Etape 5 Giro d’Italia 2021

177 kilomètres pour relier Modena à Cattolica pour 330 mètres de dénivelé positif. Comme un électrocardiogramme, plus c’est plat plus ça pue. L’étape en quasi ligne droite devrait être d’un ennui mortel. Une chance que les équipes de sprinteurs ne devraient pas laisser filer. Ce sont les Lotto Soudal de Caleb Ewan, les Alpenin Fénix de Tim Merlier vainqueur de la deuxième étape, les Codifis Solutions Crédits d’Elia Viviani et les Jumbo Visma de Dylan Groenewegen qui sont principalement attendus pour ramener dans les rangs les échappées matinaux. Avant de se diriger vers un sprint massif.

A près de 8 kilomètres et demi de l’arrivée, les équipes commenceront une grosse bataille de replacement pour rester en tête du peloton. A ce moment, la grande majorité des équipes à l’avant sera les équipes de leaders. Désireuse de ne pas se faire piéger par la moindre cassure avant la barrière fatidique des 3 kilomètres. Synonyme de neutralisation des temps en cas de problème.

6.9 kilomètres de l’arrivée : un carrefour giratoire qui signifie que le peloton s’étire naturellement en son passage.

6.4 kilomètres : rétrécissement en biffurquant sur la gauche de la roue.

6.1 kilomètres : ce n’est guère ici que le repositionnement pourra se faire avec un rond-point à prendre par la gauche.

Dans une longue rue serpentant, c’est à 4.8 kilomètres que les obstacles se représentent en travers de la route.

4.6 kilomètres : nouvelle occasion d’étirer le peloton avec un rond point à passer par la droite.

Avant un énième split dans un rond-point à passer par la gauche à 3.8 kilomètres du but.

3.4 kilomètres : encore et toujours un rond-point qui ne facilitent définitivement pas le remplacement.

3.2 kilomètres : le replacement ne peut se faire, il faut encore attendre.

3 kilomètres : la barrière kilométrique attendue pour les leaders est franchie, il ne leur reste plus qu’à rester alertes jusqu’à la ligne d’arrivée. Mais la question pour les sprinteurs est maintenant de se positionner devant les leaders.

Un repositionnement rendu compliqué par les ouvrages urbains.

Mais aussi par les nombreux virages comme à 2.7 kilomètres de l’arrivée.

Ou même à 2.6 kilomètres.

Voire des virages serrés comme à 2.2 kilomètres de l’arrivée.

En longuant la cote à 1.7 kilomètres de l’arrivée, la route va légèrement se rétrécir. Les coureurs tomberont sur de la une voie qui sera élargit en prennant la place des parkings.

1.2 kilomètres : un virage qui se prend sans toucher aux freins.

Pour retomber sur des routes qui ne sont pas larges lorsque l’on parle de sprint massif. Quand bien même les ouvrages amovibles en bétom sur la gauche seront enlevés et les places de parking sur la droite libérées.

Une étroitesse qui se confirme plus nettement ici.

900 mètres : dernier virage avant la ligne droite finale.

Un sprint somme toute technique où il est nécessaire d’être placé relativement tôt. Probablement à environ 5 kilomètres de l’arrivée. Pour éviter soit de rétrograder par le différents obstacles qui étire naturellement le peloton, soit d’être mal positionné aux 900 mètres et devoir faire des efforts trop tôt en vue du sprint final. Un repositionnement qui ne sera pas des plus simples dans la ligne droite finale, qui n’est pas la plus large pour un sprint massif.

Tim Merlier arrive en favori après sa victoire à Novara. Mais ce sprint ne lui scie guère. D’abord, parce que le belge a un défaut qui est celui du placement. Qui lui cause beaucoup de problèmes lors de nombreux sprints.

Mais surtout parce que le sprint du jour se fera vent de face, ce qui implique de déclencher son sprint le plus tard possible. Seulement non content d’avoir peu de visuel sur la ligne droite finale et de voir la ligne d’arrivée dans les derniers instants. Merlier est un sprint long, qui a pour habitude de déclencher son sprint tôt. Le sprinteur de la Alpecin Fénix nous fera-t-il une Ackermann ? C’est grandement possible. Dans ces conditions, le gain d’étape s’éloigne assez naturellement de meilleurs qui devra être au dessus de la meute pour s’imposer.

Un sprint qui aime le vent de face est bien Caleb Ewan. Mais l’australien a souffert du mauvais placement lors du premier sprint et globalement dans bon nombre de sprints cette saison. Ce qui lui a coûté un certain nombre de victoires alors qu’il apparaît comme le sprinteur le plus rapide du plateau. Son train à l’instar de tous les sprinteurs est déminué sur le Giro, ce qui n’est pas sans le contraindre. La question de la forme peut se poser lorsque l’on sait que l’aussie est l’un des meilleurs grimpeurs des sprinteurs purs. Lâché dans les premières difficultés de la troisième étape alors même que des sprinteurs comme Fernando Gaviria ou Elia Viviani ont accroché le wagon est relativement désappointant. Pocket Rocket vient avec l’objectif de gagner une étape sur les trois Grands Tours cette année. Il est probablement normal qu’Ewan ne soit pas à 100 %. Mais pour prétendre à la victoire du jour, il faudra être bien placé. Le coureur de la Lotto Soudal doit se resaissir.

De nombreux doutes planés autour de Dylan Groenewegen. Sa quatrième place à Novara aura montré quelques enseignements. D’abord dans les derniers mètres, le néerlandais semble encore un peu sur la retenue en évitant au maximum le contact. Mais les raisons d’être optimiste sont grandes. Comme on peut le voir à 3 kilomètres de l’arrivée, le sprint de la Jumbo Visma en jaune était en tête. Frottait jusqu”à jouer des épaules avec les coureurs de la Israel Start Up Nation pour garder la roue d’Edoardo Affini. Son train s’est ensuite mis en position avec une remontée de David Dekker. Avec de si gros rouleurs, un Groenewegen bien positionné est forcément mis sur orbite. Un candidat plus que redoutable pour la gagne.

Quand on parle de trains de leaders devant être placés avant les trois kilomètres, les DSM étaient très bien placés à Novara. Un travail dont pourrait tirer profit Max Kanter. Option privilégiée lors de l’étape de Canale. Mais les difficultés ont eu raison du sprinteur lourd. Emmené par Nikias Arndt, Kanter a un réel coup à jouer. Le très bon positionnement de son train pourrait lui être profitable. Lui qui a accroché deux podiums sur son premier Grand Tour, lors de la dernière Vuelta.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Dylan GroenewegenPodium 2 0.5 %
Dylan GroenewegenVainqueur 6.5 0.5 %
(cote boostée)
Max KanterPodium 120.25 %

Etape 4 Giro d’Italia 2021

187 kilomètres entre Piacenza et Sestola pour un dénivelé positif total de 3078 mètres. Une étape avec un final qui semble proposer une bataille entre les meilleurs puncheurs du peloton et les leaders du classement général. Une étape où le Giro peut assurément se perdre, à défaut de s’y gagner.
La deuxième moitié suggère un terrain difficile à maîtriser. Une réelle opportunité pour les échappées. Mais ceux qui auront pris la poudre d’escampette pourront-ils rallier l’arrivée sans être rattrapés. La victoire de Taco van der Hoorn, nous rappelle que rien n’est figé dans le marbre. Et que même lorsque les échappées matinaux ont une chance infime de gagner, la probabilité n’est jamais nulle pour autant.

LES CHANCES DES ECHAPPEES D’ALLER AU BOUT

Les plus de 80 kilomètres menant à Ciano d’Enza sont totalement plats, ce qui facilite un filtrage des échappées. D’ordinaire plus les chances des échappées sont grandes, plus le peloton a tendance à voir une succession d’attaques interminables jusqu’à ce que le groupe soit autorisé à prendre le large. Toute la question est de se demander :

  • la taille du groupe d’échappée
  • sa composition en terme de profil de coureurs

Pour cette dernière question, s’il est un impératif, c’est qu’un homme peu dangereux au classement général final ne soit présent dans la bonne du jour. Un homme dangereux actuellement n’est pas un véritable problème en vérité, s’il ne l’est pas pour le classement général à Milan. Les Ineos Grenadiers peuvent et même se devront de se débarasser du poids du maillot à un moment donné en première semaine. Sans, ils n’ont pas à subir le poids de la course dans la défense du maglia rosa. Et peuvent donc économiser une énergie précieuse en vue d’une troisième semaine extrêmement éprouvante.

Le vent au départ jusque Parme, c’est-à-dire sur les 60 premiers kilomètres est totalement de face. Non content d’être défavorable, le vent sera fort, estimé entre 25 et 30 kilomètres par heure. Dans ces conditions, une échappée de gros rouleurs est plutôt à envisager. Peu voudront tenter le baroude avec un vent défavorable toute la journée durant. A moins que le groupe ne soit si conséquent qu’il ne soit trop compliqué voire impossible à gérer. Mais sur un relief si plat, il est plus aisé de faire un filtrage des échappées et d’accorder un crédit à un groupe dont le nombre est plus facile à maîtriser. Le peloton bataillera-t-il dans une journée dantesque jusqu’au pied de la première difficulté ? Très probablement pas.

Avec une journée dantesque, les positions doivent être assez conservatrices avec peu d’équipes prêtent à l’offensive. Durcir la course dans les différentes ascensions de la journée et prendre des risques dans les descentes semble relativement inopportun dès la première journée où le relief est difficile. Néanmoins une fois que la taille du groupe est déterminée et que sa composition l’est aussi. Pour condamner les chances des échappées, il faut qu’une ou plusieurs équipes se mettent en chasse.

QUI POUR MENER LA CHASSE ?

Les Ineos Grenadiers vont-ils défendre le maillot ? C’est toute la question. De prime abord, la réponse semble négative. Filippo Ganna n’est pas en mesure de résister aux offensives dans la dernière difficulté. De plus, il serait bienvenue de se décharger du poids de la course en vue de la troisième semaine. Pourtant l’italien sur ses terres a confié en interview qu’il défendrait ses chances demain. Mais attention à ne pas s’y tromper, défendre son maillot ne veut pas dire faire rouler léquipe pour autant.
Avec Remco Evenepoel, troisième du GC à 20 secondes tout comme son coéquipier, Joao Almeida, quatrième, la Deceuninck Quick Step apparaît en tête de liste pour mener à bien cette tâche. L’occasion est parfaite pour l’équipe belge de revêtir le maglia rosa. Ces deux leaders ont une parfaite raison chacun d’aller à la rencontre du maillot : établir une hiérarchie claire entre les deux hommes. le portugais trouve sur le papier une étape à sa portée et fait figure de leaders le plus rapide au sprint. Quand le jeune belge lui peut, compte tenu de toutes les inconnus autour de sa capacité de récupération sur trois semaines et globalement de ses conditions de reprise de la compétition, se tester dans un rôle de leader du GC sur un Grand Tour.

Tomorrow our focus will be entirely on George. We are here to ride a good GC with him.

ARTHUR VAN DONGEN

Deuxième du GC, Tobias Foss pourrait voir son équipe roulait aussi. Bien que le directeur sportif des Jumbo-Visma annoncait la veille vouloir tester Tobias Foss pour le classement général en ne le bridant pas uniquement au rôle de grégario de luxe de George Bennett. Le chemin inverse semble être pris. Plusieurs inconnus demeurent autour du norvégien, notamment sa capacité à tenir dans un final si ardue. Et pourtant, Foss peut tant prétendre au maillot rose si tel est le cas qu’au maglia bianca (maillot blanc de meilleur jeune). Si les Killer Wasps ne sont pas attendus pour mener la chasse, ils peuvent néanmoins mettre la main à la pâte.
Ce sont plutôt des équipes comme la UAE émirates tant pour Diego Ulissi que Davide Formolo, les Bora hansgrohe pour Emmanuel Buchmann ou même les Israel Start-Up Nation pour Dan Martin qui apparaîssent comme les équipes les plus probables en vue d’un gain d’étape (et éventuellement un maillot de leaders pour le premier dans cette hypothèse).

Le final devrait commencer dans une bataille pour le placement dans la difficulté non répertoriée de Montecreto en vue d’être bien en tête du peloton pour aborder la descente vers le pied de Sestola.

Versant par lequel Giulio Ciccone s’est imposé en 2016, la descente vers Fanano fera l’objet de toutes les attentions pour se pas retrouver piéger ou trop loin pour aborder la dernière difficulté du jour.

Le Colle Passerino : 4.25 kilomètres répertoriés à 9.9 %, un véritable coupe-pattes. Avec un sommet situé à 2.45 kilomètres, que des leaders se marquent est possible mais qu’ils n’en profitent pas pour s’expliquer est inenvisageable. Encore une fois, en début de Giro, l’épreuve ne s’y gagne pas mais peut s’y perdre ou se tendre.

Pentue avec des pourcentages jusqu’à 16 % sur un bitûme qui par endroit ne rend guère. Les probabilités d’attaques avec un fort vent de dos sont d’ailleurs accrus à l’endroit même de ladite photo. Il ne restera que 1.75 kilomètres (à 9.8 %) avant le sommet.

Un final tortueux, pas totalement en descente. Ce qui favorise un groupe ou une victoire en solitaire suivant les écarts au sommet du Passerino.

Peu de visuel sur la courte portion descendante.

Un dernier kilomètre tortueux qui est favorable à ou aux hommes de tête.

Un dernier virage à négocier à 400 mètres de la ligne d’arrivée.

100 derniers mètres

UNE EXPLICATION ENTRE LEADERS INEVITABLE ?

Si explication entre leaders il y a, alors les puncheurs auront fort à faire pour accrocher le wagon de tête. La difficulté semble trop longue pour une bonne majeure partie d’entre eux. L’absence des ogres slovènes, Tadej Pogacar et Primoz Roglic est une bénédiction pour les grimpeurs du peloton qui n’auraient sans doute eu que des miettes à se partager sur ce type de profil.

Sans les deux monstres, le nom qui ressort naturellement est celui de Simon Yates. Le Passerino semble cousue-main pour le britannique. Leader impérial en 2018, il avait alors explosé en chassant tous les lièvres : défense du maillot, bonifications, victoires d’étape. S’agira-t-il comme sur la Vuelta qu’il a remporté à l’expérience. Le marquage sur l’étape du jour semble la meilleure option pour ne pas se découvrir trop tôt.

Le plus à même de porter ce rôle est bel et bien Remco Evenepoel. Etre co-leader lui permet de jouer plus facilement la carte offensive où son binôme n’a juste qu’à suivre les roues. L’offensive est d’ailleurs priviligiée. Le belge l’aura démontré lors du sprint intermédiaire de la deuxième étape, le sprint n’est pas son point fort. Mais peut-on lui en vouloir ? S’il est un coureur qui a peu sprinté dans sa courte carrière tant professionnel qu’amateur, c’est bel et bien R.EV. Véritablement dominateur chez les juniors, les seuls courses qu’il n’a pas remporté sont des épreuves/étapes où il n’a pas fini en solitaire (14 sur 27). Aucune victoire au sprint. La Deceuninck pourrait jouer le coup du Picón Blanco lors du Tour de Burgos avec son duo. Une étape qu’Evenepoel avait remporté et où Almeida avait pris la 5e place ou comme sur lAlto da Fóia à Algarve. Deux Tours que le jeune prodige avait remporté avant son terrible accident.

J’ai vu que Remco a vraiment une forme incroyable sur une des dernières ascensions. Je l’ai vu sur le gros plateau et je me suis dit “wow il a une forme fantastique”

Filippo ganna

La forme semble plus que présente quand on écoute les bruits qui se murmurent à l’extérieur et au sein du peloton. A en croire Pippo lui-même.

Un autre coureur qui tient une forme incroyable à en juger par sa performance sur le contre-la-montre de Turin et qui aime les forts pourcentages est bien Aleksandr Vlasov. Le leader de la Astana arrive après un Tour des Alpes réussi notamment sur les ascensions clés du Kaunergrat Piller Sattel et du Boniprati. Sa performances sur l’Angliru l’an passé tend à démontré que le russe aime les forts pourcentages et ne devrait partir d’une montée sélective. Ce qui devrait pêche au moins pour la gagne, ce sont ses capacités au sprint où il est apparu dominé a bien des occasions comme au Tour des Alpes sans être totalement ridicule face à deux hommes prétendus très rapide à savoir Simon Yates et Pello Bilbao.

C’est d’ailleurs ce dernier qui pourrait être un des prétendants sous les radars. Pello Bilbao est aligné en leader de rechange. Ce qui implique qu’il ne doit pas perdre de temps en première semaine pour pallier à toutes défaillances de Mikel Landa. Rapide au sprint sans doute le plus rapide avec Almeida sur le papier, quand bien même son sprint face à Ion Izagirre sous-tend le contraire. Le basque est aussi un coureur qui excelle lorsque les conditions climatiques sont apocalyptiques. Une aubaine et une occasion de victoire pour la Bahreïn-Victorious. Bilbao a cette marge de manœuvre grâce à la présence de Landa qui lui permet de passer à l’offensive. Et si celle-ci échoue ? Son sprint est bien meilleur que celui d’Evenepoel. Ce qui lui donne l’ascendant dans bon nombre de scénarios.

PRONOSTICS

CoureursType de Classementcotemisebookmakers
Remco EvenepoelVainqueur 100.25 %
Pello BilbaoPodium 80.25 %
Pello BilbaoVainqueur 300.25 %
Aleksandr VlasovPodium 5.50.5 %
Simon Yates et Dan Martin Podium 110.25 %(cote boostée)

Etape 3 Giro d’Italia 2021

190 kilomètres entre Biella et Canale pour un dénivelé positif total de 1869 mètres. Une étape où le profil suggère un final dynamique pouvant brouiller les cartes d’un sprint massif au profit d’un sprint réduit. Mais le final ne peut-il pas être encore plus explosif ?

Le final commence avec la difficulté de Piancanelli. Longue de 5 kilomètres à 5.9 %, la montée pourrait permettre de commencer à durcir la course pour faire sauter quelques sprinteurs. Mais avec un sommet à 67.8 kilomètres de l’arrivée n’est pas trop tôt sur un début de Grand Tour ? L’opération paraît plus probable lors d’une classique. Et pourtant, la tentation pour certaines équipes de leaders de distancer des concurrents à la victoire finale pourraient être grande.

Si les routes n’y sont pas des plus larges, ce qui favorise un peloton étiré. La majorité de la montée se fait sur des zones découvertes.

Si la majeure partie des lacets au pied se font dans une zone boisée où le vent ici défavorable n’a pas d’impact. C’est dans le vignoble que la partie devient intéressante. Avec un vent favorable, ce qui pourrait inciter aux mouvements tôt dans la course. Une course rendue encore plus nerveuse par le mauvais temps puisqu’il est annoncé des averses toute la journée.

La descente se fera avec un vent défavorable.

Mais le placement y est important puisque les routes n’y sont pas larges et par endroit techniques. De quoi morceler encore plus un peloton qui pourrait être en pièces détâchées si une équipe se destine à profiter de cette étape pour dynamiter la course.

Il faudra pourtant envisager un retour de l’arrière sur les 10 kilomètres menant à Castino. Ce qui devrait normalement favoriser une course d’attente avant l’enchaînement des difficultés finales.

Près de 5 kilomètres à environ 5 %, une nouvelle occasion pour certaines équipes de durcir la course et faire passer par la fenêtre quelques sprinteurs les plus purs. A ce stade, il restera 45,5 kilomètres à parcourir.

Une courte descente sans difficulté technique qui permettra d’enchaîner avec la prochaine difficulté.

Manera : 5.3 kilomètres à 5.4 %

Une nouvelle occasion de durcir avec un sommet à 36.2 kilomètres de l’arrivée.

Mais les 18 kilomètres menant au pied de Guarene seront sans doute un frein à toute action et surtout un terrain de chasse où à la fois les équipes de sprinteurs et les Ineos Grenadiers peuvent faire rentrer les plus remuants dans les rangs. Cette dernière difficulté répertoriée (2.8 kilomètres à 7.1 %) se doit être le secteur clé de la course.

Des tentatives inévitables par plusieurs aspects :

  • sa difficulté : 7.1 % de moyenne et une pente maximale avoisinant les 17 % ;
  • un visuel limité dans les rues Plata et Garibaldi ;
  • un second sprint intermédiaire placé au sommet offrant 3, 2 et 1 secondes de bonification aux trois premiers au sommet ;
  • un sommet situé à 14.9 kilomètres de l’arrivée.

Mais les 10 derniers kilomètres offrent où il sera compliqué d’aller chercher un sprint massif.

Une dernière occasion pour une late attack dans le repecho d’Occhetti de 500 mètres à 6.3 %.

Suivi d’une courte descente à 5.5 kilomètres de l’arrivée sur des routes étroites qui ne facilitent pas l’organisation d’une chasse.

Jusqu’à virer à 4.7 kilomètres du but où le visuel s’étend et la route retrouve de sa largeur.

800 mètres à l’arrivée : un premier virage qui oblige à être placé en tête en cas d’arrivée en groupe plus ou moins conséquent.

Un semblant de “rond-point”… En vérité, un virage à négocier dans la foulée à 700 mètres.

Un dernier passage technique où le placement est primordiale à 500 mètres mais qui encore une fois se passe plus vite que ce que le plan peut laisser suggérer.

Pour débouler à 400 mètres sur la ligne droite finale.

Avec un final vent de dos d’une vitesse de 18 km/h, un temps pluvieux, des routes étroites et un enchainement de difficulté, le final s’annonce explosif.

UN SPRINT REDUIT INEVITABLE ?

Certaines équipes de sprinteurs auront tout intérêt à durcir la course en vue de se débarasser des sprinteurs les plus purs du peloton à savoir Dylan Groenewegen, Tim Merlier, Caleb Ewan, Fernando Gaviria et Elia Viviani.

Filippo Ganna ne s’y trompe pas lorsqu’il constate que l’étape est cousue-main pour Peter Sagan. Mais d’aucuns ne le conteste. La Bora Hansgrohe est attendue pour mener la chasse en vue du gain d’étape pour son sprinteur maison en quête du maillot cyclamen. Peto a montré toute sa forme récemment. Mataro sur le Tour de Catalogne n’était que le prémisce de ce que nous avons vu en Romandie. Sous une étape rendue nerveuse par la pluie et plus sélective par le vent et les difficultés, le triple champion du monde a dompté un peloton réduit avec autorité en enfermant astucieusement Patrick Bevin pour remporter l’étape de Martigny. Il en est de même lors de la dantesque étape d’Estavayer. Où malgré les difficultés jugées trop dures pour le slovaque, ce dernier est allé chercher la deuxième place derrière Marc Soler, vainqueur en solitaire.

L’équipe allemande devrait miser sur son sprinteur vedette, objet de toutes les attentions pour le mercato à venir. Pour l’aider dans la chasse, la Qhubeka Assos de Giacomo Nizzolo pointe en tête de liste pour être un allier de circonstance. L’équipe sud-africaine peut rêver du gain d’étape avec son sprinteur polyvalent qui aime les journées difficiles. En vue depuis la reprise à Besssèges, sa deuxième place la veille dans un sprint ne lui convenant pas totalement montre l’étendue de son talent. Sa durabilité sur un terrain vallonnée comme celui-ci n’est plus à démontré après sa compagne de classiques belges. Deuxième notamment lors de Gent-Wevelgem derrière Wout van Aert. Rien de bien étonnant tant on sait que l’italien s’est déjà montré sur des courses comme Le Samyn, Kuurne-Bruxelles-Kuurne, A travers la Flandres, etc.

Toute la question de leur équipe sera de trouver la balance parfaite pour durcir les difficultés sans mettre en difficulté tant leur sprinteur que leurs éléments en vue de garder de la main d’oeuvre pour le final et de rester prudent dans les parties un peu plus techniques des différentes descentes. La difficulté de Guarene pourrait être un obstacle de taille avec des leaders se mêlant à la zizanie et désorganisant le groupe. Notamment une Deceuninck Quick Step en recherche des bonifications avec Remco Evenepoel déjà remuant au second sprint intermédiaire de Novara. Et éventuellement Joao Almeida à l’arrivée qui dans une course d’usure, où peu de sprinteurs sont présents, peut faire parler de sa pointe de vitesse étant le plus rapide au sprint. L’aide précieuse de Rémi Cavagna et de Mikkel Honoré en parfait leadout pourrait le mener à bien dans sa quête et un gain d’étape à la clé. Sa 8e place à Mataro (maillot blanc de meilleur jeune) sans forcer son talent et sans être dans la roue de son coéquipier n’est pas sans montrer que le portugais est rapide. Une vitesse déjà vue à Chiusdino en portant le leadout de Julian Alaphilippe et surtout dans les sprints réduits de Monselice et Tortoreto du dernier Giro.
Mais sur ces attaques attendues que les Ineos Grenadiers pourraient mettre la main à la patte pour défendre le maillot de Filippo Ganna et garder le sésame quelques jours de plus. Difficile avec tant de main d’oeuvre d’échapper à un sprint réduit.

D’autres équipes cependant pourrait être tenter d’aller chercher les bonifications tant au sommet de la Guarene qu’à l’arrivée avec une potentielle sélection. L’étape de mardi à Sestola devrait convenir soit à un puncheur ou soit un leader. Si les intérêts de la DQS avec son duo de leader à 20 secondes chacun de Pippo ne sont plus à démontrer, d’autres restent en embuscade. Gianni Moscon du côté des britanniques peut assurer l’intérim en ne pointant qu’à 26 secondes. L’italien de la Ineos s’est montré véritablement renaissant sur le Tour des Alpes. A l’époque pré-Covid, évoquer une telle situation pourrait paraître improbable. Mais l’ADN de l’équipe s’est réécrite, les britanniques n’hésitent plus à passer à l’attaque.

