Liège Bastogne Liège 2021 Preview

Plan de la Doyenne des Classiques 2021 © A.S.O.

Liège-Bastogne-Liège figure parmi les courses les plus anciennes du peloton professionnel. Créée en 1892, elle est la plus ancienne des courses encore présentes au XXIe siècle. Ce qui lui vaut le surnom de ” la Doyenne “. Le temps aura façonné son visage à plusieurs occasions. Entre 1992 et 2018, l’arrivée était déplacée à Ans, ce qui ajouta quelques surprises au palmarès du traditionnel quatrième Monument de la saison. Avec notamment des difficultés redessinant sans cesse le final de cette classique ardennaise. Depuis 2019, l’arrivée est de nouveau jugée à Liège. Le millésime 2021 offrira un 107e cru que nombre de coureurs souhaite accrocher à leur palmarès.

Profil de la Doyenne des Classiques 2021 © A.S.O.

Le parcours de cette édition 2021 sera un copier-coller de l’édition précédente, à une différence mineure. Le tracé comptera 2,1 kilomètres supplémentaires pour faire un détour par la cote de Desnié portant le kilométrage à 259.1 kilomètres de course pour 4266 m de dénivelé positif.

Avec un sommet à 61.7 kilomètres de l’arrivée, le Col du Rosier est l’endroit où les manœuvres des grandes équipes commencent. Une sélection par l’arrière commence sur la difficulté la plus longue de la journée.

Plus pimentée que feu le col du Maquisard (4 kilomètres à 4.9 %), l’inédite cote de Desnié (1.6 kilomètres à 8.2 %) souhaite ajouter de la nervosité à la course une fois arrivé à SPA. Les organisateurs désireux de ne proposer aucun répit au peloton afin de forcer les mouvements. Mais à seulement dix kilomètres de la Redoute tant redoutée, n’est-ce pas voué à être un coup d’épée dans l’eau ? Sauf à tirer profit d’une sélection avant la “redout(able)”.

Une sélection dure à mettre en place sur une bosse aux allures de faux plat montant à zone découverte.

Cependant, le vent de dos (de 18 km/h à 22 km/h) pourrait pousser à anticiper les manoeuvres. Là où à la fois le Rosier et le Redoute ont une direction nettement moins favorable aux mouvements.

La côte de la Redoute est le visage de Liège-Bastogne-Liège dont la portion la plus compliquée mesure 1.5 kilomètres à 9.8 % et des pentes maximales à 16.5 %. L’endroit idéal pour lancer une offensive avec seulement 35,2 kilomètres à parcourir une fois le sommet franchi. Le problème réside dans les vingt kilomètres séparant son sommet du pied de la Roche aux Faucons. Extrêmement favorable à une chasse, comme nous l’avons vu en 2019 où les leaders ont du mal à faire la différence.
Le rôle d’un coureur comme Mauri Vansevenant peut être clé dans la réussite de la quête de Julian Alaphilippe. Anticiper les mouvements, pourrait alléger le poids de la course sur les épaules de la Deceuninck Quick Step, en permettant au belge de sortir comme il l’a tenté sur la Flèche Wallonne. Que ce soit les Ineos Grenadiers, Jumbo-Visma, UAE émirates, Movistar, Astana Premier Tech, Bora Hansgrohe, etc. Tous ont des cartes pour miser sur un final classique dans un va-tout dans la côte finale. Cela signifie qu’il y a nombre d’équipes qui peuvent fixer le scénario d’une attente de la Roche aux Fauçons. Dans le cas où les Deceuninck Quick Step serait plutôt dans le contrôle de la course et de son cadenassage, ils pourraient trouver aisément des alliés de circonstances ayant louper le coche.

Pourtant, la course d’attente pourrait avoir lieu dans une journée où le vent sera défavorable dans la remontée vers Liège. Avantageant un scénario classique d’une course se jouant dans la Roche aux Fauçons.

Placée entre La Redoute et La Roche aux Fauçons, la Côte des Forges (1.3 kilomètre à 7.2 %) se veut brouiller les pistes d’une chasse depuis son introduction. Mais il n’en est rien, le tronçon est trop régulier et les yeux trop tournés vers la difficulté suivante. Que le secteur n’a été décisif qu’en 2019 où Julian Alaphilippe en fond de groupe a donné son feu vert à Jakob Fuglsang pour attaquer dans la dernière difficulté sans subir de veilléités de sa part.

Comme à l’accoutumé, la cote de la Roche aux Faucons devrait être le théâtre de tous les possibles. Le lieu des derniers va-tout, des tapis peu importe les cartes en main.

Les forts pourcentages à son pied permettent de faire une sélection indiscutable. C’est ici même que Fuglsang parti en solitaire vers sa victoire tout comme Bob Jungels en 2018.
À ceci près que depuis 2019, l’arrivée est de nouveau jugé à Liège. Le final est amputé de la mythique cote de Saint Nicolas, qui été située dans les cinq derniers kilomètres.

Le même final raboté de 1.5 kilomètres dans Liège est conservé par rapport à l’édition 2019. Toujours dans un esprit d’avantager les mouvements victorieux dans La Roche aux Fauçons…

… dont le sommet est situé à 10 kilomètres pour la seconde partie où Alaphilippe s’était extrait avec Marc Hirschi avant d’être rejoint par les deux slovènes (Tadej Pogacar et Primoz Roglic), l’an passé.

Le dernier kilomètre en ligne droite et totalement plat :

  • oblige aux arrivées en solitaire ou aux late attacks pour les moins rapides ;
  • force à négocier un sprint réduit dans une position favorable (c’est-à-dire éviter d’emmener le groupe) ;
  • permet à ce qu’un train puisse lancer parfaitement son sprinteur en cas de comité plus ou moins conséquent.

LA ROCHE AUX FAUCONS, UNE NOUVELLE FOIS DECISIVE ?

Si le vent de face n’est dans l’absolu pas un frein aux offensives, il est indubitablement un obstacle qui devrait favoriser des mouvements plus proches de l’arrivée. Un allier de taille pour la Deceuninck Quick Step. Pour sûr, s’il est un coureur qui est désavantagé par l’abandon de la Côte de Saint-Nicolas. C’est bel et bien Julian Alaphilippe. S’il est un coureur qui souhaiterait tout mettre dans la Côte de la Roche-aux-Fauçons. C’est assurément le champion du monde. Que les autres équipes de leaders soient intéressées par des offensives tardives de leurs hommes forts est du pain béni pour les hommes de Patrick Lefévère qui devraient en conséquence avoir moins de pain sur la planche. Et surtout pour Alafpolak qui n’aura pas à s’épuiser tôt dans une course usante lancée de loin.

J’aime l’ancien format et la combinaison de Saint Nicolas et d’Ans qui probablement correspondent plus à mes caractéristiques, mais c’est toujours une course qui me convient dans son parcours.

https://www.cyclingnews.com/news/julian-alaphilippe-content-to-shoulder-good-kind-of-pressure-ahead-of-liege-bastogne-liege/

Alaphilippe soulignait en interview à l’Equipe que la Roche aux Faucons devrait être une énième fois le juge de paix. Au cours des dernières années, Julian Alaphilippe nous a montré être le meilleur du monde dans ce type d’effort très précis : une difficulté à 10 bornes de l’arrivée suivie d’une descente. Grâce à ses qualités de puncheur, il sait s’extraire en solitaire ou n’emmenant sur son porte-bagage qu’un nombre de coureurs très restreint. Le coureur de la Deceuninck Quick Step a cette faculté inouï à avoir une attaque en double injection. Un second souffle qu’il n’a pas eu au sommet du Cauberg, dimanche dernier. Un élément qui faisait douter de sa forme après un printemps en demi-teinte. Autrement dit, un second punch que personne d’autre n’a. A l’image de son attaque des mondiaux de Bergen et d’Imola où il a, sur ses secondes accélérations, mis la plaque. Grâce à ses qualités de descendeur, Loulou peut maintenir si ce n’est creuser l’écart sur ses adversaires. Grâce à sa résistance au lactique, Juju sait souffrir comme personne pour bien souvent finir en solitaire face à une meute en chasse. Le final de la Roche aux Faucons est très similaire à cette effort “alaphilippesque”. Il y a de cela deux ans sur le Tour de France, le sommet de la cote de Mutigny qui a vu un raid solitaire de Julian Alaphilippe vers son premier maillot jaune était situé à 16 kilomètres de l’arrivée. Le sommet de la cote de la Jallière, qui a vu son attaque pour la reconquête du maillot, suivi seulement de Thibaut Pinot, était à 12.5 kilomètres de l’arrivée. L’an passé, les trois victoires du coureur préféré des français ont eu un goût de déjà vu. D’abord sur le Tour de France avec une attaque dans le Col des Quatre Chemins dont le sommet était situé à 11 kilomètres de l’arrivée. Ensuite lors du mondial d’Imola, Alaphilippe a montré une énième fois être le meilleur coureur du monde dans ce type d’effort puisque le sommet de la Gallisterna était situé à 12 kilomètres de l’arrivée. Enfin, sur la Flèche Branbançonne dans le Mokkesstraat suivi seulement de Mathieu van der Poel avant d’être rejoint par Benoît Cosnefroy. Même si on pourrait citer son effort précisément dans la Roche-aux-Fauçons aved Marc Hirschi avant d’être rejoint par Tadej Pogacar et Primoz Roglic. Le reste appartient désormais à l’Histoire… L’histoire pas toujours glorieuse du meilleur puncheur du monde.

Trois points communs se dégagent de chaque final qu’il a remporté et animé :

  • une cote taillée pour puncheurs
  • suivi d’une descente puis d’une partie plane
  • une distance moyenne de douzaine de kilomètres à parcourir entre le sommet et l’arrivée

Tous les éléments d’une victoire étincelante d’Alaphilippe sont réunis après sa victoire à la Flèche Wallonne. Une victoire qui lui permettrait de rentrer dans le club très fermé des coureurs ayant réussi le doublé :

  • Ferdi Kübler en 1951 et 1952,
  • Stan Ockers en 1955,
  • Eddy Merckx en 1972,
  • Moreno Argentin en 1991,
  • Davide Rebellin en 2004,
  • Alejandro Valverde en 2006, 2015 et 2017
  • Philippe Gilbert en 2011.

Tous les feux sont au vert pour le français qui de retour de stage se sera débloqué à Valkenburg avant de mettre tout le monde d’accord à Huy. Et démontrer que les jambes sont prêtes pour dimanche. Alaphilippe peut faire face à son objectif affirmé du début de saison : Liège-Bastogne-Liège. La chasse gardée autour de Julian est composée de Dries Devenyns et Pieter Serry qui seront mis à l’ouvrage dès l’ouverture de course pour contrôler les échappées matinaux. Pour le final, Mikkel Honoré, James Knox, Joao Almeida et Mauri Vansevenant seront au support du champion du monde dans sa quête. La fougue du premier couplée à sa forme pourrait servir de plan B. Quand le portugais de retour de stage en altitude pourrait faire parler de son expérience de la Doyenne dans les rangs amateurs. L’ayant remporté à la manière avec les U23 en 2018. Des soutiens bienvenus qui lui seront nécessairement profitables.

Mais pour se faire, il faudra se défaire des deux slovéniens. Vainqueur sortant, Primoz Roglic après une anticipation malvenue sur le Mur de Huy arrive en grande forme. Ultra dominant sur Paris-Nice (bien que le Classement Général lui ait échappé le dernier jour) et gardien du Tour du Pays-Basque sans la moindre fausse note, le champion de Slovénie aligne déjà quatre victoires en seize jours de course.

La même garde rapprochée que pour la Flèche Wallonne entourera le vainqueur sortant. La question est dans une course de mouvement, Jonas Vingegaard à l’image de l’Amstel Gold Race sautera-t-il sur tous les coups ou y sera-t-il à l’initiative comme Sam Oomen lors de son attaque avec Richard Carapaz dans le final de dimanche dernier ? C’est toute la question autour du danois qui a ébloui de forme sur la semaine Coppi e Bartali et sur l’Itzulia Basque Country. Les indications de forme semble pourtant tendre, à l’image de la Deceuninck Quick Step, vers une garde très rapprochée de son leader…. A tort ou à raison. Bien qu’ayant remporté le sprint du groupe de cinq coureurs, l’an passé. Il est à noter que Primoz Roglic ne s’impose guère dans les sprints totalement plats. Son explosivité n’a que très peu fait la différence sur un tel final. Il convient tout autant de mesurer sa victoire de l’an passé. Si Alaphilippe n’avait pas levé les bras trop tôt, Roglic n’aurait pas gagné. Évidemment, Alaphilippe se serait fait déclassé pour sa vague. Mais ce n’est que révélateur de plus d’une domination sur ce type de sprint dont il n’est maître. D’autant que si vague il n’y avait pas eu, Roglic aurait été battu au minima par Marc Hirschi qui semblait s’envoler vers un doublé Flèche – Doyenne et probablement par son compatriote.

