Etape 1 Paris-Nice 2021

Un an après que la nuit noire du coronavirus ne se soit abattue sur la « Course au soleil », après un séisme planétaire, ébranlant toutes les organisations sportives mondiales. L’aube de la fin de la crise sanitaire commence à peine à pointer au bout de l’horizon. L’étape inaugurale de la 73e édition de Paris-Nice tâchera d’instiguer les fondations d’une course qui doit se finir à Nice coûte que coûte. Rien n’est moins sûr avec les récentes mesures prises, notamment de vigilance renforcée dans le département des Alpes-Maritimes. Qui pourrait se voir instaurer un confinement partiel le week-end, comme le Nord Pas-de-Calais.

Profil Etape 1 de Paris-Nice 2021 © A.S.O.

Une étape de 166 kilomètres dans les Yvelines, pour un dénivelé positif total de 1525 mètres. Une journée somme toute loin d’être insurmontable pour les sprinteurs mais avec l’ambition d’être casse-pattes. Un parcours qui se veut ambitieux :

Plusieurs portions sont exposées au vent, mais se situent plutôt loin de l’arrivée. Il faudra faire attention aux bordures, mais en principe nous devrions voir une arrivée groupée à Saint-Cyr

François Lemarchand – Organisateur de Paris-Nice
Météo à Saint-Cyr-l’Ecole au 07 mars 2021 © meteociel.fr

Seulement, le vent ne sera pas assez fort pour que des bordures aient la chance d’être entreprises avec succès.

Nous avons placé un sprint intermédiaire au sommet de la très raide côte de Châteaufort, ce qui signifie que les favoris pour le général iront certainement batailler pour les secondes de bonification.

FRANÇOIS LEMARCHAND – ORGANISATEUR DE PARIS-NICE

La question qui demeure autour du final est l’impact de la côte de Châteaufort. Permettra-t-elle un final dynamité et d’éliminer les sprinteurs en vue de l’arrivée ?

400 mètres à près de 11 %, certains leaders devraient être tentés par les bonifications. Seulement plusieurs ombres pointent au tableau pour que le final échappe à un sprint.

D’une part, les quinze kilomètres restants menant à Versailles puis à Saint-Cyr-l’Ecole se feront majoritairement avec un vent certes léger mais défavorable. Ce qui n’est pas pour inciter au baroude pour rallier l’arrivée. D’autant que les équipes de sprinteurs auront le temps de s’organiser pour mener la chasse.

D’autre part, la montée de Châteaufort se fera sur une route peu large et boisée donc protégée du vent. Les sprinteurs auront tout intérêt à se positionner en tête à son amorce pour basculer non loin des leaders qui seront partis en chasse des bonifications. Le fait que la route soit peu large leur permettant de rétrograder de façon moins brutal. C’est donc très probablement que l’étape se clora par un sprint.

Peu après la Cathédrale Saint-Louis de Versailles, les coureurs tourneront à gauche en direction de Saint-Cyr-l’Ecole. C’est précisément sur la route de Saint-Cyr que la bataille de placement sera primordiale et rude avant d’entamer un sprint en faux plat. Les deux derniers kilomètres étant à 2% pour un maximum avoisinant les 5 %.

Un sprint somme toute technique où le placement sera primordial. A la flamme rouge, les coureurs feront face à un premier rétrécissement dû au terrain plein central séparant l’Avenue de la Division Leclerc avec son tunnel.

A 500 mètres, un nouveau rétrécissement qui étirera naturellement le peloton. L’aborder dans les premiers de cordée, c’est s’assurer une très bonne place à l’arrivée.

A 400 mètres, fin de la route à une voie pour retrouver une deux voies. Le placement est extrêmement important dans l’amorce du dernier kilomètre donc puisque les coureurs en tête du peloton aborderont les 300 derniers mètres avec une avantage confortable par rapport aux coureurs qui seront placés au delà de la quinzième place du fait de l’étirement du peloton sur les 600 premiers mètres du dernier kilomètre.

Les 400 derniers sont à 3.5 %, il faudra donc avoir du punch pour ce final.

Sur ce type de finish, les meilleurs puncheurs des sprinteurs sont avantagés mais il faut aussi avoir la science du placement et le lead-out est le facteur clé. C’est en toute logique que Sam Bennett, fort de deux succès au UAE Tour, arrive avec le plein de confiance. Son train est sans l’ombre d’un doute, l’un des meilleurs notamment pour ce genre de finish. La présence d’un gros rouleur comme Remi Cavagna permet à la Deceuninck Quick Step de garder une maîtrise du peloton et éviter toute late attack dans un final où il faut envoyer du rythme. Mais que ce sont principalement les éléments Florian Sénéchal et Michael Morkov qui sont les clés de la réussite du Wolfpack. Le danois est connu pour être si ce n’est le meilleur poisson pilote du monde. Les Emirats l’ont une énième fois démontré. Il ne fait guère de doute que Bennett sera assis en tête du peloton au kilomètre. Ce qui lui donne un avantage certain quant au sprint sur des voies élargies à 400 mètres.

Je pars avec l’envie mais, sur les dernières courses, je n’avais pas mon niveau. Cela allait mieux cette semaine, je sentais que ça répondait bien. Paris-Nice est une course que j’aime bien, j’y ai eu beaucoup de réussite. Côté sensations, je me sens bien en dessous par rapport au Giro. Il faut de la patience. Sur un sprint pur, je peux m’en sortir, j’ai de très bonnes sensations pour l’explosivité. Si la course est usante, ce sera différent. 

Arnaud demare

Sur le papier, la plus grosse concurrence pour l’irlandais est du côté du frenchy de la Groupama-FDJ. Mais le champion de France marche à la confiance et à l’heure actuelle cette dernière n’est pas au beau fixe. Si le train est actuellement le même que celui de sa formidable année 2020, le fait est que dans un sprint Arnaud Demare a souvent eu pour talon d’achille son placement en perdant la roue de son poisson pilote. Une hypothèse encore plus envisageable dans un sprint si technique.

A regarder les activités Strava récentes, seule l’équipe Bahrain Victorius a semble-t-il fait le repérage du final du jour avec Gino Mader, Heinrich Haussler et Marco Haller. Un avantage pour leur sprinteur Phil Bauhaus ? Il est vrai que l’allemand est en grande forme après sa victoire à Salon de Provence et son podium à Abu Dhabi. Enfermé à Al Marjan Island, il n’a pu faire mieux qu’une 7e place mais aurait pu prétendre à mieux. Ce qui montre que le sprinteur de l’équipe avec un tel train peut bénéficier de la confiance de toute sa équipe et d’un bon placement en vue du kilomètre final.

Attention, cependant, qui dit final sur des routes plus étroites dit grosses tensions. Les risques de chutes y seront multipliées. Il n’est pas impossible d’y voir un strike qui couperait alors le peloton et favoriserait une late attack. Prime donc au meilleur train, Florian Sénéchal peut passer d’étage de la fusée bleue et blanche à plan B.

PRONOSTICS

Sam Bennett vainqueur : 2.85 – 1% (Unibet)

Phil Bauhaus podium : 8 – 0.25% (Betclic)

Florian Sénéchal gagnant/placé : 80 / 15 (Winamax)

Strade Bianche 2021 Preview

Plan des Strade Bianche 2021 © RCS MEDIAGROUP S.P.A.

A l’instar de Paris-Tours et ses chemins de terre dans le vouvrillon ou du Tro Bro Leon et de ses célèbres « ribinoùs », les Strade Bianche (littéralement « chemins blancs« ) arpentent les vignobles du Chianti qui n’est pas totalement inconnu tant des amateurs de vins que des plus cinéphiles grâce notamment à Hannibal Lecter. Son inscription dans le prolongement du week-end d’ouverture dans la région flamande n’a pas toujours été. Bien que son existence remonte à 1997, la course n’était qu’une cyclosportive qui ne se professionnalise que dix ans plus tard. Initialement placé en octobre, elle y avait toute sa place compte tenu du contexte des dernières années. D’une part, par ses similitudes avec la classique des feuilles mortes et d’autre part par sa géolocalisation dans le nord transalpin. Se situant dès lors dans le prolongement de l’enchainement des courses pré Tour de Lombardie :
– en Lombardie avec les Coppa et Tre Valli Vaserine,
– dans le Piemont avec la classique Milan-Turin,
– en Emilie-Romagne avec les Grands Prix.


L’édition aoûtienne de 2020 fait figure d’exception. Aux prémices de la crise sanitaire, encore d’actualité, son organisation vernale n’a pu être épargné face aux mesures de confinements généralisés en Europe et à l’arrêt mondial des activités sportives. Pour se voir déplacer à la saison chaude en ouverture d’une saison condensée à la suite du « lockdown ». Si la crise du coronavirus n’est toujours pas résolue un an plus tard et que les divers gouvernements européens ont pris des mesures de restrictions anti-Covid (huis clos, port du masque, gestes barrières, et cetera). C’est en mars que les Strade retrouvent leur agencement traditionnel pour cette quinzième édition. Malgré le fait que la province soit classé en zone rouge. Exit tout public sur la Piazza del Campo afin de répondre au mieux aux exigences des restrictions imposées à Sienne.

Profil des Strade Bianche 2021 © RCS MEDIAGROUP S.P.A.

PALMARES

Année🥇 PREMIER🥈 deuxieme🥉 troisieme
2007🇷🇺 Alexandr Kolobnev🇸🇪 Marcus Ljungqvist🇺🇦 Mikhaylo Khalilov
2008🇨🇭 Fabian Cancellara🇮🇹 Alessandro Ballan🇩🇪 Linus Gerdemann
2009🇸🇪 Thomas Löfkvist🇩🇪 Fabian Wegmann🇨🇭 Martin Elmiger
2010🇰🇿 Maxim Iglinskyi🇸🇪 Thomas Löfkvist🇦🇺 Michael Rogers
2011🇧🇪 Philippe Gilbert🇮🇹 Alessandro Ballan🇮🇹 Damiano Cunego
2012🇨🇭 Fabian Cancellara🇰🇿 Maxim Iglinskyi🇮🇹 Oscar Gatto
2013🇮🇹 Moreno Moser🇸🇰 Peter Sagan🇮🇹 Rinaldo Nocentini
2014🇵🇱 Michal Kwiatkowski🇸🇰 Peter Sagan🇪🇸 Alejandro Valverde
2015🇨🇿 Zdenek Stybar🇧🇪 Greg van Avermaet🇪🇸 Alejandro Valverde
2016🇨🇭 Fabian Cancellara🇨🇿 Zdenek Stybar🇮🇹 Gianluca Brambilla
2017🇵🇱 Michal Kwiatkowski🇧🇪 Greg van Avermaet🇧🇪 Tim Wellens
2018🇧🇪 Tiesj Benoot🇫🇷 Romain Bardet🇧🇪 Wout van Aert
2019🇫🇷 Julian Alaphilippe🇩🇰 Jakob Fuglsang🇧🇪 Wout van Aert
2020🇧🇪 Wout Van Aert🇮🇹 Davide Formolo🇩🇪 Maximilian Schachmann

Fait de chemins de terre, il n’est pas étonnant de voir les coureurs de classiques dominer les Strade Bianche. Des flandriens les plus assidus aux cyclocrossmen, tous font bonnes figures en Toscane et animent la course menant à Sienne.
Labellisée World Tour depuis 2017, la classique d’ouverture signe l’amorce d’une campagne de classiques aboutie pour tout coureur y brillant. En témoigne le triplé ardennais de Gilbert en 2011 ou même le printemps exceptionnel d’Alaphilippe et Fulgsang en 2019. Voir tout bonnement une année couronnée de succès au plus haut rang mondial ; le Pole étant sacré champion du monde en 2014, Spartacus champion Olympique par deux occasions en 2008 et 2016 ou même Alafpolak porteur du maillot jaune durant quatorze jours sur le Tour de France. Et plus récemment Wout van Aert, auteur d’une grandissime saison, glanant un Monument, un rôle d’équipier de luxe sur le Tour et deux médailles d’argent aux mondiaux.

PARCOURS

Le parcours 2021 reste inchangé à celui des deux précédentes éditions. Près de soixante-trois kilomètres de routes blanches réparties en onze secteurs sur les 184 km que jalonnent le tracé de la course. Avec un dénivelé positif total de 3073 mètres, le parcours est tout aussi exigeant physiquement que techniquement.

SECTEURS CLES

Secteur n°7 : Martino in Grania

Situé approximativement à 70 kilomètres de l’arrivée, c’est le secteur où la course se décante et où l’écrémage par l’arrière se fait. Autour des collines de la Crête de Senesi, la course y débute vraiment avec une bataille de placement en vue du prochain secteur où la course se joue à l’avant et se perd à l’arrière. Jusqu’ici, aucune édition n’y a vu d’offensives majeures pour la victoire finale à Sienne. La présence de Mathieu van der Poel changera-t-elle la donne ?

Secteur n°8 : Monte Sante Maria

Situé à pas moins de 50 kilomètres de l’arrivée, c’est le secteur qu’avait choisi Moser en 2013 pour prendre la poudre d’escampette du peloton et revenir sur l’échappée. Tandis qu’en 2018, ce sont Romain Bardet et Wout van Aert qui se sont extraits de l’échappée de favoris pour s’envoler vers une victoire promise avant d’être rejoint par Tiesj Benoot juste avant le dernier secteur et déposés dans ce dernier. En 2020, l’échappée victorieuse d’hommes costauds (Wout van Aert, Jakob Fuglsang, Alberto Bettiol, Maximilian Schachmann, Davide Formolo et Greg van Avermaet) s’est extraite du peloton pour ne plus être revue.
La course s’y décante, à chaque édition, une fois passé le Ponte del Garbo. Plus long que le secteur qui le précède, il n’est pas comme ce dernier presque totalement en montée. Long de 11.5 kilomètres, Monte Sante Marie permet de faire se dégager un gros d’hommes forts et/ou de porter les premières estocades au sein du peloton, qui n’en est plus un à la sortie dudit secteur. Il est vrai que mêlant courtes descentes parfois très raides et montées tout aussi abruptes, la sélection se fait naturellement entre techniciens, hommes encore frais et les coureurs plus mal placés. Pas moins de 3162 m à plus de 7.5 % dont 1155 à plus de 12.5 % montre l’exigence de ce secteur et son importance.
La première partie montante à la sortie d’Asciano allonge considérablement le peloton qui se scinde dans la partie descente qui s’en suit. Sa technicité est rendue d’autant plus complexe de par la nature de son revêtement. C’est pourtant dans sa dernière moitié, grimpant de manière inexorable et irrégulière durant sept kilomètres vers le hameau de Torre del Castello, que la sélection est définitivement établie.

Secteur n°9 : Monteaperti

Un secteur très court (seulement 800 mètres) mais raides avec ses 7.2% de moyenne. De par sa faible longueur, rares sont les mouvements qui s’y opère. Fuglsang y décida pourtant de s’extraire du groupe d’échappées en compagnie d’Alaphilippe sur l’édition 2019. Là où Kwiato lui en 2014 porta son attaque sur la partie asphaltée au sommet.

Secteur n°10 : Colle Pinzuto

Long de 2.4 km, il est le secteur le plus décisif des dernières années. Avec ses 500 premiers mètres d’une particulière difficulté, il offre une rampe de lancement parfaite en étant situé qu’à une petite quinzaine de kilomètres de l’arrivée.

https://veloviewer.com/segment/3530569

Stybar, Cancellera ou Kwiatkowski y ont construit leur sacre tandis qu’en 2018, Benoot s’échappa du groupe de contre pour revenir en costaud sur les deux échappées. De nombreux coureurs à l’image de Brambilla aiment à profiter des plus forts pourcentages (16.3 %) pour dynamiter les groupes trop conséquents.

Le sommet offre un terrain adéquate pour un regroupement mais tout autant pour toute équipe en surnombre désireuse de profiter du terrain pour faire travailler les autres membres du groupe de tête à l’image de Brambilla et Stybar jouant à faire rouler Cancellara en 2016.

Secteur n°11 : Le Tolfe

Un secteur court qui commence en descente mais dont la partie montante est extrêmement rude (400 m à 11.6% de moyenne et un maximum à 18%).

https://veloviewer.com/segments/8560459

En 2018 et 2020, Benoot et WVA y ont lancé leurs attaques victorieuses sur les premières rampes tandis que Cancellara y fit preuve d’une puissance monstrueuse pour revenir et déposer Greg Van Avermaet ayant attaqué dans la partie descendante.

annéeSecteur décisif pour la victoirenumero de secteurDistance de l’arrivée
2007Monte Sante Marie6 / 741
2008Colle Pinzuto7 / 79.6
2009Calle Santa Caterina1
2010Calle Santa Caterina1
2011Calle Santa Caterina1
2012Tolfe8 / 812.2
2013Monte Sante Marie5 / 850
2014Monteaperti8/ 1022
2015Colle Pinzuto9 / 1014.6
2016Colle Pinzuto9/ 1018.7
2017Colle Pinzuto9 / 1015.5
2018Tolfe11 / 1112.3
2019Monteaperti9 / 1123.3
2020Tolfe11 / 1112.4

La montée finale : Calle Santa Caterina

La Calle Santa Caterina, une montée finale terrible dont la dernière rampe (500m à 12.5% – max : 16%) menant à la Piazza del Campo. Si la montée finale ne met pas à l’arrêt les coureurs usés comme WVA qui y mis pied à terre en 2018.

Les 300 dernières mètres sont eux plus sans difficulté puisqu’en descente. Et le dernier virage dont la sortie n’est située qu’à 100 mètres de l’arrivée impose à toute arrivée en comité réduit de virer en tête. Bien que dans une large majorité, prendre le tournant à droite sur la via delle Terme, c’est s’assurer une victoire presque certaine (n’allez pas le dire à GVA ou à Fuglsang).

Arrivés en groupe, Iglynskyi et Löftvist y ont construit leur sacre sur une attaque tout en punch. Tandis que Cancellara, Gilbert et Alaphilippe ont tout deux anticipés le dernier virage à 100 mètres de la ligne d’arrivée en attaquant Ballan pour les deux premiers et Fuglsang pour le second.

L’approche du dernier virage de Cancellara face à Stybar est un parfait exemple. Son entrée se prend rapidement, ce qui oblige les coureurs à le prendre par son extérieur. En 2016, le suisse a coupé la trajectoire du tchèque qui n’a pu lui faire le déborder par sa gauche. Les 100 derniers mètres à près de -7 % redonnent une impulsion où il est quasiment impossible de doubler le coureur qui nous précède. Le triple vainqueur des Strade Bianche avec une tactique hors pair et un sens des trajectoires digne de sa maîtrise des chronos va lui fermer la porte à l’intérieur au 50m. GAME OVER

PREVISIONS METEOROLOGIQUES

Placer la course en mars, c’est espérer que la météo fasse des « Sienne ». Plus le temps est mauvais, plus le peloton a tendance à se morceler rapidement dès l’entame de Monte Sante Marie. Plus le temps est clément, plus les chances de voir un petit comité se disputer la victoire dans Sienne sont grandes ; le groupe à la sortie du secteur 8 étant un peu plus conséquent. Pinzuto ou le Tolfe ne permettant pas de faire une sélection suffisante en cas de comité plus ou moins grand.
Entre giboulées environ un tiers du mois, températures douces et mois le plus venteux, courir les Strade Bianche en mars semble être la période la plus opportune pour espérer un temps au minima humide.

Avec le passage à dix puis onze secteurs graviers, plus aucune arrivée dans Sienne n’a vu un groupe de plus de quatre coureurs se disputer la victoire. Gardons à l’esprit cependant que les récentes années ont vu un coureur arrivé en solitaire dans la citadelle de Sienne et sa fameuse montée finale. L’édition de 2020 mais aussi 2017 et 2018. Ces deux dernières qui ont pour point commun d’avoir connu des éditions pluvieuses, ce qui a rendu le revêtement non pas poussiéreux mais boueux (principalement en 2018 qui rappelait sans nul doute le passage du Giro dans les parages en 2010 lors de la désormais célèbre étape Carrara – Montalcino).

L’édition 2021 se rapprochera plutôt de celle de 2017 que celle de 2018 avec une potentielle petite pluie et un parcours humide. Exit donc la boue. Pourtant prime aux attaquants le vent sera de dos à partir de Monteaparti, ce qui n’est pas sans pimenter la course.

VERS UN ÉNIÈME DUEL FRATRICIDE

Tous les profils de coureurs peuvent s’imposer sur les Strade quand on regarde de près les Top 10 hétéroclites de chaque édition. Les hommes de classiques font tout de même la part belle en tête du classement. Un tiers du parcours est alloué aux chemins de terre. Ce qui rappelle sans conteste les sous-bois, plus le temps est infecte.
Il n’est donc pas étonnant de mentionner Mathieu van der Poel comme le favori des Strade Bianche. Quadruple champion du monde de la discipline, le néerlandais de la Alpecin Fenix est une véritable bête à rouler. Gardien dans les sous-bois d’un record de 35 victoires consécutives, MVDP est tout aussi brillant sur un VTT. Vainqueur de trois manches de coupe du monde devant le maître Schurter désormais contesté en la matière, le champion des Pays-Bas est un machine tout terrain. Son objectif olympique en VTT à Tokyo cet été n’est pas anodin. Les Strade Bianche sont très probablement la course qui lui correspond le mieux, en fin technicien qu’il est sur les chemins de campagne. Sous condition humide, les secteurs deviennent plus techniques notamment dans leurs descentes et MVDP est à n’en pas douter le plus technique des coureurs sur les surfaces non asphaltées. Coureur non moins explosif, les montées punchy du circuit ne sont pas pour le déservir. À regarder que ce soit ses Tour des Flandres, son Amstel Gold Race, ses Flèche Brabançonne ou encore son très récent Kuurne-Bruxelles-Kuurne, le parcours des Strade peut lui permettre de se montrer sous son plus beau jour. En forme à la reprise sur route après une énième saison de cross couronnée de succès, van der Poel arrive avec le plein de confiance et les jambes pour être décisif. Lui qui a dynamité KBK à pas moins de 80 kilomètres de l’arrivée. A l’image des cross ou même du Tour des Flandres 2020, tout pointe vers un duel entre les deux phénomènes qui exacerbe le monde de la pédale depuis près d’une décennie dans les sous-bois et sur route depuis deux ans environ.

