et où il faut une petite pointe de vitesse. Il n’est pas inopportun de prendre les mêmes coureurs dont les équipes visent une victoire d’étape. C’est pourquoi Robert Power fait partie de ces coureurs « on prend les mêmes et on recommence ». A ceci près que malgré la vitesse au sprint de Michael Storer, mon oeil sera rivé vers Thymen Arensman. Coureur ultra offensif qu’on devrait voir encore aux avants-postes. « keep hunting » comme il dit si bien sur son Instagram.

S’il est un membre du Top 25 qui peut s’échapper en ayant le bon de sortie : Santiago Buitrago est en tête de liste. Le colombien de la Bahreïn Victorious vise un bon classement général mais à 5’28 du leader. La marge est permise pour s’échapper. Sur une étape dont il aura repéré le final, il y a peu : https://www.strava.com/activities/4951332217/segments/2806573820747926760

PRONOSTICS

Ide Schelling dans le Top 3 : 6.25 – 0.5 % (Betclic)

Robert Power vainqueur : 100 – 0.15 % (Winamax)
Robert Power podium : 25 – 0.15 % (Betclic)

Santiago Buitrago vainqueur : 250 – 0.15 % (Zebet)
Santiago Buitrago podium 50 – 0.15 % (Betclic)

Thymen Arensman gagnant/placé : 45 – 0.25% (PMU)

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Etape 4 Tour de Catalogne 2021 Preview

166,5 kilomètres, trois cols, 3980 mètres de dénivelé positif, une arrivée au sommet de Port Ainé. L’étape reine de la Volta a Catalunya s’offrira-t-elle au Roi ? A moins qu’un prince ne vienne s’en emparer ? Tout porte à croire cependant, qu’un roturier aura les faveurs de son (Port) Ainé. Qu’en est-il vraiment ?

Un départ rapide accentué par une petit brise de dos.

UNE CHANCE EN OR POUR LES ECHAPPEES ?

Avec Adam Yates leader du classement général, les Ineos Grenadiers passent de l’attaque à la défense. Il ne faudra pas compter sur l’équipe britannique pour contrôler le peloton, si ce n’est pour endormir son monde et laisser filer une échappée non menaçant au GC. Toute la question repose en faite sur la stratégie des autres équipes. Avec Richie Porte, deuxième du Général à 45 secondes et Geraint Thomas 4e à 53 secondes (et 4 secondes du podium), les Ineos disposent de trop d’option au classement général pour être bousculé. Les équipes adversaires ont plusieurs choix qui s’imposent à elles :

  • envoyer un pion menaçant à l’avant pour forcer les Ineos à rouler et user le train britannique pour tenter de les faire fasciller

Pour cela, il convient d’avoir plusieurs armes au classement général. Les équipes candidates à ce genre d’opération ne sont pas légion. Seules, les Bora Hansgrohe avec Wilco Kelderman (5e à 1’03) et Lennard Kämna (13 à 1’33), les Movistar avec Alejandro Valverde (6e à 1’04) et Enric Mas (16e à 1’40), les Jumbo-Visma avec Sepp Kuss (11e à 1’29) et Steven Kruijswijk (15e à 1’37) et la BikeExchange avec respectivement Simon Yates et Esteban Chaves dans la même seconde (8e et 9e à 1’21) et Lucas Hamilton (14e à 1’35) peuvent tenter le coup de placer un des hommes pré-cités à l’avant. Deux équipes semblent se détâcher pour ce mouvement arakiri. Les australiens en envoyant Simon Yates et les espagnols en envoyant Enric Mas. Le tempérament offensif de Lennard Kämna pourrait faire de l’équipe allemande une candidate naturelle à ce rôle. Mais si le jeune coureur de 24 ans veut se tester sur les classements généraux d’une semaine, il convient de passer le plus de temps avec les leaders et de se battre avec eux dans la montée final. Plutôt que de tenter un replacement dans une opération suicide. Quant aux néerlandais, la position assez conservatrice de ses deux coureurs semble pointer vers une inaction.
La Deceuninck Quick Step pourrait être compté dans le lot avec Joao Almeida (3e à 49sec) et Fausto Masnada (18e à 1’52). Mais dans la défense d’un podium au classement général, la tentative ressemble plus à une fin de non-recevoir. Où l’italien devrait rester le plus longtemps au côté du portugais pour minimiser le débours et tenter de récupérer le temps perdu dans les étapes à venir plus favorable à son leader.

  • envoyer des hommes forts et peu dangereux au GC pour récupérer un assessit avec une victoire d’étape

A ce jeu, toutes les équipes ont au moins un grimpeur fort. Capable d’aller gagner l’étape.

Les 30 premiers kilomètres sont un terrain adéquate pour qu’un gros groupe puisse prendre le large tant la route s’élève inexorablement vers le sommet du Port de Toses (3.7 km à 9.5 % – max : 14 %).

Le final offre peu de répit en tête de groupe avec le Port del Cantò (24.3 km à 4.5 %. – max : 12 %).

Une descente en apparence technique…

… Mais uniquement pour Ilnur Zakarin, le peu de courbes étant longue.

L’ascension du Port Ainé (18.7 km à 6.8% – max : 12 %) sera le juge de paix de cette Volta a Catalunya et devrait désigner en son sommet le vainqueur de cette 100e édition. Les 3.5 derniers kilomètres sont à 7.7 %

Le plus fort de la pente intervient à la flamme rouge, sans doute la dernière occasion de porter une dernière estocade. Si un groupe vient se disputer la victoire.

Si sprint, il doit y avoir entre deux ou plusieurs coureurs. Il est impératif même en arrivée au sommet comme celle-ci d’aborder le virage en tête puisqu’il n’est qu’à 100 mètres de l’arrivée.

Avec un vent de 7.2 kilomètres défavorable dans la montée finale, notamment dans les 11 derniers de cette dernière, les mouvements tardifs y seront sans doute privilégier. Ce qui favorise un petit groupe à certains égards. Non content de bien savoir grimper, il vaut mieux avec un certain punch pour gagner l’étape si tel est le cas.

Ou alors il faudra anticiper dès le pied, c’est-à-dire dans les 3 premiers kilomètres à près de 9 %.

Qui dit échappée, dit loterie

A ce jeu, un coureur se détâche. Si la Movistar a des espoirs de podium avec Alejandro Valverde ne pointant qu’à 15 secondes du podium. L’équipe espagnole a dans ses rangs, un leader qui semblait se laisser décrocher hier. Marc Soler, maintenant à 16’09 au classement général n’est plus une menace. Ses qualités de grimpeurs font qu’en cas d’arrivée de leaders, il peut attraper le bon wagon et naviguer sous les radars. Mais c’est surtout sa perte de temps dès le pied qui pose le plus d’interrogations. Un peu coutumier du fait, il n’est pas rare de voir un membre du trident basque lâcher du temps pour opérer des manoeuvres futures. L’arrivée au sommet de Port Ainé se trouve non loin d’Andorre-la-Vieille, soit une cinquantaine de kilomètres de la résidence du coureur. Au vue de son étape du Tirreno-Adriatico à Castelfidardo, les hypothèses du manque de jambes et de la défaillance sont probablement à écarter. L’espagnol y semblait fort ; à l’offensive derrière Mathieu van der Poel. Son regard pourrait être tourné vers cette étape. Avec la bénédiction de son équipe, le leader affiché du Giro d’Italia à venir a une victoire à porter de fusil.

Nombre de coureurs peuvent prétendre à une échappée et ont montré parfois de belles choses en ce début de saison. C’est le cas de Wout Poels, Matej Mohoric, Harold Tejada, Kenny Elissonde, Luis Leon Sanchez, Clément Champoussin, Dan Martin entre autres quand on remonte le classement général de la journée d’hier et que l’on voit le nombre de coureurs qui ont perdu du temps.

Cependant, un autre nom saute aux yeux : Robert Power.

Notre objectif principal est d’essayer de gagner une étape et nous nous concentrerons sur le classement général avec Robert Power. Nous ne sommes pas parmi les favoris pour un résultat au GC, mais Rob se sent motivé alors nous allons voir ce qui se passe et jusqu’où nous pouvons aller

Alex Sans Vega – Directeur sportif DE LA qHUBEKA ASSOS

Le coureur de la Qhubeka Assos est arrivé sur le Tour de Catalogne avec pour ambition dé se tester au CG. L’étape de Vallter 2000 aura été un correctif pour le coureur australien. 102e à 21’20, le classement général est à mettre de côté mais la porte est ouverte pour le 12e des Strade Bianche. Un résultat qui montre au vue du rythme de la classique des chemins blancs que la forme est présente. A l’attaque sur la dernière Vuelta a Espana, le transfuge de la Sunweb s’y sera révélé. Notamment avec sa 4e place à Formigal.

C’est sur cette même Vuelta qu’un coéquipier s’est montré à son avantage : Michael Storer. Le coureur de la DSM pourrait profiter des envies offensives de son équipe. Avec Chris Hamilton à 3’47, l’équipe ne joue rien au GC.

Nous continuerons à nous concentrer sur ces échappées et à viser des résultats d’étape

Luke roberts – DIRECTEUR SPORTIF DE LA dsm

Désormais à 12’40 au GC, le coureur australien n’est en aucun cas une menace. Si les jambes de la Farrapona où il avait pris la troisième place derrière David Gaudu et Marc Soler sont présentes, alors c’est un candidat à la victoire en cas d’échappée. D’autant que le coureur de l’ancienne Sunweb était aussi en vue sur l’étape de la Covatilla.

PRONOSTICS

Marc Soler vainqueur : 15 – 0.25 % (Betclic)
Marc Soler podium 4.5 – 0.5 % (Unibet)

Robert Power vainqueur : 150 – 0.15 % (Betclic)
Robert Power podium : 35 – 0.15 % (Betclic)

Michael Storer vainqueur : 60 – 0.15% (Betclic)
Michael Storer podium : 17 – 0.15% (Unibet)

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Etape 3 Tour de Catalogne 2021 Preview

3753 mètres de dénivelé positif pour 208.1 kilomètres avec en prime une montée sèche au sommet de Vallter 2000. Un col dont le sommet culmine à 2125 mètres.

Annéevainqueurdeuxiemetroisiemequatriemecinquième
2019Adam YatesEgan Bernal +0.00″Dan Martin +0.00″Nairo Quintana +0.00″Miguel Angel Lopez +0.02″
2014Tejay van GarderenRomain Bardet +0.00″Alberto Contador +0.03″Joaquim Rodriguez +0.04″Nairo Quintana +0.05″
2013Nairo QuintanaAlejandro Valverde +0.06″Joaquim Rodriguez +0.06″Bradley Wiggins +0.06″Thibaut Pinot +0.09″

Historiquement, on peut voir que Vallter 2000 s’est disputé entre sud-américain et meilleur puncheur parmi les grimpeurs. Les écarts y sont faibles, personne n’ayant réussi à y faire des différences. En 2013, la montée marquée par le vent de face. Le groupe mené par la Sky n’a été attaqué sérieusement qu’à lors de l’attaque de Jurgen van den Broek à 4 kilomètres de l’arrivée (lorsque de la phase de replat de l’ascension), puis de Tom Danielson à 2 km avant une attaque de Wiggins à la flamme rouge. Mais l’attaque victorieuse de Quintana n’a eu lieu qu’à 300 mètres de la ligne. En 2014, les conditions climatiques étaient dantesques (brouillard, neige et température glaciale : -4°C). En 2019, les trains de la Movistar et de la Sky ont annihilié toute attaque. A 5.4 kilomètres, Bernal suivi de Quintana attaque le groupe dont Valverde avait lâché. Le duo voit le retour d’Adam Yates un peu plus d’un kilomètres plus loin. A la faveur de la portion de replat, Lopez et Martin recolle avant les pourcentages les plus abruptes. Le groupe ne cessera de se contrer et regarder jusqu’au sommet, favorisant le retour à chaque fois d’un Dan Martin au rupteur. Ce dernier lancera le sprint au même endroit que Quintana en 2013 mais sera dépassé par Yates à 150 avant le dernier virage final.

Dès Ripoll, le peloton entame une longue ascension : plus de 43 kilomètres.

Mais le pied de Vallter 2000 est compté à 11.3 kilomètres du sommet pour une pente moyenne d’un peu plus de 7 %.

La première des questions qu’il faut se poser, ce sont les chances des échappées d’aller au bout. Avec un départ si plat, il est aisé pour le peloton de contrôler une échappée et de la filtrer. C’est premièrement, un groupe réduit de coureurs qui devraient constituer la bonne du jour. Avec le maillot de leader sur les épaules de Joao Almeida, la Deceuninck Quick Step est attendue d’ordinaire pour garder la maîtrise du peloton. Mais avec un maillot ne tenant qu’à 0.32 centièmes de Brandon McNulty et globalement qu’en guère plus de 7 secondes sur Steven Kruisjwijk (5), Richie Porte (6) et Adam Yates (7), le leader du GC a tout intérêt à laisser filer l’échappée. Pas moins de trente-sept coureurs se tiennent dans la minute, ce qui laisse un nombre trop dangereux d’hommes au GC pour qu’il n’y ait pas un risque que la DQS prenne le manche du contrôle du peloton. Mais quand bien même, la Ineos Grenadier est sans doute attendue pour prendre le relai avec deux coureurs voire trois si l’on compte Geraint Thomas (8e à 19 secondes). Comme à l’accoutumé, la Movistar devrait être aussi des leur. A domicile, l’équipe espagnole tenante du titre voudra nécessairement montrer le maillot comme elle l’a déjà fait lors de la première étape et replacer ses leaders. Marc Soler pointant à 39 secondes, Alejandro Valverde à 46 secondes et Enric Mas à 51 secondes.

La météo n’est pas sans jouer une légère influence. Si le vent sera léger, il sera de dos. Ce qui invite à l’offensive.

Sur des routes totalement boisées, le vent n’a que peu d’impact. Ce qui explique les mouvements plutôt lointain en 2013 malgré un vent de face.

La partie plus exposée n’intervenant que dans les lacets finaux soit à 2 kilomètres de l’arrivée.

Les INEOS Grenadiers s’affiche en grande favorite pour remporter l’étape, avec plusieurs cartes maîtresses. Richie Porte, Adam Yates et Geraint Thomas sont extrêment bien placé. Le train de la Ineos devrait se mettre en route sur les pentes de l’ascension de Vallter 2000. Afin d’asphyxier au plus les adversaires, d’empêcher toute attaque en imprimant un rythme trop soutenu et d’isoler aux plus les leaders adversaires afin qu’ils ne trouvent pas ou peu d’aide dans le final. G. devrait faire partie de cet étage d’hommes sacrifiés. La forme en début de saison a montré que le gallois est en pic ascendant mais n’est pas au top. Avec un tel collectif, le vainqueur du Tour de France n’aura pas l’occasion d’attaquer comme il l’a fait au pied du Prati di Tivo. La véritable interrogation demeure plutôt sur le rôle qu’aura Richard Carapaz qui fait sa rentrée sur la course catalane. L’équatorian punchy et au tempérament offensif trouve un terrain à sa mesure avec un long col au dessus des 2000 mètres. Mais si sa position au GC, à 52 secondes de Joao Almeida lui permet quelques manoeuvres que ces deux équipiers n’ont pas. Son rôle peut tout autant être réduit à celui d’équipier se sacrifiant. La main d’oeuvre manquant après le sacrifice de Jonathan Castroviejo, Luke Rowe et Rohan Dennis. Deux voies semblent s’ouvrir :

  • soit après le relai de ses trois rouleurs, la Ineos dynamite de loin avec une attaque de Richard Carapaz
  • soit Richard Carapaz est sacrifié pour continuer le tempo avant une attaque d’un des membres du trio

En tout état de cause, Richard Carapaz est voué à s’employer tôt ou se découvrir tôt à la faveur d’une attaque à la Warren Barguil. Au vue du chrono de Yates, le britannique ressemble à une excellente carte qu’il sera compliqué d’aller chercher.

