Etape 21 Tour de France 2021

Chatou – Paris Champs Elysées : 108.4 kilomètres pour clôturer la 108e édition du Tour de France. Véritable gala de clôture, le peloton parade sous une neutralisation générale dans les abords de la Capitale, en raison des festivités. Le porteur du maillot jaune y exculte fièrement sa coupe de champagne. Ce n’est pas une étape au format traditionnel comme sur les autres Grands Tours. La 21e étape du Tour est plus une exhibition qu’une vraie course à enjeux. Ce n’est qu’en rentrant sur le circuit final, à savoir le célèbre critérium des Champs que la course se déclenche. Prestigieuse et mythique arrivée, y lever les bras est l’apanage des meilleurs sprinteurs. Il n’est donc pas un hasard de voir les hommes les plus rapides y mettre tout en œuvre pour y triompher sous l’Arc de Triomphe.

une arrivée trop formatée

Pour voir un coureur seul réussir à s’imposer en solitaire, il faut remonter à l’attaque au kilomètre d’Alexander Vinokourov en 2005.

Mais le vainqueur du sprint se décide à l’accoutumée dans les 300 derniers mètres de la ligne droite finale. Dans une très large majorité des cas, virer dans les trois premiers assurent la victoire :

editionvainqueurposition au dernier virage
2020Sam BennettDeuxième
2019Caleb EwanSeptième
2018Alexander KristoffTroisième
2017Dylan GroenewegenDeuxième
2016André GreipelQuatrième
2015André GreipelHuitième
2014Marcel KittelTroisième
2013Marcel KittelDeuxième
2012Marc CavendishDeuxième
2011Marc Cavendish Troisième
2010Marc Cavendish Quatrième
2009Marc Cavendish Deuxième
2008Gert SteegmansDeuxième
2007Daniele BennatiDeuxième
2006Thor HushovdTroisième

Seulement, l’arrivée est déplacée à 700 mètres cette année après le virage de l’Obélisque de Louxor en sortant de la rue de Rivoli. Ce qui modifie considérablement la structure du sprint où le placement est minoré sans être ignoré. Les trains devront modifier leur habitude et repousser le lancement de leur sprinteur sur l’Avenue.

vers un vainqueur historique ?

Mark Cavendish signe un retour en grâce. Après deux années de disette, le sprinteur de la Deceuninck Quick Step est en passe de devenir le recordman absolu de victoires sur le Tour de France. Auteur de 34 victoires tout au long de sa carrière, le Manx Missile partage les honneurs avec le grand Eddy Merckx. Tout au long de la Grande Boucle, son train se sera illustré. Que ce soit à Valence ou à Carcassonne, le travail de Kasper Asgreen aura été étirer le peloton. Son contre-la-montre de Saint Emilion avec une deuxième place derrière Wout van Aert atteste de la fraîcheur du danois. Une fois le relai appuyé sur près d’un kilomètre, le jeune Davide Ballerini entrait en jeu à 800 mètres de l’arrivée ne déposant que Michael Morkov à 200 mètres de la ligne. La clé de la réussite de Cavendish qui en temps normal aurait dû être déposé à 200-250 mètres par son poisson pilote. Seulement les derniers virages dans les 300 derniers mètres ont parachevé les exigeances du placement que ces sprints imposés pour y lever les bras. Un détail qui n’aura lieu dans une arrivée en boulevard. Mais le Cav’ a démontré se débrouiller à merveille dans un boulevard comme sa victoire à Châteauroux. Comme un symbole, c’est sur les Champs que Cavendish pourrait rentrer dans l’histoire.

Je veux essayer de faire le sprint [dimanche], c’est une étape spéciale. Gagner sur les Champs, c’est quelque chose que chaque coureur veut. Je ne veux pas rater ma chance quand elle se présente.

wout van aert au micro de france télévision

Wout van Aert est à une victoire de rentrer dans l’histoire. Mais pour se faire, il faut gagner une étape au sprint. Coincidence fortuite, le plus “beau sprint du monde” est cette occasion. Car il faut le souligner : gagner une étape chronométrée, une étape au sprint et une étape de montagne n’est pas dans les cordes de tout le monde… surtout sur une même édition de la Grande Boucle. C’est à quoi se frottera le champion de Belgique, s’il venait à gagner sur les Champs. Rééditant l’exploit de Bernard Hinault en 1979, c’est dire la taille de l’exploit quand seul Eddy Merckx a réussi pareille performance par deux fois (1970 et 1974).
Mais la participation du coureur de la Jumbo-Visma pourrait être mise en doute. Soulignons d’entrée que son avion en partance pour Tokyo ne sera que quatre heures après l’étape. Ce qui laisse peu de marge de manoeuvres alors qu’une victoire implique tout ce qui est d’ordre protocolaire : contrôle antidopage, cérémonie protocolaire. Auxquels s’ajoutent toutes les problématiques des transports. Mais quand WVA dit, WVA fait. Déjà l’an passé, le belge avait assuré que sa participation au sprint des Champs Elysées n’était pas entachée par ses ambitions pour le mondial d’Imola. Alors qu’on sait qu’un sprint est toujours synonyme de chutes. C’est donc un double vainqueur qui pourrait signer une triplé dont deux victoires d’affilée après son triomphe de la veille dans le vignoble de Saint Emilion. Et à ce jeu, le sprint en léger faux plat montant pavé lui sied à merveille. La forme n’est pas à remettre en cause, au contraire. Il a plus que démontrer être prêt pour les Jeux Olympiques.
L’absence d’un train peut lui faire défaut mais ses qualités de crossman lui font souvent honneur. Passé maître dans l’art du placement, WVA pourra compter à la fois sur le travail des autres trains comme de Mike Teunissen dans le final pour espérer décrocher une victoire de prestique.

Si le maillot vert est sans conteste l’imbattable, Jasper Philipsen a démontré être d’une régularité sans égale. Gardien de cinq podiums, il est sur le papier le sprinteur le plus dangereux pour l’homme de l’Île de Man. A l’instar de van Aert, le sprint des Champs lui va comme un gant. Ce qui en fait assurément une menace. Évidemment, l’absence de Tim Merlier et Mathieu van der Poel dans le train sont un point noir. Mais le train Alpecin-Fenix reste entièrement dévoué à son sprinteur belge qui peut profiter du travail de son compatriote Jonas Rickaert dans les derniers mètres pour filer vers une nouvelle place d’honneur. Si ce n’est mieux.

Michael Matthews 4e à Fougères et 5e à Valence pourrait profiter une concurrence étiolée par les chutes et abandons du gré de Tour. Se défaire du train des Deceuninck sera extrêmement compliqué. Mais la perspective du record augment

Un fond de Top 10 serait optimiste, le Tour est finie.

Sonny Colbrelli a toujours eu du mal dans la bataille du positionnement. La rue de Rivoli devrait le faire reculer.

Passer de poisson pilote à sprinteur n’est jamais aisé. Daniel Oss emmènera probablement Ide Schelling

Voir Alex Aranburu dans la boîte sera surprenant.

Un fond de Top 5 serait déjà bien.

En route pour briser le record de Merckx avec Mark Cavendish

Magnus Cort Nielsen pour profiter lui aussi d’un plateau de sprinteurs décimé.

Une solution : la late attack de Stefan Küng… “Bon chance”

A l’image du Tour, les Grenadiers seront plus spectateurs qu’acteurs.

Boy van Poppel pour emmener son frère Danny vers un Top 10

La dernière de Dédé Greipel sur les Champs. Une page se tourne.

WOUT VAN AERT, rien de plus à ajouter.

Si des coureurs tenteront d’animer les Champs de seront ceux de la Lotto Soudal.

Ivan Garcia Cortina a peu d’espoir

Si Matthews n’est pas présent, Luka Mezgec représentera une nouvelle fois la victorieuse Slovénie.

Le meilleur train derrière celui de la DQS pour le décevant Cees Bol.

La grosse carcasse de Max Walscheid pour un Top 10

Mads Pedersen se sent bien et sera la carte sprint. Mais la question sera après tant de sprint non disputé. Pourra-t-il être dans la boîte ?

L’heure est à la fête pour célébrer main dans la main le second sacre de Tedej Pocar qui en appelle d’autres.

All-in Philipsen

Un super combatif, le Tour est réussi. Cyril Barthe ira mais sans espoir.

Connor Swift pour rattraper un Tour teinté de malchance ?

Un autre Top 10 pour Anthony Turgis

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Wout van AertGagnant 6.350.25 %
Michael Matthews Podium 150.25 %

Etape 14 Tour de France 2021

183.7 kilomètres entre Carcassonne et Quillan pour une grande bataille où les plus puncheurs des baroudeurs voudront accrocher une victoire sur la 108e édition du Tour de France. 2877 mètres dé dénivelé positif pour s’exprimer.

Une journée profilée pour les échappées : quillan sera et qui n’en sera pas ?

La bataille pour l’échappée devrait être au moins aussi allétante qu’elle ne l’a été les jours précédents. Nombre sont les étapes remportées par des baroudeurs au nez et à la barbe tantôt des sprinteurs comme à Nïmes, tantôt des grimpeurs comme au Grand Bornand. Pour ne citer que ces étapes parmi les cinq accrochées par le peloton (Le Creusot, Tignes et Malaucène viennent s’ajouter au compteur). L’affaiblissement des équipes de leaders n’y est pas pour rien. Tadej Pogacar dispose de plus de cinq minutes sur ses premiers rivaux.
Les Ineos Grenadiers ont été décimés par les chutes. Geraint Thomas n’est plus que l’ombre de ce qu’il a montré aux Tour de Romandie et Critérium du Dauphiné. Tao Geoghegan Hart n’a jamais eu l’occasion d’être ce substitut sous les radars. Richie Porte n’a guère échappé à toute la malchance qu’on lui connait. Nourris d’histoire compliquée avec les chutes qui ont émaillé sa carrière professionnelle au cours de la saison estivale. Richard Carapaz est le seul a s’être mis en avant et semblait avoir la fibre nécessaire pour bousculer l’actuel porteur du maillot jaune. Mais l’équatorien doit combler un écart de 5:33 sur le slovène. Si ce n’est plus compte tenu du contre-la-montre de Saint Emilion. Les Jumbo-Visma ne sont pas mieux lotis. Primoz Roglic, principale menace de son compatriote, n’est plus sur le Tour. Victime d’une chute violente à Pontivy, le slovène ne s’est jamais remis. Malgré un contre-la-montre optimiste à Laval, la réalité était tout autre sur les étapes en ligne où les difficultés qui émaillaient le parcours ont eu raison du vainqueur de la Vuelta a Espana 2020. Wout van Aert caressant le rêve jaune n’a pu réaliser son rêve et être ce coureur capable de faire peur à Pogacar en vue du chrono de samedi prochain. Non, les espoirs reposent désormais sur Jonas Vingegaard. Qui a la vue de son excellent effort individuel au départ de Changé est désormais la menace numéro 1 du maillot jaune. Mais si les étapes du Creusot et de Malaucène où le jeune néerlandais de 24 ans a pu se mettre en évidence. Et l’on pense tout de suite à sa deuxième montée du Mont Ventoux où il aura fait plier le vainqueur du Tour de France sortant. Il n’est pas sans rappeler que les Killer Wasps sont diminués par les chutes. Les abandons successifs de Robert Gesink, Primoz Roglic et Tony Martin pèsent lourd dans la balance. Rattraper 5:32 sur Pogi est une tâche fort peu aisée.
Quant aux podiums finals, cela ressemble de plus en plus en une bataille à huit… Plutôt à sept, si l’on considère que l’hégémonie de Pogacar et le temps s’écoulant. Une guerre pour la deuxième place et la troisième en somme, entre le suiveur Rigoberto Uran (deuxième à 5:18), le très en vue Ben o’Connor (cinquième à 5:58), l’éternel Wilco Kelderman (sixième à 6:16), le surprenant Alexey Lutsenko (septième à 6:30) et le régulier Enric Mas (huitième à 7:11) pour citer ceux qui ne l’ont été précédemment. Au délà, les écarts sont de plus en plus abyssaux. Pello Bilbao, dixième accuse un retard de plus de 10 minutes, Mattia Cattaneo qui le suit est à plus de 15 minutes du leader. Aurélien Paret Peintre est à près de 25 minutes quand Dylan Teuns qui clot le Top 20 est à un peu moins de 44 minutes. C’est dire à quel point, ce Tour de France a été chamboulé à la fois par les nombreuses chutes que les objectifs olympiques d’un grand nombre.

Les UEA émirates sont donc en position idéale pour doubler la mise sur le TDF. Est-ce que les équipes de leaders, et l’on pense directement aux Ineos Grenadiers (qui auront tenté le coup hier d’initier une bordure), profiteront du vent pour mettre en difficulté Pogacar dès le départ ? Un Pogi qui est apparu bien seul dans les bordures de Valence et Carcassonne et dont l’équipe a été bousculée au Creusot lorsque Wout van Aert et Mathieu van der Poel se sont échappées ensemble. Trois obstacles semblent se dresser sur la route d’un tel scénario.

D’abord, la direction du vent où le mistral est plus propice aux bordures à partir de la sortie de Montréal (km 15.7) jusque l’entrée Belvèze du Razès (km 22.8). Une courte distance qui pourrait freiner les veilléités des principales équipes dans la tentative de mise à mal du maillot jaune.
D’autant plus qu’ensuite, la force du vent à peine 15 km/h n’est pas suffisante pour créer une séparation au sein du peloton.
Et enfin parce qu’en s’approchant de l’Ariège et des Pyrénéens-Orientales : le profil, au delà de suggérer un retour par l’arrière, ne favorise nullement une sélection mise en difficuté suffisante pour espérer grapiller du temps. Le bilan coût – gain semble risible dans ces conditions.
Il faudra plutôt compter sur un leader bien inspiré de s’immiscer à l’avant pour ne pas voir un final avec une course dans la course.

Vue des 200 derniers mètre du sprint intermédiaire

La bataille pour prendre l’échappée devrait être âpre. Rythmée d’une passe d’armes entre les Deceuninck Quick Step qui auront à coeur de défendre les points de Mark Cavendish au classement par points…

… et les Bahraïn Victorious accompagné de la Bike Exchange qui, au delà de vouloir s’immiscer au sein de l’échappée, voudront s’assurer que le porteur du maillot vert saute dans le Col du Bac (3.1 kilomètres à 5.3 %). Afin d’aller chercher les points du sprint intermédiaire à Lavelanet (km 76.7). Avec 101 points de retard pour Michael Matthews et 128 pour Sonny Colbrelli, l’heure n’est plus à la réflexion. Les 20 points alloués au sprint intermédiaire doivent être pris.

Dans cette optique, si l’échappée n’a pas réussi à prendre le champ nécessaire. C’est dans le col de Montségur que les costauds sortiront.

Une difficulté de 4.2 kilomètres à 8.7 %, régulière mais difficile. Avec un pied situé à Montferrier, soit après 83 kilomètres de course, il est cependant plus probable que l’échappée ait pris le large avant le sprint intermédiaire. Dotant que le vent de dos devrait favoriser un rythme élevé où un gros groupe porté par les meilleurs rouleurs prendra le large sur le peloton des leaders.

A l’image d’une classique ardennaise, le parcours du jour est jalonné de véritables toboggans comme la Croix des Morts (6.8 kilomètres à 5.7 %).

Ou comme comme la côte de Galinagues (2.2 kilomètres à 8%) dont le sommet est situé à près de 60 kilomètres de l’arrivée.

Un terrain idéal pour anticiper la montée où les routes étroites n’aideront pas à la chasse tant dans la montée…

… que la campagne rodomoise…

… et la descente qui s’en suit.

Pour tirer un maximum profit des gorges de l’aude, avant à Caudiès de Fenouillèdes de se diriger vers le Nord-Ouest et être confronté à un vent défavorable.

Le final du jour abordera le Col de Saint-Louis, rappelant les kilomètres finaux de Saint Etienne en 2019 avec le crédit de bonifications en son sommet. La difficulté longue de 4.7 kilomètres à 7.4 % a tout du terrain parfait pour décanter le groupe de tête et même voir des escarmouches au sein du peloton des leaders.

Si ce n’est sa montée vent de face, dans un décor magnifique au demeurant. Un régal pour les yeux mais aussi pour les plus lourds qui espèreront que les offensifs interviennent le plus tard possible.

Fort heureusement pour les plus téméraires, sans jamais grand visuel les 13.8 kilomètres de descente vers Quillan invitent à l’offensive.

Au bas, il ne restera que 2 kilomètres pour débouler sur les 250 derniers mètres qui sacreront le vainqueur en solitaire ou d’un sprint réduit.

une étape profilée pour un des trois fantastiques

Lorsque l’on parle d’étape au profil d’une classique ardennaise, on pense tout de suite à Julian Alaphilippe et Wout van Aert en l’absence de Mathieu van der Poel. Deux coureurs qui auront marqué le printemps en remportant l’Amstel Gold Race et le Mur de Huy. Mais de gros doutes pèsent sur l’un et l’autre qui trouvent pourtant un terrain qui leur sied comme un gant.
Le champion du monde d’abord a été récemment sur-offensif. En échappée à Malaucène avant de remettre le couvercle le lendemain à Nîmes, Loulou n’a pas débranché pour autant hier. Mis à contribution vent de face pour emmener Mark Cavendish vers une 34e victoire sur le Tour, synonyme d’une égalité avec le grand Eddy Merckx. Un record que le britannique pourra battre s’il survit aux pyrénéens. Le français de la Deceuninck pourrait prendre une journée de repos avant l’étape d’Andorre la Vieille, qui arrive près de son domicile. Comme nombre de coureurs du peloton, Alaf Polak est pour rappel un résident de la principauté d’Andorre.
Le champion de Belgique quant à lui, aussi gardien d’une victoire sur le Tour, sur l’étape de la double ascension du Mont Ventoux, pourrait très bien profiter de cette journée pour doubler la mise comme rester en protection du GC aurpès de Jonas Vingegaard. Déjà à l’ouvrage sur les étapes aux sprints, WVA vise les victoires d’étape sur les étapes de transition. Toute la question est de savoir si le belge de la Jumbo Visma aura l’envie et la permission de se porter en échappée la veille d’une journée charnière pour le classement général. En l’absence de Mathieu van der Poel, il s’affiche comme l’épouvantail par sa polyvalent sans égale. Ce qui explique pourquoi van Aert est le favori presque incontestable. Une absence de l’ennemi jurée qui n’est pas sans le servir. Les deux étant trop souvent au marquage l’un de l’autre. Ce qui leur a valu de laisser filer la victoire de la Primavera lors du dernier Milan San Remo.

Dans la bataille pour le maillot vert et une victoire d’étape, deux hommes se détachent. Sonny Colbrelli évidemment et Michael Matthews. Ce dernier à la faveur de la lutte avec Colbrelli pourrait faire partie du groupe réussissant à prendre le large. Toujours en tête du peloton sur ce type d’étape, les abandons de Simon Yates et Lucas Hamilton, hier sur chute, ne sont pas sans modifier les plans de la Bike Exchange. Désormais, la carte Bling-Bling s’impose plus que jamais sur ce type d’étape aux allures d’Amstel dont son palmarès est garni de places d’honneur.
Contrairement à son homologue italien, le sprinteur de la Bike Exchange ne devrait avoir le surnombre contre lui. On peut raisonnablement penser qu’en effet le champion d’Italie soit extrêmement marqué et que des coureurs comme Dylan Teuns ou Matej Mohoric puissent profiter à al fois de leur qualité de rouleur/grimpeur/sprinteur pour s’extraire du groupe d’échappée. L’objectif de l’équipe Bahraïn Victorious est le classement par équipe dont ils sont les leaders. Nul doute que les bahreïni feront tout pour être sur-représentés à l’avant.
La véritable ombre au tableau qui peut nuir aux ambitions de Matthews repose sur son duel avec l’homme en forme du moment, où Colbrelli le marquera de près. Les deux sprinteurs polyvalents qui ont montré monter la Gallisterna comme aucun autre sprinteur, aux championnats du monde pour l’australien, aux championnats nationaux pour l’italien, pourraient s’enterrer.

Un enterrement de première classe dont le plus malin pourrait tirer profit. A ce jeu, il est un vieux bricard qu’il ne faut mésestimer. Vu devant lors de l’étape du Grand Bornand, Alejandro Valverde a souffert de la météo dantesque. Frigorifié, l’ancien champion du monde devrait cette fois profiter de condition climatique qu’il apprécie. Espagnol dans l’âme et dans le sang, Bala excelle sous les températures annoncées (31°C).

Je vais bien, il y a encore un long chemin à parcourir pour les Jeux Olympiques, mais c’est vrai que j’ai un œil là-bas.

Alejandro valverde

En quête du seul titre qui lui manque à son palmarès, l’objectif des Jeux Olympiques de Tokyo est une affaire de longue date. Une cinquième participation qui montre toute la longévité de Papy Bala. Avec le double objectif de porter Enric Mas le plus haut possible, l’occasion semble parfaite pour aller en échappée à Quillan et épauler son compatriote en montagne.

Un oeil sur les puncheurs qui grimpent comme jamais, il n’ont grimpé et le nombre d’Omar Fraile vient tout de suite à la bouche. Les Astana Premier Tech ont de bien belles cartes sur le papier pour aller chercher un gain d’étape. Alexey Lutsenko ne sera pas autorisé à sortir, il faudra des éléments à ses côtés pour l’épauler. Mais l’équipe kazashk peut compter sur Jakob Fuglsang et ses basques (Omar Fraile, Alex Aranburu et Ion Izagirre) pour briller dans l’étape du jour.
Dans une étape qui semble cousue main pour Fraile, le champion d’Espagne pourrait mettre en exergue toute la forme qu’on lui a vu jusqu’à présent où il s’est accroché le plus longtemps dans les cols. Faisant office de dernier rempart pour Lutsenko. Rarement Fraile n’a paru si fort depuis le Tour du Pays Basque. L’occasion semble rêvée pour gagner une seconde victoire d’étape sur le Tour après l’étape de Mende en 2018.

Si Ben o’Connor n’aura aucune permission de sortie, Aurélien Paret-Peintre pourrait profiter d’une échappée pour faire un rapproché au général. Le final semble trop dur pour Oliver Naesen et Dorian Godon, les deux coureurs pourraient bénéficier du vent de face pour tenir. Michael Schär lui est condamné à anticiper alors que Greg van avermaet fait office de meilleure carte de l’équipe terre et ciel.

