Etape 21 Giro d’Italia 2021

Un contre-la-montre de clôture pour achever cette 104e édition du Giro d’Italia et concrétiser le sacre d’Egan Bernal. Difficile de voir un retournement à la façon de 2018 où Tom Dumoulin avait repris 1’24 à Nairo Quintana comblant un retard de 53 secondes. Cette fois le vainqueur du Tour de France 2019 est un tout autre rouleur que le vainqueur du Giro 2014. Tandis que Damiano Caruso, véritablement dans l’effort individuel ne possède pas les excellentes qualités de tempo de TomDum. Sauf incident, la 1’59 semble impossible à combler.
Un chrono somme toute pour pur rouleur avec 30.3 kilomètres à parcourir dans les rues de Milan sur des routes totalement plats et un dénivelé positif risible, seulement 24 mètres. Un savoureux mélange de technicité avec de nombreuses relances et des portions de ligne droite pour exprimer toute la puissance que seuls les plus frais en bout de trois semaines pourront sublimer.

300 mètres : premier virage à négocier et première relance de la journée.

700 mètres : rebelotte

1.1 kilomètres : coinche

Ca roule, ça file

2.9 kilomètres : un rond-point qui se passe aisément sur les prolongateurs en serrant à gauche.

3.2 kilomètres : même fausse technicité apparente.

Oh shit, here we go again

3.4 kilomètres : décidément les obstacles n’en sont pas.

Une certitude : les poids-plume vont le détester.

5.7 kilomètres : “Toucher les freins, ça c’est vraiment pédé”

6.4 kilomètres : enfin une foutue relance !

A few moments later

A little longer than a few moments later

8.2 kilomètres : et même si t’es en ville et que par moment ça se rétrécit, ça roule ma boule.

9.3 kilomètres : contre-coinche

2000 years later

11.4 kilomètres : silence, ça tourne.

11.9 kilomètres : ça passe sans embuche.

Non, j’ai mal pour Romain Bardet vraiment !

13.5 kilomètres : c’est le début d’une série de cassage de rythme.

13.8 kilomètres : à gauche

14.1 kilomètres : à droite

14.3 kilomètres : à gauche

15.1 kilomètres : en haut

Ca file, Collins !

16.1 kilomètres : à tribord toute.

17 kilomètres : relance !

17.2 kilomètres : 14e relances de ce ITT.

18.2 kilomètres : moyen de ne pas être sur les freins, des petites secondes à, grapiller pour les plus kamikazes.

19.7 kilomètres : Bientôt plus de relances.

20 kilomètres : on sert sur la droite

20.1 kilomètres : Kamikaze vol.2

20.5 kilomètres : Kamikaze 2, le retour

22.4 kilomètres : pleine balle

Nairo il n’aurait vraiment pas aimé…

… des boulevards à n’en plus pouvoir.

800 mètres de la ligne : freine bon dieu !

600 mètres de la ligne : un peu moins cette fois !

400 mètres de la ligne : nous y voilà.

FIN

Vent de 7 km/h pour les premiers partants

Qui ne changera pas et restera défavorable toute la journée

filippo ganna, un maître du temps incontestable ?

Sans son coéquipier Rohan Dennis, Filippo Ganna fait figure de favori incontesté. Véritable maître en la matière après quatre titres de champion du monde de poursuite individuelle sur piste, l’italien n’a que très peu été bousculer au cours de la dernière année. Seul ce printemps avec une préparation tronquée par le Covid-19 et un entrainement accès en stage en altitude et non des compétition sur piste, l’ont sorti de sa routine. Ce qui a eu pour effet d’avoir un Pippo méconnaissable, friable et battable. Une vulnérabilité vite corrigée lors de l’étape d’ouverture avec un contre-la-montre de 8.6 kilomètres remporté à la manière. Tout comme les chronos de début de saison l’était jusqu’à ce que les ITT du Tirreno et du Romandie viennent créer des séismes dans le monde du cyclisme.
Que Filippo Ganna gagne avec autorité, ce ne serait guère surprenant. Mais peut-il consentir les efforts faits en montagne pour la protection d’Egan Bernal dans un Giro extrêmement soutenu et montagneux ? La réponse est toute aussi positive. Après tout, il convient de noter tous les efforts faits durant les deux dernières semaines depuis qu’Egan Bernal a revêti la tunique rose depuis la neuvième étape. Des efforts supplémentaires que le rouleur des Ineos Grenadiers aura fait jusque la veille sans trop en faire de plus par rapport aux autres rouleurs du peloton. Puisque le grupetto des sprinteurs/rouleurs s’est relevé au Chateau de Mesocco, dans les premiers contreforts de l’ascension de San Bernardino. Tandis que Pippo s’est relevé 5 kilomètres plus loin. Un effort de 15 minutes supplémentaires dans des pentes moyennes à 7.7 %. Loin d’être un effort titanesque supplémentaire à la veille d’un chrono mais tout autant loin d’être anecdotique avec l’accumulation des petits-plus.

Départ de Filippo Ganna : 14h08

C’est pourquoi s’il doit être battu ce ne peut être que par son compatriote : Eduardo Affini. Véritable bête à rouleur, le rouleur de la Jumbo-Visma signe un retour en fanfare après sa deuxième place lors du chrono d’ouveture. Bénéficiant d’un matériel à la pointe et surtout d’un secteur recherche et développement à la pointe chez Jumbo-Visma, le pistard de formation retrouve les traces de sa superbe en 2019.
Auteur du coup du kilomètre sans le vouloir à Vérone en passant un relai trop appuyé pour tenter de lancer Dylan Groenewegen. Affini a failli résister au retour du peloton. Le lendemain en échappée, il aura été l’artisan de la gagne de l’échappée en résistant à lui seul au retour du peloton. Un travail non conclué par George Bennett mais qui n’est pas sans démontré la force de cette bête à rouler qui n’est pas sans s’être illustré sur de telles distances dans les rangs U23. Ce qui doit-on le rappeler était il y a peu (3/4 ans). Une confirmation qui se fait attendre sur les longs distances chez les pros cependant et qui pourrait être corrigée dès aujourd’hui si la montagne ne la pas trop émoussée.

Départ d’Eduardo Afiini : 14h11

Parmi les hommes de l’homme ayant montré une belle forme, les performances de Matthias Brändle pour maîtriser les échappées et remettre les coureurs dans les rangs se sont vues en tête de peloton. Le rouleur de la Israel Start-up Nation est un spécialiste de l’effort solitaire. D’habitude si la distance ne dépasse guère la dizaine de kilomètres, l’autrichien n’est pas à mentionner. Préférant les efforts courts et intenses. Mais il est des exceptions dans son palmarès comme le chrono dans le Chianti en 2016 (40.5 kilomètres) où il avait pris la deuxième place derrière Primoz Roglic mais finit devant un monstre comme Fabian Cancellara, tout autant performant l’année de sa retraite. Il faudra se sublimer mais dans un Giro érintant, certains rouleurs ont cette fraicheur que beaucoup dans le peloton n’ont plus et force est de constater que Brändle a de l’énergie à revendre.

Départ de Matthias Brändle : 13h58

On pourrait aisément remplacer Matthias Brändle par Patrick Bevin son coéquipier qui trouve un terrain à sa mesure. Cité des noms parmi les leaders comme Joao Almeida, Daniel Felipe Martinez, Tobias Foss ou Damiano Caruso pour aller chercher une belle place et opérer une remontée éventuelle au classement général. Cité des rouleurs comme Rémi Cavagna, Matteo Sobrero, Nelson Oliveira, Jonathan Castroviejo, Michael Hepburn, Alberto Bettiol, Max Walscheid, Jan Tratnik, Maciej Bodnar, etc. Les chronos ont aussi cette intérêt de chercher des bons rouleurs du moment, qui ont affiché une belle forme. Et/ou (de préférence avec que sans) à la pointe dde la technologie au sein de l’équipe. Mais surtout qui sont sous côtés par les bookmakers. Il n’y a qu’à voir le podium de Jonas Vingegaard à 50 pour s’en convaincre, les podiums de la doublette de la Jumbo à deux chiffres ou même celui de Will Barta l’an passé pour ne pas se dédire. Evidemment la logique voudrait que le podium soit composé de Ganna/Affini/Cavagna, plus ou moins dans cet ordre. Ce qui laisse peu de place aux spéculations.
Pourtant loin d’être ridicule dans l’effort individuel, c’est Nikias Arndt qui méritera cette mention honorable. Gardien de deux places de deux au cours de ce Giro, l’allemande de la DSM n’est pas passé loin de la passe de trois l’autre jour à Stradella. Dans la forme de sa vie, Arndt est une véritable bête à rouler une fois lancée. Il n’y a qu’à voir ses chronos passés pour s’en convaincre :

  • 7e du CLM du Tour de France 2017 – étape 20 (Marseille)
  • 7e du CLM roulant du Tour d’Abu Dhabi 2018
  • 9e du long CLM du Tour de Suisse 2018
  • 9e du CLM roulant du Tour de Suisse 2019

Un gros moteur dans les rangs amateurs, capable d’éclats chez les professionnels. Avec la forme que Arndt tient, rien n’est véritablement impossible. Un pari osé mais est-ce raisonnable de se pencher sur un Pippo à 1.25 ou même un Almeida/Bettiol T3 à 3/3.5 tant le plateau est reserré ? D’autant que les surprises sont toujours présentes dans les CLM en fin de troisième semaine : victoire de Chad Haga ou Jos Van Emden devant Tom Dumoulin sur les précédentes éditions du Giro d’Italia.

Départ de Nikias Arndt : 15h07

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Eduardo AffiniVainqueur 60.25 %
Matthias BrändlePodium 370.15 %
Nikias ArndtPodium 900.1 %

Etape 20 Giro d’Italia 2021

164 kilomètres entre Verbania et Alpe Motta qui promettent d’être intense. Dernière occasion de renverser le Giro à la façon de Christopher Froome en 2018, en se lançant dans un raid loin de l’arrivée. Seul Yates semble en position : 2’49 d’Egan Bernal et avoir le tempérament pour. Tout autre coureur du Top 10 sera contraint à une attaque de la dernière chance pour tenter un rapproché quasi-impossible du podium avec entre 3 minutes 22 pour Aleksandr Vlasov et 5 minutes 37 à combler. La solution la plus simple semble la recherche d’un accessit pour lesdits coureurs.

Avec 12, 8, 6, 5, 4, 3, 2 et 1 point(s) distribués pour les huits premiers coureurs classés au sprint intermédiaire situé à Cannobio (km 16.9), la bataille pour le maillot ciclamen semble est désormais joué. La messe est dite pour Peter Sagan qui ne peut plus être rattrapée. C’est sensiblement la deuxième place se tenant en seulement trois petits points qui devrait rythmer le départ d’étape. Il ne sera donc pas aisé de sortir avec une UEA émirates maîtrisant le peloton pour Fernando Gaviria. A moins que ce dernier ne soit de tous les coups. Dans ce cas, Patrick Bevin et Matthias Brändle veilleront aux grains pour juguler toute tentative du colombien et défendre la troisième place de Davide Cimolai qui marquera à la culotte son concurrent direct.

Mais il ne sera pas aisé de sortir sur la première heure de course avec un relief totalement plat. D’autant que les aspects tactiques du classement général rentreront en jeu :

  • la Deceuninck Quick Step et les UEA émirates devraient tenter de mettre des pions à l’avant afin de servir de relais plus tard dans l’étape ;
  • les Ineos Grenadiers devraient encore une fois chasser derrière toute échappée comportant des hommes desdites équipes.

Cette fois les deux premières citées auront un rôle pivot si une alliance s’est créée entre elle : la victoire d’étape pour Joao Almeida est une potentielle remontée au classement général et la tentative de renversement du classement général avec sa prise en main pour Simon Yates.

De 593 mètres d’altitude à 2065, il faudra avoir le coeur bien accroché pour ne pas subir le tempo de certaines équipes dans les 23.7 kilomètres à 6.2 %.

Une ascension escamotée avec un vent de face. Y voir donc des attaques si tôt semble utopique. Tant le temps n’accordera guère de clémence pour les plus braves.

Mais l’étape de la veille pourrait donnée des idées à une équipe comme la Deceuninck Quick Step prête à tenter l’élastique jusqu’au point de rupture dans la descente technique qui s’en suit. Piégeant d’ores et déjà des leaders mal placés.

Un nouveau coup d’épée dans l’eau ?