On peut tout autant penser à Alberto Bettiol qui n’est qu’à 29 secondes. Sa 12e place lors du contre-la-montre d’ouverture n’est pas sans montré que l’italien est en forme notamment en signant un excellent premier intermédiaire (7e place). De retour au top après un printemps mitigé, gêné par une blessure. Dans une configuration à la façon du Tour des Flandres, l’italien pourrait profiter d’être sous les radars des Grenadiers tant le coureur de la EF Education Nippo n’est pas un danger pour le classement général. Offensif et aimant la pluie, Bettiol a une deux opportunités pour gagner du temps et ravir un temps le maillot rose.

Les UAE émirates sont très certainement l’équipe qui avec la DQS peut véritablement jouer sur l’offensive dans le final. L’équipe a plusieurs cordes à son arc. D’abord, en misant sur la double casquette de Diego Ulissi dont les capacités de puncheurs ne sont plus à démontrer et qui ne pointe qu’à 32 secondes de Top Ganna. L’italien rapide au sprint peut tout autant tenter d’aller chercher un accessit sur l’arrivée à Canale. Mais dans ce cas, la vitesse n’est pas suffisante pour faire la nique à des sprinteurs de la trempe de Sagan ou Nizzolo qui apparaissent comme les deux grands favoris de la journée. Ce que peut tenter Alessandro Covi qui a déjà montré au Giro dell’Appennino l’an passé qu’il avait la vitesse nécessaire pour faire partie des tout meilleurs. Sa 5e place à Martigny ne pose pas de doute sur sa durabilité sur ce type d’étape. Ce qui jete le doute, c’est la capacité des émiraties à faire bloque dans un tel sprint. Trop désorganisés lors du Tour de Romandie, les coureurs du golfe persique n’ont jamais réussi à faire front commun ensemble. D’abord à Martigny où Covi et Marc Hirschi ont été autorisés à faire leurs propres sprints. Le lendemain à Saint Imier où Ulissi, Hirschi et Rui Costa ont fait une nouvelle fois jouer la carte personnelle au détriment d’un sacrifice pour le collectif. Une situation similaire le surlendemain à Estavayer où les trois n’ont pu faire front commun.

Mais attention à ne éliminer trop vite les Ineos pour un sprint réduit. Jhonatan Narvaez est sur le papier, leur homme le plus rapide. L’équatorien aura montré une belle pointe de vitesse la veille sur le deuxième sprint intermédiaire. Gêné par une blessure plus tôt dans la saison, la petite balle de fusil des britanniques ne devait pas être présent sur le Giro. Le remplacement d’Ivan Sosa lui a laissé une place jusqu’ici inespéré. Si la forme de la semaine Coppi e Bartali de l’an passé est présent et qu’il est autorisé à faire le sprint, Narvaez peut aller chercher une nouvelle étape sur le Tour d’Italie après sa victoire l’an passé sous la pluie à Cesenatico.

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Giacomo Nizzolo Podium 30.5 %
Jhonatan NarvaezVainqueur 1250.1 %
Jhonatan Narvaez Podium 300.15 %
Alberto BettiolVainqueur 400.2 %
Alberto Bettiol Podium 150.3 %
Joao AlmeidaPodium 70.15 %

Etape 2 Giro d’Italia 2021

179 kilomètres pour relier Stupinigi et Novara pour un cumul risible de 706 mètres de dénivelé positif. Un GC forcément resserré après un court contre-la-montre dans les rues de Turin. Une occasion franche pour les équipes de sprinteurs. Comment dans de pareilles conditions en début de Tour peut-on échapper à un sprint massif ? Avec un condensé d’étape pour sprinteurs en première semaine (2, 5, 7 et 10), le temps presse pour les hommes les plus rapides qui n’auront en deuxième et troisième semaine que l’étape 13 et 17 pour se mettre quelque chose sous la dent. Ce qui laisse à penser que bon nombre abandonneront en cours de vol.
Etonnament, la chasse ne reposera pas sur les épaules de la Deceuninck Quick Step. L’équipe belge vient sans sprinteurs sur un Grand Tour, une grande première et une marque de sa volonté de briller au classement général final. Ce sont donc sur d’autres équipes… Belges notamment qu’il faudra compter pour prendre la chasse à leur compte. La Lotto Soudal sans réel leader pour le classement général fait partie de ces équipes misant sur le sprint. Avec Caleb Ewan dans ses rangs, l’équipe pilotée par Marc Wauters à une bien belle occasion d’accrocher un premier succès sur cette 104e édition du Giro d’Italia. Appuyé sans doute par la Cofidis Solutions Crédits qui chercherait un troisième succès sur le Giro en sept participations après les victoires de Damien Monier en 2010 et Rik Verbrugge en 2006. Une équipe totalement articuliée autour de son sprinteur local à savoir Elia Viviani. C’est sans nul doute accompagné des UAE Team Emirates pour Fernando Gaviria que les fuyards seront maîtrisés.

Chaque final d’étape à son lot de tension. C’est encore plus vrai sur les premières étapes sur les Grands Tours. Où la nervosité d’un sprint à venir s’entrechoque avec la nervosité des équipes de leaders qui souhaitent ne pas subir de cassures avant la neutralisation des temps à trois kilomètres de l’arrivée. Ce sera le cas dans les marées à près de 6 bornes de l’arrivée. Bien que le peloton accélèrera naturellement par ce jeu d’une bataille de position et de nervosité palpable à une vingtaine de kilomètres du but, comme à l’accoutumé.

Les équipes y frotteront pour être dans les premiers de cordée avant l’approche du changement de direction à 4 kilomètres de l’arrivée qui devait étirer naturellement le peloton.

S’en suit 2.6 kilomètres pour mener aux abords de la périphérie de Novara.

1.4 kilomètres de l’arrivée : le placement commence à être crucial avec un rond-point à négocier en empruntant la première sortie.

Un véritable billard pour dérouler son train.

700 mètres de l’arrivée : un dernier obstacle à négocier (à prendre à droite de préférence).

200 mètres : l’endroit idéal pour lancer son sprint.

Un vent de face léger (7km/h) toute la journée dont une petite partie vent de face entre 4 kilomètres et 1.4 kilomètres de l’arrivée, pour conclure par une sprint vent de côté.

PEUT-ON ECHAPPER A UN SPRINT ?

La Deuceninck Quick Step arrive sans sprinteur, ce qui laisse deux options aux coureurs de l’équipe belge. Economiser du jus en vue des étapes à venir ou dynamiter le final.

A la flamme rouge, une succession d’ouvrage urbaine dans des rues serpentant offre une occasion parfaite de late attacks. Mais la tâche semble ardue pour s’extraire d’un peloton lancé. Les probabilités de succès d’un tel mouvement sont presque nulles. Si une attaque doit dynamiter le final, c’est donc plus loin du but. Rémi Cavagna apparaît en tête de liste pour ce genre d’opération. Mais sa marge sur Filippo Ganna lui permettra-t-il une occasion ? A seulement 18 secondes, les Ineos Grenadiers devraient veiller aux grains. D’autant que les britanniques seront forcément bien placés et lancés pour permettre à leur leader de ne pas subir de cassures et donc de pertes de temps. De plus, le TGV de Clermont ên quête de sa première victoire de la saison. Ce qui le rendait extrêmement offensif. Une victoire acquise sur le contre-la-monde de clôture du Tour de Romandie devrait l’assagire.

Toutes les équipes de sprinteurs présentent sur le Giro d’Italia par la difficulté de parcours aligne un train de sprinteurs plus faibles qu’à l’accoutumé ou parfois totalement remanier. Sur la papier Dylan Groenewegen est le sprinteur le plus rapide. Sa période de suspension à la suite de l’incident au Tour de Pologne qui a failli coûté la vie à Fabio Jakobsen semble avoir été bénéfique physiquement pour le néerlandais de la Jumbo-Visma.

Son physique sur le contre-la-montre était impressionnant. Nul doute que le multiple vainqueur d’étape sur le Tour de France a pris de la masse. La puissance qui en découle et qu’il pourrait dégager sur le sprint est sans conteste la clé de la réussite. La hiérarchie dans l’équipe est claire, Groenewegen est le sprint numéro 1.

u début, je me suis dit que c’était dommage car j’aurais eu mes chances sur le Giro. Bien sûr, j’attendais cela avec impatience, car lors de l’UAE Tour, tout s’est bien passé dans les sprints. La confiance était là. Donc c’était décevant au début, mais j’ai aussi compris Dylan. Il a tellement gagné, a tellement de crédit et a un grand statut au sein de l’équipe. Je pense qu’il est normal que je doive sacrifier mes chances pour cela. Dans le Giro, je vais surtout avoir un rôle de soutien pour Dylan. J’espère pouvoir jouer un rôle important dans le dernier kilomètre. En plus de cela, je veux acquérir de l’expérience, apprendre des choses de Dylan avant et pendant la course. J’aime la façon dont il attaque et dont il aborde certaines situations. C’est la chose la plus importante

david dekker

C’est pourquoi Tim Merlier peut profiter de la situation pour s’imposer. Comme Caleb Ewan, le belge peut par occasion comme au Tirreno-Adriatico souffrir de problème dans son placement. Heureusement, le sprint est peu technique. Ce qui lui ouvre la voie. La qualité des sprints de Pocket Rocket à laisser à désirer cette saison. Sur le papier l’autralien de la Lotto Soudal est le plus rapide derrière Groenewegen. Mais son train est apparu faible cette saison, voire effacé. La marge de manoeuvre pour Merlier est donc un peu plus grande sur un sprint en World Tour. Le train avec Alexander Krieger, Dries de Bondt, Oscar Riesebeek et Gianni Vermeersch est relativement nouveau. Comme les autres, les automatismes ne sont pas en place. Mais le belge arrive en confiance avec trois succès au compteur et des victoires autoritaires au Samyn et à la Bredene Koksijde Classic. Le gros point négatif réside dans l’absence de Jonas Rickaert, poisson pilote attitré du belge. C’est pourquoi Krieger devra très vite pallier et faire tout aussi bien que son coéquipier.

Sur le train qui se connait le mieux est celui de la Cofidis Solutions Crédits. Elia Viviani est entouré de son frère Attilio, de son poisson pilote Fabio Sabatini et du sprinteur plus polyvalent Simone Consonni. La victoire à Cholet montre que l’italien a retrouvé de sa superbe après un Tour UAE convainquant. Jamais bien loin de la mettre dans le mille. Le seul point négatif a posé pour le champion d’Europe 2019 repose sur la non compatibilité avec Consonni qui n’a pas vraiment fait ses preuves par le passé. Mais c’est sans doute sur le travail de Sabatini qui figure parmi les meilleurs poissons pilotes du monde qu’il faudra compter pour aller chercher un premier succès sur le Giro.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Tim MerlierVainqueur 5 0.35 %
Elia VivianiPodium 2.85 0.65 %

Etape 1 Giro d’Italia 2021

Un contre-la-montre d’ouverture du Giro d’Italia plat comme la main.

8.6 kilomètres : un format court et intense où rares sont les virages à négocier. Ce qui favorise un maintien quasi-constant de la position de CLM, c’est-à-dire les mains sur les prolongateurs, la tête baissée et le visage longeant les avants-bras. Un parcours somme toute pour pures spécialistes où il faut à la fois être puissant et le plus aérodynamique possible.

Un départ de la Piazza Castello

400 mètres : un rétrécissement en passant sous une arche où il faudra négocier vitesse et précision en naviguant entre les rails de tram.

Pour prendre de la vitesse sur 200 mètres dans une légère portion en faux plat descendant.

800 mètres : le premier virage à régocier à fond les ballons.

Un véritable billard Corso S. Maurizio pendant 960 mètres où il n’y a qu’un seul mot ordre : PUSH, PUSH HARDER THAN YOU CAN !

1.8 kilomètres : un nouveau virage à négocier sans l’ombre d’une difficulté tant la voie est large.

2.9 kilomètres : ne pas se fier aux virages suggérer par le plan, encore une fois aucune difficulté pour entrer dans le Parc del Valentino.

3.1 kilomètres : même problématique, full gas period !

4.7 kilomètres : la première relance du circuit. Plus de la moitié du parcours aura alors été parcouru (54.65%)

200 mètres plus loin, un rond-point à prendre sans poser les mains sur les freins pour passer sur la rive Est du Pô.

5.1 kilomètres : à l’image du parcours, pas vraiment de technicité. Un bon nombre du peu de virages à négocier se prennent pleine balle.

Même démonstration 100 mètres plus loin où aucune raison valable d’être sur les freins.

Un rond-point pris par la gauche sans forcer.

5.8 kilomètres : dernière potentielle relance

50 mètres plus loin, l’accès au Corso Moncalieri pouvant se passer sans encombre pour négocier les 2.76 kilomètres restants.

6.4 kilomètres : 300 mètres de faux plat montant à négocier, juste sur la puissance pure avant 200 mètres de faux plat descendant.

Près de 2.8 kilomètres à l’image du CLM : APPUYER COMME UNE BRUTE.

Le premier départ aura lieu à 14h, tous les coureurs s’élanceront de minute en minute jusqu’au dernier partant à 17h03. Les premiers partants auront un vent de 11-12 km/h contre 9 km/h pour les derniers. Une différence risible somme toute avec un vent léger mais qui peut avoir son importance dans un contre-la-montre si court où chaque gain marginal peut jouer pour la gagne.
A ce jeu, l’impact du temps joue pour 1.4 % à 14 h, 0.9 % à 15 h, 0.1 % à 16 h et -0.5 % à 17 h. C’est donc une différence à watts égales de 3 secondes qui peut être mesurée entre les premiers et derniers partants. Qui s’explique aussi par un vent pour 49.3 % de face pour les premiers partants de 14 et 15 h, de 48.5 % pour les partants de 16 h et 46.1 % pour ceux aux alentours de 17 h.

UN TRIUMVIRAT INDEBOULONNABLE ?

Filippo Ganna (départ 16h53) en champion du monde de la discipline s’aligne comme le favori de l’effort individuel chez lui. En délicatesse après une série de 8 victoires d’affilée depuis le 21 août 2020. 3e du chrono de San Benedetto del Tronto où il est détenteur du record du parcours depuis l’an passé, Pippo a enchainé les méperformances. Seulement 9e du prologue du Romandie en n’inscrivant que le 13e temps à l’intermédiaire. Le chrono de clôture a été tout autant une déception pour Top Ganna. Une vulgaire 10e place à 37 secondes de Rémi Cavagna. Pourtant tout n’est pas à jeter pour le quatruple champion du monde de la poursuite individuelle sur piste. Sur ledit chrono, le pointage entre l’intermédiaire et l’arrivée dont le profil lui était plus favorable que la première section, Ganna a signé le 4e temps. A 18 secondes cependant du TGV de Clermont. Une preuve néanmoins que la mécanique reste huilée pour l’italien des Ineos Grenadiers puisqu’il pointait au 17e temps à l’intermédiaire.

J’espère ne décevoir personne si je ne remporte pas le prologue, samedi à Turin. Les jambes n’étaient pas à 100% lors de la dernière épreuve mais j’ai pu récupérer avant le Giro et je me sens bien. Je souhaite donner de la joie aux Italiens

filippo ganna

Après un Tour de Romandie érintant au service de ses leaders, Pippo a coupé une semaine en vue de refaire du jus pour le Giro. Mais ce repos forcé lui sera-t-il profitable ? Les performances des derniers temps n’ont-elles pas des raisons rationnelles ? Il est vrai que la préparation n’est pas la même cette année. D’abord, avec une coupure/reprise sur piste contrariée par le Covid-19 qui l’a forcé à la mise à l’arrêt trois semaines. Puis des stages en altitude aux Canaries sur les pentes du Volcan de Teide. Un moteur refaçonné pour les épreuves montagneuses. L’objectif annoncé est plutôt clair : les Jeux Olympiques avec la poursuite par équipe et le contre-la-montre sur route (sans la poursuite individuelle dont il est le maître incontesté et incontestable puisque l’épreuve a disparu de la liste en 2008). Le natif de Verbania (150 kilomètres de Turin), lui donnera-t-il ce boost pour vaincre dans son Piémont natal et remettre les pendules à l’heure italienne ?

Rémi Cavagna (départ 15h43) s’aligne comme son concurrent principal. Vainqueur du chrono de fermeture du romandie, le TGV de Clermont a enfin mis la balle au fond des filets. Lors du prologue de ladite preuve, le champion de France de la discipline n’a fait qu’une bouchée de Pippo signant le meilleur temps à l’intermédiaire (7 secondes de mieux) mais s’inclinant sur la seconde partie de 3 secondes sur l’italien et de 14 secondes sur Richie Porte et Rohan Dennis qui se seront donnés corps et âme dans l’arrivée punchy.
Le contre-la-montre de Turin correspond parfaitement aux caractérisques de Cavagna qui peut s’y exprimer à merveille. 2e malheureux à Gien pour 8 dizièmes puis 2e à Banyoles en Catalogne, le TGV est désormais dans la cour des grands. Mais est-ce étonnant pour celui qui sur une partie totalement plate du chrono de la planche des Belles-Filles avait inscrit le premier temps à l’inter 1 (14.4 km), 14 secondes de mieux que Tom Dumoulin. Un TGV de Clermont qui se doit de pointer désormais à l’heure.

Remco Evenepoel (départ 16h52) serait sans doute devant son coéquipier dans la liste des favoris sans sa chute au Tour de Lombardie, l’an passé. Malheureusement, la période de convalescence a eu des effets sur son physique. Si le phénomène a perdu “sa graisse de bébé”, c’est 4 kilogrammes de moins sur la balance avec un poids affirmé et annoncé de 59 kilos. Un désavantage lorsque l’on parle d’effort individuel où le rapport poids/puissance est de mise.

Mais attention à ne pas se fourvoyer, R.EV est l’un des coureurs les plus aérodynamique sur un vélo de chrono. Dès la sortie des juniors, Remco s’est illustré chez les professionnels. Terminant 3e du CLM de Pocino à San Juan (12 kilomètres). Le résultat le plus désapointant restant le ITT de Romandie (15e) mais le jeune belge n’a guère loupé les podiums depuis qu’il est néopro. 4e à une seconde du podium dans un effort similaire au Tour de Belgique, Remco n’a en confrontation directe avec Pippo jamais perdu de duel :

  • Champion d’Europe à Alkmaar
  • 2e des mondiaux d’Harrogates derrière Rohan Dennis
  • Vainqueur à San Juan
  • Vainqueur à Algarve

A l’impossible, Remco Evenepoel n’est tenu“. Gagner le contre-la-montre du jour sera compliqué pour un retour en grâce. Mais le coureur vedette de la Deceuninck Quick Step s’est longement préparé. Asurrément, le lionceau est prêt. S’il est un poids plume qui peut réussir cet exploit, c’est le jeune prodige. L’avantage du contre-la-montre d’ouverture, c’est que l’effort est solitaire. Nul besoin de rythme de course, la forme est juste nécessaire. Si le petit Cannibale est aligné, c’est au moins que celle-ci est présente. Paradoxe des ambitions au GC, Remco Evenepoel peut très bien signer un départ tonitruant sans pour autant aller que le manque de rythme ne lui pèse plus tard dans la course.

UN PODIUM OUVERT

Ce sont sans doute, les incertitudes autour de la forme de Filippo Ganna et de la gestion du retour de Remco Evenepoel qui ouvre la voie aux outsiders.

Joao Almeida (départ 16h29) est probablement la tête de liste de cette foule qui frappe à la porte. 6e à Al Hudayri, 7e à San Benedetto del Tronto et 3e à Banyoles, ses récents résultats lui offre une place de choix parmi les leaders du GC. Sans doute la première au regard de ses résultats sur les trois chronos de l’an passé :

  • 2e à Palerme
  • 6e à Valdobbiadene
  • 4e à Milan

Le problème majeur réside dans ses résultats dans des efforts solitaires courts et plats comme au Tirreno-Adriatico et aux Emirats Arabes Unis où Almeida n’a fait que des fonds de Top 10. Est-ce l’intensité de l’effort où Almeida doit réhausser le niveau aujourd’hui ou un manque de watts ?

Victor Campanearts (départ 14h02) aurait été, au moins l’an passé, un nom maintes fois ressorti. Pourtant il n’en est rien. Ses récentes déclarations sur un recentrement de sa spécification pour les classiques. Lui ont fait délaisser l’effort individuel. Sa 30e place sur Paris-Nice n’en est que la démonstration. Sa 8e place aux mondiaux d’Imola a été une véritable déception alors qu’il n’avait guère loupé de podiums en 2020 qui s’est pourtant cloturé par une deuxième place à Milan. Mais si Campy semble avoir tourné la page des contre-la-montre avec sa non-sélection pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Un regard attentif pour les suiveurs Zwift sera porté pendant son échauffement où il sera communautaire : https://teamqhubeka.com/victor-campenaerts-to-warm-up-for-giro-ditalia-time-trial-on-zwift

Un triplé Deceuninck Quick Step envisageable sur le contre-la-montre du jour ? Alberto Bettiol (départ 14h02) aurait y jouer les trouble-fêtes. Auteur d’un retour en forme après un hiver compliqué, l’italien s’est illustré sur le contre-la-montre de San Benedetto del Tronto où il a pris la 6e place. Dauphin dans la même seconde, en 2019, de Pippo sur les champions nationaux. L’italien s’est illustré par le passé sur des efforts courts et plats comme à San Benedetto del Tronto. Mais pour rêver de rose, le coureur de la EF Education Nippo doit retrouvé le niveau de 2019.

Tobias Foss (départ 15h33) fait forcément parler de lui quand on parle de TT d’ouverture du Giro. 3e l’an passé, le norvégien est attendu de tous depuis qu’il est sorti vainqueur du Tour de l’Avenir 2019. Sur le chrono similaire du Tirreno-Adriatico, il aura pourtant été en déça des espérances. Cependant, le chrono de Bilbao est venu rectifier le tir avec une belle 4e place. Le jeune espoir des Killer Wasps peut profiter d’un matériel à la pointe, ce qui confère un avantage sur des efforts individuels. Si la forme est là, le podium ne sera pas loin.

Mais chez la Jumbo, il n’est pas en reste. Edoardo Affini (départ 15h56) peut tout autant prétendre à une belle place. Bien que tout autant décevant lors du contre-la-montre de San Benedetto del Tronto, l’italien champion sur piste apprécie ce genre d’effort court et intense. C’est sur les traces de 2018/2019 qu’il doit surfer pour briller sur le tracé du jour. A la pointe chez la Jumbo-Visma, Affini doit profiter de l’axe développe et performance de l’équipe en vue des Grands Tours.

Ce Giro d’Italia pourrait être le retour au sommet de plusieurs coureurs ayant connu des déboires l’an passé. Patrick Bevin (départ 16h55) fait partie de ceux-ci. Mais tout indique que la forme est présente après des Tour du Pays Basque et de Romandie en vue au sommet de son art. Paddy pourrait frapper fort après sa 7e place dans le même temps que Tadej Pogacar (5e) sur le chrono de Bilbao.

L’option du départ tardif se révèle être la meilleure. C’est pourquoi le duel Evenepoel/Ganna à 16h52 sera le centre de l’attention. Avantage pour le belge au vue des performances de Pippo qui semble à court de forme sur l’effort individuel. La cote boostée de par l’aspect value est un inconditionnel, notamment parce que le différentiel du weather impact n’est que d’une seconde.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmaker
Remco EvenepoelVainqueur 3.750.5 %
Remi CavagnaVainqueur 50.5 %
(cote boostée)
Tobias FossPodium 240.25 %
Edoardo AffiniPodium 180.25 %

Giro d’Italia 2021 Classement Général Preview

Du samedi 8 au 30 mai, le Tour d’Italie, premier Grand Tour de la saison 2021, va s’élancer pour sa 104e édition. Un total de 3 479 kilomètres à parcourir sur les 21 étapes, dont deux contre-la-montre individuel (pour 38.9 kilomètres au total). 

Description du Giro d’Italia 2021

SEMAINE 1

Étape 1 : Torino – Torino (8.6 kilomètres)

Une étape d’ouverture avec un court contre-la-montre entièrement plat qui offrira le premier maillot rose à un spécialiste ou déjà à un leader ayant des aptitudes prononcées dans l’effort individuel. Bien que l’essentiel soit l’établissement d’une première hiérarchie entre les leaders en forme et ceux dont la condition devrait être optimale plus tard dans la course.

Étape 2 : Stupinigi – Novara (179 kilomètres)

Première occasion que les équipes des hommes les plus rapides ne devraient pas laisser filer. Un premier sprint massif à n’en pas douter.

Étape 3 : Biella – Canale (190 kilomètres)

Un sprint mais sera-t-il massif ou réduit avec une élimination des sprinteurs purs dans l’enchainement des quatre difficultés qui composent les 80 derniers kilomètres ? Dont le sommet de la dernière n’est située qu’à 15 kilomètres de l’arrivée.

Étape 4 : Piacenza – Sestola (187 kilomètres)

Un profil digne d’une étape pour une échappée. Mais avec un enchainement de difficulté dans sa seconde partie, la montée finale du Colle Passerino (4.3 kilomètres à 9.9 %) promet un final explosif entre les leaders au CG et les puncheurs du peloton.