Pello Bilbao ne devrait être autorisé par les prétendants au podium. Wout Poels se remettra probablement de sa chute de la veille pour aller chasser les pois. Sonny Colbrelli espéra un sprint réduit dont il a les faveurs. Là où Matej Mohoric pourrait refaire le coup du Creusot comme Dylan Teuns pourrait être encore à l’offensive en profitant du surnombre.

Qui restera auprès de Wilco Kelderman ? Sans doute Emmanuel Buchmann. Cela paraît trop dur pour que Nils Politt double la mise. Quid de Patrick Konrad et Lukas Pöstlberger qui trouve un terrain à leur mesure, surtout le premier des deux.

Alexey Lutsenko n’aura comme tout leader aucune marge de manœuvre. Ce qui n’est pas le cas de coureurs comme Jakob Fuglsang en préparation pour les JO ou Ion Izagirre, pas loin d’une victoire au Grand Bornand. Alex Aranburu est le plus rapide de tous, mais le sprinteur polyvalent fait plus parler de ses lacunes techniques que de ses coups d’éclat.

Voir Guillaume Martin tenter ne serait pas étonnant mais condamnerait toutes les chances des échappées. Christophe Laporte devrait être inspiré par l’aspect classique du profil mais devra surtout espérer que le vent freiné les ardeurs dans la montée finale. La meilleure cartouche des hommes de Cédric Vasseur est probablement Anthony Perez en forme, qui trouve des difficultés qui devraient lui poser moins de problème que les longs cols qu’il a dompté étonnamment comme à Tignes.

Kasper Asgreen est d’office un nom qui ressort et doit ressortir. L’étape du Creusot l’a exposé derrière le duo infernal dont son travail sur les sprints de Valence et Carcassonne n’a que confirmé sa grande forme. Si Tim declerqc pensera ses plaies, la question de voir Mattia Cattaneo se pose. L’italien possède toutes les qualités et pourraient profiter de la force de l’équipe. Pas fana d’un Davide Ballerini dans l’absolu Dries Devenyns sous les radars. Mais attention au belge qui est un coureur extrêmement malin.

Qui pour faire la baby-sitter de Rigoberto Uran ? Nelson Powless peut faire parler des qualités de rouleur pour anticiper, Sergio Higuita de sa vitesse au sprint et à la fois Michael Valgren et Magnus Cort Nielsen d’une entente maline entre danois dont ils ont le secret. Un duo qui aura porté à la victoire le dernier des deux à la victoire à Carcassonne en 2019. Le départ en fanfare est parfait pour Stefan Bissegger, le final plus pour Ruben Guerreiro.

Plus que quatre coureurs en course. Un Stefan Küng en vu, un David Gaudu malade, un Bruno Armirail convalescent et un Valentin Madouas qui a coché l’étape.

Les Grenadiers laisseront-ils encore Dylan van Baarle aller devant ? Ou se préserveront-ils pour demain ? Michael Kwiatkowski a pourtant une étape qui lui va comme un gant.

Si Loic Vliegen, Lorenzo Rota, Jan Bakelants, Georg Zimmermann sont des coureurs offensifs, Louis Meintjes attendra-t-il les Pyrénées ?

Michael Woods et Dan Martin sont les meilleures cartes mais contraint à arriver en solitaire. Une tâche compliquée puisqu’il faudra sortir dans le col de Saint Louis.

Wout van Aert est l’épouvantail de la journée.

A l’attaque avec Thomas de Gendt, Brent van Moer, Philippe Gilbert qui peuvent sur un coup d’éclat briller. Cela semble trop dur pour Harry Sweeny..

Ivan Garcia Cortina est clairement la meilleure carte mais se dit rester auprès de son leader Enric Mas. Jorge Arcas voudra peut être fêter son anniversaire devant ? Comme Imanol Erviti retourner devant avec Carlos Verona.

Si ce n’est pas Michael Matthews, ce sera à Christopher Juul-Jensen de briller. Quoi que Luke Durbridge n’a jamais aussi bien grimpé

Strike général hier chez la DSM, quid des blessures de chacun ?

Verra-t-on enfin Simon Clarke ?

Stuyven devra profiter du vent de face mais apparaît en grande forme. Toms Skujins devrait apprécier le terrain du jour.

Tadej Pogacar a de l’avance mais avec un final à risque, est-ce opportun de laisser un homme devant. Tant on a vu le slovène esseulé ces derniers jours.

Jasper Philipsen peut être tenté dans la chasse au maillot vert. Xandro Meurisse n’est pas loin de sa forme de 2019 et Silvana Dillier pourrait mettre ses qualités de rouleur dans une anticipation.

Quentin Pacher a déclaré vouloir y aller. Franck Bonnamour pour être l’infatigable du Tour, à moins que Cyril Barthe aille enfin devant.

Elie Gesbert a été vu récemment à l’attaque, le terrain est bon pour le breton.

Aussi surprenant que cela puisse paraître au vue de Saint-Louis, Anthony Turgis dans une étape classique est la meilleure cartouche dans le fusil des hommes de Jean René Bernaudeau.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Michael MatthewsGagnant 400.15 %
Alejandro ValverdePlacé 120.2 %
Omar FraileVainqueur 23.20.1 %
Omar FrailePlacé 7.50.15 %
Toms SkujinsVainqueur 1000.1 %

Etape 13 Tour de France 2021

219,9 kilomètres entre Nîmes et Carcasonne. Une étape profilée pour un sprint massif en apparence. Mais les 1960 mètres de dénivelé positif ne sont pas tout simple. Il est vrai que l’hérault et l’Aude sont des routes plutôt mal plates.

Un sprint potentiellement favorisé par le vent

La Deceuninck Quick Step devra trouver des alliers pour mener à bien la chasse. L’avantage pour le Wolfpack, c’est une journée vent de face qui favorise un filtrage plus simple. Toute la question sera de savoir s’ils seront aidés par la Alpecin Fénix ou la team DSM. Plus de doutes sur la Arkea Samsic qui est fortement diminuée avec les abandons. On pourrait dire de même avec les Alpecin mais l’équipe a montré qu’ils étaient prêts à mettre la main à la patte pour Jasper Philipsen quand bien même Tim Merlier et Mathieu van der Poel manquerait. Les premiers kilomètres seront cruciaux. Si une échappée forte de rouleurs comme hier arrive à partir alors le scénario sprint sera game over. Si au contraire, la Deceuninck n’a personne devant comme hier avec Julian Alaphilippe et réussit à maîtriser les plus véhéments. Alors, les hommes de Patrick Lefévère se mettront en route pour Mark Cavendish. En route vers les 34 victoires et la possibilité d’égaler le record de Merckx. Les possibilités se font rares. Il ne reste plus que Carcassonne, Libourne et les Champs Elysées pour le Manx Missile. Avec la possibilité d’être mis hors délai dans les Pyrénéens, c’est une étape où le meilleur train du plateau devrait all-in pour son sprinteur.

C’est pourquoi, je ne pars que sur un pick prélive. Avec en conseil de garder des billes pour le live et miser sur une échappée suivant sa composition où des profils de rouleurs avec une bonne pointe de vitesse aux sprints. Des types comme Michael Valgren, Omar Fraile, Greg van Avermaet, etc. Une composition d’échappée qu’il faudra attendre pour parier sur le sprint intermédiaire même si le bet Cyril Barthe comme on a exposé sur le chan audio de Twitch avec l’Homme de l’Ombre est un bon bet (passé de 25 à 15).

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Mark CavendishVainqueur 3.50.5 %

Etape 12 Tour de France 2021

159,4 kilomètres de Saint-Paul-Trois-Châteaux à Nîmes dans une étape taillée pour un sprint massif.
Le format de cet article sera spécial : je vous présenterai les points clés que sont le vent, les zones exposées propices aux bordures et le final. Pour l’explication de mes choix, je vous renvoie au live RedSportsBE sur Twitch qui a eu lieu à 11 heures : https://www.twitch.tv/REDsportsBE
Etant en vacances, je fais au maximum pour dégager du temps pour les articles mais la rédaction / recherche est extrêmement chronophage.

Un sprint potentiellement réduit par le vent

Deux points clés doivent être mis en avant pour savoir si l’on aura un sprint massif ou non. Le premier est avec un Mark Cavendish souverain, avec et en l’absence de Caleb Ewan, Arnaud Demare et Tim Merlier, qui voudra aider la Deceuninck Quick Step à rouler ? La DSM apparaît comme la candidate la plus crédible disposant du meilleur train sur le papier. Quand bien même les hommes de Patrick Lefévère se sont illustrés à Valence. Le train de la DSM était décimé du fait des bordures dans le final.
Aujourd’hui, les meilleurs alliers des belges ne devraient pas être les équipes des sprinteurs restants. On aurait pu penser à la Arkéa Samsic mais avec les abandons de Clément Russo et Daniel McLay, Nacer Bouhanni a perdu son train. Non, ce sont les équipes de leaders par le biais du vent soufflant dans certaines zones exposées au vent trois quart dos. Un mistral on le sait favorable aux bordures. Malheureusement, si les Ineos Grenadiers semblent être les têtes de liste avec les Jumbo Visma. Les abandons successifs de Tony Martin hier, Robert Gesink et Primoz Roglic enlèvent des éléments précieux pour être à l’initiative d’une bordure. Du côté des britanniques, la mise hors délai de Luke Rowe est un coup dur qui enlève assurément un gros gazier. Non, c’est plutôt du côté de la Bora Hansgrohe pour à la fois Wilco Kelderman au classement général et Peter Sagan pour le sprint de Nîmes qu’il faut se tourner. Très active en tête du peloton aux abords de Valence, la EF Education Nippo pourrait tout autant être à l’initiative ou tout du moins être une des équipes les plus actives une nouvelle fois si des divisions devaient avoir lieu.

La zone entre Euzet et Uzès (sprint intermédiaire) est la plus exposée au vent trois quart dos. Elle sera assurément utilisée pour initier une bordure. Toute la question est de la réussite de celle-ci.

Si l’on se fit aux prévisions à 16 heures, la force du vent est de 15 km/h. A peine juste pour que l’opération soit réussie.

Attention cependant, si les rafales à 35 km/h viennent à souffler alors la bordure sera un succès.

La sortie d’Uzès ne devrait plus débrancher avec un vent de dos qui poussera le peloton vers le final à Nîmes.

Ce qui réduit considérablement le champ de réussite des échappées avec un peloton extrêmement nerveux et actif.

Un final où le train a son importance

3.3 kilomètres de l’arrivée

3 kilomètres de l’arrivée

2.2 kilomètres de l’arrivée

1.8 kilomètres de l’arrivée

900 mètres de l’arrivée

400 mètres de l’arrivée

Ligne droite finale

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Jasper PhilipsenVainqueur 70.25 %
Jasper StuyvenPodium 100.15 %
Anthony TurgisPodium 350.1 %

Etape 11 Tour de France 2021

198,9 kilomètres de Sorgues à Malaucène pour la tant attendue double ascension du Mont Ventoux. Un cumul de dénivelé positif de 4647 mètres pour une étape qu’assurément beaucoup de grimpeurs patentés voudront accrocher à leur palmarès.

Les ambitions de tadej pogacar, clé de voûte de l’issue de l’étape

Tadej Pogacar est un leader bien encré au classement général. Possédant plus de cinq minutes sur ses principaux adversaires, le porteur du maillot jaune a de quoi voir venir. Et pourtant deux éléments pourraient le pousser à faire tirer ses coéquipiers de la UAE émirates. Une victoire de prestige serait la cerise sur le gâteau du slovène. Toute la question est de savoir si l’ogre est rassassié ou non. La seconde repose sur un aspect plus tactique de la course. En effet, la scène pourrait ouvrir un espace suivant le déroulé à Ben o’Connor. Avec 2:01 d’avance, le vainqueur du Tour de France sortant à de quoi voir venir. Surtout lorsque l’on connait sa supériorité dans l’effort individuel. Mais on a vu lors de l’étape du Grand Bornand et de celle de Tignes que Pogacar ne se refuse pas à grapiller les secondes ici et là. L’étape du Creusot se voulait être l’exemple même qu’aucune équipe ne lui fera de cadeau. Jusqu’à ce que la Total Direct Energie deviennent une allier de circonstance et que les Movistar roulent sur l’offensive de Richard Carapaz faisant le jeu d’un slovène esseulé.

L’échappée matinale devrait avoir du mal à se former pour deux aspects. D’abord, l’enchainement Côte de la Fontaine de Vaucluse – Côte des Gordes parce que la Bahraïn Victorious et la Bike Exchange essayeront au maximum de placer leur sprinteur.

Sonny Colbrelli et Michael Matthews dans de bonnes dispositions pour aller contester le sprint intermédiaire au sommet des Gordes. Une lutte acharnée avec la Deceuninck Quick Step qui essayera de leur contester les points avec Mark Cavendish.

Une échappée tardive favorisée par la Israel Start Up Nation qui devrait fournir le même travail que lors du départ de Cluses pour s’assurer que Michael Woods sera aux avants-postes pour contester à la fois les points du maillot de meilleur grimpeur que le gain d’étape.

La première montée du Ventoux pourrait décider de l’issue de l’étape. Est-ce qu’UAE laisse suffisamment d’avance ? Est-ce que les équipes se bataillant pour le podium seront résigner dans la guerre face à Pogacar mais ne se livreront pas une bataille par l’arrière ?

La descente vers Malaucène pourrait être à l’instar du Mont Dénivélé Challenge l’occasion de durcir la course. Ce qui aurait pour effet de faire fondre l’écart sur l’échappée mais aussi ouvrir des possibilités de victoires d’étape pour les leaders avant la dernière montée du Mont Ventoux.

Une montée classique, connu et revenu du Mont Ventoux par son versant le plus dur. Son passage au sommet offrirea 40 points au classement de la montagne, ce qui promet une bataille ardue entre les prétendants au maillot de meilleur grimpeur.

UNE BATAILLE POUR LE MAILLOT A POIS

Sans doute l’un des grimpeurs de l’année. Michael Woods a passé un cap lors des longues ascensions. Ses qualités de descendeurs laissent à désirer dans l’inconscient collectif mais il n’est pas sans rappeler que sa descente au Grand Bornand était loin d’être ridicule alors que le temps était pluvieux.

Déjà vu au grand Bornand, Quintana n’a désormais qu’une priorité : défendre le maillot. Véritablement le plus fort de l’échappée de Tignes dans les montées, le colombien retrouve le Mont Chauve qu’il aura déjà dompté au Tour de la Provence l’an passé. Bien que ce soit jusqu’au Chalet Reynard. Le temps devrait jouer en sa faveur. Sans pluie, la descente ne sera pas si fraîche au ressenti. Dès lors les risques de fringale se feront moins sentir.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Sonny ColbrelliSprint intermédiaire 40.75 %
Michael MatthewsSprint intermédiaire120.25 %
Michael WoodsVainqueur 200.125 %
Nairo QuintanaVainqueur 250.125 %
Woods ou QuintanaPodium 5.50.5 %
(cote boostée)

Etape 10 Tour de France 2021

190.7 kilomètres d’Albertville à Valence pour la première étape de reprise après une journée de repos. Les seulement 1488 mètres de dénivelé positif total suggèrent un sprint massif pour une étape aux allures de cessez-le-feu, le lendemain d’une journée de repos mais surtout la veille de la terrible double ascension du Mont Ventoux

Un sprint massif prévisible pas encore écrit d’avance ?

Si l’on parle de sprint massif, c’est essentiellement vers les équipes de sprinteurs qu’il faut se tourner pour mener la chasse à bien et ramener dans les rangs les échappées de la première heure. Et ces dernières ne sont plus légions. Avec l’abandon de Caleb Ewan, la Lotto Soudal est passée en mode offensif. Brent van Moer, Thomas de Gendt, Tosh van der Sande, Jasper de Buyst et Roger Kluge, tous ont à un moment ou un autre étaient vus aux avants-postes. La mise hors délai dimanche au sommet de Tignes d’Arnaud Démare et de Bryan Coquard a changé la donne puisque ni la B&B Hôtels p/b KTM, ni surtout les Groupama-FDJ ne collaboreront désormais à la chasse. Si les hommes de Jérôme Pineau étaient d’avance aperçus à l’avant qu’à l’arrière de la course, ce sont les hommes de Marc Madiot qui collaboraient le mieux pour rameuter les fuyards.
La certitude que la Deceuninck Quick Step ira de l’avant pour Mark Cavendish ne fait guère de doute. D’une part en l’absence de Caleb Ewan et de Tim Merlier, le Manx Missile est l’homme le plus rapide du peloton. Et d’autre part gardien de deux victoires à Fougères et Châteauroux, l’actuel porteur du maillot vert pourrait accroître son avance au classement par points. Mais c’est surtout la perspective du record d’Eddy Merckx qui est une réelle motivation et pas des moindres. Deux victoires l’assureraient d’égaler les 34 victoires du Cannibale en carrière sur le Tour de France. Trois victoires supplémentaires et le Cav’ sera seul en tête du classement. L’occasion est trop belle pour l’équipe belge pour qu’elle ne file entre les mains des hommes de Patrick Lefévère.
C’est cette perspective d’un Mark sur-dominateur des sprints massifs allouant 50 points au vainqueur, qui ne devrait guère pousser la Bahraïn Victorious et la Bike Exchange à collaborer. En effet, Michael Matthews et Sonny Colbrelli pointent respectivement à 38 et 47 points. Si l’autralien et surtout l’italien sont les sprinteurs les plus en forme du plateau, leur polyvalent a un défaut. Ils sont nettement dominés dans les sprints massifs par les sprinteurs pures.
Pour aider à la chasse, il faudra donc compter surtout sur la Arkéa Samsic pour Nacer Bouhanni qui voit pointer l’ombre d’une opportunité de luxe d’inscrire son nom parmi les vainqueurs d’étapes sur les trois Grands Tours. Et sur la DSM pour Cees Bol pour profiter du plateau de sprinteurs purs décimé.
Quid de la Alpecin Fénix et de la Jumbo-Visma ? Les belges ont perdu Tim Merlier et Mathieu van der Poel, ce qui amoidrit nettement le train de Jasper Philipsen tandis que les néerlandais ont perdu Primoz Roglic. Wout van Aert a une occasion rêvée de lever les bras, lui qui n’a pu endosser le maillot jaune ?

L’avantage pour les équipes de sprinteurs, si le filtrage est bien opéré, c’est une journée totalement couverte avec un vent défavorable. Mais il ne faudra pas laisser trop de rouleurs notamment en nombre comme au départ de Tours se faire la belle… De peur de ne pas être revu.

La météo est sans conteste un élément des plus imprévisibles. La veille, le vent invité à de possibles bordures soufflant trois quarts face à la sortie de Saint Romans.

Cette fois, le modèle Arpège semble se diriger vers un vent plus de côté et donc moins favorable aux bordures.

9.4 kilomètres de l’arrivée : le final deviendra stressant avec très probablement des tentatives de cassures au sein du peloton.

Le chemin vers le centre de Valence se fait sur des routes rectilignes…

… extrêmement exposé au vent.

5 kilomètres de l’arrivée : un enchainement de rond-points dont la droite semble la meilleure option (même si les deux en apparence se valent.

4.8 kilomètres de l’arrivée : le petit frère lui aussi à droite.

Nul besoin de paniquer quand le Boulevard Roosevelt laissera tout le loisir de se replacer.

1.5 kilomètres de l’arrivée : le boulevard Winston Churchill se retrécissera un peu en laissant tout de même la place nécessaire aux trains des sprinteurs.

Gardant la même largeur à 700 mètres.

Les trois derniers kilomètres sont les mêmes qu’en 2015, les 200 derniers mètres qu’en 2018.

300 mètres de l’arrivée : un rond-point à passer pleine balle. Ce qui contraint à virer en tête pour espérer entrevoir la victoire.

Pour débouler sur les 200 derniers mètres.

Un final qui aura offert par deux occasions des late attacks dans Valence : Zdenek Stybar en 2015 et Philippe Gilbert en 2018. Jamais bien loin du but, les deux coureurs de la Quick Step semblent montré la voie que tout est possible… Surtout dans une journée marquée par la pluie.

UN sprint incertain

Qui pour chasser ? Pu grand monde. Malgré tout le renfort potentiel de la Arkéa, de la DSM et éventuellement du Panzer pourrait soulager la DQS et favoriser un scénario classique de sprint inévitable à Valence. Mais l’étape de Tours a été une mise en garde, la mafia belge pourrait refaire surface après l’an passé où tout un groupe à tenter de redynamiter la course par le biais d’une entente nationale pour foutre le souk.

Qui dit rouleur… qui dit Lotto offensive dit Brent van Moer. Le jeune belge désormais habitué des raids en solitaire est le gros moteur du moment. Repris à seulement 300 mètres à Fougères, le Thomas de Gendt deuxième génération n’était pas loin de réitérer l’exploit d’Issoire. Une échappée victorieuse en solitaire sur le Critérium du Dauphiné après un Tour de Limbourg malchanceux.

Déjà en vue, la Bahreïn-Victorious pourrait être tenté de mettre des coureurs à l’avant. Déjà vainqueur, Mohoric est en grande forme. A la fois rouleur et très bon sprinteur, le slovène pourrait profiter du chaos autour des sprinteurs pour tirer une nouvelle fois son épingle du jeu.

Dans un scénario sprint massif, il est un coureur sous les radars qui ambitionne de profiter de l’absence des sprinteurs. Magnus Cort Nielsen pourrait se mêler au sprint du côté de la EF Education Nippo. Qui dit pluie, dit danois. On pense tout de suite à Mads Pedersen mais si la menace danoise ne venait pas d’ailleurs. Stefan Bissegger a les faveurs de nombre de personnes mais à l’instar d’un Stefan Küng ne devra-t-il pas rester auprès de son leader en cas de bordures ?

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Brent van MoerVainqueur 1250.1 %
Brent van MoerSprint intermédiaire100.1 %
Matej MohoricVainqueur 1500.05 %
Tosh van der Sande Vainqueur 3000.05 %
Harrison SweenyVainqueur 5000.05 %
Magnus Cort NielsenPodium 300.15 %

Etape 9 Tour de France 2021

144.9 kilomètres pour rellier Cluses à Tignes pour la première arrivée au sommet. Avec 4628 mètres de dénivelé positif total, nul doute qu’un grimpeur patenté du peloton s’imposera. Toute la question est de savoir si celui-ci sera issue de l’échappée ou du groupe des leaders.