Le vent trois quarts face sur une section plus “plate” entre Hintterein et Spülgen pourrait mettre à néant cette tentative.

Le Spülgenpass culminant à 2115 mètres, un monstre long de 8.9 kilomètres à 7.3 %. Un objectif simple : faire un écrémage maximal et user ses coéquipiers jusqu’à y placer une attaque pour la Bike Exchange du moins. Pour les Ineos Grenadiers, la question repose plus sur la survie. Au plus Egan Bernal est entouré, au mieux la fin d’étape peut être géré et les écarts contrôlés.

Avoir un vent favorable est toujours un gage d’avoir une ascension offensive. Avec un sommet situé à guère moins de 30 kilomètres de l’arrivée, la montée de Spülgenpass sera nécessairement l’endroit où Simon Yates tentera son va-tout.

Une descente rapide et technique qui ne sera pas sans désavantager les attaquants qui descendront le mieux.

Mieux vaut ne pas tenter le raid solitaire cependant. Si la descente se fait avec un vent favorable, il en est tout autre chose avec la première partie de la dernière ascension où un groupe de chasse sera nécessairement favorisé contre un homme seul. La contrainte est donc posée : une alliance doit être faite pour Yates.

7.3 kilomètres à 7.6 % …

…dont seul les deux derniers sont montés avec un vent favorable.

Un dernier virage à 600 mètres.

200 derniers mètres plus doux à 3.9 % qui favorise très nettement un coureur comme Joao Almeida en cas de sprint en petit comité.

Si Simon Yates jouait au poker, il aurait sans doute la pire des mains et tout le monde à table le saurait. Le britannique de la Bike Exchange est contraint à l’attaque… Contraint à l’attaque de loin ! Seulement si un raid solitaire comme il l’a fait sur le Tour des Alpes à Feichten im Kaunertal est à espérer. La tentative seule s’apparente à une opération suicide. Yates est donc obligé de faire des concession. Mettre des coéquipiers à l’avant en relai n’étant pas aisé avec une Ineos qui tentera sans doute d’imprimer son tempo pour juguler au mieux les attaques et un Pippo Ganna veillant au grain pour qu’aucun Bike Exchange ne fasse partie des échappées.

S’il veut espérer reprendre le temps qui le sépare d’Egan Bernal, il doit faire alliance. Joao Almeida est sans nul doute son meilleur allié dans ce type de croisade. Le portugais de la Deceuninck Quick Step libéré des chaines de Remco Evenepoel est transcendé. D’abord à l’offensive à Cortina d’Ampezzo, il n’aura cessé d’être en vue sur les arrivées au sommet de Sega di Ala et Alpe di Mera. De tous les leaders, il détient sans doute la meilleure main. Si Egan Bernal est au dessus de ce qu’il a montré sur les deux dernières arrivées au sommet, Almeida peut profiter de sa pointe de vitesse pour régler un groupe de leaders qui n’aura su à se départager. Si alliance, il y a avec Yates alors il aura l’avantage de pouvoir faire pression pour le gain d’étape afin de collaborer avec le britannique.

Une position forte que pourrait avoir Damiano Caruso. Mais en réalité, il en est tout autre. L’italien de la Bahrain Victorious doit-il suivre Yates pour défendre sa deuxième place au risque d’exploser ? Ou doit-il compter sur le travail défensif des Ineos Grenadiers comme la veille pour assurer un podium inespérer. Monsieur Constant à une place de choix pour remporter le Giro, s’il suit Yates. Mais le britannique voudra nécessairement se débarasser de cette épine dans le pied pour ravir le maglia rosa. Jusqu’alors Caruso n’a jamais tenté mieux qu’une défense de position. Et à surtout concéder rêver de podium que de tout tenter pour remporter le Giro au risque de perdre le podium d’une vie. Un sacré dilemne que le leader de remplacement devra résoudre de lui-même.

Que ce soit Aleksandr Vlasov, Hugh Carthy ou Romain Bardet, tout trois ont le caractère offensif pour rechercher un accessit sur la 104 édition du Giro. Mais c’est sans doute le français qui trouve un terrain à sa mesure aujourd’hui. Bien que sans image sur les pentes du Passo Giau, le leader de la Team DSM aura été un artisan du final. Connu pour ses qualités de descendeur, c’est sans doute ces dernières qui lui feront accrocher le wagon de tête lorsque Yates attaquera dans les pentes de Spülgen. Et si Yates attend la montée finale, ce qui est peu probable alors Bardet pourrait tenter de partir dans la descente en solitaire et creuser suffisamment d’avance comme il l’avait fait à Saint Gervain Mont Blanc en 2016. 14e à Sega di Ala et 10e à Alpe di Mera sur des montées explosives qui ne lui scient guère, l’ancien coureur emblématique de la AG2R Citroën La Mondiale trouve un terrain à sa mesure et surtout un type de course offensive qui lui convient à merveille. Les hauteurs vertigineuses ne sont pas un frein si on se rappelle sa montée de l’Izoard en 2017 ou même du Galibier. Aujourd’hui si le Romain d’antan est présent, ça doit Bardet !

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Joao AlmeidaVainqueur 4.30.5 %
Romain BardetPodium 200.25 %

Etape 17 Giro d’Italia 2021

Canazei – Sega di Ala, une étape longue de 193 kilomètres et 3703 mètres de dénivelé positif total à gérer le lendemain d’une journée de repos. La course s’emballera-t-elle du côté des leaders avec un leader subissant le contre-coup de ladite deuxième journée de repos ? Sur le papier, cette étape semble promise aux échappées. Qu’en est-il vraiment ?

UN giro de baroudeurs

Les lendemains de journée de repos sont difficiles à manager. Il n’y a qu’à demander à Thibaut Pinot qui aura subit maintes fois le contre-coup occasionné par la rétention d’eau qu’elle génère sur le corps ; comme sur le contre-la-montre de Rovereto sur le Giro 2018. Mais le leader emblématique de la Groupama-FDJ n’est pas le seul à subir les journées de repos. Il n’y a qu’à prendre exemple sur Davide Formolo, Dan Martin et surtout Remco Evenepoel qui auront été éjectés des prétendants à la victoire finale et même au podium sur l’étape de Montalcino. Quand bien même la nature du revêtement lors de la onzième étape aurait eu une influence.
Les troisièmes semaines sont décisives. C’est pourquoi la deuxième journée de repos peut donner lieu à une sorte de cessez-le-feu en leaders. A l’image d’une étape comme Villard-de-Lans sur le dernier Tour de France où les leaders auront profité de cette journée pour reprendre le rythme de course interrompue et finir à près de 17 minutes des échappées. Une illustration tout autant applicable à l’étape de San Daniele del Friuli sur l’édition précédente du Giro où le peloton des leaders a accordé un crédit de près de 13 minutes aux fuyards.

Pour savoir si les échappées ont une chance d’aller au bout, il convient de se demander : qui a intérêt à chasser et qu’ont-t-ils à y gagner ?

Solide leader du classement général avec 2’24, les Ineos Grenadiers d’Egan Bernal n’ont aucun intérêt à user de l’énergie bêtement.
Les Bahreïn-Victorious n’ont aucun intérêt non plus. L’écart est trop grand entre Damiano Caruso et Egan Bernal pour espérer le bousculer, sauf contre-performance (jour sans) du colombien. D’autant que les abandons de Mikel Landa, Gino Mader et Matej Mohoric ont considérablement allégé l’effectif.
Pointe ensuite les EF Education Nippo de Hugh Carthy. Le britannique est à 1’16 de Damiano Caruso, un écart trop conséquent pour tenter de bousculer l’italien est lui ravir la deuxième place du GC sur une telle étape.
Les Astana Premier Tech d’Aleksandr Vlasov ne sont pas mieux lotis.
Les Bike Exchange de Simon Yates doivent faire avec l’inconstance de leur leader capable du pire comme du meilleur sur les pentes du Monte Zoncolan entre-autre.
Que ce soit la Trek Segafredo de Giulio Ciccone ou la DSM de Romain Bardet n’ont montré une quelconque envie de prendre la chasse à leur compte jusqu’ici. Le caractère offensif de leur leader pourrait être mis en exergue. Mais avec seulement 4’31 et 5’02, jamais un bon de sortie ne sera accordés à ces deux leaders.
Sept des vingt-trois équipes sont d’or et déjà éliminés des prétendants à la chasse, que l’on retombe sur les Ineos Grenadiers avec Daniel Felipe Martinez qui reste en position de soutien à Egan Bernal. Un dernier rempart qui joue aussi une défense d’une Top 10 au GC.
La Jumbo-Visma est dorénavant tourner vers l’attaque. Si Tobias Foss a un crédit de 8’20 pour tenter un baroude d’honneur. L’équipe du norvégien, vainqueur du Tour de l’Avenir 2019 est tourné pour le tester sur trois semaines. Le voir à l’avant serait donc surprenant.
Les réels trouble-fêtes du classement général sont les hommes déjà vu à l’avant à Cortina d’Ampezzo. Mais leurs équipes sont désormais portées sur l’offensive, à faire partie de l’échappée et non la chasser.
C’est pourquoi Joao Almeida de la Deceuninck Quick Step à carte blanche pour se porter à l’avant. Son débours de 10’01 n’est pas un frein et le portugais n’a surtout plus à se muer en chien de garde de Remco Evenepoel.
Davide Formolo (12’45) des UAE Emirates n’est pas sans être un acteur actif depuis Montalcino. Cherchant à être de tous les coups. Et Dan Martin (15’10) des Israel Start Up Nation trouvera une arrivée à Sega di Ala taillé pour lui. La question demeure sur les intérêts de son équipe en début d’étape qui auront tout intérêt à chasser le sprint interrmédiaire pour Davide Cimolai. En effet, l’italien ne compte que 22 points de retard sur Peter Sagan, actuel détenteur du maillot ciclamen. Porter le maillot ciclamen rapporte 750 € par jour, franchir en tête le sprint intermédiaire rapporte 500 € mais c’est surtout l’aspect financier du classement qui importe. En effet, remporter le classement par points à Milan rapporte 10 000 € quand la deuxième place elle n’en rapporte que 8 000. Un intérêt toutefois supérieur qu’il convient de défendre face à Fernando Gaviria puisque l’actuelle 12e place de Dan Martin ne rapporte que 2 863 €. Il faudrait remonter à la neuvième place, soit combler 7 minutes pour trouver un intérêt économique supérieur à Davide Cimolai. Tout en chassant la rente de 11 010 € offerte au vainqueur de chaque étape de cette 104e édition. Avec tout l’aspect publicitaire qu’une victoire offre aux sponsors de l’équipe. L’équilibre de l’équipe israelienne se trouve donc dans le fait d’au moins envoyer Dan Martin pour la victoire d’étape et Davide Cimolai pour le sprint intermédiaire de Trento à l’avant.

C’est là qu’en vérité, les chances des échappées reposent. Sur le travail de la Bora Hansgrohe, qui doit réussir à filtrer l’échappée pour que ni Davide Cimolai, ni Fernando Gaviria n’y figure. Si Peter Sagan est dans l’échappée, alors l’équipe allemande ne prendra pas la chance à son compte. Mais si le slovaque n’est pas présent alors son équipe se mettra en ordre de rang pour chasser que dans une hypothèse. Celle où Peto n’est pas représenté aux avants-postes mais que ses adversaires directes au ciclamen le sont. L’abandon d’Emmanuel Buchmann, leader de l’équipe a recentré totalement l’équipe vers la défense du maillot ciclamen et les gains d’étapes.

A l’image de ce Giro exceptionnel, les échappées ont encore de très grandes chances de se batailler pour la victoire d’étape à Sega di Ala. Mais quel profil de coureur peut s’immiscer dans l’échappée matinale ?

Avec 55 premiers kilomètres à – 1.1 %, soit en faux-plat descendant, la bataille devrait être accharnée pour prendre le large. Toutes les équipes devraient être intéressées pour être portées à l’avant. C’est donc une lutte sans relâche qui attend les coureurs sur la première heure de course où une équipe sera toujours là pour relancer derrière. Mais attention, les récentes étapes n’ont pas été sans enseignemement. Si l’on pouvait s’attendre à une lutte acharnée à Montalcino, l’échappée s’est formée à vitesse grande V, tout comme à Gorizia. Avec des gros rouleurs appliquant la technique du départ canon en équipe. A l’image de Victor Campenaerts et Maximilian Walschied qui auront d’abord creusé un trou sur le Ponte Figariola au dessus du Canal di Belvédère juste avant une neutralisation sur chute. Et de refaire de même sur les routes de Terzo d’Aquileia, emmenant les mêmes coureurs qu’avant ladite neutralisation.