L’équipe la plus à même à faire dérailler le train des britanniques est la Jumbo-Visma. L’équipe vient elle aussi avec un trident à l’image des british et de la Movistar. Steven Kruijswijk à seulement 5 secondes d’Almeida, le néerlandais peut rêver du maillot de leader qu’il convoite en l’absence de Primoz Roglic. Mais si l’équipe affiche un nombre record d’hommes forts sous la minute. Koen Boowman, Robert Gesink et Chris Harper seront réduits au rôle d’équipiers. Ce sont sur les épaules de George Bennett (28e à 51 secondes) et Sepp Kuss (32e à 55 secondes) que la tâche de dynamiter le groupe devrait reposer. Techniquement, la montée correspond mieux aux caractériques de l’américain. Seulement, aura-t-il la permission d’attaquer ? Sans doute que oui, une stratégie qui permettrait à Kruisjwijk de la jouer défensive.

Le coureur le plus sur la défensive sera forcément Joao Almeida. Le coureur de la Deceuninck Quick Step n’espèrera qu’une chose. Que les groupes se neutralisent et que les attaques elles aussi. Si le portugais réussi sa mission de s’accrocher le plus longtemps possible et profite d’un groupe désorganisé. Alors en cas d’arrivée en petit comité de leaders, il est sur le papier le plus rapide et pourrait bénéficier de 10 secondes de bonifications bienvenues. Mais le portugais a montré quelques signes de friabilité sur les pentes du Jebel Hafeet et du Prati di Tivo sur le territoire des frères Yates en leur concédant du temps à chaque fois. Si James Knox à 41 secondes pourrait être sacrifié au côté de son leader. Fausto Masnada a seulement 20 secondes au GC, soit une marge plus importante que sur le UAE Tour pourrait être un plan B efficace en vue de l’enchaînement de deux étapes de montagne qui peuvent être pénalisante pour le leader de l’équipe belge. Un grimpeur de classe lors qu’il a sa carte à jouer en atteste ses Giro chez DQS comme la Androni Gioccateli mais aussi de ses performances sur le Tirreno Adriatico comme du Tour des Alpes.

Bien que Brandon McNulty au GC, l’ascension de Vallter 2000 devrait montrer les lacunes que l’américain des UAE Emirates a encore quand la route s’élève comparé aux autres leaders.

Du Top 10, deux coéquipiers sont dans un mouchoir de poche et pourrait profiter de la cacophonie entre les différentes formations. En effet, les deux leaders de la Bora Hansgrohe : Lennard Kämna (10e à 24 secondes) et Wilco Kelderman (11e à 27 secondes) navigue probablement légèrement sous les radars. Le premier au tempérament plus offensif devrait adorer porter une attaque. Quand le second, qui semble fort bien remis de sa blessure du 17 janvier, devrait attendre patiemment en attendant un sprint réduit où il est l’un des plus rapides.

Afficher trois leaders n’est pas gage de réussite, la Movistar en a souvent fait les frais sur les Grands Tours. Une fois n’est pas coutume, si le nombre est la force des deux autres équipes. L’aspect stratégique autour du trident basque pêche souvent. Bien que Marc Soler et Alejandro Valverde pointent respectivement à 39 et 46 secondes, l’affaire semble entendu qu’Enric Mas est la meilleure chance de victoires. La question est de savoir si le deuxième de la Vuelta 2019 est en suffisamment en forme. Lui qui n’a pour l’heure rien montrerau Tour de la Provence.

Les attentes sont probablement plus grandes vers le dauphin d’un Grand Tour, du dernier Giro d’Italia pour être exact. Si Jai Hindley pointe en compagnie de son coéquipier et compatriote Michael Storer à 1’24 ». Son retard lui offre une liberté de mouvements, beaucoup plus importante que tus les autres leaders cités. Après un travail impressionnant pour Tiesj Benoot à Paris-Nice que ce soit à Chiroubles qu’à la Colmiane où l’autralien est apparu visiblement en forme. Sans nul doute, les meilleurs chances de la Team DSM.

Après sa performance sur le Prati di Tivo où Simon Yates était le seul au niveau de Tadej Pogacar. Le britannique est attendu notamment dans un combat fratricide. Si la montée lui convient tout autant qu’à Adam. Il convient de se demander si Lucas Hamilton, qui partage le leadership au sein de la BikeExchange, n’a pas son mot à dire. Sur un terrain que l’australien maîtrise, il fait partie de ces coureurs rapides au sprint.

Nombre de coureurs en vue en ce début de saison ont tout intérêt à passer à l’offensive. C’est le cas de Hugh Carthy pour la EF Education Nippo, comme de Giulo Ciccone et Kenny Elissonde pour la Trek Segafredo ou même Clément Champoussin pour les AG2R Citröen La Mondiale.

Toujours présents dans le groupe de tête au sommet de Vallter 2000, Nairo Quintana s’affiche une nouvelle fois comme un prétendant sérieux sur un col pour sud américain. A l’offensive avec Egan Bernal en 2019, il s’envolait vers un podium s’il avait d’abord collaboré avant le retour de Yates et si le groupe étaient moins désorganisés. A 1’07 » au GC, le leader de la Arkea Samsic a lui aussi un bon de sortie sur une attaque.

Robert Power de la Qhubeka Assos comme Harold Tejada de la Astana Premier Tech ou Santiago Buitrago de la Bahrain Victorious sont des leaders en formation qu’il convient de laisser mûrir. Quant aux deux leaders de la Israel Start Up Nation, Michael Woods et Dan Martin trouveront des pentes à leur convenance mais pourront-ils suivre le rythme ? J’en doute.

Comment ne pas conclure par le leader de la Groupama-FDJ, Attila Valter qui a laissé son leadership à Sébastian Reichenbach. Seulement il manque quelques chiffres à Valter 1998 pour aller glaner la victoire demain.

PRONOSTICS

Adam Yates vainqueur : 3.2 – 1 % (Winamax)

Hugh Carthy podium : 5 – 0.25 % (Betclic)

Nairo Quintana podium : 5.5 – 0.25 % (Unibet)

Etape 2 Tour de Catalogne 2021 Preview

Seule épreuve chronométrée de la Volta a Catalunya avec au programme 18.5 kilomètres.

Le contre-la-montre commence en faux plat avec 600 mètres à 4.9 au bout de seulement 400 mètres.

Un faux-plat qui se passe tout en puissance.

Le passage le plus intéressant de la course et où les grimpeurs voudront limiter la casse sera sans nul doute la montée vers Foncuberta. Longue de 3.3 kilomètres à 3.5 %, elle s’apparente encore à une très longue faux-plat interminable.

Où la puissance sera de mise.

Vraiment sans grande difficulté pour les plus gros rouleurs qui pourront y développer toute leur puissance en restant gainés et aussi trouver des zones de replat dans des parties boisées.

Avant de retrouver des routes plus clémentes dans Melianta.

Le bref passage descendant en arrivant au Lac de Banyoles donner une impulsion supplémentaire se passant sur de longues routes larges. Pas vraiment de technique spécifique dans une portion qui aurait pu sembler l’être.

Avant d’aborder le tour du lac où si le relief ne pose aucun problème, ce sont les nombreux virages qui jugeront de la technicité du segment.

Sur des routes pas toujours très larges, bien que globalement les premiers semblent se passer plutôt bien sur les prolongateurs.

Il conviendra juste d’être précis dans ses trajectoires dans certains « S ».

En fin de parcours, un coupe-patte de 500 mètres à près de 6 % dont les pentes maximales atteignent 13.6 %.

Avec un virage en angle droit, le segment peut être une perte de temps pour celui qui se sera mis dans le rouge.

Un véritable kick où il faut avoir du tonus.

Vient la conclusion sur une large partie descendante.

Avec quelques virages à négocier.

Mais toujours sur un terrain favorable aux rouleurs.

Aucune différence notable entre le premier partant : Jan Bakelants à 13h41

Et Andreas Kron à 16h35 où globalement tous les coureurs auront les mêmes conditions météologiques. Pas de pluie et un vent ne s’intensifiant que trop légèrement pour être considéré comme un élément d’influence.

REMI CAVAGNA, GRAND FAVORI ?

Si on juge le contre-la-montre de Paris-Nice à Gien perdu pour 8 dizièmes, le champion de France de la discipline s’aligne en grand favori. Il est vrai qu’après les déclarations d’avant-saison de Julian Alaphilippe sur la forme du TGV de Clermont, il ne fait plus de doutes que le rouleur de la Deceuninck Quick Step est en grande forme. Sa tentative d’évasion lors de l’étape de Chiroubles couronnée de malchance l’aura démontré.
Si l’on pouvait craindre que la présupposée chute hier avec Rui Costa et Pieter Serry ne pose quelques soucis à Rémi Cavagna, il n’en est rien. Le français ayant eu un problème mécanique au même moment. C’est donc un Cavagna en forme et conquérant qu’il faudra aller chercher. Et si la SNCF a l’habitude d’être en retard, le TGV a tout préparé pour être à l’heure. En témoigne, son activité Strava d’y il a deux jours :

https://www.strava.com/activities/4983982218#2808691018940991478

Où il aura repéré avec minutie le parcours du jour trois fois.

Et si l’on parle à la fois du repérage du chrono du jour et de Paris-Nice. Il convient de parler du 4e dudit CLM : Brandon McNulty. Parmi les favoris, l’américain s’aligne comme le meilleur dans l’exercice de l’effort individuel. Ayant effectué le 18 mars dernier, une sortie en faisant deux tours minutieusement :

https://www.strava.com/activities/4967535891#2807638213673016372

Le leader des UAE Team Emirates ne laisse rien au hasard. Sa troisième place à sur le ITT de Valdobbiadene derrière les deux monstres de la Ineos Grenadiers ne sont pas sans témoigner des qualités déjà connu de McNulty dans les rangs amateurs.

Evidemment Rohan Dennis est au regard de son palmarès, le plus grand danger pour le frenchy. Devant l’américain à Valdobbiadene, l’australien semble retrouver au fur et à mesure des contre-la-montre de sa superbe. Le contre-la-montre de Gien était une déception avec seulement une 6e place mais il n’aura été qu’à sept petites secondes du podium. Ce qui en fait nécessairement un candidat redoutable.

Cela étant si Cavagna s’avère redoutable, la Deceuninck Quick Step affiche une startlist où nombre peuvent prétendre au moins à un podium sur l’étape du jour.

C’est le cas de Josef Černý, véritable bête à rouler qui enchaine les assessits sur les épreuves chronométrées. Il n’y a qu’à voir les trois chronos du Giro pour s’en convaindre.

Mais il faudra faire face à une concurrence interne sauvage avec notamment João Almeida qui doit gagner du temps sur ses adversaires au classement général où le portugais s’aligne comme un coureur en forme et surtout un rouleur hors pair.

Chad Haga fait partie des coureurs qui auront le KOM mensuel sur le segment du kick de fin. L’américain a donc repéré le parcours (2 fois) il y a quelques jours. Un objectif en soimais une interrogation demeure après une année 2020 en deça des espérances placées sur le coureur de la Team DSM qui aura été vainqueur du chrono de fermeture sur le Giro d’Italia 2019.

Spécialiste et homme du classement général se confronte. De grandes attentes sont placés parmi ces derniers notamment sur Geraint Thomas, Steven Kruisjwijk, Hugh Carthy, Richie Porte, Enric Mas qui auront livré des aptitudes certaines dans l’effort individuel. Mais avant cela, il leur faudra se défaire de rouleurs comme Joey Rosskopf, Thomas de Gendt, Stefan de Bod, Jonanthan Castroviejo, Marc Hirschi, Luis Leon Sanchez (qui pourrait revêtir le maillot de leaders si il figure sur le très haut du panier), etc.

PRONOSTICS

Brandon McNulty podium : 2.05 – 1 % (Unibet)

Brandon McNulty vainqueur : 7 – 0.25 % (Winamax)

Josef Černý podium : 3.9 – 0.25 % (Unibet)

Etape 1 Tour de Catalogne 2021 Preview

 

Une étape d’ouverture gravée dans le marbre du Tour de Catalogne. Une étape ouverte tant le profil s’offre à une explication entre sprinteurs ou une offrande pour les baroudeurs de la première heure. L’historique va en ce sens avec quatre bien qu’on puisse dire cinq sprints sur les sept dernières éditions.

EDitionVAINQUEURTYPE DE VICTOIRENombre d’échappéeSpécificité
2019Thomas de GendtSolitaire6Départ difficile avec un premier catégorie
2018Álvaro José HodegSprint6Profil sans difficulté + vent défavorable
2017Davide CimolaiSprint4Profil similaire à celui de 2020 avec Coll Formic à 55 kilomètres de l’arrivée
2016Nacer BouhanniSprint3Multiples attaques dans le final
2015Maciej Paterski Échappée 3Echappée tardive (plus de 50 km) qui comptera jusqu’à 13’15 »
2014Luka MezgecSprint2Multiples attaques dans le final
2013Gianni MeersmanSprint réduit2Montée et descente rythmée de Alt de Collsacreu par la Sky Team
2012Michael AlbasiniÉchappée5Première heure de lutte

L’ECHAPPEE A-T-ELLE UNE CHANCE D’ALLER AU BOUT ?

C’est la question qui se pose légitimement lorsque l’on jete un coup d’oeil à la startlist. Peu d’équipe emmène un sprinteur : Peter Sagan pour la Bora Hansgrohe, Juan Sebastián Molano pour les UAE Team Emirates, Max Kanter pour la Team DSM, Smith Dion pour la BikeExchange, Clément Venturini pour la AG2R Citroën La Mondiale, Reinardt Janse van Rensburg pour la Qhubeka Assos, Daryl Impey pour la Israel Start-up Nation. Rien que de mentionner ces noms et la pauvreté du plateau apparait. C’est pourquoi dans l’esprit collectif, peu d’équipes ont d’intérêt à chasser. A raison, d’ailleurs. Sauf que… Quelques ombres au tableau demeure.
D’abord, le départ qui contrairement à la victoire de Thomas de Gendt ne comporte aucune difficulté avant les Guilleries. Tandis qu’en 2019, un col de première catégorie s’ériger au bout d’une trentaine de kimomètres. En 2015, l’échappée a mis plus d’une heure de lutte avant de se former et comptait jusque 13 minutes d’avance. Un scénario hautement improbable actuellement.
Ensuite, si le départ est plus simple. Cela signifie qu’il est beaucoup plus simple pour les équipes intéressées par un sprint de contrôler l’échappée et de la filtrer en accordant un bon de sortie à peu de coureurs.
Enfin, si malgré tout un trop plein de coureurs intéressés se dégagent. Alors les échappées ont de grande chance d’aller au bout. Les équipes de sprinteurs se résignant. Mais entre en jeu alors, les équipes de leaders qui auront un intérêt au classement général à chasser l’étape.

La bataille pour prendre le large devrait une nouvelle fois être longue. Beaucoup d’équipes ont affiché leur ambition de prendre l’échappée matinale au vue des chances des échappées. Mais certaines équipes comme la Deceuninck Quick Step devrait rallonger la manoeuvre. Avec un sprint intermédiaire à Tossa de Mar à seulement 25,1 kilomètres, les coureurs de Lefevere devraient mettre en route pour que Joao Almeida aille y faire les bonifications. Jusqu’au kilomètre 40, le peloton aura un vent favorable. Dès lors, à seulement 10 kilomètres sera placé le second sprint intermédiaire de la journée. Il faut donc s’attendre à ce que les équipes de leaders bataillent elles-aussi pour les bonifications qui y sont attribués. A l’image du Tour UAE, il n’est pas improbable que la DQS soit de celles-ci. Ce qui favorise une échappée tardive et potentiellement plus facile à contrôler.