Un sauve qui peut général ?

Tadej Pogacar a frappé un grand coup sur les routes du Tour de France. Les UEA émirates sont en position de force. Avec 5:01 sur Richard Carapaz qui fait office d’adversaire le plus coriace en montagne, le slovène, vainqueur sortant du TDF, peut dormir sur ses deux oreilles. La stratégie de course est donc probablement sceller pour Pogi qui doit éviter les pièges, passer entre les gouttes. Bref, la jouer fine… Jouer sur la défensive. Le coup de massue est grand pour les Ineos Grenadiers et la Jumbo-Visma qui avaient les deux armadas pour contrecarrer les desseins du maillot blanc. Seulement, les chutes successives de Tao Geoghegan Hart, Richie Porte, Geraint Thomas et Primoz Roglic ont ouvert un boulevard pour le vainqueur du Tour de l’Avenir 2018.
La vraie bataille semble se résumer à une bataille pour le podium. Sauf incident, Pogacar peut naviguer tranquille vers un second sacre. Si les émiratis se frottent les mains, les autres équipes doivent revoir toute leur stratégie. Si la question pour les Grenadiers se veut toujours de savoir comment renverser Pogacar, les autres équipes doivent être résigné au fait qu’une deuxième place serait une victoire. Après tout, exclusion fait de Wout van Aert à 1:48, Alexey Lutsenko, Rigoberto Uran, Jonas Vingegaard, Richard Carapaz, Wilco Kelderman, Enric Mas et David Gaudu se tient en seulement 1:14. Ce qui ouvre le champ des possibles pour ses hommes, qui se rêvent sans doute de figurer sur le podium sur les Champs Elysées.
L’étape du jour ressemble désormais à une transition avant la première journée de repos. Les échappées ont de grande chance d’aller au bout tout simplement car personne ne voudra rouler pour se faire écrasser une nouvelle fois par Tadej Pogacar. Qui dit grande chance des échappées dit bataille ardue pour prendre le large. Avec 15:34 d’avance au classement par équipe, deux victoires d’étape au compteur et un maillot de meilleur grimpeur à défendre, les Bahraïn Victorious sont les premiers noms qui viennent à l’esprit lorsque l’on pense à une victoire des fuyards. L’équipe se veut résolument offensive. Son leader Jack Haig ayant abandonné sur chute, Pello Bilbao se retrouve une nouvelle fois dans la peau du leader de rechange. Avec 6:41 de retard sur Tadej Pogacar, le retard offre une marge de manoeuvre sur l’équipe du Moyen-Orient. Le problème majeur du basque est de pouvoir se défaire du joug des équipes candidats au podium final dont il est une menace en naviguant sous les deux minutes.
En vérité, le départ n’a d’intérêt que de voir se former une échappée de grimpeurs emmenant avec eux des coéquipiers pour travailler au cours de la journée au succès de l’échappée. Mais encore et surtout la bataille lancée entre les Bahraïn et la Bike Exchange dans la chasse aux points du sprint bonification de Praz sur Arly où forcément Michael Matthews et Sonny Colbrelli auront un oeil sur les 20 points attribués à celui qui y passera en tête. Situé à 32.7 kilomètres, le SI est une opportunité mais rien de garantie. Puisqu’il faut basculer à Megève parmi les hommes de tête.

Avec une quinzaine de kilomètres de plat (16.7 pour être exact, le peloton devrait être compacte au pied de la côte de Domancy.

2.5 kilomètres à 9.4 % sont résolument suffisamment sélectif pour qu’un groupe de grimpeurs se dégage dans les pentes les plus escarpées de la côte de Domancy.

Avant de s’accorder un bon de sortie ou non par l’équipe du maillot jaune sur les routes ascendantes, vers Megève. Mais cette partie plus favorable peut aussi être l’occasion pour la Bahraïn Victorious, la Bike Exchange voire même pour la Bora Hansgrohe de tirer un peloton déjà morcelé vers le sprint intermédiaire.

Sans doute, faudra-t-il attendre le col des Saisies pour voir enfin le bon coup partir définitivement sur les 9.4 kilomètres à 6.2 %.

Suivi d’une descente technique, humide et rapide, les plus mauvais technicien pourrait être mis en difficulté afin notamment de s’assurer que les points attribués au sommet du Col du Pré ne viennent troubler l’équilibre de l’échappée.

Avec 20 points attribués à celui qui passera en tête du Col du Pré, la bataille pour le maillot à pois pourrait faire un sacré écrémage à l’avant. En effet, Wout Poels au classement du Grand Prix de la Montagne ne dispose que de 23 points. Un passage en tête replace nécessaire dans le jeu du maillot de meilleur grimpeur. Toute proportion gardée des cols passés précédemment et des points pris par les coureurs ayant déjà pris des points les jours passés.

Le Col de près par le Cormet de Roselend. Rien de bien exigeant après tout ce qui aura été traversé et ce qu’il reste encore à parcourir.

La Montée de Tignes sera le juge de paix de l’étape de clôture alpestre après une journée érintante et une première semaine à bloc. Comparable en certains points à Val Thorens, Tignes est une longue montée (plus de 20 kilomètres), roulante (5.6 %) au dessus des 2 000 mètres d’altitude (une hauteur où le déficit en oxygène se fait sentir).

UNE VéRITABLE LOTERIE

Qui dit échappée, dit loterie. Le relief ne fait guère de doute sur les qualités de grimpeurs du vainqueur mais la sur-représentation de certaines équipes peut influencer le cours de la scène. Le plus fort ne gagne pas nécessairement et le plus malin peut tirer son épingle du jeu.

D’autant que le mauvais temps favorise les coups du sort. La Montée de Tignes ne se fera pas sans attaques avec un vent plutôt de côté. Ce qui n’est pas un frein aux offensives.

Dans la lignée de sa nouvelle ADN, l’équipe Ineos Grenadiers doit revoir ses plans. Traditionnellement très conservatrice et sur la défensive, c’est sur le Giro d’Italia 2020 et même sur le Tour de France de la même année que l’équipe s’est réinventée. Surprenamment sur l’offensive, l’équipe pallie désormais son manque de leader transcend le classement général par des coups d’éclats en échappée. C’était le cas à la Roche sur Foron avec la victoire main dans la main de Michal Kwiatkowski et Richard Carapaz ou d’à la fois Filippo Ganna à Camigliatello Silano, Jhonatan Narvaez à Cesanatico ou de Tao Geoghegan Hart à Piancavallo.
C’est d’ailleurs ce dernier qui a été vu maintes fois à l’offensive la veille. Comme un signe que les Ineos Grenadiers veulent jouer double jeu désormais. La perte de temps de Geraint Thomas est une obène pour le vainqueur du Giro d’Italia 2020 qui a su se replacer dans le jeu du GC après sa victoire sur les pentes de Piancavallo et doubler la mise à Sestrière. Pour remporter l’étape, il faut avoir des qualités certaines de grimpeurs mais encore et surtout des qualités indéniables en terme de vitesse. L’hypothèse d’un sprint en petit comité n’est pas à exclure. Le Sappey-en-Chartreuse (2e derrière Alejandro Valverde) a montré tout le bien qu’on peut penser du britannique dans le domaine.

L’abandon de Primoz Roglic ne change rien quant aux ambitions de l’équipe néerlandaise sur le Tour de France. Désormais Jonas Vingegaard a tout loisir de se tester dans la lutte au classement général. La principale interrogation demeure sur le cas Wout van Aert qui possède tout de même près de 4 minutes sur les principaux candidats au podium et malgré tout peu entrevoir des espoirs de maillot jaune, en cas d’incident (ce qu’évidemment personne ne souhaite) ou de piège dans une bordure possible en deuxième semaine. Pour le reste, l’équipe est portée à l’offensive. Sepp Kuss a essayé mais à l’image du Critérium du Dauphiné a failli dans sa tâche. Steven Kruisjwijk devrait donc être porté à essayer. En 2019, l’étape de Tignes (dont la montée était plus courte) semblait se tourner vers une victoire disputée entre Simon Yates et Egan Bernal. Mais le néerlandais, frustré comme jamais, semblait avoir une idée derrière la tête. La montée de Tignes est un col qu’il connait par coeur. L’ayant gravit en entraînement par exemple en 2019, près d’une vingtaine de fois. La Jumbo Visma y a pour habitude d’établir sa base pour ses camps d’entrainement en altitude aux fins de finaliser la préparation pour le Tour de France. C’est une montée que l’équipe maîtrise sur le bout des doigts. L’arrivée de l’hégémonie Roglic au sein de l’équipe a un temps soit peu bousculer la hiérarchie au sein de l’équipe. Kruisjwijk est pour rappel un grand espoir de victoire sur un Grand Tour pour le Pays Bas (et l’on se souviendra de sa chute qui lui aura coûté le Giro 2016). 3e du Tour 2019 n’est pas sans montré toutes les qualités de grimpette du co-leader de la Jumbo-Visma. Désormais à 22:09 au GC, la marge de manoeuvre est permise pour s’envoler vers une victoire d’étape plus que mérité après tant de galère.

Parmi les hommes en forme du peloton en 2021, Ben o’Connor s’est mis en avant à maintes reprises. Le leader de la AG2R Citröen La Mondiale a en effet été plus qu’à son avantage sur les pentes de Thyon 2000 sur le Tour de Romandie. Dans une étape au cumul de dénivelé similaire, il était le plus fort du groupe des leaders en s’expirtant lors du final aux Gets. L’australien ne cesse de monter en puissance. Ce n’est sans doute pas pour rien qu’après un Giro d’Italia 2020 offensif, marqué par la victoire à Madonna di Campiglio, qu’il s’est montré comme le coureur le plus fort derrière Miguel Angel Lopez sur les pentes du Mont Ventoux au début du mois dernier. Semble-t-il remis de sa chute, o’Connor doit obtenir la permission des Terminator du peloton pour naviguer au sein de l’échappée n’étant à guère plus de 8 minutes de Tadej Pogacar et donc 3-4 minutes du podium.

Aurélien Paret Peintre pour la deuxième journée d’affilée dans sa région ?

Matej Mohoric et Wout Poels pour aller défendre le maillot de meilleur gripeur. Dylan Teuns pour la passe de deux à la Mark Padun ? Ou Pello Bilbao pour des conditions qu’il apprécie ?

Patrick Konrad pourrait retenter ce qu’il a initié aux Gets ? A moins qu’Emmanuel Buchmann soit de la partie ?.

Omar Fraile n’a jamais paru aussi solide lorsque l’on voit sa montée du col de Romme. Jakob Fuglsang trouve un terrain à sa mesure. Tout comme Ion Izagirre peut retenter le coup

Jesus Herrada l’infatigable. Mais dans sa quête du mailllot à pois et d’une victoire d’étape Guillaume Martin sera revu aux avants postes. Pas sûr que le peloton lui laisse la latitude nécessaire pour se replacer au GC.

Dries Devenyns est sans doute sous les radars. Mais c’est Julian Alaphilippe qui a les faveurs après sa perte de temps au classement général. A l’instar de Val Thorens, Tignes est sans doute une montée trop longue pour le champion du monde.

Michal Valgren a impressionné sur le Dauphiné alors pourquoi pas ? Neilson Powless remis de sa chute ?

Dans un scénario leader David Gaudu pourra t il nous faire rêver ?

Full offensive

Louis Meintjes, point barre.

Michael Woods pour le rebelotte ? Ou Dan Martin sera-t-il suffisamment en forme ?

La guèpe doit piquer !

Une Lotto encore et toujours offensive.

Idem pour la Movistar où Carlos Verona peut faire partler sa vitesse en comité réduit. Alejandro Valverde était trop frigorifié hier, aujourd’huui ne sera guère mieux pour Papy.

Et si Lucas Hamilton tentait enfin de remonter au GC ? Sa pointe de vitesse est vraiment un danger en cas de comité réduit.

Une autre équipe résolument offensive avec Mark Donovan, Soren Kragh Andersen ou même Tiesj Benoot. Mais les deux derniers ont payé un lourd tribu hier.

Quel dommage que Michael Gol ait chuté

Toms Skujins, Vincenzo Nibali, Bauke Mollema, Julien Bernard, Kenny Elissonde tant de noms…

Les grégarios pourront-ils sortir ou l’équipe jouera-t-elle la prudence ?

On attend le grand Xandro Meurisse d’y il a deux ans…

Attaque de Pierre Rolland

Warren Barguil enfin devant ? Nairo Quintana en quête du pois ? Elie Gesbert sur un terrain qui lui scie bien ?

Si Pierre Latour paye les contrecoups, n’est-ce pas l’heure de Cristian Rodriguez ?

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Tao Geoghegan HartVainqueur 500.1 %
Tao Geoghegan Hart Podium 200.15 %
Steven KruisjwijkVainqueur 1000.1 %
Steven Kruisjwijk Podium 300.15 %
Ben o’Connor Vainqueur 180.2 %
Michael ValgrenVainqueur 3000.05 %

Etape 7 Tour de France 2021

249.1 kilomètres pour rellier Vierzon au Creusot dans une étape que l’on pourrait dénommé de Liège-Bastogne-Liège à la française. 3120 mètres de dénivelé positif avec une centaine de kilomètres de plat à avaler avant de commencer un enchainement de bosse pour dynamiter le final. Une classique, que dis-je, un Monument au sein même de la première semaine du Tour pour basculer le classement général avant les étapes alpestres du week-end au Grand Bornand et à Tignes.

unE première échapée victorieuse sur le tour de france ?

Si l’on parle de “classique” sur un Grand Tour, la façon de courir l’étape est outrement plus atypique que les courses d’un jour qui rythme le printemps dans les flandres et les ardennes. Avant deux étapes de montagne, il serait bienvenue pour les équipes de leaders de préserver leurs éléments en vue des journées plus escarpées. Ce qui augmente considérablement les chances des échappées. Les UEA émirates, Ineos Grenadiers et la Jumbo-Visma se verraient bien passer une journée tranquille avant de se déclarer la guerre dans les cols du massif alpestre. La première équipe est dans une situation idéale, Tadej Pogacar possède désormais plus d’ 1:30 sur le premier des Grenadiers et sur son compatriote slovène. Du côté des Grenadiers et Killer Wasps, les choses se sont compliquées en cours de route. D’abord, les britanniques ont fait face aux chutes de Tao Geoghegan Hart et de Richie Porte sur la première étape avant que Geraint Thomas aussi ne goûte le bitûme. Le trident de la dynastie “Sky-Ineos” compte 1:36 pour Richard Carapaz, 1:46 pour Geraint Thomas et 3:50 pour Richie Porte. Mais les comptes ne sont pas mieux chez l’héritière des Rabobank puisque Primoz Roglic affiche 1:40 de retard sur celui qui l’aura privé d’un sacre à la Planche des Belles Filles sur le dernier Tour de France. Ce n’est probablement pas sur les équipes de leaders qu’il faudra compter pour ramener les fuyards dans les rangs. Puisque si l’on ajoute la Movistar à l’équation, Enric Mas est un leader affiché à 1:50 après que Miguel Angel Lopez ait perdu plus de cinq minutes pour le prodige slovène. A seulement 8:41 au classement général par équipe, les espagnols ont un coup à jouer en cas de victoire de l’échappée. C’est tout naturellement que les hommes de José Luis Arrietta devraient se glisser à l’avant et ainsi ne contribuer à l’effort collectif qu’au sein de l’échappée. Attention, nombre sont les leaders desdites équipes et des équipes adversaires à avoir perdu du temps qu’il pourrait refaire. Il n’est pas impossible de voire un membre du Top 25 tenter de se replacer. Des écarts sont faits au GC mais les nombreuses chutes ainsi que le potentiel affaiblissement de Primoz Roglic ouvre des portes sur le podium à Paris.
Qui dit chance des échappées, dit bataille pour prendre le large. Sur un départ si plat, la guerre pourrait faire rage longtemps. La Alpecin Fénix a presque trois options qui s’offrent à elle et qui dépendra principalement de Mathieu van der Poel, actuel leader du classement général. D’abord, le caractère fougueux de MVDP pourrait l’amener à réitérer ce qu’on l’a vu faire sur l’étape de Leukerbad sur le Tour de Suisse. C’est-à-dire “faire une Greg van Avermaet” en s’échappant avec le maillot de leader du classement général sur les épaules. Dans ce cas, le poids de la chasse reposerait sur les équipes adversaires et combien de crédits sont-elles prêtes à accorder à l’homme qui sait tout faire. Ensuite, l’équipe belge pourrait très bien chasser pour le gain de l’étape avec MVDP. Il est certain que la Alpecin sera très rapidement libérée du poids qu’incombe un maillot de leader. L’équipe ne sera plus qu’en chasse sur les étapes promises pour ses sprinteurs. Si l’on parle de classique, on pense évidemment aux coureurs qui ont rythmé le printemps. MVDP est de cela. Nul doute que tout le monde se souviendra de son Tour des Flandres survolté. Enfin si l’on parle du Ronde, il est à noter que Kasper Asgreen est un des membres du classement général qui pourrait prendre l’échappée du jour. Si tel est le cas, alors les chances des plus téméraires seront drastiquement réduites. Situé à 1:41 du maillot jaune, le danois n’est pas sans ambitionné une victoire d’étape mais aussi le maillot de leader. Seulement, peu probable que la Alpecin laisse du champ au champion du Danemark de contre-la-montre. Dès lors, l’échappée serait trop à portée de fusil pour prendre du champ. Mais si Asgreen ne peut être devant ? Alors Julian Alaphilippe peut encore rêver de jaune. Près de 50 secondes, c’est un sacré retard à combler pour Van der Poel. Cependant, l’étape est cousue-main pour le champion du monde. Si aucun pion n’est mis à l’avant, la Deceuninck Quick Step mettra en route pour le meilleur puncheur du monde.
En vérité, les belges pourraient être accompagnés dans cette manoeuvre par les équipes des sprinteurs les plus polyvalents. Avec 30 points crédités au vainqueur de l’étape dans le classement par points, les sprinteurs comme Michael Matthews (4e avec 52 points de retard sur Mark Cavendish), Peter Sagan (7e avec 76 points de retard sur le Manx Missile) et Sonny Colbrelli (8e avec un débours de 82 points) pourrait combler une partie de leur retard sur le sprinteur de la DQS. La meilleure option semble être de prendre l’échappée. Sauf que si l’un des trois n’est pas parmi les hommes de tête, alors son équipe roulera pour ne pas lui permettre de prendre de l’avance sur les autres au classement par points. La Bahraïn Victorious, Bike Exchange et Bora Hansgrohe pourraient être les équipes qui se mettent au service de leurs sprinteurs pour aller glaner la victoire au Creusot.
Enfin, il n’est pas sans rappeler que le rythme pourrait être intense pendant plus d’une heure même si l’échappée venait à se former vite. Puisqu’un gros groupe serait en position favorable pour se disputer la gagne. Mais cela veut aussi dire que des équipes peuvent se faire piéger. Lorsque l’on sait que la consigne sera de ne pas louper le bon coup, il n’est pas impossible de voir une équipe de rang moindre voire une équipe invitée à se mettre à la planche. Comme une punition pour avoir loupé la bonne.

Le scénario échappée est donc probable mais loin d’être encré dans le marbre. Mieux vaut une échappée conséquente pour faire face à une journée vent de face.

Le final commencera avec la côte de Château-Chinon (3.2 kilomètres à 5.2 %).

Suivi de la côte de Glux en Glenne (2.6 kilomètres à 4.2 %), mais en réalité c’est plutôt 13.3 kilomètres à 2.5 % avec le Col de la Belle Place. Ce qui rajoute de l’exigence au parcours lorsque l’on se fit juste aux cotes répertoriées.

Entre … et la côte de Beauregard par exemple, nombre sont les petits repechos qui jalonnent le parcours.

Dans la côte de la Croix de la Libération (4.6 kilomètres à 5.3 %), certains voudront sans doute anticiper la prochaine difficulté où tous les yeux seront rivés vers les puncheurs du plateau.

Il faudra nécessairement être placé pour aborder la descente qui suivra.

Puisqu’elle se fera sur des routes nécessairement peu large.

Le Signal d’Uchon s’annonce comme le juge de paix de la course du jour. Une course qui devrait s’y décanter. 5.7 kilomètres à 5.7 %, rien de bien méchant au demeurant.

Mais ce sont les pentes à 18 % de répertoriées qui feront l’objet d’une véritable sélection.

Une descente favorable aux mouvements dans le Signal d’Uchon puisque le visuel sera rendu compliqué par les obstacles que sont la forêt environnante.

Pour finir par la côte de la Gourloye (2.5 kilomètres à 5.1 %)…

… sur les véritables routes de campagne de la Saône et Loire.

Et redescendre vers la ligne d’arrivée.

Le dernier kilomètre est un sprint en faux plat montant à 2.7 % (ne pas se fier au 10.7 % du précédent screen qui doit être pris sur une très courte distance).