Tadej Pogacar après avoir été mis à l’écart de la Flèche Wallonne avec son équipe arrive sur LBL avec les crocs. Une mise hors course qu’il aura pallier par une sortie d’un peu plus de 200 bornes sur le parcours de Liège – Bastogne – Liège : https://www.strava.com/activities/5167401379
S’il est un coureur qui s’affiche en grande forme, c’est le vainqueur du Tour de France sortant. Vainqueur du UAE Tour, Pogi aura poursuivi sa domination du cyclisme mondial en s’adjuvant le Tirreno-Adriatico. Avant de tomber face à un os sur le Tour du Pays Basque où son compatriote à repris la main dans un duel qui risque de rythmer l’été prochain sur le prochain Tour. Mais si Pogacar a perdu tout espoir de disputer la gagne à Arrate, il a sans doute paru être le plus costaud ce jour-là. Ce qui laisse planer quelques regrets derrière lui, surtout pour les suiveurs. Comme l’an passé, il serza sans doute compliqué de se défaire du prodige slovène dans la Côte de la Roche-aux-Fauçons. En cas de sprint réduit, s’il était un des deux du duo slovène à choisir, ce serait le plus jeune des deux. Le duel n’est pas si déséquilibré si on se fit à l’arrivée de La Roche-sur-Foron mais le sprint de Laruns aura démontré que Pogacar peut briller tant dans des sprints en bosse par son puncheur que plat par son explosivité. Si Tamau Pogi est entouré par le très explosif Marc Hirschi qui s’alignait sur les ardennaises avec ambition. Le début de saison repoussé a semble-t-il eu raison des desseins du jeune suisse, élève de Fabian Cancellara. Sans doute, faut-il plus compter sur l’expérimenté Davide Formolo pour porter haut son coéquipier. Il est vrai que l’italien est l’architecte de la victoire de Pogacar sur le Tirreno Adriatico notamment sur l’étape de Castelfidardo. 2e en 2019 et 7e en 2018, le tracé de la Doyenne correspond parfaitement aux caractéristiques de Formolo qui pourrait être une option si jamais les UAE émirates veulent une course dynamique.

Cependant, les trois équipes des grands favoris se profilent plutôt vers une course défensive ; en attente de la Roche-aux-Fauçons. Ce qui n’est pas le cas des Ineos Grenadiers qui avec le renoncement de Tom Pidcock s’affiche en véritable trouble-fête. Sans le prodige britannique, le leadership semble s’être placé sur les épaules de Michal Kwiatkowski. Techniquement, Adam Yates aurait été un leader plus naturel dont un sprint en comité réduit peut sourire. Mais ni le Tour du Pays Basque en deça des espérances, ni la Flèche Wallonne n’ont rassuré sur le british. Qui a une facheuse tendance à commencer ses saisons trop fort et le payer à l’approche des Grands Tours. Si les mouvements doivent avoir lieu dans la Redoute, Richard Carapaz s’affiche comme une option crédible dans un mouvement lointain. Convainquant sur l’Amstel Gold Race où sa présence dans le groupe de tête aura donné les nuts à ses coéquipiers mais aussi sur la Flèche en attaquant dans le final (dans le Chemin des Gueuses). Le problème de l’équatorien comme pas mal de coureurs qui doivent anticiper la côte finale repose sur sa faiblesse au sprint. Sa force repose sur son intelligence de course sachant profiter du moindre moment où un groupe se regarde pour s’en extraire. Cependant, le Pole reste la carte maitresse de l’équipe britannique. Son retour de stage en altitude lui permet de profiter de ce travail en altitude pour supporter une journée valonnée et usante. Maître du placement, Kwiatko est rarement hors coup. En cas de sprint réduit, la vitesse parle clairement en sa faveur et en fait nécessairement un prétendant à prendre au sérieux.

A chaque équipe son némesis. La Movistar fera partie de ces équipes qui voudront absolument une décision finale dans la Roche-aux-Fauçons pour Alejandro Valverde. Né un 25 avril, Bala fêtera ses 41 ans dimanche. Gardien de quatre victoires sur la Doyenne, une cinquième victoire le placerait ex-aequo avec le grand Merckx. Depuis sa victoire au GP Miguel Indurain, Papy semble avoir retrouvé une seconde jeunesse après deux saisons décevantes. Le Tour du Pays Basque a montré que le champion du monde 2018 est définitivement de retour.

Sa troisième place à la Flèche Wallonne n’est qu’une énième preuve que Bala est proche de son meilleur niveau malgré son âge avancé. Le punch n’est plus celui d’antan mais l’arrivée de l’Amstel aura exposé aux yeux de tous à quel point il ne faut pas enterrer Valverde si vite. Deuxième du sprint du groupe pour la quatrième place, il n’a été battu que par Michael Matthews. Alors qu’il aura été à l’initiative du sprint en lançant depuis le panneau 300 mètres. Un sacré effort qui aurait du le contraindre à une place moins honorifique.

editionplacejour
2019DNF28 avril
20181322 avril
2017123 avril
20161624 avril
2015126 avril
2014227 avril
2013321 avril
2012DQS22 avril
2010325 avril
20091926 avril
2008127 avril
2007229 avril
2006123 avril
20053324 avril

Liège-Bastogne-Liège est toujours dans le sillage de son anniversaire. Mais ce n’est que par une occasion que Bala a eu l’occasion de courir le fameux jour. Fait intéressant, en quatorze participations il aura fini pas moins de huit fois dans le Top 10… Toute sur le podium de la Doyenne. Peut-on attendre un Valverde intenable dans le final ? Si les résultats ne sont pas toujours là, on se souviendra d’un Valverde remuant derrière Bob Jungels en 2018.

Si la bataille des puncheurs semble tendre vers une extraction du peloton des deux slovènes, d’Alaphilippe et potentiellement Valverde. D’autres coureurs notamment grimpeurs peuvent avoir un mot à dire mais il ne faut pas pour autant effacer le scénario d’un groupe faisant jonction avec les coureurs pré-cités. Le vent de face peut favoriser un regroupement. Si le résultat des années précédentes ne montre pas de groupes réduits d’une quinzaine d’unités, il n’en a jamais été loin. Même les années pourtant moins favorables de la Côte de Saint-Nicolas s’en approchait. Mais il faut remonté à 2015 pour voir pareil scénario. En ordre de marche, les équipes de sprinteurs passant bien les difficultés peuvent répondre présentes pour mener ladite chasse sur le chemin de Liège. Mais il ne faudra pas tarder et se regarde dans le blanc des yeux. En pole position de ces sprinteurs, Michael Matthews est l’homme à nécessairement mentionné. En grande forme, l’australien faisait partie des hommes à accrocher le wagon sur le Cauberg mais ayant subi la cassure causée par Julian Alaphilippe. Sa quatrième place à l’Amstel est le reflet de ce que Bling-Bling est capable du mieux. La forme est présente depuis Paris-Nice où il aura été le seul à relancer au sommet du Mur de Durbize derrière Primoz Roglic. Des capacités dans les pentes raides déjà vu à Imola dans la Gallisterna qui n’était pas loin de lui offrir une nouvelle médaille mondiale. Bien sûr, l’équipe peut compter sur Esteban Chaves qui pourrait faire parler de son retour au sommet mais son sprint est loin d’être un gage en petit comité. Tandis qu’un Lucas Hamilton était en vue cette saison offre plus de garanties de ce point de vue.

A la double casquette, les Astana Premier Tech font partie des équipes qui comme les Ineos Grenadiers peuvent dynamiter la course de partout avec Omar Fraile, Luis Leon Sanchez, Alexey Lutsenko tous rapides au sprint et en grande forme mais aussi Jakob Fuglsang plus en attente de la Roche-aux-Fauçons. Tout comme jouer dans le final non pas du surnombre mais pour Alex Aranburu en cas d’option sprint en comité réduit. L’équipe a montré toute la volonté de sacrifice pour son sprinteur polyvalent. Sa grande forme et sa surprenante 13e place à la Flèche Wallonne montre que le basque a passé un cap. Déjà entre-aperçu sur le Tour du Pays Basque en étant tout le temps à l’offensive que ce soit à Sestao (étape qu’il a gagné), à Ondarrao et à Arrate. La question est-il assez rapide pour battre Matthews en face à face dans un sprint plat ? Un léger doute plane pour un coureur qui n’a pas vraiment la finesse tactique dans les finales d’étape.

Si la durabilité de Daryl Impey dans le final de Liège-Bastogne-Liège pose question. Michael Woods se pose parmi les puncheurs en forme pouvant suivre l’attaque attendue de Julian Alaphilippe. Evidemment, il n’est pas sans rappeler que comme à l’accoutumé Alaphilippe devra répondre en ayant la pancarte… ou plutôt un véritable panneau publicitaire. Cette fois, Rusty Woods se présente dans une difficulté où il peut faire partie des hommes de tête. Si sur le papier le Mur de Huy correspond aux capacités du canadien dans les forts pourcentages. Son placement qui a tendance à pêché n’a pas été la course de son podium raté. Mais plutôt son inaptitude à savoir frotter dans les moments cruciaux, conséquence de ses mauvais placements. Or, dans le final du jour Woods peut aisément pallier à ce défaut. Mais son sprint n’est pas le meilleur et pour échapper et faire la nique au meilleur. Le coureur d’ISN est contraint au même schéma qui l’a fait remporter l’étape de Villanueva de Valdegovia sur la dernière Vuelta : anticiper et arriver en solitaire. Une tâche ardue qui l’enlève sans doute des prétendants du jour.

Evidemment, les coureurs comme David Gaudu, Guillaume Martin, Warren Barguil, Maximilian Schachmann, Ide Schelling, Patrick Konrad, Quinten Hermans, Ben Tulett, Ben O’Connor, et bien d’autres méritent une mention parfois plus qu’honorable.

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Julian Alaphilippe ou Tadej PogacarVainqueur 31 %
Alejandro ValverdePodium 3.50.35 %
Julian AlaphilippeVainqueur 6.50.5 %
Michael Matthews Vainqueur 400.15 %

Pour les petites BK, le boost Winamax sur le podium d’Alaphilippe est plus qu’intéressant et à prendre impérativement.

Valverde déjà pris à 4.8 sera comptabilisé à la cote article et non Discord.

Tour des Flandres 2021 Preview

De Ronde van Vlaanderen version 2021 ressemblera à s’y méprendre au parcours 2020. Avec ses 254.3 kilomètres qui seront à parcourir, la 105e édition évite cependant l’amputation d’une quizaine de kilomètres de l’an passé. Mais cette année encore l’abandon du Mur de Grammont se poursuit. Plus symbolique que décisif, le Mur de Grammont n’était guère l’endroit clé du parcours étant situé beaucoup trop loin de l’arrivée depuis le changement de parcourir opéré en 2012.
Par rapport à l’édition 2019/2020, le final reste le même avec l’enchainement mythique (Kruisberg, Vieux Quaremont et Paterberg) suivi des treize derniers kilomètres sans difficultés menant à Audenarde.

LE VIEUX QUAREMONT, NOUVEAU JUGE DE PAIX DEPUIS LE FINAL A AUDENARDE ?

editionssecteur clé pour la victoiredistance de l’arrivéenombre de coureurs s’y degageant
2020Descente Steenbeekdries393
2019Oude Kwaremont171
2018Oude Kwaremont191
2017Oude Kwaremont551
2016Paterberg131
2015Sommet du Kruisberg en facteur282
2014Descente vers Ronce312
2013Oude Kwaremont182
2012Oude Kwaremont183

Depuis le remplacement en 2012 du final Mur de Grammont – Bosberg par le Vieux Quaremont – Paterberg, la course s’est jouée par cinq fois sur les neufs éditions qui ont eu lieu dans le Vieux Quaremont (par quatre fois dans son dernier passage). Du moins par cinq fois, les vainqueurs s’y sont isolés définitivement et s’y sont maintenus hors portée de fusil d’un groupe de chasse désireux d’accrocher le précieux Monument à leur palmarès.