Ce n’est tout aussi peu étonnant de faire de Wout van Aert, l’autre grand favori des Strade. Vainqueur en titre, le belge de la Jumbo-Visma est désormais un coureur expérimenté sur les Strade en ajoutant deux places de troisième sur les éditions 2019 et 2018. Sa reprise de la compétition sur route et ainsi de fait son manque de rythme semble être le point qui pêche en sa défaveur. Mais sur l’édition 2020, le champion de Belgique du contre-la-montre était de retour de stage en altitude. Une routine réappliquée cette année encore. Les données sont édifiantes, le belge est en jambe.

De quoi animer une nouvelle guerre fratricide entre les deux jeunes prodiges pour le plus grand plaisir des fans de vélo. Une perspective d’un duel et d’une revenge du Tour des Flandres perdu dans un sprint à deux face à son éternel rival, qui devrait indubitablement peser sur la course et la stratégie des autres équipes. WVA réussira-t-il le premier back-to-back des Strade, lui qui n’y a jamais fini hors du podium ?

UN RAINBOW GANG POUR ANIMER LE FINAL ?

Si les deux champions du monde élites de cyclo-cross sont les favoris. Le champion du monde sur route actuel, vainqueur ici-même en 2019 n’est pas en reste. Julian Alaphilippe vient conquérant sur un terrain qui lui convient. D’une part, par la nature punchy du terrain. D’autre part, par la nature du revêtement. Le français s’étant fait connaître chez les amateurs au niveau international d’abord sur les cyclo-cross (vice-champion du monde juniors, à Tabor, en 2010). La question de la forme ne se pose pas du côté du français de la Deceuninck Quick Step. A l’attaque sur le Tour de la Provence et sur l’Omloop Het Nieuwsblad, le porteur du maillot jaune quatorze jours sur le Tour de France 2019 a des fourmis dans les jambes. Porter le maillot arc-en-ciel est un extra-boost pour le puncheur qui honneur plus que bien ledit maillot, en mettant un point d’honneur a levé les bras le plus tôt possible et à la manière avec le précieux sésame sur les épaules.

Nous devons maintenir l’esprit du Wolfpack. Comment les loups travaillent-ils avec leurs proies? Ils les isolent. Nous devons essayer de  faire ça dans les mois à venir (contre Van der Poel et Van Aert).

Patrick LEfevere – RTBF

Pour se faire, il pourra être aider d’une équipe de taille, si ce n’est pas la meilleure équipe alignée pour l’édition 2021. Pourfendeuse de classiques, la DQS met les petits plats dans les grands en alignant plusieurs têtes d’affiche. Si Kasper Asgreen ou Davide Ballerini peuvent être nommés parmi des candidats potentiels, leur rôle peut se cantonner à une late attack pour le danois et un sprint en petit comité (relativement peu vu et envisageable) pour l’italien. La carte Alaphilippe étant la numéro 1. Cela dit, l’équipe peut très bien se retrouver en surnombre et jouer sur des hommes comme Joao Almeida, en forme sur le UAE Tour. Cela dit comme pas mal de leaders de Grands Tours présents, le portugais devrait s’aligner sur le Giro d’Italia. La course pourrait être vu comme un repérage avant l’étape de Montalcino. Le meilleur plan B se dirige naturellement vers un autre ancien champion du monde de cyclo-cross, en la personne de Zdenek Stybar. Le tchèque a fait de cette course son fer de lance. Inscrivant pas moins de sept Top 10 en sept participations (à vrai dire sept Top 7 dont cinq Top 4). Ce qui en fait un client redoutable et fin connaisseur du parcours. Si la chute sur l’OHN peut susciter des interrogations, les nouvelles semblent relever de la chute mineure. Ce qui est rassurant au vue de la forme affichée sur la classique de reprise.

L’heure sonne des véritables phénomènes. Si MVDP et WVA font de l’ombre à tous les autres, il est une jeune qui monte. Des lionceaux près à rugir. Tom Pidcock est de ceux-là. Le britannique de la Ineos Grenadiers, champion du monde juniors et espoirs de cyclo-cross mais aussi de VTT a un terrain qui lui scie à merveille. Dans Sante Caterina, avec son poids plume, il pourrait être un coureur capable de rivaliser plus facilement avec Julian Alaphilippe que les deux mastodontes pesant près de quinze kilos de plus. Rappelons qu’il était le plus rapide sur la rampe à 20 % du mondial de cyclo cross à Ostende, devant Mathieu van der Poel. Sa troisième place au sprint à Kuurne et son contre à l’Het Nieuwsblad laisse à penser que malgré le manque d’espérience le britannique apprend vite. Quoi de mieux qu’un homme tout terrain par une équipe dont le sponsor est une marque de 4×4 ? Derrière le Wolfpack, les Ineos Grenadiers sont l’équipe qui semblent la plus à même d’être en surnombre dans le final. Un avantage stratégique qui pourrait bénéficier au jeune néo-pro. Si à la fois Pavel Sivakov et Egan Bernal en forme peuvent prendre des repères en vue du Giro, l’expérimenté Michal Kwiatkowski peut aiguiller et accompagner au mieux l’anglais. Fort de son expérience, le polonais aurait été un candidat plus que sérieux si sa chute au Trofeo Laigueglia, il y a deux jours, était moins sérieusement.

Qui pour tirer son épingle du jeu ?

Pourtant si la victoire semble se dessiner sur les trois hommes qui s’était échappés ensemble sur le Tour des Flandres, le podium reste ouvert à pléthore de candidats. Récent vainqueur du Tour organisé par le sponsor de son équipe, Tadej Pogacar n’est pas en reste. Le terrain des Strade scie au plus jeune vainqueur du Tour depuis plus d’un siècle. Epaulé par un Davide Formolo, 2e l’an passé, le surnombre peut être à son avantage. En terrain explosive, le slovène est l’un des meilleurs du peloton. Sous les radars malgré sa stature mondiale, il peut être redoutable si mésestimé.

Si l’on parle d’hommes en forme en début de saison et qui ont marqué les éditions précédentes des Strade Bianche, Greg van Avermaet est un client dont il faut se méfier. Toujours placé en tête de peloton, le belge de la AG2R Citroën La Mondiale se fait rarement piéger. Pas étonnant de le voir figurer dans tous les groupes de tête. Seul problème, le belge semble résigner à s’extirper d’un groupe pour pouvoir gagner. A l’image de Wout van Aert l’an passé. Une problématique s’appliquant à Bauke Mollema qui semble cependant bénéficier d’une meilleure équipe. Sur la papier, le jeune prometteur Quinn Simmons s’est montré à son avantage sur la Faune Ardeche et la Drome Classic. Champion du monde espoirs à Harrogate sous une pluie battante, le coureur de la Trek Segafredo aurait sans doute préféré un temps plus exécrable pour aller briller. Là où Gianluca Brambilla lui aussi avec la patte après sa victoire à Blausasc sur le Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var peut à la fois profiter de sa forme que de son expérience sur les Strade pour épauler ses coéquipiers. Si ce n’est profiter d’un jeu d’équipe. Sur le papier, tout semble pointer vers le néerlandais, véritable expert des courses d’un jour avantageant les puncheurs. Comme le montre son palmarès depuis 2019.

2e en 2019, Jakob Fuglsang ne peut être éliminé de la liste des candidats. Même si le danois des Astana Premier Tech semble moins mordant et dont les objectifs sont plus lointain. Là où un Tim Wellens est souvent inconstant, bien qu’en grande forme sur l’Etoile de Bessèges, le belge de la Lotto Soudal semble moins tranchant sur les récentes courses.

Si on est amené à parler des classics men, on ne peut éluder Alberto Bettiol, vainqueur du Tour des Flandres 2019 et présent dans l’échappée décisive de l’édition 2020. Pourtant à y regarder de plus près, les yeux doivent plutôt se river sur son équipier de la EF Education Nippo, Simon Carr.

En vérité l’une des plus équipes offensives sur le début des classiques est la Qhubeka Assos qui aligne deux hommes qui auront fait, il y a deux jours la reconnaissance du parcours. D’un part, Simon Clarke qui apprécie plus que tous la classique de Toscane. Natif en Australie sur des routes gravillonneuses, le puncheur peut afficher une certaine confiance depuis sa récente 5e place dans le sud de la France. Même si son coéquipier Michael Gogl aura montré plus de gagne à l’Het Nieuwsblad. L’autrichien offensif a tout pour du coureur au tempérament dynamiteur dans un final tactique où il faut placer la bonne attaque.

D’ordinaire, la Bora Hansgrohe aurait mérité une place plus haute dans la hiérarchie sur une classique. Mais sans doute que l’absence de Peter Sagan dû au Covid-19 y est pour beaucoup. Emmanuel Buchmann n’étant pas suffisamment convainquant sur le UAE Tour en plus de manquer d’explosivité, une caractéristique indispensable pour s’imposer sur les Strade. A moins de tenter le raid solitaire, ce qui semble très incertain pour l’allemand. Patrick Konrad cependant a ce punch que le leader de Grands Tours n’a pas. Cela dit si le Tour de Provence pouvait augurer le meilleur, l’autrichien a été tout aussi invisible au Moyen Orient. Sans doute, les yeux doivent-ils se river vers la performance de son vététiste mais un Top 10 serait déjà formidable.

AVIS

Difficile de dégager une hiérarchie claire entre les trois grands noms du moment. Les deux phénomènes sont indubitablement les hommes à battre mais le français Julian Alaphilippe n’est pas en reste. Sans doute pour ce dernier vaut-il mieux attendre une cote boostée des bookmakers français. C’est donc à la prime du meilleur puncheur des deux champions du monde de cyclo-cross qui départagera mon choix dans une course où WVA est contraint de réitérer le même scénario que l’an passé. Et où on a vu que même un puncheur comme Alejandro Valverde peut flancher dans Sante Caterina comme en 2016 lors que Kwiatkowski et GVA l’ont déposé, ce qui n’assure pas nécessairement Alaphilippe d’un sacre certain en cas d’arrivée groupée au pied de la dernière rampe finale.

PRONOSTICS

Mathieu van der Poel gagnant : 5 – 0.5 % (Unibet)

Tom Pidcock podium : 4 – 0.5 % (Betclic)

Zdenek Stybar podium : 9 – 0.25 % (Winamax)

Michael Gogl podium : 31 – 0.25 % (Unibet)

AJOUT 06 MARS 2021 – 11 H 10 :

Julian Alaphilippe podium : 2.75 – 0.5% (cote boostée Winamax)



N’hésitez pas à soutenir le site, via les différentes cagnottes ainsi que mes liens de parrainage qui apparaitront au fur et à mesure. Mais aussi en étant actifs d’une manière ou d’une autre sur les réseaux sociaux.

Omloop Het Nieuwsblad 2021 Preview

Profil Omloop Het Nieuwsblad 2021 © la-flamme-rouge.eu

La situation sanitaire actuelle ne permet pas aux organisateurs des classiques flandriennes de communiquer les parcours des différentes courses organisées en Belgique. Du moins de le connaître à l’avance.

Cependant, sur la base des reconnaissances Strava des différentes équipes et des sites web des équipes comme la Movistar, le parcours 2021 est connu. Les 110 derniers kilomètres restent inchangés par rapport à l’édition précédente. Reprenant la recette introduit en 2018 avec en désert l’enchainement Mur de Grammont – Bosberg dans les dix-huit derniers kilomètres et le final à Ninove établit en 2019. Comme à l’accoutumé, c’est dans ces kilomètres connus et reconnus que la sélection se fait et que la partie commence réellement.

La Deceuninck Quick Step vient avec une véritable armada. Hormis Tim Declercq qui sera réduit au rôle de métronome du peloton en domptant les premiers fuyards, toute l’équipe peut gagner. Davide Ballerini sera la carte sprinteur. Yves Lampaert plutôt dans celui d’un attaquant lointain quand Kasper Asgreen excelle, lui aussi grâce à ses capacités dans l’effort individuel, dans l’art de la late attack (à l’image de Kuurne-Bruxelles-Kuurne l’an passé). Florian Sénéchal et Zdeněk Štybar peuvent très bien être des cartes sprints réduits si Ballerini ne fait pas partie du groupe de tête. Quant à Julian Alaphilippe, il est mis en avant dans un rôle de leader annoncé. A l’image des années Tommeke (Tom Boonen), le maillot de champion du monde donne une aura supplémentaire au sein de l’équipe. Le leadership semble définit, un peu comme lors du dernier Tour des Flandres qu’il découvrait et où l’équipe n’a eu guère d’autres choix que de rouler pour lui. Dès lors, la course des DQS pourrait être beaucoup plus défensive qu’offensive lorsque l’équipe misait sur trois têtes par le passé lors des différents monuments et classiques du printemps avec le tchèque, Philippe Gilbert et Bob Jungels ou Niki Terpstra.

Face à l’équipe belge, la Trek-Segafredo sur le papier semble la mieux armée, avec son trio de sprinteurs qui ont opéré une véritable tournante sur le dernier Tour de France, pour bousculer le Wolfpack ; que ce soit avec le vainqueur sortant Jasper Stuyven, avec le champion du monde 2019 Mads Pedersen ou avec le local Edward Theuns. Ce dernier apparaît probablement comme la meilleure carte si un petit comité doit se disputer la gagne. Véritablement en forme sur l’étape de Bessèges, le belge à l’avantage comparé à son compatriote d’avoir du rythme avec des jours de courses au compteur. Le danois, lui n’a guère convaincu à Geraardsbergen sur le Binck Bank Tour 2020. Ce qui laisse à penser que les monts pavés auront encore raison de lui.

La Lotto Soudal aurait des raisons de ne pas rougir. Tim Wellens se dégage en tant que leader après les récentes déclarations de Philippe Gilbert qui vient pour prendre du rythme, se tester mais pas le couteau entre les dents. L’objectif printanier de l’ancien champion du monde étant de décrocher une victoire à Milan San Remo.

Véritablement, les deux grands adversaires du Wolfpack sont les copains de toujours et désormais coéquipiers chez AG2R Citroën La Mondiale : Greg van Avermaet et Oliver Naesen. Le premier est des engagés, le coureur qui affiche le meilleur palmarès sur la classique d’ouverture. Pas moins de huit Top 6 pour deux victoires et deux places de 2. Sa forme à Bessèges parle pour lui. Mais le second qui a tendance à briller sur l’étape de Geraardsbergen trouvera un terrain qui lui scie à merveille.

La Bora-Hansgrohe devant composer sans Peter Sagan, récent positif au Covid-19, Nils Politt dont la forme semble plaider en sa faveur fait figure de leader. Mais l’expérience des monts pavés ne plaide pas nécessairement de son côté. Sans doute, Marcus Burghardt est un plan B solide.

La Bahrain Victorious peut compter sur plusieurs éléments. Dylan Teuns et Sonny Colbrelli en tête d’affiche. L’italien étant avant tout la carte sprint, là où le belge peut profiter d’une course de mouvement. Mais attention au vétéran australien, Heinrich Haussler qui sortant des sous-bois peut profiter d’un rythme que les deux autres n’ont pas.

Du côté des équipes françaises, la Cofidis Solutions Crédits emmène Christophe Laporte récent vainqueur à Bellegarde qui pourrait profiter d’un petit groupe pour s’imposer. Mais sur ce type de course, Jempy Drucker affiche un meilleur palmarès. La Groupama-FDJ elle aligne Stefan Küng en leader après sa campagne 2020 prometteuse. Kevin Geniets pourrait ainsi être réduit au rôle de coéquipier quand Jake Stewart, l’attrayant britannique devrait sans nulle doute s’économiser pour un sprint groupé si le scénario le permet. Là où la B&B Hotels p/b KTM semble hors de propos en envoyant une composition résolument tournée vers une durabilité de Bryan Coquard. Seulement, la forme parle plutôt en direction de Cyril Barthe. Une équipe qui doit se montrer, plus qu’elle ne va peser en somme. A l’image des Arkea Samsic dont les espoirs reposent sur Amaury Capiot. Contrairement à la Total Direct Energie dans un style purement tourné vers les classiques avec le vainqueur de Paris Roubaix 2014 et du Tour des Flandres 2018, en la personne de Niki Terpstra qui peine à retrouver de sa superbe sur les flandriennes depuis qu’il a quitté le Wolfpack. Le néerlandais partage le leadership avec Anthony Turgis. Mais le français ne souffrira-t-il pas de sa récente chute à Blausasc ? Peut être est-il temps de voir la renaissance d’Edvald Boasson Hagen.

Séduisante sur les courses précédentes, la Bingoal Wallonie Bruxelles n’a pas à rougir face aux équipes World Tour. Il n’y a quà voir comment l’équipe a réussi à placer en tête du peloton Arjen Livyns sur le final tantôt de Gourdon que de Fayence. Un candidat imminemment crédible au Top 10.

La Israel Start-up Nation comptera sur Sep Vanmarcke en fer de lance, à moins que Mads Würtz Schmidt ne le fasse la nique.

La Bike Exchange vient avec une armada assez homogène sur le papier. Luke Durbridge et Amund Grøndahl Jansen ont la préférence mais ont-ils les armes ?

La Jumbo Visma sans sa superstar Wout van Aert alignera Timo Roosen en leader déclaré. Poisson pilote, il y a quelques temps dans les pays arabes de Dylan Groenewegen, le néerlandais est rapide. Si la forme de 2018 frappe à la porte d’aussi bons résultats que dans le Nord de l’Amérique sont à prévoir. Mathieu van der Poel, le grand rival de WVA est lui aussi absent. C’est donc une Alpecin Fenix qui espèrera que Jasper Philipsen puisse aller au sprint. Mais sa durabilité sur ce type de courses, Dries de Bondt semble en meilleure voie si Xandro Meurisse ne retrouve pas les jambes du début de saison dernière.

La EF- Education Nippo souffre elle aussi du manque de sa grande star des classiques du Printemps. Sans ses Alberto Bettiol et Michael Valgren, il faut composer au mieux avec les expérimentés Sébastian Langeveld et Jens Keukeleire.

Les Ineos Grenadiers espèreront sans doute que Gianni Moscon ait retrouvé de sa superbe. Manosque a semblé le montrer. Si Tom Pidcock est attendu, tout comme Jhonatan Narvaez en cas de sprint, l’italien sur les flandriens avec son pédigré est la carte numéro 1.

Quid des Astana Premier Tech ? Alex Aranburu n’emballe pas sur des monts pavés. Entre méforme et profils qui ne collent pas, l’équipe est peu attrayante.

Les UAE Team Emirates peuvent se targer de gagner à domicile. Mais en Belgique, les cartes sprints semblent claires. Alexander Kristoff pour un emballage final ou Matteo Trentin dans une course plus débridée.

Malgré de bons rouleurs pas grand chose à attendre de la Quebeka Assos. Victor Campenaerts n’a pas le profil. Michael Gogl est contraint à l’attaque, là où Dimitri Claeys à une course d’attente.

La Movistar misera sur Ivan Garcia Cortina en forme l’an passé avant la pause Covid.

Enfin l’équipe DSM n’a pas à rougir. Si Tiesj Benoot est toujours en forme à la reprise. Romain Bardet se muera sans doute en coéquipier de luxe. Soren Kragh Andersen, 3e l’an passé pourrait à l’image de la 107e édition du Tour de France profiter du jeu d’équipe où la Sunweb excellait. A moins que Casper Pedersen, vainqueur de Paris-Tours n’en profite ou bien Joris Nieuwenhuis qui a pour avantage de sortir des cross et donc d’être en forme.

A vrai dire avec un temps clément et un vent soufflant du NE, la course n’est pas promise au mouvement les plus sélectifs. La Deceuninck peut en profiter pour prendre plus facilement la course à son compte grâce à son surnombre d’hommes forts se sacrifiant pour le collectif.

https://veloviewer.com/segment/19930903

En misant sur Alaphilippe comme les déclarations de Patrick Lefevere semble le suggérer, la course devrait se dessiner dans l’enchainement final. L’absence de Mathieu van der Poel bride un peu moins la course selon toute vraisemblance. Et les résurgences des années Boonen à la Quick Step ne sont pas à écarter, plutôt à anticiper.

https://veloviewer.com/segments/7129478

Les faveurs d’une attaque semblent se diriger vers le Mur de Grammont. L’effort y semble Alaphilippesque. Similaire en quasi tout point à cet effort dans une difficulté aux pourcentages abruptes où le champion du monde a pour tradition d’attaquer avant de filer vers la victoire dans un chrono de chaque instant comme dans les cotes de Mutigny et de la Jallière ou dans le col des Quatre Chemins sur les récents Tour de France ou encore dans la cote de la Gallisterna à Imola. Un effort qui caractérise le français depuis son succès à Milan San Remo avec là aussi une estocade portée dans le Poggio.

https://veloviewer.com/segments/19991551


Seulement marqué et avec un vent certes léger mais défavorable dans le final, un petit comité pour se disputer la gagne n’est pas à exclure. Le terrain est propice à une chasse et une équipe comme la Trek Segafredo à l’effectif pour contrer la DQS. La carte d’un Sénéchal est alors toute vue. Mais Stybar porté par un extra boost voudra sans doute rentre très vite un hommage à son grand-père récemment décédé. Ce qui a forcé le tchèque a quitté son camp d’entrainement et faire pas moins de 1 500 kilomètres en voiture pour aller l’enterrer. Un ancien vainqueur de l’OHN galvanisé ? Pourquoi pas.

Mais qui dit sprint dit homme rapide et homme en forme. Dès lors, Nieuwenhuis pourrait profiter à la fois d’une énième masterclass de son équipe comme d’une arrivée en petit comité. Voire Roosen qui est mis en avant comme un homme en forme à la sortie des stages de février. Si les watts observés sont mis en pratique, le néerlandais a déjà montré qu’il avait une certaine durabilité par le passé et aussi une belle pointe de vitesse. Deux hommes sous les radars, deux hommes mésestimés dont il faudrait à tort ou à raison se méfier.

Mais qui dit Het Nieuwsblad dit Greg van Avermaet. Parfaitement entouré, les clés de la réussite sont entre ses mains. Dans une course par élimination, le belge sait mieux que quiconque se placer là où tout le monde veut se placer. La forme est parlante, ne reste plus qu’à viser la cible.

PRONOSTICS

Greg van Avermaet podium : 5,5 – 0.5% (Zebet)

Zdenek Stybar vainqueur : 25 – 0.25% (Betclic)

Florian Senechal vainqueur : 20 – 0.25% (Betclic)

Joris Nieuwenhuis podium : 90 – 0.125% (Zebet)

Timo Roosen podium : 40 – 0.125% (Zebet)

Etape 2 Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var 2021 Preview

Fayence – Fayence : 177,47 kilomètres pour 3090 mètres de dénivelé positif. Une nouvelle occasion pour les puncheurs de faire la nique au peloton de grimpeurs sur le Tour 06 – 83.