DES PUNCHEURS QUI ONT TOUT à GAGNER

S’il est un leader qui a perdu du temps dès la première étape, c’est bel et bien Michael Woods. Dans la forme de sa vie, Rusty Woods est désormais à 14:53 de Mathieu van der Poel. Ce qui lui offre la lattitude plus que nécessaire pour aller sans crainte dans l’échappée matinale. Quand bien même l’arme fatale des Israel Start Up Nation dans les forts pourcentages peut tout autant cocher un scénario où les leaders s’entredisputent les bonifications au sommet du Signal d’Uchon. Puisqu’il faut rappeler que la difficulté offre 8, 5 et 2 secondes aux trois premiers au sommet du Mont Julien.
Evidemment, ce ne sont pas les points bonus qui intéressent le canadien mais bien la victoire d’étape. Et le puncheur à toutes les qualités requises et la forme adéquate pour briller comme il l’a déjà fait sur la Vuelta a Espana 2020 à Villanueva de Valdegovia. Cette année, Miki a franchi un cap très net. Il est vrai que Balcón de Bizkaia en 2018 a marqué un tournant dans sa carrière. Souvent autour, jamais bien loin de la vérité, c’est désormais une figure incontestée lorsque l’on parle de pourcentage à deux chiffres. Mais quelle saison 2021, une victoire annoncée au sommet du Mur de Fayence pour ouvrir la saison à l’Etoile de Bessèges. Avant de montrer des capacités de grimpeur qu’on lui connaissait peu sur des longs cols comme Vallter 2000 et Port Ainé. Favori de l’étape d’Ermualde, Woods n’aura pu montré de quoi il était capable face aux slovènes. Chutant aux abords de la difficulté qui a vu les deux premiers du dernier Tour de France se disputer le gain d’étape. La campagne ardennaise dans ces conditions a été plus qu’honorable avec une quatrième place au Mur de Huy et une cinquième place à Liège-Bastogne-Liège. Où il ne pouvait faire guère mieux que la dernière place du groupe face à quatre coureurs plus rapides que lui. Mais ce n’était que les prémices de sa victoire à Thyon 2000 au Tour de Romandie, dans une escarmouche remportée face à un Geraint Thomas malheureux (une fois de plus). Surprenant troisième, vainqueur du groupe de leaders derrière Richard Carapaz et Jakob Fuglsang au sommet de Leukerbad. C’est sur les pentes du Gotthardpass qu’il aura éclaboussé de toute la classe qu’on lui connait. Mais c’est encore une énième fois au sprint qu’il aura pêché face à Gino Mäder.
Si Michael Woods veut gagner, ce sera de préférence en solitaire. Ou alors, il faudra être intelligent en attaquant dans les kilomètres finaux intelligemment. Comme il l’avait fait à la Vuelta, profitant du marquage des hommes les plus rapides.

On dit que la meilleure défense, c’est l’attaque. Tadej Pogacar dans un scénario leader est sans doute la meilleure des assurances. Son intérêt n’est pas nécessairement de prendre le maillot jaune si tôt dans la course. Avoir un maillot de leaders oblige à participer à tout le protocole médiatique et logistique autour à la fin de chaque étape. Mais Pogi pourrait tenter d’achever certains concurrents direct en augmentant sa marge. Nul n’est à l’abri d’un jour sans, le maillot blanc l’aura appris non pas à ses dépens mais à son profit à la Planche des Belles Filles, l’an passé. A-t-on besoin de présenter son palmarès ? Gardien de 26 victoires professionnelles en seulement trois ans, le coureur des UAE émirates a un avenir radieux devant lui. Son chrono de Laval a démontré sa forme mais qui pouvait en douter après sa performance bridée au sommet de l’observatoire de Nova Gorica au Tour de Slovénie. Véritable phénomène, sa pointe de vitesse est parmi l’un des plus rapides des leaders surtout dans un sprint en léger faux plat montant.

Une équipe qui mise sur un scénario échappée mais dont l’effectif sur une telle étape faite rêver : Benoit Cosnefroy, Dorian Godon, Oliver Naesen, Greg van Avermaet. Tous peuvent plus ou moins selon les profils rêver de lever les bras.

Qui de Matej Mohoric lorsque l’on parle d’étape-classique.

Si toutes les bouches ont Sagan pour premier noms, gare à Patrick Konrad.

QUELLE EQUIPE : Alex Aranburu, Omar Fraile, Jakonb Fuglsang, Alexey Lutsenko et Ion Izagirre tant de noms pour une seule étape.

Jesus Herrada et Anthony Perez sont de bien belles cartes.

Une équipe qui sait y faire sur ce type de profil.

Michal Valgren et Magnus Cort Nielsen ont la permission.

David Gaudu pour nous faire rêver ?

Une Ineos offensive ? Tao Geoghegan Hart pourrait être mis aux avant-postes.

Ma préférence à Loïc Vliegen et Lorenzo Rota.

Dan Martin en plan B ?

Wout van Aert pour une dernière occasion de vivre la vie en jaune.

Thomas de Gendt l’infatigable ? Brent van Moer l’inusable ? La Lotto se veut désormais offensive.

Carlos Verona et Ivan Garcia Cortina pour faire parler leur vitesse en échappée.

Et si Lucas Hamilton tentait de remonter au GC ? Simon Yates pourrait tenter d’aller chercher la victoire d’étape qu’il se veut décrocher.

Une nouvelle équipe à l’offensive avec Mark Donovan, Soren Kragh Andersen ou même Tiesj Benoot.

Michael Gogl de 2020 plairait, peut être moins celui de 2021

Qui n’aime pas Toms Skujins ?

Autour de Pogacar ou Rui Costa, Davide Formolo ou Marc Hirschi auront la permission ?

En forme avec MVDP

Cyril Barthe comme dirait Quentin Pacher sur Instagram

Elie Gesbert y va si Warren Barguil attend la Montagne ?

Anthony Turgis a un terrain et la marge pour s’exprimer.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Michael Woods Vainqueur 400.25 %
Michael WoodsPodium 120.25 %
Tadej PogacarPodium 80.25 %
Anthony PerezVainqueur 2500.1 %
Jesus HerradaVainqueur 500.15 %

Etape 5 Tour de France 2021

27.2 kilomètres pour rellier Changé à Laval dans une étape chronométrée mal plate (305 mètres de dénivelé positif) mais tout de même extrêmement favorable aux meilleurs rouleurs de la 108e édition du Tour de France.

unE bataille à trois écrite d’avance ?

Si l’on doit retenir et extraire trois noms de la starlist, les trois favoris des bookmakers sont à raison les grands noms pour le gain d’étape. Wout van Aert, Stefan Küng et Stefan Bissegger devraient se disputer la victoire avant une éventuelle demie-finale Belgique – Suisse à l’Euro 2021. Mais pour savoir si un n’est pas avantagé par rapport à l’autre, il faut se pencher sur les conditions météorologiques. A 10h30, les conditions sont comme telles.

D’abord, le vent devrait s’intensifier au cours de la journée. Celui-ci reste léger mais les pointes sont prévues aux alentours de 15 heures (une prédition qui n’a pas bougé depuis hier soir).

Dans un contre-la-montre où la partie technique, à l’entrée de la ville de Laval, est abordée avec un vent défavorable mais où une large partie du circuit sur des routes de campagne découverte est elle faite avec un vent favorable. Plus le vent souffle, plus il avantage les coureurs. Ici, Stefan Bissegger obtient un bon point. Là où le suisse de la EF Education Nippo perd des points, c’est toutes les incertitudes autour de sa capacité à tenir la distance. Muni ne s’est guère sublimé sur une telle distance.

Mais l’éventualité de pluie localisée vers 15 heures, autour et proche du circuit, reste une menace pour les derniers partants. Qui pour l’heure sont désormais épargnés par les gouttes. L’évolution des modèles semble à suggérer que les averses frapperont Ernée et Mayenne. Les derniers partants peuvent donc respirer… pour le moment.

Le départ se fera avec la bosse de Changé Saint Germain le Fouilloux (1.72 kilomètres à 4 %).

Un départ somme toute en faux plat montant.

Le bois de Brunard offrira quant à lui une portion sinueuse, à l’abri du vent.

Sur le chemin de Saint Jean sur Mayenne, les meilleurs rouleurs trouveront un terrain de jeu qu’ils apprécieront. Où ils pourront développer toute leur puissance.

Mais sa sortie n’est pas sans rappeler que le terrain est très irrégulier. Et qu’il sera compliqué de trouver le bon rythme, en changeant constamment de braquet.

Beauchamp lès Laval marque le début d’un final vent de face.

Mais c’est véritable dans Laval que les coureurs devront alterner les relances…

… en gérant un final punchy.

WOUT VAN AERT ULTRA FAVORI

Venu sur le Tour de France avec lobjectif de porter le maillot jaune en première semaine, Wout van Aert a indubitablement cette étape en tête. Le belge s’est même préseré au cours des deux étapes au sprint pour être le plus frais possible. A seulement 31 secondes de Mathieu van der Poel, le coureur de la Jumbo Visma a un shot clair pour être maillot jaune à l’issue de l’étape. Handicapé par une opération de l’appendice lors de la coupure. WVA a retardé sa préparation. Le faisant douter sur sess objectifs. Seulement, sa reprise a plus que rassurer. Il était édifiant de le voir combler un écart de 14 secondes entre le groupe de Tim Merlier et le deuxième groupe dans le final de Pontivy.
On le sait le matériel de la Jumbo Visma est à la pointe. Etudié en soufflerie, le triple champion du monde de cyclo cross a même un mannequin à son effigie pour avoir le vélo le plus aérodynamique possible. Lorsque l’on regarde les contre la montre du Giro d’Italia, les vélos Cervélo ont montré toutes leurs performances.
Médaillé d’argent de la discipline au mondial d’Imola, Wout n’a été battu que par l’imbattable Pippo Ganna en 2020. Un champion du monde local qu’il aura battu à plat de couture lors de son seul contre la montre en compétition, lors du Tirreno Adriatico sur les routes de San Benedetto del Tronto. Un signe qui annonce qu’un WVA au top devrait atomiser la concurrence sur le chrono du jour.

Deux outsiders parmi des rouleurs plus polyvalents peuvent se dégager. D’abord, Mattia Cattaneo qui monte en régime depuis le début de saison et ne cesse d’épater dans la discipline :https://www.procyclingstats.com/rider.php?xseason=&sort=date&race=&km1=&zkm1=&pkm1=equal&limit=100&offset=0&topx=&ztopx=&ptopx=smallerorequal&type=3&continent=&pnts=&zpnts=&ppnts=equal&level=&rnk=&zrnk=&prnk=equal&exclude_tt=0&exclude_tt=1&racedate=&zracedate=&pracedate=equal&filter=Filter&id=mattia-cattaneo&p=results

Ensuite, Wilco Kelderman qui est monté en puissance au fil des semaines et s’affiche comme un candidat crédible au podium du Tour. Si l’on regarde de plus près, le contre la montre qui se rapproche le plus de l’excellence commence à remonter… Vuelta 2017 mais l’étape était relativement similaire à celle du jour. Seul Chris Froome avait fini devant l’allemand. Ce qui place la performance du troisième du Giro d’Italia de l’an passé.

Ne rien espérer…

Matej Mohoric et Pello Bilbao sur un terrain qu’il apprécieront.

Kelderman pour s’encrer au GC mais aussi Lukas Postlberger et Nils Politt pour leur qualité de rouleur.

Alexey Lutsenko et Ion Izagirre le feront à fond et tenteront de réitérer la performance du Dauphiné. Mai sle terrain est moins propice à l’exploit.

Trop long pour Christophe Laporte.

Pas assez punchy pour Julian Alaphilippe.

Stefan Bissegger est l’arme numéro 1 mais attention à un nouveau gros chrono de Rigoberto Uran. Nelson Powless et Jonas Rutsch peuvent faire mal tout autant.

Bruno Armirail pour un Top 10 ?

La chute de Geraint Thomas l’handicapera-t-elle ? Richie Porte doit regagner du temps en vue d’être un second couteau à l’offensive.

R.A.S

Aïe

Wout van Aert pour le jaune et Primoz Roglic pour se rassurer après sa grosse chute.

Brent van Moer et Thomas de Gendt les deux gros moteurs

Enric Mas l’inconstant dans la discipline, capable du pire comme du meilleur

Luke Durbridge trop tôt dans la liste des partants pour espérer gagner.

Soren Kragh Andersen sur un terrain presque cousue main pour lui… presque.

Trop long pour Max Walscheid, all eyes on Victor Campanearts.

Bof

Tadej Pogacar pour montrer sa forme étincellante. Attention à Brandon McNultyen cas de pluie après 15 heures… Faut-il qu’il pleuve.

Mathieu van der Poel va perdre son mailot.

On tentera l’échappée demain

All in sur Nacer Bouhanni demain.

A quoi bon…

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Wout van AertVainqueur 2.60.5 %
Mattia CattaneoPodium 200.25 %
Wilco KeldermanPodium 160.25 %

Etape 3 Tour de France 2021

182.9 kilomètres pour rellier Lorient à Pontivy dans une étape mal plate (1524 mètres de dénivelé positif) mais tout de même extrêmement favorable au premier sprint massif de la 108e édition du Tour de France.

un sprint massif potentiellement réduit

Qui dit occasion pour les sprinteurs, dit que la Lotto Soudal de Caleb Ewan sera parmi les premières équipes à prendre le filtrage et la chasse des échappées à son compte. Avec une équipe construite à la fois de gros moteurs pour aller gagner sur tous les terrains mais aussi pour bichonner Mark Cavendish pour le sprint, la Deceuninck Quick Step devrait une fois de plus mettre Tim Declercq en chasse gardée des fuyards. Cette fois-ci, el Traktor pourra un peu plus se reposer après deux jours où il aura tiré le peloton. La Groupama-FDJ arrive ensuite en tête de liste des équipes qui seront nécessairement intéressées par un sprint massif. Quasi totalement articulée autour d’Arnaud Démare, l’équipe de Marc Madiot fera tout pour que Nono réitère sa domination des sprints comme l’an passé sur le Giro d’Italia. Et évidemment, l’équipe du maillot jaune pourrait ne pas se reposer. En effet, si la Alpecin Fénix possède le maillot de leader du Tour avec Mathieu van der Poel, elle compte aussi dans ses rangs les rapides Tim Merlier et Jasper Philipsen. Tout autre équipe quand bien même un homme rapide soit au sein de l’effectif est composé d’un ou des sprinteurs ne devraient être vu à l’avant. Du moins, pas avant d’aborder le final où la position sera primordial. C’est le cas de la Bahraïn Victorious avec Sonny Colbrelli mais aussi de la Bora Hansgrohe de Peter Sagan. Si la Trek Segafredo emmène une nouvelle fois sa triplette de sprinteur. A savoir Mads Pedersen, Edward Theuns et Jasper Stuyven, l’équipe américaine devrait laisser la tâche de la chasse sur les trains de sprinteurs qui apparaîssent comme les grands favoris de l’étape. Evidemment, on peut inclure dans le lot, la DSM de Cees Bol et aussi la Bike Exchange du polyvalent Michael Matthews, qui porrait tout autant laisser Luka Mezgec allait au sprint.

Pourtant, un sprint massif n’est pas néanmoins assuré. C’est principalement, le temps qui devrait en décider. Des averses, bien bretonnes, sont attendus toute la journée. Ce qui a pour effet de rendre le final encore plus nerveux. La bataille pour une bonne position sera faite avec les équipes de leaders. Ici, on pense aux Ineos Grenadiers, jusqu’ici extrêmement vigilants. Mais aussi aux UEA émirates de Tadej Pogacar et aux Jumbo Visma de Primoz Roglic dont on ne sait si Wout van Aert viendra s’immiscer au sein du sprint. Le belge a effet déclaré au Het Nieuwsblad que “les sprints de lundi (aujourd’hui) et de mardi (demain) pourraient [lui] convenir. Et [qu’il] espérait être un peu plus près que les 31 secondes [qu’il a] perdues maintenant. Mais [il] pense toujours [qu’il va] chercher le maillot jaune au départ du CLM (mercredi).” WVA veut donc se réserver avant de se frotter et de s’immiscer dans les sprints. Au fait de garder le maximum d’énergie possible en vue de mercredi. Seulement, les bonifications pourraient le remettre plus facilement en jeu que de tenter un all-in sur l’effort chronométré.

La bataille de position est souvent amorcée dans le final avec un peloton qui commence naturellement a accéléré l’allure par le jeu des différents trains voulant se placer à l’avant. C’est souvent à près de 20 kilomètres de l’arrivée voire même avant, que la course commence à ne plus débrancher. Les routes étroites de campagne du Morbihan ne devraient pas aider à calmer la nervosité qui en découle, bien au contraire.

Jamais bien droite, le peloton devrait naturellement être étiré. Il faudra être placé tôt pour éviter d’être piégé à cause d’un mauvais placement.

Les traversées de villages ne sont pas sans simplifier les choses…

… et c’est à moins de 10 kilomètres de l’arrivée que le peloton entrera dans une portion descendante vers Pontivy.

Le placement y est rendu vital sur des routes sinueuses…

… et toujours étroites.

La fin de la descente voit l’entrée des trois derniers kilomètres mais aussi l’insertion de mobiliers urbains. Qui n’est pas sans risque dans un final nerveux mais surtout dans une descente humide.

2.8 kilomètres de l’arrivée : un rond point qui aura pour effet de tendre l’élastique…

… pour débouler dans une rue pas vraiment large.

2.3 kilomètres de l’arrivée : l’abord d’un pont qui ne devrait une fois de plus pas aider à un replacement.

Pour immédiatement, prendre la rive opposée en sens inverse.

Et prendre le chemin des Quais faisant un peu plus de place.

1.5 kilomètres de l’arrivée : Un nouveau rond-point avant d’entrée dans la ligne droite finale.

Un terrain idéal pour que les trains ne mettente en marche.

Mais attention notamment à 800 mètres au marquage au sol et plaque métallique sur route humide.

300 mètres de l’arrivée : le peloton arrive lancé dans une portion en faux plat descendant.

200 mètres de l’arrivée : on ne voit guère la ligne d’arrivée, il faudra lancer au bon moment…

… pour jallir à 100 mètres du but et enfin apercevoir l’arrivée en ligne de mire.

Mais gare de ne pas lancer trop tôt son sprint avec le vent de face soufflant.

UN CALEB EWAN ULTRA DOMINATEUR SANS SAM BENNETT ?

S’il est un grand favori en l’absence de Sam Bennett, c’est bel et bien Caleb Ewan. L’australien vient avec une équipe entièrement tournée vers lui. Comme à son habitude Thomas de Gendt aura la tâche de tirer le peloton. Pour l’accompagner Brent van Moer sera assigné à la même tâche comme il le déclaré au Wielerflits. La suite du train est presque déjà entièrement vu : Harry Sweeny, Philippe Gilbert, Roger Kluge, Tosh van der Sande et Jasper de Buyst comme leadout. Un train qui fait nécessairement parler de lui et doit permettre au Pocket Rocket d’être lancé sur orbite.

Sprint intermédiaire de la première étape

Sprint intermédiaire de la deuxième étape

S’il est une interrogation, c’est celle de savoir les objectifs réels de Caleb Ewan sur ce Tour. Connu de tous, son objectif annuel est de remporter au moins une étape sur les trois Grands Tours. Ce qui pose la question de savoir si le sprinteur de la Lotto Soudal ne compte pas abandonner en cours de route comme il l’a fait sur le Giro d’Italia après deux victoires de marque. Sa participation aux sprints intermédiaires remet cette théorie en question. En effet, l’aussie n’est pas connu pour participer à de tels exercices en cours d’étape. Ce qui induirait naturellement un objectif maillot vert. Gardant à l’esprit qu’en 2019 malgré sept podiums dont trois victoires, Ewan pointait au final à 68 points de Peter Sagan au classement par points. Sa prise de points lors des deux premières étapes pourrait le mettre dans la course au précieux maillot tant convoité des hommes les plus rapides. Mais Ewan est aussi connu pour ne gagner que très rarement le premier sprint d’une course par étape. Il faut remonter au Tour de Wallonie pour le voir s’imposer directement. Avant, il faut remonter au Tour de Grande Bretagne. Soit la fin de ses années chez Orica (Mitchelton Scott en 2017). Soit pas moins de 25 courses par étape disputés avec la Lotto pour seulement une victoire d’entrée… Un total bien maigre. La participation aux sprints intermédiaires pourrait-elle être vu comme une mise en jambe. Un déblocage en vue du premier sprint massif ? Peut être, mais il est à souligner que lesdits sprints intermédiaires ont été disputés sur la retenue par tous. Quand bien même, ils auraient été pris par Ewan lors que le peloton se disputait le reste des points.

Gardien de trente victoires sur le Tour, Mark Cavendish pourrait s’approcher du record d’Eddy Merckx (34) en gagnant une ou plus étapes. Loin des années HTC où il était sur-dominateur, le coureur de 36 ans semble retrouver une seconde jeunesse dans une équipe qui l’a porté au sommet entre 2013 et 2015. Une résurrection en 2021 sur le Tour de Turquie où le Manx Missile a retrouvé le chemin de la victoire après 1159 jours sans lever les bras.
Son train n’est pas celui des autres sprinteurs. Quoi que la puissance de Kasper Asgreen compense largement le manque d’Yves Lampaert dans l’approche du final. Tandis que le leadout de David Ballerini suivi de Michael Morkov vaut tout l’or du monde. C’est à raison que ce dernier est reconnu comme le meilleur poisson pilote du monde. Le danois pourrait porter le britannique aux portes de sa 31e victoire sur la Grande Boucle. Une vitesse retrouvée comme on a pu le constater à l’Elfstedenronde mais aussi une importance de Morkov qui a pris tout son sens à Beringen sur la Baloise.

Du chaos d’une entrée dans Pontivy, un rouleur peut tirer son épingle du jeu. Théoriquement en tête de peloton pour tirer pour Mark Cavendish, Kasper Asgreen pourrait être ce scénario late attack que peu verront venir. La Deceuninck Suick Step est passé maître en coup tordu. Le danois apprécie les conditions difficiles mais est surtout dans la forme de sa vie. Un final à la Kuurne – Bruxelle -Kuurne où il ne faudrait pas lui laisser 100 mètres d’avance. Une fois la machine lancée, il est un des coureurs difficile à aller chercher.

Une occasion pour Dorian Godon de s’exprimer et confirmer le résultat de Paris-Camembert. A moins que le temps ne mette en avant Oliver Naesen.

Marc Haller et Fred Wirght pour emmener Sonny Colbrelli, limité dans un sprint massif en ligne droite de plus d’un kilomètre.

Peter Sagan pour un énième Top 5 qui pourrait profiter du chaos ambiant créé par la pluie et les routes étroites pour s’immiscer sur le podium de l’étape.

Une occasion pour Hugo Houle de se montrer.

Christophe Laporte aurait préféré un sprint plus en bosse que plat.

Derrière Mark Cavendish, l’équipe qui maîtrise le mieux les situations compliquées.

Même problématique pour Magnus Cort Nielsen qui doit profiter du leadout de Stefan Bissegger.

L’absence de Ignatas Konovalovas sera un poids pour Arnaud Démare. Véritable artisan du placement (avec Ramon Sindeldam, lui aussi absent) de Nono sur le Giro d’Italie 2020, le champion de Lituanie était un des clés de tant de succès du champion de France 2020.

Objectif survivre.

Danny Van Poppel pour un sprint où le placement est primordiale et dont il n’est pas un amître.

André Greipel profitera d’une équipe entièrement dévouée à sa cause avec la perte d’un objectif au GC, Woods ayant perdu plus de 8 minutes sur chute lors de la première étape.