MontNomDistance de l’arrivéelongueurpente moyennepente maximalerevetement
1Kattenberg152.1 km800 m6 %11 %asphalte
2Oude Kwarement133.1 km2200 m4 %11.6 %1500 m pavé
3Kortekeer122.6 km1000 m6.7 %17.1 %asphalte
4Eikenberg114.9 km1200 m5.2 %10 %pavé
5Wolvenberg111.8 km645 m7.9 %17.9 %asphalte
6Molenberg101.9 km463 m7 %14.2 %300 m pavé
7Marlboroughstraat97.9 km2040 m3 %7 %asphalte
8Berendries93.9 km940 m7 %12.3 %asphalte
9Valkenberg88.5 km540 m8.1 %12.8 %asphalte
10Berg Ten Houte76.1 km1100 m6 %21 %400 m pavé
11Kanarieberg70.6 km1000 m7.7 %14 %asphalte
12Oude Kwarement 54.6 km2200 m4 %11.6 %1500 m pavé
13Paterberg51.2 km360 m12.9 %20.3 %pavé
14Koppenberg44.6 km600 m11.6 %22 %pavé
15Steenbeekdries39.2 km700 m5.3 %6.7 %asphalte
16Taaienberg36.7 km530 m6.6 %15.8 %500 m pavé
17Kruisberg/Hotond26.5 km2500 m5 %9 %450 m pavé
18Oude Kwarement 16.7 km2200 m4 %11.6 %1500 m pavé
19Paterberg 13.2 km360 m 12.9 % 20.3 %pavé

A franchir par trois fois, le deuxième passage du Vieux Quaremont est souvent un passage charnier dans la course. Mais c’est évidemment sa longueur notamment ses 1.5 kilomètres pavés qui en font un secteur clé et privilégié pour s’isoler.

editionsvainqueur RVVplace à OHNPlace à E3place à GWEplace à DDV
2020Mathieu van der Poel//9 dans le groupe pour la victoire/
2019Alberto Bettiol/4 dans le groupe pour la victoireDNF51
2018Niki Terpstra51Victoire en solitaire399
2017Philippe Gilbert132 dans le groupe pour la gagne/2
2016Peter Sagan2 dans le groupe pour la gagne2 dans le groupe pour la victoire1/
2015Alexander Kristoff114 dans le groupe pour la troisième place9/
2014Fabian Cancellara/9 dans le deuxième groupe38/
2013Fabian Cancellara/Victoire en solitaireDNF/
2012Tom Boonen2 dans le trio pour la gagneVainqueur du sprint du pelotonVainqueur groupe des leaders/
2011Nick Nuyens/38 dans le cinquième groupe39Vainqueur du sprint du peloton
2010Fabian Cancellara/Vainqueur d’un trioDNF16 dans le peloton pour la deuxième place
2009Stijn Devolder736 dans le deuxième groupe pour la quatrième place5 dans le troisième groupe/
2008Stijn Devolder699 dans le troisième groupe pour la septième place6361
2007Alessandro Ballan/10 dans le deuxième groupe pour la sixième place//
2006Tom Boonen13 dans le cinquième groupeVainqueur d’un duo1175 dans le peloton pour la deuxième place
2005Tom Boonen2 dans le peloton pour la deuxième placeVainqueur d’un duo/80

Placé plus tôt dans la saison, briller à l’Omloop Het Nieuwsblad n’a guère bien réussi pour qui désire gagner le Tour des Flandres. Cependant, nombre de vainqueur ce sont illustrés au cours de leur saison de sacre. A l’image d’Alexander Kristoff qui n’aura certes pas accroché une autre flandrienne mais aura au départ du Ronde affiché un compteur de dix victoires en 2015.

Mais s’ils l’on compare les différentes flandriennes du calendrier qui ont eu lieu, c’est très nettement le Grand Prix E3 Saxo Bank Classic qui est le plus révélateur. Depuis 2005, hormis Nick Nuyens en 2011, tous les vainqueurs du Tour of Flanders ont figuré dans le Top 10. Une statistique qui en dit long mais Wout van Aert, 11e de la course et grand favori pour dimanche dira que “si les hommes mentent, pas les chiffres ; cependant les hommes peuvent faire mentir les chiffres“.

Le Berg Ten Houte est certes situé à 76 kilomètres de l’arrivée, ce qui le place loin de l’arrivée. Mais sa complexité avec 21 % en font un secteur où la course peut clairement imploser. C’est le secteur qu’a choisi Dylan van Baarle pour s’isoler et s’envoler vers une victoire en solitaire sur Dwars Door Vlaanderen (A travers la Flandre).

Moins pentu que le Berg Ten Houte, attention au Kanarieberg qui pourrait permettre d’accentuer l’avance prise dans le mont précédent. La course ne s’y gagne certainement pas, mais elle s’y perd assurément.

A 50 bornes de l’arrivée, les choses sérieuses commencent bel et bien réellement. La course ne débranche plus. Rare y sont les répits.

Le Koppenberg, un temps jugé trop dangereux, est un incontournable depuis 2008. 500 mètres à 13,3 % pour une pente maximale à 21.6% sur des pavés qui ont marqué sa légende en l’interdisant pour sa dangerosité. Le sommet étant à 45 kilomètres de l’arrivée, le raidar mythique invite aux mouvements.

Pas un secteur où la course se joue. Quoi que, c’est en facteur en faisant un trou dans la descente qui s’en suit que Julian Alaphilippe suivi de Mathieu van der Poel se sont extirpés l’an passé. Avant d’être rejoint par Wout van Aert et de filer vers une victoire certaine.

Le Taaienberg est une ascension de 600 mètres à 6.8% pour une pente maximale à 14,8%. Renommé en Belgique, Boonenberg le raidar est la rampe préférée de Tommeke. Tout le monde aura en souvenir l’ironie du destin qui a frappé le champion belge avec son double incident mécanique au pied de “SON” ascension. Peu décisive mais génératrice d’un écrémage constant, le Taaienberg n’échappe jamais à la règle avec un sommet situé à 37 kilomètres de l’arrivée.

Le Kruisberg ou le premier du tryptique final. 500 mètres à 8.2 % et une pente max à 10.5 %. Situé à 27 kilomètres, les attaques y sont monnaie courante pour anticiper le final. Une anticipation qui peut s’avérer payante comme celle de Niki Terpstra en 2018 qui y avait assis son sacre avant de déposer de manière décisive les derniers survivants de l’échappée dans Oude Kwaremont.

Mais c’est en général et à l’instar des grandes classiques dans le final que tout se joue.

Le vieux Kwaremont est l’ascension iconique du Flandre. Parcouru trois fois au cours de la journée, il aura marqué l’année 2017 avec la chute de Sagan et de Greg van Avermaet. 2.5 kilomètres à 3.7%, la pente maximale est tout de même à 12.3%. L’ascension du vieux Kwaremont est faite à bloc. C’est ici même qu’Alberto Bettiol à l’instar d’un Fabian Cancellara y a construit sa victoire finale grâce à une attaque tranchante.

Le Paterberg ou le mur de la dernière chance. Son sommet n’est qu’à un petit 13 kilomètres de la ligne d’arrivée à Oudenaard. 400 mètres à 13.1% et une pente vertigineuse à 21.3%, l’ascension est parfaitement pour les puncheurs. Sagan en 2016 n’hésita pas à attaquer Sep Vanmarcke pour se diriger vers une victoire en solitaire.

Reste les 13.5 kilomètres de plat menant à Audenarde…

… avec une dernière ligne droite finale pour un sprint impérial en comité réduit ou pour savourer une victoire en solitaire comme il se doit.

Un triumvirat si friable

A l’entrée des classiques, après un Strade Bianche autoritaire et un Tirreno-Adriatico tyrannique, le trio Mathieu van der Poel, Wout van Aert et Julian Alaphilippe était attendu pour écraser les flandriennes et ne laisser que des miettes à leur adversaire. Mais seulement Gent-Wevelgem s’est offerte au belge de la Jumbo-Visma. Même Milan san Remo a échappé aux trois champions. Une aubaine pour les opposants qui peuvent se réjouir d’un duel fratricide qui a fini harakiri.

Pour certains, la victoire de Wout van Aert à Wevelgem est teinté d’une baisse de forme, n’ayant réussi à faire la différence dans les monts. Mais avec un coéquipier dans le final et surtout 35 kilomètres à parcourir en solitaire, deux jours après un E3 éprouvant. Marqué par des bourraques et une course dynamitée très tôt. En avait-il l’intérêt ? Des trois, Wout van Aert semble être le plus fort du moment. Lâché dans les derniers kilomètres menant à Harelbeke, le double vice-champion du monde 2020 avait subi une crevaison au pire moment et avait dû payer les efforts consentis pour rentrer sur le groupe de tête après un contre dont il ne pu répondre. C’est à A travers la Flandre que Mathieu van der Poel a déçu en lâchant dans le Knokteberg. Là où Julian Alaphilippe l’a rejoint alors que le champion du monde était distancé de long date.

Pourtant, si MVDP et WVA n’ont pas autant brillé que prévu, c’est le Wolfpack qui s’est mis en avant. D’abord, en gagnant l’Omloop Het Nieuwsblad avec Davide Ballerini mais surtout en s’adjuvant à la manière l’E3 Saxo Bank Classic avec Kasper Asgreen. Une véritable masterclass dont seule l’équipe de Patrick Lefévère est capable. Mais les récents indicateurs obcurcissent l’horizon de la Deceuninck Quick Step. D’abord, le Wolfpack a subi la bordure initiée par les Ineos Grenadiers sur Gent Wevelgem. Ne pouvant appliquer la tactique : isoler, être en surnombre, esseuler. Une invisibilité du collectif sur Dwars Door Vlaanderen. Qui n’est jamais de bon ton à cinq jours du Ronde.

L’effectif du Wolfpack aligne l’armada : Julian Alaphilippe, Florian Sénéchal, Kasper Asgreen, Yves Lampaert, Zdenek Stybar, Bert van Lerberghe, Tim Declercq. Evidemment, les deux derniers sont au service du collectif tandis que les cinq autres sont des cartes diverses pour la gagne. Un grand Davide Ballerini serait sans doute cité parmi les leaders mais les récentes courses l’ont mis sur la touche. Sa présence est justifiée par l’absence de dernière minute de Zdenek Stybar. Dans une course mouvementée, Julian Alaphilippe est le leader naturel. A l’image d’un Tommeke champion du monde, la superstar français a une aura au sein du collectif où il est attendu pour faire la différence soit dans le Vieux Quaremont, soit dans le Paterberg. Comme il l’a déjà fait dans des finaux au profil similaire où Loulou s’est imposé au cours des trois dernières années :

  • Poggio -MSR 2019 (3.3 km à 3.7 % – max : 8 %) : 5.4 kilomètres de l’arrivée
  • Cote de Mutigny – TDF 2019 (900 m à 12.2 %) : 16 kilomètres de l’arrivée
  • Cote de la Jallière – TDF 2019 (1.9 km à 7.9 %) : 12.5 kilomètres de l’arrivée
  • Col des Quatre chemins – TDF 2020 (3.6 km à 7.6 %) : 11 kilomètres de l’arrivée
  • Gallisterna – Mondiale 2020 (2.7 km à 6.4 %) : 12 kilomètres de l’arrivée

Toutes les interrogations demeurent sur sa forme. Le français est sorti d’un Tirreno-Adriatico exténuant où il a réussi à remporter une étape. Ayant observé une période de repos d’une semaine, sa course de mercredi n’a pas donné de vrais bons indicateurs. Mais ne s’est-il pas réserver pour dimanche alors qu’il a une revanche à prendre avec le Tour des Flandres après sa chute de l’an dernier ?