Profil Étape 2 du Tour des Alpes-Maritimes et du Haut Var ©️ Groupe Nice-Matin

Si Draguignan est inscrite dans le patrimoine du Tour du Haut Var (sous son ancienne appellation). Fayence est depuis la décennie passée, un classique des courses du Sud-Est où Paris-Nice et le Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var se partagent les cinq arrivées qui y ont eu lieu depuis 2009.

Long de 20 kilomètres, le col de Mons sera la plus longue difficulté de la journée. Mais n’aura que peu d’impacts si ce n’est aucun. La montée trop douce (3% de moyenne) ne permettant pas de faire un écrémage suffisant et son sommet situé trop loin de l’arrivée (un peu plus de 91 kilomètres) n’incitant pas aux mouvements.

La course devrait naturellement se jouer sur le circuit final. Deux boucles de 33 kilomètres où les coureurs seront confrontés au Mur de Fayence par deux fois dont une première à 34 kilomètres. Une distance qui peut favoriser les tentatives d’attaques lointaines.

Multimodèle météo à Fayence ©️ Meteoblue

Avec un vent d’Est léger, la météo devrait être des plus clémentes. Une douzaine de degré et un soleil rayonnant, le temps ne devrait pas jouer un rôle important en ne favorisant pas un final dynamité par des coups de trafalgar. D’autant que les Israël Start-Up Nation devraient veiller au grain. Avec Michael Woods et Dan Martin, l’équipe a deux des meilleures cartes à jouer pour le final du jour. Le canadien vainqueur à Saturnia après une attaque victorieuse dans le Poggio Murella (1.6 km à 10.8%), a une arrivée qui lui convient parfaitement. 3e de la Flèche Wallonne en ayant porter la première attaque à 200 mètres de la ligne d’arrivée (2min15 de la vidéo ci-dessous), Rusty Woods affectionne les pourcentages excécrables. Indubitablement, quand on parle du Mur de Huy, son coéquipier irlandais est le coureur présent sur le Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var qui y a le plus beau palmarès : dix Top 6 en dix participations finies (c’est-à-dire sans abandon) dont deux places de 2 derrière Alejandro Valverde et une place de trois derrière les deux meilleurs puncheurs de ce siècle : « Bala » et Julian Alaphilippe. Dan Martin ayant retrouvé de sa superbe au cours de La Vuelta a Espana passée après une année 2019 plutôt décevante. L’arrivée de Cullera (2 km à 8%) au Tour de la Communauté de Valence ayant signé les prémices d’un retour au sommet pour celui qui s’était vu triompher au sommet du Mûr-de-Bretagne (1 km à 7.4%) sur le Tour de France 2018.

Après la démonstration du train des Ineos Grenadiers dans la Montée de Gourdon, il ne serait pas étonnant de revoir les britanniques aux commandes pour mettre en orbite soit Jhonatan Narvaez si les jambes répondent mieux que la veille. Le colombien 2e derrière Andrea Bagioli à Sogliano al Rubicone a démontré plus d’une fois ses qualités de puncheurs sur ce type de final. Porteur d’attaques tranchantes dans la cote de Cheratte (1 km à 8.4%) ou dans la cote de Beffe (1.6 km à 8.7%). Des qualités déjà vu à Burgos en 2019. Soit Thomas Pidcock qui avec son gabarit léger aime ce genre de rampes abruptes. Pour l’illustrer, le britannique a cumulé un temps de 5’03 » sur le pont du mondial d’Ostende proposant une pente à 21%. Signant en conséquence le meilleur temps devant un Mathieu van der Poel désinvolte. Une affection pour les forts pourcentages qui n’a rien de bien étonnant pour celui qui s’est imposé à la Planche des Belles Filles au Tour d’Alsace 2019 ou qui a bien figuré à Whinlatter Pass. Doté qui plus est d’une certaine pointe de vitesse au sprint, le replat au sommet lui est tout autant favorable.

Malheureux sur la première montée du Gourdon, Tao Geoghegan Hart a goûté au goudron. Cependant, la chute est rapportée comme mineure. Une aubaine pour le vainqueur du Giro d’Italia sortant qui y avait montré de belles dispositions à Monselice sur les pentes du Caline (2 km à 9.9 %) suivant l’attaque du puncheur Ruben Guerreiro. Dans une arrivée qui pourrait être bonifiée avec des petits groupes au compte-goutte, TGH pourrait refaire un peu du retard non rédhibitoire (14 secondes) de la première étape avant l’étape fatidique. Et si aucune des options pré-citées ne répondent présentes, Geraint Thomas et Pavel Sivakov peuvent l’un comme l’autre faire office de plan B. Cependant, le gallois a pour habitude de performer plutôt vers mi-juin avec ses objectifs sur le Tour de France. Mise à la planche dans le final de la veille, tout comme dans le final de Bellegarde à l’Etoile de Bessèges. Là où le franco-russe paraissait plus à la peine à l’arrivée à Gourdon (14s sur la vidéo ci-dessous) contrairement à un Tao plus décontracté (20s).

Plaçant quatre coureurs dans le Top 10 du jour et en prenant à son compte la chasse de Quentin Pacher dans les cinq derniers kilomètres de la montée finale de Gourdon, la Groupama-FDJ ne devrait elle aussi pas avoir envie de laisser filer l’étape. 3e du jour et 11e de la Flèche Wallonne 2020, Valentin Madouas pourrait être un client sur l’arrivée au Mur de Fayence.

Mais il faudra compter aussi sur David Gaudu, 9e de la Flèche Wallonne 2017 qui a posé son dévolu sur l’arrivée à Fayence. En préparation pour la Flèche Wallonne, le vainqueur de Romont en Romandie (1 km à 8%) a toutes les qualités pour décrocher une victoire sur cette deuxième étape.

Évidemment, il faudra compter sur les Trek-Segafredo qui pourrait doubler la mise avec Bauke Mollema vainqueur la veille. Il n’est pas sans rappeler que le néerlandais est gardien de pas moins de six Top 10 en dix participations au Mur de Huy (neuf Flèche Wallonne et étape 3 du Tour de France 2015). Mais l’équipe américaine peut aussi compter sur Guilio Ciccone qui ne peut qu’être pris au sérieux après sa formidable deuxième place à Manosque et sa 5e place à Gourdon.

Avec tant d’équipes World Tour, la main d’œuvre est fournie pour dompter le peloton et annihiler les chances des fuyards. Quand bien même des équipes comme AG2R Citroën La Mondiale tenterait de lancer quelques attaques dans le dernier tour.

La bataille de positionnement devrait avoir lieu peu avant 6 kilomètres de l’arrivée puisque les routes rétréciront par endroit avant des enchaînements de ronds-points.

A 5.5 kilomètres du but, un premier carrefour giratoire qu’il faudrait mieux passer à gauche.

Une bataille pour tenir les rangs avant un virage à gauche pour rejoindre Fayence.

De grands bouts droits où la nervosité sera ambiante et où les risques de chute seront intensifiés : raison de plus pour être à l’avant.

Un nouveau rond-point à 4 kilomètres du but : passage à droite primordial.

A 500 mètres de la flamme rouge, le dernier rond point de la journée à passer par la gauche et le morceau le plus difficile de dressera devant le peloton.

https://veloviewer.com/segments/946500

En tournant à droite, le peloton à la flamme rouge entamera le Mur de Fayence qui se passe en pallier.

Dont la distance, les pourcentages (maximum et moyen) et les 100 derniers mètres plus plats rappellent à raison le Mur de Huy.

https://veloviewer.com/segments/9321805

Une première entame qui devrait voir les meilleurs commencer à se battre pour être dans les 10 premiers du groupe.

Près de 400 mètres à 7.4% où les pourcentages restent forts en s’adousissant avant de tomber sur le Chemin du Terme qui signe les pourcentages les plus élevés du Mur.

Un maximum à 21% en tournant vers l’Eglise de Fayence. 400 mètres à 14% qui se font en apnée.

La course se gagne en virant en tête à l’épingle à cheveux menant au Boulevard de Tourrettes pour rejoindre la Place Léon Roux.

L’arrivée du jour sera la même que lors de l’édition 2012. Un dernier kilomètre à revoir au timecode : 18min51.

Une arrivée différente sur les éditions de Paris-Nice 2017 remporté par Simon Yates et 2014 qui avait vu la chute d’Alexis Vuillemoz dans l’extension au sommet où les coureurs, au lieu de filer tout droit vers la Place Léon Roux, tournaient à droite dans une nouvelle épingle à cheveux en direction de l’Avenue René Cassin.

L’attaque de Richie Porte à l’entrée du Chemin du Terme démontre qu’il est nécessaire de ne pas anticiper trop tôt. De crainte de se retrouver comme Julien Simon en 2012 à l’arrêt à 200 mètres du but.

L’attaque d’Alexis Vuillemoz dans la première rampe démontre quant à elle qu’il est sans doute optimiste d’anticiper si tôt et de profiter, si ce n’est d’un travail d’équipe (où en surnombre les coéquipiers peuvent juguler les attaques ou imprimer un faux tempo), d’un groupe qui se regarde.

Les spécialistes du Mur de Huy attendus ?

Jumeau français du célèbre Mur belge, le Mur de Fayence devrait faire la part belle à une joute entre les spécialistes de la classique ardennaise.
Les coureurs, comme Jakob Fuglsang qui a failli y triompher en 2019 battu d’un rien par Julian Alaphilippe, mettront sans doute un point d’honneur à bien y figurer. Une excellente occasion pour le danois de se tester avant d’aborder sa campagne de classiques. Nul doute que le placement sera bon avec l’armada des Astana Premier Tech.

Seulement le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège 2019 dit avoir une préparation moins importante que les années passées. Comment ne pas voir Dan Martin ne pas titiller les premières places tant le Mur de Fayence ressemble à son homologue hutois ?

Et si on devait parier ?

🥇 Dan Martin
Un Top 5 presque inévitable ? Une victoire à 15 alléchante, un podium à 4.5 par le biais du each/way appréciable.
🥈 David Gaudu
Ne pas décrocher un accessit pour celui qui pourrait accrocher le Mur de Huy à son palmarès serait une déception ? Un grand requiem qui donnerait le « la » en vue des étapes de La Fosse aux Loups mais surtout du Mûr de Bretagne sur le prochain Tour de France. Le panache du jeunot qui a osé attaqué Valverde à 250 m sur sa première montée de Huy est à 12 pour un podium à 4.
🥉 Tom Pidcock
A l’attaque sur les pentes de la montée de Gourdon, le jeune phénomène applique sa philosophie : celle d’un cyclisme offensif. Une philosophie que l’équipe tend à reproduire depuis le dernier Giro. Sur une étape moins exigeante et dans un final où il faut voler, le british peut déjà éclabousser de toute sa classe le peloton World Tour. Le podium est à 9.25 par le jeu du each way et qui sait une victoire à 34 pour une petite surprise ?

Etape 1 Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var 2021 Preview

Biot – Gourdon : 187,87 kilomètres pour 3648 mètres de dénivelé positif. Exit les sprinteurs, le Tour 06 – 83 fait la part belle aux puncheurs et aux grimpeurs. Cela dit, les baroudeurs ont tout autant leur mot à dire au cours des trois étapes traversant le Sud-Est de la France.

Profil Etape 2 Tour de La Provence 2021 tourdelaprovence.fr

Le peloton aura la tâche de gravir par trois fois la Montée de Gourdon pour déterminer le premier leader de ce Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var.

C’est sur un circuit final de 27 kilomètres que les coureurs auront la lourde responsabilité de dynamiter la course. En apparence, le circuit laisse à penser qu’un grimpeur s’imposera. Mais les apparences sont parfois trompeuses.

La Montée de Gourdon n’a absolument rien d’insurmontable. 13,8 kilomètres à 3,9% laisse une opportunité aux puncheurs de faire partie de l’emballage final. Il n’y a d’ailleurs qu’à voir le rythme d’Arnaud Demare en échappée sur l’étape 7 de Paris – Nice 2019 pour s’en convaincre avec une montée à 30,5 km/h. Ce qui démontre le profil roulant de Gourdon.

La première se fera vent totalement de côté.

https://veloviewer.com/segments/4591371

Quand la seconde partie de l’ascension à partir de Magagnosc commencera vent de dos. Seulement 2 kilomètres à 7%, c’est visiblement l’endroit idéal pour faire la sélection. Le vent de dos doit encourager les attaques. Malheureusement pour les plus vaillants, le vent ne soufflera qu’en rafale au maximum à 15 km/h mais devrait avoir une force de 5km/h soit un vent quasi nul. Un coup d’épée dans l’eau en somme. Mais les pourcentages invitent à tenter de faire un petit écrémage.

https://veloviewer.com/segment/21223729

Les presque 5 kilomètres finaux sont relativement sembles et devraient permettre aux puncheurs de souffler…

… avant de produire leur effet final dans un sprint punchy.

https://veloviewer.com/segment/7817077

Attention de ne pas se faire piéger dans la longue descente menant à Pont du Loup. Quelques sections techniques devraient étirer le peloton. S’il est plus compliqué de faire la différence dans la montée, c’est peut être dans la descente qu’il faudra tenter son va-tout.

Les conditions n’étant pas vraiment favorables, tout porte à croire qu’un sprint en comité réduit devrait se disputer la gagne de l’étape. Un mauvais temps et un vent plus fort aurait pu avoir raison des ambitions de certains puncheurs mais au vue de la qualité des engagés, la course semble dessiner d’avance. Les Ineos Grenadiers, Israël Start-Up Nation, Astana Premier Tech semblent les plus à même à maîtriser le peloton en vue d’une arrivée groupée.

Les Ineos Grenadiers en ordre de marche dès la première étape ?

Avec Jhonatan Narvaez dans ses rangs, l’équipe britannique a tous les éléments pour aller chercher le gain de l’étape. Le puncheur équatorien est sans doute l’un des hommes les plus rapides du peloton et sans nul doute celui qui bénéficiera du meilleur lancement avec la meilleure équipe de grimpeurs de cette 53e édition du Haut Var. Vainqueur de la Coppi e Bartali, Le colombien avait déjà démontré toutes ses qualités lors de l’étape de Lerma à Burgos, il y a deux ans. Sa victoire sur le Giro d’Italia à Cesenatico lui a fait prendre une tout autre dimension. Face au plateau du jour, Narvaez n’a pas à rougir et est à logique un candidat à la victoire d’étape.
Méfiance du côté d’équipes trouble-fête, notamment du côté des AG2R Citroën La Mondiale. Greg van Avermaet ressemble sur ce genre d’étape à la meilleure carte des terre et ciel. Déjà en forme en vue des classiques, le champion olympique en titre, à démontrer qu’il avait les jambes au cours de l’étape de Bessèges. Son sprint au sein du peloton dans le Mur de Saint Siffret n’est pas sans démontrer qu’il est lui aussi un gros client. Sans doute, le coureur le plus complet alliant vitesse au sprint et capacité de grimpeurs que le colombien des Ineos n’a pas nécessairement si le rythme est élevé au sein du peloton. Gageons qui plus est que GVA a l’habitude d’être bien placé au sein du peloton, toutes les cases semblent cochées pour aller chercher au minima un accessit.

Et si on devait parier ?

🥇 Greg van Avermaet
Une victoire à 16 pour une place acceptable, sans doute la seule opportunité de GVA de se tester et d’accumuler de la confiance avant le début des classiques la semaine prochaine.
🥈 Jhonatan Narvaez
Avec une cote à 15 au plus haut au moment du live avec North avant drop, la place était belle mais à 9 c’est la gagne ou rien.

Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var 2021 Preview

Plan Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var 2021 ©️ 2021 – Groupe Nice-Matin

53e édition du célèbre Tour du Haut Var, introduit en 1969. Jusqu’en 2009, la course n’était qu’une course d’un jour avant d’introduire une seconde étape autour de Draguignan avec les Bastides de Tourtour, le Col de la Grange ou même la Cote des Tuilleries pour favoriser une course de mouvements. Depuis 2019, la course a changé de format en introduisant une troisième étape au sommet du Mont Faron et un parcours résolument plus favorable aux grimpeurs. Le cru 2021 prolonge la voie prise deux ans auparavant, avec un plateau sans cesse de plus en plus qualitatif.

Une édition qui favorise une nouvelle fois un grimpeur ?

Etape 1 du Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var 2021 ©️ Groupe Nice-Matin

Une étape avec un circuit autour de la cote de Gourdon qu’il faudra grimper par trois fois dans le final. Le cumul de dénivelé au cours de la journée devrait avoir un rôle plus important que les doux pourcentages de la montée finale.

Étape 2 du Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var 2021 ©️ Groupe Nice-Matin

Fayence, une arrivée connue de Paris-Nice et du Tour du Var depuis 2009. Un dernier kilomètre en pallier qui ne fait guère de place aux doutes. 900 mètres sur le dernier kilomètre à pas moins de 11.5%, une arrivée à l’Eglise de Fayence que les puncheurs devraient apprécier.

Étape 3 du Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var 2021 ©️ Groupe Nice-Matin

Un enchaînement de cols qui doit inspirer les grimpeurs. Les yeux seront naturellement tournés vers le Col de la Madone de Gorbio où la décision finale devrait avoir lieu entre les leaders du classement général. Après deux ans et une arrivée au sommet, l’arrivée descendant vers Blausasc laisse la place à un final plus décousue où un homme fort comme malin peut s’imposer.

Vers la revanche du duel Ineos Grenadiers – Astana Premier Tech ?

Le Tour de La Provence n’a laissé que peu de place au doute. Les Ineos Grenadiers ont remis les pendules à l’heure, en écrasant toutes les autres armadas notamment celle d’Alexandre VInokourov, au Chalet Reynard. Sur le Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var, l’équipe emmenée par Ole Gabriel Rasch est tout aussi impressionnante. Bien malin celui qui peut dégager un leadership entre les deux vainqueurs de Grands Tours : Tao Geoghegan Hart et Geraint Thomas, le talentueux et prometteur Thomas Pidcock, le vainqueur de la Coppi e Bartali Jhonatan Narvaez, le vainqueur du Tour des Alpes 2019 Pavel Sivakov. Cependant, on peut raisonnablement penser que les bêtes à rouler Rohan Dennis et Dylan Van Baarle seront mis à contribution. Pourtant, trois noms pourraient se détacher. Si le jeune britannique, adepte des cyclo cross semble en forme au sortir des sous-bois. Un leadership semble prématuré et tout porte à croire que le vainqueur du Baby Giro apprendra le métier auprès de ses coéquipiers.

I’ve got no problem riding in a train. But they kind of know and understand how I want to race. I think they’re very much wanting to change their riding style and Dave has been in the media saying that. It’s good to hear.

https://www.cyclingnews.com/news/tom-pidcock-i-can-hopefully-win-a-race-or-two-this-year/

Le britannique plus volage étant prompt à se mettre aux services de ses coéquipiers. Mais aussi au tempérament plus sauvage pour être plus à l’attaque. Comme pour l’étoile de Bessèges, le vainqueur du Tour 2018 n’a pas pour habitude de performer dès le début de saison et son bloc de mai – juin est généralement plus convainquant. Encore une fois, il convient de miser sur une autre tête que celle de Geraint Thomas. Le seul colombien de la formation pourrait avoir une belle carte à jouer sur les deux premières étapes de par sa pointe de vitesse au sprint. Le seul bémol réside dans sa capacité dans les cols dans une course rythmée. Là où le franco-russe de la formation connaît parfaitement les cols autour de Monaco et Nice. Son activité le prouve. Détenteur du KOM de l’année au Col de la Madone de Gorbio (établi le 12 février). A noter que Sivakov a reconnu au cours d’une séance d’entrainement le final de l’étape 3 à partir du Col de la Madone, le 15 février dernier. Si les débuts de saison passés du Frussian ne sont guère flamboyants, l’hiver passé est le plus studieux de tous. Plus de bornes au compteur et surtout une plus grande régularité.
Cependant, face à lui le vainqueur sortant du Giro d’Italia a pris une tout autre dimension. La stature du londonien a changé. L’ouverture de saison passé était plus que convaincante avec une troisième place au classement général du Tour de la Communauté de Valence derrière Tadej Pogacar et Jack Haig. Ce qui place la performance tant l’australien survole généralement par sa forme les débuts de saison et que le vainqueur du Tour de France 2020 est au top niveau du début à la fin de saison. Gageons qui plus est que de TGH possède une petite pointe de vitesse au sprint et que sa montée du Calaone a démontré ses qualités sur des montées punchy. Ce qui était notable sur les forts pourcentages du Roccaraso au cours du dernier Giro. L’étape de Fayence pourrait être un indicateur pour départager les deux jeunes protégés de Dave Brailford. Avantage net au britannique qui a une meilleure pointe au sprint que son coéquipier franco-russe. Néanmoins, l’étape de Blausasc pourrait être le jeu d’une équipe Ineos Grenadier offensive. Dans une telle hypothèse, le rapport de force semble s’inverser.

Et si on devait parier ?

🥇 Tao Geoghegan Hart
Avec l’armada envoyée, difficile de ne pas voir un Ineos Grenadier sur la plus haute marche du podium. Le vainqueur sortant du Giro d’Italia est tout à fait armé pour viser la victoire finale du Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var. Une victoire à 16 pour un podium à 6 chez Ladbrokes qui propose parmi les meilleures cotes du marché étranger.
🥈 Pavel Sivakov
Une incertitude planant, ne vaudrait-il pas assurer le coup ? La victoire est à 13 pour un Top 3 à 5.
🥉 Tao Geoghegan Hart > David Gaudu
Un frenchy leader de la Groupama-FDJ mais une équipe en recherche de victoires d’étape. Le vainqueur du Tour de l’Avenir 2016 voudra se tester à Fayence en vue de la Flèche Wallonne. Le matchup semble déséquilibré si les Ineos Grenadier viennent écraser la course dans le Col de la Madone. A 2.35, c’est beau.
🍫 Miguel Eduardo Flórez
Équipier du vainqueur sortant, Nairo Quintana, le colombien pourrait profiter de la méforme de son leader pour tirer son épingle du jeu. Le vainqueur du Giro d’Italia 2014 et de la Vuelta a Espana 2016 se remet de son opération aux deux genoux. Un E/W à 251 pour un Top 3 à 63,5.