Malgré ses déclarations, le final sélectif pourrait laisser entrevoir des bonifications à Wout Van Aert que le belge ne peut refuser.

All-in Ewan.

Ivan Garcia Cortina pour un place improbable dans le Top 10 ?

Michael Matthews dans un sprint qui ne lui scie guère.

Joris Nieuwenhuis et Casper Pedersen comme l’an passé auront la tâche de faire briller Cees Bol, capable du pire comme du meilleur. Mais que trop rarement le meilleur malheureusement. Dommag

Le papier laisse penser à Max Walscheid, mais la tête me dit Carlos Barbero.

Quid des effets de la chute lors de la première étape sur Mads Pedersen. Sans ça, un temps de danois implique forcément que le champion du monde sortant doit être un candidat à ne pas négliger. Surtout avec les automatismes pris avec son leadout.

Objectif que Tadej Pogacar s’en sort sans encombre.

Tim Merlier ou Jasper Philipsen, telle est la question. Avec une cuisse contusionnée et une entorse à la cheville pour Merlier, Philipsen a ma primeur mais rien n’est décidé. Ce dernier a déclaré que ce sera décidé avant le départ suivant le ressenti de Merlier. Si Merlier vient à emmener son compatriote alors son sprint long pourrait être un avantage pour Philipsen en étant déposé aux portes des 100 mètres dans un sprint vent de face.

Bryan Coquard a chuté mais quand bien même semble dominé dans un tel sprint.

Nacer Bouhanni pour aller chercher une victoire sur les trois grands tours ?

Faire office de présence avec Edvald Boasson Hagen et Anthony Turgis.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Mark CavendishPodium 2.750.55 %
Mark CavendishVainqueur 80.25 %
Jasper PhilipsenVainqueur 220.15 %
Kasper AsgreenVainqueur 2250.05 %

Etape 2 Tour de France 2021

Perros Guirec – Mûr de Bretagne Guerlédan : 183.5 kilomètres pour poursuivre l’aventure du départ en Bretagne avec 2149 mètres de dénivelé positif. Encore une journée casse-pattes dans le Finistère pour conclure le week-end d’ouverture qui aura fait la part belle aux puncheurs / grimpeurs du peloton.

La défense du maillot jaune dans la ligne de mire

La bataille pour l’échappée devrait être moins allétante qu’elle ne l’a été la veille. Les premiers maillots étaient à distribuer avec les premiers points attribués au sommet des difficultés répertoriées, de la première étape. Sans doute, faudra-t-il compter sur Ide Schelling pour aller défendre son maillot de meilleur grimpeur en allant chercher les quelques points offerts au sommet des difficultés de quatrième catégories avant le premier passage sur la ligne d’arrivée au Mûr de Bretagne. C’est-à-dire de prendre les quatre points aux sommets des côtes de Sainte Barbe, de Pordic, de Saint Brieuc et du village de Mûr de Bretagne. Voire éventuellement les deux points attribués au premier passage, mais pas nécessairement.
Nombre voudront aussi panser leurs plaies et calmer le jeu d’une nervosité ambiante. Mais c’est surtout Deceuninck Quick Step qui condamne naturellement toute réussite des échappées. Julian Alaphilippe, maillot jaune sur les épaules, trouve un final cette fois-ci entièrement cousue-main pour lui. Si la Fosse aux Loups lui était favorable. L’ “Alpe d’Huez de Bretagne”, comme les bretons aiment à la surnommer, ressemble à un terrain de jeu outrement plus avantageux. Gardien d’une victoire désormais sur le Tour, le leader emblématique du Wolfpack a déjà réussi son Tour. L’objectif d’une victoire d’étape est déjà remplie. Mais le champion du monde, que ce soit sur route que du panache, n’est pas du genre à laisser filer un maillot de leader. En démontre ses quatorze jours en jaune en 2019. Alafpolak n’a d’autres choix que d’aller chercher les bonifications. Pour d’une part, contrer le temps éventuellement pris par les leaders comme Primoz Roglic, Tadej Pogacar ou Geraint Thomas rapide en contre-la-montre et supérieur au français dans l’exercice. Mais aussi d’autre part, contrer des coureurs comme Mathieu van der Poel ou Micheal Matthews capables d’aller chercher des bonifications dans les sprints massifs. D’autant que pour le néerlandais, le bilan médical de Tim Merlier lui ouvre une porte pour les prochains sprints. Voire même un savant mélange des deux profils avec Wout van Aert capable d’aller chercher la victoire aux sprints de Pontivy et Fougères mais au contre-la-montre de Laval. Ce qui en fait potentiellement la menace numéro 1.
Cette fois-ci, les équipes capables d’accompagner la Deceunick et fournir une aide à Tim Declercq en tête du peloton sont plus restreintes. Malgré la déconvenue de Sonny Colbrelli dans la Fosse Aux Loups, la Bahraïn Victorious pourrait contribuer à la chasse. Mais c’est plutôt du côté de la Bike Exchange qu’il faut se pencher avec un spot possible pour Michael Matthews, qui ne pointe qu’à 12 secondes d’Alaphilippe. Bien que Tadej Pogacar et Primoz Roglic aient été au rendez-vous, la UEA émirates et Jumbo-Visma sont plutôt attendues dans le rôle défensif en préservant leurs effectifs. Tout comme les Ineos Grenadiers qui ne doivent être vus aux avants-postes que pour éviter que ses leaders ne soient piégés. A l’image du jour, c’est une nouvelle fois l’équipe du maillot érisé désormais teinté de jaune qui sera accompagné de l’équipe de l’insatiable Mathieu van der Poel. La Alpecin Fénix aura une nouvelle fois du pain sur la planche.

Au cours de la dernière décennie, le Mûr de Bretagne a accueilli par trois fois l’arrivée d’une étape du Tour de France.

editions
2018Dan MartinPierre LatourAlejandro Valverde
2015Alexis VuillermozDan MartinAlejandro Valverde
2011Cadel EvansAlberto ContadorAlexandre Vinokourov

Le final de la version 2021 est un savoureux mélange des deux dernières éditions avec le double passage de l’édition 2018 et le dernier passage s’abordera par la N164, sans l’élan de la Route de la Vallée. Un point commun à 2015 cette fois. C’est donc une fusion des deux derniers passages qui construit l’ensemble du circuit de la 108e édition.
Comme il y a de cela trois ans, le premier passage au sommet de Mûr de Bretagne offrera des bonifications aux trois premiers. Situé à 15.3 kilomètres de l’arrivée, toute la question est de savoir si elles auront une influence sur la course. Puisqu’en 2018, situées plus loin que la ligne d’arrivée, Geraint Thomas dans le groupe des leaders était allé les contester pour prendre deux petites secondes.

Mûr de Bretagne : 2 kilomètres à 6.9 %. dont la partie raide mesure 700 mètres à 10.3 %. Toute la spécificité réside dans la capacité d’anticipation des uns et des autres dans la montée.
La Fosse aux Loups a démontré que l’opération est tout à fait réalisable quand Primoz Roglic et Tadej Pogacar se sont isolés ensembles en contre mais n’ont réussi à collaborer. Gardant cela à l’esprit, il est aisé d’y voir une nouvelle opportunité. Si Julian Alaphilippe semblait déjà remuant en 2018, accélérant à 1.5 kilomètres de l’arrivée dès le pied des pourcentages les plus forts. C’est Dan Martin qui aura eu le dernier mot en anticipant à 1.3 kilomètres de l’arrivée. La même distance que la première attaque de Vuillermoz. Qui aura été rattrapé par un Chris Froome en chasse. Et pourtant cela n’a pas empêché le français de répondre par un contre quasi immédiat à 800 mètres de la ligne.

Très certainement si Julian Alaphilippe n’est pas à l’origine de la première banderille, qui pour prendre en compte l’organisation du groupe pour combler les mètres pris par l’offensive ? Wout van Aert est sans nul doute la clé d’un sprint réduit comparé aux années précédentes en travaillant pour son leader comme il a su le faire à Landerneau. Dès que Julian Alaphilippe a réussi à creuser un écart sur le groupe. Problème, y aura-t-il suffisamment de main d’oeuvre pour se faire ? En 2015, personne n’a voulu emmener sur un plateau Chris Froome qui était marqué à la culotte. Et il ne restait guère de coéquipier aux uns et aux autres. Ce qui devrait une nouvelle fois être le cas avec une bataille de position pour aborder le pied en tête et dont le premier passage aura forcément fait un premier écrémage.

Le sprint long, à l’image de celui de Pierre Latour en 2018, est tout à fait un autre scénario envisageable. Pour rappel, le français à l’époque avait lancé à 500 mètres pour tenter de revenir dans la roue de Dan Martin.

Montée finale de l’édition 2018 – timecode : 33:00

Montée finale de l’édition 2015 – timecode : 2:20:40

Avec un vent favorable les offensives devraient être encouragées. Ce qui exclut les sprinteurs à la Matthews, Colbrelli et Sagan ou tout du monde ne les favorisent pas. Puisqu’ils devront impérativement au delà d’avoir les cannes, suivrent les mouvements.

Vers un nouveau show alaphilippe ?

Le leader de la Jumbo Visma, Primoz Roglic, après une troisième place au sommet de la Fosse aux Loups a montré tout le talent qu’on lui connait et surtout être au rendez-vous. Bien placé à l’amorce du pied de la difficulté, juste derrière les Deceuninck Quick Step. Le slovène a profité du travail de Wout van Aert pour tenter un temps de rentrer puis de limiter la casse sur Julian Alaphilippe.
Une nouvelle fois, il n’est pas inutile de faire un parallèle avec le final de Biot lors de Paris-Nice. Où Roglic aura réglé jusqu’à Christophe Laporte dans un sprint punchy où les grimpeurs comme Guillaume Martin avait leur mot à dire. Dans la foulée du sprint de Suance, le leader de la Jumbo Visma a démontré comment il peut être dominateur dans les arrivées punchy. On pensera aisément aux arrivées au sommet disputé face à Pogacar comme Orcières Merlette mais aussi le sprint bonification du col de Marie Blanque. Mais surtout au Tour de l’Ain et au Dauphiné 2020 où il a montré être la crême de la crême. Si Julian Alaphilippe venait à anticiper, il est un des seuls coureurs à pouvoir suivre le français dans sa fameuse injection. Mais c’est surtout la possibilité du sprint long qui peut être la force du vainqueur de la Vuelta, si on a en mémoire son accélaration dans le Mur de Huy, à la Flèche Wallonne à près de 500 mètres de l’arrivée.

Je suis déjà focalisé sur demain et l’étape de Mûr-de-Bretagne qui peut s’avérer piégeuse, même si le final est un peu moins technique qu’aujourd’hui

david gaudu

Local de l’étape, David Gaudu connaît le Mûr mieux que quiconque. Connu pour ses qualités de puncheurs qu’il aura démontré dès ses premières participations à la Flèche Wallonne à son entrée chez les professionnels. Le leader de la Groupama-FDJ s’est fait progressivement un nom chez les professionnels. Troisième de Liège-Bastogne-Liège, toute la dimension du vainqueur du Tour de l’Avenir 2016 a changé depuis la Vuelta a Espana de l’an passé avec deux succès à la Covatilla et à la Farrapona. Rapide au sprint, la fibre punchy de Gaudu s’est déjà vu au Romandie 2018 quand à Romont le frenchy s’est imposé au nez et à la barbe de Rui Costa, Primoz Roglic ou même Michael Woods pour ne citer qu’eux. Ce qui place le coureur sur l’échéquier World Tour. Si Julian Alaphilippe a su transformer la naissance dde son enfant en extra boost, c’est bien le soutien du public local qui devrait laisser pousser des ailes à l’enfant du pays.

Que dire de la forme de Pierre Latour. Déjà en vue sur le championnat de France, en mettant une sacrée banderille en compagnie de Guillaume Martin à 47 kilomètres de l’arrivée. C’est-à-dire sur une course assez verrouillée à l’arrière que le coureur de la Total Energies était extrêmement actif déjà à près de 80 kilomètres de l’arrivée. La stature du coureur qui crie sur ses jambes lors des montées à évoluer jusqu’à obtenir le rôle de leader dans l’équipe il a été transféré après ses galons à la AG2R et dans son réservoir amateur à Chambéry. Rapide au sprint comme l’atteste sa troisième place à Levens. Pierre Roger de son prénom complet est à un niveau supérieur à la Vuelta 2019. Dont il était loin d’être ridicule au contraire. De bonnes augures pour prendre un place encore une fois et confirmer ce qu’on a vu de lui aux Asturies.
Et pourquoi pas à l’image de Dan Martin, respecter cet adage modifié à l’occasion : les deuxièmes seront un jour les premiers.

Une occasion rêvée pour Benoit Cosnefroy. Si celui-ci n’était pas tombé à deux reprises. Le puncheur ne français souffre de dermabrasions avec contusion dorso-lombaire et cervicale ainsi que d’une plaie au niveau du bras droit causée par un pédalier et qui a nécessité la pose d’un point de suture

Sonny Colbrelli a montré ses limites à la Fosse aux Loups alors pourquoi réussir quand on a déjà échoué dans une arrivée moins favorable. Heureusement Jack haig est en très bonne forme et trouve un terrain d’expression comme Pello Bilbao et Wout Poels.

Six coureurs à terre pour la Bora mais un Peter Sagan qui doit en profiter pour aller chercher de gros points dans une arrivées où il n’a réussi à s’immiscer sur le podium sans pour autant louper le Top 10.. Wilco Kelderman et Patrick Konrad sont préférés mais ont chuté.

Une arrivée moins bonne pour Alex Aranburu mais sera-t-il suffisamment bien placé ? Jakob Fuglsang et Alexey Lutsenko épargnés par les chutes sont préférés.

Une hanche douloureuse pour Guillaume Martin pris dans la chute de la femme à la pancarte. Et si Simon Geschke était le dark horse.

All-in Alaphilippe

Rigoberto Uran voudra faire mieux que sa quatrième place en 2011. Mais Sergio Higuita, pétrie de talent est immensément plus rapide.

David Gaudu a-t-il un boulevard au sein de l’équipe avec Valentin Madouas pris dans les chutes hier ?

Les Grenadiers doivent encore limiter la casse. Les chutes de Richie Porte et Tao Geoghegan Hart sont une sacrée épine dans le pied qui contraint les plans des Britanniques.

Loic Vliegen, Lorenzo Rota ou Georg Zimmermann pour un nouvel utopisme ?

Michael Woods ayant chuté, Dan Martin épargné. L’irlandais a la primeur et surtout l’expérience.

Le penchant va à Primoz Roglic mais Jonas Vingegaard ou Wout van Aert peuvent-ils anticiper pour pousser Alaphilippe à la faute ?

Caleb Ewan trouve un obstacle. Rendez-vous lundi donc.

Il faudra être ingénieux du côté de la Movistar pour briguer le général avec la perte de temps de Miguel Angel Lopez.

Michael Matthews ou Simon Yates plutôt du côté du britannique

Tiesj Benoot a la primeur, Soren Kragh Andersen ayant chuté

Carlos Barbero encore et toujours. Mais trop dur pour lui.

Entre Theuns et Pedersen que de malchance pour le train des sprinteurs de l’équipe. Trop compliqué pour Stuyven, il faut compter sur Kenny Elissonde, Vincenzo Nibali, Bauke Mollema et Julien Bernard.

Tout pour Tadej Pogacar qui retrouve un Marc Hirschi blessé. Sans doute l’une de ses meilleures armes pour aujourd’hui. Le slovène pourrait se retrouver bien vite seul.

Mathieu Van der Poel encore et toujours mais la question du placement qui demeure en suspens.

Montrer le maillot, point barre.

Warren Barguil pour réussir ce qu’il voulait entreprendre il y a trois ans ?

Pierre Latour pour ce panache au kilomètre ? Un final qui semble trop dur pour Anthony Turgis ou Julien Simon.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
David GauduGagnant 350.1 %
David GauduPlacé 100.15 %
Pierre LatourVainqueur 300.1 %
Pierre LatourPlacé 80.15 %
Primoz RoglicVainqueur 7.250.5 %

Etape 1 Tour de France 2021

Profil de l’Etape 1 du Tour de France 2021 © A.S.O.

Brest – Landerneau : 197.8 kilomètres pour ouvrir le Tour de France avec 2774 mètres de dénivelé positif. Une journée casse-pattes en prise à la pointe du Finistère entre Brest et Quimper pour finir par une conclusion dans la côte de la Fosse aux Loups et désigné le premier porteur du maillot jaune de la 108e édition du Tour de France.

Trop de main d’oeuvre pour que les échappées matinAles aient une chance d’aller au bout

Si on s’intéresse à l’arrivée de cette première étape, la première chose qui saute aux yeux c’est son atypicité. D’oridinaire les premières étapes couronnes un rouleur à l’occasion d’un contre-la-montre / prologue d’ouverture ou un sprinteur dans une arrivée en boulevard. Ici, ce sont les puncheurs, sprinteurs aux capacités de puncheur et les leaders qui auront leur mot à dire. Naturellement certains noms émergent comme le récent champion d’Italie, Sonny Colbrelli dont la Bahraïn Victorious pourrait être une des équipes à mettre en route derrière les échappées. Dans le même type de profil, la Bike Exchange pourrait offrir un premier maillot jaune à Michael Matthews. Dieu sait qu’un Bala des grandes années aurait une arrivée quasi parfaite. Mais il n’est pas à exclure qu’après un Critérium du Dauphiné couronné d’un succès, que la Movistar contribue à cet effort collectif pour Alejandro Valverde. Nombre sont ces sprinteurs/puncheurs présentes sur le Tour, la Astana Premier Tech aligne sans doute l’équipe avec le plus d’armes pour ce type d’arrivée. La cible privilégiée est sans doute Alex Aranburu mais d’autres coureurs peuvent tirer leur épingle du jeu dans un tel final où la tactique peut être payante. Alors Jakob Fuglsang, Alexey Lutsenko, Ion Izagirre ou même Omar Fraile peuvent prétendre à voir la vie en jaune. Fort de la présence du vainqueur sortant, les UEA émirates seront au service de Tadej Pogacar pour le protéger au mieux et bien le placer à l’amorce de la dernière difficulté. Un peu à l’image de la Jumbo-Visma qui aura pour miser de protéger au mieux Primoz Roglic et/ou placer sur orbite Wout van Aert dont l’objectif est le maillot jaune en première semaine. Une situation de protection assez similaire avec les Ineos Grenadiers en protection de son tryptique de leaders capable de dynamiter le final avec Geraint Thomas, Richie Porte, Richard Carapaz et Tao Geoghegan Hart. Quid de Michael Kwiatkowski suffisant rapide mais avec le rôle de véritable baby-sitter. Les français ne sont sens doute pas en reste et sans doute deux noms reviennent plus que les autres avec le champion du monde, Julian Alaphilippe. Dont il est certain que la Deceuninck Quick Step mettra en route pour le meilleur puncheur du monde. Et Benoit Cosnefroy dont AG2R Citroën la Mondiale le breton se verrait bien briller sur ses terres. Des terres que Valentin Madouas et David Gaudu portés par la foule, rêvent de faire trembler. Les coureurs de la Groupama-FDJ arrive avec la pression de vouloit bien faire. Mais surtout de gagner à domicile. Evidemment, il est des incontournables, la Bora Hansgrohe est de ceux-là avec Peter Sagan, se rêvant parer de vert sur les Champs Elysées. Le barême de points à l’arrivée (50) offre le même décompte qu’une arrivée au sprint. Ce qui nécessairement est un avantage certain pour le slovaque dans la quête d’un huitième sacre. Pourtant celui que tout le monde a à la bouche n’est autre que Mathieu van der Poel, dont la victoire ferait vibrer nombre de français. Tant le néerlandais, petit fils de Poulidor, est un prodige apprécié de tous. La Alpecin Fénix sera attendue aux tournants mais surtout aux avants-postes pour placer le quatruple champion du monde de cyclo-cross dans les meilleures dispositions en vue de réaliser ce que le grand-père n’a pas réussi : porter le maillot jaune au moins une fois. L’ajout de la Lotto Soudal pour Caleb Ewan est envisageable mais l’équipe belge attendra plutôt les premiers sprints pour se mettre à la planche. C’est donc un sacrée vivier où l’on peut éliminer sept à huit équipes pour faire le travail. Toutes les autres ont à un moment ou un autre, une fênetre de tir pour condamner, de manière voulue (gain d’étape) ou non voulue (protéger son leader), les chances des échappées.

Les vingt derniers kilomètres surtout sur les premières étapes sont un objet de tension. En effet, la neutralisation des temps à trois kilomètres fait que la totalité des équipes de leaders veulent être placer en tête du peloton. Ce qui ajoute de la nervosité avec les équipes qui souhaitent disputer uniquement le gain d’étape. Plus nerveuses que les étapes suivantes, il n’est pas rare que les premières étapes fassent des dégâts. Cette fois, il ne faudra pas oublier qu’avec une arrivée en côté, la règle de la neutralisation des temps à trois kilomètres n’est plus. Ce qui ajoutera de la nervosité puisque toute cassure avec le vainqueur implique des secondes en moins dès le départ du Tour.

Les abords de Landerneau, à 6.4 kilomètres seront déjà cruciaux avec des splits du peloton à cause de terrre plein-centraux.

6 kilomètres de l’arrivée : une voie ferrée suivi d’un terre plein- central pour ne pas estomper la nervosité ambiante.

5.8 kilomètres de l’arrivée : un rond-point à passer par la droite pour ne pas rétrograder avant les abords de la montée finale.

5.4 kilomètres de l’arrivée : situé en contrebas d’un secteur descendant, c’est-à-dire en arrivant pleine balle, il faudra une nouvelle fois faire avec les aménagements urbains. On ne le souhaite pas mais tous les ingrédients sont réunis pour qu’il y ait chute en pleine milieu du paquet à cet endroit.

5.1 kilomètres de l’arrivée : à droite, t’es bien… A gauche, t’es mort.

En sortie dudit rond-point, une route qui se rétrécit alors qu’elle était déjà peu large.

4.8 kilomètres de l’arrivée : reprise d’une route toujours sans trop laisser de place pour les différents trains du peloton.

3.5 kilomètres de l’arrivée : il n’y a quà se laisser porter par la route principale…

… avant de déboucher sur un rond-point où droite/gauche peu importe.