Étape 5 : Modena – Cattolica (177 kilomètres)

Une nouvelle occasion royale pour les sprinteurs mais aussi et surtout pour les échappées publicitaires.

Étape 6 : Grotte di Frasissi- Ascoli Piceno (160 kilomètres)

Une énième étape profilée pour une échappée victorieuse. Une occasion d’avoir une course dans la course. Mais surtout l’opportunité pour une équipe sans réelle ambition pour le classement général final d’endosser le maillot rose comme le fit Valerio Conti en 2019 dans une étape similaire. Une manière pour les favoris de se libérer du poids de la course et préserver leur effectif en vue de la troisième semaine.

Étape 7 : Notaresco – Termoli (181 kilomètres)

A chaque sprint sa particularité : cette fois-ci une arrivée en faux plat montant tortueux où le placement sera plus que toutes les autres fois la clé.

Étape 8 : Foggia – Guardia Sanframondi (170 kilomètres)

Un équilibre difficile à trouver mais les échappées matinaux auront des occasions franches de mettre la balle dans le fond des filets. Une arrivée profilée puncheur où encore une fois les différences entre leaders seront minimes.

Étape 9 : Castel di Sangro – Campo Felice (158 kilomètres)

Une arrivée gravilloneuse qui n’est pas sans rappeler le Colle del Finestre. Une étape assurément où le Giro ne s’y gagne pas mais où il peut s’y perdre.

Étape 10 : L’Aquila – Foligno (139 kilomètres)

Un sprint très probable dans une étape courte à la veille d’une journée de repos. Vu le nombre d’offrandes faites aux sprinteurs, certaines équipes ne devraient pas laisser filer pareille opportunité.

SEMAINE 2

Étape 11 : Perugia – Montalcino (162 kilomètres)

La fameuse étape des Strade Bianche au lendemain d’une journée de repos. Une étape qui en 2010 était dantesque et a vu des écarts importants entre les hommes du GC. Vincenzo Nibali y avait perdu plus de deux minutes sur Cadel Evans. Une étape charnière en vue de la victoire finale.

Étape 12 : Siena – Bagno di Romagna (212 kilomètres)

Les Apennins ne laisseront que peu de répits au peloton avec une étape où la montagne peut accoucher d’une souris comme être un arbre qui cache la forêt.

Etape 13 : Ravenna – Verona (198 kilomètres)

Sprint, point barre.

Étape 14 : Cittadella – Monte Zoncolan (205 kilomètres)

Le mythique Monte Zoncolan… Bien que par son versant le plus facile. Les 14.1 kilomètres à 8.5 % dont les trois derniers à 13 % et des pentes maximales à 27 % établiront une hiérarchie très claire entre les leaders pour le GC et ceux qui devront malheureusement revoir leurs objectifs. Christopher Froome y ressussita en 2018, en sera-t-il de même pour un leader paraissant à la ramasse ?

Étape 15 : Grado – Gorizia (147 kilomètres)

Une étape aux portes de la Slovénie promise à une échappée. Les slovènes de la Barhaïn Victorious seront-ils de sortie sur leur terre ?

Étape 16 : Sacile – Cortina d’Ampezzo (170 kilomètres)

A la veille d’une journée de repos, les leaders auront un terrain parfait pour s’expliquer entre hommes forts avec un enchainement quasi ininterrompu entre trois cols à plus de 2 000 mètres d’altitude. Un dénivelé positif faramineux de 5710 mètres, un véritable cauchemar.

SEMAINE 3

Étape 17 : Canazei – Sega di Ala (193 kilomètres)

Les journées de repos sont pour certains difficiles à digérer et pourtant il faudra avoir le coeur bien accroché pour entamer la dernière semaine. Avec une arrivée au sommet dès son entame. Une situation qui voit pour la majorité des cas, beaucoup de coups d’épée dans l’eau quand le programme qui suit est jugé trop corsé (aka 2017).

Étape 18 : Rovereto – Stradella (231 kilomètres)

Dernière occasion pour les sprinteurs de s’exprimer dans un final pour le moins des plus compliqués à gérer. D’autant que la fatigue accumulée peut offrir de véritables chances aux échappées.

Étape 19 : Abbiategrasso – Alpe di Mera (176 kilomètres)

Première étape du duo final avec un final de 9,7 kilomètres à 9 %.

Étape 20 : Verbania – Valle Spluga Alpe Motta (164 kilomètres)

Un dénivelé positif total condensé dans la seconde partie d’étape qui ne voit aucune vallée. Une étape de tous les possibles où les renversements peuvent et devront avoir lieu. Une étape tracée pour la dramaturgie.

Étape 21 : Senago – Milano (30.3 km)

Presque un inconditionnel, le contre-la-montre de clotûre à Milan peut bouleverser une dernière fois la hiérarchie établie. On aura en mémoire Tom Dumoulin reprenant le maillot rose à Nairo Quintana en 2018.

Que penser de cette 104e édition ?

Un Giro comprenant très peu de contre-la-montre. L’effort individuel ne devrait jouer dans la finalité qu’une influence mineure. Le chrono d’ouverture est trop court pour établir une hiérarchie avec des certitudes.
La troisième semaine est titanesque, ce qui promet techniquement une stratégie assez conservatrice avec une première et deuxième semaine sur la défensive. Quid des enchainements des étapes de la troisième semaine ? La dernière étape montagneuse peut à elle seule résumer le Giro 2021 et être le lieu de tous les va-tout. Au détriment d’étapes précédentes plus dynamitées.

UN TRIO DE TÊTE FEBRILE

Egan Bernal, vainqueur du Tour de France 2019, s’aligne avec la ferme intension de découvrir le Giro d’Italia et de tout faire pour le gagner. Mais si les données Strava et le début de saison du colombien des Ineos Grenadiers montre que le coureur de 24 ans est en forme. Ses problèmes de dos le poursuit et il doit désormais composer avec la douleur qui en résulte.

Tout va dépendre de la façon dont mon dos répond. Si tout va bien alors je me concentrerai sur le classement général et la bataille pour le maillot rose. On prendra les jours les uns après les autres car je n’ai pas couru depuis deux mois. C’est inutile de faire des fausses promesses.

Egan bernal – La Gazzetta dello Sport

C’est pourquoi l’équipe britannique mise aussi sur Pavel Sivakov pour s’aligner en leader de rechange. Un “as in the hole” qui devrait pallier à toute défaillance de son leader. Sans sa chute sur le Tour des Alpes, le franco-russe s’affichait comme le coureur le plus en forme avec Simon Yates.

Le britannique de la Bike Exchange justement est l’un des hommes en grande forme en vue du Giro. En démonstration sur le Tour des Alpes, Yates n’a jamais paru si aérien que sur les pentes du Prati di Tivo lors du Tirreno Adriatico. Où il semblait en mesure d’égaler Tadej Pogacar sur les pentes escarpées du col des Abruzzes. Seulement si Simon Yates a l’habitude des coups d’éclat, c’est aussi pour son inconstance qu’il est réputé. Archi dominateur du Giro 2018, il aura alors implosé en chassant sur tous les tableaux. La Vuelta a Espana aura montré que la leçon a été retenue. Gare d’être en forme trop tôt dans un Tour d’Italie qui impose une gestion milimettrée.

C’est pourtant du côté de la Deceuninck Quick Step que les yeux seront rivés. Remco Evenepoel, véritable phénomène découvre les courses de trois semaines dans des conditions peu ordinaires. Victime d’une chute spectaculaire par dessus le parapet d’un pont lors du Tour de Lombardie, l’an passé. Le belge décrit comme le digne successeur d’Eddy Merckx n’a depuis pas repris part à une compétition. Le pari semble osé de remporter son premier Grand Tour à sa première participation. Un exploit remontant à Bernard Hinault en 1978. Le manque de rythme pêchera-t-il ? Pour sûr, rien ne remplace le rythme des compétitions accumulées. Aucun jour de course ressemble à un coup de poker avec 2/7 dépareillés. Le manque d’expérience se fera-t-il ressentir ? Il est vrai que R.EV est réputé pour être un coureur fougueux. Capable de partir dans des raids solitaires de l’impossible. Les risques de rechute liée à sa fracture du bassin sont-ils totalement éradiquer ? Seul le poids de trois semaines nous le dira.

Le bilan physique est désormais dressé, le jeune belge ne pèse plus que 59 kilogrammes soit 4 kilos de moins qu’avant son incident. Le coureur est plus svelte, moins gras. Un avantage indéniable dans la haute montagne. Mais au détriment de ses performances dans l’effort individuel ? Les questions sont pour l’heure sans réponses.

Ce sont avec beaucoup d’inconnus avec lesquels la DQS doit composer. Cela étant dit, l’équipe belge n’a rarement affiché une équipe si compétitive sur un Grand Tour. Les hommes de Patrick Lefévère sont réputés pour écraser les classiques printanières mais rarement les classement généraux des GT. Les récentes déclarations de l’équipe et de Remco Evenepoel vont dans le sens d’un leadership affirmé sur les épaules de Joao Almeida, 4e du Giro 2020. Le portugais épaulé par James Knox, Mikkel Honoré et Fausto Masnada comptera faire tout aussi bien. Si ce n’est mieux. Cependant, que ce soit l’an passé que cette année sur les pentes de Vallter 2000, Port Ainé ou du Prati di Tivo, Almeida n’a jamais figuré parmi ceux capables de figurer sur le podium et encore moins de remporter le classement général du Giro.

DES OUTSIDERS EN EMBUSCADE

A n’en pas douter la Barhaïn Victorious a une équipe redoutable sur le papier. Mikel Landa sera entouré d’une armada pour aller décrocher son premier Grand Tour.

Je suis satisfait de ma forme actuelle. Après le Tour du Pays Basque, j’ai eu quelques jours de repos. Avant mon sixième Giro d’Italie, j’ai passé quelques semaines dans un camp d’entraînement en altitude au Teide. J’ai eu de bonnes conditions et j’ai travaillé dur et très bien. Je me sens très bien maintenant, et je crois que je suis en parfaite forme pour mon objectif principal de la saison 2021. J’ai toujours réalisé de très bonnes performances sur le Giro d’Italia. Mon record du général était 3ème en 2015 et 4ème en 2019. J’ai également remporté deux étapes au Giro 2015. Le Giro est une course que je connais assez bien et je me sens très en confiance avec mes coéquipiers. Je pense que nous avons une équipe exceptionnelle autour de moi, donc je pense que ce sera un très, très bon mois

Mikel Landa

Sa reprise au Trofeo Laigueglia puis son convainquant GP Industria & Artigianato ont été le prémice de ce que Landa peut faire de mieux lorsque le basque est en grande forme. Rassurant sur les pentes du Prati di Tivo sans être dominateur. Le leader affiché de la Barhaïn Victorious aura montré sur les pentes d’Ermualde qu’il était un prétendant pour le Giro à venir.

En vue du maillot rose, l’équipe aligne à ses côtés ses deux moteurs slovènes : Jan Tratnik et Matej Mohoric. Mais c’est véritablement sur Rafael Valls, Damiano Caruso et Pello Bilbao qu’il faudra compter en haute montagne. Ce dernier d’ailleurs n’est pas totalement réduit au rôle de coéquipier. Puisqu’il est un co-leader ou du moins un plan B en cas de défaillance de Landa. On le sait celui-ci à la fâcheuse habitude de trainer sa misère en attirant la malchance. Bilbao a l’avantage d’être un grégario qui figure toujours parmi les meilleurs au CG : 16e lors du Tour de France 2020 en appui de Landa ou même 6e lors du Giro d’Italia 2018 en appui de Miguel Angel Lopez. Ses aptitudes dans l’effort individuel et sur les efforts pour puncheurs lui donne un ascendant sur Landa en première semaine. Mais c’est sans doute l’étape reine à près de 6 000 mètres de dénivelé qui pourrait rebattre les cartes du côté de la Barhaïn. Profitant du relief et d’une journée érintante, il pourrait retourner la situation en sa faveur à la façon d’un Richard Carapaz en 2019. Il est vrai que Bilbao est l’un des meilleurs coureurs sur les courses à plus de 4 500 mètres de dénivelé positif. Dans une étape où le classement général doit se jouer au sortir de la deuxième semaine, rien ne figer dans le marbre pou

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Giacomo Nizzolo Podium 30.5 %
Jhonatan NarvaezVainqueur 1250.1 %
Jhonatan Narvaez Podium 300.15 %
Alberto BettiolVainqueur 400.2 %
Alberto Bettiol Podium 150.3 %
Joao AlmeidaPodium 70.15 %

Etape 21 Giro d’Italia 2020 Preview

Un dernier tour et puis s’en va. La cuvée 2020 du Giro d’Italia se termine comme l’année dernière par un chrono de fermeture.

Plat, en très léger faux plat descendant sans vraiment de relance. Seulement neuf virages sur les kilomètres, ce contre-la-montre est une affaire de spécialistes. Les grosses cuisses sont attendus.

Le dernier kilomètre est technique, il ne faudra pas partir à la faute. Et comme un pied de nez, les derniers 500 mètres sont signalés pavés…

… enfin ce ne sont pas les pavés de Paris-Roubaix.

Evidemment un tel CLM, avec ce qu’ils ont montré. Filippo Ganna est le grand favori pour ravir une quatrième victoire d’étape quand Rohan Dennis malgré les efforts consentis devrait être son dauphin. Ne reste qu’une place sur le podium.

Thomas de Gendt reste ma tête de liste pour la médaille de bronze. Véritable bête à rouler, le parcours lui scie à merveille. 3e l’an dernier à Verona, c’est un adepte des très bonnes places sur les TT. La distance est relativement la même, à un kilomètre 300 près. Sur le chrono de l’étape 14, TDG nous a montré une dernière partie de chrono stratosphérique pour aller chercher la 4e place d’un chrono exigeant. Nul doute que le belge sera dans le haut du panier tant il est reconnu pour être une bête à rouler et ne jamais faire un chrono en dedans, surtout sur un Grand Tour.

https://www.meteoblue.com/fr/meteo/prevision/multimodel/milan_italie_3173435

Une météo fort peu changeante, il n’y a absolument aucun avantage à tirer d’un départ tôt ou tard.

L’élément qui dégage une forme en ce moment est Josef Cerny. Vainqueur à Asti, le coureur de CCC est pour l’heure toujours en recherche d’un contrat professionnel pour l’année prochaine. Véritable bête à rouler, c’est sans doute le spécialiste le plus en forme.

6e du CLM d’ouverture, le Tchèque aura fini a une honorable 5e place au TT du Processo. Mais c’est sans doute le détail de ses temps intermédiaires qui montre sa puissance :

  • INTER 1 (avec le mur)
  • INTER 1 A INTER 2
  • INTER 2 À INTER 3
  • INTER 2 À ARRIVÉE

Des temps canons qui nous montre la force de Cerny dans l’effort individuel.

PRONOSTICS

Thomas de Gendt podium : 8 – 0.3% (Betclic)

Josef Cerny podium : 2.5 – 0.2% (Betclic)

Pour ceux qui ne l’aurait pas remarqué, c’est un TdG podium remboursé si Cerny podium à la mano

Etape 20 Giro d’Italia 2020 Preview

Honteux, désolant, rassurant… Nombre sont les qualificatifs qui peuvent entourer la modification de parcours de cette dernière étape. Si les conditions climatiques menaçaient le Stelvio et le col d’Agnello. Ce sont les pouvoirs publics français qui ont eu raison de ce dernier et du col de l’Isoard.

Profil Etape 20 du Giro d’Italia 2020 @ RCS

Exit les plus de 5300 mètres de dénivelé positif, l’étape du jour est totalement revue à la baisse. Si la distance n’évolue pas, le dénivelé est à la baisse… largement. Seulement guère plus de 3400 mètres de dénivelé. Et pourtant, loin de se faire une fausse idée, avec un podium et une victoire finale se jouant sous les 20 secondes. L’étape est promise à un feu d’artifice.

Couper la tête de l’Hydre Sunweb

A l’image d’Hercule face à l’hydre de Lerne, Tao Geoghegan Hart doit couper des têtes. La première d’entre-elles : celle de Wilco Kelderman. Inférieur au néerlandais dans l’exercice de l’effort solitaire, le britannique doit reprendre du temps. Pointant à 15 secondes, le coureur de la Ineos Grenadier doit chercher à reprendre au moins une minute demain. Si l’étape du Stelvio a montré les limites de l’actuel porteur du maillot rose en montagne comparé à la jeune génération. Elle a aussi révélé ce que tout le monde pressentait : Jai Hindley est plus qu’un coéquipier. C’est un co-leader dont TGH aura du mal à se défaire. Pour se faire, les Ineos Grenadier doivent s’atteler à plusieurs travaux.

Capturer les cavaliers d’Alba

Qui dit dernière étape de montagne avant un contre-la-montre de clôture à Milan, dit nécessairement une dernière occasion pour les baroudeurs. Ils seront donc nombreux à vouloir tenter leur chance. D’autant que la Sunweb verrait d’un bon œil, l’échappée prendre le plus de champ possible. Seulement deux obstacles viennent se dresser sur la route de la bonne échappée. Le premier étant le relief.

Avec 100 premiers kilomètres d’un plat quasi-total, la lutte devrait être longue pour prendre l’échappée. Chaque équipe voudra nécessairement y être représentées. Cela implique que si la Sunweb souhaite faire rideau rapidement, il y aura toujours une équipe pour relancer le coup. Quoi qu’il en soit, la lutte ne devrait pas durer en longueur (plus d’une heure), de crainte de ne condamner définitivement les chances de succès de l’échappée. Et il est un moment où le peloton stoppera les velléités. Pour un temps… Puisque le second obstacle va se dresser sur la route des fuyards de manière inéluctable.

La Ineos Grenadier sera à coup sûr l’équipe qui se mettra en chasse. Tao Geoghegan Hart ne pointant à 15 misérables secondes de Wilco Kelderman et 3 minuscules secondes de Jai Hindley, l’équipe britannique verrait d’un bon œil rafler les bonifications à l’arrivée. Des secondes gratuites sur lesquelles on ne peut cracher lorsqu’on est l’équipe des gains marginaux. L’échappée est donc condamnée par le travail d’un homme capable de maîtriser à lui seul un groupe de fuyards. Filippo Ganna devrait très vite être mis à contribution en se relayant avec Salvatore Puccio. Les deux hommes devront être solides car ils ne seront guère aidés par d’autres équipes dans cette tâche. Hormis une équipe ayant loupé le coche et désireuse de chasser l’étape malgré la bataille promise entre leaders. Les Ineos comptant en moins Geraint Thomas et Jhonatan Narvaez, la gestion d’effectif est primordiale. Chaque élément du train infernal que l’on a pu connaître dans ces grandes gloires passées (pas si longtaines) doit étinceler de durabilité pour mener à bien la mission ” Tao en rose “. Une fois le faible écart stabilisé, la vraie partie commencera à Perosa Argentina où Ben Swift, Jonathan Castroviejo et Rohan Dennis feront leur œuvre. Ici, les coureurs débuteront une longue ascension à l’image de Val Thorens et ses 33.4 kilomètres à 5.5% sur le Tour de France 2019.

Son pendant italien sera la première montée vers Sestrières : 38 kilomètres à 3.8%. Une longue montée inexorable où l’écrémage par l’arrière devrait se faire sous le tempo des hommes de Dave Brailsford.

Dompter le circuit final

Le sommet de Sestrière sera franchi trois fois. Une première fois à 52.1 kilomètres de l’arrivée, une deuxième fois à 26.7 kilomètres et une troisième fois au bout des 190 kilomètres de course. Toute la question est de savoir quand les Ineos décideront d’imprimer un si gros tempo que Wilco Kelderman lâchera. La première devrait être la bonne réponse.

Sur la dernière, il semblera trop tard pour mettre au moins la minute d’écart à ce diable de néerlandais. Et sur la seconde, la stratégie des Sunweb devrait totalement changer la donne.

L’équipe néerlandaise a deux voies qui s’offrent à elle :

  • miser sur Wilco Kelderman
  • miser sur Jai Hindley

Chaque carte ayant son moment précis dans la course au maillot rose.

Asphyxier le Lion d’Amersfoort

Les apparences en cyclisme sont rarement trompeuses. Visiblement à la peine sur l’énorme relai de Jai “Indley” comme Gigi aime à l’orthographier, Kelderman n’a jamais plié sur les pentes du Piancavallo. Ce sont sur les pentes du Stelvio sous l’impulsion de Rohan Dennis qu’il a finalement rompu. Comptant un débours de 46 secondes au sommet sur le trio de tête composé de Rohan Dennis, Tao Geoghegan Hart et Jai Hindley. Ne concédant aucune seconde dans la descente. C’est pourtant sur les pentes plus clémentes menant au Lac de Cancano que le néerlandais est apparu en perdition. D’abord rattrapé et aussitôt déposé par le duo Jakob Fuglsang / Pello Bilbao. Le décompte à l’arrivée fut lourd : 2’18”.

L’objectif de demain résonne comme un bis repetita : lâcher le plus vite le maillot rose et le mettre hors de portée. Le dilemme de la Sunweb devrait être vite résolue : plus loin de l’arrivée Kelderman est lâché, plus Hindley a de liberté. Plus près de l’arrivée Wilco craque, plus Jai doit l’aider et se laisser décrocher.

La pièce maîtresse d’une victoire finale de Tao Geoghegan Hart au Classement Général devrait une nouvelle fois résider dans le travail de Rohan Dennis qui aura été tout simplement monstrueux sur les pentes du Stelvio signant un temps d’ascension de 1 heure 11 minutes et 7 secondes. La même performance est attendue sur les pentes de la première ascension.

Capturer la biche de Perth

Une fois, Kelderman lâché dans la première des trois ascensions de Sestrière. Jai Hindley n’aura d’autre choix que de devenir le leader de substitution de la Sunweb. Sauf qu’un problème demeure, l’australien doit se débarrasser du britannique. Impossible si ce dernier a encore des coéquipiers. Qui l’aideront nécessairement à revenir sur un Hindley entreprenant. Le maillot blanc doit donc attendre d’être isolé avec son dauphin pour tenter le coup. La mission de Rohan Dennis est donc double : imprimer un gros tempo et tenir le plus longtemps possible le groupe de tête. De préférence en laissant les jeunes se départager dans la montée finale. Une situation nécessairement à l’avantage de Tao Geoghegan Hart qui n’aura jamais été attaqué par Jai Hindley dans la montée de Torri di Fraele. Une opération qui aurait pourtant été bénéfique en désorganisant le relai de TGH en l’obligeant à changer de rythme pour favoriser si ce n’est pas un retour, au moins une perte de temps moindre pour Wilco Kelderman. Un indice qui indique que l’aussie devait être proche de la rupture et s’accrochait bec et ongles à la roue du coureur d’Ineos. La nécessité d’Hindley d’attaquer pour reprendre du temps du Geoghegan Hart devrait d’une part être au désagrément de son coéquipier. Mais à l’avantage du britannique qui n’aura plus sur le porte-bagage un poids mort.

Descendre vers Cesana Torinese

Loin d’être technique, la descente vers Sestrières est rapide.

Elle se fera avec un vent léger mais trois quart face, ce qui rend nécessaire le fait que Rohan Dennis soit le plus longtemps possible avec son leader pour ne pas perdre du temps dans la descente.

Tuer les oiseaux du GC

Si la lutte pour la victoire semble se résumer à Tao Geoghegan Hart contre la Sunweb, les leaders malheureux du GC ont une dernière occasion soit de renverser le Giro. Ce qui apparaît comme peu probable. Soit d’aller chercher un assessit. Un lot de consolation qui pourrait être à l’avantage de Tao Geoghegan Hart qui trouverait de la main d’œuvre supplémentaire dans une chasse au maillot rose. Cela étant dit, plus le matelas sera faible sur Kelderman, plus la question des bonifications s’imposera. La situation de Piancavallo avec Kelderman offrant sur un plateau d’argent l’étape à Geoghegan Hart ou celle de San Giovanni Rotondo l’an passé où Valerio Conti s’emparant du maillot rose avait laissé la victoire à Fausto Masnada ne devrait se produire que si le débours est important et que Wilco Kelderman est en perdition.

Sans doute, Fausto Masnada peut faire figure de facteur x. Véritable lieutenant de Joâo Almeida, le coureur de la Deceuninck Quick Step est libre maintenant que le portugais pointe à la 5e place à 2’16” du maillot rose. Architecte des 15 jours en rose de son leader, l’italien est membre d’un honorable Top 10. 9e à 6’46”, sa marge de liberté est grande. A l’aise sur les pentes du Piancavallo, l’ancien membre de la Android Gioccattoli est un véritable grimpeur. En atteste sa deuxième place au classement de la montagne de l’édition précédente. Terriblement efficace sur l’étape de Cascia lors de Tirreno Adriatico, il aura loupé de peu la gagne. Lors de l’arrivée de Sassotetto, il aura montré ses aptitudes dès que la route s’élève prenant une belle 7e place derrière le gratin prévu sur ce Giro (Simon Yates, Geraint Thomas, Rafa Majka, Alexander Vlasov et Wilco Kelderman). Le transfuge de la CCC s’inscrit comme un leader de choix pour l’ère Remco Evenepoel au sein de la DQS. Ses échappées successives corronnées par des places d’honneur à Ponte di Legno et Antholz démontre de sa caisse sur trois semaines. Nul doute que Masnada peut faire la nique même aux meilleurs comme il a eu l’occasion de le faire à Baselga di Pinè au Tour des Alpes 2019, devant un certain Tao Geoghegan Hart.