L’effectif aligne en co-leader Florian Sénéchal, très en vue depuis le début de saison. Poisson pilote de Davide Ballerini dans le final de l’Het Nieuwsblad. Le vainqueur de Paris-Roubaix chez les juniors il y a 10 ans s’est montré tout autant à son avantage sur Bredene Koksijde (3e), l’E3 (2e) et A travers les Flandres (9e). Sa pointe de vitesse en fait un coureur redoutable en cas d’arrivée en petit comité. Ayant battu au sprint Mathieu van der Poel à Harelbeke.

Je suis bien évidemment très déçu du report de Paris-Roubaix 2021, même si je comprends les contraintes sanitaires. C’est une situation frustrante pour moi comme pour tous les nombreux fans de cette course. À titre personnel, je comptais me mettre en évidence sur ces routes mythiques, montrer tout mon potentiel. En général, les contrats professionnels se négocient à partir de mai jusqu’en juillet. Un report en octobre pénalise un coureur comme moi. Néanmoins, je serai sur La Vuelta pour préparer les Mondiaux. Si Paris-Roubaix a lieu la semaine après les Mondiaux, je serai prêt à 100%, vous pouvez me faire confiance.

florian senechal – 1er avril 2021 sur Twitter (tweet supprimé)

La période est charnière pour Séné, qui joue gros sur le Tour des Flandres avec le report de Paris-Roubaix. Si le talent du français est indubitable et que beaucoup aimerait signé un tel coureur. C’est surtout le poids d’un Monument dans le palmarès qui pèserait sur l’aspect financier de la négociation. Une envie de briller qui transcenderait le frenchy mais qui a aussi un poids négatif : l’aspect mental. De mauvaises décisions peuvent en découler, s’il considère qu’il joue son va-tout sur le Monument pavé des Flandres. Une potentielle épine dans le pied de la DQS, qui peut en subir les conséquences tactiques. Evidemment, rien n’est réellement perdu d’avance. Paris-Roubaix sera reporté juste après le Mondial dans les Flandres où il place son second pic de forme. Le français y sera tout autant en condition qu’actuellement.

A l’instar de l’E3, Kasper Asgreen tout comme Yves Lampaert ont un coup à jouer sur une attaque lointaine comme d’une late attack (attaque au kilomètre). Si le danois peut être mis à contribution plus facilement que le rouleur belge tôt dans la course. La forme de Lampaert malgré ses résultats est édifiante sur les récentes courses. Nul doute que si Lampy n’avait pas creuvé dans le final de l’E3, avec le raid solitaire d’Asgreen, il aurait probablement été la première carte late attack dans le final. Cette dernière a été exécutée avec brio par la danish dynamite. Que ce soit Paris-Roubaix 2019 où Lampaert aura joué le rôle d’équipier de luxe et pris la troisième place ou du Ronde l’an passé en accrochant une cinquième place. Le champion de belge 2018 est dans sa maturité, jamais bien loin de décrocher la plus belle victoire de sa carrière.

Evidemment face au Wolfpack, les deux grands favoris sont les éternels rivals dans les sous-bois. Mathieu van der Poel pourrait être à la fin de son pic de forme qu’il avait prévu de maintenir jusqu’à dimanche. Mercredi n’a pas été pour rassurer. Mais le champion du monde de cyclo-cross 2021 a-t-il subi un jour sans ? Les premières chaleurs lui ont-elles couper les pattes ? L’équipe pour emmener le tenant du titre n’est pas la plus forte sur le papier mais compétitive. Mais c’est véritablement, Gianni Vermeersch qui sous les radars fournis un travail qualitatif. 14e des Strade Bianche, 9e de l’E3 et 10e de Gent Wevelgem sont des placettes plus qu’honorifique. Si la Alpecin Fenix est inspirée, l’équipe aurait tout intérêt à avoir un plan B à MVDP. Mais si le néerlandais est en forme, il ne serait pas inopportun de placer un pion devant. Voire tout au moins d’envoyer un coureur dynamiter la course soit dès le Berg Ten Houte ou dans le deuxième passage du Vieux Quaremont. C’est ici que Vermeersch peut tirer son épingle du jeu et profiter éventuellement du marquage à l’arrière pour être dans le haut du panier. Sa pointe de vitesse au sprint comme nombre de cyclo-crossmen est rapide, ce qui lui confère une certaine confiance en arrivée en petit comité.

Mais avant cela, il faut se défaire de Wout van Aert qui apparait comme le grand favori. Dans une forme qui ne semble que se bonifier malgré un Tirreno-Adriatico toujours sur les devants de la scène. Le belge arrive en confiance après sa victoire à Gent-Wevelgem. L’équipe est forte pour mener la chasse. Toute la question est de savoir si l’équipe pourra l’accompagner le plus loin possible pour contrer le surnombre de la DQS avec un Nathan van Hooydonck qui aura annihiler toutes les tentatives dans le final de la dernière flandrienne disputée et remportée par son leader. La stratégie du belge se résumera sans doute à durcir de loin. Dès le Berg Ten Houte dont les rampes sont difficiles pour esseuler au mieux les équipes les plus sur-représenter et tenter un écrémage plus conséquent tôt dans la course. En arrivée groupée, le coureur polyvalent de la Jumbo-Visma a montré être l’un des plus rapide du peloton. Allant jusqu’à faire la nique à Caleb Ewan. Les erreurs de son sprint à l’arrêt, lancé aux 200 mètres sont retenus. Avec Paris-Roubaix de décaler, son calendrier est revenu mais l’objectif Tour des Flandres demeure.

Derrière ces pourfendeurs de classiques, l’équipe AG2R Citroën La Mondiale aligne son duo d’amis inséparables : Greg van Avermaet et Oliver Naesen. Les deux belges de l’équipe français ont tout d’un duo de choc mais n’ont pas réussi à trouver la clé jusqu’à présent.

Exit, la mise en quarantaine la semaine dernière pour cas de Covid-19. La Trek-Segafredo aligne son trio de sprinteurs : Jasper Stuyven, récent vainqueur de Milan San Remo, Edward Theuns et Mads Pedersen dont l’énorme potentiel n’est plus à démontré. Quinn Simmons découvrira le Monument, comme beaucoup de grandes courses World Tour. 19 ans mais un véritable phénomène qui n’a pas hésité récemment à mettre le feu au poudre dans le peloton. Potentiellement, la distance sur une course si compliquée peut poser un problème quand à sa durabilité. Mais l’américain aura sans doute, le rôle de dynamiteur au sein du peloton afin d’agiter le final.

Si l’on parle de mise à l’écart à cause du coronavirus, on peut tout autant mentionner la Bora Hansgrohe qui emmenera son triple champion du monde, Peter Sagan et Nils Politt en fer de lance sur le Ronde. Le slovaque en préparation jusqu’à présent arrive dans la partie de son calendrier avec des objectifs en tête et annoncé. L’allemand lui transfuge de la Israel Start Up Nation est un coleader qui a tout autant son mot à dire au vue de la forme affichée sans doute plus convaincante que Peto. Un candidat assurément redoutable si les jambes de 2019 sont présentes.

Une équipe agichante sur le papier mais terriblement décevante dans les faits. La EF Education First aligne le vainqueur 2019, Alberto Bettiol qui n’est pour l’heure que l’ombre de lui-même… Abonné aux abandons.

Que penser de Sep Vanmarcke ? Si les résultats sont en mi-teintes, le belge est à ne pas s’y méprendre en forme. Et le leader de la Israel Start-Up Nation a toujours bien figuré dans le final du Ronde.

Mais si l’on regarde les éditions précédentes, Dylan van Baarle est un coureur toujours présent. Le vainqueur de mercredi a obtenu une victoire à la manière après un raid solitaire de 50 bornes. Problème pour le néerlandais des Ineos Grenadiers, il est réduit à reproduire le même schéma et d’arriver en solitaire. S’il faisait partie des coureurs à marquer par Wout van Aert. Sa victoire l’a mis dans une position un peu plus délicate pour le Ronde. Mais les Ineos ont le prodige Thomas Pidcock pour y remédier. Le britannique est la star montante depuis les rangs amateurs où sa progression bien que spectaculaire est linéaire. Dans le final de Milan San Remo, il aura montré qu’il n’était pas avare d’efforts. Prenant en main la descente du podium, avant d’immédiatement tenter de faire le jump sur l’attaque de Stuyven et ne pas compter sur les autres. Le défaut majeur actuellement du british est son placement qui lui coûte de l’énergie en replacement. Mais les monts flandriens imposent une vigilance de tous les instants.

Un problème de placement dont Stefan Küng ne souffre pas. La bête à rouler de la Groupama-FDJ est en démonstration sur les classiques, en étant très souvent en vue dans les groupes de tête. L’épine dans le pied du suisse : son sprint. A l’image de nombre de coureurs, King Küng est réduit à une late attack mais sait-il surprendre dans un exercice où il est attendu ? Gent-Wevelgem a montré que non.

Wout van Aert en interview ciblait deux coureurs sous les radars dont il faut se méfier par leur régularité. Anthony Turgis était le second. Toujours présent dans les Top 10 (15 en vérité) des flandriennes actuellement, le français de la Total Direct Energie est en vue en ce moment. 15e de l’Het Nieuwsblad dans un sprint assez décousue ; 2e de Kuurne-Bruxelles-Kuurne derrière le très rapide Mads Pedersen ; 12e de l’E3 ; 9e de Gent-Wevelgem en ayant loupé le coup par erreur, le français aura animé le final en s’extirpant du groupe de contre (qui avait course perdu) pour aller chercher une placette et 8e d’A Travers les Flandres. Le français est un coureur offensif, malin et rapide. Ce n’est pas étonnant de l’avoir vu prendre la quatrième place l’an passé.

Mais il faudra pour ça se défaire de coureurs rapides, tout autant en vue dernièrement : Tiesj Benoot pour la Team DSM avec une option attaque lointain ou late attack de Soren Kragh Andersen, Michael Matthews pour la Bike Exchange, Matteo Trentin pour la UAE Emirates, Michael Gogl en dynamiteur pour la Qhubeka Assos, Christophe Laporte pour la Cofidis Solutions Crédits, Sonny Colbrelli pour la Bahrain Victorious qui pourra compter sur un Heinrich Haussler vieillissant mais toujours aux avants-postes, Arjen Livyns toujours présents dans les groupes de tête et même un surprenant Warren Barguil plus qu’alaise sur les pavés.

Pronostics

Wout van Aert vainqueur : 4 – 1 % (Winamax)

Florian Sénéchal vainqueur : 20 – 0.15 % (Betclic)

Florian Sénéchal podium : 6.25 – 0.3 % (NetBet)

Yves Lampaert vainqueur : 25 – 0.15 % (Betclic)

Yves Lampaert podium : 7.25 – 0.3 % (NetBet)

Gianni Vermeersch podium : 45 – 0.1 %(NetBet)

Milan San Remo 2021 Preview

 

Plan Milan Sanremo 2021 – ©️ RCS MediaGroup S.p.A
 
Premier des cinq Monuments de la saison, situé juste avant le week-end du passage à l’heure d’été, la “Primavera” sonne le glas de la “belle saison”. Traduisible par “Printemps”, la classique printanière se déroule traditionnellement au début de la deuxième quinzaine de mars.

Profil Milan Sanremo 2021 – ©️ RCS MediaGroup S.p.A

 
Avec ses 299 kilomètres à parcourir de la capitale lombarde à la pointe de la Ligurie au porte de la frontière transalpine, la Classicissima est la course la plus longue de l’année, avec un dénivelé positif de 2020 mètres.

Si l’édition 2020 avait été marquée par un final remodelé avec le Colle di Nava en difficulté usante à 70 bornes de l’arrivée. Les Capi Mele, Cervo et Berta signeront leur retour pour cette 112e édition au 2020 mètres de dénivelé positif.

Le mythique final avec l’enchaînement Cipressa – Poggio reste une nouvelle fois inéluctable. Que le Covid-19 n’aura pas réussi à déboulonner, le Conseil de sécurité de la Préfecture de San Remo ayant pris les mesures adéquates (interdiction du public, fermeture des commerces sur la Via Roma, et cetera) afin de ne pas excentrer le final du centre ville comme la municipalité le désirait lors des négociations avec les organisateurs.