Etape 2 Tour de La Provence 2021 Preview

Cassis – Manosque : 170,6 kilomètres pour 2403 mètres de dénivelé positif. Au lendemain de la première étape remportée par Davide Ballerini (Deceuninck Quick Step), le peloton professionnel retrouve Manosque qu’il n’avait plus fréquenté depuis Paris – Nice 2007. Sur les onze arrivées au cours de l’histoire, la dernière remonte à pas loin de deux décennies en arrière et la victoire de Yaroslav Popovich, parti à neuf kilomètres de l’arrivée et seul rescapé de la bonne échappée.

Profil Etape 2 Tour de La Provence 2021 tourdelaprovence.fr

Une inspiration pour les late attackers ? Une source de motivation pour les baroudeurs ? Ou un espoir tant pour les puncheurs, que les sprinteurs et même les grimpeurs ? Le circuit final est ouvert à toutes les éventualités.

A l’instar de la veille, le départ sera musclé. Dès le départ réel, les coureurs aborderont le sommet du Pas de Belle Fille pour grimper le Pas d’Oullier. Un départ à 5.6 % sur 3.32 kilomètres qui devrait voir une échappée comme la veille se former rapidement.

Le problème majeur pour les fuyards résident dans le double fait que la Deceuninck Quick Step possède le maillot de leader sur les épaules de son sprinteur italien et les ambitions du champion du monde, Julian Alaphilippe qui garde un œil sur le final.

D’autant que l’équipe Groupama-FDJ, sur qui a reposé la majorité du poids de la course la veille et qui a une arrivée où Arnaud Demare peut sur le papier bien figuré, a annoncé ne pas prendre la chasse à son compte. La DQS devrait donc trouver des alliés de circonstances plutôt du côté des équipes UAE Team Emirates et Lotto Soudal majoritairement.

La course devrait ainsi avoir lieu sur le circuit final autour de Manosque.

Le Col de la Mort d’Imbert pourrait voir les premières escarmouches. Cependant avec un sommet situé à 34,1 kilomètres de l’arrivée, toute tentative semble optimiste si ce n’est vouée à l’échec.

Le Col de Montfuron devrait sans doute nettement plus inspiré les velléités au sein du peloton. Avec un sommet situé à 16,9 kilomètres de l’arrivée, l’endroit semble idéal pour éviter au minima un sprint réduit. D’autant qu’en son sommet, 8-5 et 2 secondes de bonifications sont attribuées. Là où le col précédent n’offrait aucune bonification si ce n’est en son pied sur le premier passage de la ligne d’arrivée (soit à 39,6 kilomètres du but). Le col connu aussi sous la dénomination de la montée de Saint Martin les Eaux a de quoi inspirer les candidats au Général par le biais des bonifications, dont le cumul avec celles de l’arrivée (10-6-4 aux trois premiers) offre un crédit intéressant pour les grimpeurs patentés avant l’étape du Mont Ventoux le lendemain.

L’entreprise pourrait être vaine ou ressembler à un coup d’épée dans l’eau. Les routes autour de Manosque offrent un terrain de chasse favorable à un peloton organisé et nombre sont les équipes pouvant prétendre à la victoire d’étape. Si des équipes comme la Lotto Soudal pourrait tenter de refaire le même coup qu’à Bessèges, d’autres devraient s’organiser pour faire briller leurs sprinteurs les plus polyvalents voire leurs puncheurs.

Les trois derniers kilomètres font placer à un sprint en bosse en trois temps.

Une première section de 1,27 kilomètres à 4,2 %. Trois dos d’âne, un à l’entrée et deux en toute fin de secteur à l’approche d’un rond point qu’il faudra passer par la gauche.

S’en suit 600 mètres de replat avec encore une fois foule de cassis (3) et surtout des terres pleins centraux qui devrait allongé le peloton puisqu’ils se passent par la droite de la route. Ce qui devrait accentuer la bataille de position.

Un virage à droite pour rejoindre la dernière partie grimpante. Attention l’embranchement est pavé, gare aux pavés humides.

1,1 kilomètres à 3,8 %, sur le papier rien d’insurmontable pour certains sprinteurs. Un dernier virage à droite à 700 mètres de la ligne d’arrivée.

A 300 mètres de la ligne d’arrivée, deux terres pleins centraux encore où la voie de droite est la plus courte.

Pour un sprint en faut plat où il faudra faire preuve de puissance pour s’imposer.

Niveau météo, le vent ne devrait avoir que peu d’impacts, si ce n’est qu’il devrait être de face sur le retour vers Manosque dans la descente. Ce qui devrait décourager les plus vaillants suivant la sélection opérée dans le Col de Montfuron.

Les coureurs au départ devrait échapper à la pluie, mais non au froid. Petit bémol autour de Manosque où des risques d’averses peuvent être présents suivant la moyenne horaire.

Arnaud Demare parmi les favoris ?

A l’aube du départ de la première étape, le champion de France apparaissait comme le gros candidat à la victoire d’étape à Manosque. Mais après avoir été lâché la veille dans la Montée du Brûlat et avoir été battu par Davide Ballerini dans un sprint vent de France, on peut raisonnablement émettre des doutes pour les capacités du frenchie à aller s’imposer dans une arrivée qui a vu en 2007 puncheurs (Samuel Sanchez, Davide Rebellin ou Joaquim Rodriguez) et sprinteurs (Francisco Ventoso ou) Samuel Dumoulin) figurer dans le Top 10.
Avec la perte de temps de Tim Wellens, les espoirs d’une victoire au classement général semble envolés. Mais la Lotto Soudal a fait montre de tactique jusqu’à présent. Bien placé pourtant à l’entame des kilomètres finaux, l’équipe belge a subit la cassure au sein du peloton. Les conditions difficiles parlent pour les belges. Mais c’est sans doute le lieu qui parle le mieux à Philippe Gilbert. Sur ces terres d’entrainement, le belge aime à s’entrainer dans les cols du coin. Détenteur des KOM environnants comme le col de la Mort d’Imbert. Le final technique peut lui convenir comme les journées difficiles. Si les chaines Wellens le libère, le fauve peut être lâché.

Et si on devait parier ?

🥇 Philippe Gilbert
Une victoire à 80, un podium à 22 comment ne pas dire non à un coureur qui connait ses routes par cœur. Les conditions difficiles l’affectent et la forme est là comme le démontre Bessèges. Une étape à gros coups avant une étape plus formater ?
🥈 Clément Venturini
Fort dans le peu de sous-bois auxquels il a participé, le sprinteur au petit gabarit de la AG2R Citroen La Mondial est toujours en forme en début de saison dû à son hiver. Sa 4e place à l’arrivée à Six Fours les Plages en témoigne. Fort dans le placement, l’arrivée est taillée pour lui. Un podium à 6 pour une carte sprinteur polyvalent crédible.
🥉 Julien Simon
6e à Suances, 8e à Sabinanigo sur la Vuelta 2020, l’arrivée est taillé pour le coureur de Total Direct Energie. Sa cote podium à 40 pour un gros coup qui en vaut la peine.

Tour de La Provence 2021 Preview

Plan Etoile de Bessèges – Tour du Gard

Après avoir remporté son statut de ProSeries en 2020, niveau inférieur au World Tour, le Tour de La Provence 2021 peut se targuer d’un plateau relevé pour cette 6e édition. Profitant de l’annulation des courses espagnoles et sud américaines, le Sud de la France attire le peloton comme à l’Etoile de Bessèges, la semaine passée. Ce n’est donc pas un hasard de retrouver voir toutes les équipes World Tour se ruer sur les seules courses disponibles et de voir La Provence afficher un plateau de quatorze d’entre elles, ainsi que quatre Pro Continental et deux Continental. Une startlist fournie qui affiche bien des promesses.

Une édition qui favorise de nouveau un grimpeur

Une étape dont l’arrivée sera jugée en bord de Mer Méditerranée et où le vent pourrait jouer des tours au peloton pour qui saura en profiter.

Une dernière difficulté située à une quinzaine de kilomètres de la ligne d’arrivée et une arrivée en bosse, un final pour puncheurs à première vue. Mais avec 3 derniers kilomètres à 3.3%, la victoire est tout autant ouverte aux sprinteurs.

A l’image de l’édition précédente, le fer de lance de 2021 sera à nouveau le Géant Chauve de Provence paré de blanc. Le vainqueur de l’étape sera à n’en pas douter le vainqueur du Classement Général.

Une étape dont l’issue ne fait presque pas de doutes : les grosses cuisses ont un boulevard devant eux.

La Astana, équipe favorite ?

Avec le troisième (Aleksandr Vlasov) et le deuxième (Alexey Lutsenko) de l’édition 2020 et sans le vainqueur sortant, l’équipe Kazakh part favorite. Et avec de l’ambition puisque l’objectif est annoncé : remporter le classement général.

Seulement le jeune russe, dont l’objectif est le podium sur le Giro, n’est pas concerné dans la bataille pour le Classement Général. Et devrait se mettre au service de Lutsenko qui a pour habitude de commencer tambours battants les courses en début de saison. Sa pointe de vitesse est un réel avantage comparé aux autres leaders en vue des nombreux sprints bonifications. Un matelas conséquent pourrait lui être octroyé avant l’étape du Ventoux, où il avait pris la deuxième place l’an passé. Le leader annoncé des Astana ne s’en cache pas, la forme est similaire au début de saison dernière. Quand on se rappelle qu’il avait un sacré palmarès :

  • 3e à La Ciotat
  • 2e au Ventoux derrière un Nairo Quintana volant à 6.8w/kg estimé au cours de cette montée presque sèche
  • 2e du Tour de la Provence
  • 3e et 2e dans les doubles arrivées à Jebel Hafeet, derrière un Adam Yates insolant et un Tadej Pogacar déjà en vue.

Et si on devait parier ?

🥇 Alexey Lutsenko > Aleksandr Vlasov
Un leadership annoncé en faveur du kazahk. Sur Pinny à 1.568, le genre de bet à praliner sans regret.
🥈 Jack Haig
2e du GC à Valence qu’à la Ruta del Sol, Haig est toujours en forme en début de saison. Rien de bien étonnant pour un australien. Les habitants du Down Under ayant un climat plus propice commencent toujours leur saison plus tôt. Un podium à 4.5 vraiment pas ragoutant.
🥉 Alexey Lutsenko
Si la logique semble tendre vers le Kazahk, sa hiérarchie est revue à la baisse par rapport à sa cote… Seulement de 4, avec un tel plateau de purs grimpeurs et notamment de colombiens, la méfiance est de mise.

Etoile de Bessèges – Etape 3 Preview

Le Grand Prix de Bessèges, 154.81 kilomètres pour 3053 mètres de dénivelé positif dans une étape sans cesse remodelée mais traditionnelle de l’Etoile de Bessèges, autour de la ville éponyme.

Une étape qui fait table rase du passé en abandonnant l’ouverture de course familière par le col de Trélis, qui se sera emprunté que par un versant raboté.

Pour les plus curieux, vous pouvez avoir un aperçu global du parcours du jour via l’activité Strava suivante : https://www.strava.com/activities/4722592879#2791719859539944522

Une question demeure à la bouche de tous : comment le peloton montera le Tarabias ? Une ascension de 7.6 kilomètres à 4.3% qui ne promet pas une échappée matinale formée dès le kilomètre 0 comme ce fut le cas la veille. Pour rappel, l’étape de Bessèges a pour habitude de fournir un départ musclé. Ce qui n’a pas été le cas l’an passé avec un temps clément (beau temps et peu de vent). Mais à tempérer avec les deux premières étapes qui avaient été marquées par les bordures à Bellegarde et un final à Poulx sous l’impulsion des CCC. Mais un départ musclé n’implique pas nécessairement la victoire d’un coureur comme Lilian Calmejane en 2017 ou de Sylvain Chavanel en 2016 puisque malgré un profil plus favorable aux sprinteurs en 2019, Marc Sarreau s’était imposé à Bessèges.

D’autant que le Col de Portes avec ses 6.6 kilomètres à 3.8% offre un terrain de jeu idéal pour toute équipe désireuse de faire sauter les sprinteurs les moins aériens.
Avec deux longs morceaux, en l’espace de 30 kilomètres, le départ pourrait être explosif. Evidemment, les velléités des équipes les plus audacieuses pourraient être réduites à néant par les équipes de sprinteurs comme les Arkéa Samsic qui ont tout intérêt à ce que l’étape se conclut par un sprint. L’étape de samedi taillé pour baroudeur comme celle de mercredi n’est en rien une garantie pour Nacer Bouhanni, encore moins celle de dimanche avec une épreuve chronométrée qui devrait être selon toute logique remportée par Filippo Ganna. A l’inverse, les Cofidis Solutions Crédits grâce aux aptitudes de Christophe Laporte a passé les difficultés ont tout intérêt à laisser les choses faire. Afin d’éliminer le plus de sprinteurs possibles et récolter des bonifications plus facilement.

Le Col de Trélis (2.4 kilomètres à 6.4%) est sans doute, malgré son rabotage, la difficulté du point de non-retour. Si le peloton a décidé de lâcher les sprinteurs définitivement.

D’autant que la zone est totalement boisée. Un désavantage pour les sprinteurs dans une montée à bloc.

D’autant qu’il sera suivi manu militari par le Col des Brousses dont le sommet est situé au bout de 54 kilomètres de course.
Un enchainement de difficultés qui devrait encourager à une résurgence d’un départ chaotique du côté de Bessèges et mettre à mal les plans des sprinteurs.

Mais dans l’ombre se cache la lumière. Les 100 kilomètres restants sont nettement moins ponctués de difficultés.

Avec le Col de Tharaux qui n’aura que peu d’impacts de par son placement…

… ou même la cote de Linde qui relève de l’anecdotique.

Gare toute de même à ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Si le départ pourrait signer un répit pour les hommes les plus rapides du peloton.

La cote de la route d’Aubenas, située à 26 kilomètres de l’arrivée pourrait voir une certaine nervosité ambiante s’installer.

Peu probable d’y voir des offensives, la route s’apparentant plutôt à un long faux plat (3.5 kilomètres à 3,5%). Mais un secteur à ne pas sous-estimer. L’année précédente, le peloton comptait 3’22 » de retard en son pied. Sous l’impulsion des NTT Pro Cycling, l’écart a fondu drastiquement pour atteindre les 2’25 » au sommet.

S’en suit la dernière difficulté du jour et la dernière occasion de faire passer par la fenêtre les sprinteurs. Avant d’y arriver et de virer sur la gauche, le peloton doit légèrement descendre. Sans difficultés techniques hormis un rond point très proche du sommet du faux plat. En 2020, les autres équipes avaient commencé à remonter afin de se placer et une chute avait eu lieu.

Le dernier kilomètre du Col du Grand Chataigner, véritablement propices aux mouvements, réunit tous les ingrédients pour animer le final de l’étape.
Des pourcentages favorables aux hommes explosifs, une route étroite avec une visibilité limitée et rendue difficile par le secteur boisé qui l’entoure. Un sommet situé à 16 kilomètres de l’arrivée mais avec pour désavantage d’être une section presque entièrement plate. A l’entrée dudit dernier kilomètre, Zimmermann et de Bondt ne comptait guère plus de deux minutes sur un peloton qui semblait temporiser. Jusqu’à ce que Simon Clarke ne décide de remettre en route à l’amorce de la descente. Dès lors, l’écart n’était plus que de 1’42 ». Là où en 2019, le peloton n’était qu’à 21″ des échappées. Le constat des deux dernières années est simple, le peloton a été peu secoué au cours de cette courte ascension ; uniquement par des attaques de coureurs en Pro Continental.

Le circuit final de 9 kilomètres est sans grande difficulté et devrait sacré un homme rapide comme il l’a fait maintes fois par le passé.

Attention aux pièges cependant. Avant les 3 derniers kilomètres, la situation devrait se tendre dans le peloton avant d’aborder un virage en épingle à cheveux.

Sous la flamme rouge, les coureurs prendront un embranchement. Qui nécessairement, à l’instar du rond-point de la veille va tendre le peloton et augmenter la tension au sein de celui-ci. Chaque train voulant aborder ce rétrécissement en tête.

Le reste du sprint est une affaire de train, de poisson pilote déposant au bon endroit et de puissance pure.

Les ingrédients de la victoire

  • Avoir un « leadout » pour être positionné parfaitement dans le dernier kilomètre.
  • Ne pas avoir chuté lourdement au cours des deux premières étapes.
  • Avoir des compétences lorsque la route s’élève pour encaisser un départ rythmé.
  • Avoir une bonne pointe de vitesse pour s’imposer dans une ligne droite finale sans l’ombre d’une difficulté.

Un trouble fête peut-il s’inviter à la table des sprinteurs ?

Compte tenu de l’étape de la veille, les équipes de sprinteurs ne devraient pas vouloir laisser filer pareille occasion. D’autant que l’édition précédente a démontré qu’avec une organisation millimétrée. 3’30 » d’avance pour les échappées à 20 kilomètres de l’arrivée n’est pas un gage si les équipes de sprinteurs marchent de concert pour annihiler les chances des plus courageux. D’autant que si le placement du Col du Grand Châtaignier est propice à une attaque alaphilipesque, l’entreprise semble compliquée tant on a vu l’année dernière les écarts fondre tant du côté du peloton que du côté des poursuivants lâchaient dans ladite difficulté alors que Zimmermann et de Bondt collaboraient sans discuter. La partie finale est extrêmement favorable à un groupe de chasse. Surtout avec des conditions climatiques clémentes. L’hypothèse d’un départ musclé est présente mais maintenir la cadence sur les 150 kilomètres de course est peu probable. La refonte du parcours l’année passée favorise un sprint plus que les offensives. C’est naturellement que Giacomo Nizzolo se présente en favori, en l’absence de bonnes sensations pour Pascal Ackermann et d’un Mads Pedersen s’étant fait une frayeur en faisant un joli gauche/droite de la route pour se cogner les mains contre les barricades opposées. L’italien de la Qhubeka Asso est apparu à son avantage au cours des deux dernières étapes. La victoire lui échappe de peu hier ayant été obligé par la chute de lancer son sprint trop tôt en étant lâcher aux 300 mètres. Le train de son équipe n’est, certes sur le papier, pas le meilleur. Mais à pour l’heure toujours réussi à placer le champion d’Europe dans de bonnes conditions. L’avantage est que le champion d’Italie dispose de Simon Clarke dans ses rangs, artificié de la chasse sur le circuit final pour Cort Nielsen qui a réglé le sprint du peloton l’an passé. Sa connaissance du final devrait permettre à son sprinteur d’aborder le final dans les meilleures conditions.

Et si on devait parier ?

🥇 Giacomo Nizzolo
Une régularité sur l’Etoile pour une victoire à 8 pour un podium à 2.75 en each way
🥈 Marc Sarreau
Deux victoires à Bessèges dont une en 2019. Un Sarreau avec une équipe AG2R capable de dynamiter le final comme d’emmener le sprinteur qui semble s’être remis mentalement de sa chute en Pologne. Un podium à 7 pour un pistard qui sait frotter.
🥉 Gerben Thijssen
Sans véritable explication entre sprinteurs, on prend les mêmes et on recommence. Le belge à 11 en podium qui garde la confiance et Degenkolb pour l’emmener.
🍫Gerben Thijssen > Christophe Laporte
2.97

Etoile de Bessèges – Etape 2 Preview

Le Grand Prix de Nîmes Métropole, 154.12 kilomètres pour 202 mètres de dénivelé positif ne fait guère de doutes : les sprinteurs seront à la fêtes à La Calmette.

Une étape dans le secteur de Nîmes qui pourrait être explosive si le vent s’en mêle. Souvenons-nous des risques bordures à Nîmes au Tour de France comme à la Vuelta mais surtout des coups de trafalgar sur Paris-Nice et ici même l’an passé à Belgrade.

Les Dieux de la météo seront du côté des sprinteurs puisque les risques de bordures sont réduits à un pourcentage infinitésimale tant le vent ne soufflera pas dans le sens d’une scission du peloton. Ne soufflera pas du tout même.

Tout se jouera donc dans les derniers kilomètres pour le premier sprint massif de l’année du plateau World Tour.

Le dernier kilomètre ne comporte aucune difficulté technique avec un sprint presque en totale ligne droite sur le dernier kilomètre. Seul un rond point subsiste à 500 mètres de la ligne d’arrivée. Un détail technique qui aura pour effet d’étirer le peloton. Si le positionnement est un facteur important dans un sprint. À La Calmette, il sera primordial.

A la sortie du rond-point, il reste seulement 400 mètres. Par le fait que ce dernier va étirer en file indienne le peloton, le vainqueur devrait se trouver dans les deux premiers trains virant en tête.

Le point du RC Auto semble être le moment idéal pour le poisson pilote du vainqueur s’écarte en déposant son sprinteur à 200 mètres pour franchir lancer les derniers 100 mètres à 3.6%.

Les ingrédients de la victoire

  • Avoir un « leadout » pour être positionné en tête du peloton et ne pas se laisser déborder.
  • Être un sprinteur parmi les plus rapides du peloton
  • Être en forme

Le début de saison, moment de Nacer Bouhanni ?

Sur le papier, l’équipe Trek Segafredo affiche sans nulle doute le meilleure train. Mais au cours de la première étape, les Arkea Samsic ont fourni un gros travail pour rester constamment en tête. L’équipe est entièrement tournée vers les sprints pour Nacer Bouhanni que ce soit Bram Welten, Matis Louvel, Owsian Lukasz, Connor Swift et surtout Clément Russo et Daniel McLay dans le final. Le constat est simple. Le boxer vosgien du peloton semble renaître depuis qu’il a quitté la Cofidis Solutions Crédits. Rien que la saison dernière en Arabie Saoudite, Bouhanni avait montré de bons signes précurseurs. Sa 6e place à Milan Turin n’en est que plus vraie. Régulier tout au long de la saison dernière. Ces victoires en classe 1.1 lui ont assurément redonné du baume au cœur. Le seul vertu de la confiance se faisant, tous les espoirs sont permis pour l’ancien champion de français.

Et si on devait parier ?

🥇 Nacer Bouhanni
Un sprint très ouvert en début de saison. Des trains et des automatismes, pas encore totalement pris. Un podium à 3.5 appréciable👌
🥈 Gerben Thijssen
Très en vue sur la Vuelta, pas loin de titiller les meilleurs. Le jeune belge emmenait par un John Degenkolb de luxe pourrait faire des ravages. Un podium à 8 😋
🥉 Ethan Hayter
Qui dit début de saison dit surprise. Les Ineos Grenadier n’ont pas emmené Hayter pour faire de la figuration mais pour que le jeune sprinteur se frotte aux meilleurs. Convainquant dans le placement lors de la première étape, virer en tête pourrait lui ouvrir les portes d’un podium à 27 👀

Etoile de Bessèges – Etape 1 Preview

Le Grand Prix de Bellegarde, 143.55 kilomètres pour 803 mètres de dénivelé positif avec une arrivée désormais connu au sommet de la Route de la Tour. Qui pour succéder à Alexys Brunel dans une arrivée taillée pour les puncheurs ?