Le vent nécessairement pas favorable dans le final n’est pas sans être à l’avantage de la chasse dans les parties ascendantes qui se feront avec un léger vent de face.

La grande chance des sprinteurs, c’est qu’une échappée bien filtrée leur parmettra de franchir les difficultés plus aisément.

Des difficultés longues et roulantes qui avec le vent de face favorise les sprinteurs avec un train moins élevés et surtout des offensives annihilées par le vent.

Sur les éditions passées, les écarts ont parfois fondus drastiquement dans la descente qui suit Montseny. Un schéma tout à fait reproduisible comme en 2017 où l’échappée y a été reprise avec le pied de la dernière difficulté.

Reste le final favorables aux offensives de dernières minutes et qui est marqué à chaque édition par des late attacks pour la grande majorité stoppée. Mais à ce jeu, les équipes de sprinteurs doivent s’employer.

Le Collsacreu es extrêmement roulant mais les écarts peuvent y fondre comme neige au soleil comme en 2013 où sous le train de la Team Sky, l’écart de près de 3 minutes a été combler.

Avant que le peloton ne se scinde dans la descente. Un scénario sans doute moins facilement reproduisible cette fois avec un vent moins favorable.

Si les 10 derniers kilomètres sont souvent marqués par des attaques à cause des nombreux repechos qui offrent un terrain idéal pour les tentatives tardives.

Le dernier kilomètre nécessite un placement constant.

Afin d’aborder en tête, le dernier rond-point situé à 500 mètres de la ligne d’arrivée.

Dans cette optique, il est raisonnable de penser que la Bora Hansgrohe mise sur Peter Sagan. Après un Milan San Remo plus que convaincant, il serait probablement illogique de ne pas rouler vers une victoire d’étape. D’autant que rien ne garantie une bonne place au GC de Kämna. L’équipe allemande est attendue et répondra sans doute présente pour anéantir les chances des échappées.
Toujours en forme en début de saison, Daryl Impey est un habitué des assessits en Catalogne et pourrait profiter du travail de la Bora à laquelle son équipe pourrait se joindre. Auteur de quatre podiums sur la course dont un sur l’étape du jour en 2016. Année marquée par la supériorité de Nacer Bouhanni sur les sprints ici-même. Rarement mal placé à Calella, le sud africain pourrait profiter du faible plateau de sprinteurs pour faire parler sa pointe de vitesse en cas de comité réduit.
Mais il faudra faire face aux nombreuses late attack dont Joey Rosskopf pourrait faire partie. Le coureur de la Rally Cycling a été vu à de nombreuses reprises sur Strava depuis une semaine faire le tour du final. Avec un vent plus favorable dans les 5 derniers kilomètres, un rouleur pourrait se faire la malle et réussir là où Keldermann a échoué il y a quelques années.
Tout en se débarassant des sprinteurs plus polyvalents dont Gianluca Brambilla fait partie. Vainqueur en solitaire à Blausasc, l’italien de la Trek Segafredo arrive en forme avec une équipe boostée par la récente victoire de Jasper Stuyven sur le premier Monument de la saison. Une spirale positive qui devrait porter l’équipe au plus haut et tenter des coups afin d’user les trains présents. Une attaque de Guilo Ciccone dans le final n’est pas à écarter, Brambilla pourrait en profiter pour marquer un peu plus ses adversaires et profiter du travail des autres pour aller glaner une victoire au sprint où la position est primordiale.

PRONOSTICS

Gianluca Brambilla vainqueur : 80 / podium : 20 – 0.15 % (Betclic)

Daryl Impey podium : 3.75 – 0.25 % (Betclic)

Joey Rosskopf vainqueur : 150 – 0.1% (Betclic)

Tour de Catalogue 2021 Classement Général Preview

Une 100e édition de la Volta a Catalunya qui se veut marquante. Un retour fracassant dans le calendrier World Tour après une annulation en 2020 à la suite de la crise sanitaire en raison de la Covid-19.

Calella – Calella (178.9 kilomètres)

Une étape désormais inconditionnelle autour de Calella. Un final intangible qui offre tantôt un sprint, tantôt une victoire éclatante de l’échappée matinale et souvent des attaques couronnées ou non de succès.

Banyoles – Banyoles (18.5 kilomètres)

Un contre-la-montre individuel qui devrait mettre en place une première hiérarchie. Bien qu’il y ait un faux-plat de près de trois kilomètres menant à Melianta, l’éffort individuel est une affaire de spécialistes qui auront un terrain à leur mesure.

Canal Olimpic de Catalunya – Vallter 2000 (203.1 kilomètres)

Une montée sèche vers Vallter 2000. Nairo Quintana (2013), Tejay van Garderen (2014) et Adam Yates (2019) s’y sont imposés par le passé. Une première explication entre leaders mais la montagne accouchera-t-elle d’une souris avec une arrivée à plus de 2 000 mètres la veille de l’étape reine ?

Ripoll – Port Ainé (166.5 kilomètres)

Un départ vers une montée inexorable de Port de Toses pour enchainer vers un final : Port d’El Canto et Port Ainé. Un final qui en 2012 avait été annulé en cours de route à cause du mauvais temps (pluie et neige). Avant de faire son retour en 2016, dans une étape remportée par Thomas de Gendt après une échappée au long court dont le belge a le secret.

La Pobla de Segur – Mansera (201.1 kilomètres)

Une étape profilée pour les échappées sur le papier avec le Port de Montserrat dont le sommet est situé à une petite quinzaine de kilomètres de l’arrivée. Un final similaire à 2012 qui avait vu un sprint à la suite d’une étape disputée où l’échappée matinale s’était formé au bout de 90 kilomètres et dont les membres comptaient 2’10 au pied de la dernière difficulté.

Tarragona – Matarô (193.8 kilomètres)

Mataro change de position, si la ville est inscrite dans les gênes du Tour de Catalogne. C’est la première fois depuis 2014 que la ville n’accueille pas le départ. Il faut remonter au début de la deuxième moitié du siècle dernier pour y voir une arrivée. Une étape sur le papier pour les sprinteurs qui devraient passer sans encombre l’Alt El Collet (2,9 kilomètres à 3,3 %).

Barcelona – Barcelona (133 kilomètres)

Un final familier dans Barcelone avec la montée de Montjuïc (rallongée) qui devrait nécessairement inspirer les plus puncheurs du peloton, qui auront un cricuit qui ler scie à merveille pour aller glaner une victoire.

QUI POUR BATTRE LES INEOS GRENADIERS ?

L’équipe britannique aligne une équipe cinq étoiles sur ce Tour de Catalogne. Adam Yates, vaillant deuxième du UAE Tour s’affiche au côté de Geraint Thomas. Le gallois qui semblait monter en puissance au fil du Tirreno Adriatico avec une montée de Prati di Tivo offensive, devrait néanmois être réduit au statut de grégario. Et de Richard Carapaz qui signe sa reprise sur le continent européen. Pour soutenir le trio, Richie Porte de retour de sa chute sur l’étape d’ouverture de Paris-Nice sera l’un des pions avec les rouleurs Luke Rowe, Jonathan Castroviejo et Rohan Dennis. Si Vallter 2000 devrait rappeler de bons souvenirs à Yates. Il devrait tout autant plaire au vainqueur du Giro 2019 avec ses plus de 2000 mètres d’altitude. Le circuit dans Barcelone est tout autant taillé pour le tempérament offensif de l’équatorien.

La Jumbo-Visma, à l’image de la rivalité naissante s’affiche comme la plus grande adversaire des britanniques. Steven Kruisjwijk, George Bennett et Sepp Kuss s’aligne avec un leadership partagé que le contre-la-montre devrait logiquement revêtir au néerlandais, mué en gregario de Primoz Roglic sur le récent Paris-Nice.

Tous les yeux, cependant seront river vers le duel des jumeaux. Les frères Yates s’affrontent pour la première fois en sept ans chez les professionnels. Simon Yates emmènera la BikeExchange après un Tirreno Adriatico convaincant où seul le britannique semblait capable de bousculer Tadej Pogacar sur les pentes du Prati di Tivo. Quelle équipe autour du britannique qui partagera le leadership avec Lucas Hamilton, récent auteur d’une 4e place au CG de Paris-Nice. Appuyé par Esteban Chaves et Tanel Kangert qui signeront leur retour.

https://www.deceuninck-quickstep.com/en/news/4798/deceuninck-quick-step-to-volta-a-catalunya

La Deceuninck Quick Step partira une nouvelle fois à la guerre avec Joao Almeida pour le classement général après sa troisième place sur le UAE Tour et sa sixième place sur le Tirreno-Adriatico. Le portugais sera dans sa quête entourné de sa garde renforcée déjà présente sur le Giro de l’an passé, avec Fausto Masnada et James Knox. Le troisième du dernier Giro possède un avantage sur ses adversaires grâce à ses aptitudes dans l’effort individuel. De quoi combler quelques lacunes dans la haute montagne ?

Si on parle de candidat qui devrait performer au contre-la-montre individuel, les coureurs de la EF Education Nippo font bonne figure. Hugh Carthy emmènera l’équipe américaine. Après un podium sur la Vuelta a Espana, la rentrée de l’américain était convaincante à la Faun-Ardèche. Rigoberto Uran, Ruben Guerreiro, Tejay Van Garderen et Jonathan Caicedo seront notamment là pour l’épauler.

Nous commencerons à le prendre comme capitaine dans des courses à étapes plus courtes . Nous essaierons de nous classer avec lui. Nous verrons comment il se comporte

Enrico Poitschke – Directeur sportif de la Bora Hansgrohe en visio conference

Parmi les jeunes aux capacités dans l’effort individuel, Lennard Kämna devrait subir son premier grand test avec un leadership affiché au sein de la Bora Hansgrohe. Le contre-la-montre devrait lui assurer d’être parmi les leaders de tête et la montagne déterminera son classement général où l’allemand devrait bien figurer s’il n’est pas cantonner au rôle d’équipier de Wilco Kelderman, qui fait son retour à la compétition après avoir été renversé par une voiture pendant un entrainement. La forme devrait sans doute jouer du côté de l’allemand plutôt que le néerlandais.

Solide équipe que la Team UAE Emirates qui tentera de surfer sur la vague du succès de Tadej Pogacar et de remporter une troisième course d’une semaine avec le prometteur Brandon McNulty qui devrait réaliser l’une des meilleures performances mardi parmi les leaders. Tous les yeux seront rivés vers le transfuge Marc Hirschi, de quoi naviguer un peu plus sous les radars.

Comment ne pas mentionner l’équipe World Tour local quand on parle de Catalogne. Pour la première fois de la saison, la Movistar aligne son hydre à trois têtes. Enric Mas après une performance en deça des espérances au contre-la-montre de la dernière Vuelta devra corriger le titre. Gardienne des quatre dernières éditions avec Nairo Quintana (2016), Alejandro Valverde (2017, 2018) et Miguel Angel Lopez (2019), l’équipe se doit te tenir son rang. C’est pourquoi l’équipe est solide pour emmener l’espagnol originaire d’Alta.

Première intéréssante de Robert Power qui se voit attribuer le rôle de leader au sein de la Qhubeka Assos.

Enfin la Groupama-FDJ tentera de briller avec son hongrois. Une victoire mercredi pour renommer le petit Attila Valter2000 ?

PRONOSTICS

Steven Kruijswijk vainqueur : 15 – 0.25 % (Betclic)

Steven Kruijswijk podium: 4.5 – 0.5 % (Betclic)

Hugh Carthy podium : 4.5 – 0.25 % (Betclic)

Nairo Quintana > Sepp Kuss : 2

Milan San Remo 2021 Preview

 

Plan Milan Sanremo 2021 – ©️ RCS MediaGroup S.p.A
 
Premier des cinq Monuments de la saison, situé juste avant le week-end du passage à l’heure d’été, la « Primavera » sonne le glas de la « belle saison ». Traduisible par « Printemps », la classique printanière se déroule traditionnellement au début de la deuxième quinzaine de mars.

Profil Milan Sanremo 2021 – ©️ RCS MediaGroup S.p.A

 
Avec ses 299 kilomètres à parcourir de la capitale lombarde à la pointe de la Ligurie au porte de la frontière transalpine, la Classicissima est la course la plus longue de l’année, avec un dénivelé positif de 2020 mètres.

Si l’édition 2020 avait été marquée par un final remodelé avec le Colle di Nava en difficulté usante à 70 bornes de l’arrivée. Les Capi Mele, Cervo et Berta signeront leur retour pour cette 112e édition au 2020 mètres de dénivelé positif.

Le mythique final avec l’enchaînement Cipressa – Poggio reste une nouvelle fois inéluctable. Que le Covid-19 n’aura pas réussi à déboulonner, le Conseil de sécurité de la Préfecture de San Remo ayant pris les mesures adéquates (interdiction du public, fermeture des commerces sur la Via Roma, et cetera) afin de ne pas excentrer le final du centre ville comme la municipalité le désirait lors des négociations avec les organisateurs.

La Cipressa, un incontournable depuis 1982

Située à 21.5 kilomètres de l’arrivée, la montée n’a rien de terrifiant sur le papier. D’ordinaire 5.7 kilomètres à 4 % ne cause guère problème mais avec plus de 6 heures de course, les jambes lourdes et les gradients de la Cipressa nuissent aux hommes les moins frais sur les très longues distances. Seulement, il est un problème de taille : les 12.4 kilomètres de vallée qui séparent son sommet du Poggio. C’est pourquoi les attaques y sont devenues rares. Des grimpeurs se sont aventurés à y lancer des offensives comme Marco Pantani en 99 ou Vincenzo Nibali en 2014. Mais il faut néanmoins remonter à 1996 et l’attaque de Gabriele Colombo, bien inspiré comme Gianni Bugno six ans plus tôt, pour retrouver une attaque victorieuse dans celle-ci.

Le Poggio, un juge de paix depuis 1960

Le Monument est considéré comme la classique des sprinteurs, des grands noms du sprints comme Rick Zabel (gardien de quatre victoires), Mario Cipollini (2002), Mark Cavendish (2009), et consorts s’y étant imposés. Mais il est toutefois à noter que les groupes à l’arrivée y sont fortement réduits : 21 coureurs en moyenne sur les 20 dernières éditions. Là où dans les années 80 et 90, les échappées au long court et les attaques dans le Poggio avaient tendance à être victorieuses devant le retour d’un peloton ne se partageant que les miettes. Le pied est une bataille de tous les instants dans le placement des différentes formations et il n’est pas rare d’y voir des chutes comme celle de Mark Cavendish en 2018.

Technique et rapide, la descente du Poggio est le dernier endroit où les plus téméraires peuvent tenter de creuser un écart suffisant…

… pour entamer les 2.29 kilomètres de Boulevard menant à la via Roma. Cependant, très peu ose ce pari risqué comme Sean Kelly le fît en 1992 ou plus récemment Nibali en 2018.

La tendance des 10 dernières années semble à une rarefaction des sprinteurs purs se disputant la victoire sur la Via Roma.