La Cipressa, un incontournable depuis 1982

Située à 21.5 kilomètres de l’arrivée, la montée n’a rien de terrifiant sur le papier. D’ordinaire 5.7 kilomètres à 4 % ne cause guère problème mais avec plus de 6 heures de course, les jambes lourdes et les gradients de la Cipressa nuissent aux hommes les moins frais sur les très longues distances. Seulement, il est un problème de taille : les 12.4 kilomètres de vallée qui séparent son sommet du Poggio. C’est pourquoi les attaques y sont devenues rares. Des grimpeurs se sont aventurés à y lancer des offensives comme Marco Pantani en 99 ou Vincenzo Nibali en 2014. Mais il faut néanmoins remonter à 1996 et l’attaque de Gabriele Colombo, bien inspiré comme Gianni Bugno six ans plus tôt, pour retrouver une attaque victorieuse dans celle-ci.

Le Poggio, un juge de paix depuis 1960

Le Monument est considéré comme la classique des sprinteurs, des grands noms du sprints comme Rick Zabel (gardien de quatre victoires), Mario Cipollini (2002), Mark Cavendish (2009), et consorts s’y étant imposés. Mais il est toutefois à noter que les groupes à l’arrivée y sont fortement réduits : 21 coureurs en moyenne sur les 20 dernières éditions. Là où dans les années 80 et 90, les échappées au long court et les attaques dans le Poggio avaient tendance à être victorieuses devant le retour d’un peloton ne se partageant que les miettes. Le pied est une bataille de tous les instants dans le placement des différentes formations et il n’est pas rare d’y voir des chutes comme celle de Mark Cavendish en 2018.

Technique et rapide, la descente du Poggio est le dernier endroit où les plus téméraires peuvent tenter de creuser un écart suffisant…

… pour entamer les 2.29 kilomètres de Boulevard menant à la via Roma. Cependant, très peu ose ce pari risqué comme Sean Kelly le fît en 1992 ou plus récemment Nibali en 2018.

La tendance des 10 dernières années semble à une rarefaction des sprinteurs purs se disputant la victoire sur la Via Roma.

UNE MODIFICATION DU FINAL QUI A CHANGÉ LA DONNE

Le raccourcissement de la distance à parcourir entre le pied de la descente du Poggio et la ligne d’arrivée depuis 2015 n’y est sans doute pas étranger. Bien que ce ne soit que 480 mètres plus courts, l’avance prise au sommet du Poggio au tournant de la cabine téléphonique n’est que très rarement conséquent et ne reste pas pour autant irrémédiable.

année vainqueur de milan san remo place aux Strade bianche Nombre de victoires avant MSR
2015 John Degenkolb DNS 1
2016 Arnaud Demare DNS 3
2017 Michał Kwiatkowski 1er 1
2018 Vincenzo Nibali DNF 0
2019 Julian Alaphilippe 1er 6
2020 Wout van Aert 1er 1

Les puncheurs ont donc une belle carte à jouer contre l’organisation d’une chasse sur cette partie finale. Milan San Remo sacre souvent un homme en forme, un coureur déjà en vue au cours de la reprise de la saison cyclisme.

Année coureur(s) devant ecart sur le peloton au sommet du Poggio Ecart sur le peloton au pied du poggio Coureur(s) devant Ecart dans les 700 derniers metres
2015 G.Thomas, van Avermaet 2″ / / /
2016 Kwiatkowski 2″ 5″ Boassen Hagen, Van Avermaet 1″
2017 Sagan, Alaphilippe, Kwiatkowski 11″ 17″ Sagan, Alaphilippe, Kwiatkowski Pas d’images
2018 Nibali 11″ 8″ Nibali 5″
2019 Naesen, Sagan, Alaphilippe, Valverde, van Aert, Trentin, Kwiatkowski, Dumoulin 13″ 24″ Oss, Clarke, Mohoric, Naesen, Sagan, Alaphilippe, van Aert, Valverde, Trentin, Kwiatkowski, Dumoulin, Matthews, Nibali Pas d’images
2020 Alaphilippe 4″ 6″ Van Aert, Alaphilippe 5″

ALAPHILIPPE, L’ÉLÉMENT PERTUBATEUR

Si les sprinteurs peuvent voir avec réjouissance le retour aux équipes (25) de sept coureurs, abandonné l’an passé pour un format de six aux fins d’inviter deux équipes supplémentaires (27). La majorité des équipes ont une composition résolue tournée vers des sprinteurs au profil puncheur et des puncheurs confirmés. Par élimination des années 2015 et 2016 où ni John Degenkolb, ni même Arnaud Demare n’ont participé aux Strade Bianche, le vainqueur de ladite course en Toscane s’est imposé par trois occasions sur les quatre dernières éditions. Trois éditions qui auront eu pour point commun : un Poggio dynamité par les attaques de Julian Alaphilippe. Seule l’édition de 2018 où le vent de face soufflait dans l’ascension et sur la Via Roma n’a vu aucune tentative d’attaques du français de la Deceuninck Quick Step ; que l’on aura vu uniquement sur la ligne droite finale pour emmener le sprint d’Elia Viviani.

POINT METEOROLOGIQUE

Si la chaleur estivale laisse place au redoux printanier pour cette nouvelle édition de Milan San Remo. La Primavera va connaître des conditions qu’elle ne connaît que peu. De mémoire, il faut remonter à l’édition 2014 pour connaître des prévisions aussi venteuse. Le départ de Milan se fera sous des vents de 10 km/h qui ne feront que s’amplifier au fur et à mesure de la journée en descendant vers San Remo. Une fois au Port de Savona (110 kilomètres de l’arrivée) en atteignant la côte, le vent est estimé entre 15 et 22 km/h pour atteindre les 30 km/h dans les Capi alternant vent de trois quarts dos et vent de dos.

 

Direction du vent dans le final de Milan San Remo, le samedi 20 mars 2021 ©️ 2021 Ben Norbury

La montée du Poggio dans sa première partie avec un vent de face pour atteindre des vent trois quarts face dans les parties les plus pentues où le champion du monde aime à y placer ses démarrages. Pour finir par un vent favorable dans la descente et les deux derniers kilomètres de boulevards.

UN TRIUMVIRAT INATTAQUABLE ?

Si l’on parle de victoire de Milan San Remo, il est presque impossible de voir au-delà du trio : Mathieu van der Poel, Wout van Aert et Julian Alaphilippe.
Bien que Milan San Remo souffre d’une réputation d’une “loterie” en s’offrant à un sprint parfois hasardeux avec les victoires pas toujours attendus (bien que prévisibles dans une moindre mesure) de John Degenkolb, Arnaud Demare récemment mais surtout de Gerald Ciolek ou Matthews Goss.

Non et non, Milan-San Remo n’est pas une loterie.  Je pense qu’il est impossible de gagner sept fois le gros lot avec le même ticket gagnant.

Eddie Merckx – sept fois laurÉat de milan san remo

Le “Big Three”, ce “Rainbow Gang” à qui rien ne résiste arrive en grand favori. Représentant une probabilité de victoire implicite de 63 % (Mathieu van der Poel [3.75] à 26,66 % / Wout van Aert [4.5] à 22,22 % / Julian Alaphilippe [7.5] à 13,33) si on se fit aux cotes des bookmakers. Gardien à eux trois de cinq des sept étapes du Tirreno Adriatico, le trio infernal rythme le début de saison. Attendus sur les Strade Bianche, les inséparables ont répondu présents et Mathieu van der Poel est sorti vainqueur de ce combat sur les chemins blancs de Sienne. En vue depuis la première étape du Tour de la Provence, Julian Alaphilippe ne cesse de monter en pression. Quant à Wout van Aert, le belge s’affirme de plus en plus comme un futur leader au sein de la Jumbo Visma sur les courses par étape après une deuxième place plus que convaincante derrière Tadej Pogacar.

Mathieu van der Poel est de cette triade tyrannique le nom qui se dégage presque naturellement. Sa victoire autoritaire sur la montée finale de Santa Caterina est une véritable démonstration de force.

1362 watts au maximum qui ont littéralement collé au bitume Julian Alaphilippe sur “le territoire” du frenchy pour qui les finaux pentus n’ont aucun secret. Mathieu van der Poel a cette grande force de pouvoir régler un groupe au sprint comme de partir dans le Poggio par son punch que seul le champion du monde peut égaler. Mais en réalité, tout le monde attend MVDP dans une “attaque suicide” dans la Cipressa. S’il est un coureur dans le peloton qui peut tenter ce pari risqué, c’est bien le champion des Pays-Bas, qui est reconnu pour sa fougue et sa façon de dynamiter les courses de loin. Obligeant les équipes à s’adapter tactiquement par sa seule présence. Le vent favorable dans la Cipressa pourrait être une aubaine, faisant le jeu d’une élimination d’une partie des sprinteurs.

Ses interviews récentes ne sont pas sans préparer le terrain à l’ “Opération Cipressa“. Mais les attaques ne peuvent-elles pas avoir lieu dans les Capi ?

Le Capo Mele est dans doute à éliminer. Bien que le sommet ne soit qu’à 51.5 kilomètres de la ligne d’arrivée, le Capo est trop roulant.

Le Capi Mimosa Cervo est tout aussi court que le Mele. Bien que peu de visuel s’offre dès la petite dizaine de secondes de prise, la descente peu technique et les quatre kilomètres de replat offre une possibilité de regroupement.

Le Capi Berta est très probablement le plus intéressant des trois. 1.8 kilomètres à 6.9 % peuvent faire suffisamment de dégâts au plus fort de la pente (9.9 %). La descente qui s’en suit et rapide et n’offre que peu de visuel en arrivant en périphérie d’Imperia. Un endroit idéal pour commencer à durcir la course et faire sauter au moins une première fois les sprinteurs. Dès lors, il y aura urgence pour les hommes les plus rapides de récupérer sur les 10 kilomètres séparant Imperia de San Lorenzo al Mare où la montée de la Cipressa aura lieu.

La fougue de Mathieu van der Poel est à la fois sa force mais aussi sa grande faiblesse où le néerlandais pourrait se retrouver vite isolé dans une course durcie par lui-même dans la Cipressa. Une faille qui pourrait être exploitée par les différentes équipes pour le fatiguer. Si Mathieu van der Poel est emmené jusqu’au Poggio, il devrait être compliqué de se débarasser de lui. Certes, son placement a laissé à désirer à Chiusdino, lui coûtant la victoire. Mais il convient de se remémorer le travail des Alpecin-Fénix en 2020 au pied du Poggio. Placant parfaitement Mathieu van der Poel en tête du peloton. Après ses victoires à Gualdo Tadino et Castelfidardo à la manière, MVDP est l’homme à abattre.

Qui d’autres que Julian Alaphilippe pour tuer les ambitions affichée du petit-fils de Poulidor ? Le français en cas d’attaque dans le Poggio est le plus à même de suivre le fils d’Adrie. Le grand problème d’Alaf réside dans le fait que sa pointe de vitesse au sprint est inférieure. Bien que ce dernier est rivalisé avec Kwiatkowski et Sagan en 2017, réglé un groupe de dix coureurs en 2019 avec Oliver Naesen, Matteo Trentin, Simon Clarke, Wout van Aert tous réputés pour leur pointe de vitesse. L’an passé, le champion du monde n’était pas loin de rivaliser avec Wout van Aert. Il est vrai qu’après 6 heures et demi de course, chaque sprint est spécial et se joue à la fraîcheur. Mais sa victoire à Chiusdino est à relativiser. Puisque MVDP était bel et bien le plus rapide mais par une erreur grossière de placement, ce dernier avait loupé la victoire de peu. La Flèche Brabançonne pourrait être un signal supplémentaire en direction d’une opposition pas tant déséquilibrée au sprint. Mais encore une fois, l’erreur vient essentiellement de Mathieu van der Poel qui non content de déboiter trop tard, se voyait fermer la porte entre Alaphilippe et Benoit Cosnefroy. La montée de Santa Caterina aura démontré que MVDP est non moins aussi explosif voire plus explosif que le champion en la matière. Peut-être que le français de la Deceuninck Quick Step pourrait exploiter la descente pour distancer le vainqueur des Strade Bianche. Mais si peu de référence en matière de descente du néerlandais, il n’est pas sans rappel que le champion de cyclo-cross est le coureur le plus technique des sous-bois. Ce qui devrait techniquement en faire un coureur difficile à lâcher dans une descente. Le scénario vu l’an passé avec Wout van Aert comblant l’écart sur Alaphilippe dans la descente pourrait se reproduire. Quid de la coopération ? Rarement, les deux coureurs ne se sont regardés dans le blanc des yeux pour passer des relais. Dans un final où il ne faut pas se regarder, il est plus probable de voir le français s’assoier dans la roue du leader de la Alpecin-Fénix en vue du sprint dans les derniers mètres de la Via Roma.