3.2 kilomètres de l’arrivée : Premier twist and turn final avant d’aborder le pied de la Fosse aux Loups.

3.1 kilomètres de l’arrivée : l’heure de vérité.

La Fosse aux Loups : 3.1 kilomètres à 5.5 %, un final pour puncheurs dont les plus forts pourcentages sont au pied. Un premier kilomètre à 8.5 %…

…dont une portion de 300 mètres à 11 %.

Une montée découverte par le peloton lors du Tro Bro Leon, en mai dernier. Dont vous pouvez retrouver la montée intégrale sur GCN via le timecode : 14:00 (139km de l’arrivée) à 22:45 avec le passage du peloton.

Avec des équipes en chasse gardée, il sera probablement compliqué… Bien que pas nécessaireimpossible de tenter de résister au peloton. Ou du moins ce qu’il en restera après les pourcentages les plus compliqués ou en cas de late attack. Dès lors, le scénario le plus envisageable est celui d’un sprint réduit.

Les modèles météorologiques ne sont pas tous d’accords sur les risques de pluie. Selon la météo agricole, les pourcentages de chance de précipitations sont de 30 % pour 0.2 mm.

Le final s’abordera avec un léger vent trois quart dos, ce qui devrait favoriser les offensives. Mais aussi être un point noir pour certains sprinteurs qui auraient apprécier un vent de face pour calmer les plus véhéments.

UN PREMIER MAILLOT JAUNE DISPUTé

Je suis confiant, je suis ma forme. Normalement, je réagis très bien à un stage en altitude. Les années précédentes, j’ai aussi eu des longues périodes sans courir. Comme la période entre le Giro d’Italia et la Vuelta a España en 2019 ou la période du confinement en 2020.

primoz roglic

Le leader de la Jumbo Visma, Primoz Roglic, après une déconvenue sur le Tour de France précédente, revient avec un esprit revanchard. Son équipe vient achever le travail commencer en 2020, à savoir gagner la plus belle course du monde.
Dans un final ultra sélectif, l’écrémage devrait se faire à l’amorce du final avec la nervosité ambiante et dès le pied de la Fosse aux Loups où la Jumbo ira placer au mieux le slovène. Après sa victoire à Biot lors de Paris-Nice, le vainqueur de la Vuelta a une nouvelle fois une occasion de briller. La victoire justement à Suance peut être prise en parallèle et montre à quel point le slovène est dominateur dans les arrivées punchy. Le problème : le replat au sommet qui vient ajouter au tableau les hommes rapides du peloton. Mais il faut se remémorer Ciudad Rodrigo pour réaliser que Roglic a une petite pointe de vitesse au sprint sur le plat. Battant Valverde ou même Smith Dion, en prenant la deuxième place derrière Magnus Cort Nielsen. Ce qui en dit déjà long.
Mais quand on a Wout van Aert qui se rêverait parer de jaune en première semaine n’est-il pas opportun de l’emmener au sprint ? Un peu à l’image de Saint-Christo-en-Jarez sur le Dauphine 2020 où le belge avait pris le premier maillot jaune. Après sa victoire au sprint sur le champion national, WVA pourrait troquer la tunique tricolore pour la tunique jaune très rapidement. La forme est présente, nulle doute que le belge pourrait continuer sa folle saison avec pas moins de treize Top 10 en quinze jours de courses. Tout simplement phé.no.mé.nal quand on sait en plus que son palmarès 2021 affiche un compteur de neuf podiums hors classements généraux.

Avec David Gaudu et Valentin Madouas, Benoit Cosnefroy peut être considéré commme un des locaux de l’étape. Avec son punch capable à son zénith de rivaliser avec Julian Alaphilippe et sa pointe de vitesse au sprint, il n’est pas sans dire que le français de la AG2R Citroën La Mondiale est en forme. Loin d’être impériale en Suisse et en Mayenne, Cosnefroy a rassuré sur les championnats de France où il aura été à l’offensive derrière l’échappée victorieuse. Ce n’est que dans les deux derniers tours que Benoit aura éclaboussé de tout son panache. Un gage de forme mais s’il est un problème pour le français, ce sont ses douleurs au genou qu’il a annoncé guérit. La vitesse était bonne au Tour du Finistère qu’il a remporté. Le champion du monde espoirs 2017 est en quête de ses jambes de la fin de saison dernière qui lui ont permis d’aller décrocher au sprint parfois punchy comme à la Flèche Wallonne (2e) des podiums sur la Flèche Brabançonne (3e) et Paris-Tours (2e). Des courses au final sélectif et dynamique mais où Cosnefroy a affronté des hommes rapides. Avec deux shots, l’un à Landerneau, l’autre à Mûr de Bretagne, ce dernier pourrait rêver de jaune par le jeu des bonifications. Un rêve jaune qu’il avait fait un objectif l’an passé, qu’il réambitionne cette année. Mais pour cela, il faudra briller lors de ce week-end breton. Au risque de devoir attendre une année plus porpice qui n’arrivera peut être plus de si tôt.

Omar Fraile est à l’esprit de son équipe en chasse d’une étape. La forme est grande lorsque l’on regarde la manière avec laquelle il s’est imposé lors du championnat national de Costa Blanco. Poisson pilote d’Alex Aranburu dès les 500 derniers mètres après le relai de Luis Leon Sanchez, le basque aura fait preuve de tellement de force pour lancer son coéquipier vers la victoire qu’il en aura creusé un trou victorieux. Une victoire en costaud à l’image de son Tour du Pays Basque.

L’intention est d’essayer de m’échapper, comme dans le Dauphiné. On ne sait jamais ce qui est possible.

Brent van Moer

En tant que coureur de la Lotto Soudal, Brent van Moer a un rôle pré-défini pour aller glaner des victoires d’étapes. Dans les étapes que Caleb Ewan peut remporter, le belge sera mis à contribution pour tirer le peloton derrière les échappées. Le ticket de sortie est définitivement permis sur les étapes moins favorable. Ce sera le cas des deux premières étapes.
En forme et en vue ces derniers temps, le Thomas de Gendt bis du peloton est un vrai attaquant dans l’âme. Après un désappointant Tour du Limbourg où il aura été aux portes de remporter la course après une échappée victorieuse faisant la nique au peloton. C’est une erreur de signalement qui lui aura coûté la victoire qui lui tendait les bras. Loin d’être abattu, le gros moteur belge aura retenté le baroude à Issoire lors du dernier Critérium du Dauphiné. Dans une étape casse-patte, van Moer n’aura laissé que des miettes à ses compagnons d’échappée. Vaiqueur des GPM mais aussi du sprint intermédiaire, il se sera envolé vers une victoire en solitaire méritée. Une envie d’escapade qu’il pourrait réitérer. C’est tout naturellement que si le coureur de la Lotto est à l’avant que les sprinteurs eux ne le seront pas. Dès lors comment ne pas le voir en tête du premier sprint intermédiaire de ce Tour de France ? La réponse n’est autre que : s’il n’est pas à l’avant.

Sans doute Greg Van Avermaet est-il le meilleur gage, en cas de défaillance de Cosnefroy. Aurélien Paret-Peintre, Nans Peters, Oliver Naesen et Michael Schär devraient tâcher d’aider Ben O’Connor à ne pas perdre de temps. Quant à Dorian Godon, le parisien devrait profiter de sa forme pour quelques coups d’éclat… Sans doute pas demain.

Tous derrière Sonny Colbrelli mais bien qu’il tienne la forme de sa vie, peut-il se défaire de toute la concurrence ? Adepte des sprints longs, cela purrait lui coûter la victoire.

Une occasion en or pour Peter Sagan de marquer des points précieux face aux sprinteurs du peloton.

Une arrivée taillée pour Alex Aranburu mais sera-t-il suffissamment bien placé ? Nombre sont les prétendants dans l’équipe avec Jakob Fuglsang, Ion Izagirre et Alexey Lutsenko.

Le panache de Guillaume Martin qui doit arriver en solitaire pour espérer gagner contre les qualité de puncheur de Christophe Laporte.

Quand on dit puncheur, on pense à Julian Alaphilippe. L’équipe sera en contrôle pour le champion du monde mais avec un final si long replat, ne vaut-il mieux pas laisser sa chance à Kasper Asgreen pour le coup du kilomètre ? A moins que Davide Ballerini ait la forme de début de saison.

Magnus Cort Nielsen, Ruben Guerreiro, Sergio Higuita, Rigoberto Uran et Michael Valgren ont ce punch pour être les facteurs x. Bien que l’avant-dernier soit là pour limiter la casse.

Valentin Madouas pour samedi, David Gaudu pour dimanche ?

Un train Ineos pour limiter la casse. Si on était pas au Tour, Michal Kwiatkowski aura un shot. Mais ce sont Richard Carapaz pour l’anticipation et Tao Geoghegan Hart pour le sprint qui sont sans doute les meilleures cartes.

Loic Vliegen, Lorenzo Rota ou Georg Zimmermann pour une échappée publicitaire voire un Top 10 optimiste. Mieux paraît utopiste.

Michael Woods pour le Classement Général et une arrivée punchy qui convient tout autant à Daniel Martin.

Soit Wout van Aert, soit Primoz Roglic mais personne d’autres, pas même un Jonas Vingegaard.

Un grand Caleb Ewan serait un sacré obstacle. Mais l’australien ne brille que raremet lors des premières étapes et le vent de dos ne l’avantage pas. Philippe Gilbert n’a malheureusement plus le punch d’antan.

On peut sans doute dire de même pour papy Alejandro Valverde. Qui trouve un remplaçant éventuel en forme, en la personne d’Ivan Garcia Cortina.

Un final qui scie à merveille à Michael Matthews. Simon Yates lui tentera-t-il un coup ?

Tiesj Benoot pour le panache ou Soren Kragh andersen pour la montée en puissance ?

Carlos Barbero -pour réitérer les surprises du Dauphiné ?

Jasper Stuvyen a probablement la préférence sur les sprints plus “punchy” mais n’est-ce pas un poil trop dur ?

Marc Hirschi aurait une occasion franche et nette de montrer toute la classe qu’il a montré en 2020 sur les routes du Tour. Mais le Suisse n’est que l’ombre de sa meilleure version et l’équipe est entièrement centrée autour de Tadej Pogacar.

Mathieu Van der Poel est le favori numéro pour réussir où son grand père a échoué. Son problème maintes fois vu que ce soit au Tirreno Adriatico qu’en Suisse, c’est son placement qui lui a trop fait défaut. Une épine dans le pied qui pourrait fortement l’handicaper et le mettre hors jeu dès le pied.

Montrer le maillot et pourquoi pas espérer avec Quentin Pacher, Cyril Barthe, Frank Bonnamour ou Cyril Gautier ? Cyril Lemoine trop lourd ne passera pas quant à Bryan Coquard, cela semble trop dur pour lui. Là où le final Pierre Rolland ne devrait guère plaire à

Connor Swift pour le clin d’oeil au Tro Bro Leon ? Sans son championnat de France, j’aurais dit que c’était trop dur pour Nacer Bouhanni. Mais allez savoir

Pierre Latour pour ce panache au kilomètre ? A moins que Anthony Turgis ou Julien Simon dans un final trop dur pour Edvald Boasson Hagen ne fasse parler leur punch. Jérémy Cabot mérite sa mention après son championnat de France mais au delà de se faire violence, il faut éviter de lancer trop tôt.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Omar FraileGagnant/ Placé 1100.2 %
Brent van MoerVainqueur du sprint intermédiaire 300.15 %
Primoz Roglic ou Wout van AertVainqueur 5.50.5 %
Benoit CosnefroyPorte au moins une fois le maillot jaune 250.15 %

Classement Général – Tour de France 2021 Preview

Parcours officiel du Tour de France 2021 © A.S.O.

3484 kilomètres répartis sur 21 étapes avec seulement 4 arrivées au sommet.

Où faire basculer le Tour ?

Pour se faire une idée de la globalité du parcours, l’article rédigé en décembre dernier après la présentation du parcours 2021 permet de se faire une idée globale des différents scénarios envisageables et des points clés de chaque étape.

Profil Etape 5 du Tour de France 2021 © A.S.O.

Etre le plus polyvalent possible est un impératif lorsque l’on est un leader sur un Grand Tour. Sur cette première des deux épreuves chronométrées, les meilleurs rouleurs parmi les leaders devraient commencer à gagner du temps. Une première hiérarchie devrait se dessiner au sein du classement général. Si la moyenne des chronos en première semaine rapproche guère les 25 kilomètres. C’est que d’ordinaire, les efforts individuels en première semaine ne sont pas si longues. Si on exclut les contre-la-montre par équipe de l’équation. Sans doute, faut-il remonter à 2012 pour voir une distance si élévée en individuel. 2008 pourrait être l’année par excellence de comparaison entre le type de CLM, distance et placement dans l’agencement du Tour.

Etape la plus longue comme un Monument, taillée comme une classique. De quoi inspirer, plus d’un homme fort des printemps dans les flandriennes. Le Liège-Bastogne-Liège français pour ne pas s’y méprendre. A n’en pas douter, s’il est une première occasion de mettre une hiérarchie entre les grandes écuries et tester l’équipe de Pogacar. C’est bien dans la Saône et Loire. Près de 250 kilomètres, rarement le Tour de France n’a parcouru de telle distance au cours des deux dernières décennies. En ne dépassant guère les 230 kilomètres, il faut remonter à 2013 et l’étape du Mont Ventoux remporté par Chris Froome pour s’en approcher (242.5 kilomètres). Mais ce n’est qu’en 2000 que la barre des 249 kilomètres a été franchi avec l’étape Draguignan-Briancon remporté par Santiago Botero. Depuis 1997, la barre symbolique des 6 heures de course franchit à de multiples reprises n’est à l’ordre du jour.

Profil Etape 8 du Tour de France 2021 © A.S.O.

Toute la question est de savoir combien de temps auront d’avance les échappées dans le Col de la Colombière. Les bonifications au sommet pourraient inspirer les attaques et favoriser un écrémage dans le groupe des leaders avant d’aborder la descente vers le Grand-Bornand. Un final dans un format, maintes fois vu “(Col de Romme -) Col de la Colombière – desccente vers le Grand Bornand”. Un final dont se souviendra Julian Alaphilippe après sa première victoire sur le Tour de France en 2018 ou encore du duo Schleck contre Alberto Contador en 2009.

Profil Etape 9 du Tour de France 2021 © A.S.O.

Une longue montée de Tignes où toutes les équipes sont allées en stage pour répérer la première arrivée au sommet de ce Tour. Une longue et inéxorable montée vers la Station de Tignes, trop peu utilisé. Après une victoire de Michael Rasmussen en 2007, Tignes ne devait être revu qu’en 2019. Mais la grêle et les éboulements auront eu raison de la fin d’étape dont les temps ont été neutralisé au sommet de l’Iseran. Tignes est sans doute attendu de tous tant la quasi-totalité des équipes y ont passés leur dernier stage en altitude. C’est le cas de la Jumbo-Visma qui a pour habitude d’y installer sa base avant le Tour de France.

Profil Etape 11 du Tour de France 2021 © A.S.O.

La terrible double ascension du Mont Ventoux, considéré par beaucoup comme l’étape reine du Tour de France. Une journée assurément où le Tour de France peut se perdre définitivement. Gravir le Mont Ventoux est une chose, l’escalader par deux fois en est une autre. Mais le sommet du mont chauve ne sera pas le point d’arrivée, puisqu’il faudra redescendre vers Malaucène. Une descente rapide et technique qui mettra à rude épreuve les plus mauvais technicien.

Profil Etape 14 du Tour de France 2021 © A.S.O.

Des bonifications au sommet du Col de Saint-Louis qui pourraient inciter à l’offensive. Une construction qui rappelerait presque l’étape de Saint-Etienne en 2019 qui avait vu l’attaque de Julian Alaphilippe suivi de Thibaut Pinot dans la côte de la Jaillière. Une étape en apparence plutôt taillée pour les échappées, mais avec le champion du monde qui sait.

Profil Etape 15 du Tour de France 2021 © A.S.O.

Une étape explosive dans la principauté d’Andorre à la veille d’une journée de repos. Des dégâts forcément à prévoir. Non content de dépasser la barre symbolique des 2 000 mètres avec le Port d’Envalira, le GC devra batailler dans le Col de Beixalis avant de replonger vers Andorre la Vieille dans une descente extrêmement technique.

Profil Etape 17 du Tour de France 2021 © A.S.O.

S’il est une spécificité de cette édition, c’est la rareté des arrivées au sommet. Qui invite nécessairement à l’offensive dans les dernières difficultés. Le col de Portet à Saint Lary Soulan sera une occasion rêvée pour tenter d’assommer le Tour et devrait rappeler des souvenirs à Nairo Quintana qui aura remporté l’étape en 2018 dans un format totalement différent. Pour rappel, l’étape de 2018 n’est autre que les 65 derniers kilomètres de 2021. Un format rallongé de plus de 110 kilomètres pour la 108e édition mais un enchainement Col de Peyresourde – Col du Val Louron-Azet – Col de Portet portant un dénivelé positif total de 3272 mètres sur une distance pour cadets.

Profil Etape 18 du Tour de France 2021 © A.S.O.

Se coltiner le Col du Tourmalet et une chose mais poursuivre avec l’arrivée au sommet de Luz Ardiden en est une autre. Si l’étape de la veille, la montagne accouche d’une souris. Alors cette étape fera office de dernier va-tout en montagne. Une arrivée au sommet de Luz Ardiden gravit huit fois par le passé où les grands champions y ont levé les bras. Il n’y a qu’à nommer les noms de Pedro Delgado (1985), Samuel Sanchez (2011), Richard Virenque (1994), Lance Armstrong (2003) ou même Miguel Indurain (1990) pour en prendre la pleine mesure.

Profil Etape 20 du Tour de France 2021 © A.S.O.

Dernière occasion de renverser le Tour dans une épreuve chronométrée où à la fois Laurent Fignon et Primoz Roglic pourront être l’illustration que rien n’est actée avant la ligne d’arrivée finale.

L’EMPIRE INEOS GRENADIERS CONTRE-ATTAQUE

L’équipe britannique n’aura que rarement aligné une équipe démesurément si forte. L’édition 2018 pourrait aisément faire office de parallèle. C’est d’ailleurs cette Grande Boucle que Geraint Thomas aura remporté. Pour la 108e édition, le gallois partagera le leadership avec Richard Carapaz, vainqueur du Giro d’Italia 2019 et deuxième de la Vuelta a Espana 2020. Ainsi qu’avec Richie Porte, troisième de l’édition précédente du Tour de France. S’ajoute au trident de leaders, Tao Geoghegan Hart vainqueur du Giro 2020 pour mettre en avant une statistique rare. Jamais depuis la Salvarani de 1969, une équipe n’aura convoqué au début du Tour et même d’un Grand Tour, trois vainqueurs de course de trois semaines (Felice Gimondi vainqueur des trois Grands Tours, Franco Balmamion vainqueur du Giro d’Italia et Rudi Altig vainqueur de la Vuelta). A l’effectif s’ajoute les coéquipiers de luxe capable d’imprimer un gros tempo tant que le plat que lorsque les pentes s’élèvent : Michal Kwiatkowski, Jonathan Castroviejo, Dylan van Baarle et Luke Rowe.

Si les Ineos Grenadiers font si peur, c’est parce que l’équipe arrive fort de succès de marque dont les quatre dernières courses par étapes World Tour :

  • Tour de Catalogne (22 au 28 mars) : Adam Yates Richie Porte Geraint Thomas
  • Tour de Romandie (27 avril au 2 mai) : Geraint Thomas Richie Porte
  • Giro d’Italia (8 mai au 30 mai) : Egan Bernal
  • Critérium du Dauphiné (30 mai au 6 juin) : Richie Porte Geraint Thomas
  • Tour de Suisse (6 au 13 juin) : Richard Carapaz

Geraint Thomas offre, au sein du triumvirat des Grenadiers, le plus de garantie lorsque l’on parle du Tour de France. Vainqueur du cru 2018, il aura pris la deuxième place pour le millésime 2019. En position claire de briguer la victoire sur le Giro d’Italia 2020 au départ de Palerme, sa chute au départ fictif de l’Etna ne lui aura pas permis de voir la vie en rose. Ses qualités de rouleur le placent nécessairement en tête de la hiérarchie des Grenadiers.
Seulement, si G. a remporté le Tour de Romandie. Ce n’est pas sans rassuré sur un retour aux jambes de 2018. En vérité, Richie Porte est apparu plus à son aise au cours des dernières semaines et dispose des mêmes qualités pour les épreuves chronométrées. L’australien réduit chez Sky au coéquipier de luxe de Chris Froome aura eu chez BMC la stature du leader. Souvent frappé de malchance sur les grandes courses, son abandon lors de Paris-Nice sur chute en est le parfait exemple. Et pourtant l’aussie aura chez la Trek Segafredo réalisé le rêve d’une vie. Sur les marches du podium final du Tour, Porte revient pour la saison 2021 dans la maison mère. Celle qui l’a mis en lumière et porté jusqu’au statut de leaders au sein des équipes adversaires.

La Ineos devra revoir ses plans pour défaire la concurrence. Par l’annonce de Dale Brailsford de reproduire le schéma 2020 avec une équipe portée à l’offensive, Richard Carapaz trouve son essence et peut exprimer au mieux son potentiel. Coureur offensif, c’est sur son Giro d’Italia victorieux en 2019 que l’équatorien a montré toute son intelligence de course. Maniant à la perfection, le marquage de son leader Mikel Landa pour ravir le classement général final. Son caractère offensif s’est une nouvelle fois exprimée lorsqu’Egan Bernal a abandonné le Tour à cause de ses problèmes de dos. Pour finir par se sublimer dans la chasse au maillot de meilleur grimpeur du Tour qu’il n’aura concédé que dans le contre-la-mpntre final du Tour, à la Planche des Belles Filles. Avec la ferme ambition de bousculer Primoz Roglic sur la Vuelta a Espana, l’équatorien aura échoué de peu (24 secondes du maillot rouge) dans l’ascension de la Covatilla. Clotûrant une Vuelta de bien belle manière.
Un caractère offensif que Tao Geoghegan Hart peut illustrer cette saison. Dans la peau de gregario, le britannique n’a pas hésité à attaquer dans l’ascension du Col de la Frette pour n’échouer que face à Alejandro Valverde à l’arrivée Sappey-en-Chartreuse. Il est vrai que, si le vainqueur du Giro d’Italia n’a pas l’aura de ses anciens. Il pourrait être utiliser comme un coureur sous les radars. Probablement mésestimé pour forcer la Jumbo – Visma et la UAE émirates à prendre le poids de la course à leur compte.