UNE MODIFICATION DU FINAL QUI A CHANGÉ LA DONNE

Le raccourcissement de la distance à parcourir entre le pied de la descente du Poggio et la ligne d’arrivée depuis 2015 n’y est sans doute pas étranger. Bien que ce ne soit que 480 mètres plus courts, l’avance prise au sommet du Poggio au tournant de la cabine téléphonique n’est que très rarement conséquent et ne reste pas pour autant irrémédiable.

année vainqueur de milan san remo place aux Strade bianche Nombre de victoires avant MSR
2015 John Degenkolb DNS 1
2016 Arnaud Demare DNS 3
2017 Michał Kwiatkowski 1er 1
2018 Vincenzo Nibali DNF 0
2019 Julian Alaphilippe 1er 6
2020 Wout van Aert 1er 1

Les puncheurs ont donc une belle carte à jouer contre l’organisation d’une chasse sur cette partie finale. Milan San Remo sacre souvent un homme en forme, un coureur déjà en vue au cours de la reprise de la saison cyclisme.

Année coureur(s) devant ecart sur le peloton au sommet du Poggio Ecart sur le peloton au pied du poggio Coureur(s) devant Ecart dans les 700 derniers metres
2015 G.Thomas, van Avermaet 2″ / / /
2016 Kwiatkowski 2″ 5″ Boassen Hagen, Van Avermaet 1″
2017 Sagan, Alaphilippe, Kwiatkowski 11″ 17″ Sagan, Alaphilippe, Kwiatkowski Pas d’images
2018 Nibali 11″ 8″ Nibali 5″
2019 Naesen, Sagan, Alaphilippe, Valverde, van Aert, Trentin, Kwiatkowski, Dumoulin 13″ 24″ Oss, Clarke, Mohoric, Naesen, Sagan, Alaphilippe, van Aert, Valverde, Trentin, Kwiatkowski, Dumoulin, Matthews, Nibali Pas d’images
2020 Alaphilippe 4″ 6″ Van Aert, Alaphilippe 5″

ALAPHILIPPE, L’ÉLÉMENT PERTUBATEUR

Si les sprinteurs peuvent voir avec réjouissance le retour aux équipes (25) de sept coureurs, abandonné l’an passé pour un format de six aux fins d’inviter deux équipes supplémentaires (27). La majorité des équipes ont une composition résolue tournée vers des sprinteurs au profil puncheur et des puncheurs confirmés. Par élimination des années 2015 et 2016 où ni John Degenkolb, ni même Arnaud Demare n’ont participé aux Strade Bianche, le vainqueur de ladite course en Toscane s’est imposé par trois occasions sur les quatre dernières éditions. Trois éditions qui auront eu pour point commun : un Poggio dynamité par les attaques de Julian Alaphilippe. Seule l’édition de 2018 où le vent de face soufflait dans l’ascension et sur la Via Roma n’a vu aucune tentative d’attaques du français de la Deceuninck Quick Step ; que l’on aura vu uniquement sur la ligne droite finale pour emmener le sprint d’Elia Viviani.

POINT METEOROLOGIQUE

Si la chaleur estivale laisse place au redoux printanier pour cette nouvelle édition de Milan San Remo. La Primavera va connaître des conditions qu’elle ne connaît que peu. De mémoire, il faut remonter à l’édition 2014 pour connaître des prévisions aussi venteuse. Le départ de Milan se fera sous des vents de 10 km/h qui ne feront que s’amplifier au fur et à mesure de la journée en descendant vers San Remo. Une fois au Port de Savona (110 kilomètres de l’arrivée) en atteignant la côte, le vent est estimé entre 15 et 22 km/h pour atteindre les 30 km/h dans les Capi alternant vent de trois quarts dos et vent de dos.

 

Direction du vent dans le final de Milan San Remo, le samedi 20 mars 2021 ©️ 2021 Ben Norbury

La montée du Poggio dans sa première partie avec un vent de face pour atteindre des vent trois quarts face dans les parties les plus pentues où le champion du monde aime à y placer ses démarrages. Pour finir par un vent favorable dans la descente et les deux derniers kilomètres de boulevards.

UN TRIUMVIRAT INATTAQUABLE ?

Si l’on parle de victoire de Milan San Remo, il est presque impossible de voir au-delà du trio : Mathieu van der Poel, Wout van Aert et Julian Alaphilippe.
Bien que Milan San Remo souffre d’une réputation d’une « loterie » en s’offrant à un sprint parfois hasardeux avec les victoires pas toujours attendus (bien que prévisibles dans une moindre mesure) de John Degenkolb, Arnaud Demare récemment mais surtout de Gerald Ciolek ou Matthews Goss.

Non et non, Milan-San Remo n’est pas une loterie.  Je pense qu’il est impossible de gagner sept fois le gros lot avec le même ticket gagnant.

Eddie Merckx – sept fois laurÉat de milan san remo

Le « Big Three », ce « Rainbow Gang » à qui rien ne résiste arrive en grand favori. Représentant une probabilité de victoire implicite de 63 % (Mathieu van der Poel [3.75] à 26,66 % / Wout van Aert [4.5] à 22,22 % / Julian Alaphilippe [7.5] à 13,33) si on se fit aux cotes des bookmakers. Gardien à eux trois de cinq des sept étapes du Tirreno Adriatico, le trio infernal rythme le début de saison. Attendus sur les Strade Bianche, les inséparables ont répondu présents et Mathieu van der Poel est sorti vainqueur de ce combat sur les chemins blancs de Sienne. En vue depuis la première étape du Tour de la Provence, Julian Alaphilippe ne cesse de monter en pression. Quant à Wout van Aert, le belge s’affirme de plus en plus comme un futur leader au sein de la Jumbo Visma sur les courses par étape après une deuxième place plus que convaincante derrière Tadej Pogacar.

Mathieu van der Poel est de cette triade tyrannique le nom qui se dégage presque naturellement. Sa victoire autoritaire sur la montée finale de Santa Caterina est une véritable démonstration de force.

1362 watts au maximum qui ont littéralement collé au bitume Julian Alaphilippe sur « le territoire » du frenchy pour qui les finaux pentus n’ont aucun secret. Mathieu van der Poel a cette grande force de pouvoir régler un groupe au sprint comme de partir dans le Poggio par son punch que seul le champion du monde peut égaler. Mais en réalité, tout le monde attend MVDP dans une « attaque suicide » dans la Cipressa. S’il est un coureur dans le peloton qui peut tenter ce pari risqué, c’est bien le champion des Pays-Bas, qui est reconnu pour sa fougue et sa façon de dynamiter les courses de loin. Obligeant les équipes à s’adapter tactiquement par sa seule présence. Le vent favorable dans la Cipressa pourrait être une aubaine, faisant le jeu d’une élimination d’une partie des sprinteurs.

Ses interviews récentes ne sont pas sans préparer le terrain à l’ « Opération Cipressa« . Mais les attaques ne peuvent-elles pas avoir lieu dans les Capi ?

Le Capo Mele est dans doute à éliminer. Bien que le sommet ne soit qu’à 51.5 kilomètres de la ligne d’arrivée, le Capo est trop roulant.

Le Capi Mimosa Cervo est tout aussi court que le Mele. Bien que peu de visuel s’offre dès la petite dizaine de secondes de prise, la descente peu technique et les quatre kilomètres de replat offre une possibilité de regroupement.

Le Capi Berta est très probablement le plus intéressant des trois. 1.8 kilomètres à 6.9 % peuvent faire suffisamment de dégâts au plus fort de la pente (9.9 %). La descente qui s’en suit et rapide et n’offre que peu de visuel en arrivant en périphérie d’Imperia. Un endroit idéal pour commencer à durcir la course et faire sauter au moins une première fois les sprinteurs. Dès lors, il y aura urgence pour les hommes les plus rapides de récupérer sur les 10 kilomètres séparant Imperia de San Lorenzo al Mare où la montée de la Cipressa aura lieu.

La fougue de Mathieu van der Poel est à la fois sa force mais aussi sa grande faiblesse où le néerlandais pourrait se retrouver vite isolé dans une course durcie par lui-même dans la Cipressa. Une faille qui pourrait être exploitée par les différentes équipes pour le fatiguer. Si Mathieu van der Poel est emmené jusqu’au Poggio, il devrait être compliqué de se débarasser de lui. Certes, son placement a laissé à désirer à Chiusdino, lui coûtant la victoire. Mais il convient de se remémorer le travail des Alpecin-Fénix en 2020 au pied du Poggio. Placant parfaitement Mathieu van der Poel en tête du peloton. Après ses victoires à Gualdo Tadino et Castelfidardo à la manière, MVDP est l’homme à abattre.

Qui d’autres que Julian Alaphilippe pour tuer les ambitions affichée du petit-fils de Poulidor ? Le français en cas d’attaque dans le Poggio est le plus à même de suivre le fils d’Adrie. Le grand problème d’Alaf réside dans le fait que sa pointe de vitesse au sprint est inférieure. Bien que ce dernier est rivalisé avec Kwiatkowski et Sagan en 2017, réglé un groupe de dix coureurs en 2019 avec Oliver Naesen, Matteo Trentin, Simon Clarke, Wout van Aert tous réputés pour leur pointe de vitesse. L’an passé, le champion du monde n’était pas loin de rivaliser avec Wout van Aert. Il est vrai qu’après 6 heures et demi de course, chaque sprint est spécial et se joue à la fraîcheur. Mais sa victoire à Chiusdino est à relativiser. Puisque MVDP était bel et bien le plus rapide mais par une erreur grossière de placement, ce dernier avait loupé la victoire de peu. La Flèche Brabançonne pourrait être un signal supplémentaire en direction d’une opposition pas tant déséquilibrée au sprint. Mais encore une fois, l’erreur vient essentiellement de Mathieu van der Poel qui non content de déboiter trop tard, se voyait fermer la porte entre Alaphilippe et Benoit Cosnefroy. La montée de Santa Caterina aura démontré que MVDP est non moins aussi explosif voire plus explosif que le champion en la matière. Peut-être que le français de la Deceuninck Quick Step pourrait exploiter la descente pour distancer le vainqueur des Strade Bianche. Mais si peu de référence en matière de descente du néerlandais, il n’est pas sans rappel que le champion de cyclo-cross est le coureur le plus technique des sous-bois. Ce qui devrait techniquement en faire un coureur difficile à lâcher dans une descente. Le scénario vu l’an passé avec Wout van Aert comblant l’écart sur Alaphilippe dans la descente pourrait se reproduire. Quid de la coopération ? Rarement, les deux coureurs ne se sont regardés dans le blanc des yeux pour passer des relais. Dans un final où il ne faut pas se regarder, il est plus probable de voir le français s’assoier dans la roue du leader de la Alpecin-Fénix en vue du sprint dans les derniers mètres de la Via Roma.

Un problème de coopération qui est à écarter si Wout van Aert est présent lui aussi. Certes, le leader de la Jumbo-Visma est le moins puncheur des trois mais sa puissance compense largement. Véritablement en forme en étant présent sur tous les étapes du Tirreno Adriatico, le belge aura réglé un sprint massif dès l’ouverture de la course par étape d’une semaine. Avant de conclure par une victoire sur le contre-la-montre de fermeture à San Benedetto del Tronto devant Stefan Küng et Filippo Ganna. Deux spécialistes qui s’était « reposé » en vue du contre-la-montre contrairement à WVA qui n’a jamais été à l’économie. Un indicateur d’une forme déjà au top à la sortie de la saison de cyclo-cross. Vainqueur en titre de Milan San Remo, le champion de belge de contre-la-montre aime à exacerber sa rivalité avec Mathieu van der Poel. Ce qui a conduit le duo à dominer le Tour des Flandres 2020 et conclure l’opposition éternelle par un sprint remporté par ce dernier. Techniquement dans les sous-bois, les arrivées au sprint entre les deux ont été à la faveur du belge plus puissant que son rival néerlandais. Un sprint du Tour des Flandres probablement tronqué par une sorte de départ-arreté façon pistard à 200 mètres de la ligne d’arrivée. Un sprint lancé sans surprendre le néerlandais qui avait pourtant le désavantage de la position. Si sprint il doit y avoir entre les deux bêtes à rouler, WVA a sûrement l’avantage.

DES SPRINTEURS QUI ATTENDENT LEUR HEURE

Si le collectif des Alpecin-Fénix et de la Jumbo-Visma est construit autour d’un leadership unique. La Deceuninck Quick Step arrive comme chaque année avec plusieurs cordes à son arc. Et si Alaphilippe n’a pas réussi à s’extirper dans le Poggio, en cas de présence de Sam Bennett. Le français devrait emmener le sprint de l’irlandais. Le problème du détenteur de quatre victoires cette saison réside dans sa durabilité parfois mise à mal. L’an passé sur les pentes du Poggio, SammyBe a souvent été décroché et à la lutte pour rester au sein du peloton avant de totalement imploser. Une course rythmée vers la Cipressa pourrait l’éliminer. Certes, son échappée lors de l’étape de la Colmiane était encourageant mais son élimination du groupe de tête dans le sprint de Levens tend à faire douter sur sa capacité à être dans le groupe de sprinteurs survivants.
Davide Ballerini devait tout naturellement un Plan C que la DQS a su exploiter parfaitement lors de l’Omloop Het Nieuwsblad. Double vainqueur au Tour de la Provence notamment à l’étape de Manosque sur une arrivée pour puncheurs, l’italien se replace comme une arme essentielle de l’équipe de Patrick Lefevere sur les classiques. Devenir le 52e italien a remporter le Monument national de mars, sûrement dans un coin de la tête de Ballero. Le vent défavorable dans le Poggio pourrait permettre le premier sprint réduit depuis 2016. Dès lors, Davide est en pôle position si Sam n’est pas présent. Quoi qu’il en advienne, ce sera un coureur protégé dans le Poggio, Kasper Asgreen, Zdenek Stybar et Yves Lampaert ayant pour rôle de placer Julian Alaphilippe en tête et d’imprimer le tempo dans le Poggio.

Face à l’armada des bleus et blancs, Caleb Ewan est, sans doute après sa deuxième place derrière Nibali en 2018, le grand favori. Un Poggio avant un vent défavorable n’est pas sans le favoriser. Mais son Tirreno Adriatico a été en deça des attentes. Sans doute remis de ses problèmes de ventre rencontrés dans sa semaine sur le bord de l’Adriatique, une course rythmée à 20 kilomètres de l’arrivée n’est pas à son avantage. D’autant que l’équipe ne le protègera pas coûte que coûte ayant John Degenkolb en plan B, Tim Wellens et Philippe Gilbert.

Le plus grand danger parmi les sprinteurs semblent venir de deux hommes très en vue la semaine dernière. D’abord, Christophe Laporte mais le français souffre de la présence d’Elia Viviani. Si sprint, il doit y avoir avec les deux coureurs. Alors le français se mura en poisson pilote. Cependant, tout porte à croire que le coureur de la Cofidis Solutions Crédits est plus durable que son coéquipier italien dans une course dynamitée. Le seul problème de Laporte est sa pointe de vitesse. Rapide mais pas assez pour aller chercher la gagne dans un groupe réduit où on peut envisager que des hommes plus rapides seront présents. Ensuite, Michal Matthews qui n’aura jamais été loin de remporter le Monument. En premier lieu en 2015 mais principalement en second lieu, l’an passé réglant un peloton en chasse des deux fuyards. Alors que l’autralien de la BikeExchange avait frotté le mur dans la descente du Poggio. Ne s’épargnant pas une blessure à la main. Son placement est sa force, après avoir montré une forme éblouissante dès la rentrée sur les routes de Paris-Nice notamment dans les pentes de Chiroubles en attaquant derrière Primoz Roglic.