Une étape copier-coller de la 50e édition, à ceci près que la Côte de la Tour ne sera pas grimpée à moins de 10 kilomètres de l’arrivée. Ce qui devrait nettement moins dynamiter le final.

Toute la question est de savoir, si le peloton profitera comme l’année passée des zones découvertes avant Arlès…

… ou après pour créer des bordures et piéger des leaders à l’instar d’Alberto Bettiol, l’an passé.

Avec un vent de face menant à Bellegarde et de côté en direction de Beaucaire, la partie semble courue d’avance. Les risques de bordures sont amoindries fortement, d’autant que le vent ne devrait pas être assez puissant.

Sans surprise avec un plateau si relevé, l’arrivée dans Bellegarde devrait voir un vainqueur au sein du peloton et non d’un groupe réduit. Voici donc deux manières de se faire une idée de l’arrivée. D’abord, avec Street View qui permet de juger d’une part de l’étroitesse de la route et ensuite du type d’arrivée punchy que la Cote de la Tour offre.

Ensuite, grâce au replay de l’édition précédente où Cosnefroy 2e de l’étape avait montré toute sa classe de puncheur. Vous pouvez voir les trois montées du live aux timecodes suivants : 44:36 ; 1:36:09 et 1:48:24. La montée la plus révélatrice et qui se rapprochera sans doute plus de l’arrivée de cette 51e édition devrait être la deuxième. En considérant que le plateau est plus relevé, les équipes World Tour devraient pouvoir contrôler plus facilement les late attackers. Exit donc les coups à la Brunel. De plus, les voitures comme celle de la gendarmerie sur la dernière montée ne devraient cette fois pas gêner les coureurs au sommet de la Cote avant le replat de 200 mètres menant à l’arrivée.

De prime abord, le dernier kilomètre peut laisser des chances aux sprinteurs.

D’autant que la section la plus pentue lorsque les coureurs tournent à droite n’est guère plus longue que 300 mètres. Ce qui peut permettre aux plus aériens des sprinteurs de passer.

Cependant, la route est peu large. Ce qui contraint nécessairement tout prétendant à la victoire à être placé en tête du peloton pour aborder la Route de la Tour dans les premiers et ne pas être piégé.

Les ingrédients de la victoire

  • Avoir un « leadout » pour être positionné avant la sortie de la D38 dans les dix premiers du peloton. La route de Beaucaire à l’entrée de Bellegarde n’offrant que peu d’espace.
  • Avoir un bon punch pour distancer les sprinteurs s’étant accrochés et profiter de son explosivité au sommet de la Route de la Tour afin de pouvoir en remettre une.
  • Avoir une bonne pointe de vitesse pour ne pas s’écraser comme Alexys Brunel qui avait failli de peu se faire rattraper par un Benoit Cosnefroy aux trois relances sur le sommet.

Le Pole position ?

A la réunion de ces trois critères, le nom de Michal Kwiatkowski vient tout de suite à l’esprit. Outre, la prééminence de sa forme passée en début de saison. Ce type d’arrivée lui va comme un gant. Sans doute mieux que le très mentionné Felix Großschartner qui s’était imposé dans une arrivée similaire à Mirador del Castillo. Cependant, la cote était plus longue. La Cote de la Tour semble trop juste pour que l’autrichien puisse faire parler son explosivité comme il a su le démontrer à Suances ou même à Sabiñanigo sur la dernière Vuelta a Espana. D’autant que les derniers mètres ne plaident pas totalement en sa faveur. Contrairement au coureur de la Ineos qui pourrait qui plus est bénéficier d’un train de taille pour être placé idéalement et aborder la Route de la Tour en tête. Il n’y a qu’à se remémorer le travail de Filippo Ganna à Matera pour permettre à ses coéquipiers d’aborder la dernière difficulté en tête. Que ce soit Salvatore Puccio, Owain Doull ou même Ethan Hayter, les Ineos Grenadier dispose d’une armada pour étirer le peloton et placer leurs leaders sur orbite.
Mais s’il est un autre homme fort, pour qui le placement n’a pas de secret, Tim Wellens est un candidat tout désigné dans une arrivée à la Cosnefroy. Sur ce type de final, le belge de la Lotto Soudal est l’un des plus forts du monde. Tranchant vent de face sur les pentes de la Route des Crêtes sur le GP La Marseillaise, Wellens peut profiter d’un train royal emmené par Philippe Gilbert qui en vieux bricard le mettra dans des conditions idéales. D’autant que si l’éternel ami de Thomas de Gendt est en grande forme, son coéquipier Andreas Kron n’est pas en reste et s’est montré très en vue dans le final dimanche dernier que ce soit dans la Route des crêtes que dans le Col de la Gineste où il avait pour consigne de dynamiter le peloton. Un élément trouble-fête qui en rentrant dans les rangs pourrait être un renfort de taille pour Wellens qui vise la victoire au GC.

Et si on devait parier ?

🥇 Michal Kwiatkowski
Un leadership à reprendre aux Jumbo-Visma en reprenant les bonnes vieilles habitudes ? Les Ineos Grenadier ne viennent pas pour faire de la figuration. Kwiatkowski, l’homme qui avait anticipé l’attaque de Julian Alaphilippe dans la Galisterna a les cartes en main pour briller comme il sait si bien le faire quand il n’est pas muet en gregario. Une victoire à 21 pour un podium à 6.
🥈 Tim Wellens
Les débuts de saison signent l’inconnu autour de la forme des uns et des autres. Ce qui n’est pas le cas du belge qui a été vu, il y a 3 jours à son avantage dans le sud de la France. Une victoire à 12 et un podium à 5 en Belgique, que demander de plus ?
🥉 G. Thomas > E. Bernal
Un gallois prétendant à la victoire du Général de Bessèges face à son coéquipier qui signe son retour à la compétition après son abandon au Tour de France dû à des douleurs au dos. Quid de la place du colombien qui pourrait endosser le rôle de fer de lance du vainqueur du Tour 2018. A 2, le coinflip semble profitable.

Etoile de Bessèges 2021 Preview

Plan Etoile de Bessèges – Tour du Gard

Exit les courses espagnoles du mois de février, la France commence à ressembler de plus en plus à un Eldorado pour les équipes du peloton professionnel. Avec vingt-deux équipes invitées soit deux équipes de plus que l’édition 2020 et une obligation d’atteindre un maximum de 50% d’équipes World Tour, ce qui a contraint les organisateur de refuser la présence d’équipes comme la Deceuninck Quick Step, Astana, UEA Team Emirates ou la Movistar. Le plateau de l’Etoile est le plus relevé de l’histoire de la course.

Une édition qui favorise un rouleur ?

Une étape autour de Bellegarde remasterisée par rapport à l’année dernière mais dont l’arrivée au sommet de la Route de la Tour est conservée.

La Calmette devrait bien porter son nom, tant l’arrivée ne comporte guère de difficultés pour les sprinteurs, sauf si bien sûr le vent vient jouer des tours au peloton.

Il est coutume que l’étape 3 se déroule autour de Bessèges et que celle-ci se termine par un sprint. Bis repetita en 2021 ou comme l’année dernière les sprinteurs seront trompés par de vaillants téméraires.

Nouvelle occasion pour les puncheurs de récolter du temps dans une arrivée taillée pour eux et d’ajouter le crédit de bonifications qui seront les bienvenus avant le contre-la-montre individuel de clôture.

Traditionnel effort solitaire avec une majeure section plate et une arrivée explosive qui favorise les rouleurs aux bonnes aptitudes quand la route s’élève.

Filippo Ganna, un favori indiscutable ?

Avec deux arrivées cousues main pour les puncheurs, deux arrivées massives et un contre-la-montre individuel, l’italien se place en grand favori de l’épreuve tant il domine la discipline de l’effort individuel avec autorité. La grande interrogation demeure sur sa capacité a comblé l’écart qu’il devrait accumuler sur les étapes de Bellegarde et Saint Siffret. Organisés à la fin février, les championnats du monde sur piste ont par le passé influencés la forme précoce de Pippo, qui s’est montré en 2020 et 2018 à son avantage, en Argentine, sur le Tour de San Juan. Compte tenu de l’importance prédominance du CLM de dimanche, le champion du monde de la discipline est en position favorable pour aller chercher la victoire finale.
A ceci près que le recordman du monde de la poursuite individuelle n’a contrairement à la saison passée pas pu bénéficier d’une préparation sur piste fin octobre / début novembre. D’une part à cause du Covid-19 qui l’a contraint à rester à l’isolement et d’ainsi fait manquer les championnats d’Europe. Et quand bien même d’autre part par les restrictions imposées à cause du coronavirus qui a noirci les compétitions en la matière qui n’ont pu lieu depuis mi-décembre. Dès lors, quid de la préparation de Ganna qui a dû changer ses plans à de nombreuses reprises. Devant reprendre tantôt à San Juan, tantôt à Valence ; deux épreuves annulées coup sur coup.

Son activité Strava depuis le 9 décembre aux Canaries ne désemplie pas et montre que l’italien a fait un sacré bloc. En allant prendre des petits KOM par ci, par là.
Cela étant dit que ce soit avec Geraint Thomas que Michal Kwiatkowski, les Ineos Grenadier ont définitivement l’équipe type pour peser sur la course et aller chercher le Classement Général final si Pippo n’était pas écrasant d’entrée. Pour le britannique, la tendance est à des reprises plutôt timorées et un bloc plus convaincant en mai/juin, à un mois et demi du Tour de France. Le voir performer tôt par le passé impliquait soit une campagne de classiques flandriennes, soit une participation au Giro d’Italia. Là où le polonais est un adepte de la position de leader sur Paris-Nice qui lui scie comme un gant ou sur le Tour d’Algarve. Le champion du monde 2014 est un véritable gros moteur sur les efforts individuels, un pourfendeur des classiques ardennaises, loin d’avoir une pointe de vitesse ridicule. En somme, le Pole coche toutes les cases pour aller chercher des bonifications un peu partout et être un prétendant sérieux au GC de l’Etoile de Bessèges.

Et si on devait parier ?

🥇 Michael Kwiatkowski
Avec l’armada envoyée, il est nécessaire de placer un Ineos Grenadier dans les prétendants à la victoire finale. Le Pole apparaît comme un choix logique avec une prétention au podium en ayant l’ascendant sur son coéquipier Pippo Ganna sur les quatre premières étapes et de belles aptitudes en ITT. Dès lors, sa cote à 15 en E/W revient à une cote 4.5 en podium. D’autant qu’avoir deux Ineos sur le podium n’est pas à exclure.
🥈 Filippo Ganna
Très en vue par le passé à San Juan notamment sur les arrivées au sommet roulante de l’Alto Colorado. Le bloc hivernal semble suffisamment convainquant pour penser que Pippo aura les jambes dès la reprise. Mais à 2.5, c’est la gagne ou rien. La marge de manœuvre est faible d’un point de vue stratégique si on se laisse tenter par ce pari qu’il vaudrait peut être mieux éviter.
🥉 Benjamin Thomas
Un autre spécialiste de l’effort individuel comme Ganna issu de la piste, multiple champion du monde de l’omnium. Un temps annoncé comme fer de lance de la Groupama-FDJ sur l’étape d’ouverture l’an passé. Le travail opéré durant les bordures aura eu raison de ses prétentions pour la victoire d’étape. Un podium à 5 par le jeu du each way, tout à fait envisageable si à l’aube de la dernière étape il n’a pas perdu trop de temps sur des puncheurs bons rouleurs. La forme à Marseille était plus que bonne.

GP La Marseillaise 2021 Preview

Plan GP La Marseillaise 2021 © Veloviewer

Un Tour Down Under annulé mais remplacé par le Santos Festival of Cycling réservé aux seuls coureurs australiens. Une Volta a la Comunitat Valenciana qui devait avoir lieu le 7 février mais dont l’organisation est pour l’heure reportée à une date inconnue. Des mesures sanitaires à venir en France et partout en Europe. L’ombre du printemps 2020 plane au dessus de la tête du peloton professionnel. Le nouveau variant du Covid-19 menaçant chaque organisation. C’est dans ce climat délétère que la saison européenne va s’ouvrir dans le Grand Prix La Marseillaise, première manche de la Coupe de France et traditionnelle course d’ouverture sur le territoire français. Une course qui voit son maintien avec les annonces de Jean Castex, vendredi soir. Attention cependant, le monde du cyclisme professionnel marche sur des œufs et rien ne garantie que les prochaines courses échappent au joug du coronavirus.

Profil GP La Marseillaise 2021 © ProCyclingStats

Un parcours de La Marseillaise classique. Avec les traditionnelles difficultés des Termes, du Pas de la Couelle, du Plateau de la Sainte-Baume, du Col de l’Espigoulier, des Bastides, de la Route des Crêtes et du Col de la Gineste. A ceci près que la 42e édition est longue de 171 kilomètres soit un ajout de 26 kilomètres avec une boucle à effectuer autour de Fuveau. Les organisateurs désireux de redorer le blason perdu de la course d’ouverture depuis la prédominance du peloton dans l’hémisphère sud au moins de janvier, en se rapprochant des distances des semi-classiques printanières.

Un rallongement du parcours inopportun

Le rallongement de la distance du Grand Prix est loin de faire l’unanimité au sein du peloton, à raison. Placé en début de parcours, il ne changera pas la donne tactique de la fin de course où la course devrait comme sur les éditions précédentes se décanter dans les deux dernières difficultés. Un changement qui devrait s’opérer principalement par le biais de la fatigue des organismes. Rares sont les courses usantes de plus de 150 kilomètres à la reprise de la saison.

Multimodèle Météo Marseille © Meteoblue

Une fatigue d’autant plus marquée par les conditions météorologiques prévues dimanche dans le sud de la France. Un vent fort d’une trentaine de kilomètres par heure soufflant de face dans les deux dernières difficultés et trois/quarts face dans les 3 derniers kilomètres.

A l’instar de l’édition précédente, la route des crêtes se présente comme l’un des deux juges de paix de la course. En 2020, c’est ici que le peloton a fait la jonction avec les échappées avant que les hommes forts ne réussissent à s’en extraire.

4.1 kilomètres à 7,5%, la route des crêtes est la plus dure difficulté de la journée. Rien d’étonnant donc d’y voir le plus gros écrémage. Monté en 2018 à près de 23km/h par le groupe qui se disputera la gagne, c’est la difficulté idéale pour mettre les sprinteurs hors jeu. Une opération sans doute compliquée cette année de par la puissance et la direction du vent, véritablement défavorables aux attaques. Permettant dès lors une montée au train et aux sprinteurs de rétrograder au fur et à mesure de la montée.

La descente vers Cassis est courte, peu technique et rapide (approximativement un peu plus de 3 minutes).

7.4 kilomètres à 3.1%, rien de bien méchant. Mais sur les dernières années, c’est l’endroit préféré des puncheurs/grimpeurs pour tenter d’éliminer les hommes les plus rapides du peloton. Une montée sur le Tour de La Provence en 2017 à 37.6 km/h par Mattia Cataneo. D’autant qu’il ne reste guère qu’une dizaine de kilomètres pour rallier Marseille dont la majorité du parcours est en descente. Un écart qui peut tantôt tout de même se combler lorsque le vent souffle et que le peloton est en chasse comme en 2019 où Anthony Turgis accompagné de Romain Combaud comptaient encore 2 minutes d’avance dans le col de la Gineste sur le peloton mal organisé qui finira à 23 secondes des deux échappées matinaux à l’arrivée dans la cité phocéenne. Tantôt ne pas se combler comme l’an passé où les relais au sein du groupe de chasse étaient coupés par les AG2R et n’étaient pu assurés par les Cofidis Solution Crédit qui avaient roulé pour placer Jesus Herrada avec le trio de tête. Et ce malgré un écart de 15 secondes au sommet de la Gineste.

Sans l’ombre d’un doute, la ligne droite finale après un dernier rond-point à 2 kilomètres de la ligne d’arrivée offre un billard pour les hommes les plus rapides. Mais aussi une ligne de mire visuelle pour un peloton en chasse des derniers fuyards.

Un plateau plus relevé pour une course plus attrayante ?

https://www.directvelo.com/actualite/86286/grand-prix-la-marseillaise-les-partants

C’est sans doute l’élément qui saute aux yeux lorsque l’on regarde la startlist. Avec des grands noms bien entourés, à l’image de Matteo Trentin et sa chasse gardée chez UAE-Team Emirates, des Lotto Soudal avec Philippe Gilbert (récent papa), Tim Wellens et John Degenkolb en tête d’affiche, d’une équipe Total Direct Energie hétérogène pouvant peser sur la course à tous les étages. Les trois équipes sur qui devraient reposer le poids de la course afin d’emmener au mieux leurs sprinteurs. Avec de telles armadas et un tel mistral, la tache des grimpeurs et des puncheurs semblent ardues pour faire la nique au peloton. C’est pourquoi, la résurgence des sprinteurs n’en est que plus favorisée.
Les débuts de saison signent souvent beaucoup d’incertitudes quant à la forme des uns et des autres. Il s’agit d’être prêt à démarrer la saison avec une solide base de foncier mais de ne pas être en forme trop tôt de peur d’aborder la saison des classiques en ayant passer son pic de forme.

A ce titre, parmi les équipes qui semblent aller sur un va-tout de leur sprinteur, la B&B Hôtels p/b KTM a un bon train pour concurrencer les équipes World Tour. Bryan Coquard qui selon ses propres mots, et avec l’expérience, a l’habitude d’être en forme à l’ouverture de chaque saison. A l’image de ses victoires en 2016 et 2019 lors de ses courses de reprise sur les premières étapes de l’Etoile de Bessèges ou même ses accessits au Moyen-Orient en 2017.

J’arrive à vite remettre en route et à directement retrouver un bon niveau. Je suis assidu à l’entraînement, ça paie directement.

https://www.directvelo.com/actualite/86272/bryan-coquard-l-impression-d-avoir-retrouve-mon-meilleur-niveau

Cyril Barthe et Jonathan Hivert (vainqueur ici-même en 2010) auront la tâche d’emmener au mieux le Coq dans la dernière ligne droite. D’autant que le vent est l’atout du sprinteur passe-partout qui a eu l’habitude de commencer ses saisons amateures par les plages vendéennes marquées par son vent marins.

Et si on devait parier ?


🥇 Bryan Coquard
Sans doute le meilleur gage parmi les sprinteurs d’un E/W bien côté où la victoire est aux alentours de 17 et donc un podium à 5
🥈 Alexys Brunel
La Groupama-FDJ affiche une belle équipe capable du pire comme du meilleur. Parmi les hommes qui en amateur ont eu l’habitude de se mettre en route vite, le français est un bel exemple. Sa victoire sur l’étoile de Bessèges l’an passé en est une démonstration formidable. Véritable rouleur, tenter le baroude pourrait être la clé de sa victoire (34) ou d’une place (9.25) qui le rassurerait quant à ses possibilités de rester chez les professionnels après 2021 (date de la fin de son contrat).
🥉 Kenneth Van Roy
Parmi les Pro-Conti, les équipes belges ont bien souvent des coureurs en forme très tôt dans la saison. Le vent, facteur d’une course durci est à l’avantage des hommes du plat pays. Van Roy en guise de sprinteurs surprises pour une belle cote placé (49.5) en est la parfaite illustration.

Tour de France 2021 Preview Long Terme

Cet article est fait en collaboration avec Gilles de l’équipe RedSportsBe dont vous pouvez consulter la vidéo (parsemée d’une pointe d’humour belge) en passant par ce lien (bon visionnage) :

Description du Tour de France 2021

SEMAINE 1

Étape 1 : Brest – Landerneau (187 km)

Une étape d’ouverture où les puncheurs devrait rêver se parer de jaune.

Une occasion en or dans une arrivée inédite au sommet de la cote de fosse aux loups (3 kilomètres à 5,7%). Une difficulté finale que le peloton professionnel et les suiveurs pourront découvrir à l’occasion du Tro Bro Léon 2021, le 16 mai.

Étape 2 : Perros Guirec – Mûr de Bretagne (183 km)

Bis repetita à Mûr de Bretagne le lendemain ? Les bonifications auront-elles une influence au premier passage sur la ligne d’arrivée ? Situées à 15 kilomètres de l’arrivée, tout est permis si une équipe désire y jouer le jaune… Au risque de laisser du jus pour le punch final ? La question demeure en suspens. Rappelons qu’en 2018, le peloton était groupé au premier passage sur la ligne. Bien que les bonifications étaient un peu plus loin, Geraint Thomas en avait profité pour prendre 2 secondes.

Un maximum de 14%, le Mûr de Bretagne est l’arrivée qui fait rêver les Benoît Cosnefroy et David Gaudu. Contrairement aux éditions 2015 et 2018, le premier passage au pied du Mûr s’abordera par la rue de la Résistance et non par la route de Quenecan. Tout comme la montée finale se fera par la N164 et non la Route de la Vallée. Des modifications ayant pour but de couper l’élan du peloton et d’aborder la montée à l’arrêt.

Étape 3 : Lorient – Pontivy (182.5 km)

Première occasion pour les sprinteurs, que les équipes des hommes les plus rapides ne devraient pas laisser filer.

Une succession de deux ronds-points après la flamme rouge, dont un dernier à 700 mètres pour déboucher sur la dernière ligne droite finale Rue Nationale.

Étape 4 : Redon – Fougères (151.5 km)

Dans un Tour marqué par les doublettes, le lendemain d’un sprint massif ne peut offrir qu’une nouvelle chance pour le plateau des sprinteurs.

Attention cependant, tous les départs de Grands Tours sont marqués par une certaine nervosité. Les zones à découvert à la sortie de Vitré devraient rajouter une tension au sein du peloton. Si le vent souffle, gare aux bordures.

Étape 5 : Chargé – Laval (26.5 km)

Premier des deux contre-la-montre individuels de la 108e édition, une première hiérarchie entre leaders devrait se dessiner, avec en tête les meilleurs rouleurs de ces derniers.

Aucune surprise possible, avec 294 mètres de dénivelé positif (soit 0.1%), le tracé de cet effort individuel sacrera obligatoirement un spécialiste.

