Tour de France 2021 Preview Long Terme

Cet article est fait en collaboration avec Gilles de l’équipe RedSportsBe dont vous pouvez consulter la vidéo (parsemée d’une pointe d’humour belge) en passant par ce lien (bon visionnage) :

Description du Tour de France 2021

SEMAINE 1

Étape 1 : Brest – Landerneau (187 km)

Une étape d’ouverture où les puncheurs devrait rêver se parer de jaune.

Une occasion en or dans une arrivée inédite au sommet de la cote de fosse aux loups (3 kilomètres à 5,7%). Une difficulté finale que le peloton professionnel et les suiveurs pourront découvrir à l’occasion du Tro Bro Léon 2021, le 16 mai.

Étape 2 : Perros Guirec – Mûr de Bretagne (183 km)

Bis repetita à Mûr de Bretagne le lendemain ? Les bonifications auront-elles une influence au premier passage sur la ligne d’arrivée ? Situées à 15 kilomètres de l’arrivée, tout est permis si une équipe désire y jouer le jaune… Au risque de laisser du jus pour le punch final ? La question demeure en suspens. Rappelons qu’en 2018, le peloton était groupé au premier passage sur la ligne. Bien que les bonifications étaient un peu plus loin, Geraint Thomas en avait profité pour prendre 2 secondes.

Un maximum de 14%, le Mûr de Bretagne est l’arrivée qui fait rêver les Benoît Cosnefroy et David Gaudu. Contrairement aux éditions 2015 et 2018, le premier passage au pied du Mûr s’abordera par la rue de la Résistance et non par la route de Quenecan. Tout comme la montée finale se fera par la N164 et non la Route de la Vallée. Des modifications ayant pour but de couper l’élan du peloton et d’aborder la montée à l’arrêt.

Étape 3 : Lorient – Pontivy (182.5 km)

Première occasion pour les sprinteurs, que les équipes des hommes les plus rapides ne devraient pas laisser filer.

Une succession de deux ronds-points après la flamme rouge, dont un dernier à 700 mètres pour déboucher sur la dernière ligne droite finale Rue Nationale.

Étape 4 : Redon – Fougères (151.5 km)

Dans un Tour marqué par les doublettes, le lendemain d’un sprint massif ne peut offrir qu’une nouvelle chance pour le plateau des sprinteurs.

Attention cependant, tous les départs de Grands Tours sont marqués par une certaine nervosité. Les zones à découvert à la sortie de Vitré devraient rajouter une tension au sein du peloton. Si le vent souffle, gare aux bordures.

Étape 5 : Chargé – Laval (26.5 km)

Premier des deux contre-la-montre individuels de la 108e édition, une première hiérarchie entre leaders devrait se dessiner, avec en tête les meilleurs rouleurs de ces derniers.

Aucune surprise possible, avec 294 mètres de dénivelé positif (soit 0.1%), le tracé de cet effort individuel sacrera obligatoirement un spécialiste.

Étape 6 : Tours – Châteauroux (160.6 km)

A l’image de l’étape “Tours – Saint Amand Montrond” en 2013 marqué par une bordure déclenchée à plus de 92 kilomètres de l’arrivée, le Val de Loire pourrait être le théâtre d’une bataille dans une étape marquée par les bordures.

Dans une version du parcours remaniée depuis la présentation du Tour, avec un passage devant le Château de Valençay.

La sortie de Levroux menant vers Châteauroux devrait rester LE secteur à risque. La sortie de Valençay offrant un secteur totalement découvert entre la Fernigauderie et la Taupelière sur seulement 5 kilomètres avant d’être entouré par toute la zone boisée séparant Vicq sur Nahon et Levroux. Cependant ne pas écarter les coups de trafalgar, loin de l’arrivée comme à Nouans les Fontaines. Nombreuses seront les occasions si le vent souffle.

Étape 7 : Vierzon – Le Creusot (247.5 km)

Plus longue distance du Tour 2021, l’étape a tout d’une classique dans sa composition. Que ce soit des 6 heures de courses, en passant par une première moitié totalement plate avant un final où les difficultés s’enchainent et un final alaphilipesque (une dernière difficulté punchy située à une quinzaine kilomètres de l’arrivée suivi d’une descente).

La côte de Montcenis étant cette rampe de lancement de par sa localisation à 17 kilomètres de la l’arrivée mais les yeux seront rivés sur le Signal d’Uchon beaucoup plus sélectif, qui offrira des secondes de bonifications.

Étape 8 : Oyonnax – Le Grand Bornand (151 km)

Première explication entre leaders…

… mais jugée au pied de la descente du col de la Colombière dans un dernier kilomètres à 3.2%.

Étape 9 : Cluses – Tignes (144.5 km)

4612 mètres de dénivelé positif, 53.3 kilomètres d’ascension répertoriées : une journée somme toute indigeste.

Une longue montée finale vers Tignes (20 kilomètres) qui devrait clôturer la première semaine en fanfare.

SEMAINE 2

Étape 10 : Albertville – Valence (186 km)

Le sprint ne fait guère de doute dans une étape d’entame de deuxième semaine.

D’autant plus avec une côte de Beauregard-Baret située trop loin de l’arrivée pour espérer éliminer les sprinteurs du peloton de l’emballage final.

Étape 11 : Sorgues – Malaucène (199.5 km)

La tant attendue double ascension du Mont Ventoux mais une arrivée jugée au bas de la descente vers Malaucène.

Le Géant de Provence retrouve de sa superbe après deux éditions où il a été mis à l’honneur au cours du Dénivelé Challenge éponyme.

Étape 12 : Saint Paul Trois Châteaux – Nîmes (161 km)

Nîmes promis à un sprint ?

C’est l’objectif… sauf si le vent vient se mêler à la partie de manivelle entre les échappées et le peloton.

Etape 13 : Nîmes – Carcassonne (220.5 km)

En apparence pour les sprinteurs…

… Mais attention les abords de Carcassonne sont casse-pattes comme on l’a vu en 2018 avec la victoire en baroudeur de Magnus Cort Nielsen. La forteresse de Carcassonne a toujours résisté aux sprinteurs.

Étape 14 : Carcassonne – Quillan (184 km)

Une journée valonnée, le col de Saint Louis devrait faire un écrémage.

Une journée typée baroudeurs.

Étape 15 : Céret – Andorre La Vieille (191.5 km)

Une étape de montagne en clôture de deuxième semaine. Cela doit nécessairement inspirer les grimpeurs du peloton, notamment les coureurs du Classement Général.

Un col difficile de Beixalis qui verra des offensives avec des bonus secondes au sommet suivi d’une longue descente scabreuse vers Andorre la Vieille. Au delà d’être grimpeur, il faudra être un virtuose de la descente pour espérer gagner l’étape du 11 juillet.

SEMAINE 3

Étape 16 : Pas de la Case – Saint Gaudens (170 km)

Une occasion rêvée pour les baroudeurs/puncheurs dans le final punchy…

… marqué par la côte de Aspret Sarrat.

Étape 17 : Muret – Saint Lary Soulan (178 km)

Étape reine du Tour avec Peyresourde / Val Louron et Col du Portet. Quoi de mieux pour un 14 juillet sous un feu d’artifice d’offensives ?

Un dernier col long et exigeant surtout dans sa première moitié. L’étape du lendemain fera-t-elle accoucher Saint Lary Soulan d’une souris ?

Étape 18 : Pau – Luz Ardiden (130 km)

Dernière occasion pour les grimpeurs de prendre du temps avant le CLM et/ou de renverser le Tour dans le l’enchaînement Tourmalet / Luz Ardiden.

Les 25 lacets de la station de Luz Ardiden donneront une idée claire du potentiel vainqueur du Tour de France 2021.

Étape 19 : Moureux – Libourne (203 km)

Sprint, quoi d’autres ? Seule l’usure des trois semaines peuvent avoir raison d’un emballage final massif.

Étape 20 : Libourne – Saint Émilion (30.5 km)

Une fois n’est pas coutume, le Tour de France comme le Giro met son terroir à l’honneur, au cours du contre-la-montre dans le vignoble de Saint Émilion.

Contrairement à Pau, le profil ne fait guère de doute : ITT de rouleurs. Attention au vent, avec beaucoup de zones exposées.

Étape 21 : Chatou – Champs Élysées (117.5 km)

Traditionnel gala de clôture du Tour, les Champs-Élysées seront encore et toujours le théâtre du critérium où les sprinteurs tenteront d’accrocher un succès de prestige. Où seul le maillot vert peut encore être disputé.

Que penser de cette 108e édition ?

Ce qui saute aux yeux dans ce Tour de France, c’est le format dit traditionnel. Avec une première semaine où les sprinteurs auront la part belle et près de 60 kilomètres de CLM totalement taillés pour les spécialistes de la discipline. Très peu d’arrivées au sommet, ce qui doit inviter les courses de mouvement en théorie.

  • la première semaine est spéciale puisqu’un puncheur avec de grosses aptitudes dans l’effort individuel peut gagner du temps et clôturer la semaine avec le jaune sur les épaules.
  • la deuxième semaine est la plus favorable aux baroudeurs qui auront nombre de terrain pour s’exprimer.
  • quant à la dernière, les grimpeurs devront gérer avec perfection les deux seuls fenêtres de tir qui sont à leur disposition. Sauf défaillance et écarts serrés, Luz Ardiden devrait voir le vainqueur final. Principalement si le maillot jaune à l’arrivée de cette étape est un très bon rouleur.

En l’état actuel, quel est le favori du Tour de France 2021 ?

Le retour de Dylan Groenewegen devrait se faire à la veille du Giro, sa présence sur le Tour d’Italie est attendue. Ce n’est pas impossible que la Jumbo Visma mise sur Wout van Aert pour les arrivées au sprint de par sa pointe de vitesse. L’objectif du belge est de revêtir le maillot jaune en première semaine en faisant parler des qualités variées. Rappelons que le belge coche toutes les cases : excellent rouleur, bon puncheur et grosse pointe de vitesse au sprint.

Un objectif réalisable d’abord parce que les deux premières étapes peuvent lui convenir. Ensuite parce que contrairement aux puncheurs sur les étapes 3 et 4 en participant aux emballages finaux, WVA peut aller chercher des bonifications. Le ITT devrait néanmoins sans les sprints lui permettre de combler son retard et encore plus de parfaire son avance.

Au cours du TDF 2020, le belge a montré une véritable résistance en montagne. Son relai dans une ascension menée tambours battants à Orcières-Merlette avait posé les bases d’un relai phénoménal (long et rythmé) au Grand Colombier. Allant même jusqu’à prendre la 3e place de la difficile étape de la Roche sur Foron. Nul doute qu’il travaillera en stage, ses aptitudes de grimpeur.

D’autant qu’il faudra le lâcher à Tignes. On se souviendra des propos de Kruijswijk qui avait déclaré ne pas avoir réussi à faire exploser WVA dans la montée de Tignes en entraînement. Le belge offre aussi beaucoup de garanties et de crédit à une durabilité puisqu’au cours de la saison condensée de 2020, il n’a tout simplement ni rompu, ni faibli. En étant toujours aux avants postes parmi les meilleurs (des Strass Blanche jusqu’au Tour des Flandres.

Les Jeux Olympiques pourraient être un frein mais de prime abord, le coureur de la Jumbo Visma devra composer un leadership avec Remco Evenepoel. Si le jeune prodige, nous signe un retour tonitruant.

Ce qui devrait être le cas, dans le cadre de sa rééducation suite à son accident au Lombardie. Le coureur de la Deceuninck Quick Step est entouré de Thijs Hertsens. Le physiothérapeute qui s’était occupé de la rééducation de Wout van Aert après son accident au Tour 2019. L’avantage reposant sur le fait que l’objectif de son compatriote étant le Giro d’Italia puis les Jeux, le coureur de la Jumbo ne devrait pas affronter le jeune cannibal de Patrick Lefévère sur le Tour de France.

WVA place certes les JO au dessus étant une compétition tous les 4 ans mais Paris est proche et tout aussi taillé pour lui. Intelligent, il sait aussi que toutes les occasions qui se présentent à lui doivent être saisies. Le Tour de France 2021 en est une.

Je voudrais aussi briller d’abord que des courses comme Tirreno-Adriatico, le Critérium du Dauphiné ou le Tour de Suisse. Le plus rapidement possible, particulièrement dans des courses par étapes avec des contre-la-montre, tel le Tirreno-Adriatico. J’aimerais viser des résultats aux classements généraux en 2021, et plus tard sur des classiques vallonnées comme Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie.

Van Aert au Sport/Voetbalmagazine

L’équipe, en ce sens, commencera à miser sur WVA dans les Classements Généraux sur les courses d’une semaine. En cas de réussite pré-Tour, la cote de WVA devrait subir une chute drastique. Une chute qui pourrait être amorcée dès le printemps si la campagne de classiques est une réussite.

Sa reprise récente des cyclo-cross devrait placer une forme printanière précoce. Sa forme dans les labourés est, au delà des résultats, déjà excellente.

Au sein de la Jumbo-Visma, le futur rôle du double médaillé de bronze aux mondiaux 2020 reste à établir. Gardons à l’esprit que le triple champion du monde de cyclo cross ne s’interdit rien et à même demander à obtenir un nouveau rôle. Tout en étant prêt à se sacrifier. Si le rôle de leader peut être jugé présomptueux, le moment venu il peut être opportun de se couvrir avec le maillot vert.

Certains bookmakers offrent un cashout, c’est au vue de sa probabilité de maillot jaune en première semaine LE BET long terme à prendre rien que pour le drop de cote qui devrait passer de 3 chiffres à seulement 1 dès les premières étapes du TDF 2021. A l’instar de Julian Alaphilippe à 60 pré-Tour 2019 descendu jusqu’aux alentours de 2 ou de Hugh Carthy passant de 350 à moins de 10 sur le dernier Giro.

Pour ceux qui auraient peur d’une saison trop remplie, il n’est pas meilleur gestionnaire qu’un crossman qui sait parfaitement couper (sans doute après le Tour des Flandres) pour refaire du jus avant les objectifs estivales et surtout changer son programme d’entraînement et son alimentation en vue de s’affûter (perdre du poids) pour la montagne.

PRONOSTICS

pour s’assurer un cash out positif

Wout van Aert vainqueur du Tour de France : 60 – 0.25% (PMU – mise maximale : 25€)

pour vibrer pendant l’été

Wout van Aert vainqueur du Tour de France : 90 – 0.25% (Zebet)

Etape 21 Tour de France 2020 Preview

Merci à tous d’avoir été et d’être toujours plus nombreux à suivre et/ou lire ce que je peux écrire. A l’instar du Tour de France et de la saison cyclisme, mon Tour se finit mais la fête va continuer avec les mondiaux d’Imola au cours de la semaine prochaine.

Profil Etape 21 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

L’arrivée aux Champs Elysées est le final traditionnel du Tour de France où se déroule le désormais célèbre critérium des Champs (8 tours de 6.8km). Contrairement aux autres Grands Tours, une large partie de la course du jour est neutralisée en raison des festivités. La 21e étape du Tour est plus une exhibition qu’une vraie course à enjeux. Prestige des Champs Élysées, arrivée mythique y lever les bras est l’apanage des meilleurs sprinteurs. Il n’est donc pas un hasard de voir les hommes les plus rapides y mettre tout en œuvre pour y triompher sous l’Arc. Seul Vinokourov en 2005 a réussi à s’extraire de la meute pour s’y imposer grâce à une attaque au kilomètre.

Plan du circuit des Champs Elysées ©️ A.S.O.

Mais le vainqueur du sprint se décide à l’accoutumée dans les 300 derniers mètres de la ligne droite finale.

Dans une très large majorité des cas, virer dans les trois premiers assurent la victoire :

  • 2019 : Ewan vire en 7e position
    • 2018 : Kristoff vire en 3e position
  • 2017 : Groenewegen vire en 2e position
    • 2016 : Greipel vire en 4e position
  • 2015 : Greipel vire en 8e position
    • 2014 : Kittel vire en 3e position
  • 2013 : Kittel vire en 2e position
    • 2012 : Cavendish vire en 2e position
  • 2011 : Cavendish vire en 3e position
    • 2010 : Cavendish vire en 4e position
  • 2009 : Cavendish vire en 2e position
    • 2008 : Steegmans vire en 2e position
  • 2007 : Bennati vire en 2e position
    • 2006 : Hushovd vire en 3e position

Le sprint des Champs Elysées est donc souvent une affaire de train.

L’an passé, j’avais ces mots : “sur un final en léger faux plat montant pavé, j’aurais tendance à éliminer Caleb Ewan pour une raison simple : quand il développe toute sa puissance le petit australien se penche énormément en avant sur son guidon. Une position peu commune mais surtout une position qu’il ne pourra pas tenir sur les pavés des Champs sans se mettre à la faute et risquer la chute. J’ajouterais tout de même que l’aussie finit exténué en terminant pour la première fois une course de trois semaines“. Si le premier point est totalement revenu avec un Ewan beaucoup moins penché en avant. Cette année, je ne commettrais pas la même erreur de l’éliminer sur son manque de fraîcheur présumé. Cependant, l’an passé il a su trouvé la fail alors qu’il était enfermé. Les coureurs devant lui était moins puissants. Ce qui ne risque pas d’être le cas cette année. Pour réussir la passe de deux, l’australien de la Lotto devra virer cette fois en meilleure position.

Une fois n’est pas coutume, Alexander Kristoff bien que n’ayant pas de train est toujours placé dans les six premiers des Champs avec quatre podiums en six participations. En enlevant l’an dernier où il n’a pas pris part. Ce qui pourrait être encore le cas pour cette édition, en participant à la photo finale de l’équipe franchissant la ligne avec le vainqueur du Tour et coéquipier Tadej Pogacar.

Le sprint des Champs Elysées sera encore une fois une bataille entre deux trains : celui de la Deceuninck Quick Step et celui de la Sunweb. Ascendant à celui de l’équipe du maillot vert qui est rôdé pour ce type d’arrivée si spéciale où les hommes de l’équipe belge excelle. L’an passé, l’équipe est sorti en tête du tunnel débouchant en bonne position sur la Rue de Rivoli. Morkov déboulant en tête place de la Concorde. Mais cette fois, Sam Bennett devrait être dans la roue d’un des meilleurs poisson pilote du monde contrairement à Viviani qui n’avait pas accroché la roue de Richeze parfaitement emmené par Morkov. Permettant à l’argentin de décrocher un magnifique podium. Avec un tel train et un Morkov qui n’a pas failli sur ce Tour, l’irlandais est très certainement le gros client pour la victoire sur les Champs Elysées.

Sur Sporza, Wout van Aert avouait que sa participation au sprint des Champs Elysées n’était pas entachée par ses ambitions pour le mondial d’Imola. Avec la chute du maillot jaune lors du chrono d’hier, sa participation ne devrait faire guère de doute. L’équipe pouvant gommer à défaut d’effacer cet affront par le biais d’une bonne note finale sur les Champs. Le Tour des Jumbo-Visma a été parfait jusqu’à hier et ce renversement totalement inattendu et spectaculaire. Un grand moment de sport qui va marquer l’Histoire. Nul besoin de rappeler les qualités du belge au cours des sprints. Vainqueur à Privas en profitant du train des Sunweb parfaitement huilé. Le belge avait récidivé à Lavaur dans un sprint marqué par la bordure et la disparition des purs sprinteurs. Troisième à Poitiers dans un sprint vent de face. Le belge avait une énième fois montré toute sa puissance mais aussi son principal défaut. Celui de lancer ses sprints beaucoup trop tôt comme nous avions pu l’analyser pour l’étape 1 : https://goingfullgas.com/2020/08/28/etape-1-tour-de-france-2020-preview/

Wout van Aert a pour habitude de lancer de trop loin. Si son positionnement est de mieux en mieux au fil des étapes au sprint. Le sprint des Champs est un sprint spécial où les grosses cylindrées peuvent se permettre de lancer plus loin qu’à l’accoutumée si ces dernières virent en tête. Sprint en faux plat montant… sprint pavé, tous les ingrédients réunis pour que WVA comme Tadej Pogacar opère la passe de trois sur cette 107e édition. Malgré son travail pour son leader, le belge finit en grande forme inscrivant le 3e meilleur temps de la montée de la Planche des Belles Filles, ce qui indique que son temps moyen sur la section plate était due à une gestion trop prudente.

PRONOSTICS

Sam Bennett ou Wout van Aert contre les autres : 2.4 – 0.5% (Winamax, ne pas prendre la double chance vainqueur qui est à 2.3)

Wout van Aert podium : 2.1 – 0.5% (Betstars)

Etape 20 Tour de France 2020 Preview

L’ultime étape avant les Champs Elysées, l’étape de vérité. Tantôt espéré, tantôt redouté, le Chrono de la Planche des Belles Filles va établir la hiérarchie finale sur le classement du maillot jaune. Mais aussi plus surprenant celui du maillot à pois.

Profil Etape 20 du Tour de France 2020 © A.S.O.

36 km divisible en trois parties. Ces trois parties distinctes le sont d’ailleurs très nettement. En étant démarquer aux emplacements des chronométrages intermédiaires.

Une première partie extrêmement plate, hormis le départ il n’y a aucun virage qui nécessite de relancer la machine. Une partie qui favorise les gros rouleurs qui peuvent y aller plein pot. Une partie FULL GAS !

La deuxième partie fait d’abord plus à une route sinueuse montant au sommet du col de Chevestraye sur 10 kilomètres à 2.6%. Somme toute, pas un col où on lâche le grand plateau. Les meilleurs vont donc pouvoir garder leur plateau de 55.

Et bien que le profil semble offrir quelques relances, ces dernières se passent tout en injection.

S’en suit une descente rapide et légèrement technique avant de se diriger via un faux plat vers Plancher-les-Mines où les coureurs devraient changer de vélo pour effectuer l’ascension.

Nul n’est sans connaitre la Planche des Belles Filles qui est une montée redoutée de tous les leaders dans un mauvais jour. Les 5.8 kilomètres à 8.2% ne laissent peu de places au doute, ce chrono est l’affaire des leaders plutôt que des purs spécialistes.

Nombre de leaders taisent leur intention quant au changement de vélo. Passeront-ils d’un vélo de contre-la-montre à un vélo traditionnel en cours de route pour effectuer la montée de la Planche des Belles Filles ? L’intérêt d’un changement de vélo peut s’avérer payant puisque les coureurs troquent une machine lourde mais aérodynamique contre une machine plus légère sur des parties où l’influence de l’aérodynamisme est moindre. Lors du CLM du championnat de Slovénie, cette stratégie avait été mis en exergue. En effet, si Roglic avait opté pour un chrono 100% sur un vélo de chrono, Pogacar avait changé de vélo au cours du chrono. En tout et pour tout, Pogacar avait déboursé 12 secondes entre le changement et la fin de poussette du mécano. Mais certains comptes ont calculé que grâce à ce changement de vélo, le coureur de UAE Team Emirates a gagné 48 secondes sur les 7.6 kilomètres restants, que s’il était resté sur un vélo traditionnel.

Selon toute vraisemblance, la meilleure stratégie à adopter est celle du changement de vélo. Attention, cependant la poussette du mécano ne sera pas autorisée. Ce qui implique un démarrage à zéro.

Probablement que le meilleur endroit pour se faire est juste avant le pied de la Planche des Belles Filles. Un endroit où la perte de vitesse est minimale et où la pente est légère pour permettre de s’élancer avec le bon braquet et la bonne cadence de pédalage.

Le matériel sera un des points clé et je vous invite à lire ses deux threads qui sont riches d’enseignements et de questions qui demeurent en suspens :

Le constat est que le matériel sera un secteur clé dans les gains marginaux sur ce contre-la-montre individuel (vélo, transition, pneumatique, gabarit des coureurs).