DES ÉLÉMENTS PERTUBATEURS EN PAGAILLE

Nombre sont les coureurs à mettre à l’honneur. Simon Clarke en forme qui aime ce Monument. Michal Gogl en vue depuis le début de saison. Greg van Avermaet qui a toujours suivi les mouvements dans le Poggio. Celui de Geraint Thomas en 2015, celui d’Alaphilipe, Kwiato et Sagan en 2017, et cetera mais le belge a toujours manqué d’explosivité pour accrocher les roues des premiers sortants et s’extirpant. Matej Mohoric qui pourrait profiter de ses qualités de descendeur pour recoller comme en 2019 ou sur Liège-Bastogne-Liège de l’an passé. Mais le slovène est réduit à tenter le kilomètre à la Cancellara en échouant très… Trop souvent. Maximilian Schachmann qui pourrait naviguer sous les radars malgré sa victoire au classement général de Paris-Nice. Kevin Geniets qui aura été le coureur a accompagné Julian Alaphilippe et Wout van Aert dans le secteur de Sante Marie au moment où le peloton implosé. Le luxembourgeois manquera de vitesse au sprint. Les Ineos Grenadiers viennent avec une armada solide encore une fois. Tom Pidcock decouvrira son premier Monument. Sa pointe de vitesse n’est pas mauvais mais est-elle suffisant ? Son jeune âge est-il un handicap ? Certainement que non, la nouvelle génération étant préparée de façon optimale pour briller très tôt au plus haut niveau.

L’équipe qui pourrait dynamiter les choses pourrait être l’équipe Trek-Segafredo. Vincenzo Nibali a toujours su se réinventer sur cette course. Attaquant tant dans la descente du Poggio que dans la Cipressa. L’an passé, c’est Giulo Ciccone qui avait porté en premier l’estocade dans le pied du Poggio. Déjà en vue sur le début de saison, Quinn Simmons a été malheureux sur les Strade Bianche. Victime d’abord d’une crevaison avant de chuter sans conséquence. Agé de seulement 19 ans, l’américain n’est qu’à sa deuxième année espoirs. Sa deuxième année chez les pros. Un véritable talent brute qui pourrait profiter du vent défavorable pour une attaque à la façon du Requin de Messine, en profitant d’une sous-estimation. Un passé glorieux du leader de la Trek qui inspire le jeunot.

Enfin comment ne pas conclure par le rêve probablement impossible de Philippe Gilbert. Un fantasme avoué de décrocher le dernier Monument qui manque à son palmarès. Un #Strive4Five du coeur que je m’éverturais à tenter personnellement à 40. Sans grande conviction, que par pur sportisme. Parce qu’une course à l’usure peut lui convenir. Mais ni le plus rapide, ni aussi explosif qu’antant, l’ancien champion du monde est contraint à la victoire en solitaire. Beaucoup aimerait le voir réaliser son rêve mais peu lui offriront sur un plateau d’argent. La légende est à ses portes mais la légende n’est-elle pas déjà battu même sans une Primavera à son palmarès déjà fortement garni ?

PRONOSTICS

Wout van Aert ou Mathieu van der Poel : 2.05 – 1.5% (Unibet)

Mathieu van der Poel vainqueur : 3,75 – 0.5 % (Unibet)

Davide Ballerini podium : 5.6 – 0.25 % (Winamax)

Quinn Simmons podium : 50 – 0.25 % (Winamax)

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Etape 7 Tirreno Adriatico 2021 Preview

Traditionnel contre-la-montre de clôture du Tirreno-Adriatico dont le parcours n’a pas changé depuis une décennie. Une victoire de Filippo Ganna semble acté sauf incident tant l’italien a littéralement atomisé les compteurs l’an passé. Premier coureur a passé sous la barre des 11 minutes.

Un effort individuel totalement plat à San Benedetto del Tronto divisible en deux sections.

La section de l’aller qui ne comporte qu’un virage après la rampe de lancement. Le restant des 5 kilomètres se fait full gas.

La section du retour comporte aucun virage technique.

Même au milieu ce qui semble être des virages se prennent sans être trop sur les freins. A vrai dire les seuls virages à relance sont à la jonction des deux sections sur la via Cervi Fratelli.

Le vent aura tendance à augmenter légèrement au cours de la journée passant de 18 km/h à 20 km/h. Ce qui donne un avantage au premier partant. Mais cela dit quand on parle de météo, c’est sans doute le paramètre le plus compliqué à déterminer avec précision et les modèles s’accordent à dire que des averses auront lieu mais que les risques diminueront pour les derniers partants. Avantage ici, à ces derniers qui par le passage des voitures peuvent avoir pour effet de sécher la route au fur et à mesure des passages si la route n’est pas trop détrempée.


ANNEEMArge du vainqueur en seconde
202018
20193
20184
20173
201613
20154
20146
20136
201212
20119

Si on regarde la marge du vainqueur, la moyenne est de 7.8 secondes. Une marge souvent proche voire inférieure à 6 secondes. Mais les années Fabian Cancellara et le chrono de l’an passée ont pour influence de faire grimper la moyenne. On peut comparer aisément le Suisse dans sa domination de l’exercice ou du moins son aura avec l’italien qui aura margé d’une marge de 12 et 14 secondes sur les deux chronos auxquels il a participé et dont la distance est similaire.

Désigné un vainqueur autre que Pippo semble un pari osé tant l’italien domine l’exercice. Wout van Aert semble le plus à même de faire se travailler. Mais pèchera-t-il des efforts consentis sur les récents jours. Le pari est peut être osé comparé à des rouleurs qui se sont économisés au cours des récentes étapes. Mais une évidence semble frapper quand on regarde le chrono de Paris-Nice et les déclarations de Wout van Aert, le matériel Cervelos dans l’exercice chronométré est excellent. C’est donc pour cela que l’œil se tournera vers les coéquipiers du belge. Si Tobias Foss semble attirer les attentions après sa 5e place sur le chrono d’ouverture du Giro d’Italia de l’an passé. Ses références en la matière ne font pas de lui un rouleur qui aura marqué les rangs amateurs dans les domaines. Contraire à un autre pistard que Filippo Ganna en la personne d’Eduardo Affini. L’italien après une saison 2020 totalement en deçà des espérances est un transfuge de la Mitchelton Scott. L’arrivée à la Jumbo-Visma pourrait signer le renouveau du rouleur italien qui aura montré en 2018 et 2019 toutes ses aptitudes dans l’effort individuel. Son coéquipier, lui aussi transfuge mais de la CCC Team : Nathan Van Hooydonck. Le rouleur belge avait pris ici même la 8e place à seulement 14 secondes du podium situé non loin de coureurs spécialistes comme Tobias Ludgvisson, Benjamin Thomas et Jos van Emden. Ses références notamment dans le chrono assez similaire du Tour de Belgique 2019 montre toutes ses capacités sur un chrono court et plat où la puissance pure est privilégiée.

PRONOSTICS

Eduardo Affini podium : 8 – 0.25 % (Unibet)

Nathan van Hooydonck podium : 16 – 0.25 % (Unibet)

Entre 6 et 15.99 secondes entre le premier et le deuxième : 2.25

Étape 6 Tirreno Adriatico 2021 Preview

Après une étape de mur à Castelfidardo promise à l’offensive, qui aura donné naissance avec un temps pluvieux et frigorifique une étape spectaculaire qui restera dans les mémoires avec une fringale de Mathieu van der Poel rappelant le mondial d’Harrogate qui aura résisté tant bien que mal au retour de peu du jeune ogre slovène. Le classement général semble désormais joué d’avance. Tadej Pogacar promis à être détenteur du trident de la victoire. Bien que 10 secondes de bonifications soient allouées au vainqueur de l’étape, si Wout van Aert venait à gagner l’étape. Il est hautement improbable que le Tirreno lui revienne à la suite du contre-la-montre de San Benedetto del Tronto. Puisque pour rattraper 1’05 » sur le slovène, le belge devrait rouler plus de 4.750 km/h de moyenne sur un temps estimé à 11’15 ».

169 kilomètres seront à parcourir entre Castelraimondo et Lido Di Carlo pour un dénivelé positif total de 1 621 mètres. Une étape qui dont le parcours sera composé d’une première partie en ligne puis d’une grande boucle de 30.4 kilomètres avant de conclure par quatre tours de 11.2 kilomètres.

LE SPRINT EST-IL ÉVITABLE ?

Après une journée difficile, en fin de semaine, les chances des échappées sont multipliées. Cependant, la dernière étape étant un contre-la-montre très probablement remporté par Filippo Ganna. De nombreuses équipes vont être intéressées par l’étape. Les équipes de sprinteurs seront nécessairement intéressées par un emballage final. Le plateau de sprinteurs pas le plus relevé en World Tour avec l’abandon notamment de Caleb Ewan qui ouvre un peu plus les possibilités de victoire sur ce type de final qu’il conviendra de développer. La Deceuninck Quick Step pour ses sprinteurs dont il faudra nécessairement dégager un nom entre Alvaro Hodeg et Davide Ballerini arrive en tête de liste avec la Jumbo-Visma de Wout van Aert, vainqueur du sprint massif de l’étape de Lido di Camaiore. La Cofidis Solutions Crédits d’Elia Viviani dont le train était totalement invisible et dépassé lors de ladite étape remportée par le belge des Killer Wasps devrait fournir de la main d’œuvre dans une chasse. Que tout autant la Alpecin-Fenix de Tim Merlier que les UAE Team Emirates de Fernando Gaviria peuvent contribuer à la tâche. La tâche s’annonce ardue pour l’échappée matinale de résister au retour du peloton et de faire la nique aux hommes les plus rapides du peloton.

VERS UNE LATE ATTACK VICTORIEUSE ?

Le circuit final sera composé d’une unique difficulté. 1.9 kilomètres à 4.1 % rien de vraiment insurmontable pour les sprinteurs.

D’autant que le vent de face de 18 km/h dans cette dernière n’y favorisera ni les mouvements, ni même un drop de certains. C’est sans doute vers le final qu’il faut se pencher.

A 4 kilomètres, le jeu de placement devrait commencer à jouer un rôle au sein du peloton avec un premier rétrécissement avant de virer à gauche.

Où le déplacement n’aura guère le temps de s’opérer sur une route qui retrouvera rapidement une voie unique.

Techniquement avec une succession de virage peu large…

Une véritable possibilité de mouvements s’opère.

Mais une fois, ce virage passé à 3.5 kilomètres de l’arrivée. L’opération s’annonce suicidaire.

Les trop nombreuses lignes droites plus larges favorisent un groupe de chance où les trains pourront l’occasion de se positionner.

Le peu de virage semble se passer rapidement.

D’autant plus si les aménagements urbains sont amovibles.

2.75 kilomètres pour voir batailler et garder une position en tête du peloton.

Un panorama qui donne un véritable visuel en dehors comme en ville. Qui ne donne guère de chance à une opération suicide. Quand bien même le vent sera favorable.

Le véritable enjeu du sprint se situe à 500 mètres avec un premier virage qu’il faut aborder dans les premiers de cordée.

Avant d’aborder consécutivement un dernier virage à 400 mètres.

Et une dernière ligne droite pour un sprint où train comme positionnement seront primordiaux.

UN SPRINT POUR QUELS SPRINTEURS ?

Après son succès sur la première étape, Wout van Aert apparaît comme le favori de l’étape. Il est vrai que le leader de la Jumbo-Visma est un homme à tout faire et s’avère véritablement rapide sur ce type de finish. Mais ne sera-t-il pas émousser des efforts des deux dernières étapes quand les autres sprinteurs auront passés des journées plus sur la retenue ? Rien n’est moins sûr. Une victoire ne lui apporterait que satisfaction. A une poignée de jour de Milan San Remo, il serait opportun pour le belge d’éviter les efforts superflus pour récupérer un maximum. Face à lui, Tim Merlier est probablement l’homme le plus rapide du peloton. Mais le belge de la Alpecin-Fenix a un défaut et de taille. Son placement qui laisse souvent à désirer et pourrait l’éliminer d’une victoire.

Le train de la Deceuninck Quick Step vu en action sur l’étape de Gualdo Tadino est le meilleur sur le papier. L’incertitude sur le nom du sprinteur emmené demeure. La forme dirait Davide Ballerini, le profil parle pour Alvaro Hodeg qui était d’ailleurs emmené par le premier nommé. Mais le colombien bloqué à 300 mètres de la ligne n’a pu s’exprimer. L’équipe affiche les meilleures armes et aura de quoi virer en tête assurant une position optimale pour son sprinteurs. Mais si la course est durcie, certains sprinteurs le voudront sûrement. La carte Ballerini devrait s’imposer en cas de défaillance d’Hodeg.

Décevant sur la première étape, Elia Viviani doit rectifier le tir. La forme de l’UAE Tour et la confiance sont là, le train de la Cofidis est sans doute le deux meilleurs étant totalement dédié à son sprinteur.

PRONOSTICS

Alvaro Hodeg ou Davide Ballerini podium : 1.9 – 1.5 % (Betclic)

Alvaro Hodeg ou Davide Ballerini vainqueur : 4.5 – 0.5 % (Betclic)

Elia Viviani podium : 5 – 0.5 % (Unibet)

Etape 5 Tirreno-Adriatico 2021 Preview

L’étape traditionnelle du Tirreno Adriatico. 205 kilomètres et un dénivelé positif total de 2544 mètres.

Le cumul de dénivelé se fera sur les 23.6 kilomètres du circuit final à parcourir trois fois.

Si le vent sera favorable sur les 100 kilomètres cotiers, le vent devrait se renforcer en montant dans les terres pour atteindre une moyenne à 28.8 kilomètres par heure sur le circuit. Un vent susceptible donc de faire des dégâts.

Seulement, deux sections sont suffisamment découvertes pour essayer de profiter du vent pour bordurer. La première dans la descente menant à Campanari. Mais à peine longue de 2 kilomètres, le secteur est à éliminer.

L’autre à la sortie de Cerretano sur environ 3.4 kilomètres. La question est de savoir si une équipe profitera du vent pour opérer une sélection. La Deceuninck Quick Step est sans doute placée en tête de liste pour oser ce pari pas si fou.

La montée finale se fera vent de face, ce qui n’est assurément pas une bonne nouvelle pour les offensives qui y seront retardées.

D’autant qu’il faudra attendre Fornaci pour trouver l’ombre d’un abri.

La descente à la flamme rouge offre une rampe de lancement idéale pour déclencher une attaque. Sur une route entre les bâtiments, le vent y est moindre. L’impulsion de la descente est donnée pour les 600 mètres finaux.

Cependant, il faudra être costaud et avoir du tonus pour aborder les dernières rampes.

Suivi de ses 200 derniers mètres en replat qui paraissent interminables.

Mais avant tout cela située à 88.1, 64.5, 41 et 17 kilomètres de l’arrivée, la Contrada Concia fait office de véritables bourreaux. Seulement 1.5 kilomètres mais des pentes terribles à 9.5 de moyenne pour un pic à 25.7 %. Pas moins de 899 mètres à au moins 10 %.

Une montée dont on ne voit jamais le bout.

La dernière difficulté à 9 kilomètres de l’arrivée pour son dernier passage et peut être un lieu privilégié pour les attaques. Avec un fort vent de face, son sommet mène à la première portion exposée nommée. C’est donc avec un vent plus que favorable que les plus téméraires pourront faire face jusqu’au 2.7 kilomètres avec un vent de face.