Vaincre le Géant de Sestrière

Sur une pente plus dure que celle prévue initialement. Les coureurs devaient grimper ce qui est aujourd’hui la descente, Tao Geoghegan Hart peut profiter en cas d’arrivée accompagnée de sa pointe de vitesse qu’il nous aura démontré avec toute son explosivité au cours des récentes étapes.

PRONOSTICS

Tao Geoghegan Hart podium : 2.35 – 1.15% (Winamax)

Fausto Masnada podium : 9 – 0.2% (Winamax)

Fausto Masnada vainqueur : 25 – 0.15% (Betclic)

Etape 18 Giro Italia 2020 Preview

Jour-J, c’est le grand jour ! Celui de l’étape reine du Giro et il ne devrait pas décevoir.

Profil Etape 18 Giro d’Italia 2020 © RCS

5824 mètres de dénivelé positif, tout simplement indigeste… inhumain.

D’entrée les coureurs frapperont le Campo Carlos Magno. Ce qui signifie qu’il faudra avoir fait chauffer le moteur avant le départ sur le home-trainer comme pour un chrono. 3,2,1 partait ! L’échappée à l’image de l’étape de la veille devrait être fournie. Toutes les équipes pourraient y être représentées, excepté la Sunweb. Même la Deceuninck Quick Step pourrait y placer un pion.

Pour la DQS, l’objectif serait d’avoir un pion, à l’avant pouvant servir d’appui, qui ne se verrait pas distancer sous le tempo de la Sunweb. A vrai dire avec probablement le meilleur train en montagne et deux leaders au classement général (GC), cette dernière devrait garder tous ses éléments auprès de Wilco Kelderman et de Jai Hindley. C’est ainsi que Chad Haga, Nico Denz, Sam Oomen, Chris Hamilton et Martijn Tusveld devraient être en ordre de marche.

L’équipe belge aura tout intérêt de courir comme elle a couru jusqu’à présent : en laissant filer l’échappée. Faisant grimper les écarts, l’équipe néerlandaise devra prendre le peloton en main comme elle l’avait fait dimanche lors de l’étape de Piancavallo.

Si les près de 53 kilomètres qui séparent Lana (situé en bas de la descente du Passo Castrin) et le pied du Stelvio sont trop plats pour espérer des offensives dès le début d’étape. Ce répit est une bénédiction pour l’équipe de Wilco Kelderman pour faire fondre l’écart sur les échappées.

Avec un groupe conséquent, on pourrait croire que les chances des échappées sont grandes. Mais trois éléments viennent perturber les plans des baroudeurs.

  • UNE ÉCHAPPÉE QUI AURA DU MAL À S’ENTENDRE

Avoir trop de coureurs dans une échappée n’est jamais bon. D’une part, les équipes comme les équipes italiennes invitées, la AG2R, la Lotto Soudal, la CCC ou encore la EF Education First et même la Movistar n’ont plus que les étapes à jour. Les espoirs de podium au Général étant envolés. Elles se doivent d’être représentées à l’avant, de préférence en sur-nombre. De ce fait, si certains se sacrifieront pour que l’échappée prenne suffisamment de chance. Les meilleurs atouts pourront rester planqués au chaud à se faire oublier. Un premier signe de discord au sein du groupe de tête. D’autre part, les équipes de leaders n’ont d’intérêt à collaborer que pour passer des relais qui ralentissent l’échappée. En effet, les pions placés à l’avant par les Trek Segafredo, Astana, Ineos Grenadier, Bahreïn, Bora Hansgrohe ou NTT Pro Cycling voire des UAE-TEAM Emirates ne devraient pas chercher à collaborer. Leur rôle est simple : servir de relai pour leur leader en vue d’une attaque ou d’un possible esseulement. Créeant un peu plus une zizanie déjà omniprésente.

  • LE STELVIO EN JUGE DE PAIX

24.7 kilomètres répertoriés par l’organisateur à 7.5%, le Stelvio est un colosse. Un titan dont le pied débute à 911 mètres d’altitude pour grimper jusque 2757 mètres d’altitude. Faisant du mont des dolomites, la Cima Coppi (col le plus haut de cette 103e édition). Au delà des 2000 mètres, l’air se fait pauvre en oxygène. A partir de ce moment clé, les coureurs sont en dette d’oxygène. Il faudra être armé et aimé les hauteurs vertigineuses pour ne pas subir le poids de la course. Les écarts créés sur ce genre d’étapes peuvent vite se compter en minutes.

  • UNE DESCENTE, SOURCE D’INSPIRATION POUR LE REQUIN DE MESSINE

Après un écrémage naturel dans le Stelvio, la descente frappe les coureurs pour rallier les abords de Birmio à Premadio.

Dès ce dernier point, il ne restera plus que 15.5 kilomètres pour rallier le barrage du Lac de Cancano. D’où la nécessité d’avoir des points d’appui à l’avant qui devront soit essayer de suivre au Stelvio pour se sacrifier dans la montée finale, soit mettre en orbite son leader dans le Stelvio en permettant de creuser un écart conséquent.

  • UNE MONTÉE FINALE BEAUCOUP MOINS INDIGESTE

8.7 kilomètres à 6.8%, l’ascension finale est la plus simple de la journée. Bien évidemment avec une telle journée dans les jambes, les pourcentages peuvent vite devenir insoutenable aussi faibles soient-ils. L’attendre pour y faire l’écrémage aurait un parfum de “trop tard”. Tout coureur rêvant de général doit l’aborder en tête. D’abord parce qu’en son pied, le second sprint intermédiaire s’y trouve. Offrant 3″ de bonifications au coureur qui y passe en tête . Ensuite, parce que le dernier kilomètre est plat (seulement 0.3 minuscule pourcent). Enfin, parce qu’au bout se situe l’arrivée offrant 10 secondes de bonifications au vainqueur. Rien que pour cette aspect, Kelderman pointant à 15″ d’Almeida devrait être inspiré de tenter le baroude. Tout comme Tao Geoghegan Hart qui n’est qu’à une misérable seconde du podium et 2’42” du leader de la Sunweb, favori à la victoire finale.

Nul doute que le plus fort se dégagera de cette journée infernale, pas de place au hasard. Il n’est donc pas un hasard de voir le britannique favori du jour. À l’attaque sur les pentes du Roccaraso, le leader de substitution de Geraint Thomas impressionne depuis. Auteur d’une attaque tranchante sur les pentes du Calaone à Monselice, il a toujours semblé serein jusqu’à présent. Véritablement aérien sur les pentes du Piancavallo, le coureur d’Inès Grenadier s’est certes imposée dans une victoire qui ressemble à une victoire “negociée”. Mais il semblait en mesure de faire mieux… Probablement beaucoup mieux. Avec presque 3′ de retard sur Kelderman avant un chrono de clôture à Milan, rien n’est fait pour le british qui rêve pour l’heure de monter sur le podium. Mais l’occasion est belle de tenter le va-tout. D’autant que sur le pente du Piancavallo où il semblait au rupteur et à l’arrivée de San Daniele del Friuli, Kelderman a paru friable. Dans la lignée de sa troisième semaine ultra offensive sur la Vuelta 2019, Tao Geoghegan Hart est à l’aise dès que la route s’élève. Tout pointe pour en faire le favori presque incontestable de l’étape du jour.

Lorsque l’on parle des dolomites, on ne peut exclure Vincenzo Nibali. Pointant à 3’31” de João Almeida, l’italien n’a guère le choix. Il doit attaquer comme il l’a fait en 2017 dans l’étape mythique de l’enchainement Mortirolo-Stelvio-UmbrunPass. Une étape rendue célèbre par Tom Dumoulin s’y arrêtant pour satisfaire un besoin pressant. Que ce soit à Corvara en 2016, à Ortisei/St. Urlich en 2018 ou à Monte Avena l’an passé. Nibali répond très souvent présent dans les montagnes des dolomites. Ses atouts de descendeurs sont un avantage indéniable qui devrait l’inciter à l’attaque sur les pentes du Stelvio. Il est vrai que plus les hauteurs sont vertigineuses, plus le requin de Messine est à l’aise. Ne reste qu’un point d’interrogation : en a-t-il les jambes ?

PRONOSTICS

Vincenzo Nibali vainqueur : 12 – 0.25% (PMU)

Tao Geoghegan Hart et Vincenzo Nibali podium : 5.25 – 0.25% (Betclic)

Etape 17 Giro d’Italia 2020 Preview

Première étape du tryptique alpestre au dessus des 5000 mètres de dénivelé. Une étape redoutée qui pourrait totalement modifier le visage du classement général. A moins que la montagne n’accouche d’une souris

Profil Etape 17 du Giro d’Italia 2020 © RCS

Avec 5650 mètres de dénivelé positif, la journée sera usante et pesante pour le reste de la course.

Avec 45 kilomètres de plat, le départ devrait être rapide. A l’instar de la journée de la veille, un gros groupe devrait réussir à s’extraire dans la montée de Forcella Valbona (et je ne parle pas d’un célèbre ex-marseillais). Nul doute des qualité de grimpette de l’échappée qui va y prendre le large. Lorsque le cap des 15 coureurs est passé, les statistiques tendent à montrer que les chances des échappées passent de presque 45% en haute montagne à plus de deux tiers. Les chances des fuyards sur une telle étape sont donc grandes. Mais quels éléments pourraient pencher en leur faveur ?

Une énième journée pour les baroudeurs ?

La montée finale devrait de prime abord être le lieu d’une guerre épique. Mais ce n’est qu’en apparence. A y regarder de plus près, la Madonna di Campiglio n’a rien d’insurmontable : 12.5 kilomètres à 5.7%, les pentes maximales s’élèvent à 9%. Presque décevant lorsque l’on compare aux autres autres du jour et à toutes les difficultés parcourues jusqu’alors tout au long de ce Giro. Le sommet est par ailleurs très roulant : 2.5km à 2.8%. Un faux plat montant en somme jusque la ligne d’arrivée. Pas de quoi espérer faire de grandes différences au sein des leaders du classement général.

Avec un vent trois quart dos toute la journée et de dos dans les 30 derniers kilomètres à partir de Tione di Trento, les chances des échappées sont augmentées. Le vent soufflant de manière favorable. Les conditions de montée de la dernière difficulté sont extrêmement favorables au sein du peloton des leaders. Si d’ordinaire, c’est un vent qui incite le GC à attaquer. Les pentes trop “douces” devraient freiner toutes les envies.

Avec une étape 18 marquées par la double ascension du Stelvio et faisant figure d’étape reine, les équipes de leaders vont sans nulle doute jouer comme à San Daniele del Friuli. C’est-à-dire courir à l’économie. La Deceuninck Quick Step n’a aucun intérêt à chasser l’étape. Sans bonifications, João Almeida peut chercher à grapiller quelques secondes. Que ce soit Sunweb, Ineos Grenadier, Trek Segafredo, NTT Pro Cycling ou même Bahreïn Mérida, aucune de ces équipes n’a vraiment d’intérêt à s’embarquer dans une telle opération. Bien que Wilco Kelderman pointe à 15 secondes du maillot rose, il est sans doute bienvenu pour la Sunweb de ne pas avoir le poids de la course dès maintenant et de profiter d’un jour pour souffler avant les grandes manœuvres.

Rares sont les Grands Tours offrant tant de chance pour les baroudeurs. L’étape de jour ne devrait pas déroger à la règle. Ce qui signifie que c’est une nouvelle fois la loterie.

Ruben Guerreiro apparaît encore une fois en tête de liste tant on sait le portugais participe à une véritable joute dans la chasse aux points pour le maillot de meilleur grimpeur. Mais encore une fois comme pour Piancavallo, c’est sans doute vers son coéquipier Tanel Kangert qu’il faut se pencher. 17e de l’étape de dimanche, l’estonien de la EF Education First aura décidé de rester avec le peloton des leaders. Finissant à près de 8’40” du peloton des leaders hier. Kangert a visiblement décidé de faire du jus. Si on peut valablement estimer que les chances des échappées sont plus grandes aujourd’hui que demain, que l’étape 19 devrait se conclure par un sprint et que l’étape 20 devrait être considérée comme un lot de consolation pour un leader sans espoir de victoires ou de podium final. L’étape d’aujourd’hui est sans doute l’occasion ou jamais. Quand bien même une victoire au Stelvio serait plus prestigieuse. Sa 7e place du contre-la-montre à prouver que le coureur d’EF est en forme. Le profil du jour lui scie encore à merveille. Sur un col véritablement roulant, sans nul doute qu’un grimpeur ayant de bonnes disposition dans l’effort individuel et/ou ayant un bon sprint est avantagé. Si Guerreiro est aussi de sortie, Kangert pourra profiter du marquage du portugais pour jouer sa carte à fond.

Si l’on peut passer que la Ineos Grenadier retournerait à une stratégie traditionnelle dans le but de chercher la victoire finale. Sur une étape promise à un calme avant la tempête, l’occasion semble en or pour ramener une sixième victoire d’étape. Le profil de la dernière montée étant une bénédiction pour certains rouleurs : Rohan Dennis et Jonathan Castroviejo sont sans doute les meilleurs chances de l’équipe britannique. Le premier s’est d’ailleurs échappé dimanche et été le plus solide des hommes échappées. En véritable rouleur, il aura su bien résister en solitaire sur les pentes du Piancavallo au retour des leaders. Véritable spécialiste de l’effort individuel, en démontre ses deux titres de champion du monde de la discipline, l’australien sait aussi grimper. Dans une époque marquée par le règne des coureurs de Dave Brailsford, les rouleurs sont transformés en véritable bête à rouler dans les cols. Capable de liser leur effort pour ne jamais être distancé. Sa deuxième place au Tour de Suisse, l’an dernier derrière Egan Bernal aura prouvé que Dennis a les capacités dès que la route s’élève. Capacités que le second, nous aura démontré tout au long des années Ineos. Transféré en 2018 à la Sky, Castroviejo est devenu une pièce essentielle du train de l’équipe britannique en haute montagne. Ce n’est donc pas une surprise d’avoir vu l’espagnol si fort sur les pentes du Roccaraso. Échouant face à un Ruben Guerreiro plus fort que lui au sprint.

PRONOSTICS

Tanel Kangert vainqueur : 17 – 0.125% (PMU) / podium : 5.5 – 0.125% (NetBet)

Rohan Dennis ou Jonathan Castroviejo vainqueur : 16.875 – 0.125% (Castroviejo a 27 sur Zebet/ et Dennis à 45 sur Unibet)

Rohan Dennis ou Jonathan Castroviejo top 3 : 8 – 0.125% (Dennis à 40 et Castroviejo à 10 sur Zebet)

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Etape 16 Giro d’Italia 2020 Preview

Une étape le lendemain d’un jour de repos n’est jamais anodine. Certains digèrent plus ou moins bien cette journée si spéciale pour recharger les batteries avant une troisième semaine qui s’annonce tout simplement diabolique. L’étape de mercredi promet un dénivelé positif de 5650 mètres. Le lendemain, la bonne nouvelle est que le Stelvio actuellement enneigé semble praticable. La mauvaise repose dans les 5847 mètres de dénivelé que comporte l’étape. Et enfin la dernière étape de haute montagne, à la veille du chrono de clôture du Giro à Milan, comporte quant à elle 5364 mètres. Un programme titanesque qui pourrait inciter à une journée plutôt calme demain. A moins que les résultats des tests PCR n’en décident autrement comme cela a été le cas pour l’étape de Tortoreto. Peter Sagan pourrait une nouvelle fois être le facteur X de cette étape dans une quête au maillot cyclamen.

Profil Etape 16 du Giro d’Italia 2020 ©️ RCS

229 kilomètres, le lendemain d’une journée de repos, ce n’est déjà pas rien. Mais en entame de troisième semaine, cela relève presque de la cruauté.

Comme à l’accoutumée, la bataille pour prendre le large devrait être âpre sur les 20 premiers kilomètres. La bonne devrait se dessiner sans trop de surprises dans l’ascension de la Madonnina del Domm. Le filtrage devrait en conséquence être facilité en théorie et les coureurs en tête des classements du Breakaway et du Fighting Spirit Prize : Marco Frapporti, Simon Pellaud, Mattia Bais devraient tenter s’extraire du peloton pour une énième journée de galère. S’ils en ont les capacités car les pures grimpeurs seront sans doute inspirés par cette journée potentiellement tranquille pour les coureurs du classement général.

C’est sur le circuit final parcouru sur deux tours complets et plus de la moitié d’un tour supplémentaire en entrant dessus que la décision finale se jouera.

Principale difficulté du parcours, la montée du Ragogna est infâme. 2.8 kilomètres à 10.4% de répertoriés par l’organisateur place le monstre au panthéon du barbarisme. Avec une pente maximale à 16.8%, les puncheurs vont se régaler. Gageons que Mikkel Bjerg cette fois me misera pas en début d’étape sur Fernando Gaviria son sprinteur.

Dès le pied, la route ne guère de place. La bataille de positionnement que nous avons vu dans les ascensions des murs du Roccolo et du Calaone à Monselice se répétera.

Si la météo pouvait être importante, notamment avec le vent de dos qui pousse les coureurs et incite à passer à l’attaque. En pleine forêt, l’impact du vent est nulle. Les arbres protégeant le secteur.

Quoi qu’il en soit, le peloton sera nécessairement étiré sur des routes si étroites.

Les pourcentages les plus raides sont sur le premier kilomètre 650. La pente est légèrement plus douce sur le kilomètre restant mais reste à plus de 8%.

A partir du sommet, il ne restera que 13 kilomètres pour rallier l’arrivée. Les similarités sont nombreuses avec le final de Monselice.

Avec une descente étroite, elle aussi…

… mais absolument pas technique. Située en pleine forêt, elle n’offre que peu de visuel. Un avantage indéniable pour un coureur en solitaire ou un groupe qui s’est extrait dans la montée du Ragogna.

A la suite de quoi, il faut une nouvelle fois faire face à 8 kilomètres quasi de plane en traversant les villages pour rallier l’arrivée.

Une partie qui encore une fois n’offre que peu de visuel.

Au sein du dernier kilomètres, il faudra être costaud avec…

… en son début 250 mètres où la route se dresse jusqu’à 16%.

Pour finir par 210 derniers mètres de ligne droite à 8% qui devraient s’avérer facilement en arrivant lancé. Viré en tête serait primordial tout en ayant un certain punch et de la puissance en cas d’arrivée en petit comité.

Qui pour mener la chasse derrière les échappées ?

Toute la question repose sur le filtrage dans la première ascension. Il est compliqué de pouvoir contrôler dans une telle difficulté.

L’équipe qui semble toute désignée pour chasser est la UAE-Team Emirates. Pour cause, vainqueur de Monselice, Diego Ulissi a un terrain à sa mesure avec un final on ne peut plus parfait pour l’italien. L’avantage reposant sur une double qualité : le vainqueur d’Agrigento et de Monselice peut gagner tant dans l’échappée que depuis le peloton. Tout dépendra donc d’Ulissi pour l’équipe emirate.

Découlant de cela, la Bora Hansgrohe est sans doute l’autre équipe forte capable de faire le job. Avec 37 points de retard sur Arnaud Demare au maillot cyclamen, Peter Sagan n’a plus de temps à perdre. L’arrivée offre 25 points quand potentiellement sur les étapes restantes, le slovaque semble en mesure d’aller chercher 24 points supplémentaires aux sprints intermédiaires. En prenant en compte, la supporté du français sur le triple champion du monde lors du sprint d’Asti (étape 19). Le débours pourrait être augmentés de 15 points supplémentaires ce jour là, si l’ordre jusqu’à présent observé se répète. C’est-à-dire Demare vainqueur, Sagan 2e. Sortons les calculettes, dans un tel scénario presque idéal pour le coureur de la Bora, le maillot sera perdu pour 3 petits points. Ce qui place les points du sprint intermédiaire de Moimacco dans la catégorie indispensable. Toute la question est de savoir si Sagan peut réussir lui aussi à s’échapper. Sans doute la meilleure option est de filtrer une échappée vraiment peut fournie. Pour embrayer dans le Monte Spig afin de lâcher le leader du classement par points et récolter les points restants du sprint intermédiaire au bas de la descente. Ne restera plus qu’à attendre le circuit final pour tenter d’aller glaner la victoire finale.

La Deceuninck Quick Step a encore le maillot rose avec João Almeida mais le matelas est désormais faible, seulement 15″. Dans un final siant parfaitement au portugais, l’équipe belge serait bien inspiré d’aller chercher le gain de l’étape avec les bonifications à la clé et même de tester les autres leaders. Après une journée de repos, une telle étape peut être génératrice de dégâts. Les dommages peuvent être conséquents, si un leader est vite en perdition. Cependant, si le portugais venait à perdre le maillot. Il est un assessit que l’équipe peut viser : le classement de la meilleure équipe. Almeida, Knox et Masnada sont un gage de bien y figurer. L’équipe ne pointant qu’à 1’26” des Ineos Grenadier, elle n’a aucun intérêt à laisser toutes les autres équipes se replacer avant d’aborder les étapes alpestres.

En bonne position avec le 2e et le 3e du GC, la Sunweb est désormais l’équipe forte. Le favori du Giro est en bonne position. L’équipe a montré toute sa force sur l’étape de dimanche, qu’elle sera nécessairement attendue. Wilco Kelderman avec un faible débours a une occasion de revêtir la tunique rose dès demain. Prendre la maillot permettrait à l’équipe de ne pas subir le poids de la course en le laissant aux Ineos, principal danger pour la victoire de Kelderman. L’équipe britannique qui serait obligé de prendre les choses en main pour déstabiliser le leader du GC.

Traditionnellement à l’attaque, il ne faut plus compter sur les Ineos Grenadier pour aller de l’avant. 4e du Général, Tao Geoghegan Hart pointe à seulement une misérable seconde du podium et 2’42 de Kelderman. Avec les étapes de haute montagne qui arrivent, l’écart semble conséquent mais est potentiellement dérisoire. Le britannique a montré tellement de force, qu’il apparaît comme un favori du Giro et la plus grosse menace pour le néerlandais.

Que ce soit la Bahreïn Mérida, la Trek Segafredo ou même la NTT Pro Cycling, toutes peuvent tenter de déstabiliser le groupe des leaders à l’instar de cette dernière jeudi dernier à Cesenatico ou de la Bora mardi dernier a Tortoreto. D’une part dans l’optique d’un replacement mais aussi dans le but de faire vasciler une ou plusieurs têtes d’affiche.

En d’autres termes, tout dépend des conditions mais la main d’œuvre pour chasser est présente. Sûrement est-il trop tôt pour affirmer que personne ne voudra chasser ou ne le peut.

Du fait du repositionnement stratégique de la Ineos Grenadier, le peloton devrait être au moins dicté par les britanniques. Qui malgré la perte de Narvaez apparaît comme une des équipes fortes capables de le faire sur une telle distance. La montée étant trop dure pour Ulissi et Sagan si des grimpeurs bataillent. L’étape semble promise au peloton avec une telle main d’œuvre.

Le circuit final offre pas mal d’occasions dans la Monte di Ragogna. La première semble un peu loin pour tenter le coup. Située à 66.9 kilomètres de l’arrivée, même pour durcir la course, le mouvement semble osé dans une course à étape comme le Giro d’Italia. Et cela dit au vue de la composition du circuit, sur une classique aussi. La deuxième est située à 40 kilomètres mais cela implique de ne jamais débrancher du parcours pour mettre hors jeu définitivement tous coureurs lâchés.

Avec le besoin de main d’œuvre dans le dernier tour, tout devrait donc se jouer la troisième et dernière fois que le peloton s’attaquera à Ragogna. Située à 13 kilomètres, la minute de retard peut tout de même très vite grimper comme le groupe Demare a pu le constater à Monselice lors du Calaone.

De par les routes étroites, la bataille de positionnement va nécessairement accélérer le rythme en tête du peloton. Matteo Fabbro est encore attendu pour y étirer le peloton jusqu’au point de rupture. Où Sagan tentera comme un diable de survivre. La Bora ayant pour avantager de rouler soit pour Sagan en vue du maillot cyclamen, soit pour Rafa Majka et Patrick Konrad en vue du GC et pourquoi pas pour les trois.

Un retard de 30″ au sommet n’est pas rédhibitoire mais impossible à rattraper dans la descente. La portion plane n’offre que peu de visuelle, l’avantage est au groupe de tête qui doit nécessairement s’entendre.

Le dernier kilomètre est favorable à un coureur qui a du punch en partant dès le pied. Les forts pourcentages s’abordent à la suite d’un virage qui fait que les coureurs ne seront pas lancés.

Fort dans le Calaone où il a placé une attaque tranchante en étant rattrapé par Ruben Guerreiro, Tao Geoghegan Hart a l’occasion de faire la passe de deux. Mais aussi de monter momentanément sur le podium du Giro par le jeu des bonifications en cas de victoire. Apparaissant comme le plus fort sur les pentes du Piancavallo, le coureur de la Ineos Grenadier apparaît comme un candidat crédible à la victoire. Si ce n’est désormais le favori avec les étapes de montagne restantes. A l’attaque sur les pentes du Roccaraso, le jeune britannique a une voie royale pour s’emparer d’un grand Tour. Lui qui est dans l’ombre de ses leaders : Egan Bernal, Richard Carapaz, Geraint Thomas. Et qui devra être au service potentiellement de coureurs comme Adam Yates, Daniel Martinez ou même Tom Pidcock dans les années à venir. Sans oublier Pavel Sivakov parmi les non arrivants. Le vivier des Ineos Grenadier est donc fourni, il n’est pas certain que Tao est sans carte. Si tenté que son contrat soit renouvelé. Rappelons que TGH n’a encore signé aucun contrat, l’intérêt semble double pour obtenir une place de leaders dans une autre équipe et pour porter son nom au palmarès d’un Grand Tour. Sa 4e place lors du sprint de Monselice montre que sa pointe de vitesse est tout sauf abominable. Ses performances sur la Vuelta l’an passé au Santuario del Acebo puis le lendemain à  Alto de La Cubilla montrent sa bonification tout au long des trois semaines d’un Grand Tour. Et ses victoires notamment sur le Tour des Alpes 2019 démontre que sur ce genre de final, il est l’un des meilleurs. Rappelons qu’il aura régler un groupe avec Alex Aranburu à Kufstein. Mais ce n’est que confirmation de ses podiums chez les espoirs à la Doyenne des classiques.