Des gains marginaux qui seront minorés, Mathieu Heijboer directeur de la performance a souligné deux aspects avant le chrono. Le premier sur les chances de Wout van Aert par rapport à Roglic où il estime que le belge doit avoir 45″ à l’intermédiaire de Plancher-les-Mines sur le slovène pour espérer l’emporter. Et le second, la perte de 1.3% de performance pour Roglic du fait de la tenue conçus par A.S.O. contre celle conçues en soufflerie par la Jumbo et Agu. Un gain estimé entre 30 et 35 secondes sur ce chrono. Ce qui contrebalance nettement l’argument déficitaire contre le belge tant on sait à quel point il excelle sur les chronos plats. Explosant des coureurs comme Victor Campenaerts et même Remco Evenepoel. Deux monstres belges de l’effort solitaire les mettant par deux fois sur les deux derniers chronos du championnat de Belgique a plus de 30″. Et pourtant on connait les qualités de rouleur de Remco champion d’Europe 2019 et vice-champion du monde 2019 derrière le maître du temps Rohan Dennis. Coté changement de vélo, je ne me fais guère de soucis pour Wout van Aert qui sera sûrement l’un, si ce n’est le changement le plus rapide de ce chrono. Certes, Pogacar s’est entraîné et son directeur sportif a déclaré qu’il opérait ses changements de vélo en 7″. Mais WVA est un cyclocrossman et a l’habitude des changements de vélo qui sont monnaie courante dans la discipline.

Véritable bête à rouler, Wout van Aert est le plus gros candidat à la victoire à la Planche des Belles Filles avec son coéquipier Primoz Roglic. Ses qualités montraient en montagne sur ce Tour en auront surpris plus d’un. Mais les suiveurs avisés savent sa valeur depuis les Strade Bianche

Si à ce moment-là, ce tweet pouvait paraître et même à moi abusé, il aura montré tant au Dauphiné que sur ce Tour qu’il sait grimper. Que ce soit à Orcières-Merlette où Wout van Aert a lâché un gros relai dans la montée finale asphyxiant tout le peloton. Mais ce n’était que le prémices de son relai de 8 kilomètres dans le Grand Colombier qui a été fatal à Bernal, Quintana et G. Martin imprimant un tempo de 20 km/h sur des pentes à 9%. Plus récemment, après un gros relai dans le Col de la Loze, le belge a pris la 19e place de l’étape, à moins de 7′ des deux slovènes. Mais l’exploit repose sur son relai au plateau des Glières qui ne l’a pas empêché de rejoindre le groupe des leaders et de sprinter pour la 3e place. Dans une étape avec plus de 5200 mètres de dénivelé positif, ce qui démontre qu’au delà de savoir grimper, le belge grimpe très bien. Un effort en montagne sûrement comparable aux 60 minutes au seuil lors des cyclocross. Le chrono du jour devrait être inférieur à l’heure, ce qui implique nécessairement que l’effort lui convient. Son Directeur Sportif a annoncé qu’il jouerait le chrono à bloc et le belge avant Tour en faisait son objectif du Tour. Autant dire que les astres sont réunis pour une performance de mon favori pour le vélo d’or 2020. C’est pourquoi, si WVA devrait avoir l’ascendant sur Roglic sur les deux tiers du circuit. Il faut s’attendre à ce qu’il ne perde pas autant de temps qu’on ne le pense dans la Planche des Belles Filles.

Entre le départ des premiers concurrents…

… et du haut de classement sur la fin de 17h, les conditions météorologiques ne devraient que peu changer. Il n’y a donc pas véritablement un avantage à partir dans les premiers, que les derniers.

A ceux tenter de prendre Pogacar vainqueur du KOM, c’est-à-dire effectuant la montée la plus rapide. J’aimerais rappeler qu’il perdra lui aussi au change avec la combinaison d’A.S.O. mais aussi que Carapaz est nettement avantagé. En effet, l’équatorien peut se permettre de faire comme Ciccone lors du chrono d’ouverture du dernier Giro à San Luca. En faisant la première partie du chrono en dedans, avant d’opérer la montée de la Planche à bloc. Pour rappel sur seulement 2 kilomètres, l’italien avait mis 3″ à Roglic et 20″ à Tom Dumoulin. Rappelons enfin que se faisant Carapaz peut gagner des secondes où Pogacar et Roglic en perdront : en partant avec son vélo traditionnel dès le départ. Les délais sont de 25% par rapport au vainqueur, ce qui lui laisse une marge tout à fait convenable. Pogacar est son rival le plus sérieux avec seulement 2 points d’écarts mais avec 10-8-6-4-2 et 1 points de distribués, le slovène est condamné à mettre un concurrent entre lui et l’équatorien pour ravir le maillot. Et Roglic devrait très logiquement être devant son jeune compatriote. Certes, Pogacar l’a battu lors du chrono national mais tout indique qu’au vue de la météo exécrable, Roglic n’avait pas pris de risques (et n’avait pas changé de vélo, faisant toute la montée sur son vélo de chrono contrairement à Pogacar).

Parmi les prétendants au podium de l’étape, il est une équipe qui ne laisse jamais les gains marginaux de côté : la Ineos. Ayant perdu son leader, l’équipe britannique a rattrapé son Tour avec un probable maillot à pois et la victoire de Michal Kwiatkowski. C’est d’ailleurs ce dernier qui est la meilleure chance de victoire aujourd’hui pour son équipe. Rien ne l’oblige à faire le chrono en dedans. Ayant une nouvelle chance de remporter une victoire sur le Tour, le chrono est idéalement placé. En fin de Tour, rien ne lui interdit de se préserver pour son leader. On sait que lorsqu’il le fait à fond, le Pole n’est jamais loin de la vérité. 6e à Algarve cette année. En 2018, il avait d’ailleurs pris la 4e place du chrono de fermeture du Tour derrière TomDum, Froomy et G. C’est peu dire des capacités de récupération du polonais sur troisième et de ses aptitudes dans l’effort solitaire. Et si vous n’êtes pas convaincu de ses résultats dans les divers chronos : https://www.procyclingstats.com/rider.php?id=michal-kwiatkowski&p=results&xseason=&sort=date&race=&km1=&km2=&limit=100&page=0&topx=&type_3=1&continent=&pnts=&level=&rnk=&exclude_tt=0&filter=Filter&morefilters=

Kwiatkowski coche toutes les cases pour faire un chrono d’enfer en étant à la fin très bon rouleur et bon grimpeur. Avec toutes la classe qu’il a démontré à La Roche sur Foron, nul doute que Kwiatkowski devrait figurer parmi les 5 premiers et pourquoi pas accrocher un podium tant mérité.

PRONOSTICS

Wout van Aert vainqueur : 4.5 – 1% (cote boostée Betstars)

Michal Kwiatkowski podium : 4.75 – 0.5% (Betstars)

Etape 19 Tour de France 2020 Preview

Le Tour touche à sa fin, les baroudeurs n’ont plus qu’aujourd’hui pour briller. Le chrono de la Planche des Belles Filles ne leur convenant pas tout comme le sprint des Champs Elysées, véritable gala de luxe pour les sprinteurs qui auront survécu à cette 107e édition. Seulement les considérations pour le maillot vert pourraient brouiller les plans des plus téméraires.

Profil Etape 19 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Un profil mal plat avec une arrivée offrant 50 points au vainqueur. Du pain béni à la fois pour Peter Sagan et Matteo Trentin pour mettre un sacré bazar.

En tant qu’étape au coefficient 1, les délais ne sont pas larges mais loin d’être insurmontables. La tactique de la mise hors délai de Sam Bennett être compromise par un début de parcours trop simple. Cela dit, les occasions de le lâcher tout au long de la deuxième moitié de parcours ne manqueront pas. Et c’est bel et bien Ewan qui devrait vivre une énième très mauvaise journée.

Un départ dans le col de France qui devrait être rapide qui favorise la Bora dans un filtrage. Pas certains que les attaques y soient nombreuses si la Bora chasse les échappées comme elle l’a fait à Lyon.

Gardons-nous d’or et déjà de toute comparaison. Le départ n’est pas aussi dur qu’à la sortie de Millau pour tenter de faire sauter Bennett dès le départ. Cela dit, je n’interdis pas la Lotto qui comme à Lyon aide la Bora dans une première partie de circuit à chasser l’échappée et maintenir un écart faible. La seconde moitié est défavorable à Ewan. Maintenir un écart réduit sur les échappées pour la Lotto, c’est s’assurer que l’aussie rentre dans les délais. C’est pourquoi, il faut s’attendre à un début de course rapide entre attaques en tête de peloton et intérêt des sprinteurs potentiellement lâchés. Tous ces éléments favorisent une course avec un écrémage par l’arrière. D’autant que si le début de parcours est simple, il n’en reste pas moins usant avec la côte de Montmerle, le faux plat de Loisia ou même la côte de Chille où la Bora et la CCC ont tout intérêt à accélérer le tempo en tête de peloton pour user les sprinteurs comme Bennett et Ewan.

La course devrait se lancer et ne plus débrancher à partir de la côte du Château Chalon où la Bora sera nécessairement inspirée du schéma de la côte du Château d’Aulteribe où elle avait réussi à faire exploser Sam Bennett. Dans un tel scénario, j’élimine logiquement des rouleurs comme Kasper Asgreen qui comme à Lyon devrait être de la garde rapproché de Sammy Be. Pour lui permettre de rentrer dans les délais.

Si la cote est répertoriée sur 4.3 kilomètres, elle est néanmoins prolongée. 8.2 kilomètres à 3.8% ne laissent peu de place aux doutes surtout en début de montée.

Situé à 49 kilomètres de l’arrivée avec 20 points à la clé, le sprint intermédiaire intéressera forcément à la fois Sagan et Trentin dans la course au maillot vert surtout dans une optique de course durcie par la Bora et la CCC, le risque que l’échappée prennent les gros points est réduit par le travail de chasse et de rythme pour dompter les attaques au sein du peloton.

Le seul véritable obstacle à un sprint réduit est une attaque sur les routes étroites menant à Champagnole qui ne favorisent pas les chasseurs. Cependant, avec des équipes en ordre de marche pour récupérer les 50 points mais aussi des équipes qui n’ont pour le moment pas gagnées et qui ont des armes pour se faire. Les probables attaques tardives ont plus de chance de réussite dans la descente menant à Champagnole qu’autre part. Bien avisé celui qui tentera le coup puisqu’il faudra avoir de sacrées aptitudes de rouleurs pour résister sur les 3.5 kilomètres restants.

Que ce soit la Bora qui a annoncé se battre durement et jusqu’au dernier jour…

Que la CCC qui peut encore espérer s’accrocher à une victoire d’étape sur un terrain favorable à Matteo Trentin encore en course pour le maillot vert. La course ne devrait échapper à un sprint réduit. D’emblée j’élimine Wout van Aert dont l’inconnu quant à la participation à un sprint demeure. Le belge en effet est le chien de garde de Primoz Roglic dans les kilomètres finaux et à pour cible le chrono de demain. Prendra-t-il le risque d’un sprint final lui qui a évité la chute à Poitiers ? Roglic aura-t-il un problème dans le final nécessitant l’appui de WVA ? Trop d’inconnu qui pèse dans la balance. Évidemment, s’il venait à participer à un sprint réduit, Van Aert est un sérieux candidat.

Si Trentin est un candidat crédible à la victoire finale, il convient sûrement de se pencher sur lui mais sur le sprint intermédiaire. Situé au sommet d’un long faux plat, l’italien apprécie ce genre de sprint.

Pour la victoire à Champagnole, le scénario d’un sprint réduit semble le plus probable. En fin de troisième semaine, il convient de privilégier des hommes ayant une certain fraîcheur. Après sa démonstration sur les pentes du col de la Loze, accompagnant son leader le plus loin possible. Mads Pedersen a montré que les jambes étaient présentes en cette fin de Tour. L’usure du parcours sur les plus de 2000 mètres de dénivelé ne sont pas pour le désavantager. Maitre du placement, le danois est rarement mal placé. Ce qui est un avantage sur des routes si étroites dans le final. Emmener par Stuyven, il a nécessairement un bon leadout sur un sprint. Les Champs Elysées seront son dernier jour de course avec le maillot de Champion du monde. Mads n’a levé les bras qu’une fois en 47 jours de course. Nul doute que Champagnole lui convient mieux que les Champs Elysées pour le faire. Sur le Tour de l’Avenir 2015, il avait claqué d’ailleurs une victoire à Arbois non loin de là. Cela résonnerait un symbole.

Encore une fois quand on mise sur un sprint réduit, la mention spéciale des masterclass revient au Sunweb qui ont dominé de la tête et des épaules les stratégies d’équipe. Sur un final si tricky, Hirschi aurait été une formidable carte pour dynamiter le final. Mais sa chute d’hier a sûrement laisser des traces. Ce qui fait de Soren Kragh Andersen sûrement la meilleure carte emmenée par un Casper Petersen de luxe. Un danois qui a été monstrueux sur les kilomètres finaux des divers sprints de ce Tour mais aussi en emmenant ses leaders sur les échappées lorsqu’il partait en contre. L’option late attack avec ses aptitudes de rouleurs ne sont pas pour me déplaire tant il m’a impressionné par sa puissance lorsqu’il est revenu sur Rolland avec Benoot dans sa roue l’autre jour. 5e à Lyon, Pedersen a une petite pointe de vitesse dans les sprints réduits alors ma foi. Si la Sunweb réussit à surprendre avec Pedersen en électron libre. Quand on est champion d’Europe espoirs devant Cosnefroy et Hirschi ça en dit long sur la classe du bonhomme, largement sous-coté.

PRONOSTICS

Matteo Trentin vainqueur du sprint intermédiaire : 3.5 – 0.5% (Winamax)

Mads Pedersen podium : 5 – 0.5% (Betclic)

Soren Kragh Andersen ou Casper Pedersen vainqueur : 28.57 – 0.15% (prendre les cotes 40 et 100 sur Winamax)

Soren Kragh Andersen ou Casper Pedersen podium : 7.64 – 0.35% (prendre les cotes 11 et 25 sur Winamax)

Etape 18 Tour de France 2020 Preview

5166 mètres de dénivelé positif attendent les coureurs du Tour pour la dernière des trois étapes alpestres. Un menu gargantuesque avec des batailles à tous les échelons qui semble offrir un véritable feu d’artifice potentiel.

Profil Etape 18 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Et si Peter Sagan voyait rouge que Sam Bennett voit la vie en vert ?

Le premier duel apparaît à seulement 14 kilomètres du départ avec la lutte pour le maillot vert au sprint intermédiaire. 200 points sont encore à distribuer sur ce Tour de France. Mais en réalité seulement 180 puisqu’il semble peu probable que les sprinteurs soient dans les premiers à l’arrivée du chrono de la Planche des Belles Filles. Peter Sagan possède actuellement 47 points de retard D’emblée, on peut émettre l’hypothèse que Bennett prendra les 70 points maxi de l’étape de clôture du Tour aux Champs Elysées. Ce qui porte sont totalement de points à 348 points. Admettons toujours qu’à la fois, la même logique se répète : Morkov réussi à s’intercaler entre l’irlandais et le slovaque à l’intermédiaire de Paris mais que le septuple vainqueur du classement par points réussisse à prendre la deuxième place sur les Champs. Sagan possède un débours de 72 points virtuels. Ceci dit dans l’une des meilleures hypothèses. Et pour les combler, il ne lui reste guère que 90 points accessibles (les 40 points des sprints intermédiaires du jour et de demain ainsi que les 50 points de l’arrivée de Champagnole). Le constat est sans appel pour gagner le maillot vert, Sam Bennett doit être mis hors course.

L’étape du jour offre un relief plus favorable au slovaque qu’à l’irlandais qui peine plus en montagne. Crédité d’un coefficient 4, les délais estimés pour l’étape du jour sont tout de même favorables au porteur du maillot vert actuel. Mettre Bennett hors délai aujourd’hui s’annonce donc compliqué pour la Bora si l’équipe se lance dans cette entreprise.

Sur le profil officiel, un court raidard semble jaillir de nul part. Mais détrompez-vous, rien de bien méchant. Ce n’est qu’un faux plat où il sera quasi-impossible décrocher Bennett sauf incident pour ce dernier. Surtout que le départ fictif sera rapide descendant de 1949 m à 483 m d’altitude. Si tout le monde s’attend à un départ rapide de la Bora au regard du classement par points actuel et du profil officiel trompeur, le tempo devrait être dicté par la Deceuninck Quick Step qui devrait museler toutes les attaques jusqu’au sprint intermédiaire pour permettre à Sam Bennett d’accroître son avance et de pousser Peter Sagan à la résignation.

Et si Pogačar tapait du pois sur la table ?

Un maximum de 59 points est encore disponible pour le Grand Prix de la montagne. Tadej Pogačar est le leader du classement avec 66 points. Nous asmettrons que son adversaire principal le plus sérieux est Richard Carapaz. Le jeune prodige slovène possède 34 points d’avance sur l’équatorien. D’emblée, on peut se dire que les leaders feront parti des plus rapide ssur le chrono de la Planche des Belles Filles. 10 points seront alloués à sa montée la plus rapide. Carapaz devra y avoir pour stratégie la même que Ciccone à San Luca sur le Giro : faire la partie la première partie plane en dedans et faire la montée à bloc pour prendre le KOM. Mais avant toute chose, il convient de faire une véritable razzia aujourd’hui pour maintenir l’espoir lors de l’effort individuel de samedi.

Si Carapaz prend tous les points de la journée et que Pogačar n’en prend pas, l’équatorien aura une avance de 13 points sur le porteur actuel du maillot à pois.

Globalement, Carapaz peut avoir un matelas de 25 points sur Pogačar s’il va chercher le maximum de points lors des quatre dernières étapes. La tâche s’annonce rude mais pas impossible.

En effet le barème de points au sommet des cols de première catégorie offrent 10-8-6-4-2-1 tandis que les cols hors catégorie offrent quant à eux 20-15-12-10-8-6-4-2-1 aux huit premiers classés au sommet.

Pogačar pourrait avoir un intérêt à chercher des points au sommet du Cormet de Roseland puisque se faisant même en y finissant deuxième derrière l’équatorien, il n’aurait que 17 points à combler dans la pire des situations. A la fois, la Montée des Glières et le chrono lui donne les possibilités de combler cet écart si une explication de leaders vient à s’y dérouler.

Et si vous ne l’en croyez pas capable. Deux signes ne trompent pas. Le premier verbal par son interview d’hier après-course.

J’ai vu que dans la Madeleine, il y avait 10 points gratuits (en réalité 8), j’y suis allé et à la fin je savais que j’avais beaucoup de points donc pourquoi pas. Si je suis en position de le prendre, je le prendrais. J’en serais très heureux. L’objectif, c’est le classement général mais si je ne peux pas le prendre. Je prendrais le KOM.

Tadej Pogacar, au micro de Eurosport le 17 septembre 2020

Le second est son masque totalement personnalisé avec le sponsor de l’équipe dessus. Ce qui implique que l’équipe avait prévu de le récupérer. Rien n’est laissé au hasard.

Le départ pourrait être rapide et dans ces conditions il n’est pas impossible de voir un départ très rapide et même une échappée qui a des difficultés à sortir avec un peloton totalement écrémé dès le Roseland à l’instar de ce que l’on a vu sur l’étape de Laruns où le col de la Hourcère a vu un peloton ne pas débrancher. Les espoirs donc de Carapaz repose une échappée d’au moins six unités dans le col de Roseland pour que le slovène ne prenne pas de points. Avec pour idéal, une échappée victorieuse. La question que l’on peut se poser, les UAE peuvent-ils tenter de jouer sur les deux tableaux : maillot jaune et maillot à pois ? On a vu hier que la Bahreïn avait émoussé le peloton des leaders sans pour autant faire vasciller le train de la Jumbo et en se tirant même une balle dans le pied. La question demeure en suspens. En toute honnêteté, je n’ai pas la réponse tant l’actuel dauphin de Roglic à semble agressif, avec un appétit insatiable mais tout aussi friable sur les pentes du col de la Loze.

Et si les coureurs du Général tentaient leur va-tout ?

5 coureurs se tiennent en seulement 1’13” pour la 4e place du Général. Roglic ne dispose que de 57″ sur Pogacar et 1’26” sur Miguel Angel Lopez. Le matelas est satisfaisant compte tenu de ses aptitudes en chrono mais pas pour autant confortable pour prévenir d’une défaillance ou de tout incident comme cela avait été le cas au Giro 2019. Au final, le podium est encore à porter de fusil pour le Top 8 du GC. Ce qui pourrait inciter à une course de mouvement où la meilleure solution semble de placer des pions à l’avant. Au-delà du Top 10, les coureurs peuvent être inspirer de rattraper leur Tour par une victoire d’étape. Un coureur comme Guillaume Martin pourrait très clairement être offensif. D’autant qu’il n’est pas réputé pour exceller dans l’effort solitaire. Bien mal lui en prendrait. Si avec 10’35”, il n’est plus une menace pour la Jumbo-Visma. Ce n’est pas le cas pour la dizième place de Valverde pointant à 1’04”. Par le jeu désormais connu de la défense d’un Top 10, les Killer Wasps pourraient trouver des alliés de circonstance pour se mettre en tête du peloton. Ce qui favorise encore plus une étape à la fois rythmée et désert les chances des échappées sur une étape qui semble pourtant leur tendre les bras.

La montée du plateau des Glières devrait être le point d’orgue des tentatives des leaders. Pogačar devrait être inspiré de tenter de reproduire le même schéma qu’à la plateforme de Gredos lors de sa troisième victoire lors de la Vuelta de l’an passé. Les pourcentages sont abruptes devrait permettre de faire le tri comme dans Mary Blanque, Puy Mary/Pas de Peyrol et même que dans la Loze.

Cependant, le sommet offre une partie plus favorable pour qu’un groupe revienne si les écarts sont faibles.

Une belle partie de chemins de terre qu’Alaphilippe avait franchit en tête 2018 lors de sa première victoire sur le Tour et du passage alors inédit au Plateau des Glières.

S’en suit, la descente rapide vers le col de Fleuries.

Puis le col de Fleuries, trop roulant pour faire des écarts.

Et la descente vers La Roche sur Foron menant à un sprint en faux plat montant.

Dans ces conditions, où la course est assez indécise avec des enjeux partout de miser sur la doublette d’Ineos. En effet, Carapaz devrait tenter un baroude d’honneur pour aller chercher le maillot à pois. On le sait la Ineos a dans ses gènes de chercher des assessits lorsqu’elle n’a plus rien à jouer au Général. On se souviendra d’un Landa très remuant sur le Giro 2017 pour le maillot de meilleur grimpeur. Pour se faire, il aura en appui Kwiatkowski qui s’est réservé dans le grupetto dans l’étape d’hier. Si Carapaz venait à manquer de jus, le Pole a une excellente pointe au sprint. Puisqu’il est tout aussi raisonnable de voir des bons grimpeurs tenir le groupe des leaders pour un sprint réduit.

Dans une course où le GC va se marquer à la culotte, il n’est pas inenvisageable de voir un groupe de leaders ne pas arriver à se départager dans le Plateau des Glières. Encore une fois, la fougue de Pogačar est la clé de l’étape. Il tentera sûrement. Sa jeunesse de vététistes font de lui un bon descendeur et sa pointe au sprint n’est plus à prouver. Le slovène coche donc toutes les cases. Reste à régler le sprint du groupe des leaders où Alejandro Valverde est sûrement le plus rapide. Le Slovène l’a déjà battu à Cullera. Mais que ce soit à Burgos qu’à Saint Christophe en Jarrez, Papy Bala a montré qu’il n’avait pas totalement perdu de sa superbe.

PRONOSTICS

Sam Bennett vainqueur du sprint intermédiaire : 3.5 – 1% (Winamax)

Richard Carapaz ou Michal Kwiatkowski vainqueur d’étape : 6.67 – 0.25% (prendre les cotes 12 et 15 sur Winamax)

Tadej Pogačar vainqueur / Top 3 : 13 / 4 – 0.5% (Unibet/Betstars)

Alejandro Valverde Top 3 : 5.75 – 0.25% (Betstars)

Etape 17 Tour de France 2020 Preview

Le Col de la Loze, toit du Tour 2020 fait figure d’étape reine où tout doit se décider. Mais avec un chrono fatidique à la Planche des Belles Filles, une troisième étape alpestre dangereuse à la Roche sur Foron et Pogacar, agressif se tenant à 40″ de Primoz Roglic, la montagne n’accoucherait-elle pas d’une souris ?