Un problème de coopération qui est à écarter si Wout van Aert est présent lui aussi. Certes, le leader de la Jumbo-Visma est le moins puncheur des trois mais sa puissance compense largement. Véritablement en forme en étant présent sur tous les étapes du Tirreno Adriatico, le belge aura réglé un sprint massif dès l’ouverture de la course par étape d’une semaine. Avant de conclure par une victoire sur le contre-la-montre de fermeture à San Benedetto del Tronto devant Stefan Küng et Filippo Ganna. Deux spécialistes qui s’était “reposé” en vue du contre-la-montre contrairement à WVA qui n’a jamais été à l’économie. Un indicateur d’une forme déjà au top à la sortie de la saison de cyclo-cross. Vainqueur en titre de Milan San Remo, le champion de belge de contre-la-montre aime à exacerber sa rivalité avec Mathieu van der Poel. Ce qui a conduit le duo à dominer le Tour des Flandres 2020 et conclure l’opposition éternelle par un sprint remporté par ce dernier. Techniquement dans les sous-bois, les arrivées au sprint entre les deux ont été à la faveur du belge plus puissant que son rival néerlandais. Un sprint du Tour des Flandres probablement tronqué par une sorte de départ-arreté façon pistard à 200 mètres de la ligne d’arrivée. Un sprint lancé sans surprendre le néerlandais qui avait pourtant le désavantage de la position. Si sprint il doit y avoir entre les deux bêtes à rouler, WVA a sûrement l’avantage.

DES SPRINTEURS QUI ATTENDENT LEUR HEURE

Si le collectif des Alpecin-Fénix et de la Jumbo-Visma est construit autour d’un leadership unique. La Deceuninck Quick Step arrive comme chaque année avec plusieurs cordes à son arc. Et si Alaphilippe n’a pas réussi à s’extirper dans le Poggio, en cas de présence de Sam Bennett. Le français devrait emmener le sprint de l’irlandais. Le problème du détenteur de quatre victoires cette saison réside dans sa durabilité parfois mise à mal. L’an passé sur les pentes du Poggio, SammyBe a souvent été décroché et à la lutte pour rester au sein du peloton avant de totalement imploser. Une course rythmée vers la Cipressa pourrait l’éliminer. Certes, son échappée lors de l’étape de la Colmiane était encourageant mais son élimination du groupe de tête dans le sprint de Levens tend à faire douter sur sa capacité à être dans le groupe de sprinteurs survivants.
Davide Ballerini devait tout naturellement un Plan C que la DQS a su exploiter parfaitement lors de l’Omloop Het Nieuwsblad. Double vainqueur au Tour de la Provence notamment à l’étape de Manosque sur une arrivée pour puncheurs, l’italien se replace comme une arme essentielle de l’équipe de Patrick Lefevere sur les classiques. Devenir le 52e italien a remporter le Monument national de mars, sûrement dans un coin de la tête de Ballero. Le vent défavorable dans le Poggio pourrait permettre le premier sprint réduit depuis 2016. Dès lors, Davide est en pôle position si Sam n’est pas présent. Quoi qu’il en advienne, ce sera un coureur protégé dans le Poggio, Kasper Asgreen, Zdenek Stybar et Yves Lampaert ayant pour rôle de placer Julian Alaphilippe en tête et d’imprimer le tempo dans le Poggio.

Face à l’armada des bleus et blancs, Caleb Ewan est, sans doute après sa deuxième place derrière Nibali en 2018, le grand favori. Un Poggio avant un vent défavorable n’est pas sans le favoriser. Mais son Tirreno Adriatico a été en deça des attentes. Sans doute remis de ses problèmes de ventre rencontrés dans sa semaine sur le bord de l’Adriatique, une course rythmée à 20 kilomètres de l’arrivée n’est pas à son avantage. D’autant que l’équipe ne le protègera pas coûte que coûte ayant John Degenkolb en plan B, Tim Wellens et Philippe Gilbert.

Le plus grand danger parmi les sprinteurs semblent venir de deux hommes très en vue la semaine dernière. D’abord, Christophe Laporte mais le français souffre de la présence d’Elia Viviani. Si sprint, il doit y avoir avec les deux coureurs. Alors le français se mura en poisson pilote. Cependant, tout porte à croire que le coureur de la Cofidis Solutions Crédits est plus durable que son coéquipier italien dans une course dynamitée. Le seul problème de Laporte est sa pointe de vitesse. Rapide mais pas assez pour aller chercher la gagne dans un groupe réduit où on peut envisager que des hommes plus rapides seront présents. Ensuite, Michal Matthews qui n’aura jamais été loin de remporter le Monument. En premier lieu en 2015 mais principalement en second lieu, l’an passé réglant un peloton en chasse des deux fuyards. Alors que l’autralien de la BikeExchange avait frotté le mur dans la descente du Poggio. Ne s’épargnant pas une blessure à la main. Son placement est sa force, après avoir montré une forme éblouissante dès la rentrée sur les routes de Paris-Nice notamment dans les pentes de Chiroubles en attaquant derrière Primoz Roglic.

DES ÉLÉMENTS PERTUBATEURS EN PAGAILLE

Nombre sont les coureurs à mettre à l’honneur. Simon Clarke en forme qui aime ce Monument. Michal Gogl en vue depuis le début de saison. Greg van Avermaet qui a toujours suivi les mouvements dans le Poggio. Celui de Geraint Thomas en 2015, celui d’Alaphilipe, Kwiato et Sagan en 2017, et cetera mais le belge a toujours manqué d’explosivité pour accrocher les roues des premiers sortants et s’extirpant. Matej Mohoric qui pourrait profiter de ses qualités de descendeur pour recoller comme en 2019 ou sur Liège-Bastogne-Liège de l’an passé. Mais le slovène est réduit à tenter le kilomètre à la Cancellara en échouant très… Trop souvent. Maximilian Schachmann qui pourrait naviguer sous les radars malgré sa victoire au classement général de Paris-Nice. Kevin Geniets qui aura été le coureur a accompagné Julian Alaphilippe et Wout van Aert dans le secteur de Sante Marie au moment où le peloton implosé. Le luxembourgeois manquera de vitesse au sprint. Les Ineos Grenadiers viennent avec une armada solide encore une fois. Tom Pidcock decouvrira son premier Monument. Sa pointe de vitesse n’est pas mauvais mais est-elle suffisant ? Son jeune âge est-il un handicap ? Certainement que non, la nouvelle génération étant préparée de façon optimale pour briller très tôt au plus haut niveau.

L’équipe qui pourrait dynamiter les choses pourrait être l’équipe Trek-Segafredo. Vincenzo Nibali a toujours su se réinventer sur cette course. Attaquant tant dans la descente du Poggio que dans la Cipressa. L’an passé, c’est Giulo Ciccone qui avait porté en premier l’estocade dans le pied du Poggio. Déjà en vue sur le début de saison, Quinn Simmons a été malheureux sur les Strade Bianche. Victime d’abord d’une crevaison avant de chuter sans conséquence. Agé de seulement 19 ans, l’américain n’est qu’à sa deuxième année espoirs. Sa deuxième année chez les pros. Un véritable talent brute qui pourrait profiter du vent défavorable pour une attaque à la façon du Requin de Messine, en profitant d’une sous-estimation. Un passé glorieux du leader de la Trek qui inspire le jeunot.

Enfin comment ne pas conclure par le rêve probablement impossible de Philippe Gilbert. Un fantasme avoué de décrocher le dernier Monument qui manque à son palmarès. Un #Strive4Five du coeur que je m’éverturais à tenter personnellement à 40. Sans grande conviction, que par pur sportisme. Parce qu’une course à l’usure peut lui convenir. Mais ni le plus rapide, ni aussi explosif qu’antant, l’ancien champion du monde est contraint à la victoire en solitaire. Beaucoup aimerait le voir réaliser son rêve mais peu lui offriront sur un plateau d’argent. La légende est à ses portes mais la légende n’est-elle pas déjà battu même sans une Primavera à son palmarès déjà fortement garni ?

PRONOSTICS

Wout van Aert ou Mathieu van der Poel : 2.05 – 1.5% (Unibet)

Mathieu van der Poel vainqueur : 3,75 – 0.5 % (Unibet)

Davide Ballerini podium : 5.6 – 0.25 % (Winamax)

Quinn Simmons podium : 50 – 0.25 % (Winamax)

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Tour des Flandres 2020 Preview

Qui dit année exceptionnelle, dit De Ronde van Vlaanderen exceptionnel. Parfois au grand dam des fans. Le parcours 2020 pourrait décevoir certains fans. Seulement 241 kilomètres seront parcourus c’est donc une amputation entre 20 et 25 kilomètres sur la distance traditionnelle qui sera à l’ordre du jour pour cette édition 2020 marquée par la pandémie de Covid-19. Un raccourcissement qui s’explique par l’abandon du désormais célèbre Mur de Grammont (comme le Tenbosse). Plus symbolique que décisif le Mur de Grammont n’était guère l’endroit clé du parcours étant situé beaucoup trop loin de l’arrivée.
Par rapport à l’édition 2019, le final reste le même avec l’enchainement mythique (Paterberg, Kruisberg et Vieux Kwaremont), avec les treize derniers kilomètres sans difficultés menant à Audenarde.

Si les conditions climatiques de l’automne devrait se rapprocher des conditions climatiques printanières. Le temps de dimanche sera clément, peu de vent et pas de pluie.

Le Koppenberg, un temps jugé trop dangereux, est un incontournable depuis 2008. 500 mètres à 13,3 % pour une pente maximale à 21.6% sur des pavés qui ont marqué sa légende en l’interdisant pour sa dangerosité. Le sommet étant à 45 kilomètres de l’arrivée, le raidar mythique invite aux mouvements.

Le Taaienberg est une ascension de 600 mètres à 6.8% pour une pente maximale à 14,8%. Renommé en Belgique, Boonenberg le raidar est la rampe préférée de Tommeke. Tout le monde aura en souvenir son double incident mécanique au pied de “SON” ascension. Peu décisive mais génératrice d’un écrémage constant, le Taaienberg n’échappe jamais à la règle avec un sommet situé à 37 kilomètres de l’arrivée.

Le Kruisberg ou le premier du tryptique final. 500 mètres à 8.2% et une pente max à 10.5%. Situé à 27 kilomètres, les attaques y sont monnaie courante pour anticiper le final. Une anticipation qui peut s’avérer payante comme celle de Niki Terpstra en 2018 qui y avait assis son sacre.

Mais c’est en général et à l’instar des grandes classiques dans le final que tout se joue.

Le vieux Kwaremont est l’ascension iconique du Flandre. Parcouru trois fois au cours de la journée, il aura marqué l’année 2017 avec la chute de Sagan et de Greg van Avermaet. 2.5 kilomètres à 3.7%, la pente maximale est tout de même à 12.3%. L’ascension du vieux Kwaremont est faite à bloc. C’est ici même qu’Alberto Bettiol à l’instar d’un Fabian Cancellara y a construit sa victoire finale grâce à une attaque tranchante.

Le Paterberg ou le mur de la dernière chance. Son sommet n’est qu’à un petit 14.5 kilomètres de la ligne d’arrivée à Oudenaard. 400 mètres à 13.1% et une pente vertigineuse à 21.3%, l’ascension est parfaitement pour les puncheurs. Sagan en 2016 n’hésita pas à attaquer Sep Vanmarcke pour se diriger vers une victoire en solitaire.

Reste les 13.5 kilomètres de plat menant à Audenarde soit dans une arrivée en solitaire où le plus fort y lève les bras soit dans une arrivée en comité réduit où le plus rapide y impose à logique comme Alexander Kristoff.

Vers un duel fratricide ?

Gend Wevelgem aura donné deux grosses indications sur le Tour des Flandres.

La première, à l’image de toute la saison depuis la reprise post-confinement : Wout van Aert est le meilleur coureur du monde. Ultra-dominateur lors de la montée du Kemmelberg, il aura été l’épouvantail du final. Allant chercher avec autorité toutes les offensives.