Même schéma que Monselice ? Patrick Konrad doit être le candidat tout désigné pour la Bora. 3e derrière Diego Ulissi et Joao Almeida pour un boyau. Sa pointe de vitesse déjà vu à la Klasikao y a été confirmée. Il est vrai que se faire battre par Greg van Avermaet, Marc Hirschi, Gorki Izaguire qui ne sont pas réputés pour être les moins rapides du peloton des leaders, vous place un bonhomme. Au regard de ses résultats au Mur de Huy sur la Flèche Wallone, on sait d’or et déjà que l’autrichien est explosif. Le final est donc parfait pour lui.

6e à Monselice, Sergio Samitier est de ces coureurs comme Ruben Guerreiro ou Diego Ulissi qui peuvent gagner devant en échappée comme derrière avec le peloton des leaders. Nombre sont donc les scénarios qui parlent en sa faveur. 8’11” c’est le temps qu’il aura perdu lors du contre-la-montre du Prosecco. Une perte qui n’est nullement due à une défaillance. Mais bel et bien fait exprès en vue de pouvoir avoir un bon de sortie sur les étapes à venir. Comblant l’écart de deux minutes sur l’échappée de costauds déjà formée dans la montée de Sella Chianzuta, en lâchant un Ruben Guerreiro pourtant à la lutte pour le maillot de meilleur azzura de grimpeur. L’espagnol de la Movistar a confirmé sa forme. Sous les radars en étant à près de 21′ du leader, le 3e du classement de la montagne de la Vuelta 2019 peut profiter de sa position, pour naviguer sans crainte d’être chassé pour sa dangerosité au GC.

PRONOSTICS

Tao Geoghegan Hart vainqueur du classement général : 6 – 0.25% (Winamax)

Tao Geoghegan Hart vainqueur / Top 3 : 20 / 6 – 0.25% (Betclic/Winamax)

Patrick Konrad vainqueur / Top 3 : 30 / 8 – 0.25% (Betclic)

Sergio Samitier vainqueur / Top 3 : 35 / 12 – 0.25% (Zebet/Winamax)

Etape 15 Giro d’Italia 2020 Preview

Etape de clôture de la deuxième semaine avec une arrivée au sommet. En période Covid, avec les risques d’annulation pesant comme une épée de Damoclès au dessus de la tête du peloton, on peut espérer une bataille des leaders. Mais les équipes ont montré certaines lacunes qui laissent beaucoup d’espoir aux échappées.

4481 mètres de dénivelé positif, aucun doute possible : l’étape du jour peut faire des dégâts. Le Giro ne s’y gagne pas, si l’épreuve va au bout. Mais il peut s’y perdre. Course aux bonifications, course dans la course, course aux assessits, course aux divers classements… beaucoup de paramètres incitent aux moments. A la veille d’une étape de repos et des tests PCR, l’ombre de la Michelton Scott et de la Jumbo-Visma hante le peloton de la 103e édition.

Le départ facile amène à penser que la bataille devrait une énième fois être âpre en vue de prendre la bonne échappée du jour. Il n’est donc pas à exclure que le même schéma des jours précédents se reproduisent avec une échappée partant au pied de la première difficulté située au bout d’une heure de course.

Mais c’est véritablement le dernier col qui semble dessiner le sort de l’étape. Si l’ombre du Covid-19 demeure, les organisateurs font montre d’abnégation et de détermination dans le but d’arriver à Rome. La troisième semaine est indigeste. Elle invite dans ce cadre à éviter tout effort superflu. En même temps, la journée de repos offre un cadre idyllique pour recharger les batteries. La balance semble être équilibrée sur les chances d’avoir une course dans la course. Joao Almeida est, exception faite de Wilco Kerderlan pointant sous la minute, avec une marge de plus de deux minutes sur les autres prétendants au Classement Général.

Si la montée de Piancavallo est longue avec ses 14.5 kilomètres, le débours peut vite se compter en minutes pour qui aura un jour sans. Y tenter des manœuvres est alléchant.

Le vent y sera d’une part mais quand bien même favorable. Et s’il est un élément annhilateur d’attaques dans une arrivée au sommet, c’est un vent de face, de peur de subir une “attaque boomerang”. Le problème aujourd’hui n’est pas les conditions climatiques. Mais le détail de la montée. Les 10 premiers kilomètres sont à près de 9%. Une partie vraiment escarpée contrairement aux cinq derniers kilomètres qui offre un boulevard visuel et des pentes beaucoup plus douces. La conclusion est sans appel, les manœuvres doivent être tentées dès le pied dans les pourcentages les plus raides pour espérer faire une différence.

La Deceuninck Quick Step comme à l’accoutumée laissera filer les échappées pour ne pas mettre aux mains de ses adversaires les bonifications à l’arrivée et aussi indirectement ne pas subir le poids de la course dans une chasse aux fuyards. Une économie bienvenue de son effectif en vue de la montée finale.

Les Ineos Grenadier, les Education First, les AG2R la Mondiale et les équipes invitées sont attendues pour tenter de mettre à leur compteur une énième victoire d’étape pour les deux premiers et une première pour les autres.

Probablement que si une équipe de leaders est intéressée par le gain d’étape mais surtout pour courir pour son chef de file, la stratégie la plus viable est de placer un homme dans l’échappée en point relais dans le but d’attaquer le peloton des leaders dans la première partie du Piancavallo.

La Sunweb semble courir de manière assez mesurée avec un tel final et un maillot rose paraissant solide, l’espoir de combler les 56 secondes de retard semble minime avec un tel final. La troisième semaine offre maintes occasions outrement plus intéressante.

Le poids revient sûrement aux équipes des leaders le suivant. La NTT Pro Cycling de Dominico Pozzovivo pointe en tête de liste. Des leaders, il a été un des plus actifs et à exposer toute sa forme. Son équipe a assumé que ce soit dans le final de Tortoreto que lors de l’étape de Cesenatico, le travail quand il le fallait. Bien que 7e du Général, à 2’33” d’Almeida, l’italien n’est qu’à 22″ du podium. La hiérarchie peut donc très vite basculer.

Si Pozzovivo est aux portes du podium, cela implique la Bora Hansgrohe, la Trek Segafredo, la UAE-Team Emirates sont une menace pour la troisième place de Pello Bilbao. La main d’œuvre potentielle pour chasser l’échappée est donc conséquente.

Dans un scénario où les leaders devait se livrer bataille. Sans doute, un leader désormais à plusieurs encablures est une belle option.

Le chrono de la veille est un bon indicateur. 11e à 3’44”, Tao Geoghegan Hart n’est pas une menace pesante tant sur le leader qui pour le podium. L’un des hommes forts du Classement Général sur le chrono ne comptant qu’un faible débours. Profitant de sa position et de la faiblesse des équipes, il aura été à l’attaque sur les pentes du Roccaraso dans une situation similaire. Auteur d’un attaque tranchante dans le mur du Calaone a Monselice, il aura monté avec sa 4e place à la fois sa forme et sa pointe de vitesse qui peut être un atout si l’étape venait à se résumer à une neutralisation entre leaders.

Cependant, la faiblesse des équipes étant et la composition du final n’incitant pas au va-tout. Les chances des échappées demeurent. Ruben Guerreiro apparaît en tête de liste pour beaucoup puisque son intérêt est double avec la chasse aux points pour le maillot de meilleur grimpeur. Mais c’est sans doute vers son coéquipier Tanel Kangert qu’il faut se pencher. 7e du contre-la-montre, l’estonien est en forme. Loin au GC, il a bien sûr le bon de sortie pour prendre la poudre d’escampette. Sa forme est bonne en témoigne sa surprenant 7e place à Saturnia sur le Tirreno-Adriatico dans un profil marqué par les murs de Toscane. Un élément qui me faisait le pointer pour l’étape victorieuse de Peter Sagan. Tout en soulignant les craintes qu’il n’attend dimanche. Puisque les efforts dans les montées pour puncheurs ne lui correspondent pas. En véritable grimpeur, le coureur de la EF est ce qu’on appelle un véritable diesel. Le profil du jour lui scie donc à merveille. Un coureur qu’on a l’habitude de retrouver dans les échappées lors des arrivées au sommet. Son excellente place en début de saison sur l’étape de clôture de Paris-Nice à Valdeblore La Colmiane n’est pas sans rappeler que l’estonien peut faire partie du gratin mondial quand la forme est présente. Profitant d’un potentiel jeu d’équipe avec Guerreiro, Kangert naviguerait, à l’instar de Tao Geoghegan Hart dans l’échappée sous les radars.

Pronostics

Tao Geoghegan Hart vainqueur / Top 3 : 21 / 6.5 – 0.25% (Betstars/Unibet)

Tanel Kangert vainqueur / Top 3 : 30 / 9 – 0.25% (Betclic/Unibet)

Etape 14 Giro d’Italia 2020 Preview

A l’instar de l’épreuve chrono-la-montre de Pau sur le Tour de France l’an dernier, le parcours se fait au fil du vignoble italien du Prosecco en liant Conegliano et Valdobbiadene.

Profil Etape 14 du Giro d’Italia 2020 © RCS

34.1 kilomètres à 0.6%, ce n’est pas moins de 649 mètres de dénivelé positif. Un clm somme toute exigeant.

Le départ est un véritable paradis pour les gros rouleurs…

… avec des bons bouts de ligne droite où les watts devraient péter.

Situé au bout de 6 kilomètrss 300, le Muro di Ca ‘del Poggio n’est guère long seulement 1.1kilomètres à 12.3% et une pente maximale à 19%.

Pour le gravir, le vélo de contre-la-montre étant plus lourd que le vélo de course traditionnel, la question de l’avantage d’un changement de vélo à l’image du chrono de la Planche des Belles Filles se pose. Plusieurs hypothèses :

  • opérer la montée sans changement de vélo
  • partir avec un vélo traditionnel et changer de vélo au sommet du mur a proximité du croisement de la Via Dei Pascali et de la Via Borgo Antiga
  • partir avec un vélo de chrono, changer pour un vélo traditionnel dans le début des forts pourcentages lorsque la perte de vitesse est conséquente au pied du Mur puis rechanger pour un TT bike au sommet.

La deuxième option pose le problème de la perte sur les 6 premiers kilomètres. La troisième option pose le problème du gain d’une telle opération. Un changement implique nécessairement une perte de temps qui en découle. Le gain d’un changement était estimé à près d’une trentaine de secondes dans la Planche des Belles Filles. La distance était alors six fois plus longue. Avec un double changement le bilan coût-avantage apparaît négatif. C’est pourquoi la première option semble la meilleure, quand bien même le vélo de chrono soit jusqu’à 2 kilogrammes plus lourd que le vélo de route.

S’en suit toute une partie en faux-plat descendant jusque la via Canegliana…

… sur une route plus ou moins sinueuse mais roulante.

Sur une partie presque rectiligne reliant le deuxième intermédiaire et le troisième…

… les spécialistes auront un terrain parfait pour s’exprimer.

Les 7.6 kilomètres restants peuvent être divisés en deux phases.

Une phase ascendante sur près de 4.1 kilomètres… très irrégulier.

Une phase descendante sans aucune difficulté technique menant à la ligne droite finale…

… non lancée dont les 400 mètres sont à 5% sur un véritable billard.

Un effort individuel somme toute exigeant mais où les spécialistes ont matière à s’exprimer. Le Top 10 devrait ainsi être entrecoupé de spécialistes et des leaders au classement général à l’instar du contre-la-montre de Pau de la Vuelta 2019.

Filippo Ganna, le grand favori justifié ?

Champion du monde 2020 en la matière à Imola avec une marge de 22 secondes sur son dauphin Wout van Aert, Filippo Ganna est passé maître du temps. Quatruple champion du monde de poursuite individuelle sur piste (2016, 2018, 2019 et 2020), l’italien de la Ineos Grenadier est aussi le triple recordman du monde du temps sur cette épreuve avec un 4’01″964 d’affiché en début de saison pré-Covid. Pulvérisateur du record du chrono traditionnel de fermeture du Tirreno-Adriatic fixé par Cancellara à 11’08. Le champion d’Italie de l’effort individuel a terminé les 10 kilomètres de San Benedetto del Tronto en 10’42”. S’incrivant comme le premier homme à passer sous la barre des 11 minutes. Développant une moyenne stratosphérique de 580 watts sur les deux derniers kilomètres .

Quand on sait que son record du monde de poursuite est estimé à 607 watts, cela explique pourquoi Ganna fait figure de favori incontesté dans toutes les épreuves chronométrées. Seulement depuis qu’il est professionnel, Ganna a participé à 24 chronos, en a gagné 25% et fini sur les deux autres places du podium dans 25% des cas. Mais la distance moyenne de ses chronos gagnés est de 20.1 kilomètres effectués contre les 24.56 de ceux auxquels il a participé.

De ces conclusions, j’ai pu dire que cela “montre que Ganna apprécie les efforts courts et que le chrono du jour, bien que court pour un mondial, semble être un peu trop long pour l’italien“. Une position qui ne varie pas. Le contre-la-montre d’Imola était divisé en deux parties : 14.9 km en léger faux-plat montant avec un fort vent de face et 17.1 km en partie légèrement descendante avec un fort vent de dos. Sur cette dernière partie, Pipo s’est écrasé au niveau du chronomètre. Puisqu’il avait véritablement pulvérisé la concurrence sur l’intermédiaire en reléguant Rohan Dennis à 20” lui même qui avait relégué Geraint Thomas à 35”. En somme, le clm de Ganna s’est résumé aux 15 premiers kilomètres. Ce qui correspond parfaitement à sa distance. Si la concurrence est reléguée au second plan aujourd’hui, sans doute je devrais réviser mon jugement sur sa capacité sur longue distance ; mais pas avant. Est-ce pertinent d’aller contre, en misant tout autre que Ganna ? L’incertitude sur son évolution incite à la prudence. Est-ce justifiable de prendre à 1.28 voire au maximum 1.48 si on le pense ? Les impondérables sur les incidents et accidents incitent à raison garder.

Quoi qu’il en soit derrière le chrono est ouvert. Wilco Kelderman en l’absence de Geraint Thomas apparaît comme un candidat très crédible si ce n’est le candidat le plus crédible parmi les hommes du classement général. De retour au top niveau après ses problèmes de dos qui l’avait contraint à abandonner le Tour de France l’année passée. Le leader de la Sunweb est une figure de proue dans l’effort individuel parmi les leaders de ce 103e édition du Giro d’Italia. Il n’y a qu’à se souvenir de sa deuxième place sur la Vuelta 2017 derrière Christopher Froome pour s’en convaincre. Avec ses aptitudes d’excellent grimpeur, ce chrono est presque cousu main pour le néerlandais qui peut gagner du temps précieux avant les étapes en haute montagne de la troisième semaine. Sans doute, les clm d’ouverture du Giro et de clôture du Tirreno sont un poil décevant mais ne lui sciaient guère comme le chrono du jour.

Météo au départ (Conegliano)
Météo à l’arrivée (Valdobbiadene)

Les modèles météo semblent tendre vers un vent favorable sur toute la journée. Quasi inexistant, il devrait légère diminuer sur le passage des coureurs partants à 15h avec potentiellement un peu plus de risque d’averses. La météo ne devrait donc avoir que peu d’influence sur le résultat final.

PRONOSTICS

Wilco Kelderman Top 3 : 6 – 0.5% (Betclic/Unibet/Winamax)

Etape 13 Giro d’Italia 2020 Preview

Après une journée exigeante et la victoire sans doute “obvious” de Jhonatan Narvaez, le peloton se dirige vers une journée plus calme.

Profil Etape 13 du Giro d’Italia 2020

825m de dénivelé positif ne laisse en général que peu de place au doute, l’étape est tournée vers un sprint. Seulement, la fin de parcours laisse planer quelques interrogations sur cette éventualité.

Un vent léger trois quarts face de Consandolo (KM 64.7) jusque Battaglia Terme (KM 150). Puis un vent de dos dans la première difficulté, avant de frapper de côté dans la dernière avec une puissance tout aussi mesurée.

Les 158 premiers kilomètres n’ont rien à offrir au peloton hormis le plat le plus absolu. Mais à partir de Torreglia les choses se corsent avec un enchaînement de deux véritables murs. Le premier d’entre eux : Il Roccolo. 4.1 kilomètres à 8.3%. Les premiers 400m sont relativement plats (1.6%) avant 1km à 10.2% et une pente maximale à 20%. Le sommet est encore plus indigeste. Le kilomètre final est à pas moins de 13.4% pour un maximum de 17%. Un monstre de cruauté.

Sa montée se fait sur des routes vraiment peu larges. Ce qui aura pour conséquence intrinsèque d’étirer le peloton, avec un vent propice aux attaques puisque de dos et la tension qui y règnera pour que chaque équipe place son leader aux avants-postes. Le rythme de la montée pourrait naturellement être élevé. D’autant que son sommet se situe à seulement 29.5 bornes de l’arrivée.

S’en suit une descente rapide et technique vers la seconde difficulté du jour. Un cauchemar pour Ilnur Zakarin.

Le peloton encore une fois devrait s’y étirer d’autant plus. Ce qui favorise une lutte dès le premier mur pour basculer en tête. D’autant qu’au bas de la descente, seulement cinq kilomètres permettent un repositionnement des leaders avant d’aborder les derniers gros pourcentages de la journée.

Le Calaone n’est pas un mafieux mais un mur de 2.1 kilomètres à pas moins de 9.8%. Un mastodonte dont la première grosse partie est à 10.7%. La deuxième partie se radoucit mais reste tout aussi indigeste avec ses 7.8%.

Sur une route encore moins large que le Roccolo, le Calaone est une véritable invitation aux mouvements de course : soit pour se débarrasser des sprinteurs, soit pour tenter d’y faire le break et survivre dans les 15.9 derniers kilomètres au retour du peloton. Une étape où Alaphilippe se frotterait les mains.

Les 16 derniers kilomètres sont divisibles en partie.

La première avec une descente courte (seulement quatre kilomètres) mais extrêmement technique (neuf lacets et deux courbes à bien négocier).

La seconde avec presque 12 kilomètres de plat, qui laisse à penser qu’un regroupement est possible si des sprinteurs sont lâchés et que leur train les ramène vitesse grand V.

En cas de sprint réduit, le final est peu technique avec un dernier virage à 600 mètres de la ligne d’arrivée sur un véritable boulevard.

Avec des équipes si faibles, les échappées ont-ils une chance ?

La chasse de la Groupama-FDJ et de la UAE-Team Emirates ayant du mal à combler l’écart sur Sander Armée peut amener à se poser la question. Seulement, il ne faut pas oublier que si le coureur de la Lotto Soudal est un très bon coureur dans l’effort individuel. Le belge bénéficiait d’un vent de dos, favorable en somme à un coureur de tête. Pour l’étape de Monselice, le vent sera opposé. C’est-à-dire en défaveur des hommes de tête.

Dans un final à la défaveur d’Arnaud Demare (mais je m’en expliquerai), Peter Sagan a une nouvelle occasion de grapiller 25 points à l’arrivée. Ce qui lui permettait de revenir à seulement 11 points du maillot cyclamen. En vérité 12 puisque le champion de France devrait une nouvelle fois prendre un point supplémentaire sur le slovaque au sprint intermédiaire de Rovigo. La Bora Hansgrohe est attendue en tête de peloton. Avec un départ simple sans aucune difficulté et un vent de face prévu sur une majorité du parcours, le filtrage et le rideau immédiat peut être instantané. L’échappée prévisible étant : Marco Frapporti, Mattia Bais accompagné de Kamil Gradek ou d’une Bardiani. Dans une échappée dont les chances sont proches de 0%, le seul intérêt est de grapiller des points au classement du Breakaway Prize qui offre 9500€ au vainqueur final. Ledit classement étant déterminé sur les échappées de moins de dix coureurs et de plus de cinq kilomètres. A ce jeu, Marco Frapporti est actuel leader du classement avec 44 points contre 38 pour Simon Pellaud et 34 pour Mattia Bais. L’intérêt de rouler pour la Bora sur cette étape est double stratégiquement. En prenant la course à son compte, l’équipe allemande annonce qu’elle jouera l’étape pour Peter Sagan qui aura montré passer les murs lors de l’étape victorieuse de Tortoreto. Cependant, le final offre des possibilités pour les leaders de s’attaquer. Un final favorable à ses deux leaders : Patrick Konrad 6e à 1’15” et Rafa Majka 8e à 1’21”. Rouler en tête de peloton a dès lors un double intérêt. D’autant que rouler pour ses leaders avec le prétexte Peter Sagan peut dissimuler les vraies intentions de l’équipe à savoir rouler pour ses leaders.

Mais si l’on parle de bataille pour le maillot cyclamen pourquoi éliminer Arnaud Demare qui a montré passer très bien les murs ? Le coureur de la G-FDJ a en effet prouvé que sur des pentes courtes et parfois raides qu’il pouvait tenir comme rappeler lors de l’étape de Vieste. Ses exploits en Wallonie dans les cotes de Cheratte (1km à 8.6%, max à 13%) et de Beffe (1.6km à 8.7%, max à 15.6%) le démontre aisément. Vainqueur de l’étape de Matera dans un final punchy nous l’a encore prouvé. Mais la pédagogie étant l’art de la répétition, il ne faut pas s’y fier. Les conditions étant totalement différentes. Les murs étant d’une part plus courts que le Roccolo, les routes beaucoup plus larges et le vent défavorable aux attaques. Des conditions totalement opposées se rapprochant de celle du raidar de la Chiesola. Bien que dans le peloton, le rival du slovaque a été à la fois rétrogradé et largué. Ce qui montre ses limites malgré sa forme. Dans un final mené tambours battants, les espoirs d’ascensions escamotées pour voir un sprint massif sont vains. Tout comme les espoirs de retour dans les parties planes. Les descentes n’étant nullement à la faveur d’un retour de coureurs largués rapidement.

L’étape a aussi un intérêt même double pour les UAE-TEAM Emirates. Le final scie parfaitement à Diego Ulissi. Il serait donc bête de ne pas profiter de l’occasion pour aller chercher une victoire d’étape. D’autant que le final fait penser à celui des Tortoreto où Brandon McNulty a réussi à reprendre du temps.

Après son show sur l’étape de la veille, la NTT Pro Cycling n’est pas à éliminer des équipes qui profiteront du final. Mais on devrait la voir en action que dans les 30 derniers kilomètres. Tout comme la Trek Segafredo qui pourrait profiter des descentes pour semer la zizanie dans le groupe des leaders.

La veille d’un contre-la-montre difficile et d’un dimanche avec une arrivée au sommet, on pourrait raisonnablement penser que la journée et le final ne sont pas propices à des mouvements de leaders et augmente considérablement les chances des échappées. Mais l’ombre d’une future annulation à cause du Covid-19 change toute la donne.

La première ascension pourrait et devrait même par le jeu de placement être mené bon train. Les conditions y sont propices pour des attaques. Quand bien même ces tentatives seraient opérées par des coureurs inoffensifs au classement général, Matteo Fabbro pourrait aisément les ramener dans les rangs. La sélection se ferait naturellement par un écrémage par l’arrière avec un peloton qui se tend dans le Roccolo avant de casser. La descente étroite qui s’en suit n’est pas en la faveur d’un espoir de retour. D’autant que les cinq kilomètres de plaine menant au Calaone devraient être effectués de manière tout aussi rapide naturellement par le jeu de placement des leaders. La seconde ascension est plus courte et encore plus étroite que la première, ce qui induit indubitablement un rythme élevé dès le pied et une certaine tension dans le peloton. Avec une descente vraiment technique et seulement 16 kilomètres à parcourir pour relier l’arrivée, le mur final inspire nécessairement à l’attaque. Les 30 derniers kilomètres du parcours invite dès lors à éliminer bon nombre de sprinteurs/puncheurs et se pencher vers une journée ouverte aux coureurs du GC.

Quel leader choisir et pourquoi ?

Le meilleur profil doit être :

  • un leader avec un certain punch, comme Jakob Fuglsang
  • un leader avec de bonnes qualités de descendeur, comme Vincenzo Nibali
  • un leader avec de bonnes qualités dans l’effort individuel pour résister sur les 12 kilomètres finaux totalement plats, comme Pello Bilbao
  • un leader avec un bon sprint en cas d’arrivée en comité réduit, comme Joao Almeida.

Le final devrait inspirer la NTT qui a roulé dans le final de Tortoreto et sur toute la journée de Cesenatico. Dominico Pozzovivo fait preuve d’une forme fabuleuse. Les forts pourcentages ne sont pas un problème pour ce poids plume. Artificier d’une descente du Valico di Montescuro, le seul talon d’Achille de l’italien est l’effort individuel. Un mouvement aujourd’hui est naturellement envisageable en vue de grapiller du temps avant de le reperdre demain sur le contre-la-montre. La meilleure option pour Pozzovivo est donc d’être accompagné dans une de ses attaques par un autre leader mais être battu au sprint ou de placer un relai à l’avant qui aura attaqué dans le Roccolo et réussi à prendre de la marge.