Profil Etape 17 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Il nous reste encore à faire des étapes importantes, il y aura des montées, notamment celle du Col de la Loze qui sera l’un des points clés. Je ne pense pas que je doive chercher des bonifications pendant la course, juste ne pas faire d’erreurs et ensuite j’aimerais gagner en montée. Dimanche, je voulais gagner et j’ai fait une erreur en attaquant dans le final… J’ai fait une erreur dans les dernières étapes en laissant Pogacar finir avec moi. C’est bien d’avoir 40 secondes d’avance sur lui mais je devrais avoir plus.

https://www.tuttobiciweb.it/article/1600098579?fbclid=IwAR31dNQvNHqSuKjBeZ_ysnEHE56Q8awomLqK1BJuGHm9GhsJVZ-T8EhaxsE

Par ses mots lors de la journée de repos, le maillot jaune du Tour ne semble vouloir délaisser le gain d’étape pour laisser filer les bonifications. Prime à la victoire finale, le compatriote slovène laisse planer une menace sur la tête de Primoz Roglic. Finissant devant lui au Grand Colombier au sprint et hier à l’arrivée, le vainqueur du Tour de l’Avenir a montré être un candidat redoutable dont la pointe de vitesse n’est plus à démonter tant dans un sprint plat qu’ascendant. Courir après l’étape, à l’heure des gains marginaux, semble être un compatible avec la prise de risque de laisser les bonifications à maillot blanc du Tour.

Mais si la Jumbo ne prend pas la chasse qui pour le faire ?

Encore une fois qui dit départ plat, implique un début d’étape rythmé par les attaques. La Bora est une nouvelle fois attendue avec un Sagan incisif pour le sprint intermédiaire de la journée. Le débours est toujours de 45 points et le slovaque voit revenir dans le jeu Matteo Trentin à 12 points. Dans la montée vers Saint Pierre d’Allevard, Sagan doit répéter le même schéma que la cote du Château d’Aulteribe. Un jeu qui ne favorise les dessins des échappées qu’après La Rochette. Les écarts abyssaux au-delà du top 13 sont à l’avantage du filtrage de la Jumbo-Visma.

La responsabilité de la chasse incombera à l’équipe UAE, si Pogacar est désireux d’une arrivée bonifiée. Seulement l’équipe n’a d’arme que pour maintenant l’écart sur le plat. Et il lui faudra nécessairement du renfort. Mais que ce soit EF, Astana, Barhein ou Trek, tous ont plus d’intérêt à placer des pions à l’avant en relai que d’épuiser des coéquipiers. Là où le train de la Jumbo-Visma se préservera pour la montée finale.

Certes la descente est longue, rapide et technique…

… Mais 14 kilomètres de plaine attendent les coureurs avant la montée finale. Qu’un leader attaque de loin, c’est-à-dire dès le col de la Madeleine. Des supports sont nécessaires mais cela implique de monter la Loze tout seul… Derrière un groupe de leaders chassant, cela s’apparente une opération suicide.

La stratégie de la Jumbo est simple : rouler le plus fort possible dans le col de la Loze pour asphyxier les adversaires de Roglic et annihiler toute tentative d’attaque.

Pogacar devrait attendre les cinq derniers kilomètres pour tenter de faire exploser le groupe des leaders et isoler Roglic.

Le dernier kilomètre est tout aussi insane à l’image des cinq derniers kilomètres.

Evidemment, en cas de sprint final à l’image de du Puy Mary. Deux hommes semblent se détacher et le matchup apparaît tout de même plus favorable à Roglic en face à face. Tant le maillot jaune a fait preuve d’aisance sur les hauts pourcentages pendant tout ce Tour que ce soit à Laruns qu’au Pas de Peyrol.

Aujourd’hui apparaît être une affaire de course dans la course, avec la course pour la gagne d’étape et l’explication des leaders. Comme hier, le début d’étape devrait être au main de la Bora. C’est donc à logique qu’un coureur de la Bora devrait finir devant. Comment donc ne pas pointer, sur ce type d’ascension taillé pour un leader déchu, vers Emmanuel Buchmann qui a enfin montré le bout de son nez hier. Présent dans la première échappée de costaud, l’allemand nous a laissé un indice : il attaquera en troisième semaine. Contraint d’abandonner ses ambitions au Général tant du Dauphiné que du Tour pour panser ses blessures, le leader de la Bora semblait avoir repris la semaine fort. Et faisait figurer de candidat très crédible à un Top 3. Pas lâché du groupe de leader sur l’Iseran l’an passé, Buchmann n’a jusqu’ici pas donné de contre-indication à une arrivée au dessus des 2000 mètres. Pour rappel, le Col de la Loze culmine à plus de 2 300 mètres. A une telle hauteur, l’oxygène se fait plus rare et l’oxygénation des muscles rendue plus complexe. Ce qui avantage les coureurs sud-américains qui ont grandi et vécu à de telle hauteur. Ce n’est pas le cas de l’allemand. Mais sa résistance a de telle hauteur n’a pour l’heure pas failli.

Evidemment lors qu’on parle de montée longue et rude, un autre coureur peu en vue sur ce Tour me vient à l’espoir. Jan Hirt, le grimpeur de la CCC qui aura lui aussi tenter hiers avant de finir grupetto. Très certainement en vue de cette étape. Vainqueur à Edelweißspitze à 2555 mètres, le tchèque a montré qu’il savait encaisser les arrivées au sommet les plus hauts. Véritable coureur diesel, c’est un des hommes du peloton qu’on a l’habitude de voir plutôt en troisième semaine comme les démontre ses Giro 2017 ou encore celui de l’a passé avec une belle 2e place à Ponte du Legno derrière Ciccone.

Dans une course où les relais sont envisageable, je ne peux que pointer derrière des équipes qu’on mésestime ou qu’on attend pas nécessairement. Le premier d’entre eux sera Herrada qui pourra tant servir d’appui pour une attaque de G. Martin qui semble être derrière Pogacar le leader le plus offensif. Sa perte de temps au général le contraint au baroude miraculeux, à la tentative flamboyante. Hier, il aura tenté dans le final. Herrada semble être une belle assurance pour la Cofidis qui pourra miser sur une gagne d’étape en cas d’écarts trop conséquents avec le peloton. Le 2e de Mont Aigoual nous gratifie de bonnes jambes. Un candidat en échappée. Le second sera un homme qui a tenté hier : Powless. D’office la meilleure carte EF semblerait être Martinez. Mais le colombien sera selon toute vraisemblance rattachée à Uran. L’américain qui a déclaré avoir eu de très bonnes jambes durant les premières heures de course hier a ma préférence par rapport à un Hugh Carthy. La Ineos pourrait faire un beau up au classement par équipe. Préserver le podium d’Uran et conforter le placement au classement par équipe ne semble pas incompatible si Uran garde avec lui Martinez. Powless est donc autoriser à sortir et il nous a déjà montré qu’on pouvait compter sur lui s’il est en position favorable et non d’équipier au sein de son équipe.

Avec l’abandon de Bernal, Ineos sera forcément à l’attaque. Carapaz est évidemment le gros client. Mais je pointerais vers le Pole qui lui aussi a perdu du temps hier. Si une échappée se dessine sur le plat, les rouleurs sont avantagés. Kwiatkowski sera nécessaire d’entre eux. Les forts pourcentages lui conviennent parfaitement et sans leader, le polonais a enfin sa chance pour gagner une étape sur un Grand Tour. Lui qui était jusqu’ici un gregario de luxe. Une bien belle récompense pour un coéquipier dévoué.

PRONOSTICS

Emmanuel Buchmann vainqueur/Top3 : 50-9 – 0.5% (Winamax)

Jan Hirt vainqueur/Top3 : 75-15 – 0.25% (Unibet/Betclic)

Jesus Herrada vainqueur/Top3 : 75-15 – 0.25% (Unibet/Betclic)

Neilson Powless vainqueur/Top3 : 400-75 – 0.10% (Winamax)

Michal Kwiatkowski vainqueur/Top3 : 35-10 – 0.15% (Winamax/Betclic)

Etape 16 Tour de France 2020 Preview

Première étape du tryptique alpin, l’étape de Villard-de-Lans est le début d’une bataille qui s’annonce âpre entre les deux slovènes. Mais avant les grandes opérations, la première guerre pourrait se résumer à une guerre des tranchées.

Profil Etape 16 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Une étape au lendemain d’une journée de repos est toujours compliquée à aborder. Certains coureurs gèrent mal cette transition. Avec 3903 mètres de dénivelé positif, une journée de repos difficilement digérée se paie cash.

Avec un départ montant, peu de places au doute : les coureurs vont devoir faire une bonne séance d’home-trainer avant le départ s’ils ambitionnent de prendre le large. Tout le peloton s’attend à une chose : à ce que la Bora vise d’entrée pour faire sauter Sam Bennett très tôt. Évidemment, la solution de facilité serait de penser que la Deceuninck aurait tout intérêt de laisser filer une échappée peu fournie avec Sagan dedans pour éviter que la Bora ne chasse et éventuellement placé des pions passant mieux les difficultés que leur sprinteur pour contester les points du sprint intermédiaire au slovaque, tout en prenant une poignée de points derrière avec le peloton. Seulement, deux problèmes s’opposent à ce scénario. D’une part, les attaques incessantes des équipes ayant loupés l’échappée et les Bora qui ne désirent qu’une chose : que Bennett n’inscrive aucun point.

Bien que le départ dans la traversée de Marlieu y soit propice, l’endroit idéal pour lâcher l’irlandais porteur du maillot vert et mettre un coup de vise semble être dans la cote de Virieu.

Même si Bennett y est lâché, hors de question d’un relâchement dans la partie ascendante entre Voiron et Saint Etienne de Crossey. Avant de redescendre vers le sprint intermédiaire situé au bout de 44.5 kilomètres.

Dans ces conditions, le pied du Col de Porte devrait vite arriver. Les qualités de l’échappée ne font guère de doute : beaucoup de grimpeurs et peu de rouleurs devraient réussir à se dégager du peloton. La Jumbo-Visma a tout intérêt à laisser filer afin d’économiser ses troupes pour le lendemain, d’éviter un sprint entre leaders au sommet de Villard-de-Lans pour ne pas perdre au jeu des bonifications. D’autant que nombre de départ devrait être durci par la Bora. Chaque étape sera donc durcie et nerveuse dès le départ. De quoi pousser encore plus à une journée tranquille pour les leaders avant la grande explication. Mais pour se faire, les Killers Wasps doivent trouver l’équilibre entre hommes peu dangereux au Général et qu’assez d’équipes soient représentées dans l’échappée avant de faire rideau pour éviter qu’une équipe ne prenne la chasse à son compte.

La composition du final n’est pas sans désintéresser les leaders de se lancer dans de grandes opérations puisqu’ils devraient dans cette hypothèse batailler dans la Montée de Saint Nizier pour aller récupérer les huit secondes de bonifications au sommet.

Mais ensuite faire face à près de 18 kilomètres de plaine qui sont évidemment défavorables à un homme solitaire ou un petit groupe pris en chasse par une meute organisée.

Une logique applicable à l’échappée… sauf si une équipe peut jouer plusieurs cartes et désorganiser la chasse. Ce qui devrait être le cas de la Sunweb et des Bora. Mais je m’en expliquerais. S’ils ont tentent de partir dans Saint Nizier, il faut évidemment des qualités de rouleurs. Mais si on attend les deux kilomètres finaux, il faudra avoir des qualités de grimpeur/puncheur pour rejoindre le Balcon de Villard.

Après le sprint intermédiaire, l’étape sera finie pour Sagan dont le final n’offre que 20 points. La débauche d’énergie pour faire partie de l’échappée et pour jouer la gagne étant trop grande pour la faiblesse de points récoltés. Dès lors, les hommes de la Bora devraient être libre de jouer leur carte pour le gain de l’étape. Kamna et Schachmann qui se sont révélés d’un forme monstrueuse sur les pentes du Puy Mary devraient être de ceux-là. Le premier, qui nous avait offert un véritable spectacle sur la première arrivée à Megève sur le Dauphiné coche toutes les cases : grimpeur et extrêmement bon rouleur. Si les deux sont échappées, il ne serait pas incohérent de le voir sortir dans la Montée de Saint Nizier et faire parler ses qualités de rouleurs sur le replat. Tandis que Schachmann resterait au marquage pour un éventuel regroupement. Très actif à Laruns et Sarran, l’allemand nous a montré depuis l’an dernier qu’il est parmi les meilleurs puncheurs du monde. Disposant d’une belle pointe de vitesse, en cas d’arrivée en petit comité il sera parmi les favoris. Les deux derniers kilomètres à 7.1% lui scie comme un gant.

Mais quand on parle de jeu d’équipe, on parle surtout de la Sunweb qui nous a gratifié de masterclass sur masterclass. Tout d’abord à Sarran où Tiesj Benoot et Soren Kragh Andersen ont su la jouer très finement en propulsant Hirschi vers la victoire. Il en a été de même à Lyon, où ils ont reproduit le même schéma en profitant du marquage du petit suisse pour propulser cette fois si SKA vers la victoire. Le schéma demain pourrait être le même, avec une superposition à celui de la Bora exposé ci-dessus où Benoot attaque une fois de plus en premier au sommet de la Montée. Profitant de ses qualités de rouleurs et du marquage d’Hirschi qui fait figure d’épouvantail sur une telle étape tant Alaphilippe peut laisser des espoirs aux autres puncheurs. Le cumul de dénivelé et le marquage comme à Lyon plaidant en la défaveur du français de la Deceuninck (au-delà de son manque de forme optimale, ce qui est rassurant. Ses échéances étant après le Tour). Et si Benoot venait à se faire rattraper Marc Hirschi nous a démontré qu’il était un excellent rouleur en tenant en respect une Jumbo chassant à Laruns. Mais aussi qu’il avait un excellent sprint rivalisant avec Alaphilippe à Nice. Une pointe de vitesse qui n’est qu’une confirmation de ce que l’on a peut voir à la Klasikao et au Binck Bank Tour l’an passé. Gardons à l’esprit que ce n’est jamais anodin d’être champion d’Europe et du monde la même année chez les amateurs. Le disciple de Cancellara n’en a pas fini de nous éclabousser de toute sa classe et s’il continue comme ça, le titre de super-combatif du Tour lui tend les bras.

Qui dit troisième semaine dit dernière chance pour les équipes qui n’ont pas encore brillé de le faire. Exit le chrono de la Planche des Belles Filles qui semble promis aux leaders, exit les Champs Elysées qui sont une offrande aux sprinteurs. Exit le Col de la Loze dont le sommet semble s’ouvrir aux leaders. Les occasions pour les baroudeurs se font rares. Orphelin de Bardet, la AG2R n’a plus que les étapes à jouer et éventuellement le maillot à pois avec Nans Peters. Avec un vainqueur sortant en perdition, la Ineos doit se repenser et revoir ses objectifs sur le Tour. La B&B semble river ses yeux vers le maillot à pois avec Pierre Rolland comme homme le plus dangereux capable de le ravir aux leaders du GC. Affublé d’un Pinot sans jambes dont les seules raisons de finir le Tour sont le respect du public, la Groupama-FDJ est dans la même situation que les AG2R.

Dans une loterie pour savoir qui sera devant, mon choix se portera vers l’offensive des Groupama-FDJ et en son meilleur élément sur un tel parcours : Valentin Madouas. Le français a montré lors de l’étape du Puy Mary qu’il était en grand forme. Un peu chien fou dans sa tentative de raid après le Col de Guéry, le français a fini derrière le trio infernal au sommet du Pas de Peyrol. Ses qualités de puncheur ne sont plus à prouver. L’étape fait d’ailleurs penser dans un profil vraiment similaire à celle de San Giovanni Rotondo de la Vuelta de l’an dernier où il avait pris la 7e place. L’expérience d’un grand Tour engrangée, le français dispose d’un bon sprint comme le démontre son sprint du peloton réglé l’an dernier à l’Aquila derrière les échappées ou ses nombreuses places d’honneur derrière des hommes dont le punch et la vitesse au sprint de son plus à démontrer. Il est des récents jours sur les étapes difficiles, le coureur GFDJ le plus convainquant mais aussi le plus entreprenant.

C’est en attaquant qu’on gagnera des étapes, pas en restant dans les roues.

Valentin madouas

Ne reste plus qu’à joindre les paroles aux actes.

PRONOSTICS

Tiesj Benoot vainqueur remboursé si Marc Hirschi : 360.25% (Winamax/Unibet)

Leonard Kamna vainqueur/Top3 : 20/6 – 0.25% (Betclic/Winamax)

Maximilian Schachmann vainqueur/Top3 : 17/6 – 0.25% (Winamax)

Valentin Madouas vainqueur/Top3 : 43/10 – 0.25% (Unibet)

Etape 15 Tour de France 2020 Preview

Une étape aux allures de Tour de l’Ain. L’enchainement n’est pas inconnu pour nombre de leaders qui ont eu l’occasion de batailler lors de la dernière étape dudit Tour, il y a de cela quelques semaines. Aura-t-on droit à un nouveau récital des Jumbo-Visma ? Pogacar absent du Tour de l’Ain sera-t-il encore le facteur x ?

Profil Etape 15 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

3724 mètres de dénivelé positif attendent les coureurs du peloton. Une journée que Sammy Be ne devrait guère tant l’irlandais porteur du maillot est en manque de jus en cette fin de semaine. Une journée d’enfer pour Caleb Ewan qui est en perdition sur les récentes étapes dès que la route s’élève. La Bora va-t-elle durcir le début d’étape pour aller prendre des points au sprint intermédiaire ? La réponse semble négative. Le début d’étape ne comporte aucune difficulté pour décrocher Bennett qui collera Sagan comme son ombre pour garder son matelas d’avance de 43 points intact et avec l’aide de Morkov l’alourdir d’une poignée supplémentaire si possible.

Quelles sont les chances des échappées ?

Avec 98.5 kilomètres de plat avant la première des trois difficultés, on pourrait créditer les échappées de grandes chances de bonnes chances d’aller au bout. Seulement deux possibilités amènent à tempérer leur chance. La première est une échappée partant rapidement. Cela implique que les coureurs qui la compose sur plus bons rouleurs que grimpeurs. Dès lors peu d’espoirs de maintenant l’écart avec des leaders en chasse dans les difficultés du jour. La seconde est qui dit possibilité pour les baroudeurs et lutte pour le maillot à pois ainsi que le classement par équipe implique que la lutte pourrait être longue pour prendre le large. Dès lors le pied du Fromentel pourrait arriver plus vite que prévu. On se souviendra le Tour de l’Ain où l’échappée n’avait guère eu plus de 2′ de crédit. Condamnant les chances des fuyards. Force est de constater que l’écart doit être conséquent pour avoir un espoir de lever les bras au sommet du Grand Colombier. Surtout quand on voit l’aisance de Roglic dans Puy Mary. Sa cadence de pédalage au sommet dans des pourcentages entre 12% et 15% étant monstrueuse. Une cadence qui permet de répondre à une question : Roglic est-il en forme trop tôt ? Par son efficience dans sa vélocité sur des portions si compliquées, nous démontre que Roglic a encore beaucoup de fraîcheur en ce milieu de Tour. Ce n’est donc pas pour rien que l’écart entre l’échappée et Roglic/Pogacar a fondu de près de 5′ dans l’enchaînement Neronne/Pas de Peyrol. Ce qui amoindri entre les chances quand la Jumbo-Visma mettra en route dans le Grand Colombier.

Mais qui pour contrôler la course ?

Après l’étape de Laruns et l’étape du Puy Mary, Jumbo-Visma nous a montré que si l’équipe était la plus solide du Tour, elle est aussi la plus difficile à lire. Certes Jumbo-Visma n’a aucun intérêt à chasser. Mais quel était son intérêt de chasser durant une heure sur l’étape du Puy Mary lorsque l’homme le plus dangereux de l’échappée était Rolland pointant à 18′ du leader ? Cependant, nombre d’équipes dont Ineos serait inspiré de placer des pions à l’avant afin de servir de relais pour les enchaînements Fromentel – Biche – Grand Colombier. La Ineos pointe en tête de liste. On a vu déjà l’équipe britannique prendre les choses en main lors du Tour de l’Ain où Bernal avait pris la deuxième place derrière Roglic. Certes, Bernal a été peu flamboyant sur le sommet de Puy Mary mais le vainqueur du Tour sortant à montrer une hargne dans le final à Lyon tentant de suivre l’attaque d’Alaphilippe. Evidemment, c’est un terrain que le colombien apprécie. On se souviendra des classiques italiennes de l’automne. Mais attention aux signes trompeurs, Bernal n’a pas non plus déçu. Ses données sont excellentes, ce qui doit forcer l’équipe à travers pour son leader et prendre chaque occasion qui s’offre à elle de grappiller du temps avant le chrono de la Planche des Belles Filles. D’autant qu’il faut rappeler que si Bernal semblait mal au Mont Aigoual, il semblait voler à Laruns dans les pentes de Marie Blanque. Un schéma somme toute similaire à celui de l’an dernier.

Le premier des trois cols est le col de Fromentel avec des passages monstrueux en son sommet…

… dont le segment Strava “la pente infernale”. ADMIREZ.

Le col est suivi d’une descente très rapide et courte vers le col de la Biche. Peut-on y voir des mouvements ? Tenter d’esseuler Roglic dès le Fromentel pourrait être une bonne idée. Mais la route reste longue jusqu’au Grand Colombier. Peu de chance de voir des mouvements.

Le col de la Biche, un col court mais raide. Mais les attaques si les attaques peuvent être inspirées…

… par la descente rapide qui s’en suit.

La partie plane menant au pied du Grand Colombier impose de disposer de relais à l’avant pour avoir un espoir d’avoir un écart suffisant sur le groupe des leaders dont les trains Ineos et Jumbo ne devraient pas avoir trop soufferts si les deux cols précédemment cités sont escamotés.

Le final appelle un monstre : 17.6 kilomètres d’ascension. Avec des bonifications en son sommet, les leaders qui ont perdu du temps et du temps à récupérer sur Roglic seraient bien inspirer de mouvementer le final.

Un final de col qui se complexifie au fur et à mesure des mètres. Au Tour de l’Ain, Richie Porte avait désorganisé le relai de Kuss en attaquant à la flamme rouge avant que Bernal et Roglic ne fasse le trou et se décide la gagne à la pédale avec un Roglic impérial.

Nul besoin de faire des lignes et des lignes quand un final est jugé entre favoris, les deux slovènes semblent les plus forts. Assurément Pogacar est un électron libre et ne se contentera pas d’observer. Toujours à l’attaque quand il en a l’opportunité. Le jeune prodige devrait une énième fois être celui qui fait voler le groupe des leaders en éclat en l’aube du second jour de repos. Asseoir son avance sur Bernal au maillot blanc grâce aux bonifications et une meilleure pointe de vitesse au sprint devrait nécessairement l’inspirer. Evidemment, Roglic est supérieur au sprint. Cette fois-ci l’écart semble maigre pour que le Slovène leader du Général offre la victoire à son jeune compatriote comme il l’avait fait lors de l’étape de Los Machucos de la Vuelta 2019. Cependant une chose est certaine lorsque les deux sont isolés en tête, il n’y a guère de rupture d’entente. Ce qui implique que les chasseurs ne doivent pas se regarder.

PRONOSTICS

Primoz Roglic vainqueur : 4 – 0.5789% (Betstars – cote boostée)

Tadej Pogacar vainqueur : 5.5 – 0.4211 (Pasinobet)

Une double chance manuel qui revient à une cote de 2.32

Etape 14 Tour de France 2020 Preview

Sagan rugira-t-il comme un Lyon ? Passera-t-il au vert sur ce Tour de France ? L’étape du jour devrait nous apporter une réponse sur ces ultimes chance de ramener le maillot sur les Champs Elysées pour la huitième fois.