La seconde est que Mathieu van der Poel, à l’image des cyclo-cross, est son plus grand favori. Mais aussi et sans doute sa plus grosse épine dans le pied. Car si WVA ne s’est pas imposé dimanche dernier, c’est essentiellement dû au faite que MVDP l’a tellement marqué à la culotte. Que les deux vieux frères ont fini par s’enterrer eux-mêmes. Laissant une opportunité royale pour leurs adversaires de se défaire des deux monstres.

Tous deux sont véritablement les plus rapides au sprint et parmi les hommes les plus forts du monde. Capables de partir de loin comme d’attendre un sprint réduit. Seulement, en véritables crossmen, ils seraient bien inspirés de passer une heure au seuil en attaquant de loin. Les autres équipes n’auront pour objectif que de les esseuler le plus vite possible pour forcer le belge et le néerlandais à rouler après les coups et contres. La perte de Mike Teunissen pour le final qui se remet d’un rhum est une mauvaise nouvelle pour WVA. En véritable chien fou, comme à l’accoutumé, MVDP devrait par son caractère offensif tenter de loin. Le problème n’est donc pas tant de savoir s’il le fera mais plutôt de savoir d’où.

La deuxième ascension du Vieux Kwaremont semble un peu loin même pour van der Poel. Seulement, elle aurait pour avantage de faire imploser la Elegant Quick Step qui sera à ce moment sur-représentée. L’objectif du leader de la Alpecin Fenix est simple : partir de loin et de préférence avec le leader de la Jumbo-Visma. Au grand maximum, opéré une attaque dans le Taaienberg. Après l’opération semble vouer à l’échec.

Déjà parce que la EQS pourrait disposer encore de Julian Alaphilippe, Yves Lampaert, Zdenek Stybar, Kasper Asgreen et Florian Sénéchal. Ce dernier pourrait profiter du marquage des deux ultra-favoris et du surnombre de la EQS dans le groupe de tête. Un schéma que l’équipe belge connaît par cœur où elle a su glaner un nombre titanesque de classiques par des masterclass tactique et des jeux d’équipes où ce n’est pas forcément le leader désigné qui gagne. Julian Alaphilippe vient sur ce De Ronde pour découvrir les flandriennes et se faire une main sur les pavés et laisse un feu vert complet à ses coéquipier pour éclabousser de tous leurs talents.

Au porte de la victoire sur Gend Wevelgem, le nordiste était en grande forme sur le Binck Bank Tour. Dernier coureur à pouvoir suivre MVDP lors de son attaque dans le Mur de Grammont avant d’exploser à la pédale, il a prouvé être l’un des coureurs les plus en vogue du moment. Avec pour objectif Paris-Roubaix dont il est le vainqueur de l’édition 2011 chez les juniors, Sénéchal est à son pic de forme. Écarté de l’effectif les années passées pour se reprendre en main (le staff le trouvait trop gros pour jouer les premiers plans sur les courses pavées), le français a su se prendre en main et répondre aux attentes de l’équipe. Avec son punch et sa pointe de vitesse, la sortie dans le dernier passage du Vieux Kwaremont serait parfaite pour lui. Profitant alors du jeu d’équipe à la Terpstra, les écarts pourraient vite tourner à son avantage. Si Mads Pedersen semble le seul à pouvoir rivaliser avec WVA et MVDP en terme de point de vitesse, Sénéchal s’inscrit assurément en 4e homme. Ce qui en fait un candidat naturel à un podium et mieux encore.

Cependant, à l’image de son mondial à Imola, Wout van Aert est sans nul doute le favori ultime du Tour des Flandres. Contrairement à Gend Wevelgem, s’il venait à s’extraire du groupe comme il l’a fait ; le terrain est moins propice à une retour d’un groupe chassant. Véritable homme fort des chronos, l’effort solitaire dont il est le médaillé d’argent derrière l’incroyable Filippo Ganna ne le dérange nullement que ce soit sur une courte comme longue distance. Adepte des efforts violents prolongés lors des cyclo-cross, WVA à cette possibilité d’attaquer partout. Mais dans une course où la EQS est sur-représentée, où les niveaux sont nivelés entre tous les leaders comme on a pu le constater sur Gend Wevelgem et où le Tour des Flandres signent la fermeture de la saison de beaucoup. Il ne serait pas impossible que la main d’œuvre soit importante et un sprint réduit envisageable. Dès lors, WVA est le plus rapide de la startlist présente. Les cartes cochées semblent nombreuses pour un seul homme. Les monts pavés pourraient retranscrire une vérité bien connue : sur De Ronde, le plus fort s’impose toujours. Gageons que Cancellara et Boonen en sont les preuves vivantes. Impossible à lâcher lors du mondial d’Imola, le final lui est cette fois extrêmement favorable pour un retour si une attaque alaphilippesque est tentée dans le Paterberg. Dès lors comment ne pas revoir le schéma de Milan San Remo se reproduire. Dans une saison exceptionnelle, le doublé MSR – De Ronde datant de Merckx semble enfin pouvoir se reproduire.

Pronostics

Wout van Aert vainqueur : 3.6 – 0.5% (Unibet)

Florian Sénéchal vainqueur / Top3 : 41 / 12 – 0.25% (Unibet/Winamax)

Liège Bastogne Liège 2020 Preview

Plan de la Doyenne des Classiques 2020 ©️ A.S.O.

Surnommée la Doyenne, Liège-Bastogne-Liège est la deuxième course la plus ancienne qui existe. Créée en 1892, la course a connu quelques modifications. Entre 1992 et 2018 l’arrivée était déplacée à Ans, ce qui ajouta quelques surprises au palmarès du traditionnel 4e Monument de la saison avec des difficultés redessinant sans cesse le final de cette classique. Mais depuis l’an passé, l’arrivée est de nouveau jugée à Liège. Qu’attendre de cette 106e édition ? C’est ce à quoi nous allons tenter de répondre.

Profil de la Doyenne des Classiques 2020 ©️ A.S.O.

257 kilomètres de course avec 4283 m de dénivelé positif implique d’avoir une grande résistance puisque 6h30 de course attendent les coureurs de la Doyenne.

Avec un sommet à 59.5 kilomètres de l’arrivée le Col du Rosier est l’endroit où les manœuvres des grandes équipes vont commencées avec les premières attaques. Mais comme au mondial d’Imola, ce n’est traditionnellement qu’une sélection par l’arrière que l’on observe.

S’il est une côte mythique, c’est bel et bien la côte de la Redoute. C’est l’endroit idéal pour un homme comme Mathieu van der Poel pour lancer son offensive avec seulement 35 kilomètres à parcourir. Le problème réside dans les 20 kilomètres séparant son sommet du pied de la Roche aux Faucons. Extrêmement favorable à une chasse, comme nous l’avons vu l’an passé où les leaders ont du mal à faire la différence. Une chasse gardée par la Deceuninck qui aura assurément le poids de la course avec Alaphilippe en champion du monde à la chasse annoncée du Monument. Cependant, que ce soit la Sunweb, les Ineos, la Bora ou même la EF. Toutes ont des cartes qui n’ont qu’un endroit à attendre : la cote de la Roche aux Faucons. Les DQS pourraient trouvés des alliés de circonstances dans une course de mouvement afin de les contrôler plus facilement.

Comme à l’accoutumé, la cote de la Roche aux Faucons pourrait être le théâtre de tous les possibles. Le lieu des derniers va-tout. Les forts pourcentages à son pied permettent de faire une sélection indiscutable. C’est ici même que Fuglsang parti en solitaire vers sa victoire tout comme Bob Jungels en 2018. À ceci près que pour les éditions 2019 et 2020, l’arrivée étant jugé à Liège, le final est amputé de la cote de Saint Nicolas.

Le final de cette année est raboté de 1.5 kilomètres de plat dans Liège. Ce qui n’est pas sans être à l’avantage des attaquants dans la Roche aux Faucons.

Si des pluies étaient prévues en début de semaine, le temps semble cette fois plus clément avec des pluies en début d’épreuve et en ciel couvert tout au long d’une grande majorité restantes du parcours.

Avec un sommet à 10 kilomètres, suivi d’une descente. Dans une course où comme Alaphilippe le soulignait en interview l’explication devrait avoir lieu dans la Roche aux Faucons. Comment ne pas faire du champion du monde le favori de la Doyenne ? Les bookmakers ne s’y trompe pas et à raison.

Au cours des dernières années, Julian Alaphilippe nous a montré être le meilleur du monde dans ce type d’effort très précis. Grâce à ses qualités de puncheur, il sait s’extraire en solitaire ou n’emmenant sur son porte-bagage qu’un nombre de coureurs très restreint. Le coureur de la Deceuninck Quick Step a cette faculté inouï à avoir une attaque en double injection. Un second punch que personne d’autre n’a. A l’image de son attaque au mondial où il a sur sa deuxième accélération mis la plaque (gros plateau). Grâce à ses qualités de descendeur, Loulou peut maintenir si ce n’est creuser l’écart sur ses adversaires. Grâce à sa résistance au lactique, Juju sait souffrir comme personne pour bien souvent finir en solitaire face à une meute en chasse.

Le final de la Roche aux Faucons est très similaire à cette effort “alaphilippesque”. Pour rappel, le sommet du Poggio est à 5.4 kilomètres de l’arrivée. Une exception par sa courte distance. L’an dernier sur le Tour de France, le sommet de la cote de Mutigny qui a vu un raid solitaire de Julian Alaphilippe vers son premier maillot jaune était situé à 16 kilomètres de l’arrivée. Le sommet de la cote de la Jallière, qui a vu son attaque pour la reconquête du maillot, suivi seulement de Thibaut Pinot, était à 12.5 kilomètres de l’arrivée. Cette année, les deux victoires du coureur préféré des français ont un goût de déjà vu. D’abord sur le Tour de France avec une attaque dans le Col des Quatre Chemins dont le sommet était situé à 11 kilomètres de l’arrivée. Enfin la semaine passée, Alaphilippe a montré une énième fois être le meilleur coureur du monde dans ce type d’effort puisque le sommet de la Gallisterna était situé à 12 kilomètres de l’arrivée.

Trois points communs se dégagent de chaque final qu’il a remporté et animé :

  • une cote taillée pour puncheurs
  • suivi d’une descente puis d’une partie plane
  • une distance moyenne de douzaine de kilomètres à parcourir entre le sommet et l’arrivée

Tous les éléments d’une victoire étincelante d’Alaphilippe sont réunis. Évidemment, rares sont les Champions du monde au cours du XXIe siècle à triompher l’année de leur sacre. Seul Thor Hushovd au Trofeo Città di Borgomanero en 2010 et Paolo Bettini au Lombardie en 2006 ont réussi pareil exploit. Cependant, la statistique est légèrement biaisée puisque la saison se terminait pour des coureurs comme Sagan juste après leur sacre.

Tous les feux sont aussi au vert pour le français. Alaphilippe n’est pas connu pour être un coureur qui apprécie le mauvais temps. Or les cieux semblent être de son côté. Des signes positifs aussi quand on sait que pré-Covid, le coureur de la DQS avait deux objectifs annoncés. Liège-Bastogne-Liège au printemps et le champion du monde à l’automne. Chance du calendrier, les deux événements sont coup sur coup à une semaine d’intervalle. Ce qui lui permet d’être à son pic de forme pour ce court lapse de temps. Une bien belle bénédiction en somme, tant les astres sont réunis avec le nouveau calendrier, la météo annoncée et le final raboté.