Les descentes sont nécessairement une source d’inspiration pour Vincenzo Nibali. Le problème de l’italien réside dans le fait qu’il est nettement dominé en terme de punch. Les deux murs ne plaident pas en sa faveur. Mais s’il venait à basculer en tête pour une raison ou pour une autre, l’italien pourrait faire des dégâts seulement sur 4 kilomètres, à l’image du Milan-San Remo 2018 qu’il avait remporté. Ses aptitudes en effort individuel ne sont pas mauvaises et à l’instar d’un sprint entre leaders à Andorre la Vieille sur la Vuelta 2018, il n’est pas en reste concernant son sprint.

En terme de punch, le final est à l’avantage de Jakob Fuglsang. Mais le danois semble être au bord du burn out chez Astana. Dézinguant littéralement son équipe (staff comme coéquipiers) dans les médias notamment danois.

Pointant à 2’20”, le danois n’a plus le choix. Il doit passer à l’attaque. Mais son attitude lors de sa crevaison n’a pas rassuré. Totalement désintéressé, Fuglsang semblait ailleurs. Un changement de vélo effectué de manière catastrophique derrière la voiture de son directeur sportif et non devant… Beaucoup d’éléments qui laissent à penser que le divorce semble consommé entre lui et sa future ex-équipe. Lui qui sera transféré à la fin de la saison. Comme quoi les histoires d’amour finisse mal en général.

Sans doute, faut-il privilégier un profil comme Pello Bilbao qui coche toutes les cases. Situé à 43” de Joao Almeida, l’espagnol peut rêver de rose. A l’attaque sur le final de Tortoreto, il aura été véritablement tranchant. Vainqueur de l’étape de l’Aquila sur le Giro de l’an dernier n’est pas sans démontrer son explosivité. Son sacre sur le championnat d’Espagne de contre-la-montre cette année confirme évidemment ses qualités connues dans l’effort individuel. Et ses nombreux podiums lors de sprint réduit comme au Tour de Burgos 2018 derrière des sprinteurs/puncheurs comme Fransceco Gavazzi et Alex Aranburu, sa pointe de vitesse est indéniable.

Si la Bora ne joue pas la carte Sagan, le joker Patrick Konrad est sans doute une bien belle main. Véritable puncheur en démontre ses résultats dans le mur de Huy sur la Flèche Wallone où il faut faire preuve d’explosivité, l’autrichien a un coup à jouer dans le final. Pas ridicule dans l’effort individuel, son explosivité peut lui servir en comité réduit. Gageons qu’il a tout de même pris une bien belle place à la Klasikao derrière Greg van Avermaet, Marc Hirschi, Gorki Izaguire et Baume Mollema qui ne sont pas les coureurs les plus lents du peloton.

Joao Almeida est sans nul doute un des leaders les plus rapides si ce n’est le plus rapide mais gare à ne pas se faire piéger. La securité pourrait être de se couvrir avec un sprinteur comme Ben Swift qui passe bien les murs et pourrait s’il était largué revenir à la faveur d’un groupe se regardant. Le terrain se prête à une explication entre leaders mais on ne peut écarter des sprinteurs/puncheurs s’accrochant au fond du wagon.

PRONOSTICS

Pello Bilbao gagnant / Top 3 : 65 / 20 – 0.25% (Winamax)

Patrick Konrad podium : 15 – 0.15% (Winamax)

Vincenzo Nibali vainqueur / Top 3 : 100 / 40 – 0.1% (Winamax)

Ben Swift podium : 4 – 0.25% (Unibet ou Betclic)

Etape 12 Giro d’Italia 2020 Preview

A l’instar d’une étape comme Tortoreto, le profil du jour possède un final presque similaire. Un vent de “on prend les mêmes et on recommence souffle sur le Giro”.

Profil Etape 12 du Giro d’Italia 2020 ©️ RCS

204 kilomètres pour 3812 mètres de dénivelé positif, le parcours du jour est sur un circuit “up and down”.

Palmarès Memorial Marco Pantani ©️ Emilia Sports Group

Une journée casse-patte inspirée du mémorial Marco Pantani dont Fabio Felline est le dernier à avoir inscrit son nom au palmarès de la course passant par le Montevecchio. Après Rimini, le Giro continue son hommage dans une étape dans la ville natale du pirate.

Le vent devrait être un élément important dans la.composition de l’échappée. Frappant fort du SSO, les coureurs l’auront presque de face sur la première partie de parcours jusqu’à Meldola. Et de dos / trois quarts dos sur le retour vers Cesenatico à partir de la montée de la Madonna di Pugliano.

Avec un départ plat durant les premiers 27 kilomètres, la bataille pour prendre le large devrait une nouvelle fois être rude. Les gros moteurs auront sans doute un avantage avec ce vent pour se dégager plus facilement du peloton.

Si la sélection n’est pas faite avant, elle devrait nécessairement se faire dans la montée d’abord vers Bertinolo puis vers Polenta. Si un nombre suffisant d’équipes est représenté à l’avant, le rideau se fera. Évidemment, nul n’est à l’abri d’une nouvelle tentation de Peter Sagan de figurer aux avants-postes. Quid de la réaction de la Groupama-FDJ si tel est le cas ?

Dans une étape difficilement contrôlable et vallonnée, il est peu probable de voir l’étape française chassait plus loin que Pian di Spino (KM 55.3). La route grimpant alors vers San Matteo, un terrain clairement au désavantage de la G-FDJ. Tout au plus, c’est donc une heure de course menée tambours battants qui devrait attendre le peloton. Avant que ce dernier ne fasse rideau derrière la bonne échappée du jour.

Répertorié comme étant une montée de 6 kilomètres à 6.4%, la Ciola signe le début du journée casse-patte dans les forts pourcentages avec un maximum de 12%.

Le Barbotto quant à lui est répertorié en 4.5 kilomètres à 8.4%. Ce qui en fait une montée exigeante dont les pentes s’élèvent jusqu’à 17%.

Le Perticara (8.1 kilomètres à 4.7%) est le plus long du jour et sans doute le plus dur. Mais situé loin de l’arrivée peu de chance d’y voir des mouvements à l’avant de la course comme à l’arrière. La Montetiffi qui le précède est sans nul doute une ouverture complexe avec 1.8 kilomètres à 9.2% et des pentes maximales à 16%. L’endroit parfait pour faire un écrémage dans un groupe de tête trop consistant.

9.1 kilomètres à 5.5%, la Madonna di Pugliano est beaucoup plus roulant que ses prédécesseurs. Seul les 4 premiers kilomètres sont exigeants avec une pente moyenne à 7.7%. Mais arrivé à Serra di Maiolo, la pente se fait plus douce. C’est à partir de cette montée que les coureurs remonteront vers le nord et auront vent de dos.

Un lève cul non répertorié est situé à Passo delle Siepi. Rien de bien méchant comparé au menu précédent mais dans une journée où ça ne fait que monter descendre, c’est un relief qui pèse en fin de parcours.

Enfin les coureurs concluront par le Gorolo ou la montée de San Giovanni in Galilea. 4.4 kilomètres à 6.3%, la montée devrait servir d’appui pour les hommes les moins rapides du groupe de tête qui voudront éviter un sprint réduit. Le sommet est particulièrement exigeant avec un dernier kilomètre à 9.6%.

Cependant, une attaque en solitaire n’est-elle pas une opération suicide avec 29 kilomètres restants à parcourir ? Il faudra soit être accompagné, soit avec un groupe désorganisé en chasse pour espérer ne pas être repris.

Le final est vraiment plat et offre un billard pour les hommes les plus rapides du groupe se disputant la victoire.

Une ligne droite finale de près d’1.5 kilomètres pour conclure une journée éreintante.

L’avantage numérique peut peser sur la balance.

Qui pour chasser derrière l’échappée ?

La situation est la même que pour Tortoreto, la Groupama-FDJ doit être éliminée. Certes, le final est plat après le Gorolo mais Arnaud Demare n’a de chance de le passer que dans un peloton qui n’aura pas mené la course à un rythme élevé. Si tel est la cas, cela implique que l’échappée se sera disputait la victoire. Les chances de voir Arnaud Demare ne pas souffler sur cette étape sont ainsi bien maigres.

La Bora Hansgrohe semble une nouvelle fois être l’équipe toute désignée. Seulement, l’équipe a plus d’intérêt de refaire le coup de Tortoreto et placer Peter Sagan à l’avant. D’autant qu’avec à la fois Rafa Majka et Patrick Konrad respectivement 7e et 6e du classement général, l’équipe n’a pas à rouler en chassant sur tous les tableaux pour la quête du maillot cyclamen avec le vainqueur de l’étape de mardi et le GC avec ses deux leaders.

La Sunweb en tant qu’équipe du dauphin de maillot rose n’a pas à assumer le point de la course sur une telle étape. D’autant que Michael Matthews n’est plus dans ses rangs à la suite de son contrôle positif (retesté négatif le lendemain) au Covid-19.

La Deceuninck Quick Step comme à son habitude devrait prendre en main de peloton, en roulant à un rythme qui endort le peloton et laisser filer les échappées en faisant grimper les minutes d’avance. Se faisant elle se libère à la fois d’une chasse usante et de potentielles bonifications à l’arrivée pour les concurrents du maillot rose, Joao Almeida.

A la fois la Astana fortement diminuée et la Trek Segafredo n’ont évidemment aucun intérêt à rouler sans le maillot rose. Dans une étape où l’effort consenti semble négatif dans le bilan coût-avantage. Quand bien même Jakob Fuglsang aurait du temps à rattraper.

La Ineos Grenadier est une équipe chasseuse d’équipes et ne doit juste que prendre les échappées comme elle l’a toujours fait depuis la perte de son leader, Geraint Thomas.

Reste les équipes invitées qui sont là pour montrer le maillot à l’avant de la course. Les Ag2R se retrouvent plus qu’à quatre et n’ont plus que les assessits en tête. Les EF éducation First n’ont personne pour jouer le Général, elle se doit de chasser comme les Ag2R. Même les équipes avec un leader faible comme la CCC (Ilnur Zakarin, 12e à 2’27”) ou même les UAE emirates (Brandon McNulty, 13e à 2’39”) comme les Movistar (Antoine Pedrero, 15e à 2’58”) doivent profiter de ces étapes.

En somme, hormis le cas d’une équipe non représentée à l’avant comme la UEA à Tortoreto. Aucune équipe n’a d’intérêt à chasser. Les feux sont au vert pour une échappée mais qui dit échappée dit loterie. Dans une loterie, tout l’art est de trouver les bons numéros.

Quels sont les meilleurs candidats ?

A peu près les mêmes profils que mardi en vérité. C’est pourquoi la journée ressemble plutôt à une “try again”.

Si les échappées ont de grandes chances de se disputer la gagne, il faut viser :

  • des gros rouleurs capables de sortir sur le plats
  • des puncheurs capables de faire la différence dans les forts pourcentages
  • des coureurs avec une bonne pointe de vitesse
  • des coureurs qui auront un bon de sortie en étant loin au GC
  • éviter les poids plume qui peuvent louper le coche avec le vent de face au départ.

Au cours du début d’étape de Tortoreto, beaucoup de noms ont tenté. Plusieurs ont insisté que ce soit des Diego Ulissi, Mikkel Bjerg, Andrea Vendrame, Josef Cerny, Jhonatan Restrepo, Peter Sagan, Filippo Ganna, Simon Clarke, Ben Swift, Giovanni Visconti, et cetera.

Si la carte Ag2R en la personne d’Andrée Vendrame était intéressante. Avec un départ si ventueux, un profil similaire est sans doute plus approprié. Giovanni Visconti, véritable expert des échappées sur le Giro d’Italia (cumulant une vingtaine au cours de sa carrière) est de ceux-là. Le coureur de la Vini Zabu déjà échappée de nombreuses fois pourrait profiter de sa pointe de vitesse en comité réduit. Deuxième de l’étape de l’Etna, ses qualités de grimpeurs ne sont plus à démontrer. Prendre l’échappée aujourd’hui aurait un double intérêt : viser la victoire d’étape et revêtir le maillot ciclamino de meilleur grimpeur. Avec 76 points, l’italien ne pointe qu’à 8 points de Ruben Guerreiro. Ce dernier devrait d’ailleurs marquer à la culotte le triple champion d’Italie (2007, 2010 et 2011).

Pour les mêmes raisons que Tortoreto, il convient de mentionner une nouvelle fois Josef Cerny qui a fait montre d’envie sur les dernières étapes sans jamais prendre le bon wagon comme cela pouvait être vu sur les caméras embarquées au sein du peloton. Véritable gros moteur, si l’échappée venait à prendre le large, il aurait de grande chance de figurer parmi les hommes de tête. 3e de l’étape de Murcia n’est pas sans démontrer ses qualités lorsque les routes s’élèvent. Ses qualités dans l’effort individuel, lui permettent à l’instar d’un Pipo Ganna de liser son effort. Cette fois-ci contrairement à Tortoreto, il n’aura pas à anticiper un sprint. Mais si tel est le cas et son envie, il ne faut cependant pas lui laisser beaucoup de marge. Et si un sprint réduit devait se dérouler sa pointe de vitesse est aussi une des plus rapides des potentielles échappées.

Si on parle d’échappée, l’équipe qui se démarque le plus et apparaît comme redouble, reste la Ineos Grenadier. Ayant montré beaucoup d’envie sans jamais mettre la balle au fond des filets, Jhonatan Narvaez est un candidat redoutable sur un tel circuit. Véritable dynamiteur sur le Tour de Wallonie dans les cotes de Beffe et de Cheratte. Le colombien est enfin remis d’une allergie contractée en Italie. Vainqueur et homme fort du Coppi e Bartali, Le puncheur de la Ineos a une étape qui lui scie à merveille. Ben Swift après ses démonstrations récentes pourraient être la meilleure carte. Mais se réservera-t-il pour le sprint de demain ? A vrai dire Salvatore Puccio est sans doute le meilleur plan B, déjà échappée deux fois (à Camigliatello Silano, l’étape remportée par Ganna son coéquipier et à Vieste où il a pris la 2e place). Véritable grégario, il a une jolie pointe de vitesse en comité réduit. La perte de G. lui permet tout comme Michal Kwiatkowski sur le Tour de France de nous éclabousser de tout son talent.

Avec un tel vent, le final pourrait être mouvementé. Mikkel Bjerg a fait montre de talents jusqu’à présent quand il s’agissait de rejoindre les échappées dans des chasse-patates infernaux. Le scénario qui le favorise est celui d’une late attack dans le final où comme McNulty, il ferait parler ses qualités dans l’effort individuel pour résister à un groupe chassant. Il n’est pas sans rappeler que le danois est triple champion du monde de contre-la-montre chez les espoirs et s’est classé troisième lors du chrono d’ouverture du Giro à Palerme. Un groupe chassant derrière lui qui pourrait être désorganisé si Ulissi venait à se glisser lui aussi dans l’échappée. Ne collaborant pas et faisant figure d’épouvante, le jeu d’équipe parfaite pourrait être de permettre à Bjerg de tenter un baroude d’honneur sur les 10/15 kilomètres de plat menant à l’arrivée. Le vent de dos aidant, il serait difficile de rejoindre le jeunot une fois lancé.

PRONOSTICS

Giovanni Visconti gagnant / Top3 : 30 / 11 – 0.25% (Unibet/Zebet)

Josef Cerny Top 3 : 50 – 0.1% (Zebet)

Jhonatan Narvaez ou Salvatore Puccio gagnant : 12.85 – 0.25% (prendre les cotes 15 et 90 sur Winamax/Zebet)

Mikkel Bjerg vainqueur : 26 – 0.15% (Unibet)

Etape 11 Giro d’Italia 2020 Preview

Après une étape désappointante d’un point de vue du prévisible mais passionnant à voir ; l’étape de Rimini, nous promet un sprint royal. Mais peut-on éviter un sprint manifeste ? Il est vrai que les étapes en bord de mer offre des possibilités de scission, bien souvent… Mais pas tout le temps.

Force est de constater qu’avec un vent faible toute la journée, les risques de bordures sont drastiquement réduits. Leur chance de succès étant quasi-nulle.

Profil Etape 11 du Giro d’Italia 2020 ©️ RCS

Avec 1191 mètres de dénivelé positif, la journée sera tranquille. Un peloton qui ne dirait pas non à une journée reposante après une folle étape menant à Tortoreto.

Mais pour qu’il y ait sprint, il faut qu’il y ait chasse. D’ordinaire, la Bora Hansgrohe semble une candidate tout indiquée. Mais avec Patrick Konrad 6e du classement général et Rafa Majka 7e, l’équipe peut arguer du CG pour ne pas à avoir à subir le poids de la course.

Gardienne de trois victoires d’équipe avec Arnaud Demare, la Groupama-FDJ est attendue pour mener cette tâche. Elle y est d’ailleurs obligée. En confessant chasser les étapes et viser la victoire avec l’actuel homme le plus rapide du peloton, la G-FDJ doit assumer son rôle avec force et conviction. D’autant que sa partie de manivelle avec la Bora se fait sur le terrain et en dehors. Jens Zemke, le directeur sportif de l’équipe allemande déclarait au micro de l’équipe :

Quand on voit la FDJ courir, je pense que leur plan est que Peter ne gagne pas. Pas qu’eux-mêmes gagnent l’étape.

AMBIANCE entre les leaders du classement par points et son dauphin. Seulement 20 points séparent les deux hommes. Avec 50/35/25/18/14/12/10/8/7/6/5/4/3/2/1 points distribués aux quinze premiers de l’étape, la bataille psychologique menée par la Bora n’est pas finie.

La Deceuninck Quick Step pourrait en temps normal être une candidate crédible dans une chasse aux échappées. Mais avec une étape qui les désintéresse et un GC à défendre, l’équipe belge est plutôt attendue en fin d’étape pour replacer son leader et éviter des cassures dans le dernier kilomètre qu’à mener une chasse pour son sprinteur.

Ne reste que deux équipes capables d’aider la G-FDJ. D’abord et en premier lieu, les UAE emirates qui n’ont pas de GC à défendre et ont en leur rang Fernando Gaviria qui sur le papier est le coureur le plus rapide, capable de concurrencer allègrement Demare. Mais aussi les Israël Start-up Nation, qui malgré la perte de Rudy Barbier possède toujours le sprinteur maison Davide Cimolai emmené par Rick Zabel et une armée de gros rouleurs.

Les G-FDJ étant attendus à l’ouvrage avec les UEA, les chances des échappées sont bien trop maigres pour qu’un sprint massif n’ait pas lieu.

Kilomètres finaux de l’Etape 11 du Giro d’Italia 2020 ©️ RCS

Les 5 derniers kilomètres ne comptent pas moins de cinq ronds-points, onze virages et un rétrécissement.

Ledit rétrécissement étant du à une voie coupée par une piste cyclable, juste après le virage les coureurs retrouveront de larges boulevards.

Le dernier kilomètre offre un dernier virage à 600 m qui implique de virer dans les 10/15 premiers pour espérer jouer la gagne.

Que ce soit Arnaud Demare, Marc Madiot ou Sebastien Joly, directeur sportif de la G-FDJ, tous ont fait des victoires d’étape la priorité sur le maillot cyclamen. Il est vrai qu’en terme de prize pool, le jeu en vaut la chandelle. Avec 11 010€ pour une gagne d’étape, le prix semble plus emballant que les 10 000€ de la victoire finale au classement par points. Pas de raison donc de ne pas voir la Groupama-FDJ en ordre de marche.

Vainqueur à Villafranca Tirrena, Matera et Brindisi, Arnaud Demare est l’homme à abattre. L’équipe est 100% derrière le champion de France. Actuel meilleur coureur de l’année avec treize victoires, ce qui le place largement en tête (Pogacar n’en ayant que neuf). Hormis Frankini la veuille du jour de repos, aucun des coéquipiers n’a eu de bons de sortie. Dans le but affiché de se préserver pour son sprinteur. Une recette somme toute gagnante. Dans un final technique où le placement reste primordial et où les trains ont leur importance, la G-FDJ est clairement au dessus du lot. Simon Gugliemi, Ignatas Konovalovas, Miles Scotson et Jacopo Guarnieri pour l’emmener dans la ligne droite finale. Le train a montré son efficacité. On peut d’or et déjà regretter la perte de Ramon Sinkeldam qui manquera à son train dans le final.

Dans ce type de final, ce n’est pas tant de trouver les points qui pourraient faire gagner Demare mais ceux qui pourraient le faire perdre. Son positionnement est sans doute la clé. On a pu le voir à maintes occasions, Arnaud Demare a tendance à se laisser déborder et perdre la roue de son poisson pilote. Malgré la faiblesse du nombre de concurrents, ce n’est pas tant les trains des autres sprinteurs que les trains des leaders qui peuvent devenir une épine dans le pied du frenchy. La perte du néerlandais à son train peut aussi lui porter préjudice dans un final où il faudra jouer des coudes et où son poisson pilote italien peut être amené à lancer Demare trop tôt.

Si Peter Sagan semble le concurrent le plus redoutable en terme de vitesse. Il convient de se demander si les efforts consentis la veille ne lui seront pas préjudiciables. Quoi qu’il arrive, les jambes lourdes ou non, l’avantage d’une journée tranquille est nécessairement une bonne nouvelle pour le slovaque. Dans le final, sa stratégie devrait être assez traditionnelle. Sans train, le triple champion du monde devrait une nouvelle fois truster la roue du maillot cyclamen. Du côté des Ineos Grenadier, la même problématique se pose avec Ben Swift qui aura lâché énormément de jus dans le final de Tortoreto en suivant à la fois les attaques de Dario Cataldo que de Peter Sagan. Avant d’être décroché à la pédale par ce dernier.

Le deuxième train le plus rapide semble être celui de Fernando Gaviria. L’équipe aura abattu un sacré travail hier pour abaisser l’écart avec les sept fuyards ayant pris jusqu’aux alentours des 4’50” d’avance. Que ce soit Mikkel Bjerg, Maximiliano Richeze et Juan Sebastian Molano, le train est composé d’hommes rapides et puissants. Sur le papier, le train est supérieur à celui des G-FDJ. Mais n’a pour l’heure, absolument rien prouvé. Véritablement dépassé lors de l’étape de Brindisi, les poissons pilotes de Gaviria n’ont pas cherché à emmener ce dernier mais à faire perdre Demare. Un signe de faiblesse ou un acte de soumission, on peut dire. Pourtant, l’étape de Vieste a pu rassurer le colombien qui a pris la deuxième place du peloton juste derrière Michael Matthews. Qui avait lui-même pris la 7e place derrière les échappées. Le grand problème du colombien n’est pas tant ses résultats sur ce Giro, que sa chute hier.

J’ai un peu mal au coude. La chute était dans la première descente, mon vélo a glissé un peu et je n’ai rien pu faire… Je n’ai pas pu l’éviter. Je suis tombé, mais je ne pense pas que cela ait des conséquences délicates. Voyons ce que disent les examens des médecins […] J’avais retrouvé son niveau. Je me sentais bien, mais maintenant je dois savoir ce qui est arrivé à la chute […] J’espère aller bien pour l’étape de demain.

https://www.infobae.com/america/colombia/2020/10/13/fernando-gaviria-se-refirio-a-su-caida-en-la-etapa-10-del-giro-de-italia/

En cas de défaillance, l’autre colombien de l’équipe pourrait aisément suppléer Gaviria. Juan Sebastian Molano peut être le joker par excellence. 4e à Matera, il a déjà montré qu’il pouvait être redoutable. Notamment pré-Covid où il a dominé de la tête et des épaules les sprints en Colombie.

Si on parle de Colombie, on ne peut non plus écarter Alvaro Hodeg. Le sprinteur de la Deceuninck ne peut être éliminé. En bénéficiant du travail de positionnement pour Joao Almeida, le colombien de la DQS devrait être positionné de manière idéale dans le final. D’autant que Davide Ballerini avait réussi à dompter le train des G-FDJ lors de l’étape de Brindisi. En suivant la roue de l’italien, Hodeg peut espérer mieux que sa cinquième place lors de l’étape de la bordure. Sans victoire depuis la fin d’année dernière, il est cependant adepte des podiums cette année (8) que ce soit pré comme post-Covid. Ce qui en fait nécessairement en gros client pour le Top 3.

PRONOSTICS

Alvaro Hodeg podium : 2.75 – 0.5% (Unibet)

Fernando Gaviria ou Juan Sebastián Molano vainqueur : 4.306 – 0.25% (prendre les cotes 5 et 31 sur Betstars)

Etape 10 Giro d’Italia 2020 Preview

A peine, une première semaine cloturée en fanfare qu’il faut repartir pour une deuxième. L’étape du jour a comme un parfum de Tirreno-Adriatico en se déroulant dans les Abruzzes.

Après une journée de repos sur une telle étape, le Giro ne se gagne pas mais il peut se perdre. Le final sur le circuit final autour de Tortoreto comporte une succession de murs qu’il conviendra de passer sans embûche pour les leaders.

Quelles sont les chances des échappées ?

Pour répondre à cette question, il convient de se demander qui a intérêt à chasser ? Pour qui ? Et pourquoi ?

D’emblée, la Groupama-FDJ doit être éliminée. Certes, le final est plat après le dernier passage dans le mur de Tortoreto mais Arnaud Demare n’a que très peu de chance de le passer dans le groupe se disputant la victoire.