Profil Etape 14 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Avec 66 points de retard, 20 points distribués au meilleur du sprint intermédiaire et 50 à l’arrivée, il apparaît très clairement que Sagan devrait être intéressé par cette étape. Ayant montré une grosse envie de placer Sagan dans l’échappée en faisant sauter les sprinteurs dans la cote de Chateaugay la veille, la Bora n’a pas pu emmener son sprinteur au sprint intermédiaire de par le rythme trop élevé dans le col de Ceyssat. Bennett pouvant adresser ses remerciementsvau Jumbo-Visma qui ont chassé après une échappée composée d’hommes peu dangereux au Général. Cependant, le col de Béal devrait rapidement devenir un cauchemar pour les sprinteurs comme Sam Bennett. La Bora y imprimera un gros rythme avec certitude pour tenter de mettre par la fenêtre le maillot vert. L’espoir de garder le maillot vert à la sortie de cette étape demeure tout de même puisque le deuxième de l’étape ne prend que 30 points. Sagan est donc contraint de gagner et de finir dans les deux premières places du sprint intermédiaire sans que Bennett ne soit devant lui pour lui ravir la tunique du meilleur sprinteur.

La stratégie de la Bora peut-elle être de mettre hors délai Sam Bennett ? Bien que le profil du jour soit vallonné constamment, le dénivelé positif total le démontrant en affichant pas moins de 2646 mètres. La plus grosse difficulté réside dans le Col de Béal. Il apparaît tout de même peu probable de mettre hors délai, un Sam Bennett bien entouré sur les parties les plus planes. Asgreen, Cavagna, Declercq, Jungels et Morkov ayant montré une très grande force individuelle et collective pour maîtriser le groupe de gros rouleurs au cours de l’étape de Poitiers et ayant maintenu à flot, Sammy Be au cours de l’étape de la bordure de Lavaur (14’32” du groupe de tête). Pourtant cela n’empêche tout autant pas l’inévitable : la Bora doit rouler. Cela n’empêche pas l’inéluctable : la Bora va rouler.

La question se pose de savoir qui aura envie de tenter de sortir quand on sait que la Bora devrait avoir la main sur cettr étape toute la journée. Pouvant trouver des alliés de taille en cours de route avec en premier lieu : la CCC puisque Trentin est toujours intéressé par le classement par points. Quid des équipes comme la Mitchelton qui ont une carte à jouer avec Mezgec ? Des Sunweb qui ne jouent plus que les victoires par étapes avec Hirschi et Soren Kragh Andersen qui ont un bon coup à jouer aujourd’hui. Ou encore des AG2R qui ont perdu Bardet et seront en électron libre sur toute la fin de ce Tour. Il en va de même pour les Groupama-FDJ. Les Deceuninck auraient tout intérêt à mettre la zizanie dès le départ, en allant chercher le sprint intermédiaire non pas pour Bennett mais pour enlever des points à Sagan. Sortir les gros rouleurs sur le plat s’avérerait être une option pour prendre les gros points du sprint intermédiaire au slovaque et sauver une journée de plus le maillot vert. C’est pourquoi, je m’attends à voir des Cavagna ou Asgreen attaquer d’entrer. Accompagné de Küng et Naesen dont les équipes sont maintenant intéressées que par le Général. Un groupe de rouleurs difficile à dompter.

Avant le sprint intermédiaire, deux difficultés devaient permettre à la Bora de faire reculer Sam Bennett au fond du peloton. D’abord la cote de Barrioux, courte (seulement 1 kilomètres) et relativement taillée pour l’irlandais.

Ensuite la cote répertoriée du Château d’Aulteribe (1 km à 8.2%) mais c’est en réalité 1.6 km à 5.9% puisqu’elle se poursuit en son sommet. Le pied est l’endroit parfait pour asphyxier Bennett.

Evidemment, même si Sagan est bon descendeur, le danger qu’un Alaphilippe en défenseur attaque, pour faire la descente dont le sprint intermédiaire est jugé à son pied, n’est pas à écarter. Exit donc les Sagan vainqueur du sprint intermédiaire à 2.3. Avec le risque d’une échappée de gros rouleurs et d’attaques dans la cote du château pour anticiper la descente.

Evidemment, avec certitude la Bora mènera le tempo du Col du Béal pour faire sauter les Bennett, Ewan et consorts en vue de l’arrivée à Lyon.

Que ce soit à Courreau …

… qu’au col des Brosses non répertoriées. Une longue journée attend le groupe des sprinteurs pour être dans les délais.

Mais pour la Bora, c’est le final casse-pattes dans Lyon qui devrait mobiliser le plus d’énergie.

La cote de la Duchère est sûrement la plus dure des deux cotes qui jalonnent le final. Durcir la course dedans est envisageable. Le sommet est jugé à 10 kilomètres de l’arrivée.

Seulement la descente menant à la Cote de la Croix-Rousse par la rocade est favorable à un groupe chassant étant extrêmement roulante.

La Cote de la Croix-Rousse est moins dure que la Duchère avec ses quatre lacets, le peloton devrait s’allonger et les attaques devraient fuser puisque son sommet est situé à 4.5 kilomètres de l’arrivée.

Un final sinueux qui devrait inspirer plus d’un late attacker. Mais il faudra être costaud pour résister à un peloton réduit en chasse. Un final qui somme toute devrait se courir à la façon d’une classique.

Mes culpa sur la descente, mes premières indications à domicile me disaient que la descente de la Croix Rousse était propice au écart mais ce n’est que la montée de cette dernière en fin de compte avec ses lacets (dans le sens inverse). Encore une fois, la seconde descente qui compose le final est un vrai billard menant aux quais.

La Bora ne roulant pas pour Sagan, Schachmann aurait un terrain de jeu à sa mesure. Même Postlberger pour une attaque au kilomètre. Seulement l’équipe mise sur le maillot vert et à raison. Pour rappel, une victoire d’étape est gratifiée de 11 000€. Tandis que le port du maillot vert de 6 000€ par jour porté et de 25 000€ pour son porteur sur les Champs Élysées. Autant dire que le jeu économique vaut plus la chandelle de se battre pour le Vert. D’autant que à la fois Lyon et à la fois Champagnole sont des occasions pour Sagan de lever les bras et donc de gratifier l’équipe de la rente offerte pour la victoire d’étape. Exit donc la carte Schachmann, aujourd’hui c’est un all-in sur le slovaque pour ne pas le priver de points précieux.

Un sprint avec un léger vent, de dos qui devrait favoriser les hommes rapides. Avec une Bora et une CCC fortement intéressée, dans un final malgré tout favorable à une chasse difficile d’échapper à un sprint réduit.

Comparatif final 2020 / 2013 du Tour de France à Lyon

Dans la tentative d’échappée hier avec Sagan, Matteo Trentin a montré être l’un des adversaires les plus redoutables de Peter Sagan. Emmener tant sur l’Île de Ré qu’à Poitiers par Greg van Avermaet, il serait logique que l’italien soit la carte de la CCC aujourd’hui. Le gros point d’interrogation étant sur l’organisation de l’équipe qui a montré en interne qu’en course être désorganisée et à contre-temps. Cependant, Trentin a un sacré coup à jouer dans un final qu’il connaît désormais puisque si l’arrivée ne se joue pas sur la rive est mais cette fois sur la rive ouest du Rhône. En effet, le sprinteur y avait inscrit sa première victoire sur le Tour en 2013.

Evidemment si on parle d’une Bora travaillant toute la journée et d’un final façon classique, Sagan ne peut être que parmi les favoris. Ses équipiers ont pour l’heure abattu un travail monstre pour une poignée de points. Pourtant son sprint à l’Île de Ré a montré qu’il avait une pointe de vitesse redoutable. Sa faiblesse de points dans sa récolte est surtout dû aux circonstances. A Lavaur, le slovaque déchausse en plein sprint, à Poitiers il finit déclassé et hier la Jumbo a sapé ses espoirs en chassant pendant une heure un groupe qu’elle aurait pu laisser filer.

Tactiquement et collectivement, une équipe ressort : la Sunweb. Dans un final taillé pour Hirschi, le suisse pourrait être la carte de l’équipe pour décrocher son second succès sur la Grande Boucle. Beaucoup d’efforts ont été consentis pour le jeune qui découvre son premier Grand Tour. Le final convient tout autant à son coéquipier SKA. Il ne serait pas étonnant que le petit suisse déguste en tête du peloton dans le final pour jouer l’option danoise et ainsi rendre la pareille. SKA a montré de belles jambes à Sarran finissant 3e malgré le travail abattu pour Hirschi. Une tout aussi belle carte en cas de late attack pour le récent 3e de l’Het Nieuwblad.

PRONOSTICS

Peter Sagan podium : 2.88 – 1% (Betstars)

Trentin vainqueur : 15 – 0.25% (Winamax – cote boostée)

Soren Kragh Andersen : 21-6 – 0.25% (Unibet-Winamax)

Etape 13 Tour de France 2020 Preview

Pas moins de 4459 mètres de dénivelé positif attendent les coureurs pour rallier Puy Mary. On le sait dans la montagne, les chances des échappées augmentent considérablement. Passant à près de 47%. Un coin flip profitable quand la loterie s’avère gagnante. Lors qu’un groupe passe d’une dizaine de coureurs à une quinzaine les chances des échappées passent d’un tiers à près de deux tiers. La question principale de cette étape sera donc de savoir si les échappées ont une chance d’aller au bout ?

Etape 13 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Pas moins de sept difficultés répertoriées au classement de la montagne jalonnent le parcours de cette treizième étape. Avec 36 points de distribués au maximum, Châtel Guyon – Puy Mary est l’étape charnière de la deuxième semaine pour le maillot à pois. Qui figurera dans les premiers dudit classement à l’issue de l’étape fera office de favoriser pour revêtir le maillot sur les Champs. L’étape du Grand Colombier offre certes un total de 40 points mais on peut d’or et déjà considérer que l’arrivée au sommet sera entre favoris. Dès lors l’étape est amputée de 20 points pour les échappées. Les coureurs intéressés par le classement de la montagne seront donc de sortie de sortie aujourd’hui.

Pour répondre à la question des chances des échappées d’aller au bout, il faut se demander qui pourrait chasser derrière les fuyards et pourquoi ? Intéressons-nous au classement général. Des hommes qui ont paru les plus en forme, Pogacar apparaît comme le plus dangereux par sa forme à l’heure actuelle. Toujours à l’attaque, le slovène a perdu du temps dans la bordure de Lavaur et ne cesse d’essayer de récupérer le temps perdu comme il nous l’a montré à Laruns. Chaque arrivée offre 10″ de bonifications au vainqueur et le col de Neronne quant à lui gratifie celui qui le passe en tête de 8″ supplémentaires. Avec 44″ à combler sur Roglic, le jeune prodige de UAE devrait être fortement intéressé. Les Jumbo-Visma ont donc tout intérêt à ce qu’il y ait une course dans la course et ne pas prendre les choses en main. Pour maintenir un écart suffisant et chasser derrière les échappées. Dès lors, UAE et les Ineos de Bernal actuel 2e du Général à 20″ de Roglic sont les équipes numéro 1 pour partir en chasse. Seulement l’enchaînement du Col de Neronne et du Pas de Peyrol est extrêmement compliqué et long. Dans une journée avec autant de dénivelé, serait-il pertinent de fatiguer des équipiers alors que le train des Yellow Warps apparaît comme le meilleur de ce Tour et pourrait se reposer avant l’enchaînement final fatidique ? Si la Team Ineos est au complet, il en est tout autre des UAE où Pogacar souffre des abandons de Fabio Aru et sûrement de son meilleur gregario sur ce Tour en la personne de Davide Formolo.

Les chances des échappées sont donc considérables. La bataille pour y aller devrait être terrible tant il faudra bien filtrer pour la Jumbo-Visma et s’assurer une journée plutôt tranquille jusqu’au pied du Neronne. Si le filtrage est bon alors l’échappée pourra prendre le large sur potentiellement plus de dix minutes. Tous les coureurs au delà de la 17e place ont ce bon de sortie. En effet, Valverde est 17e à seulement 3’43” contre 12’13” pour Esteban Chaves qui le précède. Le gap est donc conséquent entre les deux hommes.

La cote de Chateaugay devrait voir un petit groupe s’extraire mais de part sa brièveté, les attaques ne devraient cesser et il sera compliqué de faire rideau derrière. C’est donc dans la longue ascension de Ceyssat que la bonne devrait se dessiner. Le profil des coureurs qui la compose est sans appel :

  • des grimpeurs intéressés par une victoire d’étapes
  • des grimpeurs intéressés par le classement de la montagne
  • des Movistar, Education First et Trek pour le classement par équipe.

L’enchainement Pas de Peyrol et Col de Neronne est usant, pas moins de 29.9 kilomètres non répertoriés à 3.3% si on prend le pied de Neronne au Aldières.

Dans sa phase répertoriée, avec un pied au Falgoux, l’ascension est plus courte avec “seulement 14.8 kilomètres”. Ce qui reste une longue ascension.

Que ce soit Neronne que Pas de Peyrol, chacune des deux ascensions à une portion de trois kilomètres à près de 10%. Il faut donc être un coureur qui apprécie les gros pourcentages pour briller sur cette étape.

Mais c’est véritablement le sommet du Pas de Peyrol qui devrait voir une montée des écarts conséquents et établir une hiérarchie claire entre les leaders. Les deux derniers kilomètres sont à 12.8%, ce ne sera pas la journée pour avoir un jour sans

Pour choisir mes favoris, j’en prendrais un par catégories précédemment citées. La première étant celle des chasseurs d’étapes. Mon œil se dirige donc instinctivement vers un des locaux de cette étape, en la personne de Pierre Rolland. Habitant à Superbesse, il connaît ses cols par cœur étant sur ses routes d’entraînement. L’étape est cochée, il a annoncé hier qu’il s’échapperait. En grande forme, le leader des men in glaz nous a confirmé tout au long de ce Tour qu’il avait la canne. Déjà lors du Dauphiné, le français a épaté en restant au près des leaders. A l’attaque dans l’ascension d’Orcières-Merlette pourtant monté à un rythme soutenu. Dirais-je même à l’asphyxie par les Jumbo, le français est le seul avec Guillaume Martin à avoir tenté et même à réussir sa tentative. Deuxième à Sarran en attaquant du groupe de contre, il aura une énième fois confirmé sa forme du moment. Pas avare d’efforts lorsque le frenchie s’échappe, il fait figure de favori et ne se laissera plus endormir par une attaque en tête de groupe comme cela avait été le cas à Alfacar en 2018 sur la Vuelta.

Concernant la catégorie des hommes du classement par points, je me tourne vers le 15e dudit classement. David Gaudu totalise 8 points au classement du meilleur grimpeur. Non destiné pour aller chercher les points, le lieutenant de Thibaut Pinot a désormais le champs libre depuis la défaillance de ce dernier. Et si on peut légitimement se demander si le français peut en faire son objectif. La réponse pourrait être : si ce n’est pas un objectif pourquoi se battre pour un point au sommet des cols de Soudet et d’Ichère lors de l’étape de Laruns ? Une étape où il a rassuré en s’échappant et montrant une meilleure forme que lors de l’étape de Nice où il est apparu en souffrance après sa chute la veille. Le coureur de la Groupama-FDJ semble avoir récupéré. On se souviendra de sa montée monstrueuse l’an passé de la Planche des Belles Filles dans le peloton pour TiboPino pour argumenter sur ses capacités à apprécier les forts pourcentages. Ayant pour vocation de devenir le succès de Pinot au sein de l’équipe, Gaudu a tout du leader en puissance. Sur les courses italiennes de fin de saison, il ne cesse de confirmer depuis deux ans. L’an passé au Tour des Emirats et en Romandie notamment il a éclaboussé de toute sa classe. Assurément l’un des meilleurs grimpeurs en échappée, s’il venait à prendre le large.

Dans la dernière des catégories, il convient de choisir entre Movistar, EF et Trek. Avec l’envie prononcée hier, les coureurs de la Trek me semble la meilleure option. Au vue des attaques dans le final dans le groupe de contre, Kenny Elissonde ressort de ma liste. On le sait le français est un excellent grimpeur. La question demeure en suspens de savoir s’il restera au près de Richie Porte. Mais le final lui convient à merveille. Au service de ses leaders, durant les années Sky/Ineos, le grimpeur de la Trek a désormais plus d’opportunités que par le passé. Et si certes, cela remonte à ses années FDJ quand on gagne à l’Angliru, c’est une preuve qu’on aime les gros pourcentages. Son gabarit en effet, l’avantage en ce sens (facile à retenir puisque j’ai exactement le même : 1m69 pour 52 kilos).

PRONOSTICS

Pierre Rolland vainqueur/Top 3 : 30/8 – 0.25% (Winamax)

David Gaudu vainqueur/Top 3 : 15/5 – 0.25% (Winamax)

Kenny Ellisonde vainqueur/Top 3 : 101/230.25% (Betstars)

Etape 12 Tour de France 2020 Preview

Châtelaillon Plage – Poitiers promettait d’être une étape somnifère. Hormis l’attaque mafieuse de Naesen et sa bande, il n’y avait pas grand chose pour meubler l’étape. Mais “la nuit est sombre avant qu’apparaisse l’aube. Je vous promets que je vois pointer l’aube” vers Sarran. Une étape avec 3389 mètres de dénivelé positif où les chances des échappées sont grandes promet toujours quelques feux d’artifices en perspective.

Profil Etape 12 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Qui dit étape pour baroudeurs implique souvent une grosse bataille pour prendre l’échappée. Avec un sprint intermédiaire au kilomètre 51, Sagan serait bien inspiré d’aller chercher des points sur cette étape. Le slovaque, avec son déclassement et sa pénalité de treize points, pointe désormais à 68 points de Sam Bennett. Sans cette sanction, le sprinteur de la Bora ne sera qu’à seulement quinze points du sprinteur de la Deceuninck. Les choses semblent désormais différentes et le temps semble compté.

Evidemment, prendre une échappée semble compromis. La Deceuninck Quick Step ruinant toute chance du multiple porteur du maillot vert de prendre le large. C’est pourquoi nombre voit les chances des échappées augmenter. Comme c’était le cas d’ailleurs pour l’étape de Colmar en 2019 où la cote des Trois Epis (7,9km à 5,4%) et surtout la cote des Cinq Chateaux (5,3km à 6,3%) pouvaient être les rampes de lancement d’attaquants voulant se débarrasser des sprinteurs. Puisque le sommet de la dernière des deux côtés n’était située qu’à 19,5 kilomètres de l’arrivée. Un terrain somme toute favorable au mouvement comme celui menant à Sarran de cette édition 2020. Pour l’étape 5 de 2019, la Bora et la Sunweb étaient les candidates parfaites pour chasser l’échappée. Ce qui n’a pas loupé avec ces deux équipes ne laissant guère plus de 2’30” à une échappée peu fournie et maîtrisant les attaques dans la dernière difficulté grâce une chasse rapide dans la descente qui suivie.

Bien entendu, Suc au May est outrement plus compliquée. La difficulté est indigeste. Romain Feillu décrit son revêtement comme accrocheur. Malheureusement, les images Maps ne sont disponibles pour l’ascension. Mais des vidéos YouTube comme celle-ci offrent une idée de l’ascension : https://youtu.be/4edbR1nU4bc

La route est vraiment peu large, ce qui implique que le placement est primordial pour pouvoir suivre et non subir les offensives.

Sur la vidéo, le revêtement du sommet a été refait. Mais ce sont les portions les plus faciles de Suc au May (seulement 2,2% de moyenne).

La vidéo ayant été prise au cours d’une sortie le 14 juin, quid du revêtement de la partie la plus raide ? A-t-il été refait entre temps ou l’ancien revêtement est-il maintenu ? Évidemment, cela ne change pas l’analyse mais c’est un paramètre qui augmente la difficulté de l’ascension rendant cette dernière encore plus casse-pattes.

Le meilleur endroit est bel et bien Suc au may pour un mouvement de course. Un coureur comme Julian Alaphilippe y sera forcément attendu. Mais sortir en solitaire semble de la folie. Déjà à Epernay, une telle attaque semblait suicidaire à seize bornes de l’arrivée. Il faudra compter sur dix kilomètres de plus pour relier Sarran. La cote de la Jallière, elle aussi était proche de l’arrivée : 13 km de l’arrivée. On pourrait tout autant comparer la deuxième étape à Nice. Mais la descente qui a suivi les Quatre Chemins ne faisait guère de place à un replat final suffisamment pour être rejoint. Le constat est quasi sans appel : sortir dans Suc au May oui, sortir en solitaire non.

La descente n’est pas la plus rapide de ce Tour de France mais elle reste un endroit technique où on peut prendre un peu de temps. Cependant, elle est trop courte pour espérer en gagner beaucoup. Le replat entre La Gane de Roumaillac et Le Moulin du Cher est plutôt favorable à un groupe de chasse. D’autant qu’il faudra ensuite faire face aux cinq kilomètres finaux montant vers la ligne d’arrivée à Sarran. Un menu d’exception a été concocté (neanmoins Michel n’en est pas l’artisan) pour les coureurs. A eu de le sublimer et de le digérer.

Un final que les puncheurs devraient apprécier en cas de comité réduit car il élimine par le jeu de course et sa longueur les sprinteurs purs.

Sur le papier, l’étape semble être du cousue main pour Alaphilippe. Ce dernier s’est totalement relâché dans le final de Poitiers pour perdre 4’25” sans mettre la main à la pâte pour Sammy Be. Ce qui semble être un indicateur de ses ambitions pour l’étape de Sarran. Mais pourtant, avec l’importance des points dans la chasse au classement par points. Sagan ne peut être totalement oublié malgré les pourcentages abruptes de Suc au May.

Remontons le temps en arrière de deux ans, l’édition 2018 offrait une arrivée à Mende en franchissant la terrible cote de la Croix Neuve. Jasper Stuyven l’avait anticipé en partant à une trentaine de bornes de l’arrivée. Tandis qu’Omar Fraile lui était parti dès le pied de ladite cote pour lui aussi anticiper une attaque fatale de Julian Alaphilippe. Évidemment, le frenchie avait mis une attaque tranchante pour revenir sur les deux hommes. Dans son groupe figuré : Caruso, Geschke, Edet, Calmejane, de Gendt, Rolland, Martinez, Perez, Gorka Izaguire et Peter Sagan. Malgré les près de 10% de pente moyenne tout le long de l’ascension, le slovaque n’a jamais implosé. Dans l’impossibilité de suivre les coups, Sagan a fini à seulement six secondes d’Alaphilippe et Stuyven rejoint par ce dernier et douze secondes de Fraile qui avait viré en tête avec neuf secondes d’avance. Pour rappel, à 1 km du sommet moment où Alaphilippe est sorti du groupe Peter Sagan, le coureur de la DQS comptait 40″ de retard sur Stuyven et 15″ sur Fraile. Ce qui indique que le slovaque a fait une très grosse montée lui aussi au vue de son temps à l’arrivée et sa quatrième place.

Est-ce exceptionnel ? Cette fois cinq ans en arrière, toujours à Mende, le slovaque avait pris la cinquième place de l’étape dans le même final favorable aux puncheurs/grimpeurs. La désormais terrible et non moins célèbre étape où Pinot/Bardet c’était regardé dans le final pour laisser revenir Cummings sur eux, Sagan avait fini à seulement 9″ d’Uran, 26″ de Bardet, 27″ de Pinot et 29″ de Cummings. Dans un groupe pourtant composé de Gautier, Plaza, Jungels, Castroviejo, Yates, Bakelants, Pantano, Perichon, Kore et van Avermaet. En somme encore une fois des coureurs au dessus du slovaque dans de tel pourcentage. Ce qui rajoute à l’exploit, ce sont les attaques incessantes dans le groupe qui n’ont pu reléguer le futur champion du monde près de trois minutes comme Grivko l’a été.

Comme le comparatif le démontre, Suc au May peut être similaire à la Croix Neuve. Si tenté que les pourcentages les plus abruptes sont sur une distance plus courte. Ce qui n’interdit rien au slovaque dans sa quête aux points. Buchmann pointant à 15’35” du Général, l’objectif de l’équipe n’est pas de maintenir un Top 20 de l’allemand mais chercher des victoires d’étape et ramener le maillot vert à Paris. Chasser l’échappée en vue de préparer un sprint pour Sagan en éliminant Bennett sur sa route n’est donc pas inenvisageable ; au contraire.