Étape 6 : Tours – Châteauroux (160.6 km)

A l’image de l’étape « Tours – Saint Amand Montrond » en 2013 marqué par une bordure déclenchée à plus de 92 kilomètres de l’arrivée, le Val de Loire pourrait être le théâtre d’une bataille dans une étape marquée par les bordures.

Dans une version du parcours remaniée depuis la présentation du Tour, avec un passage devant le Château de Valençay.

La sortie de Levroux menant vers Châteauroux devrait rester LE secteur à risque. La sortie de Valençay offrant un secteur totalement découvert entre la Fernigauderie et la Taupelière sur seulement 5 kilomètres avant d’être entouré par toute la zone boisée séparant Vicq sur Nahon et Levroux. Cependant ne pas écarter les coups de trafalgar, loin de l’arrivée comme à Nouans les Fontaines. Nombreuses seront les occasions si le vent souffle.

Étape 7 : Vierzon – Le Creusot (247.5 km)

Plus longue distance du Tour 2021, l’étape a tout d’une classique dans sa composition. Que ce soit des 6 heures de courses, en passant par une première moitié totalement plate avant un final où les difficultés s’enchainent et un final alaphilipesque (une dernière difficulté punchy située à une quinzaine kilomètres de l’arrivée suivi d’une descente).

La côte de Montcenis étant cette rampe de lancement de par sa localisation à 17 kilomètres de la l’arrivée mais les yeux seront rivés sur le Signal d’Uchon beaucoup plus sélectif, qui offrira des secondes de bonifications.

Étape 8 : Oyonnax – Le Grand Bornand (151 km)

Première explication entre leaders…

… mais jugée au pied de la descente du col de la Colombière dans un dernier kilomètres à 3.2%.

Étape 9 : Cluses – Tignes (144.5 km)

4612 mètres de dénivelé positif, 53.3 kilomètres d’ascension répertoriées : une journée somme toute indigeste.

Une longue montée finale vers Tignes (20 kilomètres) qui devrait clôturer la première semaine en fanfare.

SEMAINE 2

Étape 10 : Albertville – Valence (186 km)

Le sprint ne fait guère de doute dans une étape d’entame de deuxième semaine.

D’autant plus avec une côte de Beauregard-Baret située trop loin de l’arrivée pour espérer éliminer les sprinteurs du peloton de l’emballage final.

Étape 11 : Sorgues – Malaucène (199.5 km)

La tant attendue double ascension du Mont Ventoux mais une arrivée jugée au bas de la descente vers Malaucène.

Le Géant de Provence retrouve de sa superbe après deux éditions où il a été mis à l’honneur au cours du Dénivelé Challenge éponyme.

Étape 12 : Saint Paul Trois Châteaux – Nîmes (161 km)

Nîmes promis à un sprint ?

C’est l’objectif… sauf si le vent vient se mêler à la partie de manivelle entre les échappées et le peloton.

Etape 13 : Nîmes – Carcassonne (220.5 km)

En apparence pour les sprinteurs…

… Mais attention les abords de Carcassonne sont casse-pattes comme on l’a vu en 2018 avec la victoire en baroudeur de Magnus Cort Nielsen. La forteresse de Carcassonne a toujours résisté aux sprinteurs.

Étape 14 : Carcassonne – Quillan (184 km)

Une journée valonnée, le col de Saint Louis devrait faire un écrémage.

Une journée typée baroudeurs.

Étape 15 : Céret – Andorre La Vieille (191.5 km)

Une étape de montagne en clôture de deuxième semaine. Cela doit nécessairement inspirer les grimpeurs du peloton, notamment les coureurs du Classement Général.

Un col difficile de Beixalis qui verra des offensives avec des bonus secondes au sommet suivi d’une longue descente scabreuse vers Andorre la Vieille. Au delà d’être grimpeur, il faudra être un virtuose de la descente pour espérer gagner l’étape du 11 juillet.

SEMAINE 3

Étape 16 : Pas de la Case – Saint Gaudens (170 km)

Une occasion rêvée pour les baroudeurs/puncheurs dans le final punchy…

… marqué par la côte de Aspret Sarrat.

Étape 17 : Muret – Saint Lary Soulan (178 km)

Étape reine du Tour avec Peyresourde / Val Louron et Col du Portet. Quoi de mieux pour un 14 juillet sous un feu d’artifice d’offensives ?

Un dernier col long et exigeant surtout dans sa première moitié. L’étape du lendemain fera-t-elle accoucher Saint Lary Soulan d’une souris ?

Étape 18 : Pau – Luz Ardiden (130 km)

Dernière occasion pour les grimpeurs de prendre du temps avant le CLM et/ou de renverser le Tour dans le l’enchaînement Tourmalet / Luz Ardiden.

Les 25 lacets de la station de Luz Ardiden donneront une idée claire du potentiel vainqueur du Tour de France 2021.

Étape 19 : Moureux – Libourne (203 km)

Sprint, quoi d’autres ? Seule l’usure des trois semaines peuvent avoir raison d’un emballage final massif.

Étape 20 : Libourne – Saint Émilion (30.5 km)

Une fois n’est pas coutume, le Tour de France comme le Giro met son terroir à l’honneur, au cours du contre-la-montre dans le vignoble de Saint Émilion.

Contrairement à Pau, le profil ne fait guère de doute : ITT de rouleurs. Attention au vent, avec beaucoup de zones exposées.

Étape 21 : Chatou – Champs Élysées (117.5 km)

Traditionnel gala de clôture du Tour, les Champs-Élysées seront encore et toujours le théâtre du critérium où les sprinteurs tenteront d’accrocher un succès de prestige. Où seul le maillot vert peut encore être disputé.

Que penser de cette 108e édition ?

Ce qui saute aux yeux dans ce Tour de France, c’est le format dit traditionnel. Avec une première semaine où les sprinteurs auront la part belle et près de 60 kilomètres de CLM totalement taillés pour les spécialistes de la discipline. Très peu d’arrivées au sommet, ce qui doit inviter les courses de mouvement en théorie.

  • la première semaine est spéciale puisqu’un puncheur avec de grosses aptitudes dans l’effort individuel peut gagner du temps et clôturer la semaine avec le jaune sur les épaules.
  • la deuxième semaine est la plus favorable aux baroudeurs qui auront nombre de terrain pour s’exprimer.
  • quant à la dernière, les grimpeurs devront gérer avec perfection les deux seuls fenêtres de tir qui sont à leur disposition. Sauf défaillance et écarts serrés, Luz Ardiden devrait voir le vainqueur final. Principalement si le maillot jaune à l’arrivée de cette étape est un très bon rouleur.

En l’état actuel, quel est le favori du Tour de France 2021 ?

Le retour de Dylan Groenewegen devrait se faire à la veille du Giro, sa présence sur le Tour d’Italie est attendue. Ce n’est pas impossible que la Jumbo Visma mise sur Wout van Aert pour les arrivées au sprint de par sa pointe de vitesse. L’objectif du belge est de revêtir le maillot jaune en première semaine en faisant parler des qualités variées. Rappelons que le belge coche toutes les cases : excellent rouleur, bon puncheur et grosse pointe de vitesse au sprint.

Un objectif réalisable d’abord parce que les deux premières étapes peuvent lui convenir. Ensuite parce que contrairement aux puncheurs sur les étapes 3 et 4 en participant aux emballages finaux, WVA peut aller chercher des bonifications. Le ITT devrait néanmoins sans les sprints lui permettre de combler son retard et encore plus de parfaire son avance.

Au cours du TDF 2020, le belge a montré une véritable résistance en montagne. Son relai dans une ascension menée tambours battants à Orcières-Merlette avait posé les bases d’un relai phénoménal (long et rythmé) au Grand Colombier. Allant même jusqu’à prendre la 3e place de la difficile étape de la Roche sur Foron. Nul doute qu’il travaillera en stage, ses aptitudes de grimpeur.

D’autant qu’il faudra le lâcher à Tignes. On se souviendra des propos de Kruijswijk qui avait déclaré ne pas avoir réussi à faire exploser WVA dans la montée de Tignes en entraînement. Le belge offre aussi beaucoup de garanties et de crédit à une durabilité puisqu’au cours de la saison condensée de 2020, il n’a tout simplement ni rompu, ni faibli. En étant toujours aux avants postes parmi les meilleurs (des Strass Blanche jusqu’au Tour des Flandres.

Les Jeux Olympiques pourraient être un frein mais de prime abord, le coureur de la Jumbo Visma devra composer un leadership avec Remco Evenepoel. Si le jeune prodige, nous signe un retour tonitruant.

Ce qui devrait être le cas, dans le cadre de sa rééducation suite à son accident au Lombardie. Le coureur de la Deceuninck Quick Step est entouré de Thijs Hertsens. Le physiothérapeute qui s’était occupé de la rééducation de Wout van Aert après son accident au Tour 2019. L’avantage reposant sur le fait que l’objectif de son compatriote étant le Giro d’Italia puis les Jeux, le coureur de la Jumbo ne devrait pas affronter le jeune cannibal de Patrick Lefévère sur le Tour de France.

WVA place certes les JO au dessus étant une compétition tous les 4 ans mais Paris est proche et tout aussi taillé pour lui. Intelligent, il sait aussi que toutes les occasions qui se présentent à lui doivent être saisies. Le Tour de France 2021 en est une.

Je voudrais aussi briller d’abord que des courses comme Tirreno-Adriatico, le Critérium du Dauphiné ou le Tour de Suisse. Le plus rapidement possible, particulièrement dans des courses par étapes avec des contre-la-montre, tel le Tirreno-Adriatico. J’aimerais viser des résultats aux classements généraux en 2021, et plus tard sur des classiques vallonnées comme Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie.

Van Aert au Sport/Voetbalmagazine

L’équipe, en ce sens, commencera à miser sur WVA dans les Classements Généraux sur les courses d’une semaine. En cas de réussite pré-Tour, la cote de WVA devrait subir une chute drastique. Une chute qui pourrait être amorcée dès le printemps si la campagne de classiques est une réussite.

Sa reprise récente des cyclo-cross devrait placer une forme printanière précoce. Sa forme dans les labourés est, au delà des résultats, déjà excellente.

Au sein de la Jumbo-Visma, le futur rôle du double médaillé de bronze aux mondiaux 2020 reste à établir. Gardons à l’esprit que le triple champion du monde de cyclo cross ne s’interdit rien et à même demander à obtenir un nouveau rôle. Tout en étant prêt à se sacrifier. Si le rôle de leader peut être jugé présomptueux, le moment venu il peut être opportun de se couvrir avec le maillot vert.

Certains bookmakers offrent un cashout, c’est au vue de sa probabilité de maillot jaune en première semaine LE BET long terme à prendre rien que pour le drop de cote qui devrait passer de 3 chiffres à seulement 1 dès les premières étapes du TDF 2021. A l’instar de Julian Alaphilippe à 60 pré-Tour 2019 descendu jusqu’aux alentours de 2 ou de Hugh Carthy passant de 350 à moins de 10 sur le dernier Giro.

Pour ceux qui auraient peur d’une saison trop remplie, il n’est pas meilleur gestionnaire qu’un crossman qui sait parfaitement couper (sans doute après le Tour des Flandres) pour refaire du jus avant les objectifs estivales et surtout changer son programme d’entraînement et son alimentation en vue de s’affûter (perdre du poids) pour la montagne.

PRONOSTICS

pour s’assurer un cash out positif

Wout van Aert vainqueur du Tour de France : 60 – 0.25% (PMU – mise maximale : 25€)

pour vibrer pendant l’été

Wout van Aert vainqueur du Tour de France : 90 – 0.25% (Zebet)

Etape 16 La Vuelta a España 2020 Preview

Une énième étape sur le papier promise aux baroudeurs mais après étape de la veille, les sprinteurs se mêleront-ils encore à la fête ?

Plus courte de près de 70 kilomètres, l’étape offre de meilleure chance de contrôle grâce notamment à un dénivelé positif total de 2762 mètres soit 1641 de moins que la veille. Les sprinteurs sont censés se réjouir… Hélas !

Le départ pourrait tout changer. Le plan des équipes pourraient vite devenir un « sauve qui peut ».

Un fort vent de nord ouest soufflera. Jusque Vecino, situé à 22.6 kilomètres du départ, le peloton aura vent de côté.

Dans une zone totalement à découvert, le peloton devrait s’étirer sous l’impulsion des équipes comme la Deceuninck Quick Step avait pu le faire à Guadalajara , l’an passé.

Naturellement sous un rythme élevé, d’une part l’échappée ne devrait pas réussir à se former. Mais d’autre part, le peloton devrait se scinder en plusieurs groupes.

Bordures, vous avez dit ? Vous avez raison. L’étape pourrait vite s’emballer et revenir sur un groupe avec des équipes de leaders collaborant main dans la main pour mettre hors jeu des leaders piégés. L’étape pourrait vite s’emballer à l’image de Aramon Formigal en 2016.

Un conseil ? Mieux vaut ne pas se préparer à ce qu’il y ait bordures, il vaut mieux la créer de concert avec la DQS : Bora Hansgrohe et Movistar 👀.

Après la chasse restera tout aussi compliquée, avec un vent trois quart face…

… sur des portions tout aussi exposés…

… jusque Linares de Riofrio.

Où les coureurs seront dans des zones moins exposées mais sinueuses et descendantes. Ce qui n’est pas sans compliquer la tâche d’un peloton cherchant à recoller le groupe de tête.

La première difficulté du jour est longue mais roulante. De quoi maintenir un tempo élevé si la mise à l’écart se poursuit ou laisser filer l’échappée si regroupement.

Cela étant dit, bien inspiré pourraient être les trouble-fêtes dans une descente vraiment technique.

Le panorama y sera magnifique pour le téléspectateurs, peut être un peu moins pour les coureurs qui n’auront le temps d’en prendre plein les mirettes.

Ni une, ni deux en son pied le début de l’Alto el Robledo commencera. Une longue ascension dont les derniers 5 kilomètres sont les plus durs. Suivi d’une descente absolument pas technique et située trop long de l’arrivée, il est très peu question d’y voir quelques mouvements.

Mais c’est attention à l’enchainement de Serradilla del Llano et Serradilla del Arroyo…

… qui se fera sur des routes étroites, étirant le groupe. Un secteur où la tension sera de mise en vue de l’arrivée finale.

A l’image de la veille, la descente finale est peu technique, favorable à un train en marche vers Cuidad Rodrigo.

Mais encore une fois sur des routes peu larges qui créant de la tension, devrait élever le rythme dans le groupe des leaders.

L’échappée doit y avoir été reprise. Au risque de ne pas se disputer la victoire grâce au fort vent de dos qui est à l’avantage des fuyards.

Le sprint final est classique avec 500 offrant un boulevard aux hommes les plus rapides.

Explications des picks sur le replay de l’émission RedSportsBE

PRONOSTICS

Félix GROSSCHARTNER vainqueur : 40 – 0.125% (Betclic) / podium : 10 – 0.125% (Betstars)

Jannik STEIMLE ou Zdenek STYBAR vainqueur : 17.14 – 0.125% (prendre les cotes Betclic 40 / 30)

Zdenek STYBAR ou Jannik STEIMLE podium : 4.63 – 0.125% (prendre les cotes Betclic 8 et 11 Betstars)

Etape 15 La Vuelta a España 2020 Preview

Plus étape de la 75e édition du Tour d’Espagne, l’étape du jour semble sourire une nouvelle fois aux échappées, mais pourquoi ?

230 kilomètres à parcourir, on pourrait presque comparer l’étape à une classique avec 4403 mètres de dénivelé positif. Une journée totalement usante rendue d’autant plus compliquée par les conditions climatiques dantesques.

Guère plus de 10 degrés, une pluie omniprésente, un vent fort et de face toute la journée… Une journée pour un danois ? Sans doute que Soren Kragh Andersen et Mads Pedersen aurait apprécié cette étape.

Les 48 premiers kilomètres promettent une énième bataille longue et âpre pour prendre l’échappée où les puissants comme Rémi Cavagna tenteront de faire la différence. Une différence compliquée à faire si une équipe n’est pas représentée à l’avant comme sur l’étape de la veille. Une différence d’autant plus complexe avec le vent de face.

La décision de laisser partir la bonne échappée devrait probablement se faire dans les quasi 22 kilomètres séparant Frieila et le sommet de l’alto de Carcedo, deuxième difficulté répertoriée du jour. Au vue de l’opportunité, le groupe pourrait être conséquent et assez hétérogène au niveau des profils le composant.

L’échappée formée, une fois de plus rares sont les équipes qui mèneront la chasse. Hormis, la Deceuninck Quick Step peu de noms peuvent être dégagés. Mais cela implique de ne pas être représenté à l’avant pour l’équipe belge et de miser sur Sam Bennett. Un pari risqué dans une journée si complexe, qu’il est plus profitable de mettre des hommes à l’avant. L’hypothèse d’une équipe chassant repose donc encore sur une équipe non représentée à l’avant mais à l’image d’hier, il sera compliqué d’aller chercher un groupe de costauds ayant pris la poudre d’escampette.

La sélection dans le groupe et le rythme dans l’échappée ne devrait s’intensifier que dans la dernière difficulté à l’alto de Paterne dont le pied est situé à 31 kilomètres de l’arrivée.

La question que l’on aurait pu se poser en regardant le profil est de savoir si un coureur pourrait profiter de la descente qui s’en suit pour couvrir les 18 kilomètres restants.

Cependant au delà d’être une technicité nulle, la descente offre des boulevards où il est impossible de faire des différences. Exception faite entre hommes encore frais et hommes cuits.

Un final pour costauds, un final promis sans doute à un comité réduit, un final se courant comme une classique. Toute pointe vers une journée qui devrait profiter à un vieux briscard. Un coureur d’expérience qui saura être à la fois rapide mais aussi malin en courant à l’énergie.

Comment de ce fait ne pas pointer le doigt sur Luis León SÁNCHEZ ? Puni et mis à la planche en ayant loupé la bonne à Ourense, les coureurs d’Astana n’ont eu que peu de soutien. Le mot au briefing devrait être clair : impossible de ne pas être représenté aux avants-postes. Alex Aranburu a deux occasions avec demain pour briller et l’espagnol est le plus rapide des coureurs de l’équipe Kazakh. Mais l’option la meilleure sur le papier semble être l’arrivée de vendredi. LLS a une bien belle occasion de se montrer. Déjà à l’avant sur l’étape de l’Angliru, il était des derniers survivants d’une échappée condamnée dès le départ. A 36 ans, le palmarès du champion d’Espagne est bien étoffé. Gardien de 49 victoires professionnelle, c’est un briscard avec un sens affiné de la course lui permettant de décrocher 4 victoires sur le Tour de France en carrière. On aura souvenir de son travail titanesque pour porter Jakob Fuglsang vers la victoire sur les pentes de l’alto de La Cubilla, l’an passé, tout en décrochant la 3e place. Dans un groupe d’échappée, il fait partie des hommes les plus dangereux au sprint avec sa pointe de vitesse qui lui aura un joli mano à mqno l’an passé avec Alejandro Valverde sur le championnat national. Véritable gros moteur, le condition de départ sur le plat peuvent lui permettre de s’extirper et ses qualités de grimpeurs de sortir du peloton dans les difficultés. Un coureur qui coche à somme si ce n’est trop de cases toutes les cases pour ne pas être vu comme un favori à la victoire du jour où il faudra être un vrai renard.

Quand on parle de renard, on mentionnera l’inévitable Rui Costa. C’est écrit à l’avance, le portugais sera à l’avant dans une telle journée. Les conditions climatiques sont à son avantage lui qui aura bien figuré au mondial du Yorkshire. Mais si les conditions climatiques sont aussi exécrables qu’à Harrogate, c’est vers le 5e qu’il faut se porter.

https://sport.tv2.dk/cykling/2020-11-04-moerkoev-faar-valgren-til-at-droppe-plan

Le danois Michael Valgren est assurément avantagé par les conditions : l’étape est longue, l’étape est exigeante, l’étape est sous une pluie diluvienne, l’étape est venteuse.

Pressenti depuis une semaine chez les EF Education First, Michael Valgren n’est toujours pas pour l’heure sans contrat pour la saison à venir. Une situation d’instabilité professionnelle accentuée par les déclarations de Bjarne Riis qui n’a pas trouvé de sponsors pour l’équipe NTT Pro Cycling en vue de 2021 signant la mort de l’équipe. Dans un entretien à une TV danoise, le coureur de la NTT admettait qu’aujourd’hui et demain sera sans doute ses dernières chances de s’illustrer avec une quasi-obligation de gagner. Le va-tout le plus prolifique semble être sur une journée de classicmen comme le départ de l’étape du jeudi qui sera donné à 10h50. Des conditions climatiques faisant penser à la Bretagne Classic où Valgren faisait partie des hommes costauds dans le final et surtout en vue. Sans doute pas le fruit du hasard, si Valgren est allé chercher une place d’honneur (5e) sur les pentes d’Aramon Formigal dans une journée marquée par… la pluie. Marquant les flandriennes mais encore plus les ardennaises avec de nombreuses prestations dont une victoire sur l’Amstel Gold Race, le classicman a du répondant pour l’arrivée à Puebla de Sanabria.

Un dernier mot ? Allez faire un tour dans ses mentions j’aime sur Twitter, vous ne serez pas déçu : https://twitter.com/MichaelValgren?s=09

PRONOSTICS

Luis León SÁNCHEZ vainqueur : 17 – 0.5% (Winamax) / podium : 5 – 0.25% (Betclic)

Michael Valgren podium : 5.5 – 0.25% (Unibet)

Etape 14 La Vuelta a España 2020 Preview

Une longue étape dont le final rappelle celui de Suances. Les sprinteurs les plus polyvalents seront-ils à la fête ? Primoz Roglic peut-il encore tirer son épingle du jeu ? Ou les échappées ont-ils une voie royale ?

204 kilomètres, une étape longue. 3057 mètres de dénivelé positif, une journée casse-patte. Voilà ce qu’on peut tirer de prime abord des chiffres de la journée.

Ce qui saute aux yeux, c’est qu’au delà du départ en cote, les quasi 143 premiers kilomètres et si ce n’est la très large majorité du circuit est en « up and down ». Ça ne fait que monter descendre, ce qui rend à la fois le départ dynamique et mais toute la journée difficile à contrôler. Les équipes de leaders ont-elles intérêt à contrôler ? Pour que soit Primoz Roglic leur refasse la nique, soit emmener sur un plateau les sprinteurs polyvalents… Cela semble peu probable. Les équipes de sprinteurs au vue du dernier kilomètre punchy ne sont pas sûres de faire passer leur homme rapide. Très peu d’équipes, si ce n’est aucune n’a en vérité d’intérêt à contrôler une telle journée. D’autant que le départ favorise une échappée fournie.