La Bora Hansgrohe semble être l’équipe toute désignée. Seulement, l’équipe a déjà suffisamment pris les choses en main pour ne récolter que des deuxième place. L’équipe semble ne veut plus vouloir rouler pour les autres comme son coup d’arrêt sur l’étape de Brindisi. Un choix logique tant elle n’a été appuyée par aucune équipe lors des étapes passées. Qui plus est, Peter Sagan leur principal chance en cas de sprint n’est pas certain de passer les murs dans un final de mouvements.

La Sunweb devrait être un candidat logique en temps normal. Mais l’équipe a montré qu’elle ne comptait travailler pour Michael Matthews à son grand dam. Un choix qui peut s’expliquer par le fait d’avoir à la fois Wilco Kelderman (2e à 30″) et Jai Hindley (9e à 1’15”) de placer au classement général.

MISE A JOUR : si les Sunweb pouvaient rouler pour Matthews (ce qui n’est déjà pas le cas), ce n’est désormais plus à l’ordre du jour. L’australien étant placé en quarantaine.

La Deceuninck Quick Step comme à son habitude pourrait prendre en main de peloton, en roulant piano pour endormir le peloton et laisser filer les échappées et donc de potentielles bonifications à l’arrivée pour les concurrents du maillot rose, Joao Almeida.

Fortement diminuée, la Astana n’a évidemment aucun intérêt à rouler sans le maillot rose. Tout comme l’équipe Trek Segafredo ; si cette dernière venait à le faire ce sera un aveu peu subtil d’une tentative de Vincenzo Nibali sur le circuit final. Un effort qui semble tout de même négatif dans le bilan coût-avantage.

Les équipes comme la Ineos Grenadier et la Michelton Scott sont orphelins de leur leader, elles sont donc des équipes qui se doivent maintenant de chasser les étapes (sauf Tao Geoghegan Hart et Lucas Hamilton qui sont trop proches au GC).

MISE A JOUR : Les Michelton Scott se retirent du Giro, à la suite des tests Covid.

Les Ag2R se retrouvent plus qu’à quatre et n’ont plus que les assessits en tête. Les EF éducation First n’ont personne pour jouer le Général, elle se doit de chasser comme les Ag2R. Même les équipes avec un leader faible comme la CCC (Ilnur Zakarin, 14e à 1’56”) ou même les UAE emirates (Joe Dombrowski, 25e à 7’20”) comme les Movistar (Antoine Pedrero, 16e à 2’27”) doivent profiter de ces étapes.

En somme, les équipes de sprinteurs n’ont pas d’intérêt de rouler pour eux et les équipes de leaders ne prendront pas ce risque. Hormis avoir peur d’une annulation très imminente du Giro par les derniers tests Covid. Dans un final à la Tirreno-Adriatico qui pourrait être totalement dynamité. Mais ce dernier point n’empêche pas une course dans la course. Avec des échappées se partageant la victoire et des leaders se bataillant pour le Général. Le champ semble libre pour les échappées. La question est maintenant de savoir qui pour prendre la poudre d’escampette ?

Un énième départ simple implique une potentielle première heure rapide. Plus les chances des échappées sont grandes, plus la bataille est âpre. Si l’échappée venait à partir sur le plat, il ne serait pas étonnant de voir des grosses cylindrées à l’avant comme Alex Dowsett qui s’est d’ailleurs imposé à Brindisi. Seulemenr, cette fois peu de chance avec autant de murs de voir un retour d’un gros rouleur larguait dans les difficultés. La bonne devrait obtenir son bon de sortie dans la difficulté de Chieti, à partir de là son crédit accordé devrait être suffisant pour que les hommes qui l’a compose se dispute la gagne.

La victoire devrait se dessiner dans le circuit final qui comporte la double ascension (en ouverture et en clôture) du mur de Tortoreto. La première semble toutefois un peu trop loin de l’arrivée pour y espérer des mouvements et encore plus des mouvements décisifs. Avec un sommet situé à 57 kilomètres, il n’y a bien que sur une classique d’une telle opération pourrait être lancée. Hormis les gros rouleurs qui pourraient bénéficier des 15.1 kilomètres de plat séparant le mur de Tortoreto du mur de Colonnella.

Le mur de Colonnella est un mur répétorié de 3.1 kilomètres à 9.2% par les organisateurs (2.9km à 9.1% sur le segment Strava). Avec un maximum à 18%, le mur est par définition court mais intense.

Il est suivi du Controguerra, véritable pourfendeur de jambes avec ses 900 mètres à 9.7% et une pente maximale à 24%.

S’en suit deux murs successifs à Tortoreto. Le premier via Badetta : 2.5 kilomètres à 7.1%. Le mur qui techniquement devrait être celui de l’attaque décisive.

Suivi de manière quasi immédiate par la seconde et dernière ascension du mur de Tortoreto. 2.9 kilomètres à 7.3%, si la sélection n’est pas faite avant ce sera la dernière occasion.

S’en suit la descente technique et rapide vers la ville. Avant de prendre de bons boulevards bien droits et bien trop plats pour les hommes ayant une pointe de vitesse faible au sprint.

Seulement 10.9 kilomètres séparent le sommet du mur de Tortoreto de l’arrivée. Ce qui encourage nécessairement aux mouvements.

Reste que si une arrivée en groupe doit se faire, ce sera en comité extrêmement réduits. A ce jeu, les hommes les plus rapides se frottent déjà les mains.

C’est droit, c’est plat, c’est net.

Quels sont les favoris ?

Si les échappées ont de grandes chances de se disputer la gagne, il faut viser :

  • des gros rouleurs capables de sortir sur le plats
  • des puncheurs capables de faire la différence dans les forts pourcentages
  • des coureurs avec une bonne pointe de vitesse
  • des coureurs qui auront un bon de sortie en étant loin au GC

Parmi eux, Andrea Vendrame se démarque. Membre de l’équipe Ag2R, il est sans nul doute leur meilleur atout sur cette étape. Pointant à 52’24” du leader, il a un bon de sortie accordé par la DQS. Véritable bon puncheur, il coche de nombreuses cases pour réussir à lever les bras à Tortoreto. En cas d’arrivée en petit comité, il sera nécessairement un des plus rapides si ce n’est le plus rapide. En témoigne sa 4e place à Villafranca Tirrena juste derrière Arnaud Demare, Peter Sagan et Davide Ballerini. Lors de l’étape de Roccaraso, si les images live n’était pas disponibles sur les résumés en caméra embarqués dans le peloton on a pu remarquer qu’il était l’un des coureurs qui a le plus tenté. Malheureusement pour l’italien en vain. Mais cela reste bon signe. Un coureur qui a fin dans une équipe qui n’a plus rien à perdre mais tout à gagner. Dans le final punchy de Matera, il aura montré qu’il reste un client en figurant à la 6e. Ses Top 10 sur les étapes de Visé et Erezée en Wallonie démontre une fois de plus que ce genre d’étape est taillée pour lui.

Quand on parle des caméras inside, on ne peut que mentionner Josef Cerny qui a fait montre d’envie sur les dernières étapes sans jamais prendre le bon wagon. Véritable gros moteur, si l’échappée venait à prendre le large avant la cote de Chieti il aurait de grande chance de figurer parmi les hommes de tête. 3e de l’étape de Murcia n’est pas sans démontrer ses qualités lorsque les routes s’élèvent. Sans doute que les murs sont un peu trop raides mais avec ses qualités dans l’effort individuel, il peut liser son effort. Très certainement contraint à anticiper, il ne faut cependant pas lui laisser beaucoup de marge. Et si un sprint réduit devait se dérouler sa pointe de vitesse est aussi une des plus rapides.

Il est des équipes orphelines de leur leader. La Jumbo-Visma est depuis ce matin, sans son leader Steven Kruisjwik. L’équipe est donc maintenant une chasseuse d’étape. 35e du Général à 19’43” d’Almeida, Tobias Foss peut désormais avoir carte blanche au sein de l’équipe. Néo-pro son nom ne dira rien aux néophytes. Mais le norvégien est le vainqueur sortant du Tour de l’avenir. Ce qui place ce jeunot parmi les futurs coureurs de demain. Avec le Covid-19 déclaré de son leader, l’équipe n’est pas à l’abri de se retirer en fin de semaine comme la Michelton a du le faire à la suite des tests positifs de Simon Yates puis des membres du staff. 5e du chrono d’ouverture en dit long sur les qualités de rouleurs de Foss. Ses récents résultats sur le Tour de Hongrie montrent que tous les espoirs placés sont justifiés. Véritable bon grimpeur, il faudra pouvoir le décrocher pour espérer glaner la victoire.

Évidemment, les coureurs comme Diego Ulissi, Jhonatan Narvaez, Enrico Battaglin sont nécessairement sur ce profil des candidats très logiques de par leur profil et leur envie pour certains sur les dernières étapes (notamment le puncheur des Ineos Grenadier toujours à l’attaque). Mais sans doute, faut-il ne pas mésestimer un Tanel Kangert qui aura bien figuré lors de l’étape arrivant à Saturnia où Michael Woods s’était envolé vers la victoire sur le Poggio Murella (1.6km à 10.8%). Loin au GC : 39e à 24’51”, la voie est toute tracée du côté du coureur d’EF. Seulement, l’estonien fait partie des coureurs qui sont contraints à finir en solitaire. Sans doute, la meilleure carte EF reste Ruben Guerreiro et que Kangert attendra que la route s’élève dans les montagnes. Le temps étant compté, on pourrait voir ce dernier plus tôt à l’avance. Sauf, s’il se réserve pour dimanche… Un coureur à surveiller pour un éventuel livebet.

PRONOSTICS

Andrea Vendrame vainqueur / Top 3 : 30/6.5 – 0.5% (Winamax/Betstars)

Josef Cerny Top 3 :

Tobias Foss vainqueur / Top 3

MISE A JOUR 2 : Les Jumbo-Visma se retirent du Giro, à la suite des tests Covid.

Etape 9 Giro d’Italia 2020 Preview

Une énième journée difficile à visualiser. Que ce soit les Education First, la Team Ineos Grenadier, les Michelton Scott ou même les AG2R. Beaucoup d’équipes avec du potentiel se retrouvent sans leader avec pour seule objectif de glaner des victoires d’étape et de dynamiter la course.

4541 mètres de dénivelé attendent les coureurs pour ce dimanche. Une journée somme toute infâme pour les sprinteurs qui auront attendent de finir cette étape pour une semaine de repos bien méritée.

Une journée d’autant plus rendue infâme par les conditions climatiques exécrables. Entre pluie et vent puissant de face dès Scafa quand les coureurs redescendront vers le sud en direction de Roccaraso.

Qui dit journée montagneuse, dit chance plus importantes pour les échappées. Avec 64 premiers kilomètres totalement plats, la bataille devrait être âpre pour prendre la poudre d’escampette. Si jamais vous suivez le live Velon CC, ne soyez pas surpris de voir les coureurs à 15% dans la RedZone avec une telle première heure.

La Deceuninck Quick Step aura un gros travail de filtrage à faire. L’équipe du maillot rose verrait d’un bon œil qu’aucun coureur du Top 25 n’y figure pour pouvoir laisser filer librement.

Cependant, quand bien même le filtrage serait réussi. Avec les incertitudes liées au Covid, et le très récent test positif au Covid de Simon Yates. L’ombre d’un Giro écourté / annulé est de plus en plus présent. Le poids de la pandémie se fait de plus en plus lourd. Toutes les équipes vivent au jour le jour. C’est pourquoi d’autres équipes pourraient être intéressées pour prendre les choses en main. La Trek Segafredo et la Barheïn Merida apparaissent comme des candidats les plus crédibles.

Comme on peut le voir que les 50 derniers kilomètres, les cols sont vraiment roulants. Ce qui ne permet pas l’action dans le groupe des leaders, loin de l’arrivée au grand damne des téléspectateurs.

Avec un fort vent de face, attention aux attaques boomerang. C’est pourquoi, les leaders devraient être pour une majorité attentiste des deux derniers kilomètres. Et tenter dans le dernier qui offre une rampe punchy permettant de faire le trou. Les écarts cependant ne devraient pas être énormes.

Deuxième du Général, Pello Bilbao est sûrement le favori sont l’arrivée lui convient le mieux. Alaise dans les journées où le dénivelé s’accumulent. Dans un sprint en bosse, il est sûrement l’un des plus rapides si ce n’est le plus rapide des leaders.

Cependant les chances des échappées demeurent présentes. Les équipes de leaders étant relativement faibles et beaucoup d’équipes amoindries en quête d’étapes, Ruben Guerreiro est sans doute un gros client. Le portugais de la EF aura montré beaucoup de force lors de l’étape remportée par FilippoGanna. Rarement à l’image, j’ai pu suivre son écart avec le groupe Thomas de Gendt qu’il a stabilisé seul à 100m une très grande majorité de la montée. Ce qui en dit long sur la forme.

PRONOSTICS

Pello Bilbao vainqueur/Top 3 : 40 / 11.5 – 0.25% (Betclic/Winamax)

Ruben Guerreiro vainqueur/Top 3 : 30 / 8 – 0.25% (Betclic)

Etape 8 Giro d’Italia 2020 Preview

1/2/4, à deux doigts d’un perfect bien senti et d’une étape marquée par les bordures comme espérées. Mais sur ce dernier point qui en doutait ? L’étape du jour apparaît comme une nouvelle étape dont l’issue est difficilement prévisible. Ce dont nous allons nous atteler.

Profil Etape 8 Giro d’Italia 2020 © RCS

2191 mètres de dénivelé positif pour 200 kilomètres à parcourir, loin d’être une étape exigeante mais le lendemain d’une étape marquée pour une bordure (faisant de ladite étape, l’étape la plus rapide de l’histoire du Giro) et à la veille d’une étape de montagne pour les leaders du GC, serait-il bienvenu de jouer à l’économie ?

Avec un maillot cyclamen consolidé par Arnaud Demare, l’opération remontada est lancée pour Peter Sagan. 25 points crédités pour le vainqueur de l’étape du jour, de quoi permettre au slovaque à seulement 30 points du champion de France. Et ma foi, Diego Ulissi qui en avait fait un objectif pourrait revenir à portée de fusil à un petit mais tout 107 points. Lui qui en avait fait un objectif. Il est temps pour l’italien de revoir les objectifs à la baisse et se concentrer sur les victoires d’étape.

Profil Etape 8 Giro d’Italia 2020 © RCS

Comme un air de déjà-vu ? Hasard ou non du calendrier, l’étape du jour est une réplique de l’étape 2017 tant dans son positionnement (le WE clôturant la première semaine) et par son profil (près de 68% du parcours est un copier-coller de 2017). Une étape qui avait vu une échappée victorieuse après une bataille de plus de 50 km pour prendre le large et guère plus de 1’30” accordé aux fuyards. La Deceuninck Quick Step à l’époque était porteuse du maillot rose et du cyclamen (Fernande Gaviria). Un leader fébrile, en la personne de Bob Jungels dont l’avance n’était que de six secondes au Classement Général. Et pourtant, si de prime abord on pourrait penser que dans ses conditions, l’équipe avait tout intérêt à laisser filer une échappée. La DQS a pris les choses en main dans l’espoir que Gaviria y glane la victoire.

Est-ce que l’équipe récidivera ? Cette fois-ci, le leader semble plus solide que Bobby. Hors de question de jouer la carte Ballerini. L’intérêt est de laisser filer et laisser le contrôle au main des équipes intéressées par la victoire d’étape.

Qui pour chasser les échappées ?

Les années passent mais ne se ressemblent pas vraiment. Avec Peter Sagan dans ses rangs, la Bora Hansgrohe est la candidate logique à ce rôle. Contrairement à l’étape 6, hors de question de laisser la DQS endormir le peloton et laisser filer 9′. Compréhensible au vue du profil plus escarpé à partir de la Montée Saint Angelo et de l’absence de vent de face comme c’était le cas pour aller à Matera.

Est-ce que la Sunweb se joindra à la Bora ?

Avec désormais deux podiums en deux étapes, Michael Matthews semble offrir de plus en plus de garanties. Pourquoi quoi donc ? Même si j’en doute, le Général restant la priorité et Sagan ayant montré tout de même sa supériorité sur l’aussie. Hormis à partir des abords du circuit final, il n’est que peu probable de voir la Sunweb aidait à la chasse. Même si ce ne serait pas une surprise de voir un effort conjoint des deux équipes dès l’échappée formée.

Est-ce que la Montée Saint Angelo sera escamotée ? Avec ses passages raides, elle permet d’établir un premier écrémage comme le Portella Mandrazzi l’avait permis l’autre jour. Piéger quelques sprinteurs polyvalents ne seraient pas de trop. Encore une fois, la UAE-Team Emirates pourrait être la première victime. Malheureusement pour Gaviria, de Brandon McNulty au GC oblige l’équipe a laissé que peu de supports dans une étape où le colombien n’a que peu de chance de briller.

La nature du terrain menant au circuit final à partir de la descente de Saint Angelo n’est pas vraiment propice à la chasse dans une succession interminable de twist and turn. C’est pourquoi comme en 2017, le crédit accordé aux échappées ne devraient laisser que peu d’espoirs aux baroudeurs.

Circuit final dans Viesta © RCS

Un circuit où il faudra se coltiner le mur de la Chiesola non pas une mais DEUX FOIS. Et la première fois ne devrait pas être escamotée. Le sommet étant situé à 24.7 km de l’arrivée. Une manière de tester et d’user les sprinteurs.

Mais si l’action doit avoir lieu, c’est bel et bien dans son dernier passage. Les 10.1 kilomètres de plat restants et le vent de face qui soufflera vrrs 17h dans les 4 derniers kilomètres semblent induire à un sprint… Ce qui explique pourquoi Demare est le favori des bookmakers.

Répertorié en tant que mur de 900 m à 9.3% pour un maximum de 15.7%, le mur ne devrait faire peur à Arnaud Demare tant sa forme en 2020 est sublime. Le coureur de la G-FDJ a en effet prouvé que sur des pentes courtes et parfois raides qu’il pouvait tenir. On se rappellera ses exploits en Wallonie dans les cotes de Cheratte (1km à 8.6%, max à 13%) et de Beffe (1.6km à 8.7%, max à 15.6%). Seulement les obstacles demain sont de taille. On l’a vu dans le raidar de Matera rétrograder au sommet sur une route très large. Cela semble être un détail. Mais…

La Chiesola s’aborde sur des routes étroites. Un facteur qui favorise les attaques et surtout va intrinsèquement étirer le peloton. Les Ineos et Matteo Fabbro pour Peter Sagan comme sur le raidar de Matera y sont attendus pour faire exploser le peloton.

Les forts pourcentages sont un véritable trompe l’œil. Une sommet en ligne de mir, vous dites ?

Que nenni, c’est long…

Beaucoup trop long…

Véritablement interminable ! Du pain béni pour les late attackers. Évidemment de par sa courte distance, les écarts ne seront pas conséquents et un regroupement peut avoir lieu… Mais n’offrera qu’un sprint réduit où malheureusement Arnaud Demare ne devrait pas être de la partie. Cette fois, la montée est belle et bien rendue trop compliquée par sa nature propice aux mouvements que le champion de France ne peut suivre. Et le groupe qui devrait s’en dégager ne sera pas composé de seulement 4 éléments comme en Wallonie. Ce qui complique un retour des G-FDJ. Les coéquipiers de leaders et des puncheurs travaillant de concert.

4 derniers kilomètres vent de face et un dernier kilomètre sans aucun virage : du pain béni pour les hommes les plus rapides du peloton.

Peter Sagan est sans doute le candidat dans toutes les bouches une fois de plus. Ne plie et ne rompt pas dans de telle montée… Sans Arnaud Demare, il apparaît être l’homme le plus rapide du peloton. Coureur le plus régulier sur les Grands Tours au XXIe siècle. Quatre Top 10 en sept prouve encore ses capacités à toujours être bien placé et sa polyvalence. Gardien de trois place de 2, le slovaque tourne autour sans pour autant mettre la balle au fond. Quoi qu’il en soit peu importe la situation, le triple champion du monde sur route est un véritable gage de podium quand on le mentionne parmi les favoris.

La pédagogie est l’art de la répétition. Vous le savez déjà et si vous ne le savez pas, maintenant vous le saurez. Sans Geraint Thomas, les coureurs de la Team Ineos Grenandier ont champ libre. Quand on se remémore le Tour de Wallonie et les cotes de Beffe et de Cheratte, on se rappelle forcément Jhonatan Narvaez en véritable dynamiteur. Il est vrai que le mur de Chiesola colle parfaitement à son profil et dans un sprint réduit, il est parmi les plus rapides du peloton. Mais le colombien se remet doucement d’une allergie contractée en Italie. La carte Ben Swift devrait être préférée. Au porte du podium à Brindisi, il apprécie ce genre de mur. Il devrait être dans l’emballage final. Son coéquipier devrait être utilisé en potentiel dynamiteur mais le chemin est long jusque l’arrivée. Le plan B comme Ben sera mis alors en marche en cas de regroupement. Avoir potentiellement Filippo Ganna pour étirer le peloton mais surtout Narvaez en poisson pilote lui procure un avantage.

Enfin aussi régulier que Matthews sur les deux dernières étapes, Enrico Battaglin a fait moins bien certes mais figuré dans les Top 10 à chaque fois. Membre de l’échappée de 2017, il connaît ces routes comme sa poche. Un sérieux client si les jambes de 2018 sont de retour pour celui qui possède à la fois les aptitudes pour passer les difficultés et la pointe de vitesse au sprint. Son positionnement a l’abord du mur devrait lui assurer de basculer en tête en étant en protection de ses leaders Pello Bilbao et Hermann Pernsteiner.

PRONOSTICS

Peter Sagan podium : 2.15 – 0.5% (Winamax)

Ben Swift vainqueur/ podium : 30 / 8 – 0.25% (Betclic/Unibet)

Enrico Battaglin vainqueur/ podium : 50 / 13 – 0.25% (Betclic/Unibet)

Etape 7 Giro d’Italia 2020 Preview

Rares sont ceux qui croyaient à Arnaud Demare sur le final de Matera. Quel joie de réouvrir les compteurs dans ces conditions. Le Giro n’est pas finie et l’étape du jour est sur le papier simple à lire… sur le papier.

Avec seulement 450 mètres de dénivelé positif, les sprinteurs se frottent en les mains. Il se murmure que Fernando Gaviria aurait crié “Que Dieu soit en location” à l’arrivée à Matera hier. Quand Peter Sagan aurait balancé un “Fuck, here we go again”.

Seulement, la fête pourrait être troublée par le vent. Fort venant de NNO, ce qui implique qu’une majeure partie du parcours se fera avec un vent trois quarts dos. Un vent synonyme de bordures. Deux endroits semblent propices à une tentative.

Aux abords de Castellaneta sur une route bien dégagée. Problème, une équipe tentera-t-elle le coup à près de 114 kilomètres de l’arrivée ? Cela semble osé de revoir un scénario à la Guadalajara sur la Vuelta 2019. Non, en vérité le plus probable est de voir un peloton se tendre en sortie des villes où les zones sont fortement exposées. La journée pourrait être plus nerveuse que rythmée.

L’endroit le plus propice est sans doute à la sortie de Grottaglie. Le vent y sera trois quart dos et il restera moins de 50 kilomètres à parcourir.

Un secteur d’autant plus propice que le peloton sera déjà en phase de recomposition. Étiré par le train des sprints qui auront fait le sprint intermédiaire, il ne serait pas étonnant que la Bora poursuive l’effort immédiatement après y avoir disputé les points.

C’est ici que j’attends beaucoup de la Ineos. Véritable équipe trouble-fête, sans leader, elle a un coup à faire pour se débarrasser d’hommes rapides et permettre à Ben Swift d’avoir moins de concurrence à l’arrivée à Brindisi. Joint par la Deceuninck Quick Step, qui verrait d’un bon œil le fait de grapiller du temps au classement général. Et de permettre à Joao Almeida de consolider son maillot de leader.

Le final est technique avec une série de virages et un rond-point à parcourir dans les deux derniers kilomètres juste avant la flamme rouge. Y être mal placé ou rétrograder n’est en soit pas un problème.

Le dernier kilomètre étant totalement rectiligne. Un boulevard où les trains pourront se mettre en place.

Dans une éventuelle bordure après le seconde sprint intermédiaire, il apparaît trois sprinteurs que je ne vois pas piégé par leur positionnement du fait d’un SI disputé :

  • Arnaud Demare
  • Peter Sagan
  • Davide Ballerini

Le français de la Groupama-FDJ est l’homme à abattre. Gardien de deux victoires, il a fait monstre de puissance et arrive en confiance. Son point faible reste son positionnement. Mais avec Jacopo Guarnieri, Miles Scotson et Ramon Sinkeldam pour remonter dans la ligne droite finale, le train est l’un des meilleurs du peloton. Dans la lignée d’un sprint à la Milan-Turin, le champion de France est sûrement le meilleur. Le plein de confiance est là. On le sait un sprinteur en confiance est un sprinteur qui gagne. L’objectif est maintenant de consolider le maillot cyclamen de meilleur sprinteur.

Aussi loin que remonte mes souvenirs, je n’ai pas souvenir d’avoir vu le slovaque piégé dans une bordure. Toujours bien placé dans le peloton, Sagan est toujours présent dans les emballages finaux. Une sélection parmi les meilleurs sprinteurs lui offre une meilleure chance dans un final où il est nécessairement battu à la pédale. Mais attention, les jambes semblent être là et sa deuxième place à Agrigento battu d’un demi-boyau prouve qu’il peut encore rivaliser avec les meilleurs. Coureur le plus régulier des Grands Tour, il ne serait pas surprenant dans un Giro déserté par les meilleurs sprinteurs du monde de voir le triple champion du monde sur le podium.