L’annonce de Mathieu van der Poel en dernière minute n’est pas sans rassuré cependant le français. Malgré son raid solitaire lors de la dernière étape du Binck Bank Tour, le néerlandais reste un client à ne pas éliminer de suite. Véritable dynamiteur, il pourrait être le premier à attaquer dans la Redoute. Forçant la Deceuninck à rouler tant le coureur des Alpecin Fenix est passé maitre dans l’effort solitaire. Au jeu du mouvement, des coureurs plutôt taillés grimpeurs pourraient avoir leur mot à dire et anticiper les mouvements des puncheurs dans la dernière difficulté. Avec de grandes jambes post-Tour et un mondial réussi, Guillaume Martin est de ceux-là. Monstrueux lors du mondial, il convient de souligner l’ampleur de son travail. Au cours de la derniere montée de la Mazzolano, il y a eu quatre attaques :

  • Dumoulin rejoignant Pogacar
  • Caruso, Carapaz et Wout van Aert
  • Carapaz
  • Nibali, Landa, Uran et Wout van Aert

Toutes les attaques annihiler par un seul homme, membre de l’équipe de France, en la personne de Guillaume Martin. A l’attaque ensuite au pied de la Gallisterna pour obliger les belges à rouler et fatiguer les coéquipiers de WVA, le coureur de la Cofidis n’a pas été avare d’effort et acquis une 13e place plus qu’honorable en finissant dans le groupe Matthews. Alors qu’avec son travail, on aurait pu l’attendre dans le groupe Geschke qui a fini à 1’34” d’Alaphilippe soit 41″ de plus que le groupe Matthews.

PRONOSTICS

Julian Alaphilippe vainqueur : 4 – 1% (PasinoBet)

Guillaume Martin podium : 9 – 0.5% (Winamax)

Milan San Remo 2020 Preview

Plan Milan Sanremo 2020 – ©️ RCS MediaGroup S.p.A

Premier des cinq Monuments de la saison, la “Primavera” n’aura jamais aucun mal porté son nom. Traduisible par “Printemps”, il est vrai que la Classique printanière se déroule traditionnellement au début de la deuxième quinzaine de mars. Avec un remplacement en août, la “Classicissima” aurait pû se surnommer exceptionnellement l’ “Estate” pour cette édition 2020.

Profil Milan Sanremo 2020 – ©️ RCS MediaGroup S.p.A

Rarement un tracé n’aura subi autant de modification. En raison du contexte de Covid-19 en Italie, de nombreux maires ont fait front pour ne pas voir le peloton passer par leurs communes. C’est sur un tracé remanié que les coureurs s’élanceront. Et si la Classicissima est la course la plus longue de l’année, elle va franchir la barre des 300 kilomètres pour cette édition 2020.

Le dénivelé positif va ainsi passer de 2059 mètres à 2728 mètres. Le mythique final avec l’enchaînement Cipressa – Poggio restera inchangé. Mais cependant, les Capi (Mele, Cervo et Berta) seront cette fois remplacé par le Colle di Nava (3.9 kilomètres à 3.9%). Avec un sommet situé à 70 kilomètres de l’arrivée, les mouvements y sont peu probables pour tenter de dynamiter la course. D’autant que la plaine menant à la Cipressa ne sera pas favorable aux attaques.

https://veloviewer.com/segments/626918

La Cipresse est un incontournable. Situé à 21.5 kilomètres de l’arrivée, la montée n’est pas terrible. D’ordinaire 5.7 kilomètres à 4% ne cause aucune problème mais avec plus de 6 heures de course, les gens sont bien lourdes et les gradients de la Cipressa nuissent aux hommes les moins frais sur les très longues distances. Seulement, il est un problème de taille : les 12.4 kilomètres de vallée qui séparent le sommet de la Cipressa et le Poggio. C’est pourquoi les attaques sont devenues rares dans la Cipressa. Des grimpeurs s’y sont risqués à des attaques de loin comme Pantani 99 en ou Nibali en 2014 mais il faut néanmoins remonté à 1996 et l’attaque de Colombo, bien inspiré comme Bugno six ans plus tôt, pour retrouver une attaque victorieuse dans celle-ci.

https://veloviewer.com/segments/626919

Le Poggio est depuis des années, le juge de paix de Milan San Remo. Il est vrai que le Monument est considéré comme la Classique des sprinteurs, des grands noms du sprints comme Zabel (gardien de quatre victoires), Cipollini (2002), Cavendish (2009), et consorts s’y étant imposés. Mais il est toutefois à noter que les groupes à l’arrivée y sont fortement réduits : 23 coureurs en moyenne sur les 20 dernières éditions. Là où dans les années 80 et 90, les échappées au long court et les attaques dans le Poggio avaient tendance à être victorieuse devant le retour d’un peloton ne se partageant que les miettes.

https://veloviewer.com/segment/1638354

Technique et rapide, la descente du Poggio est le dernier endroit où les plus téméraires peuvent tenter de creuser un écart suffisant pour entamer les 2.5 kilomètres de Boulevard menant à la via Roma. Cependant, très peu ose ce pari risqué comme Sean Kelly le fît en 1992 ou plus récemment Nibali en 2018.

La tendance des 10 dernières années semble à une rarefaction des sprinteurs purs se disputant la victoire sur la Via Roma. Le raccourcissement de la distance à parcourir entre le pied de la descente du Poggio et la ligne d’arrivée depuis 2015 n’y est sans doute pas étranger. Les puncheurs ont donc une belle carte à jouer contre l’organisation d’une chasse sur cette partie finale. D’autant qu’avoir un train à sa disposition dans de telle condition semble d’autant plus complexe.

Plan kilomètres finauxq Milan Sanremo 2020 – ©️ RCS MediaGroup S.p.A

Pour autant, le nouveau tracé n’est-il pas favorable aux sprinteurs ?

Si le dénivelé positif est plus important, l’approche de l’enchainement Cipressa – Poggio est moins exigeant que les Capi ne le sont. Avec un Colle di Nava escamoté, les sprinteurs pourrait être rassurés. D’autant que le trop-plein de kilomètres de plaine n’est pas incitateur de mouvement loin de l’arrivée. Rajoutons qu’une course si long à l’ouverture de la saison pourrait rester dans les jambes de pas mal de coureurs. Seulement, nombre sont ceux à avoir profité du confinement pour faire des sorties monstrueuses de plus de 300 bornes. La question de la distance n’est dès lors que la même à chaque édition. Ce sont les coureurs qui encaissent le mieux les nombreuses heures de courses qui ont un avantage. Il est pourtant deux éléments qui penchent en la défaveur d’un scénario pour les sprinteurs. D’une part, la réduction à 6 coureurs qui obligent à la coopération des équipes de sprinteurs entre elles dans la chasse et l’économie de leur train respectif. Tout en les obligeant à avoir plusieurs cordes à leur arc, en ayant une ou plusieurs cartes puncheurs.

Météo du samedi 8 août 2020 à San Remo ©️ meteociel.fr
Rafales de vent maxim du samedi 8 août 2020 dans le Nord italien ©️ meteociel.fr

D’autre part, le vent en bord de riviera ligure devrait souffler de manière faible (25km/h) au grand maximum et de côté dans le Poggio. Ce qui implique une montée rapide et donc défavorable aux sprinteurs les plus moins aguéris dès que la pente s’élève.

Si Wout Van Aert est le favori des bookmakers, c’est à raison. Il est à l’heure actuelle, le coureur le plus en forme du peloton professionnel. Impressionnant lors de sa victoire sur les Strade Bianche, il n’a eu de cesse d’attaquer lors des secteurs de graviers faisant l’écrémage dans le groupe de tête avant de partir en solitaire vers une victoire méritée. Véritable bête à rouler, il est un cyclocrossman de talent (multiples champion du monde). Troisième de Milan-Turin alors que son placement semblait le promettre à une place hors du podium, il a fait preuve d’une puissance sans conteste. Il était d’ailleurs sûrement au vue de sa remontée, le coureur le plus puissant ce jour-là. Ce qui montre ses qualités et sa vitesse lors des arrivées groupées. Mais est-ce une surprise pour un coureur qui a remporté le sprint du peloton lors de l’étape d’Albi du Tour de France 2019 marqué par la bordure qu’aura piégé Thibaut Pinot. Sixième l’an passé, il était présent dans l’emballage final pour son premier Milan San Remo. Ce qui démontre qu’il sera là dans une arrivée sélective où les puncheurs ont la main. Encore une fois, est-ce une surprise avec le sprint de Voiron du dernier Dauphiné ? Évidemment que non, un gros client assurément.

Quand on parle de WVA, on doit nécessairement mentionner son plus grand rival : Mathieu Van der Poel. Le vainqueur de l’Autel Gold Race 2019 est toujours à la recherche d’une grande Classique qu’il gagnerait à la manière, de façon indiscutable afin d’accrocher son premier Monument à son palmarès. Ultra favori lors des Strade Bianche, il y a été invisible. Présent sur le sprint de Milan-Turin, il finit à une place anecdotique. Lui qui a pourtant une très bonne pointe de vitesse et à déjà supplanté quelques sprinteurs au cours de sa carrière sur route qui ne fait que débuter. Est-il en forme ? Si son record de montée sur Strava du Col Petit Saint-Bernard est à relativiser puisqu’il est roulant : 23 kilomètres à 4%. Il correspond en terme d’effort à un cyclocrossman à bloc pendant une heure de course (temps d’ascension : 51’19”). MVDP est en forme à ne pas douter et c’est de malchance qu’il a joué en creuvant au pire moment lors des Strade. Sur Milan-Turin, il n’a pas semblé disputé le sprint étant placé du mauvais côté et n’ayant un train adéquat. D’autant qu’il venait pour emmener Modolo, le mood n’était pas à la gagne. L’esprit est tout autre samedi. Pour gagner Milan San Remo, il faut être placé dans le Poggio afin de ne pas subir les cassures et surtout pouvoir répondre aux attaques tranchantes des puncheurs. Sans problème pour le néerlandais qui sait toujours bien se positionner. C’est un client à ne pas négliger, sa grande rivalité avec le belge devrait le pousser à s’imposer très rapidement. La machine à watts est lancée.

Comment ne pas mentionner Philippe Gilbert quand on parle de Milan San Remo ? Dernier Monument à accrocher à son palmarès, le belge joue son va-tout sur cette course. Assurément, le leader de la Soudal Lotto est en grande forme. C’EST L’OBJECTIF DE SA SAISON, l’objectif d’une vie. Alors oui, l’ancien champion du monde 2012 n’a plus le punch d’antan. Mais ne jamais sous-estimer son intelligence de course. Où a-t-il le plus de chance de remporter la Classicissima ? Très certainement dans la descente du Poggio ou en surprenant son monde en tentant le kilomètre. Si ses chances sont réduites par rapport aux années précédentes. Le coureur de 38 ans est nécessairement un homme à mentionner et un coureur qui jouera la gagne dans un coûte que coûte que cependant tout le monde attend. Saura-t-il nous surprendre ? L’occasion de rentrer dans le club très fermé des vainqueurs des cinq Monuments (Merckx, de Vlaeminck, Van Looy) est énorme et serait l’achèvement d’une carrière bien remplie. Gilbert pour l’Histoire, que ce serait beau.

Simon Clarke – Milan San Remo 2019 ©️ Twitter @SimoClarke

Un mot spécial pour conclure sur les prétendants. Si la Deceuninck Quick Step est à mentionner obligatoirement quand on parle de classiques et que l’équipe est sur le papier la meilleure. Leur meilleur chance semble reposer sur Zdenek Stybar qui a contre-temps à louper le coche lors de Strade Bianche mais a été impressionnant dans la chasse aux fuyards ne leur concédant de terrain. Ce qui indique que la forme est présente. La motivation de briller pour Jakobsen doit être un facteur supplémentaire pour le Wolfpack à ne surtout pas mésestimer. Cependant, mon œil se tourne vers un des deux favoris de la EF Pro Cycling. Comme la saison dernière, Simon Clarke est dans mon viseur. Co-leader avec Bettiol, ce dernier a annoncé suivre les coups dans le Poggio et ne pas attaquer pour attendre le sprint final.

I had a good result last year with the top 10 and I am definitely aiming to try to better that result this year

https://www.efprocycling.com/the-beautiful-song-of-milano-sanremo/

Victime d’une chute le contraignant à l’abandon en 2018, l’australien était de retour l’an passé et présent pour la gagne en revenant sur le groupe de tête dans la descente du Poggio. Coureur avec une bonne pointe de vitesse, attention de ne pas arriver avec lui en petit comité.

PRONOSTICS

Philippe Gilbert vainqueur : 21 – 0.25% (Unibet)

Mathieu Van der Poel vainqueur : 9 – 0.25% (Unibet)

Simon Clarke vainqueur : 60 – 0.125% (Betclic)

Simon Clarke podium : 15 – 0.125% (Betclic)

Wout Van Aert podium : 2.5 – 0.5% (Winamax)