D’autant que le vent portera le groupe de fuyards ce qui n’est pas sans compliqué la chasse de la bonne échappée du jour. Un vent modéré à fort en rafale qui portera les coureurs de dos / trois quart dos toute la journée.

Les 34 kilomètres finaux se feront sur un circuit. La cote de Abelaira semble à la fois légèrement trop simple pour tenter de s’extraire et éviter un sprint en comité réduit. Cela dit avec le vent, un ou plusieurs rouleurs seraient inspirés de profiter de cette difficulté pour sortir du groupe de tête et se débarrasser des sprinteurs/puncheurs.

Le kilomètre final impose d’avoir des qualités de puncheurs indéniables pour profiter des forts pourcentages.

Un bon positionnement y est indéniable. Les routes étant peu larges. Malheureusement, rentrant sur un domaine le visuel des derniers 500 mètres est impossible. La voiture Google n’étant pas rentrée dans ledit domaine.

La voie semble tracée pour les équipes disant de bons puncheurs / grimpeurs / sprinteurs polyvalents et étant en sur-nombre dans l’échappée.

Jamais deux sans trois, après avoir tenté à Villanueva de Valdegovia et à Suances, Rui Costa fait une nouvelle fois figure de favori. Constamment à l’attaque, le champion du Portugal est en recherche d’une victoire d’étape. Vraiment en jambe sur le chrono de la veille, le coureur de la Team-UAE Emirates a selon toute vraisemblance comme à l’accoutumé bien digéré la journée de repos. Dans une échappée fournie et en surnombre, le portugais sait se cacher… parfois trop à mon goût. Raton pour les uns dont moi, malin pour les autres. Il ne faut pas lui retirer son sens de la course. Dans un final qui lui scie à merveille, Rui Costa peut reproduire une Jaww.

En face, si on devait miser sur une équipe en surnombre. Beaucoup serait candidate : les Astana avec plusieurs puncheurs, la Deceuninck Quick Step dans le même cas mais aussi la Movistar cherchant à consolider le prix par équipe. Cependant, la préférence va vers l’équipe des masterclass que ce soit sur le Tour de France que le Giro d’Italie. La Team Sunweb a souvent été à l’avant et souvent en surnombre. Le final convient à Robert Power qui aura montré de belles choses à Aramon Formigal et à Thymen Arensman qui aura fait un temps canon sur la montée du Mirador de ézaro hier. En 7’34 », le jeunot prend le 12e temps le plus rapide devant des monstres. Un indice de forme et que sa porte de vitesse peut être compléter par de belles aptitudes en montée.

PRONOSTICS

Rui Costa vainqueur : 20 – 0.25% / podium : 5 – 0.5%

Robert Power vainqueur : 120 – 0.0625% (Zebet) / podium : 40 – 0.0625% (Unibet)

Thymen Arensman vainqueur : 125 – 0.0625% (Betclic) / podium : 60 – 0.0625% (Unibet)

Etape 13 La Vuelta a España 2020 Preview

Un contre-la-montre très probablement décisif dans une troisième semaine plus légère. La Vuelta peut s’y gagner assurément au lendemain d’une journée de repos.

Un contre-la-montre en apparence pour les rouleurs mais ne cacherait-il pas quelques pièges ?

Les presque 32 premiers kilomètres sont à l’avantage des gros cuisses. Plat, c’est un terrain de jeu pour les rouleurs qui peuvent y faire péter les watts.

D’autant que le vent sera fort et de face, une large majorité du circuit. Ce qui est un élément favorisant d’autant plus les spécialistes qui savent rester gainés pour ne perdre aucune sur ces portions côtières de la Galice. Un vent au plus fort entre 15 et 16h.

Le Murito de Ézaro est une abomination : 1.8 kilomètres à 14.1% pour un maximum de 23.9%. Tout indique que les grimpeurs peuvent y reprendre du temps.

Le changement de vélo y sera autorisé dans une zone dédiée. Un changement à la Bergen, avec un vélo sur place et non sur la galerie de la voiture suiveuse. La poussette du mécanicien est autorisé sur un espace donné. Mais est-ce le changement de vélo est profitable sur une difficulté de 7 minutes.

L’endroit choisi est avant le rétrécissement dans le début des pourcentages ascendant, juste après un virage. Un élément qui aura tendance à ralentir les coureurs. S’il apparaît comme peu bénéfique de changer de vélo sur une partie plate comme à Bergen où on perd tout le bénéfice de la lancée à 50 km/h. Dans le cas précis, la perte de vitesse est déjà enclenchée. Bien entendu, l’endroit idéal aurait été une centaines de mètres plus loin. Mais il apparaît sur de telles pentes de se délester du kilo supplémentaire du vélo de CLM par rapport au vélo traditionnel. Tout comme celle d’un roue lenticulaire dont le bénéfice est nul voire négatif au vue du poids dans une montée.

Pour se faire une idée de la difficulté de la pente, voici la dernière arrivée au sommet du Murito de Ézaro avec la victoire de Purito mettant près d’une minute sur un Philippe Gilbert.

Comme expliqué dans cet excellent thread, la partie plate est sans nul doute la plus décisive. Si le débours peut se contenter en minutes sur celle-ci, le mur final peut voir entre une centaine de secondes à 45. L’objectif est donc de limiter la casse sur le plat et d’écrasser au maximum sur le plat pour les rouleurs afin d’avoir le meilleur matelas possible au pied des 1.8 kilomètres restants.

Selon toute vraisemblance, ce sont les rouleurs qui sont avantagés malgré la difficulté du Mirador pour mettre la daronne à l’abri et faire plaisir à son papy comme dirait Kezah et Freddy.

A l’image de la partie plane du chrono de la Planche des Belles Filles, le mano à mano pour la victoire devrait se situé entre Primoz Roglic et Rémi Cavagna. Le plateau de rouleurs n’étant pas élevé, il n’est pas incohérent de les voir au dessus du lot chez les bookmakers. Cependant, une place reste à prendre sur le trône. Le meilleur élément pour se faire est sans doute Nelson Oliviera qui aura montré beaucoup de forme jusqu’à présent. Le parcours semble lui aller comme un gant en poussant exprimer sa polyvalence que Cavagna n’a pas. Ce n’est pas un hasard si sur un chrono similaire au mondial de Bergen, le portugais avait pris la 4e place à seulement 7 secondes de Christopher Froome. Dans une composition différente mais avec une grosse difficulté au cours du parcours, c’est à la 5e place qu’il avait fini à Innsbruck. Nul doute que le spécialiste de la Movistar le fera à fond pour donner des indications à Enric Mas.

Derrière Roglic, le leader de la Movistar est sans doute, l’homme à battre. Toujours dans le Top 10 des chronos des Grands Tour, que ce soit à Pau en 2019 qu’à la Planche des Belles Filles cette année. Tout le monde a pour référence sur chrono de Torrelavega sur la Vuelta 2018. A 1’50 » de Carapaz et 1’18 » du podium, rien n’est interdit pour Mas qui peut profiter de sa forme tant pour exploser les chronos sur le plat lui qui était 12e sur le deuxième intermédiaire de la Planche des Belles Filles à 1’38 » de Cavagna et 1’18 » de Roglic. Animateur de la montée de l’Angliru, il a démontré qu’il devrait pouvoir avaler le mur.

Mais pour le podium, il devra se confronter à des spécialistes sous les radars comme Will Barta qui aura montré une forme éblouissante en étant régulier sur cette Vuelta mais au delà en prenant une surprenante 25e place à quelques encablures de son coéquipier Jan Hirt sur l’Angliru. Véritable spécialiste, la portion plate est à son avantage tant ses chronos 2020 au Poitou-Charentes et à Tirreno-Adriatico ont montré sa puissance.

PRONOSTICS

Enric Mas podium de la Vuelta 2020 : 3.5 – 0.5% (Unibet)

Nelson Oliviera podium : 2.6 – 0.25% (Betstars)

Will Barta podium : 15 – 0.25% (Winamax)

Etape 12 La Vuelta a España 2020 Preview

La voici, l’étape reine de la Vuelta 2020. Une distance de juniors dans les Asturies, seulement 109 kilomètres à parcourir. Mais un final pour hommes forts où nul ne pourra cacher son niveau.

Quatre difficultés à franchir, sur à peine plus de 100 kilomètres. Les sprinteurs doivent redouter les délais du jour. Surtout avec un final au sommet de l’Angliru. Et si vous ne connaissez pas ce monstre des Pyrénées, vous risquez d’apprécier le spectacle.

Avec 41 points… Si ce n’est 21 points à prendre en enlevant les points du sommet de l’Angliru, la mission de Guillaume Martin est de passer en tête la Mozquetta et le Cordal en tête au minima pour être garantie de porter le maillot ce soir. Seulement le départ en faux plat descendant n’est pas sans arranger, une échappée tardive, si ce n’est de gros rouleurs. Requiem de l’étape de la veille pour les Cofidis Solution Crédit ? Très certainement. Échappée de rouleurs sortant sur le plat ou échappée tardive, beaucoup d’éléments qui malgré la courte longueur de l’étape devraient influencer une GC Day avec un rideau tardif. D’autant que les occasions en montagne pour les grimpeurs de briller seront rares en troisième semaine. L’étape du jour apparaît probablement comme un maintenant ou jamais pour les Astana d’Aleksandr Vlasov de permettre au jeune russe de décrocher un assessit de renom.

Au delà d’une Team Ineos Grenadiers qui a tout intérêt à chercher à mettre en difficulté, Primoz Roglic sur les pentes de l’Angliru. Les Astana sont très certainement au vue de la forme affichée de son leader déchu dès la première étape, l’équipe qui devrait prendre en main le peloton rapidement pour n’accorder que peu de temps aux fuyards pour espérer gagner au sommet de l’Angliru.

Le col de Cordal est certes court mais situé à 21 kilomètres de l’arrivée, il peut inspirer les plus téméraires ou les plus suicidaires. C’est ici même juste avant la descente menant au pied de l’Angliru qu’Alberto Contador y avait bâti sa victoire en 2013. Y a voir un train se mettre en place n’est pas à exclure pour écrémer le groupe des leaders mais surtout pour isoler l’ogre slovène. Sans doute à l’image de l’étape du Col de la Loze, les Bahreïn Mérida y tenteront le coup de force.

La descente qui s’en suit est rapide et technique, ce qui permet aux meilleurs descendeurs de reprendre du temps avant le pied du colosse des asturies.

Mais s’il est une évidence, c’est que les leaders miseront leur va-tout sur les pentes de l’Angliru. Plus question de temps exécrable ou non, de vent de face ou de dos, d’équipes ayant un train ou non… les pentes de l’Angliru sont tellement dures qu’elles ne laissent aucune chance au coup de bluff et de moins bien. Grand frère du récent et inédit Col de la Loze sur le Tour de France 2020 (étape remportée par Miguel Angel Lopez) et du Monte Zoncolan sur le Giro d’Italia, l’Angliru est tout simplement monstrueux… inhumain. 12.9 kilomètres à 9.4%, vous place le titan des Pyrénées.

Mais c’est sans doute sa partie finale avec 6.4 kilomètres à 13.1% et une pente maximale à 23.5% qui fera le plus gros des dégâts. Impossible de s’y cacher.

Après ses performances au Col de la Loze, Primoz Roglic est sans nul doute le favori de cette étape dantesque. Que ce soit sur les pentes abruptes du Mas de la Costa ou du Los Machucos, le maillot rouge de cette Vuelta a toujours fait très bonne figure sur les pentes les plus raides des cols qu’il a gravi. Marie Blanque ou même le Pas de Peyrol sur le Tour de France n’en ont été que des prémices. Et sa démonstration sur les pentes du Col de la Loze n’ont fait que confirmer ce que l’on avait déjà vu sur la Vuelta 2019. Cependant, gardien de trois victoires sur cette édition 2020, la victoire pourrait lui échapper au profit d’un leader plus loin au Général. En effet sous le marquage de Tadej Pogacar, Primoz Roglic avait laissé filer la victoire à Miguel Angel Lopez. Et au delà de Primoz Roglic, c’est son coéquipier Sepp Kuss qui avait offert sans doute la victoire au colombien en servant astucieusement de relai à son leader. BIS REPETITA ? Wait and see.

S’il est un leader qui peut tirer profit de cette situation, c’est sans nul doute Aleksandr Vlasov. Auteur d’une attaque tranchante sur les pentes du Moncalvillo, il n’aura pu aller glaner la victoire. La faute à la passe d’arme entre Richard Carapaz et Primoz Roglic. Plus récemment hier, il aura été le meilleur du groupe des leaders finissant à 58 secondes de David Gaudu et sur le point de reprendre Guillaume Martin sur la ligne. Véritable pépite de l’équipe Astana, le jeune russe est un espoir du cyclisme mondial en devenir et assurément un futur vainqueur de Grand Tour. En démonstration sur les classiques italiennes, il aura dompté juste avant le Mont Ventoux d’une main de maître. Profitant de 6’47 » de débours au Classement Général, Vlasov navigue sous les radars.

Mais quand on parle de l’Angliru, on parle forcément de Wout Poels qui semble ressusciter au fil des jours. 2e en 2017 derrière Chris Froome, il aura écœuré la montée. En démontre sa cadence inhumaine sur le GIF ci-dessus sur des pentes à 20%. 2e en 2011, il est le vainqueur officiel derrière Juan José Cobo déclassé depuis pour dopage. 6e sur les pentes du Monte Zoncolan en ayant travaillé à bâtir la victoire de Chris Froome en 2018 sur le Giro. Le leader de la Bahreïn Mérida est un adepte des pourcentages les plus élevés en montagne. De son aveu lui-même l’étape du jour est un objectif affiché

« J’aime ces longues montées raides […] En Italie, vous avez le Zoncolan et j’aime beaucoup le grimper aussi. C’est spécial de gravir ces célèbres montagnes. Je me sens bien maintenant et j’attends avec impatience cet Angliru. Une victoire d’étape est dans ma tête. Je suis particulièrement heureux de me sentir à nouveau bien. »

https://blendle.com/i/ad/poels-heeft-als-enige-wel-zin-in-de-angliru/bnl-adn-20201031-12414138?sharer=eyJ2ZXJzaW9uIjoiMSIsInVpZCI6InJlZGFjdGllYXMiLCJpdGVtX2lkIjoiYm5sLWFkbi0yMDIwMTAzMS0xMjQxNDEzOCJ9

PRONOSTICS

Aleksandr Vlasov podium : 2.5 – 0.5% (Winamax / vainqueur : 7 – 0.25% (Winamax)

Wout Poels vainqueur : 16 – 0.125% (PMU) / podium : 4 – 0.125% (Betclic)

Wout Poels + Aleksandr Vlasov podium : 9 – 0.125% (Unibet)

Etape 11 La Vuelta a España 2020 Preview

Une étape dantesque d’un week-end probablement décisif sur la Vuelta 2020.

Pas moins de 4 cols de première catégorie offrant un cumul de plus de 5100 mètres de dénivelé positif. Une journée somme toute exigeante où les premiers écarts entre leaders devraient se creuser. A moins que les leaders n’attendent le sommet de l’Angliru dimanche pour s’expliquer.

Pourquoi les échappées ont de grandes chances d’aller au bout ?

Tout simplement parce que le départ est impossible à contrôler. Il faudra être chaud d’entrée. Avec un départ en cote, l’alto de la Campa offre une rampe de lancement parfaite pour les grimpeurs désireux de s’échapper. 6.8 kilomètres à 4.4%, la difficulté de 3e catégorie est trop dure pour que les rouleurs aient une chance de prendre le bon wagon. Les attaques devraient fuser de toute part. Les Ineos Grenadier auront du mal à filtrer et sans doute, le rideau ne sera fait que plus tard lorsque la composition d’échappée sera connue et que des hommes hors du Top 13 du Classement Général seront présents à l’avant. En dessous, l’échappée risque d’avoir que de peu de marge pour espérer aller au bout et ne pas être chassée.

La Ineos Grenadier a-t-elle intérêt à chasser pour le gain de l’étape ?

Pas vraiment. Le problème est que l’étape offre des bonifications à l’arrivée. Primoz Roglic apparaît comme le plus fort de cette Vuelta avec un appétit d’ogre. Nettement supérieur dans l’arrivée à Suances, il a écrasé Richard Carapaz lors de l’arrivée à l’Alto de Moncalvillo. Aller chercher une victoire non bonifiée semble la meilleure option, en préservant la main d’œuvre pour l’ascension finale. D’autant que le point d’orgue de ce week-end est à l’Angliru, col mythique et non moins exigeant des Pyrénées.

Les Jumbo-Visma ont-ils intérêt à glaner une nouvelle victoire d’étape ?

C’est un fait : Primoz Roglic devrait assommer la concurrence sur le contre-la-montre de mardi. L’heure n’est pas à l’offensive, mais à la défense. Les Yellow Warps auraient tout intérêt à adopter la même tactique que lors du Tour de France, en imprimant un train dans la dernière ascension afin d’esseuler au maximum la concurrence. Jusqu’à présent, l’équipe a misé sur un Sepp Kuss offensif mais notamment parce que Primoz Roglic n’était pas le leader de la Vuelta ou du moins été un leader un temps déchu de son trône. La position devrait être plus conservatrice cette fois. Hors de question de placer un relai en tête de course, ayant le maillot de leader. De crainte de se priver d’un main d’œuvre nécessaire dans le final.

Les Movistar ont-ils les clés en main du succès de l’étape ?

Sur les pentes du Moncalvillo, la Movistar a tenté le coup de force. Une opération qui s’est avérée pire qu’un coup d’épée dans l’eau. Une manœuvre totalement improductive. Alejandro Valverde s’est fait péter le caisson et Marc Soler a explosé en cours de route à la suite de l’accélération de sa propre équipe. Dans une étape où les échappées ont de grandes chances d’aller au bout, l’objectif du classement par équipe devrait priver. Ce qui privera nécessairement de la main d’œuvre pour le final. Sans doute, la meilleure option reste de placer les deux leaders pré-cités dans la bonne du jour. Problème, auront-ils le bon de sortie comme cela avait été le cas à Villanueva de Valdegovia ? Sûrement pas.

Nombre sont les raisons d’espérer que les échappées se disputent la victoire. D’autant que lors des étapes de montagne, plus l’échappée est fournie, plus les équipes représentées à l’avant sont nombreuses, plus les chances des fuyards sont grandes. Au delà de 15 coureurs, les chances passent de 45% à environ 75%.

La montée finale est longue : 16.5 kilomètres à 6.5%. Les 5.5 kilomètres sont les plus durs, ce qui implique que c’est ici que tout devrait se jouer pour l’échappée comme pour le groupe des leaders. Avant, cela relèverait de l’anticipation.

Que ce soit en échappée ou dans le groupe des leaders, Guillaume Martin est un candidat. Avec 27 points au classement de la montagne, 43 points distribués aujourd’hui, 41 demain mais sans doute amputés des 15 points de l’Angliru l’étape du jour menant au sommet de Farrapona s’avère plus décisive que demain. La présence du français de la Cofidis est un impératif. Sur-actif en ce début de Grand Tour, Martin a été vu de nombreuses fois à l’avant : 2e à Sabiñanigo et 6e le lendemain sur les pentes du Aramon Formigal. Il n’a pu faire guère mieux qu’une 5e place sur les 5 plus forts dans la montée d’Orduña. Contraint à la late attack sur ce type de final, à l’image du championnat de France à La Haye Fouassière. Porteur d’une attaque tranchante sur les 400 derniers mètres du final de Suances, hier. Il a été mangé par l’ogre vert désormais rouge. 19e du GC à 8’25 », sa marge de manœuvre est grande. Dans une arrivée au sommet, il fait partie du gratin mondial des meilleurs grimpeurs et est donc un candidat redoutable.

Journée cocorico ? Pourquoi pas. Coté AG2R la mondiale, le pitbull Nans Peters pourrait être le coureur dont il faut se méfier. Le français a pour l’habitude de ne jamais rien lâcher. Vainqueur a Antholz sur le Giro 2019 faisant la nique à Estelle Chavez. Peters aura décrocher une victoire de prestige à Loudenvielle sur le dernier Tour de France en se débarrassant astucieusement de Ilnur Zakarin. Pas le meilleur styliste sur un vélo, le coureur ordinaire de Grenoble a l’habitude de ne rien lâcher à l’image de sa montée de Orduña où il aura souffert sans concéder le moindre mètre de retard au sommet.

Véritable coureur diesel, sans doute dû à une cinétique de VO2max lente, Jan Hirt a un terrain parfait pour s’exprimer et faire chauffer le moteur avant une longue montée finale qui peut lui permettre de mettre en route. 2e à Ponte di Legno dans une journée similaire sur le Giro de l’année dernière, le Tchèque apprécie ce type de profil où il peut faire parler ses qualités de purs grimpeurs. Toujours en recherche de contrat pour l’an prochain l’heure se fait présente pour le coureur de 29 ans. Et il convient de se mettre en avant rapidement.

PRONOSTICS

Guillaume Martin vainqueur : 13 – 0.25% (Betclic) / podium : 4 – 0.5% (Unibet)

Nans Peters vainqueur : 40 – 0.125% / podium : 12 – 0.125% (Winamax)

HORS BILAN : je place des freebets sur Jan Hirt coté à 90 en vainqueur et 25 en podium sur Winamax

Etape 10 La Vuelta a España 2020 Preview

Rares sont les étapes qui ne profitent pas d’un final mouvementé : l’arrivée à Suances en fait partie. Après un déclassement de Sam Bennett sur l’arrivée remporté aisément la veille, la Deceuninck Quick Step pourrait avoir l’envie de rectifier le tir dans une arrivée où elle peut l’emporter avec nombre de coureurs différents.

Sans grande difficulté, l’étape du jour est, tout de même, contrairement aux apparences plutôt vallonnée. Avec un cumul de 2254 mètres de dénivelé positif, la journée est plus casse pattes que le profil ne le laisse penser. Cependant, rien vraiment d’insurmontable pour les purs sprinteurs… du moins jusqu’au final.

Si les 10 premiers kilomètres sont totalement plats, l’enchainement des deux bosses de El Pontarròn et Liendo devraient permettre à la bonne échappée de se dégager et c’est un groupe sans doute de gros rouleurs qui devraient réussir à s’extraire du peloton.

Situé dans la zone côtière de la région de Cantabrie, le vent du littoral Atlantique pourrait avoir une influence sur un final à découvert.