Dans un scénario similaire à Colmar sur l’édition précédente et un final pour puncheur, Greg van Avermaet a toutes ses chances. D’autant que deux options s’offrent à lui : prendre l’échappée si cette dernière est consistante ou avoir un sprint réduit grâce à une chasse conjointe de la CCC et de la Bora. Véritablement en forme, le belge sera monté en puissance depuis le Tour de Wallonie. Aérien dans le col des Quatre Chemins, réglant le sprint du groupe en chasse derrière Alaphilippe, Hirschi et Yates, le champion Olympique nous a confirmé ses jambes sur l’étape du Mont Aigoual.

Les seuls ombres au tableau pour les deux hommes semblent l’indécision du scénario échappée. Sagan arrivera-t-il ou non à s’y immiscer sans que la DQS ne s’obstine à le chasser ? Aura-t-on une échappée fournie ou maîtrisée et filtrée excellemment bien par la Bora ? Schachmann et Trentin ont tout autant un terrain à leur mesure. Le premier semble être la meilleure carte de la Bora tant il a paru en jambe sur l’étape à Laruns en étant très offensif et dans le groupe de chasse derrière Hirschi. Le second ayant une arrivée taillée pour lui mais étant confronté à une concurrence interne. Faisant partie du quatuor chassant les points du maillot vert, ses ambitions au maillot pourrait être un frein au belge.

PRONOSTICS

Peter Sagan vainqueur : 25 – 0.25% (PasinoBet)

Peter Sagan podium : 6.5 – 0.25% (Betstars)

Greg van Avermaet vainqueur : 12 – 0.21% (Winamax)

Greg van Avermaet podium : 3.5 – 0.29% (Unibet)

Double chance podium Trentin ou Schachmann : 2.8 – 1% (Unibet)

Etape 10 Tour de France 2020 Preview

En posant son regard sur l’étape reliant l’Île d’Oléron à l’Île de Ré, une évidence s’imposait. A la sortie l’ouverture d’une deuxième semaine, la tension devrait être palpable tant l’étape en bord de mer est propice aux bordures. Toute la question est de savoir si le vent de septembre le permet et où devrait-elles avoir lieu ?

Plan Etape 10 Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Longue de 168.5 kilomètres, l’étape semble promise aux sprinteurs tant le profil ne fait guère de place aux difficultés. Même pas 600 mètres de dénivelé positif devrait être parcouru. Une journée facile sans nulle doute. Cependant, quiconque a déjà couru les plages vendéennes en février/mars chez les amateurs sait que la région peut rapidement devenir un enfer. C’est pourquoi le facteur x ne reposera pas sur la composition du parcours mais sur les conditions météorologiques.

Parcourant les marais de la région ainsi que des villages pavés comme la citadelle de Brouage, l’étape du jour offrira un panorama bien souvent découvert. Ce qui est déjà un des éléments constitutifs d’une tentative de bordures où le peloton doit parcourir une zone exposée.

Le vent en début d’étape devrait offrir un point de tension notamment sur le Pont d’Oléron et l’arrivée sur le continent. Cependant, si le vent est fort. Sa direction n’est pas idéale, en étant de côté sur la remontée vers La Rochelle. Ce qui devrait refroidir toute tentative de bordures.

Mais le vent va s’intensifier au fil de la journée.

Et la tension devrait réapparaître vers l’Houmeau où les routes seront peu larges en direction du Pont de Ré.

Le secteur clé de cette étape est sans nulle doute le Pont amenant à l’Île de Ré.

Long de 2 926,5 mètres, il monte jusqu’à 42 mètres au dessus de la mer. Si on se fit au plan, ce dernier monte durant les 1759,7 premiers mètres. Ce qui dont un pente de 2.27%. Le Pont est donc en faux plat montant et fortement exposé aux vents marins qui souffleront puissamment. On le sait les vents marins sont tournants. Si bordure il y a, le Pont est le meilleur endroit pour faire la sélection. D’autant que les routes dans l’Île sont peu larges ce qui laissent peu de place à une équipe mal placée de remonter. La tension augmentant à l’Houmeau, il est fort probable que le peloton casse sur le pont.

Avec un vent de face dans les kilomètres finaux et des routes qui laissent peu de places. L’importance des trains et leur placement seront primordiaux. Le dernier virage à 300m doit inciter à virer en tête avec son poisson pilote tout en ne lançant pas de trop tôt.

D’office, il convient d’éliminer Wout Van Aert. Après ses deux succès la tentation peut-être belle de miser sur lui. Seulement, son succès à Lavaur est à tempérer. Le belge paraît sur une journée de bordures mais nul ne se doutait que la Bora ne débrancherait jamais. La bordure était anticipé dans le final. Et le multiple champion du monde de cyclo cross partait dans le but de protéger Roglic et nullement de faire le sprint. Qui s’est décidé en cours d’étape. Dès lors WVA n’a plus roulé. Aujourd’hui il en sera tout autre avec deux succès et un maillot jaune à protéger.

La Deceuninck revancharde d’avoir subi pour la première fois depuis longtemps la bordure devrait être l’équipe qui devrait secouer le cocotier sur le Pont, voire même avant. Cependant, Sam Bennett n’est absolument pas un gage en cas de bordure. Ayant subi toutes celles de 2020 et n’ayant pas été victorieux sur celle de la Vuelta.

C’est pourquoi pour les mêmes raisons que pour le sprint de Lavaur, je me dirigerais encore vers Bol qui a le meilleur sprint et nous a montré une pointe de vitesse aussi redoutable que celle de Wout Van Aert à Privas. Casper Pedersen a fait un travail formidable vent de face et le sprint décollé du sprinteur néerlandais de la Sunweb à Privas était sublime.

PRONOSTICS

Cees Bol podium : 2.5 – 1% (Winamax)

Cees Bol vainqueur : 7 – 0.25% (Betclic)

Etape 8 – Tour de France 2020 Preview

Plan Etape 8 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Après une étape arrivant à Privas menée tambours battants, les coureurs du Tour de France s’attaque à un week-end pyrénéen copieux. Le menu du jour s’avère relativement indigeste. Permettra-t-il le début des grands manoeuvres ? C’est toute la question qui se pose.

Profil Etape 8 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Un départ facile avec un sprint intermédiaire à saisir à une heure de route. Sagan dispose de 9 points d’avance sur Sam Bennett. L’avantage est maigre. En cas de prise du sprint intermédiaire de l’irlandais, le slovaque doit finir impérativement dans les trois places qui suivent. Au delà de la 5e place, le sprinteur de la Deceuninck aurait l’avantage de points sur celui de la Bora. Si Sagan finit à la 5e place alors les deux coureurs seraient départagés au nombre de victoires aux sprint intermédiaires (aucun des deux n’ayant remporté d’étape), avantage à Bennett vainqueur du SI de l’Epine (étape 5). Le gap de points se faisant point par point dans le fond de classement du SI, la stratégie du slovaque devrait être de laisser filer l’échappée si Bennett n’en fait partie afin de ne pas prendre le risque de perdre le maillot. La chasse au vert reposant dès lors sur la Deceuninck, le rythme du peloton devrait être insufflé par les coureurs désireux de prendre l’échappée pour la victoire d’étapes. Un scénario similaire à il y a deux jours est donc envisageable avec une échappée de gros rouleurs / bons grimpeurs partants tôt et un peloton faisant rideau sur des routes départementales larges. L’échappée ne devrait pas être chassée par les Mitchelton Scott qui verrait d’un bon œil, les bonifications au sommet de Peyresourde prise par l’échappée.

Bien que l’étape soit courte de seulement 141 kilomètres, le dénivelé positif total est énorme avec 3821 mètres au menu. Situé trop tôt dans l’étape le col de Monté et le Port de Balès ne sont pas propices au mouvement dans le peloton. La descente qui mène au Col de Peyresourde est rapide et roulante. En sachant que le train de la Jumbo-Visma devrait se mettre en route dans Peyresourde pour asphyxier comme à l’accoutumée les autres leaders.

Derrière la descente menant à Loudenvielle n’est pas technique. Extrêmement rapide, on se souviendra de Froome y attaquant en 2016. Y grapiller quelques secondes est faisable mais guère plus de 30″, tant elle n’est pas propice à creuser les écarts.

Dans un scénario échappée, il est toujours une incertitude pesante quant aux noms qui prendront le large. Sur un tel départ, il est donc intéressant de se pencher sur des grimpeurs avec une grosse caisse sur le plat. C’est pourquoi, mon regard se dirige vers des coureurs comme Bob Jungels en forme et pouvant tout autant servir de points d’appui à Alaphilippe en cas de décision entre leaders. Mais aussi de Hugh Carthy qui nous aura éclaboussé de toute sa classe l’an passé en Suisse.

Evidemment, si son classement général ne reflète pas ses capacités : Pavel Sivakov est un gros client. Excellent grimpeur, il aura semblé faire des journées en dedans en ce début de Tour. OUI, une incertitude demeure quant à la récupération de ses chutes sur la première étape. Mais ayant grandi à Soueich, il connait ses routes mieux que quiconque. Depuis ses 8 ans, il arpente les cols du coin et il aura confié au journal l’Equipe que cette journée lui tient à cœur.

La couverture idéale dans un scénario échappée avec un GC si rapproché pourrait bien être sur les maillots jaunes de l’étape. Même si les bonifications sont prises par l’échappée et encore plus si elles ne le sont pas. Des leaders seraient bien inspirés d’attaquer au sommet pour faire la descente. A ce jeu, Bardet et Alaphilippe semble être les meilleures options. Le premier rêvant de porter la tunique si chère au public français et le second rongeant son frein depuis sa perte sur pénalités. Tant à Mont Aigoual qu’à Lavaur, Alaphilippe aura montré son intérêt pour récupérer les secondes perdues. Les deux français sont de très bons descendeurs et il ne serait pas étonnant de les voir à l’offensive dans une journée qui ne promet pas des grands mouvements entre leaders.

PRONOSTICS

Julian Alaphilippe maillot jaune : 13 – 0.25% (Unibet)

Romain Bardet maillot jaune : 16 – 0.25% (Unibet)

Hugh Carthy vainqueur/Top3 : 25/8 – 0.5% (Betclic)

Bon Jungels vainqueur/Top 3 : 250/60 (Winamax/Betclic)

Pavel Sivakov vainqueur/Top 3 : 250/20 (Winamax)

Etape 7 – Tour de France 2020 Preview

Une étape menant à Mont Aigoual logiquement remportée par les échappées. Située juste avant un week-end promis aux mouvements, l’étape de Lavaur a tout de l’étape de transition. Le peloton nous surprendra-t-il avec une nouvelle étape sans la moindre échappée ?

Profil Etape 7 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

En effaçant la première partie, la seconde partie du circuit ne fait guère de doute : Lavaur est promis au sprint et devrait voir un sprint.

Le début d’étape en ses vingt premiers kilomètres offrent un terrain parfait pour filtrer l’échappée et faire rideau derrière. Évidemment dans une étape promise au sprint, les plus téméraires ne sont pas légion. Enfin sprint, mais rien ne dit que celui-ci sera massif.

Comme exposé par la direction de course un “vent d’antan” du Sud/Est soufflera toute la journée, avec des pointes entre 30 vers Lavaur et 40 km/h vers Castres.

A la sortie de Castres, la zone est exposée et clairement la plus propice à une scission (Dieu que c’est long 43km de Google Maps). Le vent sera trois-quarts dos, le risque de bordure y sera accrue. Un cumul de situation propice aux bordures (zone exposée au vent, vent fort et vent soufflant dans le dos des coureurs). La tension dans le peloton devrait se faire sentir. Il est d’ailleurs très probable de voir le peloton accélérer de lui-même entre Roquecourbe et Castres. Les équipes de leaders voulant à tout prix se replacer pour éviter d’être piégées. Si la Groupama-FDJ a l’occasion de nous lire : PRENEZ LA ROUE DES DECEUNINCK ! Et au cas où, en sortie de Castres pour prendre la D-112, un enchaînement de deux carrefours giratoires se fera : le premier par la droite, le second par la gauche… juste au cas où.

L’approche du sprint est sans difficulté et encore une fois l’importance des trains sera cruciale.

BORDURES OU PAS BORDURES ?

Selon toute vraisemblance, les bordures devraient avoir lieu. Evidemment, ce sont les coureurs qui en décident. On se souviendra de la bordure annoncée sur les réseaux sociaux par Terpstra en 2018 sur l’étape reliant Fougères et Chartres. La montagne avait accouché d’une souris. Cette année, il semblerait que ce soit Oliver Naesen qui l’ait annoncé dans l’émission Vive le Vélo. Et nul doute que si tel est le cas, il aura bien révisé son sujet auprès de Geniez, originaire du coin. Le coup de force a déjà été tenté par les Ineos Grenadier dans le final à Privas avant-hier. Menant à une scission qui n’a pas été maintenue. Une tentative de bordure qui n’aura duré qu’une poignée de kilomètres dans les 10 derniers de l’étape. Castres sera cette fois à 43 kilomètres de l’arrivée. Ce qui pourrait contrarier, de prime abord, toute tentation de t’étirer le peloton, au regard de mercredi. Mais voilà, le vent cette fois sera de dos, ce qui poussera le peloton. Et il n’est pas sans rappeler qu’un vent puissant de dos est le vent le plus propice aux bordures.

L’équipe qui pourrait en foutre partout est comme à l’accoutumée : la Deceuninck Quick Step qui est coutumière du fait. La perte du jaune par Alaphilippe par le biais de pénalité à laisser un goût amer au français. Si l’on était tenté de penser que ce ravitaillement à 17 bornes de l’arrivée était fait exprès en vue de se décharger du point du Général. Le fait même qu’il n’ait pas perdu de temps dans l’ascension vers Mont Aigoual et son attaque au sommet en vue de récupérer une poignée de secondes est une démonstration que ledit ravito interdit était bel et bien la conséquence d’une erreur. Tenter un coup de bordures aurait pour double avantage de remettre potentiellement Alaphilippe dans de meilleure disposition au Général et d’évincer des sprinteurs en vue du sprint pour Bennett à Lavaur. Il conviendra néanmoins pour l’irlandais de ne pas faire comme à Paris-Nice et ne pas subir les bordures.

Mon œil se portera sur un homme en particulier. Cees Bol, le sprinteur de la Sunweb possède actuellement le meilleur train. Casper Pedersen et Nikias Arndt ont montré que la machine était parfaitement huilée et le sprint de Privas était un récital. Bien que le sprinteur de la Sunweb concède la victoire à Wout Van Aert pour une vingtaine de centimètres (si “Cees pas de Bol”). L’équipe n’a rien à regretter tant elle a démontré une masterclass dans l’art du placement et du lancement. Le train n’a failli qu’une seule fois à Sisteron dans un sprint décousue vent de face où la Bora lançant trop tôt a désorganisé la Sunweb. Toujours bien positionné dans l’étape de la Châtre, le néerlandais a su anticipé les risques de bordures au cours de Paris-Nice. Est-ce étonnant pour celui qui est originaire d’un pays où le vent est une religion. Mesurant 1m94 pour 83 kilos, son gabarit est assurément un avantage lorsqu’une bordure est initié avec un vent trois quarts dos. Le sprint plat à Lavaur sans difficulté majeure hormis un rétrécissement devrait lui permettre de développer toute sa puissance. Le profil pourrait presque rappeler sa victoire de Pasadena. Ne reste plus qu’au géant néerlandais qu’à concrétiser.

PRONOSTICS

Cees Bol podium : 2.15 – 1.5% (Unibet)

Cees Bol vainqueur : 6 – 0.5% (Winamax)

Etape 2 – Tour de France 2020 Preview

Que celui qui avait vu la victoire de Kristoff après sa grosse chute mercredi à Plouay lors du Championnat d’Europe lève la main ? Que celui qui avait prévu que l’étape d’ouverture serait une hécatombe lève la main ? Si d’ordinaire les premières étapes sont marquées par la nervosité du peloton, rares sont les étapes qui obligent tous les coureurs à vouloir neutraliser l’étape de par sa dangerosité. Le départ à Nice promettait d’être dure mais c’est l’étape du dimanche qui venait immédiatement l’esprit de tous.

Profil Etape 2 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Pas moins de 4044 mètres de dénivelé positif. Et il va falloir s’accrocher car le départ risque d’être rapide avec les équipes de sprinteurs directement en formation. Pour cause, le sprint intermédiaire de la journée interviendra à seulement 16 km du départ.

Passons outre le fait que la ligne se situera juste avant un rond point… le sprint est en faux plat montant sur un véritable billard. Qui dit sprint en faux plat, dit Sam Bennett. 4e de la première étape malgré l’absence préjudiciable de Archbold et de Stybar à la dernière minute et même d’un étage de la fusée comme Lampaert, le train a montré qu’il était en place. Troisième en guise de mise en jambe du sprint du peloton pour le sprint intermédiaire de l’étape 1. L’irlandais ne sera pas du genre à laisser filer l’occasion de marquer des points si ce n’est les seuls points qu’il marquera dans la journée.

Les leaders ont-ils intérêt à une course de mouvement lors de cette étape ? L’enchainement du Col de la Colmiane et de l’exigeant Col de Turini pourrait les inspirer. Mais bien mal leur en prendrait dès la deuxième étape du Tour. Même si la situation sanitaire invite à défendre un maillot jaune tôt dans le Tour parce que l’on ne sait pas de quoi demain est fait. Et que les règles quant à la protection de la “bulle sanitaire” du peloton sont une menace constante sur le dos des équipes avec une possible exclusion à la clé. Il est peu probable de voir un leader tenter un coup.

Stephen Roche invitait à profiter de la descente de Turini pour tenter le coup. Il est vrai que la descente reste à la fois très technique notamment en raison de son revêtement mais celle-ci est placée trop loin de l’arrivée (86.5km) et les kilomètres de replat menant au circuit final n’est pas propice à des fuyards chassés par le peloton. L’idée semble bonne mais vouée à l’échec.

Un circuit final qui devrait inspirer toutes à la fois les participants réguliers de Paris-Nice avec l’arrivée désormais presque classique que des résidents monégasques qui connaissent ces routes par coeur. En effet, les coureurs ont emprunté le même circuit en 2018 et 2016, à quelques différences près notamment dans la composition du Col d’Eze. Le record Strava tant de la montée du Col de Quatre Chemins que de sa descente y étant établi pour tous les coureurs locaux que de la Course au Soleil.

Pour savoir où doit avoir lieu le mouvement le plus opportun la météo doit être prise en compte. Puisque le peloton va faire face à un vent de dos dans le Col d’Eze et des Quatre Chemins et de face dans la descente ralliant l’arrivée. Et les rafales qui devraient souffler, devraient pousser les plus téméraires à tenter leur chance dans la dernière ascension et non dans le col d’Eze.

L’ascension du Col des Quatre Chemins n’est pas la plus dure pour faire des écarts conséquents sur le reste du peloton. Les pourcentages les plus rudes étant situés en son pied. Cependant, avec un vent de dos et des bonifications attribuées en son sommet, nul doute que les mouvements y auront lieu. Le col des Quatre Chemins s’est toujours révélé sélectif lors de la Course au Soleil, une arrivée massive ne devrait pas être à l’ordre du jour. Menée à vive allure, favorisée par le vent, l’écrémage devrait se faire par l’arrière à l’asphyxie avant que les attaques ne pleuvent sur un peloton déjà bien écrémé.

Encore une descente technique dont les frères Izaguirre devraient se réjouir de la descendre sous un temps clément. Pour rappel, les deux coureurs de Astana y avaient chuté en 2018 alors qu’il avaient distancé Yates et qu’ils s’envolaient pour s’adjuger Paris-Nice (https://youtu.be/rF5dZGe1xMA). Technique, elle n’offre guère de grande portion favorable à une chasse. Et avoir une dizaine de secondes d’avance peut s’avérer suffisant. Cependant, la direction du vent peut être un sacré handicap si un groupe organisé est en chasse d’un ou deux hommes dans les parties plus planes des quais.

Est-ce que les échappées ont une chance d’aller au bout ? Avec autant de coureurs à seulement 10 secondes de Kristoff qui ne devrait pas survivre à une journée si complexe, la course au jaune devrait résumer la journée des échappées à une chasse aux points/pois. Alaphilippe n’aura évidemment pas de bon de sortie accordé n’ayant pas perdu de temps. Après son Tour 2019, il apparaît inconcevable que le peloton ne chasse pas derrière le chouchou des français. Exit donc les mouvements de loin voulu par Roche dans un article de l’Équipe où la Jumbo roulera obligatoirement après lui. Exit tout autant le placement d’un coéquipier dans l’échappée. Lorsqu’une étape est taillée pour Alaphilippe, ce n’est pas dans les gènes de la maison belge de ne pas prendre la course en main. Si mouvement il doit y avoir, ce sera donc dans le Col des Quatre Chemins. La Deceuninck Quick Step devrait être l’équipe qui mène la chasse toute la journée. Avec une échappée peut fournie, les coureurs de Lefévère trouveront toujours des alliés de circonstance. Fin du jeu pour les échappées.

Bien qu’on puisse s’attendre à une montée menée tambours battants par les Jumbo-Visma afin de contrecarrer toute attaque. Julian Alaphilippe sera attendu dans le Col des Quatre Chemins. Mais rappelons que son punch est hors du commun et bien qu’il fut attendu dans le Poggio, personne ne semble pouvoir le suivre lorsqu’il met la machine en route. Attendu dans Mutigny, l’an passé, il n’a pas déçu. La descente qui suit est une aubaine pour le coureur de la Deceuninck qui possède toutes les qualités pour briller aujourd’hui. Avec une bonne pointe de vitesse au sprint, une arrivée en petit comité peut le favoriser. Mais gageons qu’une arrivée en solitaire est plus apprécié par le jeu des bonifications. Dix secondes étant alloués au vainqueur de l’étape.

En face, Benoit Cosnefroy est le deuxième espoir français pour le maillot jaune à l’arrivée de l’étape. Et si vous ne l’avez pas lu je vous invite à visiter ce lien : https://goingfullgas.com/2020/08/27/qui-portera-au-moins-une-fois-le-maillot-jaune/ Si sa chute hier avev Sivakov n’était pas pour nous rassurer tant le russe lui semblait marqué. Sa tentative vaine pour secouer le cocotier du peloton dans les 25 kilomètres finaux de l’étape d’hier montre que la chute reste anodine pour le coureur d’AG2R la Mondiale. Rapide au sprint, c’est un autre client qui peut profiter de sa forme du moment dans un groupe réduit. L’envie de rattraper son arrivée au sommet de la cote de la Gachet doit être grande pour le français qui vise une victoire d’étape.

Dans la série des coureurs qui ont annoncé tenter dans le final du jour, Greg Van Avermaet se place en tête de liste. Un bémol subsiste quant à sa capacité à se démarquer du lot tant son Tour de Wallonie est décevant. Narvaez l’ayant nettement dominé lorsqu’il s’agissait de placer des attaques franches que ce soit à Visé dans la cote de la Cheratte mais surtout à Erezée dans la Cote de Beffe. Cependant, en petit comité le belge ne doit pas être sous-estimé. L’objectif pour le belge sera de suivre les bons coups et d’attendre l’emballage final d’un petit comité.

PRONOSTICS

Julian Alaphilippe vainqueur : 5 – 0.5% (Betclic)

Benoit Cosnefroy vainqueur : 40 – 0.25% (Betclic)

Benoit Cosnefroy podium : 12 – 0.25% (Winamax)

Greg Van Avermaet vainqueur : 40 – 0.25% (Winamax)

Greg Van Avermaet podium : 16 – 0.25% (Unibet)

Sam Bennett vainqueur du sprint intermédiaire : 2.8 – 0.5% (Unibet)

Etape 6 – Tour de France 2020 Preview

Qui aurait misé sur une étape sans échappée lors de l’étape menant à Privas ? Une chose est certaine, ils ne sont pas légion. Sur le papier, l’étape semblait taillée sur mesure pour Wout van Aert. Le belge n’a pas déçu et s’est imposé. Au plus grand bonheur de tous. Mais le fait marquant de cette étape, c’est la perte surprise du maillot jaune d’Alaphilippe en écopant d’une pénalité de vingt secondes pour ravitaillement interdit dans la zone des vingt derniers kilomètres. Adam Yates est donc le nouveau maillot jaune. Ce changement de leader du Général aura-t-il une influence sur le déroulé de l’étape ?