La météo devrait être clémente à l’amorce de la troisième semaine. Le peloton selon toute vraisemblance sera épargné par la pluie.

Le seul obstacle en apparence est le vent défavorable toute la journée durant. Mais les apparences sont parfois trompeuses puisqu’il ne sera guère plus forts que les 5 km/h, soit quasiment inexistant.

Une aubaine pour les gros rouleurs, mais une mauvaise nouvelle pour les poids plume du peloton qui ont du mal à sortir sur le plat. Vers une échappée de “pim-pim” ? C’est probable, il convient donc de se tourner vers deux types de profil :

  • des rouleurs passant bien les difficultés grâce à la métronomie du lissage de l’effort ;
  • des grimpeurs ayant des aptitudes de rouleurs.

Si l’échappée n’y est pas formée, ce n’est sans doute pas au mur de Sover que l’échappée partira.

2.7 kilomètres devraient en théorie être suffisant à 9.8 % pour se détacher du peloton.

Mais ce sont les 31 kilomètres de portions descendantes vers Trento (- 2,8 %) et son sprint intermédiaire qui y seront alors un frein. Cependant au vue de la force du vent, ce scénario n’est pas le plus prévilégié et sans doute faut-il se tourner vers des rouleurs réussissant à vite faire le trou.

Le final commence avec le Passo di San Valentino : 14.8 kilomètres à 7.8 %. Une montée régulière sur des routes nécessairement peu larges.

Dans un décor splendide, que les leaders n’auront guère le temps de savourer. Il faut s’attendre à une course dans la course. Des équipes comme les EF Education Nippo ou probablement plutôt la Astana Premier Tech y tenteront un coup de force.

17.6 kilomètres de descente à – 6.6 % avec toute une portion technique entre San Giacomo et Brentonico. Une occasion pour certaines équipes de tenter un coup de force. Sans doute pour celle que les kazashs figurent en tête de liste des équipes qui joueront à faire vasciller les autres leaders du classement général.

Une conclusion à Sega di Ala : 11.2 kilomètres à 9.8 %, une montée comparable au Monte Zoncolan où les différences peuvent être faite. Et surtout où des coureurs comme Hugh Carthy et Aleksandr Vlasov sont forcément attendus dans de tels pourcentages.

Dans une montée serpentant…

… sur des routes tout aussi peu larges que la montée précédentes, Egan Bernal devrait encore être chahutté. Tous espéreront un moment de faible. Mais quand même bien, la bataille pour le podium final sera enclenché dans des pentes moyennes frôlant les 25% au maximum.

Le final est plus simple : 1.75 kilomètres à 5.3 %, sur des routes plus ou moins rectilignes toujours dans un secteur boisé. L’impact du vent y sera donc nul, les attaques ne devraient y être que plus encouragées.

Pour être honnête, je ne m’attendais pas à ce que Sega di Ala soit si difficile. Il y a des passages très raides, c’est une montée qui peut faire des différences. La précédente ascension vers San Valentino doit également être gérée avec précaution, et elle va peser sur les jambes pour le final

simon Yates en reconnaissance du final de la dixième étape avec les organisateurs du tour des alpes

Si une course des leaders est attendue dans le final, c’est bel et bien l’échappée matinale qui devrait se disputer la victoire finale. Deuxième au Monte Zoncolan, Jan Tratnik de la Barhain Victorious coche l’ensemble des cases pour aller cueillir une nouvelle victoire pour l’équipe après celle de Gino Mäder à San Giacomo. Le slovène d’1m73 pour 67 kilos est plus connu pour ses qualités de rouleur que de grimpeur. C’est pourquoi il est un candidat idéal pour un départ rapide avec l’abandon de Matej Mohoric parmi les siens.
L’an passé à la sortie de la deuxième journée de repos, c’est d’ailleurs lui qui s’était imposé sur l’étape de San Daniele del Friuli après être parti en solitaire sur le plat et fait parler ses qualités dans l’effort individuel. Avant de rester à tout un groupe de chasse et n’être rejoint que par Ben O’Connor au sommet de Monte di Ragogna (3 kilomètres à 9 %).
Une fois de plus toute sa polyvalence parmi les rouleurs pourraient être mis en exergue à Sega di Ala pour aller chercher une nouvelle victoire sur un Grand Tour après celle de l’an passé.
Sa place au côté de Damiano Caruso n’est pas une obligation. Les Bahrain Victorious ont été beaucoup porté à l’avant. Sans doute, son leader n’aura besoin d’être entouré que par le friable Pello Bilbao et Rafael Valls.

Si Davide Formolo faisait partie des attaquants à Cortina d’Ampezzo et sera la figure locale de l’étape (Regrar n’étant qu’à 32 kilomètres de l’arrivée), Antonio Pedrero mérite tout autant de faire partie de la liste des favoris du jour. Il est vrai qu’au cours de l’étape du Monte Zoncolan, l’espagnol était la carte numéro 1 des Movistar avec Einer Rubio. Le rôle de Nelson Oliveira sera une nouvelle fois le même : emmener Rubio ou Pedrero le plus loin possible. Seulement si le colombien est sans doute trop léger pour partir sur un départ si violent avec des rouleurs. Ce n’est pas le cas de l’espagnol. Dernier survivant de l’échappée rattrapé par Egan Bernal sur les pentes du Passif Giau. La mission sera cette fois simple : refaire de même sur une ascension similaire au Passo Giau sans se faire rattraper.

Sega di Ala est une arrivée quasi-inédite, la montée n’aura été empruntée, sans doute à tort, qu’une fois dans l’histoire : lors du Giro del Trentino, en 2013. Une étape remportée par Vincenzo Nibali. Cette année le requin de Messine pourrait doubler la mise. Animateur de l’échappée matinale de l’étape 16, Nibs commence à retrouver de sa superbe après sa blessure à la main. Bon dans tous les domaines, Nibali coche toutes les cases et devrait une nouvelle fois profiter du travail sans doute de Gianluca Brambilla pour s’extirper du peloton et s’envoler sur les pentes les plus escarpés.

Le bet “Jan Tratnik” fait l’objet d’une collaboration avec :

https://twitter.com/pronoland_?s=09

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Jan TratnikVainqueur 700.1 %
Jan TratnikPodium 200.15 %
Antonio PedreroVainqueur 170.2 %
Antonio PedreroPodium 60.3 %
Vincenzo NibaliVainqueur 400.15 %
Vincenzo NibaliPodium 100.2 %

Étape 14 Giro d’Italia 2021

Jour-J pour la première grande bataille pour les coureurs du classement avec la terrible et mythique montée du Zoncolan. Une arrivée prestigieuse que certains voudront sans doute accrochés à leur palmarès.

Ce serait spécial de gagner au sommet du Zoncolan. Mais ça veut dire contrôler le peloton. Je serais heureux si je pouvais juste garder le maillot rose.

Egan Bernal

Cela implique que si chasse de l’échappée, il doit y avoir. Il ne faudra compter sur les Ineos Grenadiers que si le filtrage de l’échappée a été mal fait. Seulement, ce filtrage s’avère plus aisé avec un départ plat. Alerte sur les dernières étapes, Jhonatan Narvaez et Filippo Ganna auront ce rôle de garde-fous qu’ils ont eu jusqu’alors. Des coureurs comme Davide Formolo ou Dan Martin désormais à 7 minutes au classement général tenteront probablement de sortir mais le bon ne devrait leur être accordé. En effet, un remplacement au GC n’était pas permis à l’italien lors de l’étape Bagno si Romagne. Peu probable donc que les Britanniques accordent un bon de sortie à de tel coureur où l’écart ne pourrait filer au dessus des 10 minutes et les obligerait ainsi à contrôler plus durement le peloton et non l’endormir.

L’autre menace des chances des échappées, ce sont les coureurs satellites placés en point de relais à l’avant. Des coureurs placés au GC comme Vincenzo Nibali ou même Ruben Guerreiro ou Nick Schultz obligerait les Ineos a naviguer sur des œufs. En devant gérer l’écart pour ne pas les replacer trop près au GC. Tout en manœuvrant dans le final pour annihiler toutes les opportunités qu’un relai de ces coureurs impliquent.

Enfin, la dernière épine dans le pied des échappées est la météo avec un vent de face sur les 100 premiers kilomètres. Soit globalement toutes la pleine avec que le peloton ne se heurte aux premières rampes du Forcella Monte Rest.

Cependant, les raisons d’espérer pour les fuyards sont grandes. D’abord parce que le vent est léger. Ensuite parce que sur l’étape de Montalcino, une échappée s’est formée vite dans une étape qui semblait être promise au peloton. Une échappée qui n’a fini par être revu alors que le départ était similaire : totalement plat. Enfin les averses qui devraient frappés le final. Si la descente du Forcella est mouillée, le peloton n’y prendra aucun risque de fait de sa technicité et l’échappée devrait y reprendre du champ.

Pour sortir sur le plat et espérer gagner au sommet du Zoncolan depuis l’échappée. Ce qui n’a été fait qu’une fois en six arrivées au sommet, en 2014 par Michael Rodgers. Une année où dans une configuration similaire au départ. L’échappée composé de grimpeurs chevronné s’est formé en seulement 10 minutes. Il faudra être puissant mais aussi avoir des qualités d’escalade sans pareilles.

Un Monte Zoncolan par son versant le plus facile. Monté par Sutrio, l’ascension est plus longue mais plus douce. Seulement gardons à l’esprit que ses pourcentages n’en reste pas moins indigeste.

9 premiers kilomètres à 8.3 %, moins raide que le versant opposé mais encore plus subtil à manœuvrer. Un versant où si l’on souffre, le sommet nous achèvera.

3 kilomètres à 13 %, tel est le final qui est réservé aux plus vaillants. A ce stade, ce n’est que souffrance à manager.

Si les chances de l’échappée demeure, il faudra de gros rouleurs pour se sacrifier sur le plat. Dans des équipes n’ayant plus rien à jouer des coureurs comme Victor Campenaerts, Thomas de Gendt, Alexis Gougeard, etc ont un sacré rôle à jouer. Mais c’est probablement vers la Movistar qu’il faut se tourner. Orpheline de Marc Soler qui a abandonné sur chute, l’équipe espagnol n’a plus que les victoires d’étape à jouer. Antonio Pedrero, Dario Cataldo (présent dans l’échappée en 2014) et Einer Rubio font figure de tête de liste pour aller glaner l’étape quand un coureur comme Nelson Oliveira pourrait s’avérer précieux pour pousser l’échappée le plus loin possible.

Mieux vaut se garder quelques shots pour le live pour couvrir une journée GC qui potentiellement peut UP en live et du moins ne droppera pas en live une fois l’échappée formée.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Dario CataldoVainqueur 1250.1 %Zebet
Dario CataldoPodium 410.15 %Unibet
Antonio PedreroVainqueur 600.1 %Winamax
Antonio PedreroPodium 210.15Unibet
Einer RubioVainqueur 1000.1 %Betclic
Einer RubioPodium 310.15 %Unibet

Etape 13 Giro d’Italia 2021

Près de 200 kilomètres à parcourir entre Ravenna et Verona où Carlos ne devrait théoriquement pas s’imposer dans une plate comme la main.

Avec les abandons de Caleb Ewan et de Tim Merlier, il est légitime de se demander si l’échappée peut avoir ses chances d’aller au bout. La majorité des équipes de sprinteurs étant limitées dans leur train. Qui pour chasser ?
La Bora Hansgrohe de Peter Sagan, porteur du maillot ciclamen pour 17 points sur Fernando Gaviria et Davide Cimolai. Hors l’arrivée offre 50 points au premier, 35 points au deuxième, 25 points au troisième jusqu’à la 15e place. Le lead de classement par points est en danger. L’équipe allemande serait ravis de voir laisser filer les gros points.
La Jumbo-Visma de Dylan Groenewegen, la Cofidis Solutions Crédits d’Elia Viviani, la Team Qhubeka Assos de Giacomo Nizzolo figure parmi la tête de liste des équipes pouvant collaborer à l’avant du peloton pour ramener tous les hommes dans les rangs.
La Israel Start Up Nation de Davide Cimolai et la UAE Team Emirates de Fernando Gaviria sont en renfort nécessaire tant par les qualités qu’ont montré leur sprinteur au cours des différents sprints massifs et réduits font d’eux des prétendants au maillot ciclamen à Milan. Mais aussi parce que leur leader au GC à savoir Dan Martin pour la première et Davide Formolo pour la seconde sont désormais hors jeu depuis l’étape de Montalcino.