D’autant qu’en plus du panorama, le final n’est jamais plat.

Hélas, Eole le Dieu du vent a fait grâce d’une journée de congé au peloton en disparaissant des radars. Mais cela ne sera sans doute pas sans incidence sur le final. Puisqu’on sait qu’un vent défavorable a tendance à annihiler les attaques. Dès lors, le final pourrait être plus mouvementé et des sprinteurs même polyvalents pourraient en subir les conséquences. Alors qu’un vent de face aurait eu tendance à leur permettre d’être plus aisément dans l’emballage final.

Les échappées iront-ils au bout ?

C’est sans l’ombre d’un doute, la question qu’il convient de se poser. A l’image de Toledo, l’an dernier ce sont les rouleurs qui pourraient réussir à s’extraire le plus facilement. Il est vrai que le groupe composé de 10 coureurs dont Grmay, Dillier, Arnaud, De la Cruz, Cavagna, Craddock et Armirail avait du répondant. Un scénario vu aussi à Oviedo où le groupe de six coureurs dont Pibernik, Puccio, Dillier et Rossetto avait tout autant de qualités. Mais c’était sans compter sur la Bora Hansgrohe, la Deceuninck Quick Step, la UAE-Team Emirates, la Jumbo-Visma, la Mitchelton-Scott et la Trek Segafredo s’entendant de concert pour un final groupé.

Dans un final siant comme un gant à Sam Bennett et Alex Aranburu, la Deceuninck Quick Step comme les Astana apparaissent comme les équipes qui ont le plus intérêt à ce que l’étape aille au bout. D’autant qu’en leur sein que ce soit Andrea Bagioli ou Zdenek Stybar pour la première et Omar Fraile, Luis Léon Sanchez et les frères Izaguire pour la seconde. Le vivier est grand. Alors oui, l’option d’envoyer un homme à l’avant est envisageable mais il est préférable de garder la maîtrise du final avec plusieurs éléments travaillant main dans la main, qu’un homme contre tous les autres en échappée. Les Astana ayant sans doute en mémoire, le loupé de Villanueva de Valdegovia. Une équipe comme la EF Pro Cycling pourrait se joindre à la faite si Michal Woods mais surtout Magnus Cort Nielsen envisage la gagne de cette étape sereinement. Ainsi que la Movistar qui a en son sein Alejandro Valverde qui a montré de belles jambes et qui malgré son statut de doyen du peloton de cette Vuelta a une revanche à prendre à Suances. Pour rappel, une seule arrivée a eu lieu ici même, c’était en 2008. L’espagnol y avait chuté lourdement finissant 56e à 3’23 ». Un débours qui lui coûtera le podium final. La montée de Suances est sur le papier dans les cordes de Bala. Papy pourrait très bien y avoir jeté son dévolu.

Difficile dans ce cas, avec autant de viviers et d’équipes solides de donner beaucoup de crédit à l’échappée.

Comme à l’accoutumé, sur les 5 derniers kilomètres aura lieu inévitablement une guerre de placement. Les leaders cherchant à éviter une cassure et les sprinteurs les plus puncheurs à ne pas être rétrogradé hors de la tête du peloton.

Car ce sont les 1.4 kilomètres finaux qui seront l’objet de toutes les attentions. À 5.9%, la montée ne convient guère aux purs sprinteurs mais ceux qui ont des profils plus puncheurs, si. Ce n’est pas un hasard si le quatuor de puncheurs italiens (Paolo Bettini, Davide Rébellion, Damiano Cunego et Alessandro Ballan) y ont caracolé en tête en 2008.

Moins longue qu’Oviedo, elle est plus simple que Toledo où Sam Bennett y avait pris respectivement la première et deuxième (derrière Cavagna, seul rescapé de l’échappée matinale).

C’est ici dans les plus forts pourcentages à 400 mètres que tout se jouera pour les sprinteurs/puncheurs.

Au bout les 200 derniers mètres dont la dernière ligne droite finale, d’un peu plus de 100 mètres menant à la ligne d’arrivée.

Qui impose de virer parmi les cinq coureurs et même les trois pour espérer lever les bras.

Si tout semble pointer vers un boulevard pour Sam Bennett, le final invite aux attaques. La DQS a plusieurs cordes à son arme. Comme à Guadalajara, l’irlandais ne rompt pas nécessairement et mais peut plier. C’est surtout la Deceuninck Quick Step qui peut miser sur plusieurs chevaux comme en 2019. A ce jeu, une des options serait encore que Stybar lance les hostilités et que Bagioli profite du chaos créer pour tirer son épingle du jeu comme Philippe Gilbert avait su le faire. Lors de l’étape de Sogliano al Rubicone a la Coppi e Bartali, l’italien avait su tirer profiter d’un final pour puncheur. Sa pointe de vitesse est rapide dans un final du même genre remporté à Ceyzeriat sur le Tour de l’Ain. Des qualités de puncheurs que l’on pouvait lui reconnaître chez les amateurs à la ronde de l’Isard.

A vrai dire, l’obstacle principal repose sur Alex Aranburu. Avec la forme que l’espagnol a montré sur les pentes du Puerto de Orduña, le coureur d’autant fait figure d’épouvantail en cas d’arrivée au sprint. La forme est incontestablement au vue de ses performances sur Tirreno-Adriatico notamment à Loreto où dans une étape marquée par l’attaque de Mathieu Van der Poel, Aranburu a su aller chercher une belle 5e place. Rien de vraiment étonnant après sa campagne de classiques italiennes. Que ce soit à Bilbao comme à Igualada, l’an passé, ce qui a toujours pêché avoir l’ancien coureur de la Caja Rural c’est le sens de la course. Mais ses victoires à Burgos en 2019 ou au circuit de Getxo en 2018 prouve indéniablement ses qualités sur un tel final et en font indubitablement un candidat très crédible.

Quand on parle de la 7e étape de ce cru 2020 de la Vuelta, on ne peut que mentionner Rui Costa qui a un final tout autant à sa mesure et qui aura battu au sprint Aranburu dans le groupe des battus. A l’ouvrage en ce début de Vuelta, le portugais est en grande forme. En atteste, sa 3e place à Formigal. Vainqueur de l’arrivée punchy de Jaww en début de saison, les jambes répondent encore présentes. Il apparaît comme une carte sans doute plus convaincante que Alexandr Riabushenko du côté des UAE Team Emirates. Tant malgré sa 3e place à la Coppa Sabatini n’est en rien en gage rassurant sur la forme du biélorusse.

PRONOSTICS

Alex Aranburu podium : 3.5 – 0.75% (Winamax)

Andrea Bagioli vainqueur : 22 – 0.125% (Unibet) / podium : 8 – 0.125% (Winamax)

Rui Costa vainqueur : 40 – 0.125% (Zebet) / podium : 15 – 0.125% (Winamax)

Etape 8 La Vuelta a España 2020 Preview

Après une étape mouvementée au lendemain d’une journée de repos, le peloton du Tour d’Espagne se dirige vers une arrivée au sommet exigeante et inédite.

Guère plus de 3000 mètres de dénivelé positif sur la deuxième partie de parcours. Les leaders sont attendus pour une explication sérieuse dans l’ascension finale du jour.

Un départ « facile » de quoi rentre la première heure de course complètement folle comme on a pu le voir que ce soit en première semaine que sur le Giro d’Italie. Nombre sont les équipes avec un effectif mixé. Les équipes ayant misé à logique sur le Tour de France en envoyant leurs meilleurs éléments. Sans doute le poids d’une saison condensée a une influence sur la hargne des échappées et la faiblesse des équipes de leaders à chasser les bons coups. Ce qui explique pourquoi des coureurs comme Alejandro Valverde, George Bennett, Mikel Nieve ou même Kenny Elissonde ont réussi à s’extirper hier et forcé les Ineos Grenadier à partir en chasse.

Une fois n’est pas coutume, le groupe qui devrait s’extraire du peloton sera conséquent.

De quoi complexifier la chasse ?

Éventuellement mais le risque qu’un membre du Top 25 y soit présent et puisse se replacer est omniprésent surtout avec un Guillaume Martin ultra-offensif. Ce qui obligerait les équipes de leaders dont les Ineos Grenadier à prendre en main le peloton et maintenir un écart insuffisant au pied de l’Alto de Moncalvillo pour que la bonne échappée puisse avoir une once d’espoir.

Un écart nécessairement faible avec une première difficulté dont le pied est situé au bout de 113 kilomètres.

Si la Ineos Grenadier dans les conditions pré-citées est l’équipe qui devrait prendre en main le peloton. La Movistar jusqu’à présent vorace devrait une nouvelle fois prendre les reines du peloton pour mener la chasse gardée de l’échappée. D’autant qu’avec Enric Mas 5e du Classement Général a 1’07 », Marc Soler 7e à 1’42 » et Alejandro Valverde qui a réussi à se replacer en 9e position à 2’03 », l’équipe espagnole a un gros coup à jouer. En profitant de ce trident si atypique au sein du peloton.

La montée finale est indigeste : 8.2 kilomètres à 9% avec un maximum à 13.6%. Ce qui fait de la montée, une ascension exigeante et régulière.

Le dernier kilomètre se radoucie, ce qui impose pour tout homme moins rapide que ses adversaires d’avoir fait la différence avant la flamme rouge.

Mais l’explication pourrait être tardive au vue de la complexité de la Moncalvillo dont les attaques ne devraient être légions à cause du vent de face dans cette dernière.

Si la montée finale semble pointée vers une explication entre favoris, la passe d’arme devrait avoir lieu entre les Ineos Grenadier et le train de la Jumbo-Visma qui avec l’abandon de Tom Dumoulin devrait laisser la chasse à leurs adversaires en vue d’imprimer un bon tempo dans la montée finale et éviter les attaques que l’ont a pu voir à Aramon Formigal qui ont causé la perte du maillot de leader de la course à Primoz Roglic. Les forts pourcentages sieds à merveille au slovène, à l’instar d’une montée comme Mas de la Costa ou surtout Los Machucos de la Vuelta 2019.

Cependant, il sera compliqué de se débarrasser de Richard Carapaz. 2e à Arrate, 4e le lendemain et 3e à La Laguna Negra de Vinuesa, l’équatorien a su profiter des circonstances pour ravir le maillot rouge de leader à Primoz Roglic. Désormais sur la défensive, le temps presse avant mardi prochain et le contre-la-montre qui ne lui convient guère et où Roglic peut refaire aisément les 30 secondes de retard. La meilleure défense étant l’attaque, le leader des Ineos Grenadier est très certainement contraint si ce n’est à l’attaque, au moins à tester le leader de la Jumbo-Visma. Cela dit que ce soit sur le Tour de France en septembre ou sur le Giro 2019, l’équatorien ne s’est jamais montré avare d’efforts.

PRONOSTICS

Richard Carapaz podium : 2.05 – 1% (Unibet)

Richard Carapaz et Primoz Roglic podium : 4.1 – 0.5% (Unibet)

Etape 7 La Vuelta a España 2020 Preview

Une étape le lendemain d’une journée de repos n’est jamais anodine. Si le tracé de la première étape de la deuxième semaine invite à une journée pour les échappées. La perte de temps de Primoz Roglic lors de l’arrivée maudite de Formigal va-t-elle pousser les Jumbo-Visma à l’offensive ?

2657 mètres de dénivelé positif pour 159.7 kilomètres, rien de bien insurmontable mais le Puerto de Orduña dont le sommet du second et dernier passage est situé à 18 kilomètres pourrait inviter à créer du mouvement au sein des leaders.

Quelles sont les chances des échappées ?

D’abord, il faut s’intéresser à qui a intérêt à chasser et pourquoi ? La Ineos Grenadier est maintenant leader du classement Général avec Richard Carapaz. Et si Dave Brailsford a confié que l’équipe allait désormais plus se tourner vers un cyclisme offensif pour coller avec le temps et cette année 2020 marquée par la réussite des échappées. Notamment des échappées victorieuses pour son équipe sur le Tour avec la victoire de Michal Kwiatkowski mais surtout sur le Giro avec les victoires de Filippo Ganna et de Jhonatan Narvaez, en étant aux portes d’ajouter d’autres bouquets avec Salvatore Puccio, Jonathan Castroviejo et Ben Swift. Toute l’équipe s’est montré à son avantage au moins une fois avec plus ou moins de réussite. Cependant, avec un maillot de leader à défendre, le retour à la réalité pourrait frapper le manager de l’équipe britannique. Chasser le naturel et il revient au galop comme dirait l’autre. Dans une étape qui offre des bonifications à l’arrivée dans un sprint réduit si l’étape venait se jouer entre leaders, la Ineos a tout intérêt à laisser filer les hommes de tête dans un final qui ne sied guère à Richard Carapaz.

Dans ce cas, l’équipe qui arrive en tête de liste en second lieu est la Movistar qui en début de première semaine aura été l’équipe qui dicte la pluie et le beau temps. Cependant, plusieurs ombres viennent noircir le tableau. Leur meilleure chance de victoire en sprint réduit repose sur Alejandro Valverde. Mais les 40 ans de « Papy Bala » se font sentir. Le poids de l’âge se faisant, le champion du monde 2018 n’est plus aussi sanguin qu’à son zénith et il ne compte pour l’heure aucune victoire en 2020. Toujours dominé, la super star de l’équipe espagnole n’a plus de sa superbe. Sans doute, l’équipe doit-elle se recentrer sur un de ses deux autres leaders. Les positions se rapprochant entre Enric Mas et Marc Soler, ce dernier apparaît comme la meilleure carte sur le long terme pour la Movistar après la débâcle de Mas sur les pentes du Formigal. Dès lors en se replacant au GC, Soler a de moins en moins de liberté de mouvement comme il a pu en avoir sur l’étape de Lekunberri qu’il a remporté. Dans ce genre d’étape typiquement pour les échappées, la stratégie des espagnols ne serait-elle pas plutôt d’envoyer des hommes à l’avant pour conforter leur première place au classement par équipe. On sait que la Movistar a dans ses gênes d’aller chercher ledit classement surtout sur son Tour national. Avec 3’37 » sur la UAE-Team Emirates et 8’09 » sur les Ineos Grenadier, l’équipe a une occasion en or de faire un énorme bon en avant. Avec une dotation de 12 500 euros, ce qui équivaut à une 5e place au GC, l’option de facilité semble de défendre le classement en allant chercher des étapes sur tous les terrains.

La Jumbo-Visma apparaît donc comme étant la dernière option de chasse. Mais le final avec les conditions exposées ci-après invite à ne pas tenter le diable qui se résulterait à un probable coup d’épée dans l’eau.

Avec un départ facile, la bataille pourrait s’annoncer encore une fois longue et une équipe ayant loupé le coche, à l’instar de la Education First samedi qui cherchait à tout prix à mettre Michael Woods aux avants-postes, pourrait relancer la chasse sans permettre au peloton de faire rideau facilement.

Le fort vent trois quarts dos ne devrait pas arranger les choses en invitant à une scission tardive. Pas impossible dès lors que la bonne se créer dans la première ascension du Puerto de Orduña qui se fera vent de face. Il faudra être costaud et bon grimpeur pour s’extraire du peloton. Cela devrait d’autant plus faciliter le travail de filtrage des Ineos Grenadier.

Répertorié à 7.8 kilomètres à 7.7%, j’ai pour ma part préféré prendre son pied à la sortie du rond point entre la BI-2625 et la A-2625.

Sa première partie avec ses lacets se fait à l’abri dans la forêt, un avantage pour les purs grimpeurs qui voudront sans doute profiter de cet endroit pour larguer les moins bons grimpeurs mais meilleur sprinteur du groupe.

Cependant, s’en suit une route totalement découverte avec un fort vent de face qui n’incite pas à l’attaque. Les plus forts pourcentages auront lieu dans l’avant-dernier lacets mais le sommet reste loin. Sans doute l’endroit privilégié pour une attaque du désespoir.

Car le chemin reste long jusqu’au sommet avec un tel vent.

Et la descente loin d’être technique, n’est ni la plus pendue, ni la moins exposée. Avec un véritable champ visuel pour un groupe de chasse.

La ligne d’arrivée finale n’offre que peu de surprise. Sur un terrain si plat, il convient d’avoir une belle point de vitesse.

Le constat est sans appel. Avec un final qui n’encourage pas à la scission et invite aux attaques les plus tardives, peu de chance de voir une équipe prendre les responsabilités d’une chasse qui n’offrirait que peu d’avantages.

C’est l’heure de la LOTERIE.

Troisième dimanche, Rui Costa apparaît en tête de liste des favoris de l’étape. D’une part, parce qu’avec les leaders ou en échappée, il fait partie des hommes les plus rapides. D’autre part, parce que l’étape correspond à ses caractéristiques. Le portugais sait grimper et le vent de face dans la montée invite à une montée où il peut s’accrocher en profitant de mouvements tardifs. En bonne position, dans l’alto Elgeta mardi dernier. Sous l’impulsion des leaders, il aura plié dans l’alto de Arrate. Encore une fois, le lendemain c’est sous l’impulsion des leaders qu’il aura plié dans la montée finale pour prendre une belle 13e place du groupe sprintant pour la 12e. Ce qui démontre ses qualités au sprint. Samedi, il aura été longtemps à l’avant en prenant l’échappée du départ chassait par la EF. Mais c’est au bout de 100 kilomètres que la bonne s’est dessinée avec seulement trois éléments et un portugais manquant. Qui aura eu l’occasion de se racheter le lendemain en allant chercher une troisième place honorable au sommet du Aramon Formigal. C’est donc un ancien champion du monde en forme et entreprenant que nous avons pu croiser jusqu’à présent sur la première semaine de la Vuelta. 36e du GC à 24’27 » de Richard Carapaz, le coureur de UAE a son bon de sortie évident. Solide vainqueur d’un sprint punchy à Jaww en Arabie Saoudite en ouverture de saison. Costa s’est montré solide sur les pentes de l’Alto da Fóia au Tour d’Algarve. Gagner à Jebel Hafeet est forcément un indicateur pour les profanes, d’un homme qui grimpe plus que correctement. Mais qui en douterait après ses victoires au sommet en 2017 et ses échappées en montagne sur le Tour l’année dernière.

Sans doute s’il fallait se pencher du côté des Movistar dans le but de garder la tête du classement par équipe, il faudrait compter sur les seconds couteaux. D’emblée un homme rapide comme Imanol Erviti est sans doute à éliminer, tant il est devenu un homme à tout faire sauf briller d’exploits personnels, comme Jorge Arcas. Carlos Verona lui n’a aucune chance en cas de sprint en petit comité. Le Puerto de Orduña semble trop compliqué pour Nelson Oliviera. La meilleure carte semble reposait sur les épaules de José Joaquín Rojas. Véritable expert des échappées, c’est un nom que l’on voit souvent aux avants-postes des Grands Tours. Sa pointe de vitesse parle pour lui et dans un final favorable à un sprint réduit l’espagnol a toutes ses chances. Offensif sur des terrains similaires, il aura il y a de cela trois ans claqué trois podiums sur son Tour national. Un gage de motivation lorsque l’on court dans son pays. Gardien de 83 podiums au cours de sa carrière pour 16 victoires, Rojas est assurément un client s’il fait partie des hommes qui auront pris la bonne.

Parmi les hommes extrêmement incisifs, Rémi Cavagna a été un des hommes maintes fois vu en tête de course. Dans un départ rendu difficile par le vent, un groupe de costauds peut se dégager. Véritable bête à rouler, le français n’a peur de rien et sûrement pas du vent. Loin d’être un piètre grimpeur, rappelons qu’il a maintes fois bien figuré dans des étapes vallonnées comme à la Faun-Ardèche Classic qu’il a gagné en début de saison ou à Morgan Hill en Californie l’an passé. Le français est un showman. C’est dans une attaque en solitaire face au vent comme à Toledo sur la Vuelta de l’an passé que le coureur de la Deceuninck Quick Step s’exprime le mieux. Nul doute que le final roulant ne lui fera pas peur malgré le vent de face s’il survit à Orduña.

PRONOSTICS

Rui Costa vainqueur : 17 – 0.25% (PMU) / podium : 5 – 0.25% (Unibet)

José Joaquín Rojas podium : 51 – 0.125% (Unibet)

Remi Cavagna vainqueur : 70 – 0.125% (PMU)

Etape 21 Giro d’Italia 2020 Preview

Un dernier tour et puis s’en va. La cuvée 2020 du Giro d’Italia se termine comme l’année dernière par un chrono de fermeture.

Plat, en très léger faux plat descendant sans vraiment de relance. Seulement neuf virages sur les kilomètres, ce contre-la-montre est une affaire de spécialistes. Les grosses cuisses sont attendus.

Le dernier kilomètre est technique, il ne faudra pas partir à la faute. Et comme un pied de nez, les derniers 500 mètres sont signalés pavés…

… enfin ce ne sont pas les pavés de Paris-Roubaix.

Evidemment un tel CLM, avec ce qu’ils ont montré. Filippo Ganna est le grand favori pour ravir une quatrième victoire d’étape quand Rohan Dennis malgré les efforts consentis devrait être son dauphin. Ne reste qu’une place sur le podium.

Thomas de Gendt reste ma tête de liste pour la médaille de bronze. Véritable bête à rouler, le parcours lui scie à merveille. 3e l’an dernier à Verona, c’est un adepte des très bonnes places sur les TT. La distance est relativement la même, à un kilomètre 300 près. Sur le chrono de l’étape 14, TDG nous a montré une dernière partie de chrono stratosphérique pour aller chercher la 4e place d’un chrono exigeant. Nul doute que le belge sera dans le haut du panier tant il est reconnu pour être une bête à rouler et ne jamais faire un chrono en dedans, surtout sur un Grand Tour.

https://www.meteoblue.com/fr/meteo/prevision/multimodel/milan_italie_3173435

Une météo fort peu changeante, il n’y a absolument aucun avantage à tirer d’un départ tôt ou tard.

L’élément qui dégage une forme en ce moment est Josef Cerny. Vainqueur à Asti, le coureur de CCC est pour l’heure toujours en recherche d’un contrat professionnel pour l’année prochaine. Véritable bête à rouler, c’est sans doute le spécialiste le plus en forme.

6e du CLM d’ouverture, le Tchèque aura fini a une honorable 5e place au TT du Processo. Mais c’est sans doute le détail de ses temps intermédiaires qui montre sa puissance :

  • INTER 1 (avec le mur)
  • INTER 1 A INTER 2
  • INTER 2 À INTER 3
  • INTER 2 À ARRIVÉE