Profil Etape 6 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Les premières difficultés de la journée n’interviendront qu’à partir de 142.5 kilomètres. Mais l’on peut considérer que cette étape sera une montée sèche puisque les coureurs grimperont sans beaucoup de répit vers Mont Aigoual en passant par le terrible col de la Luzette.

Les vingts premiers kilomètres ne sont pas d’une particulière difficulté. Et si la bataille pour prendre l’échappée n’a pas eu lieu comme escompté sur l’étape du dimanche, il en sera tout autre aujourd’hui. En effet, avec si peu de difficultés l’échappée aura du mal à se former et devrait mettre du temps… Beaucoup de temps. L’étape n’est pas sans rappeler dans la composition de son profil celle du Lac de Payolle en 2016. Étape durant laquelle un groupe a réussi à s’extraire à partir du km 50. Le groupe fût composer de 29 unités et s’est disputé la victoire en comptant jusqu’à 5’45”. Sans surprise de gros rouleurs furent présents. Voire même la désormais célèbre étape du Chalet-Reynard cette même année où Froome y mis pied à terre et fut obligé de couvrir en plein Mont-Ventoux. Treize coureurs s’était extrait rapide pour compter jusqu’à près de 19′ d’avance.

Qui pour mener la chasse ? C’est toute la question. Avec des bonifications à l’arrivée (10″) et au sommet du col de la Luzette (8″), la Michelton Scott a tout intérêt de laisser filer. Si tenté que l’échappée soit bien filtrée. Impressionnant de puissance, le train de la Jumbo a montré toute sa puissance sur les pentes du Col d’Oscières asphyxiant jusqu’au gregario comme Castroviejo qui pourrait pourtant au top de sa forme avant le Tour. Rares sont les équipes a vouloir mener la chasse. La course à l’économie est sans doute la meilleure option pour préserver le maximum de ses éléments en vue de les protéger pour l’ascension finale où les Jumbo-Visma devraient imprimer un rythme d’enfer. Cette dernière n’a d’ailleurs aucun intérêt à conduire l’étape tant les bonifications n’apparaissent pas nécessaires pour Roglic. Ce qui n’est pas le cas soit de Pogacar qui compte 7″ de retard sur Yates et 4″ sur Roglic. Le jeune slovène est apparu comme le concurrent direct de Primoz Roglic et c’est sans doute son équipe qui devra ou non prendre les choses en main. Mais à l’instar de la Deceuninck Quick Step dont Alaphilippe pourrait être tenté d’aller chercher les bonifications pour récupérer le maillot jaune, la force collective de la Jumbo-Visma est trop impressionnante pour prendre le pari d’aller chercher les bonifications.

L’enchainement des trois dernières difficultés est énorme. Pas moins de 33 kilomètres vont devoir être parcouru et le col de la Luzette devrait être le lieu de toutes les batailles. Tant pour l’échappée que pour le peloton avec une course dans la course.

Le Col de la Luzette est un mastodonte, 11.7 kilomètres répertoriés à 7.3%. A lui seul, le col de la Luzette représente 27% du dénivelé positif de la journée sur seulement 6% du parcours. Ce qui en dit long sur sa difficulté.

Sa portion la plus dure située après 8km d’ascension en partant de Mandagout fait 1.3 pour ne connaître que des sections à deux chiffres, un passage indigeste somme toute.

La montée finale vers Mont Aigoual est beaucoup plus digeste que la Luzette. 8.2 kilomètres à seulement 4%, la décision devrait se faire avant.

En cas d’arrivée en petit comité, bien avisé seront les coureurs qui décideront de sprinter en tête. Les derniers 250m se font en virage à 90°. Ce qui implique qu’être en tête en faisant l’intérieur est un gage de gagne à la clé. Mener le sprint est donc une source de victoire. Si bien sûr la décision ne s’est pas faite entre les coureurs avant et que ces dernières n’arrivent pas un à un.

Pas de vent, ce qui implique que les coureurs ne trouveront pas d’obstacle pour les freiner dans leur ascension et surtout cela favorisera les attaques. Là où un vent de face aurait tendance à les anéantir.

Lors des étapes de montagne, les chances des échappées peuvent osciller approchent les 50%. Plus la taille de l’échappée est conséquente, plus ses chances sont exponentielles. Passant d’un tiers avec une dizaine de coureurs à plus de deux tiers avec une quinzaine de coureurs. Les chances des échappées étant grandes, la bataille pour prendre l’échappée pourrait durer longtemps et le nombre de coureurs la composant pourrait grimper en flèche. Si la bataille ne dure pas longtemps, l’échappée devrait être composée avec de gros rouleurs parfois grimpant bien.

Très actif derrière, libéré du poids du maillot jaune, mon regard se tourne dans une échappée loterie vers Kasper Asgreen. Le danois a annoncé venir pour chercher des étapes en montagne avec dans l’idéal la possibilité de faire une sélection grâce au vent dans les parties les plus flanes. Avec Sagan chassant les bonifications, un renfort pour Sam Bennett ne serait pas de trop avant d’entamer les difficultés du jour. Loin d’être ridicule sur le col de la Sentinelle l’an passé à Gap, ni même sur les pentes du Mont Baldy en Californie l’an passé. Il ne faut pas mésestimer le rouleur danois. Evidemment sur des pentes aussi abruptes que la Luzette, la puissance seule ne suffira pas et l’anticipation pourrait être la meilleure des options.

Hier nombre de coureurs se sont relevés et ont perdu des minutes au Général. Ces pertes ne sont jamais anodines puisqu’elle témoigne d’une envie pour certains d’avoir le champ libre n’étant pas une menace au Général. Sans vrai leader pour le GC, Jan Hirt apparaît comme une évidence sur ce style d’étape. Ayant perdu 4’50” hier et pointant à 41’51” au GC, le tchèque n’est pas une menace. Deuxième à Ponte di Lagno sur le Giro l’an passé, le grimpeur a toutes les qualités pour briller aujourd’hui.

On peut aussi pointer le jeune prodige d’Astana : Tejada qui a perdu 7’04”. 1 15′ au Général et avec Lopez en leader, celui qui découvre les Grands Tours n’est clairement pas une menace. C’est d’ailleurs son inexpérience et sa caisse qui me font le choix maintenant et non en troisième semaine. Dont on ne sait quelle résistance le colombien aura. Cela dit en finissant 6e du Mont Ventoux Dénivelé Challenge en épaulant Vlasov, le colombien a montré déjà toute sa classe. A lui de confirmer sa victoire à La Giettaz sur le Tour de l’Avenir l’an passé au plus haut niveau professionnel.

Longue fût l’hésitation entre un coureur de la Bora et un coureur d’ISN. Mais Kamna paraît trop court comparé à un Ben Hermans qui fait partie du groupe à 4’50”. ISN vient pour la gagne d’étape et Hermans est un client en montagne. Vainqueur en Utah, le belge ne fait que monter les échelons.

Enfin, Gogl a paru être un coureur intéressé en ce début de Tour. Il ne serait pas une surprise de le voir à l’avant demain. Dans une chasse aux points du maillot de meilleur grimpeur lui qui en a 12, l’espoir est ouvert tant Cosnefroy ne brille pas dans les cols.

Bien sûr, les chances des échappées ne sont pas non plus de 100% et si Yates est apparu mal placé et transparent à Oscières, Pogacar lui non. Mal placé au moment du lancement du sprint de Roglic pour rattraper G. Martin. Le slovène a montré qu’il était pour l’heure le meilleur rival de son compatriote étant même le plus rapide en pointe de vitesse. Joeur les bonifications pourrait lui apporter le jaune. Mais même sans à vrai dire. Puisque Yates pourrait être esseulé. Le britannique a annoncé venir pour chasser les étapes. Le point d’interrogation sur sa forme à long terme est donc envisageable. Un mauvais placement ne pardonnerait pas. Pogacar pourrait profiter du Col de la Lusette pour évincer Yates. Il ne resterait que Roglic. Le jeune prodige a fait part de ses envies de jaune étant très proche au Général. Son punch est un atout dans une arrivée au sprint. En démontre ses victoires au sommet contre Valverde ou Lutsenko qui ont pourtant de très bon punch.

PRONOSTICS

Tadej Pogacar porteur du maillot jaune : 6 – 0.5% (Winamax)

Kasper Asgreen G/P : 125/40 – 0.1% (Winamax)

Jan Hirt G/P : 225/75 – 0.1% (Unibet/Winamax)

Harold Tejada G/P : 350/100 – 0.1% (Unibet/Winamax)

Ben Hermans G/P : 50/15 – 0.15% (Winamax)

Michal Gogl G/P : 350/75 – 0.1% (Unibet/Winamax)

Etape 5 – Tour de France 2020 Preview

Après une première arrivée au sommet qui n’a livré que peu d’enseignements sur l’écart de niveau des uns et des autres, le peloton se dirige vers une étape de transition avant une nouvelle arrivée au sommet.

Profil Etape 5 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Avec un sprint intermédiaire intervenant en ouverture d’étape et un maillot vert se tenant en une poignée de points, Sagan étant à égalité avec Bennett, on pourrait penser à un départ rapide. La descente inexorable de la Freissinouse vers Serres à – 0.9%.

Avec un départ en côte et au regard du rideau si rapide sur l’étape d’hier, comment voir une bataille pour maintenir la situation d’un sprint massif au sprint intermédiaire ? L’échappée devrait donc être rapidement constituée. Et peu consistante dans une étape promise à un sprint dans Privas.

Vent à la surface du 2 septembre 2020 dans le Sud/Est de la France ©️ A.S.O.

Dans une étape qui ne fait guère de place au doute, il convient de se pencher sur le final. A partir de Nyons, les coureurs devront faire face à un vent de face/trois-quarts face. Seulement, il restera 82 kilomètres. Peu de chance de voir des manœuvres et tentatives de bordures. D’autant que 30 kilomètres séparent le sommet de la première difficulté au pied de la seconde.

La cote de Saint Vincent des Barres pourrait être le lieu parfait pour des équipes comme la Bora ou CCC de tenter de durcir le final en vue de faire sauter les purs sprinteurs. Si on prend un pied à Meysse la cote fait en réalité 7.2 kilomètres à minorer avec ses seulement 2.4%.

Le final à Privas nécessitera un bon placement. Entre rond points qu’il faut passer du bon côté pour ne pas rétrograder de position dans le peloton et rétrécissement, l’importance du train est encore un élément clé.

Véritablement irrégulier, le vent de face aura un impact non négligeable sur les tentatives d’attaque. Evidemment avec 600 derniers mètres totalement plats, les moins rapides en cas l’écrémage compliqué seraient bien inspiré de tenter l’attaque au kilomètre, les passages à 6% juste avant la flamme rouge le permettant.

Si Ewan est le favori incontesté des bookies, l’affirmation semble plus complexe qu’il n’en a l’air. D’une part, parce que son sprint de Sisteron est certes impressionnant. Le petit aussie de la Lotto Soudal se faufilant à travers le peloton passant toutes les portes qui se sont ouverts face à lui. Seulement, de telles portes ne s’ouvriront pas à tous les sprints. Dans ce sprint de lundi vent de face, il n’a jamais été en perte de vitesse. Ne prenant jamais de vent en étant toujours dans les roues. D’autre part, son train n’est pas important et l’absence tant de Gilbert que de Degenkolb dans un tel final lui est préjudiciable. Lui qui n’est pas un maître du placement. Un placement préjudiciable tant dans le final de Privas que de la cote de Saint Vincent des Barres. Il n’est pas sans rappeler qu’au Tour de Wallonie, Ewan avait sauté dans les difficultés durcies.

Rarement gagnant toujours placé, Peter Sagan nous montre encore sur ce début de Tour de France tout son talent par sa régularité légendaire. Ce final lui colle à merveille. Maître du placement, il est certain que le slovaque sera placé aux avants-postes dans un final où le placement est une des clés essentielles dans le construction d’une victoire. Bien que le sprinteur de la Bora ne soit plus à son zénith en terme de vitesse pure. A Sisteron, il avait lancé en premier au 250m. Ce qui était trop tôt dans un sprint vent de face. Pour accrocher podium au minima, il conviendra que Daniel Oss le dépose au 200m. Le profil du sprint irrégulier et en faux plat montant lui sied parfaitement, bien plus qu’un sprint plat.

Cependant, plusieurs loups se mettent en travers de la route du slovaque. Le premier d’entre eux est sûrement Wout Van Aert. On pourrait même un point d’interrogation sur sa permission à faire le sprint. Son rôle premier étant de protéger ses leaders. Mais la DQS avec à la fois Alaphilippe en jaune et Bennett en prétendant à la victoire à Privas devrait prendre la mesure du peloton à son compte. Ce qui devrait économiser Tony Martin et Jansen qui pourront s’activer dans la bataille du positionnement de ses leaders dans le final et économiser le belge pour le sprint. Présent dans l’emballage final de l’étape 1. Wout Van Aert n’a pas eu l’occasion de s’exprimer ralentit par une chute. Lors du sprint de Sisteron, le belge n’a pris part au sprint où il avait carte blanche contraint par un ennui mécanique à la suite de la chute de Cosnefroy qu’il a évité de justesse. Monstrueux sur les pentes d’Oscières, le belge a confié ne pas s’être livré à 100% et être dans la forme de sa vie. Avis partagé par tous ses coéquipiers. Sur les pentes du Col des Quatre Chemins, lors de l’attaque d’Alaphilippe, WVA était au jump dans les roues d’Hirschi. Mais se retournant, le belge a sauté son élan pour se mettre à la planche pour ramener ses leaders au train ou du moins maintenir l’écart. Aujourd’hui, l’occasion de jouer sa carte personnelle est sûrement la meilleure sur ce Tour. Une gagne qui plus est, lui permettrait de se dégager cette objectif et d’être focus à 100% sur le travail pour Primoz Roglic et Tom Dumoulin. L’étape est d’ailleurs dans son viseur : https://www.wielerkrant.be/nieuws/2020-09-01/wout-van-aert-houdt-zich-klaar-voor-optie-b-en-heeft-zijn-zinnen-gezet-op-vijfde-touretappe

L’autre coureur visé n’est autre que Greg Van Avermaet. Sa forme ne faisait guère de doute au vue de son Tour de Wallonie constamment à l’offensive. Mais son aisance dans la montée des Col d’Eze et Quatre Chemins à Nice, nous l’ont démontré puisque GVA a conclu à merveille cette étape en remportant le sprint du groupe parti en chasse d’Alaphilippe, Hirschi et Yates. Le final de Privas lui convient mais il faudra pour le belge durcir la course. La présence de Trentin peut sembler un frein à ses ambitions. Mais le marquage de ce dernier, lui permettra une liberté de mouvement que l’italien aura moins facilement. L’option late attack semble être les meilleures chances du belge de la CCC aujourd’hui.

PRONOSTICS

Peter Sagan podium : 4 – 0.5% (Winamax – cote boostée)

Wout van Aert vainqueur : 10 – 0.5% (Unibet)

Greg van Avermaet vainqueur : 55 – 0.25% (Unibet)

Greg van Avermaet podium : 12 – 0.25% (Winamax)

Etape 4 – Tour de France 2020 Preview

Première arrivée au sommet du Tour de France. Troisième étape et déjà la montagne fait son apparition pour les coureurs du peloton avec un dénivelé positif total de 3200 mètres. Trop tôt dans la course pour offrir une bataille entre leaders, les échappées ont une occasion en or se présentant devant eux. Cependant, avec un tir groupé de leaders pointant à 17 secondes du maillot jaune d’Alaphilippe, les chances des échappées sont peut-être anéantie par les espoirs de jaune de ces derniers grâce au jeu des bonifications au sommet du Col d’Orcières.

Profil Etape 4 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

De prime abord, les chances des échappées semblent reposer sur la Deceuninck Quick Step. Si des hommes placés loin au Général composent l’échappée, alors l’équipe belge n’aura aucune raison de rouler et pourra passer une journée tranquille à ne pas user ses coureurs dans une chasse aux fuyards pour garder le maximum de coéquipiers avec Alaphilippe dans le final. Et éviter que ce dernier ne soit esseulé beaucoup trop vite.

La place du sprint intermédiaire pourrait jouer un rôle dans la composition de l’échappée. Il est vrai qu’au cours de l’étape 2 menant à Nice, on aurait pu penser que les équipes de sprinteurs batailleraient plus pour les points du sprint intermédiaire (SI) situé à seulement 16 kilomètres du départ. Or, il n’en a rien été. Pourtant cette fois-ci, elle pourrait être en ordre de marche. Avec cette fois-ci une étape où les baroudeurs ont une chance de s’imposer, la bataille pour prendre l’échappée pourrait être longue tant la première heure et demie est facile avec un dénivelé positif total de 0.68% pour filer tout droit jusqu’au SI. Si l’échappée venait à sortir malgré tout avant, cela impliquerait que le travail de filtrage entre Sisteron et Veynes a été correctement opéré par la Deceuninck.

Si l’échappée n’arrive pas à se dégager avant le sprint intermédiaire, alors elle partira dans le Col de Festre. Loin de 10.8 kilomètres à 4.5% est ce qu’on appelle un col roulant mais avec des portions à deux chiffres en son milieu et une bataille âpre durant une heure et demie pour tenter de prendre le large des hommes forts se dégageront dans celui-ci. Les risques de voir une échappée composée d’hommes dangereux au Général sera alors importants. Le travail de filtrage étant rendu complexe. Dès lors, avec des hommes menaçant le jaune d’Alaphilippe, la DQS sera obligée de rouler. Ce qui devrait condamner les chances des échappées.

Que la Deceuninck Quick Step roule ou non, il est des équipes qui ont tout intérêt à ce que l’échappée n’aille pas au bout. La Mitchelton Scott en tête de liste. Avec un leader en la personne de Adam Yates qui semble dans une forme éblouissante. Après son énorme sortie du peloton dans le Col des Quatre Chemins pour revenir avec aisance et rapidité sur Alaphilippe er Hirschi. Ne pointant qu’à quatre petites secondes du français, les bonifications intéressent forcément le britannique de l’équipe australienne. Pour autant cette dernière n’est pas la seule. Un véritable groupe de leaders pointe à seulement 17 secondes du maillot jaune. Pas moins de trente-deux coureurs, trente-trois si on compte Hirschi à 7 secondes. Jumbo, Education “Feust” (hommage à Thierry Adams), UAE en tête de liste, ont tout intérêt à rouler. Ce devrait donc être ces équipes que l’on devrait voir s’activer pour esseuler Alaphilippe, soit pour assurer la chasse que Deceuninck n’assumera pas.

Il est vrai que la première étape de montagne pourrait être promise à l’échappée. Mais jamais autant de leaders n’ont été si proche du jaune à son entame. Souvenons-nous l’année dernière avant la Planche des Belles Filles, Ciccone était le plus proche au Général des quatorze hommes qui ont pris l’échappée avec 1’43” de débours. En 2018, G. Thomas lui ne pointait qu’à 43″ d’un Greg Van Avermaet non dangereux pour le classement Général final mais avait au minima 48″ d’avance sur son premier réel concurrent. En 2017 dans une étape s’est disputée entre leaders. Le GC étant rapproché à l’entame de la Planche à cause du Prologue. En 2016, Greg Van Avermaet possédait plus de cinq minutes d’avance. Malgré un GC groupé derrière. L’étape s’est disputé entre échappée au Lac de Payolle. Pour retrouver situation quasi-similaire à celle du jour, il faut remonter en 2013 où Froome a bataillé avec les leaders à Ax 3 Domaines pour prendre la tête du Général. Une comparaison où on peut mettre pour seul bémol que nous étions déjà à la huitième étape et non la troisième.

Final Etape 4 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Tous les faisseaux d’indice semblent donc pointer vers une étape disputée entre leaders au sommet d’Orcières.

La montée finale n’est ni trop longue, ni trop pendue. Pas de quoi générer de gros écarts mais les premiers indices de forme des uns et des autres pourraient être révélés.

Les trains devraient certainement se mettre en marche bien avant le pied répertorié puisque le peloton grimpe inexorablement vers Merlette depuis Pont du Fossé. Ce qui donne une ascension finale totale de 14.2 kilomètres.

L’amorce du dernier virage et du kilomètre final n’est cependant pas de tout repos avec des courts passages à plus de 15%. A plus de 1800 mètres, pas de surprises possibles. Ce sont les plus punchy des leaders qui devraient s’imposer en cas d’arrivée en petit comité.

Meteo à Orcières le 1e septembre 2020 ©️ Meteociel

Une météo qui n’aura aucun impact dans la montée finale, le vent étant quasiment nul.

Si l’on parle de journées pour les favoris, on ne peut que citer Primoz Roglic. Le leader de la Jumbo a le meilleur train pour mener une montée finale à un rythme infernal. Si Tony Martin et Amund Grøndahl Jansen ne seront probablement plus de la partie en cas de travail en tête de peloton à l’approche du final, la composition du train restant est impressionnant : Wout Van Aert, Robert Gesink, George Bennett, Seth Kuss et Tom Dumoulin. Véritablement dominateur au sommet du Grand Colombier au Tour de l’Ain et du Col de Porte au Dauphiné, il est admis de tous que le slovène est le grand favori du Tour. Jugé trop tôt en forme par les uns, blessé et meurtri de sa chute au Dauphiné lors de l’étape de Megève, le vainqueur de la Vuelta 2019 reste une menace pour les prétendants au maillot jaune en paraissant jamais aussi fort et si bien entouré. Véritablement dominateur de la tête et des épaules du dernier Tour d’Espagne, l’expérience des Grands Tours devrait être un point fort dans un final pouvant s’avérer tactique. Roglic est le type de leader à grappiller seconde par seconde, il ne serait donc pas étonnant de le voir attaquer proche de l’arrivée ou même attendre le sprint en petit comité disposant d’un bon punch. On se souviendra qu’il apprécie les forts pourcentages et reste à l’aise dans les efforts intenses en montée en démontre sa montée monstrueuse sur le chrono du mondial d’Innsbruck. Même s’il n’a pas suivi l’attaque d’Alaphilippe dans le Col des Quatre Chemins, il ne faut guère faire de conclusion attive quant à une méforme. En avait-il intérêt alors que ses coéquipiers pouvaient encore travailler en tête d’un peloton encore trop fourni ? Les efforts consentis pour le gain obtenu auraient été une mauvaise opération.

Dans un final qui pourrait être animé si le train de la Jumbo-Visma ne fait pas d’écrémage par l’arrière en asphyxant le peloton par un rythme trop soutenu, Adam Yates pourrait tirer son épingle du jeu. Annonçant comme Alaphilippe ne pas viser le Général, le leader de la Mitchelton Scott a une occasion en or de revêtir le maillot jaune. Écrasant la concurrence au UAE Tour, le britannique n’a rien montré à la reprise en étant à une place qui ne semblait pas lui correspondre au Dauphiné. Le confinement a-t-il eu raison de ses jambes exceptionnelles ? La deuxième étape nous a montré que Yates a des jambes de feu. Avec ses qualités d’explosivité, il est une menace en cas d’arrivée en petit comité au sommet. Son sprint n’est pas le meilleur sur le plat mais en montée, il est tout autre. Ravissant les huit secondes de bonification au sommet du Col des Quatre Chemins à Julian Alaphilippe devrait en être la preuve pour ceux qui en douteraient.

Si Roglic doit faire face à une concurrence féroce au sein du peloton, la concurrence en interne ne doit pas être oubliée. Tom Dumoulin est venu sur ce Tour de France en tant que co-leader. Jamais vraiment à 100% dans le travail qu’il fournissait pour Primoz Roglic au Tour de l’Ain et au Dauphiné, le néerlandais entend lui aussi jouer sa carte sur cette 107e édition. Revenu avec une aisance déconcertante sur le peloton alors qu’il avait chuté dans le Col des Quatre Chemins et qu’Alaphilippe était chassé, nous démontre que TomDum est en force et à raison un des favoris au jaune. Lissant souvent ses montées, avoir un train comme la Jumbo-Visma est à son avantage. Lui permettant d’éviter les attaques des autres leaders et donc de le forcer à monter par accoups. L’arrivée à l’Alpe d’Huez 2018 ou même sa victoire à Oropa sur le Giro 2017 voire même sa montée du Gramartboden au mondial d’Innsbruck, nous démontre ses qualités tant au sprint que d’explosivité. Prendre l’ascendant sur Roglic aujourd’hui, c’est prendre l’avantage du leadership au sein des jaune et noir.