Sur le papier, la course a tout pour être dynamiter sur le circuit. Avec un vent cotier favorable, les échappées matinaux n’ont que peu de chance. Là où des tentatives plus tardives peuvent être fructueuses. La course semble cousue-main pour le « Rainbow Gang ». Mais un doute subsiste pour Julian Alaphilippe. Si Wout van Aert est contraint d’aller chercher les bonifications. Ce qui pourra pour raison de tuer les chances des échappées parties au matin. Et que Mathieu van der Poel s’est totalement relevé hier dans le Prati du Tivo en vue de cette étape. La Deceuninck Quick Step peut être confrontée à deux choix : miser sur la victoire d’étape avec le champion du monde et/ou assurer un classement Général avec Joao Almeida. Si le groupe des leaders n’arrive pas à se décanter alors Julian Alaphilippe sera de plus en plus dans l’obligation de travailler pour son leader et d’etre présent auprès de lui en cas de pépin (mécanique voire physique). L’étape est belle pour un coureur punchy comme le portugais.

A l’offensive sur l’étape 2 comme la veille, Almeida a montré de très belles choses. Après un Giro d’Italia réussi, aller chercher un assessit voire mieux sur le Tirreno Adriatico imposerait de plus en plus sa stature de leaders de Grands Tours.

Mais évidemment qui dit terrain à l’offensive dit que des hommes plus loin au général peuvent naviguer sous les radars. D’abord, Larry Warbasse carte offensive de la AG2R Citroën La Mondiale qui aura montré de belles choses sur l’étape du Roccarosso avec une arrivée au sommet sur des très gros pourcentages. Et surtout Michael Gogl qui aura perdu du temps volontairement sur l’étape de la veille (plus de 23 minutes) en vue de l’etape du jour. Après ses Strade Bianche en tête, le coureur de la Qhubeka Assos est assurément un nom à citer.

PRONOSTICS

Joao Almeida podium : 8 – 0.25 % (Unibet)

Michael Gogl podium : 25 – 0.15 % (Betclic)

Larry Warbasse gagnant/placé : 350 (PMU) / 100 (Unibet) – 0.1 %

Etape 4 Tirreno Adriatico 2021 Preview

Après une victoire pour chaque membre du « Rainbow Gang », la course au trident se dirige vers son étape reine. Une étape riche d’enseignements au sujet de Wout van Aert qui sera sous l’œil de tous les observateurs. Combien de temps va-t-il tenir ? Ira-t-il jusqu’au bout en compagnie des leaders ? S’il plie va-t-il rompre ? Tant de questions pour le leader de la Jumbo Visma qui se présente avec un cumul de 20 secondes de bonifications à l’entame d’une arrivée au sommet presque décisive pour le classement général.

148 kilomètres pour 3023 mètres de dénivelé positif, une journée usante mais dont toutes les attentes seront sur le Prati di Tivo.

A l’origine, il ne faisait presque guère de doutes que l’échappée n’aurait que peu de chance d’aller au bout. L’équipe UAE Team Emirates devant avoir un œil sur cette étape pour Tadej Pogacar. L’appétit vorace de Wout van Aert pour les bonifications pouvait être anticipé. Sa victoire lors de la première étape, sans doute moins. Cette dernière a fait basculer le cours des choses et Prati di Tivo s’en retrouve comme une ascension primordiale où les dix secondes de bonifications au sommet sont cruciales. Les adversaires de WVA en ayant plus que besoin et l’équipe de ce dernier désireux de les offrir volontier à l’échappée matinale. D’autant plus crucial que c’est désormais la Team Ineos Grenadiers qui devrait être l’instigatrice majeure de cette étape. Egan Bernal pris dans une chute hier, à 3.2 kilomètres de l’arrivée n’a pu bénéficier de la neutralisation des temps à partir des trois derniers kilomètres. C’est désormais à la 27e place du classement général que le colombien pointe, à 38 secondes du leader. Plus faible dans l’effort individuel, le vainqueur du Tour de France 2019 est contraint de reprendre du temps… beaucoup de temps en montagne.

Le Passo Capannelle pourrait voir le monstrueux train des britanniques se mettre en marche. Sans doute trop loin de l’arrivée mais dans une nouvelle dynamique l’équipe n’est pas sans bousculer ses propres codes. Problème cependant à ce scénario, la montée finale est suffisamment longue pour faire des dégâts.

D’autant que si la descente qui suit est longue. Cette dernière n’est absolument pas technique et ne permettra donc pas de générer des écarts.

Un véritable boulevard à ciel ouvert.

14.6 kilomètres à 7%, loin d’être le plus pentu des cols des Abruzzes.

Le Prati di Tivo offre une majorité de ses pourcentages au dessus des 7% qui permettront à un train bien huilée d’émousser les coéquipiers les plus robustes et d’isoler le plus tôt possible WVA.

La montée se fera vent de face. Fort heureusement, le vent s’est pas fort et aura peu d’influence dans un col majoritairement boisé.

Que ce soit en son pied…

…. qu’en son sommet.

Les portions les plus exposées étant à 4 kilomètres de l’arrivée étant les zones les plus exposées. Fort heureusement, pas de quoi décourager les attaques avant un vent si faible (7.2 km/h).

Après son UAE Tour, Tadej Pogacar est le favori de cette étape. Quand on note le travail de chasse au cours de la deuxième étape dans la montée de Chiusdino, l’équipe pourrait imprimer le même tempo que dans le Jabel Hafet et propulser le vainqueur du Tour 2020 vers la victoire. Mais un obstacle de taille se dresse devant l’équipe émirate : la Ineos Grenadiers. Il n’y a qu’à citer les noms autour d’Egan Bernal pour se rendre compte de la puissance de feu de l’équipe qui a écrasé les cols du Tour de France par le passé. Jonathan Castroviejo, Filippo Ganna et Salvatore Puccio devraient être les premiers grands artificiers d’une chasse et d’un train asphyxiant. Michal Kwiatkowski déjà vu à son avantage sur le Tour de Bessèges devrait prendre la suite. Avant que le travail ne soit achevé par Pavel Sivakov et Geraint Thomas qui ont tous les deux montrés une forme certaine sur la deuxième étape avec un énorme relai de G. pour reprendre Joao Almeida. Lancé le colombien est le meilleur grimpeur du monde, il n’y a juste qu’à se remémorer son ascension de l’Iseran où il a assommé le Tour de France, il y a de cela deux ans. Revenant d’une blessure au dos qui a entaché sa saison 2020, Bernal est de retour au sommet. D’abord, coéquipier de luxe de son coéquipier et compatriote Ivan Sosa sur les pentes du Mont Ventoux menant au Chalet Reynard. Son Trofeo Laigueglia à l’offensive a signé les prémices d’une très belle troisième place au Strade Bianche. Dont il ne faut qu’être à moitié surpris, le colombien ayant commencé sa jeune carrière par le VTT dont il a été multiple médaillé dans les catégories jeunes aux championnats du monde.

S’il est un enseignement du passé, c’est que les pentes du Prati di Tivo, dont les pourcentages n’excèdent pas les 11 % en son pied, ne permet pas vraiment de faire des écarts monstrueux. Il n’y a qu’à voir l’édition de 2013 pour voir qu’un profil comme Michal Kwiatkowski y a concédé que 13 secondes sur Christopher Froome. Le cas Mauro Santambrogio pouvant connaître la même similarité mais étant écarté puisqu’il sera suspendu pour un contrôle positif à l’EPO sur le Giro de la même année. Mais on peut tout autant tiré la même conclusion de l’édition 2012. C’est pourquoi, l’espoir réside pour Wout van Aert. Qui a monté en stage que ce soit l’an passé que cette saison qu’il vole en montagne. La présence et la forme affichée à Tenerife de Tobias Foss sera d’une précieuse aide pour le belge. Il est vrai que le vainqueur du Tour de l’Avenir 2019 a tout d’un très grand et aurait pu être une carte pour la victoire d’étape du côté de la Jumbo-Visma mais le vainqueur de l’étape de Lido di Camaiore sera à protéger coûte que coûte. Ultra résistant sur un relai qu’il aurait pu prolonger jusqu’à l’arrivée d’Orcières-Merlette, plus long relai sur le Grand Colombier faisant exploser Bernal et Martin et s’accrochant sur l’étape non moins mouvementé de La Roche aux Faucons. Le multiple champion du monde de cyclo-cross passe une épreuve test qu’il a à cœur de réussir. Et dont le succès changerait considérablement sa dimension.

Mais s’il est des coureurs dangereux dans un tir groupé de leaders pointant un 20 secondes, c’est Nairo Quintana qu’il convient de nommer en premier lieu. Contraint à l’attaque pour récupérer du temps en vue du contre-la-montre de San Benedetto del Tronto où il perdra avec certitude trop de temps. Si l’on pouvait douter de sa forme en raison de sa double opération aux genoux, le colombien de la Arkea Samsic a rassuré. Aux avants-postes sur le GP Industria & Artigianato, Quintana s’était déjà montré à Blausasc. Moins attentiste ces derniers temps, en début de saison Nairo vole. Bis repetita que l’année passée ? C’est tout à fait possible.

PRONOSTICS

Egan Bernal vainqueur : 4.1 – 0.5 % (PMU)

Wout van Aert podium : 5 – 0.25 % (Unibet)

Quintana Nairo podium : 6 – 0.25 % (Betclic)

Etape 7 Paris-Nice 2021 Preview

Si le coronavirus a eu raison du week-end de clôture de l’édition précédente. Cette année, les organisateurs étaient préparés. Les Alpes Maritimes se voient confinés les week-ends, ce qui a contraint le maire de Nice, Christian Estrosi a interdire le passage de Paris-Nice dans la ville éponyme.

L’étape du jour est en format raboté de l’étape prévue initialement. Hormis la zone de départ, la quasi-intégralité de l’étape depuis le col de la Sigale est un copier-coller du final de l’étape originelle longue de 166,5 kilomètres. Ce sont donc 119,2 kilomètres reliant Le Broc au sommet de La Colmiane qui attendent le peloton et un dénivelé positif de 3127 mètres, ce qui en fait une journée tout aussi décisive malgré l’absence du col de Vence.
Si l’étape du dimanche est sous un format fixe chaque année. Depuis 2017, la Colmiane s’affiche comme un juge de paix sur Paris-Nice. D’abord, abordé en avant derrière ascension. En 2018, elle signait la victoire de Simon Yates devant Dylan Teuns et les frères Izagirre. Laissant place au Col de Turini, l’année suivant. La Colmiane signe un retour fracassant l’année dernière avec une victoire à la manière de Nairo Quintana devant Tiesj Benoot et Thibaut Pinot.

Le départ à la Gilette ne peut qu’être musclé. Pas certain que de nombreux sprinteurs prolongent le calvaire. Primož Roglič siège avec 41 secondes d’avance sur Maximilian Schachmann et sur les deux coureurs d’Astana (Ion Izagirre et Aleksandr Vlasov). L’assisse est confortable tant le slovène de la Jumbo-Visma paraît intouchable. L’opportunité des échappées est ainsi de fait amplifiée. C’est vers un départ ultra-offensive qu’il faut se pencher. Un élément qui amène à douter quant à leur chance d’aller au bout. Y voir un membre du Top 25 y figurer n’est pas sans y être envisagé. Ce qui placerait naturellement un homme dangereux sous la barre des deux minutes et contraindrait les Killer Wasps à chasser. Mais surtout à trouver des alliés de circonstances, dans la défense d’un podium sur la course au Soleil.

Avec un vent quasi inexistant, la voie est permise à une multitude d’attaques.

Si tel est le cas, alors l’enchainement Col de la Sigale…

… cote de Saint Antonin est plus propice à ce que l’échappée du jour puisse prendre le large.

La descente qui s’en suit permettant de prendre quelques risques et de prendre de l’avance sur un peloton plus mesuré. Mais une fois de plus, le format court de l’étape n’est pas sans influence puisqu’à ce point, seulement un peu plus d’une quarantaine de kilomètres la sépare du pied de la montée finale. Possiblement, les plus puncheurs des coureurs du Top 10 voir du Top 15 pourraient être intéressés par les bonifications du sprint intermédiaire de Tournefort.

Sans surprise, si tant de puncheurs en 2020 et 2018 ont réussi à s’accrocher. C’est que la Colmiane est suffisamment roulante. Située à 6,1 kilomètres de l’arrivée, la bonification à La Roche est une incitation aux attaques, comme Nairo Quintana l’an passé avait su en tirer profit pour s’envoler vers la victoire d’étape. Qui démontre quand même que sur ces pentes régulières, les grimpeurs conservent néanmoins l’avantage sur les premiers cités.

Avec un podium au sein du Top 10 se jouant en 42 secondes, les victoires bonifiées sont les bienvenues. Pourvu de dix secondes au vainqueur d’étape et de trois secondes au premiers franchissant un sprint intermédiaire, la Montée de Colmiane peut offrir trente secondes supplémentaires. Si le leader actuel semble intouchable, la deuxième place de Maximilian Schachmann est potentiellement atteignable, comme en atteste l’édition la 78e édition où l’allemand est apparu friable sur les pentes du sommet de la Colmiane. Les Astana Premier Tech ont un énorme coup à jouer, avec Ion Izagirre à 9 secondes de ce dernier et Aleksandr Vlasov quant à lui à 10. Les espoirs sont permis. Il faudra compter principalement sur l’équipe kazakh pour animer la course et mener la chasse derrière les échappées avant d’entamer une montée émoussante de la Colmiane où un coureur comme Alexey Lutsenko qui pourrait avoir un bon de sortie (pour servir de relai et/ou de plan B pour la victoire d’étape) sera d’une aide précieuse. Seulement, se débarrasser de Primož Roglič semble ardue dans un tel cas où même isolé, le slovène fait figure d’épouvantail et pourrait rafler aisément sa troisième victoire sur cette 79e édition. Ne laissant que les miettes à ses adversaires. En cas d’arrivée en petit comité de leaders, il est assurément le grandissime favori. Tout la question est de savoir dans quelle mesure se contentera-t-il de défendre son maillot. En marquant ses adversaires jusque la ligne d’arrivée pouvant laisser filer quelques petites bonifications au profit de ne pas y ajouter une cassure ? Ou en appliquant l’adage, « la meilleure défense c’est l’attaque » satisfaisant un appétit vorace de victoires ? Les questions demeurent en suspens.

Des coureurs sous les radars parce qu’ayant une marge un peu plus importante peuvent bénéficier d’un bon de sortie sur une attaque plus facilement. Ou du moins peuvent voir une réaction à leur attaque avec un peu plus de latence. Ce qui leur donnerait un avantage dans un final où un groupe peut se regarder. Deux français qui se sont illustrés actuellement sur et en dehors de la Course au Soleil sont en tête de liste.
D’une part, David Gaudu pointant à 1’25 » du vainqueur de la Vuelta 2020. Vainqueur de la Faun-Ardèche Classic. Le leader de la Groupama-FDJ ne fait que grimper dans le standard mondial. Malchanceux sur l’étape de Chiroubles, il a tout de même fini à la 7e place après avoir lâché beaucoup de jus afin de revenir sur le peloton à la suite de sa chute dans la descente du Mont Brouilly. Sur la retenue dans un final marqué par deux murs, l’actuel 5e du classement du meilleur jeune a confié n’avoir pas osé de craintes d’exploser à la suite des efforts concédés. Excellent grimpeur, rapide et punchy, le français des bleu-blanc et rouge a toutes les qualités pour briller au cours de cette étape.
D’autre part, Guillaume Martin pointant à 1’41 ». Toujours en recherche d’une première victoire World Tour, le leader de la Cofidis Solutions Crédits a prouvé maintes fois qu’il n’était pas avare d’efforts. A l’attaque sans cesse, il aura secoué le cocotier dans le final de la veille à 200 mètres de l’arrivée. 3e à Chiroubles, son sprint est loin d’être le meilleur mais son anticipation est sa force. A l’image du Grand Colombier sur le Tour de l’Ain ou d’Orcières-Merlette sur le Tour de France. Un coureur mésestimé à ne surtout pas sous-estimer.