La main d’oeuvre est donc présente pour aller ravir le probable dernier sprint massif tant des incertitudes planes autour de la 18 étape. Hors de question de laisser passer une telle occasion tant la voie sur la Corso Porta Nuova se libère avec l’abandon des deux sprinteurs s’étant imposé sur cette 104e édition.

Des bordures peuvent-elles troubler la fête ? Un vent par occasion trois quarts dos soufflera.

Sur des zones découvertes, qui pour tenter le coup ? La réponse est simple : PERSONNE. Sur des portions trop loin de l’arrivée, qui tenterait le coup alors que le parcours alterne zone urbaine et traversée de campagne. A la veille d’une étape cruciale comme celle du Monte Zoncolan, aucune équipe de leaders ne devraient vouloir tenter une telle opération. La mission principale du jour est de reposer ses éléments en vue d’une bataille entre les hommes du GC demain. Quant aux équipes de sprinteurs, les trains sur ce Giro ne sont pas les plus forts. Quel serait l’intérêt d’affaiblir voire d’anéantir un train avant le final dans les rues de Vérone. Souhaiter des bordures semble totalement utopique.
L’étape se dirige pour être d’un ennui total sur les 170 premiers kilomètres où les pro-Conti italienne habituelles prendront le large. Eolo-Kometa, la Bardiani CSF Faizane avec Umberto Marengo et la Androni Giocattoli Sidermec avec Simon Pellaud se battant aux classements de la Fuga (474 points pour le premier et 504 points pour le second) et de la Traguardo Volante (38 et 41 points). Sans doute, la Lotto Soudal cette fois ne mettra d’hommes à l’avant en misant sur Stefano Oldani au sprint.

Comme pour chaque sprint, la course s’emballera progressivement à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée. Où les équipes de leaders batailleront pour être en tête du peloton.

5.6 kilomètres de l’arrivée : premier obstacle avec un rond-point à prendre de préférence par la droite.

5 kilomètres de l’arrivée : une occasion de se replacer idéale, avec une route passant à trois voies.

4.4 kilomètres de l’arrivée : avant de passer à quatre voies.

4.2 kilomètres de l’arrivée : moment de tension avec un premier rétrécissement qui ne devrait étirer le peloton outre mesure.

Sur des boulevards tout aussi large que le peloton avancera inéxorablement vers la ligne d’arrivée.

3.4 kilomètres de l’arrivée : premier vrai moment de tension aux abords de la barrière fatidique des trois kilomètres et un peloton qui va se tendre.

Mais les occasions de remonter seront légions.

2.7 kilomètres de l’arrivée : un rond-point à passer obligatoirement par la droite, pour essayer de créer de la technicité là où il n’y en a pas selon toute vraisemblance.

Une fois de plus, le replacement est aisé pour qui subira les vagues montantes et descendantes.

900 mètres de l’arrivée : c’est ici que le placement est vital avec un pont à passer à pleine vitesse qui réduira l’espace devant. Un véritable entonoir… Un coupe gorge où les risques de chutes et de cission du peloton seront tellement accrues par la dangerosité du passage.

700 mètres de l’arrivée : peut-on parler de carrefour quand c’est sur de véritable boulevard ?

De la deux voies…

… avant de débouler à 500 mètres de la ligne d’arrivée sur un billard.

Vu des 200 mètres

Un sprint sans aucune technique dans les rues de Vérone qui devrait laisser place de la place aux trains de sprinteurs.

S’il est une étape qu’Elia Viviani a coché, c’est bel et bien l’étape de Verone qu’il a à la bouche depuis des mois. Et le natif de Isola della Scala (20 kilomètres de Verona) n’arrive pas sans pression.

C’est la chance d’une vie de gagner à la maison. En onze ans chez les professionnels, une étape du Giro d’Italia n’a jamais fini au sprint à Vérone.

https://www.cyclingnews.com/news/viviani-looks-to-raise-standard-in-giro-ditalia-homecoming-in-verona/

Un extra de motivation qui ne sera pas de trop. Mais attention vouloir briller à la maison à ses vices et ses vertus. La balance entre motivation et pression est difficile à trouver. Pour le mener à bien dans sa tâche, Fabio Sabatini et Simone Consonni devront l’emmener à la perfection. Jusqu’à présent ce dernier à fourni un travail parfait, apparaissant même plus rapide que son sprinteur. Son travail de replacement à Foligno en fut assez édifiant. Une différence assez édifiante à Catolicca où Viviani n’a pas su profiter de la position et du lancement parfait de Consonni. Un sprint où Viviani qui pourtant malgré un sprint en plusieurs temps à Novara est paru dominé par Giacomo Nizzolo avatn d’être terrasé par Caleb Ewan.

Quand on parle de poisson pilote de luxe, la patte de Juan Sébastian Molano pour Fernando Gaviria souffle le chaud et le froid. Le poisson pilote colombien à d’abord saborder son compatriote à Novara et à Catolicca avant de corriger parfaitement le tir à Termoli puis récemment à Foligno. Probablement que si Gaviria avait suivi et non fait la cassure derrière, la victoire devant Sagan était acté. Seulement, le final n’est guère technique. Les longs boulevards sont un dada pour El Misil qui apprécie les longues lignes droites où la puissance pure joue. Du moins, le El Quetzal Splendente d’antan, à l’apogée de sa vitessse. Ce qu’il n’a que peu montré au cours des différents sprints cette année.

Un autre à apprécier les sprints sur de longues lignes droites est bien Dylan Groenewegen. Le néerlandais rassure de jour en jour. Dans un final si peu technique, il ne devrait pas être à son désavantage. D’autant qu’il possède le meilleur train, sans nul doute le plus puissant avec Eduardo Affini, Tobias Foss et David Dekker. Le placement et la forme malgré le manque de rythme du à sa période de suspension sont derrière lui lorsque l’on voit sa surprenante septième place à Termoli. Dans un final qui ne lui sciait guère. Lancé dans de parfaite condition, en parfaite position, il est sans doute sur le papier, le sprinteur le plus rapide encore présent.

Souvent les sprinteurs sont des pistards confirmés, c’est le cas de Riccardo Minali qui mérite sa mention honorable. Comme Viviani, il sera le local de l’étape. Son train avec Quinten Hermans véritable artiste quand il s’agit de frotter dans le peloton et le rapide Andrea Pasqualon devrait lui ouvrir la porte dans un final où son placement cette fois ne devrait pas souffrir.

S’il est un poisson pilote qui peut profiter de l’abandon de son sprinteur, c’est bien Alexander Krieger. Parfait dans le placement, il aura été l’artificier de la victoire de Tim Merlier à Novara mais aussi de son podium. Sans doute, sa position de poisson pilote au sein de la Alpecin Fenix fait oublier à quel point Krieger peut être rapide. Il n’y a qu’à voir des sprints l’an passé comme à Paris-Chauny où il n’est battu que par Nacer Bouhanni mais devant un coureur comme Arnaud Demare. Bien que battu largement par ce dernier au luxembourg, il était au coude à coude avec un Jasper Philipsen. Cela ne l’epêchant d’accumuler les places d’honneur sur le podium. Une situation répété au Tour du Poitou Charente avec une nouvelle fois Arnaud Demare dans l’année de sa superbe et battu par Alvaro Hodeg. Une rivalité donc avec les grands noms du sprint mondial dont le belge n’a pas à rougir.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Dylan GroenewegenVainqueur 4.50.5 %
Alexander KriegerPodium 80.25 %

Pour les plus frilleux, l’assurance de la cote boostée Winamax semble ok. Avec une valeur similaire aux cotes étrangères.

Etape 11 Giro d’Italia 2021

162 kilomètres entre Perugia et Montalcino pour 2364 mètres de dénivelé positif total. Un cumul de 35.2 kilomètres de strade bianche sur les 69.2 derniers kilomètres, à travers les quatre secteurs de chemins blancs de toscane.

Un secteur numéro 2 qui correspond au final de l’étape dantesque de 2010 remporté par Cadel Evans. Avec la moitié de routes asphaltées et l’autre moitié de chemins gravillonneux, la dramaturgie de la scène repose sur l’impondérable qu’elle génère. Comme il y a onze ans, où Vincenzo Nibali sur chute dans une des descentes du parcours y a perdu le maillot rose pour ne jamais le récupérer. Là où David Arroyo y a sans doute construit les fondations de son podium final sur la 93e édition du Giro d’Italia.

Quelles sont les chances des échappées sur ce type d’étape ?

Au lendemain d’une journée de repos, tout peut arriver. Certains digèrent mieux que d’autres cette journée où l’organisme fait de la rétention d’eau, le lendemain. Une journée difficile attendront les leaders qui n’y gagneront pas le Giro mais pourront assurément le perdre.
Le départ plat offre un terrain adéquate aux Ineos Grenadiers pour leur permettre de filtrer l’échappée et éviter que des hommes dangereux ne s’y immiscent. Le crédit accordé aux fuyards peut donc filer très vite vers 7/8 minutes. Un écart qui ne seraient pas irrémédiables.
L’inconvénient majeur dans la réussite de l’échappée matinale repose dans la composition du final. Avec la moitié de chemins de terre, les risques de cassures et un écrémage par l’arrière se fait naturellement au fil des kilomètres et secteurs, à l’instar des étapes et classiques pavées. Le rythme s’y accélère intrinsècquement par le biais des trains de leaders désireux d’être placés à l’avant. Et d’éviter tout soucis.
Le terrain inclut des impondérables que sont les crevaisons. Qui sont accrues du fait du revêtement jonché de petites pierres. Une variable déjà vue encore une fois dans le Nord de la France où chaque leader a cette épée d’Amoclès sur la tête. Chaque équipe a pour intérêt d’accélérer en cas de soucis d’un autre leader. Ainsi en 2010, lorsque Nibali a chuté la Milram et la Acqua & Sapone ont profité de la confusion que cela a créé.
Ce sont deux facteurs qui accélèrent la course dans le peloton et condamne un peu plus les chances des échappées. Ajoutons le prestige d’une étape mythique au palmarès. Mais surtout la possibilité de s’inscrire dans le temps sur les trois semaines de Grand Tour. Soit en gagnant du temps précieux sur des adversaires ou soit en perdant qu’une poignée de secondes voire aucune dans une position légèrement plus défensive.

qui pour composer l’échappée ?

Encore une fois la comparaison avec les étapes pavées, des étapes où l’aléa sportif est renforcée est de mise. Lors desdites étapes, les équipes de leaders ont une stratégie plus défensive avec une chasse gardée autour de leur leader pour parer à tout risque. Les gregarii n’ont que peu de marge de manoeuvres pour jouer leur carte personnelle. A l’image de l’étape de Roubaix sur le Tour 2018, où seulement les équipes sans prétention au classement général ne sont risquées à aller de l’avant. Dans une course à l’écrémage, mieux vaut tenter sa chance plus loin que de loin. La majorité verra sans doute une journée pour les hommes du classement général. La bataille pour prendre l’échappée devrait être moins féroce qu’à l’accoutumé. Cela laisse-t-il une chance pour ces gregarii de s’exprimer dans le final ? Encore une fois, la position plus défensive d’une telle étape ne le permet guère. Sauf à être dans la peau de la Lotto Soudal et d’être contraint à l’attaque.

Reconnaissance du parcours

69.2 kilomètres de l’arrivée : le premier secteur est un secteur roulant, principalement descendant. Un secteur où la course va devoir s’intensifier juste avant son entrée.

Les Ineos Grenadiers y imprimeront sans doute un tempo élevé pour débuter un écrémage par l’arrière et comment le travail de sape en vue d’esseuler le maximum de leaders avant l’abord du secteur décisif.

56.3 kilomètres de l’arrivée : le repecho de Bibbiano. Seulement un petit kilomètres mais 8.6 % de moyenne.

Un repecho qui montre l’ardeur du terrain où le peloton est toujours au prise des difficultés dans le final même sur les parties asphaltées.

53.2 kilomètres de l’arrivée : le plus long secteur menant à proximité de Montalcino. Véritable copier-coller du dernier secteur de Montalcino version 2010, le secteur numéro 2 est un véritable coupoir pour le peloton où les offensives doivent pleuvoir. Sans doute de seconds couteaux pour user le train des Grenadiers.