PRONOSTICS

Primoz Roglic vainqueur : 7 – 1% (Betclic)

Adam Yates podium : 3.5 – 0.5% (Unibet)

Tom Dumoulin podium : 12 – 0.5% (Winamax)

Etape 3 – Tour de France 2020 Preview

Qui peut s’asseoir à la table d’Alaphilippe et lui dire : “j’ai une plus grosse pancarte que toi” ? Quelque soit les attentes, le frenchie répondra toujours présent là où on l’attend et trouvera toujours un moyen de répondre. C’est donc avec le maillot jaune sur les épaules que le Tour se dirige pour ce qui ressemble à un sprint royal.

Profil Etape 3 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Une première grosse moitié du parcours (59%) irrégulier et sinueux mais sans aucune difficulté particulière dans les 80 derniers kilomètres, ce qui ouvre une arrivée royale pour les sprinteurs. Les occasions étant rares pour les hommes rapides, il ne fait guère de doutes que leur équipe maîtriseront le peloton et ce malgré les un peu plus de 2970 mètres de dénivelé positif.

Vent à la surface à 17h le 31 août 2020 dans le Sud-Est de la France ©️ Meteociel

Avec un vent de face / trois quarts face toute la journée, un départ avec la cote de Gattière a franchi, ils ne seront pas nombreux à vouloir tenter le baroude d’honneur dans une étape qui n’a guère de chance de leur revenir. Cependant, le principal risque pour le peloton demeure dans les risques de bordures avec un fort vent. Passer Barrême, le terrain s’y prêtera parfaitement. Vigilance est de mise, la nervosité devrait s’intensifier dans les 65 derniers kilomètres du parcours. Mais le vent sera parfaitement de côté après le sprint intermédiaire de Digne-les-Bains. Il ne restera que 37 kilomètres et c’est sans doute l’un des moments clé pour le peloton quant au devenir une tentative de bordures ou non.

Final Etape 3 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Quoi qu’il en soit, avec un sprint en léger faux plat montant, une journée compliquée tant par le cumul du dénivelé que par le vent de face. Il convient de se pencher sur les hommes aux gros cuisses, les plus puissants des sprinteurs. A ce jeu, Sam Bennett est la tête d’affiche. Contrairement à Ewan qui a perdu deux coureurs pour l’emmener dans le final, Bennett a le meilleur train du peloton. Ce qui est un point clé dans un final vent de face, il faut être tout à la fois bien positionné et déclencher son sprint le plus tard possible. L’irlandais a d’ailleurs prouvé qu’il a une capacité a bien résisté tant aux journées difficiles. Sa victoire récente à Visé le démontrera. Mais on pense aussi à ses deuxièmes places lors des étapes ventueuses de la Vuelta comme celle avec un vent de face à Toledo et celle de la désormais célèbre bordure de l’étape la plus rapide de l’Histoire (Guadalajara). 4e à Nice, le sprinteur de la Deceuninck Quick Step monte en pression et a pour habitude s’imposer dans les premiers sprints de Tour auquel il participe. Faire partie de l’équipe du maillot jaune n’est pas un défaut comme on l’a vu l’an passé puisqu’au lendemain de la prise du maillot jaune à Epernay, Lampaert était mis à l’ouvrage avec Tony Martin (Jumbo-Visma) pour emmener le peloton sur un sprint royal à Nancy. D’un sprint remporté par le sprinteur (Viviani) de l’équipe d’Alaphilippe. Nul doute que Declercq sera encore mis à contribution pour revenir sur les fuyards.

Au final, dans une toute nouvelle disposition avec les abandons de Gilbert et Degenkolb, malgré le fait de ne disposer que de peu d’éléments, le train de la Trek apparaît comme le deuxième plus fort. Après sa deuxième lors de l’étape d’ouverture Pedersen pourrait apparaître comme le sprinteur tout désigné. Mais attention pré-Tour, il avait annoncé que les décisions avec Theuns et Stuyven se ferait au jour le jour. Chacun ayant la prétention de s’imposer. Après une journée difficile, Theuns sera probablement plutôt mis à contribution. Tout l’art étant de trouver qui de Pedersen et Stuyven aura son mot à dire et au vue de la démonstration de forme sur l’étape 1 et 2, la carte Stuyven est sans doute une très bonne option. D’autant qu’on se rappellera l’étape de Chalette sur Paris-Nice où Stuyven était allé cueillir une troisième après une journée marquée par les bordures et un travail de titan de Pedersen.

Enfin, quand on parle de grosses cuisses rapides. On ne peut éluder Wout Van Aert, qui semblait encore hier en mesure de suivre Alaphilippe sur son attaque tranchante. Mais étant cantonné à un rôle d’équipiers. Si bordure, l’étape d’Albi nous a montré que le belge est un client dans les sprints des journées compliquées et stressantes. Le placement de ses leaders en tête avant les trois derniers kilomètres fatidiques devraient lui permettre de bénéficier d’un bon placement et de prendre la vagues du train le plus imposant

PRONOSTICS

Sam Bennett vainqueur : 4.3 – 0.5% (Betclic)

Jasper Stuyven vainqueur : 80 – 0.25% (Unibet)

Jasper Stuyven podium : 20 – 0.25% (Winamax)

Wout Van Aert podium : 5 – 0.5% (Winamax)

Étape 1 – Tour de France 2020 Preview

Jour-J, c’est le grand départ du Tour de France. La course la plus prestigieuse du monde et quelle étape nous frappe d’entrée. Habitué des prologues d’ouverture ou des étapes de 200 bornes toute plate, l’édition 2020 prend un virage à 90°.

1596m de dénivelé positif attendront le peloton pour cette étape d’ouverture.

Avec un départ en montée, il faudra être chaud d’entrée d’autant que la course sera courte avec seulement 157 kilomètres. Peu de points à distribuer pour le classement de la montagne. Pas de quoi encourager les gros baroudeurs d’aller chercher une étape qui semble promise au sprint. Malgré ce départ en côte, c’est donc un petit groupe qui devrait se détacher pour un baroude d’honneur.

Le dernier tour de circuit offre un terrain de chasse parfaite pour un peloton désireux de terminer cette étape de Nice au sprint avec pas moins de 27.5 km sur de longue route offrant un point de mire idéal pour faire fondre l’écart avec les fuyards.

Final Etape 1 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Les cinq derniers kilomètres sur la promenade des anglais n’encouragent pas aux late attacks et offrent un boulevard pour les rares purs sprinteurs de ce Tour. Les occasions étant rares, peu de chance que leurs équipes laissent cette opportunité leur passer sous le nez.

Meteo du samedi 29 août 2020 à Nice ©️ A.S.O.

Le vent est le seul point positif pour l’échappée avec un vent qui les poussera avant l’entrée sur la promenade des anglais. Enfin, un avantage à modérer puisqu’il ne sera pas assez puissant. Exit donc les bordures.

Dans un sprint total plat, sur un long boulevard, l’importance du placement est primordial et avoir le meilleur train procure un avantage certain. A ce jeu, la Deceuninck Quick Step possède le meilleur train de ce TDF. Declercq et Cavagna pour mener la chasse des échappées. Devenyns, Asgreen, Jungels, Alaphilippe et enfin Morkov pour lancer parfaitement Bennett et le déposer à 200 mètres de la ligne d’arrivée. Malheureusement, pour le champion irlandais, sa reprise post-confinement n’est pas toujours à la hauteur des espérances. Certes vainqueur sur le sprint punchy de Burgos mais derrière Gaviria et Demare sur le sprint plat. Le sprinteur de la DQS a confirmé la tendance sur le Tour de Wallonie battu sur le plat à Templeuve mais vainqueur sur le final punchy de Visé.

En face, le deuxième meilleur train semble être celui des Lotto Soudal. Gilbert, Degenkolb, Kluge et De Buyst pour emmener Ewan, la “pocket rocket”.

Cela a de la gueule, hein ? […] Jasper De Buyst sera le dernier homme. Il fait ça à merveille. Nous avons trouvé nos repères. […] Je vais sans doute faire appel à Roger Kluge dans les étapes plus plates et John Degenkolb quand ça sera plus vallonné.

Caleb Ewan à propos de son train lors du Tour de Wallonie

Meilleur sprint pur l’an passé du Tour de France avec sept podiums dont trois victoires, l’aussie est le sprinteur le plus régulier du monde en matière de podium. Rarement mal placé, Ewan sait se placer lorsque son train est inférieur derrière le sprinteur possédant le meilleur et/ou le sprinteur le plus rapide afin de lui servir de rampe de lancement ou du moins pour anticiper son démarrage. Vainqueur à Templeuve puis deuxième derrière Demare à Wavre le lendemain. Ewan a figuré sur tous les sprints plats cette année hormis à Dubai City et à Chalette sur Paris-Nice dans une étape marquée par les chutes et les bordures. Sur le plat Ewan ne déçoit guère. Chose surprenante, Ewan semble par contre largué sur des arrivées en sprint en montée.

Évidemment, deux coureurs en face semblent en mesure de contester la gagne aux deux hommes les plus rapides du peloton. D’abord, l’italien de la NTT, Giacomo Nizzolo sacré champion d’Italie et champion d’Europe. La confiance est à son summum pour aborder ce Tour dans les meilleures dispositions mentales. Et il en faudra pour le sprinteur au triste record : 41 Top 10 sans aucune victoire sur un Grand Tour. Lui qui était en début de saison à 35 podiums pour aucun victoire en World Tour. Nizzolo est donc tout sauf une assurance tout risque. D’autant que Nizzolo a impérativement une nécessité d’être bien placé. Or, c’est sûrement le point faible du sprinteur de la NTT. Est-ce Walscheid, Gibbons et Boassen Hagen rivalise avec les meilleurs trains et seront en mesure de bien le positionner ? De gros doutes subsistent… D’autant que ses récents succès sont du à un placement et un train extrêmement bien placé. Mais Nizzolo n’aura pas un train aussi qualitatif que lors des championnats européens. Son Tour de Wallonie ou même son Tour de Burgos nous on démontré qu’à la reprise, la NTT n’est pas une équipe qui sait le placer sur orbite comme il l’avait été à Victor Harbor.

Ensuite, le second est l’homme qui est dans la bouche de tout le monde : Wout Van Aert. Et d’emblée un bémol doit être mis en avant. Certes, le belge est l’homme le plus en forme de la reprise. Mais son rôle dans le final sera double. Protéger ses leaders jusqu’au 3 derniers kilomètres synonyme de temps neutralisés en cas de problèmes pour ses leaders. Puis de jouer sa carte au sprint. Dès lors, comment ne pas penser à quelques cartouches grillées avant d’entamer le sprint victorieux. En découle possiblement un mauvais placement. Rappelons que le champion de Belgique du chrono n’aura pas de train pour l’emmener. Jansen devrait avoir le rôle de le replacer avant la flamme rouge si ce dernier est encore présent. Si WVA est présent dans les premières positions du peloton, sa façon de sprinter lui portera sûrement préjudice. Et pour ça, il convient de se référer à ses derniers sprints.

Sprint d’Albi (TDF 2019)

Que ce soit lors de l’étape d’Albi qu’il a remporté de justesse l’an passé comme celui de Milan Turin cette année où il apparaît comme le plus rapide du peloton, ses sprints comportent trois défauts. D’abord, WVA lance le sprint loin de la tête avec un positionnement qui l’handicap. Ensuite, son placement l’oblige à lancer tôt. A Albi, WVA lance à 250m sur un sprint en faux plat où il est nécessaire de lancer plutôt à 200m. Et à Milan-Turin, WVA lance à 300m sur un sprint plat où il est plus cohérent de lancer à 250m. Enfin, toujours découlant de cette anticipation, le belge aura dû faire 51 coups de pédale à Albi et 46 coups de pédale à Turin entre le lancement de son sprint et son lancé de vélo sur la ligne d’arrivée. Or, il est communément admis que pour un sprint idéal 21 coups de pédale sont nécessaires pour développer le paroxysme de sa puissance sans perte. Les comptes sont loin pour un sprint optimal.

Sprint de Milan – Turin 2020

Pronostics

Caleb Ewan vainqueur : 3.5 – 0.5% (Winamax)

Classement Général – Tour de France 2020 Preview

Plan du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Séisme dans le monde de la pédale, Froome et G. Thomas ne seront pas au départ de cette 107e édition. Cependant, si rarement un Tour de France n’a été aussi dur. La crise sanitaire a pourvu cette Grande Bouche d’un plateau exceptionnel. La quasi-totalité des équipes emmène leurs meilleurs coureurs. La bataille pour le maillot jaune s’annonce épique. Mais l’ombre d’une lutte entre deux mastodontes pour l’hégémonie suprême sur le peloton World Tour plane au dessus des 218 coureurs qui prendront le départ. La course en sera-t-elle aceptisée comme les années Sky nous l’ont maintes fois démontré ? La question demeure en suspens.

Où faire basculer le Tour ?

Si on se réfère au tableau des divers scénarios pour l’attribution des points du classement du maillot vert, certaines arrivées semblent promises aux leaders. C’est donc sur ces étapes que nous allons nous pencher.

Profil Etape 4 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Première arrivée au sommet. Pas d’une particulière difficulté, mais de premiers petits écarts peuvent se créer et une première hiérarchie s’établir.

Profil Etape 6 du Tour de France ©️ A.S.O.

Toute la question est de savoir combien de temps auront d’avance les échappées dans le Col de la Lusette. Les bonifications au sommet pourraient inspirer les attaques et favoriser un écrémage dans le groupe des leaders.

Profil Etape 8 du Tour de France ©️ A.S.O.

Un enchaînement Port de Balès / Col de Peyresourde qu’il faut pouvoir digérer. Une arrivée qui sera jugée dans la descente menant à Loudenvielle. Les organisateurs ont encore tout bien pensés avec des bonifications au sommet de Peyresourde. Couplées à la descente, tous les ingrédients sont présents pour inciter au mouvement.

Profil Etape 9 du Tour de France ©️ A.S.O.

Encore une position stratégique avec des bonifications au sommet du Col de Marie Blanque mais les 8km de faux plat montant vers Laruns devrait inciter à laisser l’échappée prendre du large tout en refroidissant tout mouvement dans le dernier col en cas de groupe des leaders.

Profil Etape 13 du Tour de France ©️ A.S.O.

Une étape usante avec un final favorisant les mouvements. Enchaîner les pourcentages difficiles du col de Neronne et le Pas de Peyrol avec des bonifications au sommet du premier n’arrangera pas les choses. Une nouvelle journée où le Tour ne se gagne pas mais peu se perdre assurément.

Profil Etape 15 du Tour de France ©️ A.S.O.

Un Grand Colombier apprécié de Thibaut Pinot pour une arrivée au sommet qui va faire des dégâts : 17.4km à 7.1%. Tout est dit. Situé avant le second jour de repos, il devrait y en avoir de partout.

Profil Etape 16 du Tour de France ©️ A.S.O.

Situé entre un jour de repos et un triptyque dantesque, l’étape a toutes les allures d’une étape pour les baroudeurs. Est-ce que les bonifications au sommet de la Montée de Saint-Nizier-du-Moucherotte serviront d’appât ? Seules les équipes en décideront. Mais les meilleurs puncheurs parmi les leaders retrouveront un terrain à leur mesure avec l’arrivée a Villard-de-Lans.

Profil Etape 17 du Tour de France ©️ A.S.O.

Se coltiner le Col de la Madeleine et une chose mais poursuivre avec l’arrivée au sommet inédite du Col de la Loze en est une autre. Une étape que tout le monde redoute et qui devrait inspirer Bernal comme l’Iseran a su le faire. Avec ses 2304m, le Col de la Loze est le toit de ce Tour.

Profil Etape 18 du Tour de France ©️ A.S.O.

Une journée au cumul de dénivelé qui restera dans les pattes. La Montée du Plateau des Glières semble loin de l’arrivée mais ses pourcentages sont sévères et c’est presque que de la descente qui s’en suit sur les 31.5km qui mènent à la Roche sur Foron.

Profil Etape 20 du Tour de France ©️ A.S.O.

Le jour-J pour Pinot qui joue à domicile. Seul chrono du Tour et en montée raide, un réjouissement pour le français. Mais de courte durée, il faudra avant faire face à la vallée y menant et pendant à la concurrence notamment de Roglic et Dumoulin. Pas une mince affaire en somme.

Avec un roster monstrueux, la Jumbo fait figure de favorite avec Primoz Roglic en tête d’affiche. Le champion de Slovénie comme l’an passé est apparu imbattable sur toutes les courses d’une semaine qu’il a disputé glanant quatre classements généraux d’affilée sur ce type de course. Si ce n’est cinq s’il n’avait pas été contraint par son équipe à l’abandon en vue du Tour sur le Dauphiné. Véritable épouvantail du peloton, Roglic sait tout faire : sprinter en petit comité, grimper et faire parti du gratin mondial des meilleurs rouleurs du monde. Toutes les qualités réunies pour briller sur un Grand Tour. Et si Roglic ne brillait que sur les courses à étape mais non. Le leader de la Jumbo-Visma a su affiché une santé de fer lors des courses de fin de saison italienne l’an passé. C’est simple Roglic est un coureur qui est en forme tout au long de la saison. Une forme qui parfois remet en cause ses capacités à tenir sur trois semaines comme le montre son craquage sur le Giro. Mais n’oublions pas qu’il avait perdu du temps sur ennui mécanique et chute. Que Carapaz a su profiter à merveille du marquage Roglic/Nibali. La leçon semble avoir été retenue tant il a été toujours au dessus sur la Vuelta et il n’a jamais été vraiment inquiété par ses principaux rivaux.

Cette année encore, Roglic semble une jambe au dessus de tout le monde à l’entrée de ce Tour 2020. Cependant, quand on voit le répit que peu offrir la deuxième semaine en terme de difficultés à gravir, les principaux risques y demeurant dans les risques de bordures dans les étapes vendéennes. La troisième semaine semble être charnière. Quand on voit l’armada des Wraps et leur coordination déjà maîtrisée sur le Tour de l’Ain et le Dauphiné, difficile de ne pas anticiper une course par l’asphyxie. Un avantage net pour le slovène qui pourrait éliminer par l’arrière ses concurrents, empêcher les plus téméraires d’attaquer et lisser son effort en montée. Que ce soit sur le Giro, la Vuelta et le Tour, Roglic a montré ses capacités de récupération et son endurance sur trois semaines.

Comment ne pas se résoudre à citer le slovène comme l’ultime favori ? En vérité, seule un incident semble se mettre en travers de la route de Roglic. L’habitude des vainqueurs “surprises” comme Carapaz sur le Giro qui devrait être estimé à 1.25%, G. Thomas ou Bernal sur le Tour estimé respectivement à 6.67% et 16-10%, nous font oublier que les dernières années le grand favori a su répondre aux attentes. N’oublions pas que Roglic était le favori (cote à 3) d’une Vuelta qu’il a maîtrisé de bout en bout. Cependant, Roglic contrairement aux autres favoris des Grands Tours précédents doit faire face à une concurrence plus rude et une concurrence interne.

A ce jeu, Tom Dumoulin apparaît comme un pion essentiel. Au service de son leader lors du Tour de l’Ain et du Dauphiné, TomDum ne s’est jamais livré à 100%. Partisan d’un co-leadership, il est peu probable de le voir concéder du temps en vue de prévenir une éventuelle défaillance du leader numéro 1. Bien qu’ayant été contraint à une longue période de convalescence et qu’il n’ait plus participé à un GT depuis le Tour 2018 où il a pris la deuxième place. Le néerlandais a montré qu’il avait la caisse sur trois semaines. Ses aptitudes de rouleurs en font un prétendant à la Planche des Belles Filles. Mais ses qualités sur les efforts lissés nous font vite oublier sa présence dans les plus forts pourcentages. Si TomDum n’a pas le punch de certains, sa présence dans les meilleurs sur le final d’Innsbruck devrait rappeler à pas mal que Dumoulin est un coureur qu’il ne faut pas négliger. Le problème devrait plus se poser sur les pourcentages raides et longs. Sa volonté de ne pas perdre du temps au Général dans les premières étapes a un double avantage. Le néerlandais peut au fil des jours devenir le concurrent principal de son coéquipier. A l’instar d’un Froome avec Thomas ou Wiggins. Dès lors, l’hypothèse d’un passage de flambeau entre les Ineos et la Jumbo n’auraient rien d’étonnant et voire deux Jumbo sur le podium reste tout à faire envisageable. Mais pour cela il ne faut pas une défaillance dans le train de la Jumbo. Un coup de moins bien pour G. Bennett ou Kuss sur une étape clé et le néerlandais pourrait être mis au service de l’équipe et mettre de côté ses ambitions personnelles.

Le duel avec les Ineos est lancé. L’équipe britannique est sur le papier solide avec un trident où Bernal se dégage en leader quasi incontesté. Épaulé de Carapaz et Sivakov, ok aurait aimé voir cette composition en préparation pour le Tour. Dans une organisation un peu brouillon et de dernière minute, les Ineos Grenadier semble à bout de souffle. L’ère Froome est révolue et la perte de Nicolas Portal est un gros coup dur tant il était la tête et les épaules de l’équipe britannique quand il fallait montrer un sens aiguisé tactiquement. Le tracé n’est pas le meilleur pour Bernal, rares sont les occasions de creuser les écarts sur les Jumbo. Et le Col de la Loze semble être la seule réelle occasion d’assommer le Tour. La meilleure solution semble de laisser un second couteau comme Sivakov tenter sa chance qui pourrait profiter du marquage des leaders, à l’instar d’un Carapaz audacieux durant le Giro.

Pour gagner le Tour, Pinot lui devra faire preuve d’audace. Capable de prendre des bonifications à Roglic aux arrivées au sommet et sur des arrivées plus favorables à son punch, l’unique chrono de la Planche est à la fois salutaire et porteur d’une pression énorme, en étant sur ses terres natales. Mais peu de chance de le voir déstabiliser le train de la Jumbo avec un train Ineos en embuscade qui laissera le poids de la course à la formation néerlandaise pour tenter d’user ses éléments au fil des jours.

Quand on parle de prétendants au podium, on ne peut pas éviter l’autre talent slovène. Le jeune Tadej Pogacar est un futur vainqueur de Grand Tour en puissance. Mais face à un plateau si relevé, le leader des UAE Emirates n’aura pas autant de fenêtres de tirs qu’il n’en a eu en Espagne. Buchmann aura-t-il récupéré de sa chute lui qui a annoncé vivre ce Tour au jour le jour ? Miguel Angel Lopez sera-t-il suffisamment en jambes pour ne pas perdre de temps d’emblée ? Quintana, Landa, etc tous apparaissait comme des candidats sérieux au podium avant que des points d’interrogations ne viennent ponctuées ces affirmations.

PRONOSTICS

Roglic ou Dumoulin vainqueur : 2.267 – 0.5% (Unibet et PMU)

Tom Dumoulin podium : 2.75 – 0.5% (Pasinobet)

Qui portera au moins une fois le maillot jaune ?

Le Tour 2019 offrait en son début une rampe parfait dans les cinq premières étapes pour qu’un puncheur aille chercher le maillot jaune. Un terrain de jeu qui a inspiré Julian Alaphilippe. Attendus par les suiveurs les plus avisés, le français de la Deceuninck Quick Step n’était pas vraiment dans les cartons des bookmakers pour revêtir ne serait-ce qu’un jour la tunique jaune. Guère plus de 11% de chance lui était alloués. Bien mal leur en a pris puisque le chouchou des français, nous a fait rêver durant pas moins de quatorze jours avec le maillot jaune sur les épaules.

Quelles sont les opportunités sur ce Tour 2020 ?