L’effectif de la Ineos Grenadiers est tel qu’ils peuvent aisément imprimer le tempo dans les cols pour esseuler au maximum leurs opposants. Le problème majeur de la manoeuvre résiste dans l’adversaire cette année. Qui est la plus forte depuis le début du règne de la Sky. Est-ce dans leur intérêt de cramer leur effectif pour se retrouver face à un effectif adversaire non décimé, prêt à prendre le relai. Cela pourrait être vu comme tendre le bâton pour se faire battre. La meilleure stratégie est de profiter de la force de l’effectif pour jouer sur le secteur aggressif.

Une hydre slovène à deux têtes

Le 800-pound gorilla se cache du côté de l’Est de l’Europe. Gardien des deux premières places sur le podium du Tour de l’an passé, Tadej Pogacar et Primoz Roglic s’affichent comme les grandissismes favoris du Tour. Et ce malgré la récente domination des Ineos qui est à mettre en perspective. Pour cause, les britanniques se sont imposés sur les courses par étapes World Tour où le duo infernal n’était pas aligné.

  • UAE Tour (21 au 27 février) : Tadej Pogacar
  • Paris-Nice (7 au 14 mars) : Maximilian Schachmann
  • Tirreno Adriatico (10 au 16 mars) : Tadej Pogacar
  • Tour du Pays Basque (5 au 10 avril) : Primoz Roglic Tadej Pogacar

Paris-Nice fait figure d’exception mais une anomalie essentiellement dûe à la malchance de Primoz Roflic qui avait le classement général maîtrisé mais aura chuté trop de fois pour espérer conserver son matelas de 52 secondes sur l’allemand de la Bora Hansgrohe. C’est simple la Ineos ne s’est plus imposée, sur une course où Primoz Roglic était aligné, depuis le Tour de France 2018. Et l’ancien sauteur à ski était en apprentissage à ce moment de sa carrière, avant d’aborder la stature de leader intransigeant sur le Giro d’Italia, l’année suivante. La statistique est encore plus édifiante face au vainqueur du Tour 2020. Puisque les Ineos ne se sont tout simplement jamais imposés lorsque Pogi était au départ. C’est dire qu’il faut remonter aux années Sky pour revoir un succès face aux slovènes dont l’un était encore amateur, il y a trois ans.

Editionsvainqueur du tour de franceplace au critérium du dauphinéplace au tour de suisse
2020Tadej PogacarQuatrième/
2019Egan Bernal/Vainqueur
2018Geraint ThomasVainqueur/
2017Christopher FroomeQuatrième/
2016Christopher Froome Vainqueur/
2015Christopher Froome Vainqueur/
2014Vincenzo NibaliSeptième/
2013Christopher Froome Vainqueur/
2012Bradley WigginsVainqueur/
2011Cadel EvansDeuxième/
2010Andy Schleck*/Quatorzième
* à noter qu’Alberto Contador a été déclassé de cette édition du Tour de France et avait pris la deuxième place du Critérium du Dauphiné

Au cours de la dernière décennie, le Critérium du Dauphiné était la course de préparation par excellence pour les juillistes du peloton. La Team Sky l’aura remporté dans cinq des septs sacres de ses champions. La spécificité cette année, c’est que Primoz Roglic aborde le Tour de France avec aucun jour de course depuis Liège-Bastogne-Liège, soit deux mois sans rythme. Pour Tadej Pogacar, l’interrogation pointe sur son niveau réel. Le vainqueur en titre n’est apparu que sur le Tour de Slovénie dont l’équipe a été sur-dominatrice face à une concurrence outrement moins relevée qu’en Word Tour. La montée de l’observatoire de Nova Gorica est à teinter d’une excellente note. Si Pogacar n’a concédé la victoire qu’à son coéquipier Diego Ulissi, le slovène aura été vu bridé. Hésitant à faire l’effort qui clourait l’italien et le priverait d’une victoire offerte sur tapis vert par son leader. Cependant, la troisième place de Pogacar au championnat national de contre-la-montre n’est pas le meilleur signal à quelques jours du chrono de Chargé.

Contrairement à la Vuelta 2019 où il aura remporté pas moins de trois étapes et au Tour de France 2020 où il était bien seul. Tadej Pogacar navigue désormais avec la pancarte mais cette fois avec une équipe totalement dédiée à des ambitions bien différentes que celle des deux dernières années. Le jeune prodige, vainqueur du Tour de l’Avenir 2018 emmènera avec lui Mikkel Bjerg et Vegard Stake Laengen qui seront attendus pour tirer sur le plat. Quand Rui Costa, Brandon McNulty, Marc Hirschi, Rafal Majka et Davide Formolo seront attendus lorsque les pentes s’élèvent pour entourer au mieux son leader et résister aux offensives et tentatives de déstabilisation adverses. Si sur les courses par étape d’une semaine, Pogacar était attendu comme sur les précédents Grands Tours dans la peau de l’attaquant, c’est désormais dans un rôle plus défensif qu’il est attendu.

Une position bien différente pour Primoz Roglic qui pourra jouer celle de l’agressif-défensif au sein d’une équipe plus passive que l’an passé grâce à Wout van Aert. Pour sûr, le belge n’a pas eu la préparation idéale. Contraint de revoir son programme d’entrainement en raison d’une opération pour soigner son appendicite, des doutes planaient sur sa forme à l’entrée du Tour. Le champion de Belgique a rassuré le triple champion du monde de cyclo-cross. A l’attaque dans le final, emmenant Edward Theuns sur le porte-bagage, Wout aura battu ce dernier de peu sur la ligne dans un sprint qu’il aura lancé de lui même dans la plus mauvais position. Surprenant sur le Tour de France 2020 par sa résistance en montagne, WVA a demandé un statut revu pour cette saison. Chose faite sur le Tirreno où il aura été d’une régularité sans pareille. Signant une treizième place pour pire place de la course d’une semaine et de ses quinze jours de course en 2021. Tout simplement monstrueux lorsque l’on sait que l’étape de Lido di Fermo était remportée par l’échappée et que le peloton bataillait pour la septième place dans une étape promise aux sprinteurs. Esseulé sur les pentes du Prati di Tivo, le coureur capable de tout était bien seul a assumé le travail derrière un Tadej Pogacar offensif.
La présence de Mike Teunissen sur le Tour est un indice quant à savoir si van Aert ira au sprint. La réponse est semble-t-il affirmatif. Un shot sur le maillot jaune est plus que l’objectif après deux étapes d’ouverture pour puncheur, deux sprints suivi d’un contre-la-montre. Wout van Aert peut rêver à raison de maillot jaune. Une position qui pourrait être bénéfique tant pour le belge, capable de défendre le plus longtemps possible le maillot de leader et être une menace constante si possible jusqu’au plus prêt du contre-la-montre de Saint Emilion.

Que pour Primoz Roglic qui pourra naviguer sans la pression que lui met sur les épaules le maillot de leader dont il a montré tant sur le contre-la-montre de la Planche des Belles Filles que sur les pentes de la Covatilla, que les fins de Grands Tours sont souvent usantes sur le Slovène agé de bientôt 32 ans. Tony Martin et Robert Gesink seront une nouvelle fois mis à contribution pour tirer sur le plat. Quand Jonas Vingegaard, Sepp Kuss et Steven Kruisjwijk pourront entouré leur leader le plus longtemps possible en montagne. Le rôle de Wout van Aert sur le Tour est sans nul doute le même que le danois sur l’itzulia Basque Country. Un doublon qui a permis à la Jumbo de jouer un double jeu troublant pour les UAE qui auront mal géré le duo McNulty-Pogacar.

un trident movistar classique mais remanié

La Movistar à l’image des dernières éditions du Tour de France aligne un trio de leaders. Alejandro Valverde, Enric Mas et Miguel Angel Lopez seront une nouvelle fois mis tout trois en commun après le Critérium du Dauphiné. Le poids de l’âge se faisant Bala est plus dans la transmission mais bataillera comme à l’accoutumé pour maintenir un bon classement général par équipe. La question du leadership repose essentiellement sur Mas et Lopez, respectivement 5 et 6e du Tour de France 2020. Cette année, le colombien transfuge de la Astana Pro Team porte les couleurs de l’équipe espagnol.
A choisir, comme l’a démontré la Plagne et les Gets, Miguel Angel Lopez a les faveurs des pronostiques. Ecrasant dominateur du Mont Ventoux Dénivelé Challenge, MAL s’aligne comme un candidat redoutable sur les plus grands cols du Tour. Et l’équipe aura de quoi l’entourer encore plus avec le clivant Marc Soler, les expérimentés Imanol Erviti et Carlos Verona. Mais aussi miser sur la forme d’Ivan Garcia Cortina et l’infatiguable Jorge Arcas. Seule ombre pour les deux leaders de la Movistar, si ce n’est leurs lacunes, leurs fluctuabilités en CLM qui devraient leur causer un débours qu’ils seront obligés de combler en passant à l’offensive.

une mirade d’outsiders et de prétendants au podium

Parmi eux, on pourrait citer le très en vue Rigoberto Uran (EF Education Nippo) qui aura fait un très beau Tour de Suisse. Tout comme la saison de Michael Woods a été prometteuse et sera le leader des Israel Start-Up Nation. Côté Astana Premier Tech, Jakob Fuglsang vient sans ambition au Général. Il faudra donc compter sur Ion Izaguirre dont le parcours devrait lui plaire. A l’image d’un Bauke Mollema, reste à savoir pour le leader de la Trek Segafredo comment il aura récupéré du Giro d’Italia. La même problématique repose sur les épaules de Pello Bilbao qui est annoncé coéquipier de Jack Haig mais le parcours semble plus favorisé l’espagnol de la Bahrain Victorious. Lucas Hamilton saura-t-il briller comme il l’a fait à Pris-Nice en début de saison pour la Bike Exchange ? Wilco Kelderman voudra sans doute confirmer son Giro 2020 avec la Bora Hansgrohe en profitant de l’excellent travail, d’Emmanuel Buchmann. Quant à Ben O’Connor, sa forme sur le début de saison n’augure que le meilleur pour le Tour de France où il endossera le rôle de leader en apprentissage. Quid de Julian Alaphilippe qui rêve une nouvelle fois de maillot jaune en première semaine et dont les nombreuses arrivées en descente devraient l’inspirer. L’équipe n’est pourtant pas articulée autour du champion du monde. A l’image de la Groupama-FDJ qui délaisse David Gaudu en montagne pour faire briller Arnaud Demare dans les sprints.

Betting advice : Certains coureurs perdront en début de première semaine, notamment à cause du temps lors du contre-la-montre. C’est donc avec opportunités qu’il faudra se pencher éventuellement en live sur ces coureurs et ne pas se précipiter pré-live.

La victoire slovène semble se dessiner. Primoz Roglic a sans doute ma primeur. Le problème repose sur sa cote et toutes les incertitudes qui planent autour du leader de la Jumbo : problème à gérer la troisième semaine, préparation inédite à base de stage uniquement, etc. Si on donne 80 % de chance aux deux slovènes répartis en quasi-équilibre (55-45), la cote Betstars à 3.1 est la plus haute du marché où une légère value se dégage. 32.25 % estimé par le bookmaker contre un peu plus de 40 pour ma part (44 % pour être exacte).

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Richie PorteVainqueur 300.1%
Richie PortePodium 50.2 %
Richie PortePodium 50.2 %

Classement de la montagne – Tour de France 2021 Preview

Le maillot à pois du Tour de France désigne le meilleur grimpeur au classement de la montagne. Classement le plus impronostiquable, le maillot est tantôt remporté par :

  • le vainqueur du Tour de France : Tadej Pogacar en 2020 ou Christopher Froome en 2015 ;
  • plus rarement par un dauphin du vainqueur mais cela implique une avantage en terme de temps au GC assez importante pour que le maillot jaune laisse la marge de manoeuvre aux coureurs qui le suivent au GC : Nairo Quintana en 2013 ou Richard Virenque en 1997 ;
  • par un coureur qui aura fait de la chasse d’étape son objectif avant de porter le maillot et finir par le défendre : Rafal Majka en 2014 ou Julian Alaphilippe en 2018 ;
  • par un leader du GC largué au Général et à la recherche d’un accessit : Warren Barguil en 2017 ou Samuel Sanchez en 2011 ;
  • et même (à regret) par désintérêt des grimpeurs patentés en se trouvant sur les épaules d’un de ces derniers par pur hasard : Romain Bardet en 2019.

L’article 24 c du règlement de la 108e édition dispose que “le classement général individuel du meilleur grimpeur s’établit par l’addition des points obtenus sur l’ensemble des cols ou côtes ou arrivées en altitude, selon les barèmes suivants :

  • cols ou côtes ou arrivée en altitude hors catégorie : 20-15-12-10-8-6-4-2 points respectivement du 1er au 8e coureur classé ;
  • cols ou côtes ou arrivée en altitude de 1re catégorie : 10-8-6-4-2-1 points respectivement du 1er au 6ecoureur classé ;
  • cols ou côtes de 2e catégorie : 5-3-2-1 points respectivement du 1er au 4e coureur classé ;
  • cols ou côtes ou arrivée en altitude de 3e catégorie : 2-1 points, respectivement aux 2 premiers coureurs classés ;
  • cols ou côtes de 4e catégorie : 1 point au 1er coureur classé.

Les points attribués seront doublés lors de la 11e étape et du 2e passage au sommet du mont Ventoux et aux arrivées des 17e et 18e étapes”.

De prime abord, le tracé du Tour de France avec très peu d’arrivées est, une fois de plus, favorable aux échappées. Cependant les points doublés, au sommet du deuxième passage du Ventoux et des deux dernières étapes de montagne, augmentent les chances du classement général de contester les points aux plus combatifs du Tour.

Guillaume Martin, un candidat plébiscité à raison

Depuis sa création en 1933, le Grand Prix de la Montagne a été remporté à vingt-trois reprises par un français dont sept fois par le recordman absolu : Richard Virenque entre 1994 et 2004. Avec la retraite de Richard Coeur de Lion, le maillot était délaissé des français jusqu’à la bataille Charteau – Moreau où le premier avait une belle avance sur le second qui ne voulait rien lâcher jusqu’au dernier jour à partir des Alpes. Mais il est vrai que les années n’étaient pas toujours propice aux coups d’éclats face aux leaders. On pensera à l’année 2013 en exemple pour Pierre Rolland qui aura bûché face à Christopher Froome et Nairo Quintana. Les cinq dernières années ont montré une réminescence de l’attrait des coureurs locaux pour le maillot historique qui aura fait vibrer le pays pendant les années Armstrong. Faisant de son porteur le chouchou du public avec à tour de rôle : Warren Barguil, Julian Alaphilippe et Romain Bardet.

S’il est un leader qui a annoncé faire des victoires d’étape et du maillot de meilleur grimpeur un objectif, ce n’est autre que Guillaume Martin. Le français de la Cofidis Solutions Crédits l’aura répété à maintes occasions. Un objectif qu’il commence à affirmer de plus en plus fermement après son passage dans Mon Peloton dont le podcast est disponible en lien. Il faut dire qu’attaquant dans l’âme, le maillot lui scie à merveille. Ce n’est sans doute pas pour rien qu’il aura réussi à le glaner en le défendant par la suite bec et ongles sur la dernière Vuelta a Espana.

Le philosophe du peloton aura commencé la saison sous les meilleurs hospices à Paris-Nice. Remportant récemment le Mercan Tour à la manière, les championnats de France n’ont pu que le rassurer sur la condition. Avec un contre-la-montre totalement défavorable si tôt dans le Tour, le débours pourrait lui procurer une perte de temps suffisante pour l’étape du Grand-Bornand. Et ainsi le propulser en tête du classement ou tout du moins proche de la tête du classement pour entrevoir le port du maillot à pois. Fort de ses qualités en haute montagne, Martin peut aller chasser les points tant à l’avant qu’avec les leaders lorsque le scénario est moins favorable pour les fuyards. Ce qui lui procure un avantage certain sur des coureurs au profil comme Benoit Cosnefroy ou Tim Wellens qui s’étaient retrouvé avec le maillot mais qui ont des difficultés à défendre dans les plus gros cols du Tour.

Pourtant le chemin n’est pas sans embûche. D’abord, les abandons consécutifs de Thibaut Pinot, Julian Alaphilippe et Romain Bardet pour les Jeux Olympiques ont libéré la voie pour le leadership de l’équipe de France à Tokyo. Ensuite, parce que nombre sont ceux à avoir pour objectif le titre olympique et sont désireux de laisser filer le classement général. Le placement de l’épreuve sur route, le 24 juillet, soit seulement six jours après la fin du Tour force une majorité à la prudence. C’est le cas de Simon Yates, Fakob Fuglsang entre autre. Enfin, d’autres coureurs ont annoncé avoir les mêmes objectifs, à l’instar de Nairo Quintana en début de saison.

Les dangers sont multiples dans la quête d’un maillot distinctif. Trois coureurs s’élanceront de la Grande Boucle avec la ferme intention de gagner une étape pour rentre dans le club fermé de ceux qui ont lever les bras au moins une fois sur les trois Grands Tours. D’abord, Nacer Bouhanni sur les étapes au sprint pour parfaire sa collection après ses trois victoires sur la Vuelta (deux en 2014 et une en 2018) et sur le Giro (trois en 2014). Ensuite, Matej Mohoric avec une victoire en Espagne (2017) et une en Italie (2018). Enfin, Esteban Chaves gardien de deux victoires en 2015 sur la Vuelta a Espana et de trois victoires sur le Giro d’Italia en 2016, 2018 et 2019.

Esteban Chaves qui a gagné des étapes à la fois sur le Giro d’Italia et la Vuelta a España ambitionne d’ajouter des victoires sur le TDF à son palmarès.

Matt White – directeur sportif

Ce dernier est selon toute vraisemblance un véritable gage dans la quête d’une victoire d’étape. En quatre participations au Giro, le colombien de la Bike Exchange aura ramené presque autant de succès. Ces jeunes années au sein du peloton professionnel ont sans doute été ce qu’on peut désormais appelé les années de sa superbe. Il est vrai que 2015 et 2016 qu’en ramenant deux podiums sur les Grands Tours, les espoirs mis sur le vainqueur du Tour de l’Avenir 2011 semblait fondé. Mais voilà seulement seize victoires professionnelles viennent vernir le tableau de Chavito. Peu de victoires sur les étapes (11) mais quelles victoires :

  • Volta Ciclista a Catalunya 2021 – étape 4 : victoire en solitaire au sommet de Port Ainé après une attaque à 7.1 kilomètres du sommet ;
  • Giro d’Italia 2019 – étape 19 : victoire en solitaire au sommet de San Martino di Castrozza après une échappée victorieuse ;
  • Giro d’Italia 2018 – étape 6 : victoire au sommet de l’Etna après une masterclass de la Mitchelton Scott (arrivée “offerte” par Simon Yates) ;
  • Herald Sun Tour 2018 – étape 3 : victoire en solitaire au sommet de Lake Mountain ;
  • Giro d’Italia 2016 – étape 14 : victoire dans un sprint slowmotion avec Steven Kruisjwijk et Goerg Preidler dans une étape au dénivelé positif total de 6126 mètres ;
  • Abu Dhabi Tour 2015- étape 3 : victoire en solitaire au sommet de Jebel Hafeet ;
  • Vuelta a España 2015 – étape 6 : victoire en solitaire au sommet de la Sierra de Cazorla après une attaque à 2 kilomètres de l’arrivée ;
  • Vuelta a España 2015 – étape 2 : victoire au sprint face à Tom Dumoulin au sommet de Caminito del Rey après une attaque nucléaire à 2.1 kilomètres du sommet ;
  • Tour de Suisse 2014 – étape 8 : victoire en solitaire au sommet de Verbier après une attaque tranchante à 2 kilomètres de l’arrivée ;
  • Amgen Tour of California 2014 – étape 6 : victoire en solitaire au sommet de Mountain High ;
  • Vuelta a Burgos 2012 – étape 5 : première victoire professionnelle négociée avec Sergio Henao au sommet de Lagunas de Neila

Après quelques saisons mitigées mais toujours au sein de l’équipe originelle Orica Green Edge, El Chavito semble avoir retrouvé les jambes d’antan. Très en vue en Catalogne que ce soit lors de sa victoire à Port Ainé ou la veille lors de sa montée de Vallter 2000. Il n’a cessé de convaincre de sa bonne forme. Comme au Pays Basque où le colombien n’a pas hésité à se porter à l’offensive. J’en veu pour preuve son étape à Hondarribia. Fort mais pas suffisant rapide pour contester le sprint à Ide Schelling et Rui Costa au Grand Prix du canton d’Argovie, c’est sur le Tour de Suisse qu’il s’est une nouvelle fois fait remarqué. Très récemment donc le colombien s’est une nouvelle fois mis en avant. A l’attaque sur les pentes de l’Erschmatt. Vent de face, Chaves n’a de cesse creusé l’écart sur les pentes escarpées de la difficulté (8 kilomètres à 8.4 %). Avant de se faire reprendre dans la descente par Jakob Fuglsang, en ayant pris trop large un virage.
C’est tout naturellement qu’il faudra compter sur le colombien pour aller chercher une victoire en échappée. Et ainsi collecter des points en montagne qui pourrait le laisser entrevoir un maillot de meilleur grimpeur, que peu peuvent lui contester.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Esteban ChavesGagne au moins une étape4.50.5 %
Esteban ChavesVainqueur du classement de la montagne280.25 %

Classement par points – Tour de France 2021 Preview

Le maillot vert du Tour de France est désigné à tort ou à raison comme le maillot du meilleur sprinteur. Il n’y qu’à voir le nom des coureurs ayant inscrit leur nom au palmarès dudit classement durant les deux dernières décennies et même au siècle dernier pour s’en convaincre : Zabel, McEwen, Hushovd, Boonen, Freire, Petacchi, Cavendish. Il est vrai que le système de points dégressif en fonction de la complexité des étapes n’est pas étranger à la favorisation des hommes les plus rapides du peloton au sein du classement, qui a pour but de récompenser le coureur le plus régulier sur les premières places de chaque étape.