S’il doit y avoir une mention honorable, cette dernière se dirigera vers Lucas Hamilton. Loin des standard de Lewis, l’australien a montré que la forme était présente. Deux fois 6e, le leader de la BikeExchange est en forme. Vainqueur l’an passé sur le Tirreno Adriatico, les attentes sont là autour du jeune coureur qui faisait ses 25 ans, il y a de cela un mois. Avec une petite pointe au sprint et la confiance, tout est permis.

PRONOSTICS

David Gaudu ou Guillaume Martin podium : 2.08 – 1 % (Betclic)

Lucas Hamilton podium : 7 – 0.5 % (Betclic)

Mattia Cattaneo > Dylan van Baarle : 2

Étape 2 Tirreno-Adriatico 2021 Preview

202 kilomètres pour rejoindre Chiusdino à travers les 2366 mètres de dénivelé positif dans un final explosif où les acteurs des derniers Strade Bianche sont attendus.

A regarder le profil, le premier lieu pour durcir la course est à Casciano…

… dont les rampes les plus dures sont au sommet.

Des routes pas forcément très larges qui peuvent insister les coureurs à l’attaque ou du moins à durcir la course tôt pour isoler certains leaders.

S’en suivra la principale difficulté du jour où les plus puncheurs des sprinteurs tenteront de s’accrocher.

Problème d’une offensive, le terrain propice à une chasse qui ne fasse favorise pas vraiment une offensive, si ce n’est une course durcie dans l’absolu.

L’arrivée finale se jugera par un sprint où les sprinteurs sur le papier pourraient avoir une chance pour ceux passant bien les bosses. Mais tout dépendra de l’intensité avant, notamment dans le Poggio.

Un dernier sprint tortueux où même s’il est en montée, prendre en tête c’est s’assurer de le prendre à la corde et de ne pas se voir fermer une porte dans un emballage final.

Si Wout van Aert faisait partie des favoris au départ de cette édition du Tirreno. Sa victoire dans le sprint massif de l’étape d’ouverture rebat les cartes. Présentis pour prendre des bonifications sur les étapes du jour, dans des profils plus escarpés se rapprochent des classiques. Le belge pourrait rajouter au maxima 10 secondes de bonifications à son arrivée. Et encore d’autres sur les étapes à venir. L’étape d’ouverture, le Prati du Tivo et le contre-la-montre de clôture où Filippo Ganna est le favori sont globalement les étapes où un doute quant à sa capacité à prendre les dix secondes de bonifications voire des bonifications tout court notamment et surtout sur la seule arrivée au sommet avec l’inconnu quant à ses capacités sur des montées avec un statut de leaders et non de gregario. Le danger est donc réel. C’est pourquoi des leaders dont le contre-la-montre n’est pas mauvais et ayant sur le papier une supériorité dans la montagne doivent profiter de cette étape. Les UAE Team Emirates sont attendus pour bousculer le peloton dans les difficultés. Émousser le plus de sprinteurs pour favoriser une arrivée qui peut convenir en comité réduit à Tadej Pogacar qui l’aura montré que ce soit sur le Tour de son sponsor, en Espagne ou sur le Tour de France, que sur ce type de final le slovène a une pointe de vitesse redoutable.

Pour cela, il devra se défaire des ultras favoris que composent le Rainbow Gang. A savoir Mathieu van der Poel qui aura fait passer pour un cadet Julian Alaphilippe sur les pentes de Santa Caterina et Wout van Aert actuel leader du classement général. A ce jeu, la Deceuninck Quick Step, à la possibilité de jouer deux cartes. D’abord, le champion du monde Julian Alaphilippe qui vise une place au GC mais n’est-il pas battu dans une large majorité des cas par les deux monstres issus du cyclo-cross ? Ensuite, Davide Ballerini double vainqueurs au Tour de la Provence notamment dans l’arrivée punchy de Manosque et de l’Omloop Het Nieuwsblad. En vitesse pure, l’italien est supérieur. C’est sans doute, cette carte qui sera jouée par les DQS s’il est présent dans le final. Alors il sera emmené par l’explosif Alaf, sa pointe de vitesse devrait être un atout dans un final qui lui convient. Au deuxième jour de course, il est pour coutume que les coureurs soient plutôt sage et que les grandes manœuvres aient lieu plus tard. Le final de prête au spectacle mais la montagne pourrait très bien accouché d’une souris. Un scénario dont l’italien ressort comme l’un des favoris.

PRONOSTICS

Davide Ballerini vainqueur : 13 – 0.25 % (Unibet)

Davide Ballerini podium : 3.5 – 0.25 % (Betclic)

Tadej Pogacar podium : 8 – 0.25 %(Winamax)

Étape 5 Paris-Nice 2021 Preview

Profil Étape 5 du Paris-Nice 2021 ©️ A.S.O.

Sur le papier, une étape parfaite pour les sprinteurs. C’est donc vers le final qu’il faut se pencher.

Qui dit étape long ayant de fortes probabilités de finir au sprint dit peu de courageux prêts à tenter l’impossible. Le vent de face de près de 30 km/h ne devrait pas encourager à l’offensive pour prendre l’échappée. C’est donc vers une échappée plutôt inoffensive qu’il faut se diriger.

Plusieurs sections de vent de côté pourrait être l’occasion parfaite de tenter un coup de bordures. Seul problème, la puissance du vent qui ne dépassera guère les 15 km/h. Mais comme lors de l’étape d’Amilly à environ 80 kilomètres de l’arrivée, il ne fait pas de doute que certaines équipes s’y risqueront

A environ 47 kilomètres de l’arrivée, une première occasion se présentera à la sortie de Bourg Saint-Andéol.

25 kilomètres de l’arrivée, une deuxième occasion d’en mettre partout à la sortie de Suze-la-Rousse (et on ne parle pas de Marion).

La seconde et dernière « difficulté » du jour se passera sans encombre pour les sprinteurs, encore plus favorisés par la zone boisée.

La dernière occasion de profiter du vent de côté sera en direction de Mondragon. Le sprint intermédiaire de Derboux pourrait être un encouragement supplémentaire dans ce secteur. Situé juste avant, il pourrait insister les trains à prolonger leur effort pour provoquer une cassure.

Le final du jour offre une boulevard royal pour un sprint entre les hommes les plus rapides et un bataille de leurs trains.

Des vues aériens et de visuels, que ce soit à 4.5 kilomètres de l’arrivée.

Qu’au abord de la flamme rouge, les deux derniers ronds-points du final (seul technicité du final hormis les twists and turn dans la ville) sont à passer par la droite afin de ne pas rétrograder au sein du peloton.

La voie semble toute tracée : sans vent assez puissant, peu probable de piégé des sprinteurs. BORING STAGE comme dirait les anglophones.

SAM BENNETT IMBATTABLE ?

L’arrivée d’Amilly a démontré que non. Sur le papier, le train est solide et le meilleur. Mais il n’a pas été vu en action, laissant l’irlandais rapidement isolé que ce soit à Saint-Cyr-l’Ecole. Étape que le sprinteur de la Deceuninck Quick Step a remporté. Comme à Amilly, où un final chaotique l’irlandais était placé trop loin à la Flamme Rouge. Presque pris dans la chute, seul Cattaneo avait un positionnement idéal avant d’aborder le dernier virage en épingle. Si Bennett n’a pas fini sur le podium en lançant de trop loin, son sprint du fond de groupe tend à démontrer qu’il était une nouvelle fois le plus rapide du groupe et que sa victoire avec autorité sur l’étape d’ouverture le place tout en haut de la hiérarchie. Avec Morkov, véritable nounou et meilleur position pilote, nul doute que le placement sera meilleur à Bollène.

Le train de la Trek-Segafredo s’est illustré par deux occasions. Permettant à Mads Pedersen de truster à cette occasions deux fois de suite le podium. Mais si au cours de l’étape 1, le train de la Groupama-FDJ semblait en place. Ce dernier n’a pu s’exprimer, le lendemain, gêné par la chute. C’est pourtant vers les hommes de Marc Madiot qu’il convient de se tourner. Depuis l’an passé, la locomotive est bien huilée. Scotson, Konovalovas, Sinkeldam et Guerneri sont tous organisés au millimètre pour le champion de France. La clé de la réussite d’Arnaud Demare en 2020 était principalement dû au travail de placement de son train au delà de la confiance accumulée. Placé en tête après une longue journée nerveuse, Arnaud Demare peut faire la nique au meilleur. Mais pour cela, il faudra être parfaitement lancé à l’image de Cees Bol à Amilly.

Dans un final peu technique, la vitesse pure parle. A l’image de SammyBe, Phil Bauhaus a été mal placé sur les deux premiers sprints mais semblaient l’un des plus rapides. Dans un sprint à la Abu Dhabi Breakwater, l’allemand a une nouvelle fois toutes ses chances.

PRONOSTICS

Sam Bennett vainqueur : 2.4 – 0.5 % (Unibet)

Arnaud Demare gagnant/placé : 6.5/2.35 – 0.35 % (Betclic)

Phil Bauhaus podium : 10 – 0.15 % (Winamax)

Morkov > Stuyven : 2

Etape 4 Paris-Nice 2021 Preview

Fort de sa troisième place sur le chrono de Gien, Primoz Roglic s’installe en première position du côté des prétendants à la victoire finale et confirme sa stature de favori de la course.

Chalon sur Saône – Chiroubles : 188 kilomètres pour un dénivelé positif total de 3540 mètres. 10 difficultés dont 7 répertoriées, une journée clé dans la quête du maillot jaune et de la victoire finale.

QUI POUR COMPOSER L’ECHAPPEE ?

Sur le papier, l’étape peut apparaître comme une occasion en or pour les baroudeurs de s’imposer au sommet de Chiroubles. Seulement, plusieurs petites ombres pointent au tableau pour voir une échappée de costauds partir dès le départ.

Il est à noter que le vent sera défavorable sur le chemin du circuit final (vent de SSO). Mais n’entrera guère en jeu au vue de sa puissance (jusqu’à 7.2 km/h en moyenne).
C’est essentiellement, sur le travail de filtrage qu’il faut se concentrer et savoir quelle équipe à intérêt à chasser. La première qui vient à l’esprit est la Jumbo Visma. Avec Primoz Roglic grand favori de cette édition, l’équipe néerlandaise ne peut se permettre de laisser filer une échappée d’hommes dangereux mais aussi une échappée trop conséquente dont les éléments seraient plus difficiles à faire rentrer dans les rangs. Les étapes de sprint ont été peu dynamitées par le vent, les occasions de bordures étant vouées à l’échec et le contre-la-montre était trop courts pour que de véritables différences ne se fassent. Seulement 3 minutes séparent Stefan Bissegger du 148 e du classement général. C’est d’ailleurs l’équipe de ce dernier qui pourrait être le premier soutien des Killer Wasps. Mais le circuit final avec de véritables aux forts pourcentages ouvrent le champ à nombreux de coureurs appréciant le caractère punchy de ces courtes ascensions. Dès lors, la Team DSM pour Tiesj Benoot, les Astana Premier Tech pour Aleksandr Vlasov, les Bora Hansgrohe pour Maximilian Schachmann, dans une moindre mesure les Groupama-FDJ pour David Gaudu ainsi que les UAE Team Emirates et les Ineos Grenadiers peuvent venir en aide s’ils ne sont pas représentées à l’avant.
Le circuit final offre maintes possibilités de prendre la poudre d’escampette qu’il est peu probable que l’échappée matinale soit la bonne échappée du jour.

Deux doubles ascensions du Mont Brouilly et du Col de Chiroubles qui devraient assurément voir du mouvement.

Le Mont Brouilly n’a été visé qu’à l’occasion de trois éditions passées de Paris-Nice. Dernière difficulté presque escamotée en 2014 avant de descendre pour un sprint dans Belleville. La montée n’a servi de lieu d’arrivée d’à deux occasions. Du moins, c’était l’ambition en 2016. Jusqu’à ce que l’étape 4 soit arrêtée en cours de route et annulée, à cause de la neige. Qu’à cela ne tienne, en 2017 les organisateurs sont revenus sur place pour un contre-la-montre dont tous les aficionados se souviendront avec la victoire de Julian Alaphilippe sur Alberto Contador. Malheureusement, aucun replay n’étant disponible dudit chrono. La vidéo ci-dessus servira aux plus profanes pour se faire une idée du caractère punchy et casse-pattes de la montée. La vidéo ci-dessous commençant par ladite montée afin de se faire une idée précise de comment elle se passe en course.

Le Mont Brouilly est une montée courte mais en escalier. 3.1 kilomètres à 8.2 % et des pentes maximales à 15.4 %. A l’image du circuit, les routes n’y sont guère large. Ce qui incite à être d’autant plus vigilant et à l’avant du peloton. Le premier passage au sommet est situé à 65.8 kilomètres de l’arrivée, ce qui le place un peu loin pour y voir toute action. Le second passage, lui est plus intéressant avec seulement 20 kilomètres à parcourir.

Le pied de la descente est vraiment peu large, ce qui dans une course de mouvement est propice aux cassures.

Le problème majeure dans une attaque dans le Mont Brouilly réside dans le fait que les routes qui séparent son sommet du pied du Col de Chiroubles sont plus larges donc plus favorables à un groupe de chasse.

C’est très probablement vers la dernière difficulté que tous les yeux se tourneront. Des bonifications y sont allouées à 48 kilomètres de l’arrivée. On peut douter qu’elles y soient disputées si l’échappée n’est pas reprise avant. Mais surtout à seulement 3 kilomètres du sommet, les organisateurs ont donc tout fait pour qu’un véritable feu d’artifice ait lieu.

La montée commence par le Mur de la grosse pierre, un passage de 700 mètres à 14.5 % et des pentes maximales à pas moins de 20 %.

Sur des routes étroites, le placement y est capital.

L’autre partie, la plus intéressante pour les leaders est le segment ci-dessus. 1.2 kilomètres à 9.6 % en font une section particulièrement exigeante. C’est en son sommet que les bonifications seront attribuées.

Et les routes y sont encore plus étroites, ce qui n’est pas sans donner une prime aux attaquants.

Qui auront qui plus est un léger vent favorable. A peine 8 km/h, mais on le sait avoir un vent de dos même presque nul incite aux attaques.

La fin de course est fournie de gradients moins élevée que précédemment mais tout aussi exigeant.

La première partie toujours sur des routes étroites n’offre guère un véritable panorama favorable à une chance. Le visuel y est réduit par la végétation et les routes tortueuses.

C’est seulement à la flamme rouge que les coureurs devraient trouver une route plus large.

Une étape somme toute difficile à contrôler mais qui scie parfaitement aux qualités de Primoz Roglic. Le défi pour la Jumbo Visma sera de réussir à contrôler l’incontrôlable dans un circuit qui favorise indubitablement les offensives. L’équipe sortant de stage en altitude à Ténérife semble être au top. Roglic est au rendez-vous mais à la fois Steven Kruijswijk et George Bennett qui pourtant a chuté lourdement la veille ont montré de très bonnes jambes sur le contre-la-montre de Gien. Le train de la Jumbo doit être suffisamment soutenu pour annihiler toute attaque. Si tel est le cas, le scénario déjà vu du Tour de l’Ain l’an passé devrait se reproduire avec un ogre slovène finissant le travail. On le sait sur ce genre d’arrivée en petit comité, Roglic est un des meilleurs coureurs du monde. Il n’y a qu’à river son œil que ce soit au Grand Colombier, à Orcières-Merlette ou à Suances pour s’en convaincre.