Fort de pentes maximales à 16 %, il est impossible de se cacher dans ce secteur. La course devrait s’y emballer définivement. Le groupe de leaders qui en ressortira sera selon toute vraisemblance bien amaigrit.

La seconde partie alternant “up and down” n’offre guère de visuel sur une bonne partie du trajet. Ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour un groupe de coureurs essayant de faire la jonction avec le groupe de devant.

37.4 kilomètres de l’arrivée : l’importance du placement dans ce type de course est vitale tant le parcours n’offre que peu d’endroits où remonter entre les secteurs. Et la descente entre Montalcino et Castelnuevo menée tambours battants ne le permettra pas. A son pied commencera le troisième secteur. Au bas de ladite descente, des bonifications qui devraient forcer certaines équipes à prendre tous les risques pour bonifier au mieux leur leader.

25.9 kilomètres de l’arrivée : Bernal le soulignait en interview, il faudra profiter de chaque secteur roulant pour faire un écrémage dans le peloton. Ce sera à nouveau une occasion parfaite dans le secteur numéro 3.

La technicité de Castelnuevo est qu’il est extrêmement compliqué de trouver son rythme. L’irrégularité de la route change constamment le tempo et il faut pouvoir encaisser les changements de rythme.

13.6 kilomètres de l’arrivée : Dernière occasion pour profiter des chemins enpierrés pour dynamiter le groupe.

Un joli secteur où il faut profiter des 1.25 premiers kilomètres à 8.1 % avant tout un secteur roulant en quasi ligne droite de 3.2 kilomètres.

8.7 kilomètres de l’arrivée : seulement après le secteur, c’est sur une route asphaltée en montée qu’il faudra se confronter dans les 10 derniers kilomètres.

Au cours d’une journée érintante, cette dernière partie pourrait voir les écarts enfler. Une partie où il ne vaut mieux pas être seul, à moi d’être au dessus de la meute.

Une descente rapide où il faut éviter de virer trop large dans le dernier virage comme Evans en 2010.

Avant 800 mètres dans les ruelles de Montalcino et 200 derniers mètres à près de 10 % dont un maximum à 12 %. Un vrai sprint pour pur puncheur.

bernal doit gagner du temps

Bien que porteur du maglia rosa, Egan Bernal a toujours Remco Evenepoel qui est une menace au GC. Si le belge est dans l’inconnu sur ses capacités à tenir trois semaines. Le prodige de la Deceuninck Quick Step représente un danger pour le sacre final du colombien, sans une marge nécessaire en vue de contre-la-montre de clôture. De ses mots, le leader des Ineos Grenadiers estime qu’une marge d’au moins 1 minute 30 est nécessaire à la sortie de l’étape 20.
Fort de son expérience en VTT dans sa jeune carrière, Bernal a montré toute sa classe sur les chemins blancs de toscane, au printemps. Vainqueur au sommet de Campo Felice sur des routes gravillonneuse, le vainqueur du Tour de France 2019 a démontré qu’il était le client pour ce genre de journée.
La stratégie des Ineos à Montalcino est simple : profiter du parcours pour mettre en difficulté certains leaders plus fragiles sur les chemins enpierrés… Ou du moins censé l’être, notamment Remco Evenepoel. Mais en chemins, il devra trouver des alliers de circonstance pour creuser l’écart. Si Bernal se trouve à l’avant, en ayant fait un trou sur Evenepoel principalement. Le colombien aura le poids de la course sur ses épaules où il sera à la fois marqué et attendu pour fournir le plus gros du travail. Une situation bien différente du col de l’Iseran où il n’avait juste qu’à forcer son talent pour emmener Simon Yates et un temps Warren Barguil et Vincenzo Nibali à plus de 2700 mètres d’altitude. A la fois rapide au sprint et alaise sur les forts pourcentages comme le montre son explosivité lundi au plus fort de la pente (14 %), ne sera-t-il pas entamer par ce travail défensif. Mais ne faut-il mieux pas se demander s’il se retrouve avec quelques coureurs à l’avant ? Ne doit-il pas rouler pour éviter un retour de l’arrière en compromettant ses chances de victoires et d’obtention des 10 secondes de bonification ? La réponse est sans doute mieux vaut-il perdre quelques secondes de bonifications qu’une avance sur un groupe en ne collaborant pas. Egan Bernal pour le gain d’étape est probablement contraint à la victoire d’étape.

Remco Evenepoel après sa remontée du fond de groupe à Campo Felice et sa soif pour les secondes de bonification à une posture presque idéale. Mais probablement est-il le leader qui a le plus à perdre sur une étape test. Son objectif est de limiter la casse. Joao Almeida sera son lieutenant sur les chemins blancs. 37e des Strade Bianche, l’objectif était de se faire une expérience sur ce type de terrain afin de mieux l’apprivoiser pour l’étape du jour. La Deceuninck Quick Step devra faire parler de son expérimence sur les classiques pour entourer au mieux son leader.

L’expérience sur les Strade Bianche est un atout. Alberto Bettiol aurait coché toutes les cases en tant que coureur local, s’il n’avait pas été le coéquipier de Hugh Carthy qui a tout à perdre sur une telle journée. Compliqué de voir le toscan de sortie vers une victoire d’étape sur un relief qui n’est pas nécessairement à son avantage. L’étape de Montalcino est presque incomparable avec les Strade Bianche. Beaucoup plus dur, son directeur sportif, Matti Breschel le concédant. La place de Bettiol est au côté de son leader. La place à l’offensive est permise mais ne reposera-t-elle pas sur les épaules de Simon Carr. S’il doit y avoir un EF Education Nippo à l’avant c’est bien le britannique, français de naturalisation.

A vrai dire, plusieurs leaders se sont mis à leur avantage sur la dernière arrivée au sommet. C’est le cas de Giulio Ciccone qui pourra profiter de l’expérience souvent malheureuse de Vincenzo Nibali pour gérer cette journée cruciale.

Mais surtout d’Aleksandr Vlasov qui monte en puissance de jour en jour. Les conseils de son manager, Alexandre Vinokourov, véritable artificié de l’étape de 2010, ne seront pas de trop. Le leader de la Astana Premier Tech, a montré être un sacré coureur lorsque les pourcentages sont les plus raides. Et un sprint qui n’a rien à envier au meilleur, loin d’être ridicule. Lui permettant d’atteindre des places d’honneur à plusieurs occasions. Légitimement se pose la question de son expérience dans les chemins blancs. Mais chez les amateurs, le russe les aura harpenté.

Perdant l’occasion de ravir le classement général de la Toscana Terra di Ciclismo Eroica 2018 lors de la dernière étape après une crevaison dans le dernier secteur. Perdant la tête du groupe et l’occasion de combler les 3 secondes de retard au GC face à Andrea Bagioli.

Expérience, vitesse au sprint, qualité de puncheurs, leaders au GC bien entouré, Davide Formolo est sans doute le leader sous les radars demain. Le leader des UAE émirates est sans doute un membre du Top 10 qui n’est pas autant redouter que les autres en haute montagne. Deuxième des Strade Bianche 2020, Formolo pointe 1’02. Une marge qui lui laisse plus de libertés en cas d’offensive dans le final que tous les autres coureurs précités. L’aide de Diego Ulissi qui a montré une belle forme au cours de l’étape de dimanche. Sur un terrain qui scie tout autant son compatriote, Formolo peut véritable éclabousser de toute sa classe lorsqu’il est au paroxysme de la douleur comme sur les pentes de Saint Martin de Belleville l’an passé. Rares sont les coureurs a poussé aussi loin la douleur, le caractère exigeant du terrain est une très bonne nouvelle pour l’italien.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Davide FormoloVainqueur 28 0.25 %
Davide FormoloPodium 90.25
Aleksandr VlasovPodium 80.5 %

Etape 10 Giro d’Italia 2021

139 kilomètres entre l’Aquila et Foligno pour un sprint massif à la veille de la journée de repos. Une étape courte avec 1460 mètres de dénivelé positif. Mais la bataille pour le maillot cyclamen et la victoire d’étape pourrait ajuster du piment à la course.

Rares sont les étapes offrant un total de 50 points à l’arrivée pour le vainqueur. Le cumul de points de coureurs comme Peter Sagan et Davide Cimolai sur des sprinteurs tout autant durables comme Giacomo Nizzolo et tout aussi polyvalents pourrait enfler.
De plus, l’abandon de Caleb Ewan en cours de route a rebattu les cartes pour la victoire d’étape que certains peuvent entrevoir avec un concurrent redoutable de moins.

Après 7.9 kilomètres, le peloton entamera la montée de Sella di Como. On pourrait y penser que l’échappée s’y forme avec plus ou moins de facilité. Seulement après une première semaine usante, la fatigue pourrait se faire sentir et inspirer plus de coureurs pour passer à l’offensive. Mais c’est surtout l’intérêt que pourrait y porter la Bora Hansgrohe et potentiellement Israel Start up Nation qui devrait jouer un rôle ou non sur le tempo sur lequel sera montée la difficulté. Bien inspiré serait ces deux équipes dont l’allemande que l’on a déjà vu dans cette position par le passé faire le départ sur des départs en cote. Avec l’objectif clair de faire sauter les sprinteurs les plus purs.

Seulement, le vent trois quarts face dans une telle montée ne devrait pas faciliter le drop desdits sprinteurs.

Des chances de voir un départ musclé ? On pourrait être déçu comme à l’étape 14 du Tour de France où la Bora était attendu pour rouler et elle ne l’a pas fait.

C’est sans doute plus loin que l’on pourrait retrouver la Bora. A la sortie de Rieti, toute une zone découverte est traversée sur près d’une petite quinzaine de kilomètres avec un vent suffissament fort pour tenter le coup de trafalgar.

L’effort du sprint intermédiairei de Santa Rufina pourrait se prolonger et il n’est pas à exclure que si un leader se retrouver piéger une équipe comme la Deceuninck Quick Step prête main forte. La course pourrait très vite s’emballer. Comme retomber comme un soufflé si personne ne se fait piéger.

C’est alors que le peloton enchainera quatre difficultés non répertoriées et roulantes où il sera impossible s’ils ne le sont pas décrochés avant, de se séparer des sprinteurs.

Forca di Amore

Monte Franco

S’il faut espérer que la course s’emballe si ce n’a pas été le cas avant : Valico Della Somma offre le terrain le plus propice avec ses 6.8 kilomètres à 4.8 %.

Mais l’opération semble vouée à l’échec lorsque l’on y regarde de plus près. Si tempo doit être imprimer dans cette difficulté, c’est que les sprinteurs auront été lâchés avant et que le peloton tentera d’empêcher leur retour. Ou alors pour les fatiguer en vue de l’arrivée finale.

Attention cependant aux dernières opportunités de bordures sur des zones dégagées proches de l’arrivée vers San Giacomo.

A 10 kilomètres de l’arrivée, la course devrait voir une importante bataille de placements avant d’aborder l’entrée dans Foligno.

7.2 kilomètres : premier rond-point qui étirera le peloton.

Pour biffurquer sur la droite 400 mètres plus loin.

Sur une longue ligne droite, les occasions de se replacer seront légions.

Attention cependant aux aménagements urbains qui couperont par moment le peloton en deux comme à 5.2 kilomètres du but…

… ou à 4.1 km.

3.3 kilomètres, le désormais habituel rond-point à prendre forcément par la droite (cf. vidéo ci-dessous du final de 2014 et 2016).

Même chose à 2.6.

Nouveau split à 2.3 kilomètres.

1.6 kilomètres : le peloton biffurque sur la droite.

1.2 kilomètres : un virage à prendre pleine balle.

Tout comme à 1.1 kilomètres où le peloton s’étirera toujours un peu plus. Le placement est donc vital bien avant la flamme rouge.

800 mètres : entrée dans une rue en peu moins large…

…qui laisse moins de place au replacement.

Un dernier tournant qui commence à 400 mètres et plaque le peloton étiré sur la droite de la route.

Pour débouler à 200 mètres dans la dernière ligne droite finale. Le placement est donc vitale pour sortir en tête du dernier virage.

Etape 7 du Giro d’Itala 2016

Timecode 22′ : dans la montée de Valico Della Somma, la Trek Segafredo de Giacomo Nizzolo avait essayé en vain de faire lâcher les sprinteurs dans un peloton étiré.

Timecode 1:00:00 : les 3.6 derniers kilomètres où l’on peut voir un sprint dans le sprint à 1.5 kilomètres pour aborder le premier tournant à droite en tête.