L’article 24 b du règlement de la 108e édition dispose que “le classement général individuel par points s’obtient par l’addition des points enregistrés dans les classements individuels de chaque étape, selon les barèmes suivants, et compte tenu des pénalités en points :

  • pour les étapes en ligne dites sans difficulté particulière (art. 22-coeff. 1 et 2) : 50-30-20-18-1614-12-10-8-7-6-5-4-3-2 points pour les 15 premiers coureurs classés ;
  • pour les étapes en ligne dites de parcours accidenté (art. 22-coeff. 3) : 30-25-22-19-17-15-13-11-9-7-6-5-4-3-2 points aux 15 premiers coureurs classés ;
  • pour les étapes en ligne dites de grandes difficultés (art. 22-coeff. 4 et 5) : 20-17-15-13-11-10-9-8-7-6-5-4-3-2-1 points aux 15 premiers coureurs classés ;
  • pour l’étape en contre-la-montre individuel (art.22-coeff. 6) : 20-17-15-13-11-10-9-8-7-6-5-4-3-2-1 points aux 15 premiers coureurs classés ;
  • pour chaque sprint intermédiaire, 20-17-15-13-11-10- 9-8-7-6-5-4-3-2-1 points aux 15 premiers coureurs classés”.

Depuis 2012, Peter Sagan y assoit un règne quasi sans partage. Seules deux éditions lui ont échappées. En 2017 où Michael Matthews lui a ravi la classification à la suite d’une disqualification ayant entraîné une mise hors course pour sprint irrégulier (en ayant poussé à la faute Mark Cavendish et provoqué sa chute). Et en 2020 où Sam Bennett a fait figure de candidats redoutables dans la contestation des précieux points aux sprints intermédiaires. Après avoir pris une pénalité de 30 points, correspondant aux points de sa deuxième place de l’étape de Poitiers, à la suite d’un déclassement pour sprint irrégulier (coup de tête sur Wout van Aert). C’est pour dire majoritairement à la faveur de ses propres erreurs que Peto s’est éloigné de son huitième et potentiellement neuvième sacre.

Les années Peter Sagan ont vu un élément de plus en plus s’immiscer dans la lutte au maillot vert. Le jeu des sprints intermédiaires a désormais une place prépondérante dans la course au classement par points. C’est pourquoi, le slovaque a pour habitude de les chasser là où les sprinteurs les plus purs ne peuvent prétendre y prendre ses points marginaux : en montagne.

Dans la lutte du maillot vert, plusieurs candidats semblent se détacher : Sagan, Mathieu van der Poel, Sonny Colbrelli, Wout van Aert, Caleb Ewan, Arnaud Demare, Christophe Laporte, Michael Matthews.

Pourquoi éliminer Mathieu van der Poel des prétendants ?

La réponse est simple, le néerlandais ne prévoit pas de finir le Tour de France. Avec l’objectif affiché de devenir champion olympique de VTT, Mathieu van der Poel prévoit d’écourter son Tour. D’autant que le néerlandais fera office de poisson pilote pour Tim Merlier sur les sprints favorables aux belges. Ce qui lui coûtera assurément des points dans la bataille pour le maillot vert.

Pourquoi éliminer Ewan des prétendants les plus dangereux ?

Caleb Ewan après deux victoires sur le Giro d’Italia et une Baloise Belgium Tour couronnée de succès arrive en forme sur le Tour de France. Coureur le plus régulier dans les sprints massifs, l’australien de la Lotto Soudal se rêve à réaliser le triplé sur les trois Grands Tours en remportant au moins une étape la même année. Fort de deux succès sur les routes italiennes, l’objectif est de marquer le coup sur les routes françaises avec pas moins de neufs occasions. Une fois chose faite, Ewan pourrait être dans la peau du coureur récupérant en vue de la Vuelta. Et ainsi ne pas accumuler trop de fatigue en vue de la Vuelta a Espana.

Malgré cela Thomas de Gendt assure que l’australien n’abandonnera pas en cours de route comme en mai dernier. Une hypothèse envisageable, mais il est à noter que la pocket rocket n’a guère l’habitude de se battre sur les points au sprint intermédiaire.

Pourquoi éliminer les coureurs au doublon dans les équipes ?

Comme la Alpecin Fenix, nombre sont les équipes a emmené un sprinteur pur et un sprinteur polyvalent. C’est le cas de la Bike Exchange avec Michael Matthews et Luka Mezgec mais aussi de la Astana Premier Tech avec Alex Aranburu et Hugo Houle ou encore de la Deceuninck Quick Step avec Davide Ballerini et Mark Cavendish. A l’instar de l’édition 2020, la Trek Segafredo ramène sa triplette Mads Pedersen, Edward Theuns et Jasper Stuyven. Un partage de points dans les arrivées un peu plus punchy nuira forcément aux équipes avec plusieurs cordes à leur arc.

Peter Sagan, en atteste par ses sept maillots verts, est le coureur le plus régulier sur le Tour de France au cours de la dernière décennie. Pas moins de 155 étapes disputées pour un peu plus de la moitié de Top 10 (83 fois), 45.2 % de Top 5 (70 fois), près d’un tiers de Top 3 (47 fois) et presque 8 % de victoires (12 fois). Ce n’est donc pas une surprise qu’il soit le recordman incontesté devant Zabel au classement par points. Un huitième sacre prolongerait encore plus son hégémonie pour les décennies à venir. De plus, la piste Sagan est toujours un gage de sûreté financière. Le maillot Vert offre une grille de prix attractive pour le vainqueur avec 25 000 €. Auxquels s’ajoutent les 300€ de rentes quotidienne au porteur du maillot et ainsi que 1 500€ pour le vainqueur au sprint intermédiaire.

Il est à noter que ce Tour de France en apparence est extrêmement favorable aux sprinteurs purs avec pas moins de sept arrivées. Soit un total de 350 points sur les 750 alloués aux arrivées du Tour. Sur les sprints intermédiaires, c’est un total de 140 points sur les 380 points alloués. Seulement, les sprinteurs les plus polyvalents peuvent profiter de 100 points avec les arrivées pour puncheurs / leaders des deux premières étapes. Auxquels s’ajoutent les 60 points des arrivées pour puncheurs. C’est pourquoi Peter Sagan est une nouvelle fois en excellente position pour briguer un nouveau titre.

La question de la forme pourrait se poser après un Giro plein de réussite. Mais après un enchainement Tour-Giro 2020 plutôt bien géré dans une saison condensée. La récupération est doublée cette année dans un enchainement stable, offrant un mois de récupération. C’est un Sagan des plus réguliers qui est attendu et peut être sans doute, sauf incidents, la saison la plus régulière de toute (13 potentiels Top 10). Mais la concurrence la plus dangereuse vient en provenance de la Bahraïn Mérida. Sonny Colbrelli affiche très clairement la forme de sa vie. En vue depuis les Flandriennes, l’italien démontre avec son Tour de Romandie et son critérium du Dauphiné que son niveau a significativement augmenté. Basculant avec les grimpeurs au sommet du col de la Vue des Alpes (7.8 kilomètres à 6.7 %) pour gagner l’étape de Saint Imier. Résistant à l’enchainement Châbles (1.8 kilomètres à 6.1 %) – Les Granges (2.5 kilomètres à 7.7 %) dans une étape dantesque à Estavayer. Laissant son équipe prendre à son compte la montée de la côte de la forêt de la Pourcheresse (7.1 kilomètres à 6.5 %) pour s’offrir le sprint du peloton des leaders. Vainqueur de l’arrivée pour puncheurs à Saint-Haon-Le-Vieux (700 mètres à 5.7 %). Basculant avec les meilleurs au sommet de la côte de Montrebut (1.4 kilomètres à 11 %) pour finir comme une balle sur Geraint Thomas, auteur du coup du kilomètre. Pour finir tout fraîchement champion d’Italie à Imola, en ayant survécu à la Cima Gallisterna (2.9 kilomètres à 6.5 %). Une montée qui n’est pas inconnue pour les suiveurs les moins avisés.

Cependant, la concurrence sera plus rude sur le Tour qu’en Suisse ou sur le Dauphiné. En Romandie, Colbrelli aura gagné Saint Imier sans la présence de Peter Sagan dans le groupe et aura été dominé par ce dernier sur les sprints d’Estavayer et de Martigny. Sans doute, faudra-t-il que le niveau soit osé sur les sprints plus plats pour purs sprinteurs où Sagan a un avantage sur Colbrelli. Mais le slovaque trouve un concurrent de taille qui pourrait le mettre des bâtons dans les roues sur les sprints intermédiaires.

Wout van Aert aurait pu être un redoutable prétendant. Malheureusement ses objectifs avec la Jumbo Visma semble être ailleurs. Christophe Laporte avec les jambes de Paris-Nice pourrait être tout autant un sprinteur polyvalent glanant des points ici et là. Quant à Arnaud Demare, le train autour du sprinteur français est la même que sur le Giro d’Italia 2020 dont il est le détenteur du maillot cyclamen. Toute la question est de savoir si Nono pourra conclure le travail de son puissant wagon composé de Bruno Armirail, Miles Scotson, Stefan Küng, Ignatas Konovalovas et Jacopo Guarnieri. La concurrence sera outrement plus dense que sur le Communauté de Valence, qu’au Boucle de la Mayenne et qu’à la Route d’Occitanie. Le plein de confiance est pris, le sprinteur de la Groupama-FDJ vient pour gagner des étapes dans un premier temps. Le cumul de points fera le reste. Mais cela sera-t-il suffisant avec un barème de points handicapant sur les deux premières étapes ?

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Sonny ColbrelliVainqueur du classement par points 80.32 %
Peter SaganVainqueur du classement par points3.750.68 %

Etape 7 Tour de Suisse 2021

Un contre-la-montre de 23.2 kilomètre entre Sedrun et Andermatt composé de deux parties distinctes. Une première moitié (11.85 kilomètres) grimpant inéxorablement jusqu’à sommet de l’Oberalpass et une seconde moitié redescendant vers l’arrivéé. C’est d’ailleurs sur la première des deux moitié que le dénivelé positif total s’élève à 654 mètres. Ce qui rend l’effort individuel hors de portée des spécialistes “poids lourds” et donne une opportunité aux meilleurs grimpeurs du plateau de gagner un CLM qu’ils n’ont guère l’occasion d’aborder.

1.8 kilomètres : début des ennuis avec les premières pentes qui feront leur apparition.

Une longue ascension d’abord sur une route ne serpentant que légèrement sur le flanc des Alpes glaronaises, en longuant le Rhin.

8.2 kilomètres : début des lancets menant au sommet du col de l’Oberalp et des plus forts pourcentages de la montée.

Une pente maximale à 10.5 % sur un col culminant à 2038 mètres après une ascension de 9.6 kilomètres à 6.5 %.

Un ITT en montagne difficile à gérer avec la combinaison : altitude et changement de rythme incessant.

11.85 kilomètres vient le moment de la bascule pour 11.35 kilomètres de descente.

D’abord une portion de près de deux kilomètres en faux plat descendant (- 0.9 %) autour du lac de l’Oberalp.

Avant une portion plus prononcée et plus technique aux abords d’Andermatt.

Mieux vaut être lourd et/ou aérodynamique pour profiter d’une longue section (5.8 kilomètres au total) de descente peu technique.

Une vision panoramique des lacets en contre-bas qui donne toute la mesure la technicité de la portion.

800 mètres de l’arrivée : dernier lacet de la descente.

700 mètres : on tourne à gauche…

… pour débouler sur une rue pavée.

Et d’en sortir à 200 mètres de la ligne d’arrivée.

UN CHRONO PLUS OUVERT AVEC LE RETRAIT DE JULIAN ALAPHILIPPE

Quand on pense qu’il faut être à la fois grimpeur et bon descendeur, avec la forme affichée. Dans la lignée du contre-la-montre de Pau, Julian Alaphilippe faisait figure de favori. Mais la paternité aura eu raison de sa fin de Tour de Suisse. Ce qui n’est pas sans ouvrir la voie à la fois du podium mais aussi du gain d’étape.

C’est à logique que Richard Carapaz fait figure de favori de l’étape du jour. Pas friant des efforts solitaires, l’équatorien n’est jamais monté sur le podium d’un CLM. Mais un chrono en montagne n’est pas vraiment un effort solitaire commun. C’est un effort spécifique où peu peuvent prétendre à la victoire. Son attaque sur les pentes de Leukerbad a démontré toute sa classe lorsque la route s’élève et à quel point il est alaise lorsque la pente est positive. Des qualités qu’il a maintes fois montrées sur les trois Grands Tours, au cours des trois dernières années. Bon en descente, il ne devrait pas perdre de temps où l’on peut raisonnablement penser qu’il sera le temps de référence au sommet de l’Oberalpass.

Son principal adversaire en l’absence de Julian Alaphilippe pourrait être Jakob Fuglsang. Le danois de la Astana Premier Tech est un des grimpeurs spécialiste de la discipline. Ses skills en descente du à son passé de vttétiste pourrait lui donner un avantage sur bon nombre de ses adversaires. Le matériel de l’équipe kazahk a montré toute son efficacité sur le Dauphiné avec des coureurs sortants de stage qui auront marqué le chrono de Roche la Molière. 9e temps intermédiaire du CLM de Pau, Birdsong devrait retrouver des marques dans un CLM qui lui scie comme un gant.

Un mix des deux profils pourrait revenir à Rigoberto Uran. Le colombien ne devrait souffrir de l’altitude mais surtout ses qualités dans l’effort individuel qui devrait être mis en avant. 6e de l’intermédiaire dans la Côte d’Esquillot à Pau en 2019, le coureur de la EF Education Nippo a montré être parmi les hommes en forme sur ce Tour de Suisse. Si la forme est proche de sa superbe, alors le playboy du peloton pourrait retrouver des résultats proches de 2014 où il a excellé. Une année marquée par des chronos montagneux :

  • départ en cote punchy sur la Vuelta a Espana à Borja (étape 10)
  • départ en cote sur le Giro d’Italia à Barolo (étape 12)
  • 3e de la Cima Grappa (étape 19 du Giro d’Italia)

Toute la mesure est de trouver un prétendant sous côté. Maximilian Schachmann réussira-t-il à trouver le rythme dans une telle montée et ne pas compter trop de débours au sommet ? Domenico Pozzovivo étonnamment à son aise dans l’effort individuel peut-il réitérer ses exploits de la Cima Grappa (5e) ou de l’Alto del Moncayo (Vuelta 2013) ? Ou des coureurs en forme en ce début de saison au profil très polyvalent comme Mattia Cattaneo, Andreas Leknessund ou Neilson Powless ?

La stature d’Esteban Chaves a toujours été celle d’un grand espoir gâché. Dont le palmarès ne reflète que peu le talent du colombien de la Bike Exchange. Mais cette année 2021 semble marqué une renaissance de Chavito. A l’attaque sur les pentes de l’Ershmatt, le vainqueur du Tour de l’Avenir 2012 signe un renouveau que les afficionados ne peuvent qu’apprécier. Agressif sur le Tour de Catalogne, il aura été chercher une victoire à la manière sur les pentes de Port Ainé après s’être mis en évidence sur les pentes de Vallter 2000. Dans la même trempe que Carapaz, Chaves pourrait profiter d’un CLM rare pour les coureurs de son accabit. Il n’y a qu’à se remémorer Alpe di Siusi sur le Giro 2016 où il aura pris la 6e place pour s’en convaincre. Au vue de la performance sur les pentes d’Ershmatt où il ne cessait de creuser l’écart, la seule crainte repose sur la descente où il a envoyé quelques mauvais signaux.

Concernant la météo, les premiers partants devraient bénéficier d’un vent plus léger que les derniers.

Un vent guère favorable dans la montée venant du NNO. Mais la différence étant légère et les meilleurs grimpeurs n’étant pas dans le lot des premiers partants, l’avantage tiré d’un départ tôt ne devrait pas être pris en compte.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Rigoberto UranPodium 60.5 %
Esteban ChavesPodium 300.25 %

Etape 5 Tour de Suisse 2021

Une étape longue de 175.2 kilomètres pour un dénivelé positif total de 2 850 mètres selon les organisateurs (2 501 mètres selon la Flamme Rouge dont la fiabilité n’est plus à démontrer).

Si l’étape de la veille était fortement inspirée de l’étape 4 de l’édition 2018, il en sera de même avec l’étape 5 qui se voit dans un miroir déformé. Un départ de Gstaad en démarrant par l’ascension du Pillon, pour finir par l’ascension vers Lerkerbad avec une distance quelque peu rallongée de vingt kilomètres.

Un final écrémé où Stefan Küng, maillot de leader sur les épaules aura céder sous les attaques de François Bidard, Hugh Carthy et plus tard Mikel Landa pris en chasse par Tejay Van Garderen dans le peloton bien amaigri, puis par Jesper Hansen. A deux kilomètres de l’arrivée, le basque a été confronté au vent de face puissant qui aura eu raison du succès de son offensive. Matthias Frank ramenant le groupe à une portée de fusil de Landa à 400 mètres avant l’accélération

Un départ en cote signifie que le contrôle des grimpeurs et le risque d’une échappée d’hommes forts dans les pentes escarpées sont grandes. Seulement deux problèmes de taille semblent se dresser sur la route des plus téméraires. Nombre d’équipes auront mis leur dévolu sur l’arrivée finale, mais c’est surtout sur la Deceuninck Quick Step qu’il faudra compter pour prendre la chasse à son compte. Julian Alaphilippe a un oeil sur l’étape et l’on sait que le Wolfpack est en ordre serré derrière le champion du monde lorsqu’une étape lui convient. La Bora Hansgrohe pour Maximilian Schachmann et les Israel Start-Up Nation pour Michael Woods pourraient venir prêter main forte. Ce qui ne donne guère de chance à l’échappée matinale.
En 2018, le tempo de Romain Sicard dans la difficulté fut si élevé que l’échappée n’a pris forme qu’au bout d’une heure de course avec Sylvan Dillier, Daniel Oss, Paul Ourselin, Willie Smit, Jasper Stuyven et Larry Warbasse. Une échappée formée sur la grande portion plan entre Aigle et Sion. C’est d’ailleurs, cette longue portion de près de 100 kilomètres jusqu’à Sierre qui est très nettement en défaveur des hommes de tête avec un terrain de chasse idéal pour le peloton.

Le final commencera à ne plus connaitre beaucoup de replat à partir de la côte de Varen (2.4 kilomètres à 5;4 %). Rien de bien excitant cependant, la difficulté n’est pas assez prononcée pour y tenter un durcissement.

Ce qui n’est pas le cas de Ershmatt (8 kilomètres à 8.4 %) qui n’est autre que la plus grosse difficulté du jour. Une difficulté avec des pourcentages avoisinant souvent les deux chiffres, n’allant jamais au delà de 13.7 % mais qui rend la montée difficile à manager. Un durcissement dans la difficulté devrait esseuler un bon nombre de leaders au GC. L’oeil est évidemment tourné vers les Ineos Grenadiers.

La descente qui s’en suit pourrait inspirer les coureurs de la Astana Premier Tech qui pourraient dès lors prendre le contrôle du peloton au sommet de la difficulté pour basculer en tête et aborder la descente dans les premiers de cordée.

Une descente courte, rapide, semie-technique sur des routes plus ou moins étroites.

Une montée finale beaucoup plus abordable que la précédente. 7 kilomètres à 5.3 %, une côte finale qui doit nécessaire être marquée par une désorganisation ambiante pour éviter un sprint entre puncheurs. Si l’ascension précédente est menée tambours battants, cela implique que peu d’équipiers seront là pour remettre les attaquants dans les rangs.

Plus clémente que les jours précédents, la course ne devraient pas voir de signe de pluie. Cependant comme en 2018, l’ascension finale sera marquée par un vent de face. Ce qui devrait nettement stopper les tentatives d’attaques. Un vent entre 5 et 8 km/h, léger mais suffisant pour retarder les premiers mouvements.

Un final taillé sur mesure pour julian alaphilippe ?

Incisif en ce début de Tour de Suisse et visiblement en forme, le champion du monde arrive avec la pancarte sur une étape où il a annoncé la couleur. La tâche la plus ardue pour le français de la Deceuninck Quick Step sera de ne pas subir le tempo des Ineos Grenadiers dans l’avant-dernière ascension du jour. Julian Alaphilippe devra composer avec une dernière ascension plus décousue mais dont il est passé maître de la gestion et de la domination.

Et il n’est pas impossible que la montée soit aussi apocalyptique que celle de Chiusdino lors du Tirreno Adriatico où Alaphilippe aura profité de l’attaque de son coéquipier Joao Almeida pour laisser la chasse sur les épaules de Geraint Thomas. A ce moment, le portugais était accompagné dans son offensive de Pavel Sivakov et de Mikel Landa.

Cette fois, ce n’est pas le basque de la Bahraïn Victorious qui pourrait être amené à anticiper mais Wout Poels. Qui a montré être parmi les hommes en forme sur ce Tour de Suisse. Le néeerlandais a l’avantage d’aimer les pourcentages abruptes de Ershmatt et de posséder le caractère offensif pour éviter un sprint en comité réduit.

Mais il y a encore beaucoup à venir et encore d’autres opportunités pour remonter au CG et d’aller chercher une victoire d’étape. Donc mes yeux sont rivés vers les étapes plus montagneuses.

michael woods

S’il est un coureur qui aime tout autant les pourcentages abruptes et être à l’offensive que ce soit sur ce Tour de Suisse comme sur toutes les courses auxquelles il a participé c’est bien Michael Woods. Le canadien de l’ISN est sans doute sur le papier, le puncheur qui a les meilleurs qualités pour contrer Alaphilippe. Dans un scénario similaire à 2018, le remake d’un podium des deux meilleurs puncheurs est reproduisible avec Alafpolak dans la peau de Diego Ulissi et Rusty Woods dans celle de Tom Jelte Slagter. A ceux-ci près que Julian et Woody ont fait de nette progrès en montagne et peuvent avec la forme affichée tenir le rythme d’un Ershmatt mené grand train. D’autant que le vent de face dans le final devrait les favoriser en vue d’un enchainement plus maîtrisé.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Julian AlaphippeVainqueur 50.5 %
COTE BOOSTEE
Wout PoelsPodium 60.25 %
Michael Woods et Julian Alaphilippe Podium 4.620.25 %