Le vainqueur sortant de la Vuelta est assurément le nom qu’il faut cocher pour cette étape mais pas seulement. Les routes sont si escarpées et si explosives que les mouvements y sont favorisés. S’il n’avait pas déçu dans le chemin de la crépinière lors du chrono où il n’a pas semblé si aérien et explosif que ça, Maximilian Schachmann serait à logique comme chez les bookmakers, le grand favori derrière Roglic.

Après les David Gaudu, Tiesj Benoot, Dylan Teuns, Ben O’Connor est le premier homme qui semble venir à l’esprit. D’une part grâce à son caractère offensif, remarqué l’an passé. Un goût de l’offensive qu’il a répété que ce soit sur le Tour de la Provence que le Tour du Var où il a semblé en jambes. 7e à Fayence font de lui un nom que l’on doit nommé quand on repense à l’arrivée punchy du sud de la France. Après un contre-la-montre décevant de Bob Jungels, les AG2R Citroën La Mondiale sont moins dangereux au classement général. Le transfuge a sa carte et un bon de sortie plus favorable que les autres leaders mentionnés puisqu’à 1’01 » de Bissegger. Et aura pour autre avantage de bénéficier du conseil des régionaux de l’étape dans son équipe.

Avec un Tao Geoghegan Hart qui ne semble pas le plus en jambe et moins bien positionné, les Ineos Grenadiers pourrait être contraint à l’offensive. L’équipe se réinventant, cela ne serait pas surprenant. A la fois, Van Baarle et De Plus sont les mieux placés au Général. Si Tao est contraint au mouvement pour se replacer. Le néeerlandais et le belge ne sont pas en reste lorsque l’on parle de terrains punchy. Si les britanniques sont aussi offensifs, ils ont la main d’œuvre pour à la fois dynamiter la course mais aussi jouer un grand jeu d’équipe.

PRONOSTICS

Primoz Roglic vainqueur : 2.55 – 0.5 % (Unibet)

Ben O’Connor gagnant/placé : 45 – 0.25% (PMU)
Miser en gagnant/placé sur PMU revient à un podium à 12

Dylan van Baarle ou Laurens De Plus podium : 23.86 – 0.25% (Unibet)
prendre les cotes de 35 pour LDP et de 75 pour DVB

Étape 3 Paris-Nice 2021 Preview

Un contre-la-montre de 14,4 kilomètres pour 105 mètres de dénivelé positif. Un effort individuel pour purs spécialistes avec quelques petites difficultés.

Au bout de seulement deux kilomètres, le chemin de la crépinière :  une difficulté de 430 mètres à 9.2%, courte mais raide donc.

Dans un secteur boisé, le vent n’y aura que peu d’influence (heureusement pour certains car la portion était vent de face). Mais sa géolocalisation oblige les coureurs a être très bien échaffés pour ne pas avoir les jambes coupées au sommet et la passer avec le plus de tonus possible.

La majorité du parcours se fait sur des routes de campagne étroites et exposées.

Avec quelques virages et petits faux plats où il faut relancer. Un parcours somme toute technique où la relance est monnaie courante.

Sur le le retour, une fois dans la zone urbaine de Gien, les routes s’élargiront tout naturellement et le retour vers les quais de la Loire se fera sur des longues rues et avenues. Avec une très léger vent de dos, les rouleurs ont matière à dérouler.

Les 400 derniers mètres à 6.4% et des gradients maximales à 9.4% paracheveront le chrono du jour.

A l’image du premier raidard, il faudra en avoir sous la pédale en fin de parcours pour…

… relancer dans le dernier virage…

… et sprinter jusqu’au parking de l’Eglise Saint Jeanne d’Arc.

Un vent au maxima à 10.8 km/h estimé et qui devrait par sa direction être au fur et à mesure un tantinet moins favorable dans les portions découverte (de l’ordre de 1%).

Pour s’estomper au fur et à mesure de la journée. Mais comme le vent sera très faible, son influence sera quasi nulle (hormis sur les rafales peu présentes). Au vue des faibles changements météorologiques, être premier comme dernier partant n’est somme toute pas contraignant. Petit gain marginal pour les primo mais toutefois être conséquent.

SANS GANNA QUI POUR GAGNER ?

L’absence du champion du monde de la discipline ouvre la porte à tous les autres concurrents pour le gain de l’étape. Mais il n’est pas illogique de voir son coéquipier chez les Ineos Grenadiers et double champion du monde 2018 / 2019 s’afficher en tant que favori des bookmakers. Rohan Dennis en effet a tout d’une machine quand on parle d’efforts individuels. L’australien depuis son changement de matériel, chez les Bahraïn Merida dont l’issue fut une disparition inexpliquée au cours du Tour du France 2019, semble loin de son zénith où il était presque imbattable sur ces formats. Pourtant depuis que son transfert chez les Ineos, Dynamite Dennis retrouve des couleurs. Sur le Tour d’Algarve, sa performance ne peut être effacée par celle de Remco Evenepoel. Qui est sans doute le phénomène que tout le cyclisme mondial veut voir se mesurer à Top Ganna. Sur le chrono de San Benedetto del Tronto sur le Tirreno Adriatico, l’aussie avait pris une honorable 3e place derrière un stratosphérique Ganna et un Campy battant lui aussi le temps record de Fabian Cancellara jusqu’ici inégalé. A Imola avant de s’écraser sur la deuxième portion, Dennis pointait à 20.43 de Ganna soit 15 secondes de mieux que la concurrence. Et les deux derniers chronos du Giro n’ont fait que démontrer que l’aussie reste un maître du temps quand Pippo n’est pas présent.

Mais quand on parle du chrono de fermeture du Giro, on parle de suite du deuxième de l’épreuve : Victor Campenaerts. Véritable spécialiste, le belge de la Qhubeka Asso affiche de solides références sur les formats courts comme celui-ci. En trois ans, Campy affiche trente-deux contre-la-montre pour pas moins de diz-sept podiums.

Le belge arrive-t-il confiant avant ce CLM ? Son tweet semble dire le contraire, en signifiant que lui-même à peur de ne pas finir dans le Top 3. Et pourtant, cela peut aussi être vu comme une boutade. Le belge est toujours appliqué dans ses chronos. Désormais réserviste en vue des Jeux Olympiques, Campenaerts a au cours des récentes classiques affichées une belle forme et une envie non dissimulée en attaquant, notamment au Samyn. La porte reste ouverte pour Tokyo, si le petit Cannibale n’est pas remis : le belge doit donc continuer de faire ses preuves, lui qui a tout la confiance et l’admiration du sélectionneur national.

Indubitablement, la liste des favoris s’élargit vers Stefan Bissegger dont le chrono au UAE Tour (pas si loin de Ganna) était plus que prometteur et vers Søren Krach Andersen qui excepté le contre-la-montre de la Planche des Belles Filles aura remporté les deux chronos auxquels il aura participé l’an passé. D’abord, sur Paris-Nice puis au Binck Bank Tour. Cependant, ce dernier a confié n’avoir aucun repère avec son nouveau matériel. Y a-t-il des réglages à opérer ? Face à des coureurs comme Rohan Dennis qui sont habitués à leur machine et qui on perdu du temps volontairement hier en vue de l’épreuve du jour. La tâche peut être ardue, même si le parcours semble cousue-main pour le danois.

Le nom qu’il convient de ne pas éliminer est sans doute Primoz Roglic. Connu pour ses aptitudes dans l’effort individuel, le slovène de la Jumbo-Visma arrive en tant que favori de Paris-Nice. Une performance qui passe obligatoirement par un très bon chrono. Certainement que le vainqueur sortant de la Vuelta aura préféré un ITT un peu plus vallonné mais son historique prouve que sur ce type de chrono roulant, l’ogre slovène a déjà gagné.

Ce qui m’intéresse surtout, c’est de sentir comment les choses se passent et de m’habituer à mon nouveau vélo de chrono

https://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Article/Paris-nice-le-poker-menteur-de-primoz-roglic/1230522

Après un stage en altitude et un excellent chrono de son compatriote sur le UAE Tour dans un format plat, le leader de la Jumbo doit remettre les pendules à l’heure.

PRONOSTICS

Victor Campenaerts podium : 2.25 -0.5% (Winamax)

Rohan Dennis vainqueur : 3.75 – 0.3% (Vbet)

Primoz Roglic vainqueur : 6.5 – 0.2% (Betclic)

Etape 2 Paris-Nice 2021

Après une première étape nerveuse marquée par un sprint massif remporté à la manière par Sam Bennett. Le peloton commence sa descente inexorable vers le Sud de la France dans une profil qui ne laisse guère de place à l’imagination. La seule façon d’échapper à un sprint massif est de créer des bordures. Mais le temps le permettra-t-il ?

Profil Etape 2 de Paris-Nice 2021 © A.S.O.

C’est une constance sur Paris-Nice, en mars, le vent a l’habitude de souffler et rares sont les étapes qui échappent au risque de bordures. L’étape du jour relie Oinville sur Montcient et Amilly. 188 kilomètres à parcourir pour 1016 mètres de dénivelé positif.

Modèle Arome dans le Loiret et la Seine-et-Marne au 08 mars 2021 à 13 h © meteociel.fr

Les opportunités de bordures sur ce parcours sont nombreuses avec un vent droit quart dos. Cependant, la force du vent sera techniquement trop faible pour qu’une tentative de bordures soit couronnée de succès. C’est donc plutôt vers le final qu’il faut s’attarder afin de savoir si le peloton échappera à un sprint. Ce qui serait une première à Amilly après les sprints de 2011 et 2017 remportés respectivement par Greg Henderson et Sonny Colbrelli.

La journée comme les 13 kilomètres finaux emprunte les routes de campagne ; des zones somme toute dégagées du vent.

Le premier enjeu de nervosité se situera à 4.6 kilomètres de l’arrivée avec un rétrécissement qui devrait tendre le peloton.

Cependant, rien de bien rédhibitoire pour tenter de se replacer sur le kilomètre suivant.

3.2 kilomètres du but et un nouveau rétrécissement. A cette distance de l’arrivée, les équipes voudront absolument y être bien placées.

Mais encore une fois, rien de contraignant dans l’absolu. La Rue de la Vallée permet un replacement pour qui aura rétrogradé au maxima dans le ventre mou du peloton.

A 1.7 kilomètres de l’arrivée, c’est l’heure de tourner sur la droite dans un virage qui devrait voir de belles relances. Quand le peloton en 2017 avait continué sur la Rue de la Vallée pour conclure un sprint vent de face 200 mètres plus loin.

1.6 kilomètres et un dernier faux plat de 400 mètres à aborder.

Un « lève-cul » qui ne devrait guère poser de problèmes aux hommes les plus rapides du peloton et leurs trains qui devraient y maîtriser toute attaque.

Au sommet, une place pavée qui auraient pu avoir son importance (bien que minimal) si le pavé était mouillé…

De 900 à 500 mètres, les trains de sprinteurs auront de quoi étirer encore plus le peloton et annihiler toute tentative d’attaques.

Un dernier virage en épingle qui devait pouvoir se prendre avec la vitesse, laissant place à un boulevard pour les poissons pilotes et leurs sprinteurs.

A regarder le replay du sprint d’hier, plusieurs enseignements peuvent être tirés. D’abord, le train de la Deceuninck Quick Step était attendu pour placer sur orbite Sam Bennett mais cette fois l’irlandais a du se servir de Pascal Ackermann en poisson pilote. C’est d’ailleurs le travail du train de la Bora Hansgrohe qui a été mis à l’honneur avec un Jordi Meeus. Le belge jouant des épaules avec Mads Pedersen à 630 mètres et déposant un Ackers un peu sec à 150 mètres. Pourtant, l’irlandais de la Deceuninck Quick Step a paru le plus fort dans un sprint où il a surclassé tout le monde… Les mains sur les cocottes qui plus est. Ensuite, les trains de la Groupama-FDJ que de la Trek-Segafredo se sont mis en avant. Si une hiérarchie doit être placée, sans doute Mads Pedersen a l’avantage a ayant été serré par le champion de France contre les barrières et contraint de faire un sprint en deux temps. Enfin, si l’équipe DSM avait tout pour placer Cees Bol sur orbite. L’équipe néerlandaise a été invisible dans le dernier kilomètre. Il faut surtout noter qu’au 423 mètres, l’allemand de la Bahrain Victorius (Phil Bauhaus) sur la vue aérienne ne rendait même pas 25 mètres aux premiers de cordée, ce qui laisse à penser que son sprint est l’un des meilleurs hier malgré sa place septième place.

Dans une optique de paris sportifs, parier Sam Bennett est probablement contre intuitif au vue de la cotation affichée (1,9) dans un sprint un peu plus ouvert qu’hier puisque plat dans son final. Si Ackermann a montré quelques faiblesses en se remettant sur la selle très vite. Le type de sprint de la veille n’est pas celui que l’allemand affectionne. Les sprints passés (UEA Tour et 2019) sont emprunts d’erreurs communes que l’allemand doit corriger, comme lancer trop tôt. Al Marjan Island en étant la parfaite illustration. Mais à Palm Jumeirah, le sprint était prometteur. Tout comme le sprint de la veille. Les rayons de lumière pourraient illuminer l’allemand sur la Course au Soleil.

PRONOSTICS

Pascal Ackermann podium : 3.9 – 0.5% (Unibet)

Phil Bauhaus podium : 4.5 – 0.25% (Betclic)

Etape 1 Paris-Nice 2021

Un an après que la nuit noire du coronavirus ne se soit abattue sur la « Course au soleil », après un séisme planétaire, ébranlant toutes les organisations sportives mondiales. L’aube de la fin de la crise sanitaire commence à peine à pointer au bout de l’horizon. L’étape inaugurale de la 73e édition de Paris-Nice tâchera d’instiguer les fondations d’une course qui doit se finir à Nice coûte que coûte. Rien n’est moins sûr avec les récentes mesures prises, notamment de vigilance renforcée dans le département des Alpes-Maritimes. Qui pourrait se voir instaurer un confinement partiel le week-end, comme le Nord Pas-de-Calais.

Profil Etape 1 de Paris-Nice 2021 © A.S.O.

Une étape de 166 kilomètres dans les Yvelines, pour un dénivelé positif total de 1525 mètres. Une journée somme toute loin d’être insurmontable pour les sprinteurs mais avec l’ambition d’être casse-pattes. Un parcours qui se veut ambitieux :

Plusieurs portions sont exposées au vent, mais se situent plutôt loin de l’arrivée. Il faudra faire attention aux bordures, mais en principe nous devrions voir une arrivée groupée à Saint-Cyr

François Lemarchand – Organisateur de Paris-Nice
Météo à Saint-Cyr-l’Ecole au 07 mars 2021 © meteociel.fr

Seulement, le vent ne sera pas assez fort pour que des bordures aient la chance d’être entreprises avec succès.

Nous avons placé un sprint intermédiaire au sommet de la très raide côte de Châteaufort, ce qui signifie que les favoris pour le général iront certainement batailler pour les secondes de bonification.

FRANÇOIS LEMARCHAND – ORGANISATEUR DE PARIS-NICE

La question qui demeure autour du final est l’impact de la côte de Châteaufort. Permettra-t-elle un final dynamité et d’éliminer les sprinteurs en vue de l’arrivée ?

400 mètres à près de 11 %, certains leaders devraient être tentés par les bonifications. Seulement plusieurs ombres pointent au tableau pour que le final échappe à un sprint.

D’une part, les quinze kilomètres restants menant à Versailles puis à Saint-Cyr-l’Ecole se feront majoritairement avec un vent certes léger mais défavorable. Ce qui n’est pas pour inciter au baroude pour rallier l’arrivée. D’autant que les équipes de sprinteurs auront le temps de s’organiser pour mener la chasse.

D’autre part, la montée de Châteaufort se fera sur une route peu large et boisée donc proté