QUAND BORA A LA CLE DE LA COURSE EN MAIN

Il faudra bel et bien compter sur une course dynamitée par la Bora. Les occasions de bordures à la sortie de Rieti implique que des équipes de leaders pourraient se meler au jeu de la guerre des sprinteurs pour piéger un ou des hommes placés au GC. Dans une étape courte, la veille d’une journée de repos, la journée ne devrait pas être de tout repos. Dans cette opération, la Bora Hansgrohe pour Peter Sagan n’est pas seule. Les Israel Start up Nation pour Davide Cimolai et les Qhubeka Assos pour Elia Viviani pourraient se meler à la fête.

Juan Sébastian Molano est probablement la clé de la réussite du sprint du jour. Le colombien aura commis des erreurs sur les précédents sprint plat qui ont coûté à son compatriote Fernando Gaviria. Des sprinteurs les plus purs, Nando a montré une forme qui lui a permis de passer les difficultés avec aisance. Echappée l’autre jour, Nando s’est écrassé au sol mais les blessures ne sont qu’abrasion. Son train composé d’Alessandro Covi, Maximiliano Richeze et Juan Sébastian Molano fait figure d’un des meilleurs parmi le peloton. Fort d’une anticipation à Termoli, Gaviria n’est pas passé loin de la mettre au fond. La question demeure sur sa capacité à tenir une course durcie. Mais Molano pourrait être un parfait substitue. Fort en montagne, il aura placé sur orbite Diego Ulissi la veille pour que l’italien fasse le jump sur l’échappée dans le Passo Godi. Un parfait plan B pour les émiraties.

Au vue du placement dans les derniers 200 mètres, le Top 10 de Consonni poisson pilote d’Elia Viviani et potentiel plan B pourrait être une option plus qu’envisageable, à l’instar de Molano.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Fernando GaviriaVainqueur 10 0.35 %
Fernando GaviriaPodium 3.50.5
Juan Sebastian MolanoPodium 310.15 %

Etape 9 Giro d’Italia 2021

Une courte étape de 158 kilomètres mais non des moindres. De Castel di Sangro à Campo Felice, les coureurs devront parcourir pas moins de 3501 mètres de dénivelé positif. Première grosse explication attendue entre les hommes du classement général mais les échappées sont-elles condamnées pour autant ?

Un départ qui débute par 12 kilomètres à 2.7 %. Un départ rapide où la bataille pour prendre le large devrait être rude. La première difficulté non repertoriée commencera à la sortie d’Alfedena.

Un vent plutôt favorable dans la partie descendante vers le Lac de Barrea.

C’est sur des pentes avec un vent favorable que l’échappée devrait se former.

La question qu’il faut se poser pour estimer leur chance de réussite : qui a intérêt à rouler ? Définitivement pas la Groupama-FDJ qui a juste à imprimer un faux tempo, une fois que l’échappée aura pris du champ. Mais elle devra d’abord s’assurer qu’aucun membre qui ne l’a compose ne soit dangereux au classement général. Pour lui permettre de prendre le plus de champ possible.
Sur le papier, ce sont la Deceuninck Quick Step et les Ineos Grenadiers qui sont en tête de liste pour prétendre prendre l’étape à leur compte. Remco Evenepoel ne compte que onze secondes de retard sur Attila Valter. Un débours qui peut aisément se refaire sans sacrifier une équipe entière dans une journée de chasse. Egan Bernal lui ne compte que seize secondes, le débours est tout autant risible. Il faut se demander si ces équipes ont intérêt à aller chercher à tout prix l’échappée et donc le gain d’étape bonifiée pour porter le maglia rosa. Avec les difficultés qui s’annoncent en troisième semaine. La réponse est évidemment négative. Il faut plutôt s’attendre à une prise en main tardive du peloton pour ces deux équipes notamment des britanniques. Tout l’art étant de savoir si ce sera pour une course dans la course ou pour condamner les échappées.

Est-il possible de revoir un forcing des Astana Premier Tech ? Les descentes sont peu techniques, il sera compliqué de pousser un leader (comme Remco Evenepoel) à la faute.
Est-il possible de revoir un forcing des Ineos Grenadiers ? La majorité de la journée jusqu’au pied de l’avant-dernière montée se fait avec un vent guère favorable.

Roulante, la difficulté ne peut être utilisée que pour durcir la course et non la faire exploser.

D’autant que ses pentes ne sont pas exposées au vent comme les pentes du Forca di Presta l’était.

Les 22 derniers kilomètres commencent sur une route exposée avec un vent d’une quinzaine de kilomètres par heure, trois quarts dos. Une direction idéale mais une puissance insuffisante pour réussir la moindre bordure si proche de l’arrivée. Une aubaine pour les échappées qui pourrait profiter d’un temps mort au sein du “groupo grosso”… Si Ineos ne fait pas des siennes.

Dernière ligne droite plate avant un final haletant…

Où la route ne fera presque que s’élever pendant 10 kilomètres. Le final est composé en quatre partie.

A 8.8 kilomètres de l’arrivée, les coureurs vireront en direction de Rocca di Campio.

Au bout d’un secteur boisé, le second sprint intermédiaire de la journée qui offrira des secondes de bonifications aux trois premiers. Un sprint disputé si les échappées ont été repris.

Juste après le sprint, un court moment de récupération avec une partie descendante, marquant le commencement de la deuxième partie de la difficulté finale.

Aucune difficulté technique, si ce n’est le premier virage.

A 7 kilomètres de l’arrivée, le coureur vireront sur un petit raidard.

400 mètres punchy

Avant que la pente ne se radoucissent…

… pour retomber sur une courte descente étroite.

La troisième partie de l’ascension finale peut commencer.

Vent de face, les attaques ne devraient pas y être nombreuses. Surtout qu’elles seront toujours en ligne de mire si tel est le cas.

4.3 kilomètres : on vire sur une route qui est goudronnée depuis (photo Maps de 2011).

Une route menant à un passage sous un tunnel. Une traversée sous terre durant un kilomètre.

Sortie du tunnel Serralunga à deux kilomètres de l’arrivée.

1.8 kilomètres : à la sortie du tunnel sur une route refaite depuis (photo Maps de 2008)…

… les coureurs chercheront la jonction à un second rond-point…

… qui mènera au secteur tant redouté : les 1.6 kilomètres à plus de 8 %.

Une distance trop courte pour créer de réelles écarts mais une surface génératrice d’aléas où l’on peut tout perdre.

Une rampe qui assurément fera le plaisir de certains leaders.

LA INEOS ASSUMERA-T-ELLE SON RÔLE DES MAINTENANT ?

Si les leaders s’accordent à dire que dimanche sera un jour de bataille au sommet entre eux, les échappées ont tout de même de bonnes chances d’aller au bout. Seul l’appétit de certains et la dangerosité des membres qui l’a compose peuvent être à un frein au nouveau succès des fuyards. Avant l’étape de Guardia Sanframondi, Louis Vervaeke avait un shot possible pour aller chercher le maillot rose. Seulement le belge de la Alpecin Fenix compte désormais le double de retard à savoir 50 secondes. A-t-il laisser ses rêves de revêtir ne serait-ce qu’une journée le maillot de leader ? Victime d’un crash lors de l’étape, Vervaeke souffre de nombreuses douleurs. Espérer qu’il soit celui qui condamne les échappées n’est pas à l’ordre du jour. Des seconds couteaux comme Pello Bilbao pourrait tenter un replacement au GC en s’immissant dans les hommes de tête. Forçant en conséquence le peloton à maintenir un écart trop faible pour espérer aller au bout.

Le peloton a profité de la journée de samedi pour se reposer, c’est dire le poids que la journée de dimanche représente. La bataille est attendue et devrait faire rage. Si les favoris doivent se disputer la victoire, il est nécessaire d’être un bon grimpeur qui aime les pourcentages abruptes. Au rendez-vous à Sestola et à Ascoli Picena, le colombien Egan Bernal n’a pas déçu et s’affiche comme le grand favori de cette 104e édition. Le secteur gravillonneux ne devrait pas être un handicap. 3e des Strade Bianche cette année. Il ne faut pas oublier d’avant la route, c’est en VTT que le leader unique des Ineos Grenadiers s’est fait repéré par Gianni Savio. Vice-champion du monde juniors en 2014, il a pris la médaille de bronze l’année suivante après avoir été médaillé aux jeux panaméricains. Une chose est certaine, si l’échappée doit être condamnée, ce sera à cause de son équipe.

Mon idée est de continuer jour après jour, étape par étape. Je sais que ma condition est vraiment bonne. Mais je préfère rester calme et voir jour après jour.

giulio ciccone a propos du titre de la gazzetta

S’il est un coureur en forme, c’est bel et bien Giulio Ciccone. A l’offensive beaucoup de fois, si ce n’est trop. Le rôle à changer au sein de l’équipe et l’italien a bougé du rôle d’électron libre à celui de leader. Un costume qui devrait lui faire compter un peu plus ses coups de pédale avec malice. A Manosque, il aura montré qu’il était un excellent puncheur. A deux doigts de basculer Davide Ballerini alors au top de sa condition. Au Trofeo Laigueglia, il aura été à l’offensive et aura montré ce qu’il sait faire de mieux. Sa deuxième place dans l’échappée du Tour 2019 au sommet de la Planche des Belles Filles démontre ses aptitudes à se faire violence dans les pourcentages à deux chiffres. Avec un peu plus de retenu qu’au sommet du San Giacomo, le coureur de la Trek Segafredo peut aller chercher le premier objectif de l’équpe à savoir un gain d’étape.

Le fait qu’une échappée ait suffisamment d’avance pour aller chercher la victoire d’étape dépend de plusieurs facteurs, mais nous essayerons d’être à l’avant.

ADDY ENGELS – Directeur sportif de la jumbo visma

On prend les mêmes et on recommence ? Koen Bouwman était l’option échappée du jour mais n’a réussi à prendre le large. Dans son apprentissage, Tobias Foss est désormais l’option GC et bien que pointant à 1’53. Le norvégien est un coureur protégé chez les Killer Wasps. Cependant, les opportunités ne sont pas verrouillées pour autant du côté de ses coéquipiers. C’est pourquoi Koen Bouwman peut retenter le coup demain.

Rattrapé à la flamme rouge sur une attaque fulgurante de Richard Carapaz, le néerlandais n’est pas passé loin d’inscrire la plus belle victoire de sa carrière après celle du critérium du Dauphiné. Disposant d’un sacré punch, la montée finale devrait convenir à ses caractéristiques.

Une échappée de grimpeurs forts, au sein de la Qhubeka Assos, Kilian Frankiny doit être devant. Sur un profil similaire à Roccarosso, le canadien était dans le groupe pour la gagne. Probablement battu par manque de punch, la gagne n’est sans doute pas loin en cas d’échappée victorieuse où il est l’un des meilleurs grimpeurs. Tout comme un coureur comme Einer Rubio, qui se sera mis tout autant à son avantage sur le Giro de l’an passé et qui pourrait être une des nombreuses cartes utilisées par la Movistar.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Egan BernalPodium 2.750.5 %
Giulo CicconeVainqueur 200.2 %
Giulio CicconePodium 60.25 %
Koen BouwmanVainqueur 800.1 %
Einar RubioVainqueur 800.1 %
Kilian FrankinyPodium 750.1 %

Etape 8 Giro d’Italia 2021

170 kilomètres entre Foggia et Guardia Sanframondi pour un dénivelé positif total de 3006 mètres. Une étape profilé pour les échappées sur le papier. La question est de savoir quelle équipe à intérêt à contrôler la course ? Les Groupama-FDJ d’Attila Valter verrait d’un bon œil l’échappée se disputer la victoire d’étape pour laisser filer les secondes de bonification accordées aux trois premiers. Disposant d’une dizaine de secondes sur Remco Evenepoel et Egan Bernal, deux des grands favoris à la victoire finale. Le hongrois et son équipe se rêve de voir la vie en rose le plus longtemps possible. Avec un top 10 à moins d’une minute, attention danger. Si une majorité d’équipes de leaders n’a guère d’intérêt de porter le poids de la course en portant le Maglia Rosa dès maintenant. Et encore plus dans une journée avec une arrivée si peu difficile ne faisant que peu d’écarts. A vrai dire, seule la Astana s’est découverte pour Aleksandr Vlasov lors de l’étape de Sestola. Plus surprenant, c’est peut-être la Alpecin-Fenix qui pourrait revêtir le masque de bourreau des échappées. Louis Vervaeke s’est montré intéressé en interview par l’occasion rare dans une vie de porter un maillot de leader sur un Grand Tour. Et annoncé essayer de gratter ce rêve ce week-end. Seulement l’équipe Groupama-FDJ composée de grimpeurs est suffisamment forte pour filtrer dans les cols et montées et laisser le belge filer. Tout comme l’équipe de ce dernier est trop faible pour contrôler une telle étape. La UAE-émirates pourrait se mettre à la planche si Diego Ulissi qui trouve un final cousue-main pour lui n’est pas aux avant-postes. Quid de la Bora-Hansgrohe ? Peter Sagan est l’un des seuls candidats au maillot ciclamen capable de s’imposer sur une arrivée taillée pour puncheurs. Le débours de points semble déjà se creuser pour le slovaque sur Caleb Ewan. Mais on peut supputer que des coureurs comme l’australien, Tim Merlier et Elia Viviani abandonneront en cours de route. Le danger principal vient donc de Giacomo Nizzolo et Davide Cimolai qui sont à une portée de fusil.