Profil Etape 1 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Nice – Nice, une étape qui semble promise à un sprint royal sur la promenade des anglais. Pas vraiment de pièges, la question demeure quant à l’enchaînement de la Cote de Rimiez et la montée de Levens. Suivant le rythme, est-ce que certains sprinteurs passeront à la trappe ? Quoi qu’il en soit, le peloton devrait être conséquent à Nice et la victoire se jouer entre les hommes les plus rapides.

Profil Etape 2 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Une seconde étape autour de Nice mais cette fois la part belle sera donnée aux puncheurs et aux leaders du Général. D’une part, par le jeu des bonifications au sommet du Col des Quatre Chemins. Et d’autre part, par le placement de ce dernier. Avec un sommet situé à 9km de l’arrivée, les attaques semblent inévitables. D’autant que s’en suit une descente rapide et technique qui mènera à l’arrivée. Tous les ingrédients d’une étape feux d’artifice.

Vous l’aurez compris, c’est sur cette dernière étape que les prétendants vont se jouer le maillot jaune.

Évidemment, Julian Alaphilippe fait figure de favori. Que ce soit dans le Poggio lors de Milan San Remo, dans la cote du Bourg de Grand Champ lors des championnats de France, dans les cotes de Mutigny et de la Jallière lors du Tour 2019, le coureur de la DQS est toujours attendu. Mais son punch hors norme surprend toujours. Et souvent Alaphilippe sort seul dans de telle difficulté.

Le français de l’équipe belge a d’ailleurs reconnu l’étape mercredi. Son objectif principal est de chasser les étapes et non de courir après le Général. Seulement la Deceuninck par la voix d’Asgreen est prête à l’éventualité de défendre le maillot sur un lapse de temps court. Les équipes anticipent un éventuel Tour de France écourté à cause de la crise sanitaire. Une épée de Damoclès plane au dessus de la tête du peloton. Bien que l’équipe ne soit pas du tout construite pour la défense d’un maillot sur trois semaines. L’appel du jaune et sa saveur si particulière ne se refuse pas.

En face, un autre français n’est pas en reste dans de telles arrivées. Expert des efforts intenses entre 30″ et 2′, Benoit Cosnefroy vient aussi en chasseur d’étape sur cette édition du Tour de France. Sa première occasion se présentera rapidement. Souffrant de problèmes de dos désormais résolus lors des montées en col, le coureur d’AG2R la Mondiale n’en souffrait pas pour autant lors des montées punchy. Que ce soit lors de l’Étoile de Bessèges dans la Cote de la Tour de Bellegarde avant le confinement ou lors de la Route d’Occitanie dans la cote de Rocamadour après ledit confinement, le champion du monde espoir 2017 a montré qu’il avait l’un des meilleurs punch du monde. Et si sa 8e place dans la Cote de la Gachet à Saint Christo en Jarez lors du Dauphiné n’est pas révélatrice, son sprint en trois temps dû à un mauvais placement est un indicateur d’une très grande forme. Des sensations qu’il a lui même confirmé dans ces mots.

Je ne fais pas souvent des erreurs dans le final, mais là, j’en ai fait une grosse et ça m’a sans doute coûté la victoire […] Je prends une place d’honneur mais j’avais clairement les jambes pour gagner”

Mais aussi dans ses actes. En abattant un travail monstre lors des Championnats d’Europe en sautant sur quantité de coups pour maintenir le scénario sprint que l’Équipe de France cherchait tant.

PRONOSTICS

Julian Alaphilippe porte au moins une fois le maillot jaune : 3 – 0.5% (Unibet)

Benoit Cosnefroy porte au moins une fois le maillot jaune : 16 – 0.5% (Unibet)

Classement par équipe – Tour de France 2020 Preview

A l’instar du Classement par points, le Classement par équipe désigne l’équipe qui a été la plus régulière suivant des modalités précises. Ledit classement ne prend pas en compte le Classement Général final pour établir la meilleure équipe du Tour. C’est sur toute cette subtilité que repose son attribution. Tant et si bien que la Sky de 2018 avait beau avoir placé trois coureurs dans le Top 15 dont deux sur le podium. Pourtant, c’est bien la Movistar qui fut désigné meilleure équipe du Tour 2018 en plaçant elle-aussi trois coureurs dans le Top 15. Mais comment expliquer 31’14” de débours de la Sky quand seulement 26″ séparées Bernal de Valverde ?

L’article 23 du réglement du Tour de France 2020 nous apporte la réponse. Son point e) dispose que “le classement général par équipes s’établit par l’addition des trois meilleurs temps individuels de chaque équipe, dans toutes les étapes”. On comprend aisément que la Movistar a été la plus régulière en plaçant plus souvent trois hommes devant les trois meilleurs hommes de la Sky sur chaque étape.

S’il est prévisible d’anticiper que les Ineos Grenadier et la Jumbo-Visca se disputeront leur trois meilleurs coureurs dans le Top 15/20 du Classement Général individuel final. Il est plus ardu d’anticiper une équipe prenant une échappée au long court dont trois hommes de la même équipe permettent un bon significatif au Classement à leur équipe.

Le Tour de France 2020 en est un exemple criant. J’en veux pour preuve, à la veille de l’étape de Gap, la Trek-Segafredo pointait à 30’45” des Movistar et la UAE Team Emirates à 1h15’38”. Lors de l’étape de Gap, une échappée de pas moins de trente-trois coureurs a pris le large. Le vainqueur est arrivé 20’10” avant le peloton. Seulement un Movistar était dans l’échappée tandis que trois Trek et quatre UAE en fit partie. Résultat : 38’58” et 29’15” de gagner en une étape respectivement pour les deux dernières.

Au jeu de la meilleure équipe, la Movistar est maître (neuf fois sacrée sur les quinze derniers Grand Tour). Qu’elle est un leader unique, deux ou un trident comme l’an passé, l’équipe espagnole sait jouer de malice pour placer des pions à l’avant en nombre pour servir tant bien de relai pour ses leaders que de leaders à replacer dans le jeu du Général. On aura à l’esprit Quintana sur l’étape de Valloire l’an passé.

Principalement à la maison sur la Vuelta mais aussi sur le Tour, le classement par équipe est devenu une véritable obsession. Avec 50000€ sur les Champs Elysées pour l’équipe vainqueur et 2800€ par étape, le lot de consolation est plus intéressant qu’un maillot vert ou à pois et mieux rémunéré qu’un classement en deçà de la cinquième place du GC.

Team Movistar 2020 pour le Tour de France ©️ movistar_team instagram

Cette année, la Movistar annonce miser sur Mas pour le Général. Mais si le trident historique Quintana-Landa-Valverde (Bala) n’est plus avec le transfert des deux premiers, le nouveau est en place puisque Bala et Soler seront présents pour l’épauler le plus longtemps possible. Moins performant que les années présentes, le trident n’est pas à sous-estimer dans les placements d’étapes montagneuses. Et nous l’avons par le passé constaté. Que ce soit Cataldo, Erviti, Oliveira, Rojas ou Verona, tous ont l’autorisation pour un bon de sortie parfois groupé. Ce qui est un gage de remontée au classement par équipe en cas d’échappées fournies victorieuses.

Le train de la Jumbo-Visma ©️ Team Jumbo-Visma instagram

Force est de constater que l’handicap en montagne peut vite grimper avec deux énormes trains, véritables rouleaux-compresseurs. Quis de la forme de Soler qui se préparait pour le Giro ? Quid de celle de Mas qui a été totalement transparent sur le Dauphiné ? Quid de celle de papy Valverde qui est de plus en plus un diesel ? Dans ces mesures le train de la Jumbo-Visma qui a fait des ravages au Tour de l’Ain remportant le classement avec 14’35” et presque 22′ d’avance au Dauphiné sur la Ineos peut s’avérer être un véritable orge. Si les échappées ne prennent pas assez de large et condition supplémentaire si une équipe comme la Movistar n’y place pas trois pions. Cette fois, cependant les Ineos Grenadier semblent mieux armés avec Bernal, Sivakov et Carapaz pouvant faire bonne figure sur les arrivées des leaders. L’équipe a une bien meilleure allure que lors des deux dernières courses d’une semaine. Mais le trio de l’équipe britannique semble tout de même tenir moins la route que le train : Roglic – Dumoulin – Kuss – G. Bennett. Un dernier wagon qui apparaît comme monstrueux aux entames futures des dernières ascensions. Et l’on voit peu d’équipes si ce n’est aucune qui puissent faire dérailler le train jaune et noir.

PRONOSTICS

Movistar meilleure équipe du Tour de France 2020 : 21 – 0.25% (Unibet)

Jumbo-Visma meilleure équipe du Tour de France 2020 : 2.75 – 0.25% (Unibet)

Classement de la Montagne – Tour de France 2020 Preview

Cérémonie protocolaire du maillot à pois du Tour de France 2019 ©️ A.S.O.

Le maillot à pois ou maillot de meilleur grimpeur est la récompense pour celui-ci qui aura inscrit le plus de points au sommet des difficultés répertoriées. De la simple bosse du village rapportant 1 point au col hors catégorie rapportant 20 fois plus, le classement est un prix convoité par beaucoup. Baroudeurs, grimpeurs ou leaders décrochés au Général, ils sont légions à mener parfois une bataille âpre dans la quête du maillot préféré des français. Il est vrai que les sept titres de Richard Virenque n’y sont sûrement pas étranger. Les années Virenque et Jalabert ayant très certainement pour le public français sorties de la monotonie de l’hégémonie Armstrong. C’est sans surprise que sur les trois dernières éditions, un français ait ravis le Grand Prix de la Montagne. Barguil (2017) et Alaphilippe (2018) s’y inscrivant aux yeux du public hexagonal en tant que “chouchou” du Tour des années en question.

L’article 24 c du règlement de la 107e édition dispose que « le classement général individuel du meilleur grimpeur s’établit par l’addition des points obtenus sur l’ensemble des cols ou côtes ou arrivée en altitude, selon les barèmes suivants :

  • cols ou côtes ou arrivée en altitude hors catégorie : 20-15-12-10-8-6-4-2 points respectivement du 1er au 8e coureur classé ;
  • cols ou côtes ou arrivée en altitude de 1 re catégorie : 10-8-6-4-2-1 points respectivement du 1er au 6e coureur classé ;
  • cols ou côtes de 2 e catégorie : 5-3-2-1 points respectivement du 1er au 4e coureur classé ;
  • cols ou côtes ou arrivée en altitude de 3e catégorie : 2-1 points, respectivement aux 2 premiers coureurs classés ;
  • cols ou côtes de 4e catégorie : 1er point au 1er coureur classé.

Les points attribués seront doublés à l’arrivée de la 17e étape à Méribel col de la Loze, le toit du Tour 2020 (2 304 m).

Plusieurs constats peuvent être dressés dans la configuration des points distribués au cours des vingt-une étapes du Tour.

Le premier est que très peu d’arrivées seront jugées au sommet ; seulement 92 points sur les 376 distribués. Suivant la configuration du course et en émettant l’hypothèse que le peloton des leaders ne laissent aucune miette aux fuyards, c’est un maximum de 196 points qui échapperaient aux baroudeurs. Or, l’hypothèse qu’aucune échappée n’aille au bout est très peu probable. L’avantage de points est aux baroudeurs. Ce n’est pas sur cette édition 2020 qu’on devrait voir un leader à l’image d’un Froome en 2015 ou un Quintana en 2013 remporter le maillot à pois.

Le second repose sur le découpage des semaines. La clé de voûte reposant sur l’étape 8 et 9 offrant une rampe de lancement idéale avant d’aborder les deux semaines suivante. La deuxième semaine apparaît comme peu décisive. Seule les étapes 13 et 15 ont un intérêt certain. Mais l’arrivée du Pas de Peyrol avec les bonifications au sommet du Col de Neronne et l’arrivée au sommet du Grand Colombier laisse à penser que les leaders devraient amputer d’un total de 30 points l’opportunité qu’offre ses étapes. Tandis qu’avec un total de 143 points, la troisième semaine est la semaine charnière avec l’enchaînement des étapes 16 à 18. Malheureusement, les 40 points du Col de la Loze sont presque prédestinés aux leaders. Qu’à cela ne tienne, 93 points sont encore possible (en enlevant tout autant les points du chronos de la Planche des Belles Filles).

Si le vainqueur du maillot devrait cumuler plus de points que Bardet l’an passé (seulement 86) dû aussi essentiellement à un maillot peu disputé l’an passé. Le cumul ne devrait guère offrir plus de 150 points, ce qui ouvre le champ des possibles. Les chasseurs d’étapes auront donc un rôle prédominant dans le choix à apporter.

Dès lors comment ne pas penser à Pierre Rolland. Véritablement en forme, j’en veux pour preuve son Dauphiné au côté des leaders. Le leader des B&B Vital Concept a retrouvé le chemin de la confiance en remportant le GC du Tour de Savoie. A la veille du championnat de France, il a déclaré aller sur le Tour dans le but de lever les bras. Exit donc les ambitions d’un Top 10 sur le Tour, la gagne est à portée de jambes avec la forme affichée. Mature sur le vélo, l’expérience des années passées font de Pierrot un breaker hors pair et souvent le plus fort des échappées où il est attendu comme lors de la Vuelta 2018 à Alfacar. Où il ne commettrait certainement plus les mêmes erreurs dont celle de laisser un autre prendre trop de marge dans une ascension finale.

Le maillot à pois me fait rêver

https://www.ouest-france.fr/tour-de-france/tour-de-france-pierre-rolland-le-maillot-pois-me-fait-rever-5093217

Perdant l’occasion de le ravir en 2013 lors de la dernière étape Alpestre lui qui avait 1 point de retard sur Froome et 6 d’avance sur Quintana au sommet du Grand Bornand. L’occasion semble trop belle d’accrocher un maillot qui manque tant au natif de Gien.

PRONOSTICS

Pierre Rolland meilleur grimpeur du Tour : 24 – 0.25% (Zebet)

A l’instant-t, c’est la cote la plus haute du marché français. Il était à 30 ce matin mais on connaît les annonces des uns et des autres qui ont fait drop le marché et ce pick.

L’option claire de couverture semble être au sortir de la deuxième semaine.

Classement par points – Tour de France 2020 Preview

Cérémonie protocolaire du maillot vert du Tour de France 2019 ©️ Nico Vereecken/PN/BettiniPhoto2019

Le maillot vert du Tour de France est désigné à tort ou à raison comme le maillot du meilleur sprinteur. Il n’y qu’à voir le nom des coureurs ayant inscrit leur nom au palmarès dudit classement durant les deux dernières décennies et même au siècle dernier pour s’en convaincre : Zabel, McEwen, Hushovd, Boonen, Freire, Petacchi, Cavendish. Il est vrai que le système de points dégressif en fonction de la complexité des étapes n’est pas étranger à la favorisation des hommes les plus rapides du peloton au sein du classement qui a pour but de récompenser le coureur le plus régulier sur les premières places de chaque étape.

L’article 24 b du règlement de la 107e édition dispose que “le classement général individuel par points s’obtient par l’addition des points enregistrés dans les classements individuels de chaque étape, selon les barèmes suivants, et compte tenu des pénalités en points :

  • pour les étapes en ligne dites sans difficulté particulière (art. 22-coeff. 1 et 2) : 50-30-20-18-1614-12-10-8-7-6-5-4-3-2 points pour les 15 premiers coureurs classés ;
  • pour les étapes en ligne dites de parcours accidenté (art. 22-coeff. 3) : 30-25-22-19-17-15-13-11-9-7-6-5-4-3-2 points aux 15 premiers coureurs classés ;
  • pour les étapes en ligne dites de grandes difficultés (art. 22-coeff. 4 et 5) : 20-17-15-13-11-10-9-8-7-6-5-4-3-2-1 points aux 15 premiers coureurs classés ;
  • pour l’étape en contre-la-montre individuel (art.22-coeff. 6) : 20-17-15-13-11-10-9-8-7-6-5-4-3-2-1 points aux 15 premiers coureurs classés ;
  • pour chaque sprint intermédiaire, 20-17-15-13-11-10- 9-8-7-6-5-4-3-2-1 points aux 15 premiers coureurs classés.

Depuis 2012, Peter Sagan y assoit un règne quasi sans partage. Hormis, en 2017, où Matthews ravie le classement au gré de la disqualification du premier et des abandons successifs.

Un élément vient de plus en plus s’immiscer dans la lutte au maillot vert. Le jeu des sprints intermédiaires a de plus en plus une place prépondérante dans la course au maillot vert. A l’instar d’un Sagan qui domine nettement les purs sprinteurs en les chassant au cours des étapes de montagne.

Dans la lutte du maillot vert, plusieurs candidats semblent se détacher : Sagan, WVA, Bennett, Ewan, Colbrelli, Coquard, Nizzolo, Trentin.

Hiérarchiquement, les deux premiers sont les plus gros clients de par leurs aptitudes à figurer tant sur les arrivées de puncheurs que de sprinteurs purs et de par leur forme pré-Tour depuis la reprise post-confinement.

Pourquoi éliminer Bennett des prétendants ?

La réponse est simple, l’irlandais de la DQS est un homme certes passe partout mais restera l’atout sur les étapes plates. Les étapes destinées aux puncheurs, bien que celui-ci puissent y prétendre, sont destinés plutôt à un Julian Alaphilippe à l’instar de l’étape 2. Stybar ou même Asgreen peuvent même avoir une option en tant que breaker ou late attacker. Dès lors de points précieux dans la lutte au maillot vert semble être amputés au sprinteur polyvalent de la Deceuninck Quick Step. Ajoutons que sa forme ou du moins son incontestabilité sur des étapes qui semblent lui correspondre au cours des dernières semaines n’est pas un gage de garantie. Il apparaît comme un homme à éliminer d’emblée.

Pourquoi éliminer Ewan des prétendants les plus dangereux ?

Caleb Ewan est tout comme Bennett une option nette de victoires sur les arrivées plates au vue de la faiblesse du plateau de purs sprinteurs. L’an passé, Ewan c’est sept podium sur les sept étapes destinées aux purs sprinteurs dont trois victoires. Cette année, l’aussie a prouvé qu’il était encore une fois le sprinteur pur le plus régulier du monde. Signant quatre victoires pour sept podiums. N’échappant que par deux fois à un podium sur les étapes promises à un sprint massif. Seulement, le sprinteur de la Lotto Soudal a fait preuve d’une pointe de déception sur Milan San Remo et sur les deux dernières étapes du Tour de Wallonie qui pourtant lui correspondaient mieux qu’à Arnaud Demare. Ce qui semble l’éliminer des prétendants sur les arrivées punchy. D’autant que l’effectif du Tour n’est nullement tourné vers le général, ce qui ouvre des portes pour ses coéquipiers et le prive de points précieux. La Soudal étant tourné vers la chasse d’étapes et non la chasse aux divers classements.

Pourquoi éliminer les sprinteurs les plus polyvalents ?

Coquard, Nizzolo ou Trentin ont pour point commun de grimper plus ou moins bien, d’être présents sur les sprints montants. Le dernier a pour handicap d’avoir dans son équipe GVA qui sera la carte puncheur. Ce qui lui ôte des points précieux sur les étapes 2, 5 et autres. La CCC est tournée vers les victoires d’étape (avec un espoir de Général pour Zakarin cependant sans aucune garantie de forme). L’objectif est le même pour la NTT du récent champion d’Italiens qui souffrira de la concurrence sur certaines étapes avec le norvégien Edvald Boassen Hagen. Quant à Coquard, il est sûrement la meilleure option des trois affichant un modeste 58kg sur la balance. Lui permettant de bien passer les bosses. D’autant qu’au vue du tracé du Tour, le dauphin de Demare a fait un travail spécifique en vue des étapes plus punchy. Cependant, si son objectif principal reste de remporter enfin une étape sur le Tour de France après trois années sans disputer de Grand Tour, ce qui devrait le conduire à une certaine régularité. Cela peut s’avérer un handicap dans la mesure où la chasse aux points pourrait contrarier ses plans dans sa quête de succès. Ses trois années sans trois semaines de courses d’affilée lui seront-elles préjudiciables ? B&B Vital Concept a aussi pour but de décrocher un succès sur le Tour. Des échecs successifs n’ouvraient-ils pas la porte à un Barthe tout aussi en forme et brillant de polyvalence ? La question demeure en suspens tant Barthe a montré de belles capacités sur la Vuelta l’an passé.

Peter Sagan, en atteste par ses sept maillots verts, est le coureur le plus régulier sur le Tour de France au cours de la dernière décennie. Pas moins de 135 étapes disputées pour 56.3% de Top 10 (76 fois), 47,4% de Top 5 (64 fois), un tiers de Top 3 (45 fois) et 8.9% de victoires (12 fois). Ce n’est donc pas une surprise qu’il soit le recordman incontesté devant Zabel au classement par points. Un huitième sacre prolongerait encore plus son hégémonie pour les décennies à venir. De plus, même si la Bora a toujours œuvré tant pour Sagan que pour son leader au Général. Avec un Buchmann qui pourrait délaisser le GC si les séquelles de sa chute au Dauphiné sont toujours présentes, cela offre des occasions nettes de travail supplémentaire pour le maillot vert. Avec 25000€ pour le vainqueur final, 300€ de rentes quotidienne au porteur du maillot et 1500€ pour le vainqueur de sprint intermédiaire, en période de coupe budgétaire avec une baisse des contrats de sponsoring et d’une diminution des courses (et donc des prix qui leur sont attribués), la piste Sagan est un gage de sûreté financière sur ce Tour.

Wout Van Aert est sûrement à raison considéré comme le candidat idéal pour détrôner le Roi. Vainqueur des Strade Bianche, de Milan San Remo et de la première étape du Dauphiné, le belge de la Jumbo-Visma est assurément l’homme à battre en cette saison. Disposant d’une pointe de vitesse redoutable en démontre sa victoire à Albi l’an dernier devant Viviani et Ewan, le multichampion du monde de cyclo-cross est un danger en cas de sprint massif mais encore plus dans les arrivées pour puncheurs ayant montré de grandes aptitudes dans les efforts en montée que ce soit dans la cote de la Gachet, dans le Toffe ou dans le Poggio. Des aptitudes que l’on pouvait déceler déjà à Voiron.

En terme de matchup, les rapports semblent s’être inversés. Si Sagan était mieux placé lors d’une arrivée groupé quatre fois sur les six fois où ils se sont rencontrés. Le sprint de Milan-Turin a montré que Sagan est toujours au top mondial mais que WVA a une pointe de vitesse supérieure. Reste que si les sprints intermédiaires sont à maintes occasions placés à moins d’une heure de course menée tambours battants, la Jumbo-Visma aura-t-elle intérêt à les chasser et donc chasser plusieurs lièvres ? Roglic et Dumoulin faisant office de favoris de ce Tour 2020. Reste que dans ces conditions, WVA devrait être mis au service de l’équipe. Et ainsi mettre de côté ses ambitions personnelles dans la quête du maillot vert. Qui comme il le dit si bien “représente un travail au quotidien”. Et donc énormément d’énergies dépensées au détriment d’une équipe qui cherche à détroner les Ineos.

Sur les 400 points distribués au sprint intermédiaire, Sagan peut prétendre statistiquement à 120/140 points “facilement” en prenant les échappées sur les étapes dont les arrivées ne lui sont pas propices. Mais c’est théoriquement un maximum de 240 points qui s’offrent à lui, si le peloton en décide.

Les purs sprinteurs auront au maximum et difficilement 400 points à prendre. Là où les sprinteurs polyvalents, c’est-à-dire pouvant bien figuré sur les arrivées de puncheurs auront des ouvertures comme lors des menant à Lyon ou Champagnole pour faire sauter les sprinteurs les plus purs mais aussi ajouter 110 points de plus à leur besace.

Or, nous avons vu que Sagan figure pour une bonne part entre la 2e et la 5e place lors des arrivées tant massives que pour puncheurs. Cela implique qu’il peut prétendre en confondant sprints massifs et arrivées de puncheurs entre 345 et 195 points. Auxquels s’ajouteraient les points des sprints intermédiaires.

Toutes les conditions sont réunies pour dire : LONGUE VIE AU ROI.

PRONOSTIC

Peter Sagan vainqueur du classement par points : 1.7 – 2.5% (PasinoBet)