Enfin l’italien a évidemment ma préférence dans un final où la DQS ferait tout pour gagner des secondes précieuses. Alvaro Hodeg devrait être préféré dans un sprint si plat. Mais le colombien n’est que l’ombre de lui même. Incapable de gagner en 2020 tandis que Ballerini a fait preuve de plus de résultats au cours de l’année. Le problème étant pour les deux, la défense du GC. Des forces pourraient être perdues en route, ce qui n’est pas sans les handicaper.

Emmener par un Filippo Ganna de luxe, on ne peut se contraindre à éliminer Ben Swift, le sprinteur des Ineos. Si l’équipe britannique doit dynamiter la course, c’est pour ouvrir un boulevard à son sprinteur. Le final technique ne devrait pas le désavantager au contraire et cette fois les rôles devraient s’inverser entre lui et Jhonatan Narvaez. L’anglais gagne peu, mais une place sur le podium est envisageable tant les trains apparaissent faibles hormis ceux la G-FDJ, UAE et des ISN.

PRONOSTICS

Arnaud Demare vainqueur : 2.25 – 1% (Betclic)

Arnaud Demare et Peter Sagan dans le Top 3 : 2.97 – 0.35% (Unibet)

Ben Swift podium : 13 – 0.15% (Unibet)

Etape 6 Giro d’Italia 2020 Preview

Que de déception accumulée sur les dernières étapes… Mais bien malin celui qui aurait vu Ganna et ses 82 kilos sur la balance s’imposer en montagne en faisant le travail de coéquipier de Puccio.

Profil Etape 6 du Giro d’Italia 2020 © A.S.O.

L’étape du jour part de Castrovillari pour 189 kilomètres pour une étape qui semble promise aux sprinteurs les plus puncheurs. Mais le départ en bosse semble donner une chance aux fuyards.

Qui Matera le peloton ?

Avec de face au départ et à partir de la zone de ravitaillement jusqu’à Matera + un vent trois quart face toute le reste de l’étape, rares seront les téméraires à vouloir tenter le suicide squad.

Exit la Deceuninck Quick Step en tête du peloton, les équipes intéressées par une arrivée au sprint seront en ordre de repos pour offrir à l’équipe belge un peu de repos. Dans une étape intéressant principalement Peter Sagan et Michael Matthews, la Bora Hansgrohe et la Team Sunweb devraient être les équipes jouant les premiers plans dans une arrivée qui scie comme un gant les deux coureurs. Mais au cours de l’étape menant à Villafranca Tirrena, la Sunweb n’a pas collaboré dans la montée du Portella Mandrazzi. Un indice qui semble indiquer que l’étape conserve l’énergie pour le Général de Wilco Kelderman. Un leader pointant d’ailleurs à la deuxième place du Général. La Bora serait-elle inspirée de faire péter les purs sprinteurs dès le départ en vue de prendre des points gratuit pour Sagan au sprint intermédiaire en début d’étape ?

N.O.N, Sagan en interview pré-course de la 4e étape a confié que l’équipe doit gérer à logique avec le GC. Point de gaspille d’énergie comme sur le Tour de France avec un coup à la Millau donc. Une comparaison d’autant plus inappropriée que l’équipe sur le Tour de France avait dit adieu au Général et ne visait plus que le maillot vert et les victoires d’étape.

D’autant qu’à une trentaine de kilomètres de l’arrivée, le Millotta s’érige en véritable purgatoire pour les purs sprinteurs comme Gaviria. La journée devrait aller piano où le peloton sera maîtrisé par la Bora et à surprise… la Groupama-FDJ. L’équipe a tout intérêt à montrer la force de son sprinteur. Tel un coq bombant le torse pour démontrer la force du champion de France et sa confiance. Marc Madiot sur le plateau de l’EquipeGiro a d’ailleurs que les coureurs sont 100% derrière Arnaud Demare. Ainsi lors des étapes montagneuses, les grimpeurs de l’équipe ont la consigne de ne pas s’échapper pour faire du jus en vue des étapes où Demare a des chances de lever les bras une seconde (une première fois de manière factuelle ayant remporté sa première sur un jeté de vélo se jouant à la photo finish pour un demi boyau de section 25mm).

Pourquoi la G-FDJ aurait intérêt à rouler ?

Pour imprimer un tempo et faire sauter Gaviria qui sera accompagné de Maximiliano Richeze et Mikkel Bjerg comme lors de l’étape 4. Point un problème pour la UAE-Team Emirates. Deux épines dans le pied demeurent pour le final : Juan Sebastiàn Molano, le sprinteur de rechange plus polyvalent que son compatriote mais aussi (et surtout) Diego Ulissi qui dispose d’un Valerio Conti pour dynamiter comme lors de l’étape d’Agrigento, dimanche.

Le mouvement le plus intéressant serait de le faire en début d’étape. G-FDJ n’ayant pas de leader au GC à défendre et obliger Molano et Conti à sauter pour aider le colombien à revenir dans le peloton au minima après les deux difficultés d’entame de parcours et au maxima à rallier l’étape dans les délais. Enlevant des épines dans le pied pour Démare qui n’aurait juste qu’à se préoccuper du tempo de la Bora dans le final. Un rêve très certainement vain en vue du vent annoncé toute la journée et du programme favorable à Demare vendredi et samedi.

Mener le tempo dans le Millotta aura au moins pour bénéfice de placer Demare en tête de peloton et de lui permettre de reculer dans la ventre moue du peloton au fur et à mesure de l’ascension qui se fera vent de face. Un vent moins favorable pour une ascension rapide. Un lueur d’espoir, un sursi potentiellement salvateur pour les purs sprinteurs avant la montée finale vers l’arrivée.

12 kilomètres en faux plat montant qui seront mené tambours battants entre les équipes de sprinteurs placant leur élément en tête et les équipes de leader replaçant leur leader.

Mais c’est véritablement sur les 750 mètres à 6.7% à moins de 3 kilomètres qui s’avère être l’endroit clé du final. Où les late attackers doivent anticiper pour ne pas arriver au sprint avec le porteur du maillot cyclamen.

Une montée que vous pouvez analyser de vous-mêmes via ce GIF que j’ai créé à partir de 68 screenshots de Google Maps .

A partir de la flamme rouge, vent de dos pour les hommes les plus rapides. Attention de virer dans les premières positions à 250m pour espérer l’emporter.

Dans une telle étape et un final étriqué, avec la forme affichée, il est plus que logique que Peter Sagan soit le favori des bookmakers. A un demi boyau de la victoire mardi à Villafranca Tirrena, le slovaque a confirmé ses jambes de dimanche où il avait aussi pris la deuxième place. Son excellent placement pourrait lui assurer de suivre toutes les attaques dans le raidars non loin de l’arrivée. Le replat en son sommet et nécessairement à son avantage. Rares sont les coureurs à pouvoir rivaliser au sprint avec le triple champion du monde.

Malgré les apparences, Arnaud Demare est très certainement son principal adversaire. Non lâché dans le Portella Mandrazzi, le champion de France a confirmé sa grande forme et sa stature en restant celui qui a glané le plus de victoires en 2020 (11). Dans un final faisant penser au Tour de Wallonie, le sprinteur de la G-FDJ peut résister et être en définitive la plus grosse menace. Il y a juste à se remémorer sa résistance dans le final de Grand Champ pour s’en convaincre ou même sa victoire à Meudon sur Paris-Nice 2018 voire à Bois d’Arcy en 2017.

Quand on parle du Tour de Wallonie, on ne peut oublier le coureur de la Ineos : Jhonatan Narvaez. Qui a l’avantage de coché à la fois celle du sprinteur en comité réduit, celle du sprinteur en bosse. Mais aussi celle du late attacker qu’il avait adopté en Belgique. C’est précisément cette position qui pourrait être privilégié par la carte blanche des Ineos Grenadier. Ayant Ben Swift en sprinteur pour le final. Pour rappel, ce dernier a chuté l’étape 4 mais à rassurer sur l’étape 5 en figurant bien. Ce qui laisse à penser que la chute n’est que superficiel. Mais si le britannique n’est pas présent, le colombien sera répondre aux attentes en endossant le rôle principal. Avec sa forme à l’issue de la Coppi e Bartali et notamment une très belle deuxième place dans un final similaire à Sogliano al Rubicone. La voie est ouverte chez les Ineos pour une carte personnelle et faire un deux à la suite après la victoire de Filippo Ganna hier.

Enfin, si on pense sprint en faux plat. On doit nécessairement penser à Andrea Vendrame qui aura montré toute sa superbe à Villafranca Tirrena. La voie est libre du côté AG2R, pas de leader à protéger dans le final. Encore une équipe qui a tout à gagner et plus rien à perdre. Ce qui en fait nécessairement un danger plus qu’un Matthews qui peut être mis à contribution d’un Kelderman ayant un problème dans le final par exemple.

PRONOSTICS

Peter Sagan ou Arnaud Demare vainqueur : 2.88 – 0.5% (prendre la cote boostée Winamax à 4.5 et Demare à 8 sur Betclic)

Jhonatan Narvaez vainqueur/podium : 30/8 – 0.25% (Betclic)

Andrea Vendrame podium : 5.4 – 0.25% (Winamax)

Etape 5 Giro d’Italia 2020 Preview

Une étape qui sur le papier pourrait intéresser plus qu’un coureur à prendre l’échappée. Mais en sera-t-il le cas ?

Une étape longue de 225 kilomètres et un dénivelé positif total de 4705 mètres dont le juge de paix devrait nul doute être la montée de Valico di Montescuro.

Les échappées peuvent-ils aller au bout ?

Plusieurs éléments semblent être en la faveur d’une journée favorable aux fuyards. D’une part, la journée est longue et exigeante. Ce qui l’a rend complexe à maîtriser. D’autres part, les positions au GC semble offre un boulevard aux échappées. D’abord, les écarts hors Top 20 commencent à se creuser. Ce qui permet un bon de sortie accordé plus facilement et un filtrage simplifié pour l’équipe du leader actuel. Un leader d’autant plus sous la menace de son dauphin qui ne pointe qu’à 2″. Avec un final en descente et des bonifications à l’arrivée, la Deceuninck Quick Step serait bien inspiré de laisser filer les secondes bonus en vue du Général. D’autant plus que les autres leaders du Top 10 sont principalement sous la minute. Du coup, si la DQS n’a pas de raison de rouler après les échappées hormis le fait d’avoir laissé passer un homme dangereux au Général. Quelle équipe peut prendre le relai ?

Les Education First ? De prime abord, on pourrait se poser légitimement la question. Caicedo ne pointe qu’à 2″ d’Almeida. Cependant, avec un dernier kilomètre en faux plat montant. Il convient de le faire exploser dans la montée finale et de faire la descente. Toute arrivée avec le portugais condamne ses chances de revêtir la tunique rose. Cela implique aussi de reprendre les échappées et d’inspirer les autres leaders à l’attaque. Ainsi être sous la houlette d’un meilleur grimpeur et descendeur. Traditionnellement et de façon assez conservatrice, l’équipe du dauphin laissera le peloton au main du leader pour ne pas avoir à lui faire son travail. Les hommes au casque à canard ne devraient donc pas tenir en respect l’échappée matinale.

Les équipes des leaders le mieux placé au Général comme la Trek et la Sunweb qui peuvent rêver de la victoire finale avec l’abandon de G. Thomas et de la défaillance de S. Yates ? Le bilan coût-avantage apparaît comme négatif sur le tableau. La montée finale est certes longue mais semble pas suffisamment sélective. Un gain marginal pourrait être à la clé. Un tel effort en début de Grand Tour pour une poignée de secondes semble peu probable.

Les mises actuelles hors jeu des deux grands favoris offrent un boulevard à Fuglsang. Mais les Astana étant réduit avec les abandons de Lopez et Vlasov semblent indiqués qu’en sous effectif le danois serait bien inspiré de préserver ses éléments.

La Jumbo-Visma alors ? Kruisjwik n’offre aucune garantie après un chrono d’ouverture décevant et une montée de l’Etna en dessous des meilleurs leaders en ayant décroché du groupe.

Reste la Bahreïn de Bilbao et la NTT de Pozzovivo. Mais ce n’est pas dans leur gêne et à l’instar des EF, pas à eux de prendre les choses en main.

En vérité, seule la Michelton Scott a un intérêt manifeste pour replacer Yates au GC à la suite de sa défaillance. Mais là encore, est-ce un jour sans ou un Yates sur la pente descendante ? Voire convalescent ? Rouler toute la journée dans l’incertitude d’un déjà-vu de la montée de l’Etna semble être un gros coup de poker. D’autant que son attaque dans la montée finale sera téléphonée. Là où elle ne sera que attendue sans plus de certitude si la MTS ne roule pas. On pourrait se dire que Yates a tout intérêt de prendre le large. Cependant, aucune équipe de leaders ne le laissera opérer une remontée au Général après son Tirreno-Adriatico dominateur. Tout comme son Tour des Émirats avant Covid.

C’est pourquoi les échappées ont toutes les chances d’aller au bout. Avec un départ en bosse sur 3 kilomètres, il faudra être bien échauffé et dans la roue de Thomas de Gendt pour prendre vite le large. Un tel départ favorise un filtrage plus simple pour la DQS. Sauf qu’une journée favorables aux échappées impliquent que les consignes d’équipe seront de placer un homme devant.

La difficulté du départ étant les attaques peuvent être incessante jusque la montée vers Borgia.

Le final est sans l’ombre d’un doute favorable aux meilleurs grimpeurs. Bien que les pourcentages les plus raides soient au milieu du col. Sans doute l’endroit clé pour faire l’écrémage.

La descente vers l’arrivée est rapide et techniquement seulement pour un Zakarin.

Et le dernier kilomètre en faux plat montant implique si une arrivée en petit comité a lieu d’aborder le dernier virage dans les trois hommes de tête. La position idéale étant sûrement la deuxième dans un sprint vent de face.

Une étape qui semble profilée pour Ruben Guerreiro. 2e de la dernière étape du Tirreno-Adriatico derrière le monstre Mathieu van der Poel et 16e de l’étape exigeante de Sassotetto le portugais a montré une forme éblouissante. Sur le papier, le coureur de la EF coche toutes les cases. Bon rouleue, il peut s’extirper facilement du peloton et lui tenir la dragée haute. Bon grimpeur, il peut suivre les meilleurs dans l’échappée. Bon descendeur, il devrait prendre de bonnes courbes. Et bon sprinteur, il peut rivaliser avec beaucoup de monde dans un sprint réduit. Si les jambes du Santuario del Acebo de la Vuelta 2019 sont là, Guerreiro est sûrement un très gros client aujourd’hui.

Du côté des Ineos, l’offensive est de mise. Avec un profil favorable aux puncheurs demain, un coureur comme Narvaez devrait être au chaud au fond du peloton. Jonathan Castroviejo est très clairement la meilleure option de l’équipe britannique après avoir été à l’attaque sur les pentes de l’Etna. Véritable bête à rouler pour ses leaders tout au long des années, une victoire à l’image de Kwiatkowski sur le Tour serait un juste retour des choses. Ses capacités en chrono peuvent lui permettre de s’extirper facilement du peloton.

Du coté de la Jumbo Visma finissant devant le groupe Gaviria donc n’étant pas lâché par le peloton, à la fois Antwan Tolhoek et Tobias Foss ont perdu 1’09”. Les faisant pointer respectivement à 23’13” et 16’25” du Général. La liberté d’action est permise. Foss est un néon pro, véritable phénomène du cyclisme norvégien qui aura remporté le Tour de l’avenir 2019. Ce qui vous place le bonhomme quand Bernal et Pogacar sont ses prédécesseurs. Sa 5e place au chrono d’ouverture a démontré à la fois ses jambes et ses capacités connues en amateur dans l’effort individuel. Tolhoek est quant à lui plus discret mais possède très bonne aptitude dès que la route s’élève en témoigne sa victoire sur le Tour de Suisse l’an passé devant Bernal. Sa forme est bonne au vue de son Tour de Lombardie. Les deux coureurs ont un bon coup à jouer sur cette étape.

PRONOSTICS

Ruben Guerreiro vainqueur/Top3 : 17/7.5 – 0.5% (Unibet/Winamax)

Jonathan Castroviejo Top 3 : 7.5 – 0.25% (Winamax)

Tobias Foss ou Antwan Tolhoek Top 3 : 36.84 – 0.15% (prendre les cotes Winamax 50/140)

Etape 4 Giro d’Italie 2020 Preview

Après une étape menant à l’Etna pleine de surprises dont la défaillance de Yates et la malchance de Geraint Thomas, les cartes du Giro sont totalement rebattues et cela ne sera pas sans influence sur les étapes à venir.

Une étape de pleine qui comptera pour le maillot de meilleure sprinteur mais à quel point et pourquoi ?

Que les purs sprinteurs tremblent. Placé en milieu de parcours le Portella Mandrazzi devrait être la clé de cette étape. D’emblée, les équipes des purs sprinteurs (la FDJ et la UAE) ont deux options : rouler derrière les échappées et maintenir un écart de 2′ au pied afin de monter tempo pour leur sprinteur et annihiler toute tentative d’attaques pour rejoindre les échappées. Seulement, la Bora et la Sunweb serait bien inspiré d’imprimer un rythme plus élevé pour faire exploser les sprinteurs. La difficulté semble bien que roulante semble trop longue pour que même un coureur comme Démare puisse passer.

Ou alors dès le début laisser la Bora travailler. Mais cela serait un aveu de faiblesse et une invitation à viser dans le Portella. L’option envisagée est donc de rouler et croiser les doigts pour Démare et Gaviria qui sont les principales menaces. Cependant, UAE peut toujours miser sur Molano et Ulissi qui vise le maillot cyclamen. Rouler ne leur posera donc pas de problème.

Quoi qu’il arrive, la Bora devrait nous refaire le coup de Millau, Lyon et Champagnole. La Sunweb devrait aider dans la manœuvre, ce qui condamne clairement les chances des échappées. Des sprinteurs passant le mieux les difficultés : Sagan et Matthews semblent les plus armés pour enlever la victoire.

Le final est technique surtout dans les deux derniers kilomètres où il faudra faire attention à une late attack. Rohan Dennis par ses capacités de rouleurs et une liberté d’action par l’abandon du GC de Thomas pourrait etre de ces hommes, tout comme un coureur comme Sander Armée pour la Lotto qui ne dispose pas d’un sprinteur de taille. Cependant, il est peu probable qu’une tentative réussie avec le vent de face jusqu’à la flamme rouge. Les 800 derniers mètres offrent un boulevard pour les trains.

Comme dit, les coureurs de la Ineos ont désormais champ libre et dispose de deux coureurs ayant une belle pointe de vitesse : Ben Swift d’une part et s’il ne passe pas le Portella, Narvaez a sa carte à jouer.

Si on se fit au sprint de dimanche, Wackermann peut passer la difficulté et avec sa forme récente, il ne serait pas étonnant de le voir proche du Top 10 affichant actuellement plus de garantie dans la régularité qu’un Consonni qui peut souffler le chaud et le froid.

PRONOSTICS

Michael Matthews podium : 2.15 – 1% (Unibet)

Michael Matthews victoire : 6 – 0.25% (Unibet)

Ben Swift ou Jonathan Narvaez podium : 6.316 – 0.15% (Betclic – cote 8 et 30)

Luca Wackermann podium : 30 – 0.10% (Betclic)

Etape 3 Giro 2020 Preview

Après un chrono remporté sans grande surprise par Ganna par une marge de plus de 20″ sur son Dauphin comme espéré et une étape remportée par Ulissi sur une arrivée pour sprinteur/puncheur. Il est temps de se diriger vers sans l’ombre d’un doute un final au sommet.

Une étape de 150 kilomètres initialement prévue au printemps en guise de 5e étape. Mais le Covid passé par là, l’étape intervient plus tôt. Ce qui pose des interrogations légitimes quant à une première explication entre leaders.

Avant de s’intéresser à la composition de l’échappée, il convient de se poser la question de ses chances d’aller au bout. D’emblée, on peut se dire que l’étape intervient trop tôt pour voir de grandes manoeuvres de leaders dès maintenant.

Combien d’équipes ont intérêt à chasser les échappées ?

Très peu. La première qui vient à l’esprit est la Ineos porteuse du maillot de leader avec Ganna. Cependant, il est très peu probable que le champion du monde de l’effort solitaire puisse le conserver. Rouler derrière les échappées en les chassant implique de placer G. Thomas en leader de la course dès la troisième étape. Or, la Ineos verrait sûrement d’un bon œil de laisser le poids de la course si tôt à une autre équipe. L’objectif de l’équipe est de filtrer au mieux l’échappée avec des hommes peu dangereux au classement général final.

La deuxième équipe qui pourrait avoir un intérêt est celle du deuxième grand candidat annoncé sur ce Giro. Le vainqueur sortant de Tirreno-Adriatico : Simon Yates. Cependant gardant à l’esprit son Giro 2018, le britannique devrait jouer plus malin et ne pas s’épuiser et épuiser son équipe dès les premières étapes. On se souviendra de son maillot rose pris à la 6e étape ici aussi au sommet de l’Etna et perdu sur une débâcle à la 18e étape. Pas certain donc que cette fois-ci, Yates et la Mitchelton Scott mettent les deux meilleurs lieutenants à l’avant.

La troisième équipe qui vient forcément à l’esprit est la Deceuninck Quick Step puisque Joao Almeida pointe à la deuxième place du GC, à seulement 22″ de Ganna et avec 1″ d’avance sur Geraint Thomas. Seulement au vue de la composition d’équipe, on peut raisonnablement douter des capacités de l’équipe à assumer ce rôle sur l’étape du jour et sur la durée du Giro.

Reste les Jumbo-Visma, mais Kruisjwik est pour l’heure hors jeu et s’il veut bien figurer au GC , il convient de se replacer avant tout chose. L’équipe a tout intérêt a miser sur un Tobias Foss. Véritable espoir du cyclisme norvégien, vainqueur sortant du Tour de l’avenir, ayant toutes les qualités pour briller au Général.

Les chances des échappées au sommet de l’Etna sont grandes. Et on se souviendra que Chaves à 2018 dans une étape au départ similaire dans son profil avait levé les bras en étant le dernier survivant de l’échappée matinale de 18 coureurs (bien que repris par Simon Yates). Le départ sera nécessairement rapide avec une dizaine de kilomètres descendant. Dur de faire rideau dans une telle portion. C’est dans la montée vers Leonforte que l’échappée devrait se composer à la fois dd rouleurs et de grimpeurs. Dès lors, une équipe semble évidemment : les UAE.

La complexité de la montée finale de l’étape ne laisse que peu de place aux doutes : un grimpeur s’y imposera.

L’étape a tout de l’étape avec un leader de transition comme San Giovanni Rotondo l’an passé. C’est pourquoi un coureur comme Valerio Conti est encore une fois une cible de choix. Pointant à 1’19” de Ganna, il dispose à la fois d’une marge pour le maillot rose et reste un homme qui ne contrarie pas les plans des hommes du Général. L’an passé, il avait été le grand de l’étape 6 remportée par Masnada en revêtant le maillot rose de leader. Cette année, la forme est tout aussi présente. 3e d’une étape du Tour de l’Ain avec un plateau relevé derrière Roglic et Bernal, cela est forcément évocateur. L’italien a d’ailleurs confirmé avec une victoire au Trofeo Matteotti. Veritable bon grimpeur, Conti est sûrement la meilleure carte des UAE. Mais l’équipe emirate peut aussi compter sur d’autres éléments comme Joe Dombrowski. Si Diego Ulissi et principalement Brandon McNulty auront difficilement un bon de sortie en étant sous la minute, il en est tout autre pour l’ancien coureur d’EF. Dombrowski est un très bon grimpeur comme le montre ses faits d’arme l’an passée sur le Giro aux étapes de Courmayeur et de Ponte di Legno avec les leaders. L’américain était d’ailleurs annoncé en temps que leader de son équipe cette année sur le Giro. Mais si loin déjà, les objectifs devraient se recentrer. A moins d’un replacement inespéré.

Dans les habitués des échappées sur le Giro et dans une équipe qui laisse une certaine liberté à ses coureurs : Sam Oomen est un grimpeur à ne pas mésestimer. C’est simple dans toutes les étapes que j’ai pré-cité tant pour le maillot rose de Yates que de Conti, le néerlandais futur coureur de la Jumbo était présent. Sa forme semble bonne, adepte des bonnes places il ne reste plus qu’à confirmer son bon Tirreno. Mais quoi qu’il en soit les jambes sont là.

Quand on parle d’une étape montagneuse, on parle forcément de points pour le classement. Récent vainqueur de ce classement à la Vuelta 2019, Geoffrey Bouchard semble une nouvelle fois intéressé. Ayant perdu 4’53” hier, la marge de manœuvre est désormais plus qu’intéressante pour le frenchy.

PRONOSTICS

Valerio Conti vainqueur/Top3 : 27/7 – 0.20% (Winamax/Betclic)

Joe Dombrowski vainqueur/Top3 : 225/70 – 0.1% (Winamax/Unibet)

Sam Oomen vainqueur/Top3 : 180/50 – 0.1% (Winamax/Unibet)

Geoffrey Bouchard vainqueur/Top3 : 65/20 – 0.15% (Winamax/Betclic)