La route s’élève progressivement à la sortie de Lucera.

Une route rectiligne…

C’est sans doute proche du sommet qu’un groupe assez conséquent devrait réussir à sortir…

… sur des routes toutes aussi larges…

… porté plus ou moins par le vent.

La route commence à s’élever à partir de Telese Terme sur 10.4 kilomètres à 3.8 %. Sans doute sur les portions plus planes à Castelvenere, les moins bons grimpeurs/puncheurs voudront s’extirper du groupe en anticipation de la montée finale. Répertorié sur trois kilomètres à près de 6.5%, la montée finale est un véritable exutoire pour les puncheurs.

Des gradients maximums à deux chiffres feront nécessairement une sélection.

Dans une ascension où les coureurs seront portés par le vent. Ce qui n’est pas sans encourager les offensives.

A 400 mètres, un dernier coup de cul à un peu plus de 13 %

250 mètres un dernier virage avant la ligne droite finale. Les 300 dernières mètres ne sont plus qu’à 4.4 %.

UN FINAL POUR VRAI PUNCHEUR ?

Nombre sont les candidats à l’échappée et trop d’équipes peuvent miser un surnombre dans l’échappée. La stratégie a employé est sans doute de se fixer sur une ou deux desdites équipes et de s’employer à chercher à qui profiterait ce final tant tactique que punchy.

Ineos Grenadiers : Gianni Moscon, Jhonatan Narvaez, Filippo Ganna et Salvatore Puccio apparaissent comme des candidats à l’échappée. Si le bon de sortie leur est accordé. Le premier est trop proche au GC pour se voir accordé la permission de sortir par la Groupama-FDJ. Les deux suivants ont fait partie du coup parti au départ de l’étape de Grotte du Frasassi. Mais c’est bel et bien l’equatorien qui a la meilleure polyvalence et pointe de vitesse. Un polyvalence que Salvatore Puccio a tout autant.

AG2R Citroën La Mondiale : Tony Gallopin en recherche d’un triplé sur les Grands Tours pourrait partir en quête de cette étape. Geoffrey Bouchard pourrait retenter le baroude après son raid épuisant il y a deux jours. Andrea Vendrame a sa pointe de vitesse qui parle pour lui en cas d’arrivée en petit comité pour la gagne et Clément Champoussin victime d’une carence en fer semble lui en recherche de confiance.

Alpecin Fenix : comme exposer précédemment Louis Vervaeke est en quête du maillot rose mais à seulement 25 secondes, l’échappée est compromise et Gianni Vermeersch a montré un intérêt prononcé pour d’autres étapes plus propres à ses qualités de cyclocrossman.

Androni Giocattoli – Sidermec : équipe à l’offensive, Natnael Tesfatsion est probablement le plus polyvalent de tous et déjà très alerte sur le départ de l’étape remportée par Gino Mäder.

Astana Premier Tech : Fabbio Felline, Gorka Izagirre et Luis Leon Sanchez ont l’expérience et la polyvalence pour briller aujourd’hui. Comme pour chaque grand leader seront-ils cantonnés au rôle de baby-sitter ? Probablement pas.

Bahraïn-Victorious : à l’offensive depuis l’abandon de Mikel Landa, les slovènes du groupe à savoir Matej Mohoric et Jan Tratnik sont sans doute les deux cartes de la journée.

Bardiani-CSF-Faizanè : à l’image de la Androni, la conti-italienne peut miser sur un Filippo Fiorelli en feu. Mais aussi sur l’offensif Giovanni Carboni, l’expérimenté Enrico Battaglin et le vétéran Giovanni Visconti

Bora Hansgrohe : impossible n’est pas Peto, le triple champion du monde pourrait partir en quête de points pour le maillot ciclamen. Mais si Felix Grosschartner a ses jambes du Tour des Alpes, l’allemand peut être redoutable sur ce type de finish, tout comme Matteo Fabbro.

Cofidis Solutions Crédits : Rémy Rochas et Victor Lafay sont sur la tête de liste de l’équipe mais attention à l’érythréen de l’équipe Natnael Behrane.

Deceuninck Quick Step : les gamins de Patrick Lefevere seront-ils autorisés à sortir ? Si tel est le cas Rémi Cavagna, Joao Almeida et Mikkel Honoré seraient ravis de tenter le coup.

EF Education First : en quête du rose, le remuant Alberto Bettiol pourrait se consoler avec une victoire d’étape. Dans un profil qui colle tout autant a Ruben Guerreiro.

Groupama-FDJ : malheureusement cantonné à protéger Attila Valter.

Intermarché Wanty Gobert : Simone Petilli en vue en Romandie pourrait être là tout comme Quinten Hermans qui semble la meilleure carte. Mais en tant que crossman ne reve-t-il pas de tenter demain l’arrivée en gravier ?

Israel Start Up Nation : n’est pas enfin l’heure de gloire de Patrick Bevin ?

Jumbo-Visma : des mots du DS aujourd’hui la carte repose sur Koen Bouwman. Réussira-t-il là où Carapaz l’avait crucifié en 2018 ?

Lotto Soudal : qui d’autres que Harm Vanhoucke et Kobe Goossens pour tripler la mise de l’équipe belge ?

Movistar : presque tous les noms peuvent y prétendre. Einer Rubio qui a tenté de partir il y a deux jours va-t-il enfin réussir à prendre la bonne ?

Bike Exchange : Nick Schultz probablement la meilleure option

DSM : à part Nicolas Roche qui peut réellement prétendre à la gagne ? Peut être Michael Storer.

Qhubeka Assos : l’abandon de Dominico Pozzovivo va changer les plans de l’équipe qui n’a pas vraiment les armes pour se battre aujourd’hui.

Trek Segafredo : Bauke Mollema en quête comme Gallopin mais après son long raid a trop chercher à gagner ne sommes nous pas condamner à l’échec ? Gianluca Brambilla est le parfait plan B.

UEA émirates : tous pour Diego Ulissi ?

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Felix GrosschartnerVainqueur 220.3 %Zebet
Koen BouwmanVainqueur 400.2 %Betclic
Koen BouwmanPodium 120.2 %winamax
Matteo FabbroVainqueur 650.15 %Winamax
Matteo FabbroPodium 130.15 %

Etape 7 Giro d’Italia 2021

181 kilomètres pour relier Notaresco à Termoli pour 1669 mètres de dénivelé positif. Une étape plate le long de l’Adriatique qui tentera d’ajouter un peu de relief en biffurquant dans les terres. Pas quoi inquiéter les sprinteurs du peloton.

Une journée marquée par un vent alernant face / trois quarts face toute la journée. Une journée somme toute usante plus usante mentalement que physiquement. C’est surtout aux risques de bordures qu’il faudra faire attention après celle organisée la veille dans la montée de Forca di Presta par les Ineos Grenadiers. La puissance du vent entre 25 et 32 km/h le permet.

Les zones longuant le littoral sont découvertes, ce qui par endroit peut créer des risques. Notamment après le second sprint intermédiaire de la journée.

Les 26 derniers kilomètres à par de la sortie de Vasto sont en totale ligne droite.

Malgré un embranchement à 10 kilomètres de l’arrivée, c’est réellement à 4.6 kilomètres de l’arrivée que la vraie guerre de position commencera. Un premier rétrécissement qui devrait tendre le peloton et rendre la situation nerveuse à quelques kilomètres de la neutralisation.

Un enchainement quasi-ininterrompu avec des terrains plein centraux et de rond-points à négocier comme à 4.1 kilomètres qui n’auront de cesse de scinder le peloton en deux et de freiner la remontée des trains plus en retrait.

3.7 kilomètres de l’arrivée : l’étirement se prolonge. Le placement tôt commence à se faire sentir.

Toujours la même problématique incessante à 3.1 kilomètres du but.

C’est à peu près sur les 1.5 kilomètres suivants que probablement le gain d’étape se perdra. Le placement en tête à la fin est vital.

L’abord du final commence.

A 1.6 kilomètres, les coureurs vireront à droite pour débuter une rampe finale. Un petit kick qui devrait mettre le feu au poudre. Des passages à 12 % en son pied suggère que certains sprinteurs lourds ne devraient pas voir l’arrivée parmi ceux se disputant la victoire.

Gare attention aux conclusions attives. Le talus ne fait que 400 mètres à 5.9 %. Ce qui implique qu’il faudra pour les sprinteurs les plus lourds virer vraiment en tête pour ne pas être éliminé du jeu. Mais aussi trouver le bon braquet pour ne pas être collé et voir la victoire s’envoler.

A noter que les rampes les plus fortes ne sont pas sur 200 mètres mais en réalité 140 mètres avant que la pente ne se radoucisse.

La fin du talus ne signifie pas que les problèmes sont finis pour autant.

Puisque le final rentre dans sa partie plus tortueuse.

Avec de courtes lignes droites pour tenter de se replacer.

1. 1 kilomètres : un virage serré

Flamme rouge

900 mètres : il faut serrer à droite…

… et y rester.

800 mètres : l’un des derniers moments pour se replacer. La question sera de savoir si ce n’est pas trop tard.

600 mètres : un virage rapide

400 mètres : le peloton s’étire en cherchant la droite de la route.

Toujours rester collé à droite.

Un sprint qui commence à se faire sentir comme un sprint long.

Quand les coureurs déboulent à 200 mètres de la ligne enfin sur une route plus large.

Un sprint rapide, vent de dos dans la ligne droite finale.

Un sprint vraiment technique où il est impératif d’être placé dans les tout premiers à 1.6 kilomètres de l’arrivée. Avec un kick en son entrée et une quasi-impossibilité de remonter en son sommet avec la succession de virages et rétrécissements, le peloton a des risques de se morceller. Des légers écarts par le biais de cassures sont à envisager. Les équipes de leaders d’ordinaire un peu plus effacées au profit des équipes de sprinteurs après la barrière fatidique des trois kilomètres pourraient être tentées de vouloir aborder la courte difficulté en tête.

Tout suggère que des sprinteurs lourds comme Dylan Groenewegen et Tim Merlier doivent impérativement virer en tête pour espérer la victoire. Ce dernier devra compter sur un nouveau travail exceptionnel de placement d’Alexander Krieger. D’ordinaire le placement est le talon d’Achille du belge mais sur les deux sprints disputés, le sprinteur de la Alpecin Fenix a profité du travail colossal de son poisson pilote. Le sprint long lui scie à merveille. Mais espérer le remporter, il ne faudra pas faire la moindre erreur dans le final.

Evidemment si l’on parle de sprint avec un rampe explosive Caleb Ewan fait figure d’épouvantail. L’australien jusqu’ici étonnament mal placé dans ses sprints, son poisson pilote Roger Kluge a choisi contraint ou forcé de mener le sprint beaucoup trop tôt. Ce qui a obligé son sprinteur à se repositionner derrière les autres trains mais a permis d’aborder la ligne droite dans les prétendants à la victoire. Toute la question de savoir reproduire le même schéma en gardant au moins un soutien au sommet du Corso Mario Milano. Une tâche qui semble ardue pour la Pocket Rocket.

Deux fois deuxième, Giacomo Nizzolo a montré être un redoutable coureur en matière de placement. A l’instar du sprinteur de la Lotto Soudal, celui de la Qhubeka Assos trouve un final presque cousue-main pour lui. Le manque de soutien au sommet du talus est plus prononcé du côté de l’italien qui doit se débrouiller seul au cours des deux derniers sprints. Un élément qui démontre l’intelligence de course du champion d’Europe qui ne manque les victoires que par manque de vitesse par rapport à Merlier et Ewan.

Entre probablement le meilleur des sprinteurs pour ce type de final et un final qui lui va comme un gant, Peter Sagan trouve une étape presque parfaite pour faire un up au classement par points. En quête du maillot ciclamen qu’Arnaud Demare lui a ravi l’an passé. Le slovaque trouve une adversité de taille avec Giacomo Nizzolo, qui se retrouve presque dans la posture d’un Sam Bennett avec le peu d’étapes aux sprints. Avec 50 – 35 – 25 – 18 – 14 points attribués aux cinq premiers de l’étape, le leader actuel du classement par points pourrait prendre le large sur Peto et espérer la même durabilité sur les étapes plus accidentées. Sagan ne compte cependant que 22 points de retard. Loin d’être un écart irrémédiable, le triple champion du monde sur route peut profiter d’une situation où le classement général semble se compliquer par son leader. Avec Emmanuel Buchmann qui près d’une minute 20 sur les principaux leaders, l’équipe pourrait se recentrer prochainement dans la quête d’étape et autour de la recherche du maillot ciclamen. S’il est une qualité indéniable pour Peter Sagan, c’est celui du placement. Toujours dans la bonne roue, la rampe finale se prête parfaitement à un train mené par Félix Grosschartner et Matteo Fabbro. Si Cesare Benedetti se sacrifiera avant, il faut espérer que Daniel Oss puisse être le dernier étage de la fusée pour emmener son sprinteur vers sa première victoire sur la 104e édition du Giro d’Italia.

La late attack est une option qui fait toujours peur pour les trains de sprinteurs lorsque l’on aborde un final technique. Cependant, la rampe de 12 % est sans doute trop courte pour réussir à faire une différence telle que les sprinteurs plus polyvalents et bien placés soient piégés. Mais les trains des leaders se doivent d’aborder ce kick dans les premiers pour éviter les cassures. S’il est une équipe qui maitrise cette art d’être en tête dans les moments décisifs, c’est bien celle des Ineos Grenadiers. La technicité du sommet pourrait faire des différences, très vite le peloton se retrouve au kilomètre et rentre dans des rues qui serpentent et se rétrécissent au fil des aménagements urbains. Jhonatan Narvaez pourrait profiter de ce travail de placement pour aller faire parler sa pointe de vitesse déjà vu lors du sprint intermédiaire de la deuxième étape.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Peter SaganPodium 2.250.5 %
Giacomo NizzoloVainqueur 70.25 %
Jhonatan NarvaezPodium 500.15 %
Jhonatan NarvaezVainqueur 3000.1 %

Etape 5 Giro d’Italia 2021

177 kilomètres pour relier Modena à Cattolica pour 330 mètres de dénivelé positif. Comme un électrocardiogramme, plus c’est plat plus ça pue. L’étape en quasi ligne droite devrait être d’un ennui mortel. Une chance que les équipes de sprinteurs ne devraient pas laisser filer. Ce sont les Lotto Soudal de Caleb Ewan, les Alpenin Fénix de Tim Merlier vainqueur de la deuxième étape, les Codifis Solutions Crédits d’Elia Viviani et les Jumbo Visma de Dylan Groenewegen qui sont principalement attendus pour ramener dans les rangs les échappées matinaux. Avant de se diriger vers un sprint massif.

A près de 8 kilomètres et demi de l’arrivée, les équipes commenceront une grosse bataille de replacement pour rester en tête du peloton. A ce moment, la grande majorité des équipes à l’avant sera les équipes de leaders. Désireuse de ne pas se faire piéger par la moindre cassure avant la barrière fatidique des 3 kilomètres. Synonyme de neutralisation des temps en cas de problème.

6.9 kilomètres de l’arrivée : un carrefour giratoire qui signifie que le peloton s’étire naturellement en son passage.

6.4 kilomètres : rétrécissement en biffurquant sur la gauche de la roue.

6.1 kilomètres : ce n’est guère ici que le repositionnement pourra se faire avec un rond-point à prendre par la gauche.

Dans une longue rue serpentant, c’est à 4.8 kilomètres que les obstacles se représentent en travers de la route.

4.6 kilomètres : nouvelle occasion d’étirer le peloton avec un rond point à passer par la droite.

Avant un énième split dans un rond-point à passer par la gauche à 3.8 kilomètres du but.

3.4 kilomètres : encore et toujours un rond-point qui ne facilitent définitivement pas le remplacement.

3.2 kilomètres : le replacement ne peut se faire, il faut encore attendre.

3 kilomètres : la barrière kilométrique attendue pour les leaders est franchie, il ne leur reste plus qu’à rester alertes jusqu’à la ligne d’arrivée. Mais la question pour les sprinteurs est maintenant de se positionner devant les leaders.

Un repositionnement rendu compliqué par les ouvrages urbains.

Mais aussi par les nombreux virages comme à 2.7 kilomètres de l’arrivée.

Ou même à 2.6 kilomètres.

Voire des virages serrés comme à 2.2 kilomètres de l’arrivée.

En longuant la cote à 1.7 kilomètres de l’arrivée, la route va légèrement se rétrécir. Les coureurs tomberont sur de la une voie qui sera élargit en prennant la place des parkings.

1.2 kilomètres : un virage qui se prend sans toucher aux freins.

Pour retomber sur des routes qui ne sont pas larges lorsque l’on parle de sprint massif. Quand bien même les ouvrages amovibles en bétom sur la gauche seront enlevés et les places de parking sur la droite libérées.

Une étroitesse qui se confirme plus nettement ici.

900 mètres : dernier virage avant la ligne droite finale.

Un sprint somme toute technique où il est nécessaire d’être placé relativement tôt. Probablement à environ 5 kilomètres de l’arrivée. Pour éviter soit de rétrograder par le différents obstacles qui étire naturellement le peloton, soit d’être mal positionné aux 900 mètres et devoir faire des efforts trop tôt en vue du sprint final. Un repositionnement qui ne sera pas des plus simples dans la ligne droite finale, qui n’est pas la plus large pour un sprint massif.

Tim Merlier arrive en favori après sa victoire à Novara. Mais ce sprint ne lui scie guère. D’abord, parce que le belge a un défaut qui est celui du placement. Qui lui cause beaucoup de problèmes lors de nombreux sprints.

Mais surtout parce que le sprint du jour se fera vent de face, ce qui implique de déclencher son sprint le plus tard possible. Seulement non content d’avoir peu de visuel sur la ligne droite finale et de voir la ligne d’arrivée dans les derniers instants. Merlier est un sprint long, qui a pour habitude de déclencher son sprint tôt. Le sprinteur de la Alpecin Fénix nous fera-t-il une Ackermann ? C’est grandement possible. Dans ces conditions, le gain d’étape s’éloigne assez naturellement de meilleurs qui devra être au dessus de la meute pour s’imposer.

Un sprint qui aime le vent de face est bien Caleb Ewan. Mais l’australien a souffert du mauvais placement lors du premier sprint et globalement dans bon nombre de sprints cette saison. Ce qui lui a coûté un certain nombre de victoires alors qu’il apparaît comme le sprinteur le plus rapide du plateau. Son train à l’instar de tous les sprinteurs est déminué sur le Giro, ce qui n’est pas sans le contraindre. La question de la forme peut se poser lorsque l’on sait que l’aussie est l’un des meilleurs grimpeurs des sprinteurs purs. Lâché dans les premières difficultés de la troisième étape alors même que des sprinteurs comme Fernando Gaviria ou Elia Viviani ont accroché le wagon est relativement désappointant. Pocket Rocket vient avec l’objectif de gagner une étape sur les trois Grands Tours cette année. Il est probablement normal qu’Ewan ne soit pas à 100 %. Mais pour prétendre à la victoire du jour, il faudra être bien placé. Le coureur de la Lotto Soudal doit se resaissir.

De nombreux doutes planés autour de Dylan Groenewegen. Sa quatrième place à Novara aura montré quelques enseignements. D’abord dans les derniers mètres, le néerlandais semble encore un peu sur la retenue en évitant au maximum le contact. Mais les raisons d’être optimiste sont grandes. Comme on peut le voir à 3 kilomètres de l’arrivée, le sprint de la Jumbo Visma en jaune était en tête. Frottait jusqu”à jouer des épaules avec les coureurs de la Israel Start Up Nation pour garder la roue d’Edoardo Affini. Son train s’est ensuite mis en position avec une remontée de David Dekker. Avec de si gros rouleurs, un Groenewegen bien positionné est forcément mis sur orbite. Un candidat plus que redoutable pour la gagne.

Quand on parle de trains de leaders devant être placés avant les trois kilomètres, les DSM étaient très bien placés à Novara. Un travail dont pourrait tirer profit Max Kanter. Option privilégiée lors de l’étape de Canale. Mais les difficultés ont eu raison du sprinteur lourd. Emmené par Nikias Arndt, Kanter a un réel coup à jouer. Le très bon positionnement de son train pourrait lui être profitable. Lui qui a accroché deux podiums sur son premier Grand Tour, lors de la dernière Vuelta.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Dylan GroenewegenPodium 2 0.5 %
Dylan GroenewegenVainqueur 6.5 0.5 %
(cote boostée)
Max KanterPodium 120.25 %

Etape 4 Giro d’Italia 2021

187 kilomètres entre Piacenza et Sestola pour un dénivelé positif total de 3078 mètres. Une étape avec un final qui semble proposer une bataille entre les meilleurs puncheurs du peloton et les leaders du classement général. Une étape où le Giro peut assurément se perdre, à défaut de s’y gagner.
La deuxième moitié suggère un terrain difficile à maîtriser. Une réelle opportunité pour les échappées. Mais ceux qui auront pris la poudre d’escampette pourront-ils rallier l’arrivée sans être rattrapés. La victoire de Taco van der Hoorn, nous rappelle que rien n’est figé dans le marbre. Et que même lorsque les échappées matinaux ont une chance infime de gagner, la probabilité n’est jamais nulle pour autant.

LES CHANCES DES ECHAPPEES D’ALLER AU BOUT

Les plus de 80 kilomètres menant à Ciano d’Enza sont totalement plats, ce qui facilite un filtrage des échappées. D’ordinaire plus les chances des échappées sont grandes, plus le peloton a tendance à voir une succession d’attaques interminables jusqu’à ce que le groupe soit autorisé à prendre le large. Toute la question est de se demander :

  • la taille du groupe d’échappée
  • sa composition en terme de profil de coureurs

Pour cette dernière question, s’il est un impératif, c’est qu’un homme peu dangereux au classement général final ne soit présent dans la bonne du jour. Un homme dangereux actuellement n’est pas un véritable problème en vérité, s’il ne l’est pas pour le classement général à Milan. Les Ineos Grenadiers peuvent et même se devront de se débarasser du poids du maillot à un moment donné en première semaine. Sans, ils n’ont pas à subir le poids de la course dans la défense du maglia rosa. Et peuvent donc économiser une énergie précieuse en vue d’une troisième semaine extrêmement éprouvante.

Le vent au départ jusque Parme, c’est-à-dire sur les 60 premiers kilomètres est totalement de face. Non content d’être défavorable, le vent sera fort, estimé entre 25 et 30 kilomètres par heure. Dans ces conditions, une échappée de gros rouleurs est plutôt à envisager. Peu voudront tenter le baroude avec un vent défavorable toute la journée durant. A moins que le groupe ne soit si conséquent qu’il ne soit trop compliqué voire impossible à gérer. Mais sur un relief si plat, il est plus aisé de faire un filtrage des échappées et d’accorder un crédit à un groupe dont le nombre est plus facile à maîtriser. Le peloton bataillera-t-il dans une journée dantesque jusqu’au pied de la première difficulté ? Très probablement pas.

Avec une journée dantesque, les positions doivent être assez conservatrices avec peu d’équipes prêtent à l’offensive. Durcir la course dans les différentes ascensions de la journée et prendre des risques dans les descentes semble relativement inopportun dès la première journée où le relief est difficile. Néanmoins une fois que la taille du groupe est déterminée et que sa composition l’est aussi. Pour condamner les chances des échappées, il faut qu’une ou plusieurs équipes se mettent en chasse.

QUI POUR MENER LA CHASSE ?

Les Ineos Grenadiers vont-ils défendre le maillot ? C’est toute la question. De prime abord, la réponse semble négative. Filippo Ganna n’est pas en mesure de résister aux offensives dans la dernière difficulté. De plus, il serait bienvenue de se décharger du poids de la course en vue de la troisième semaine. Pourtant l’italien sur ses terres a confié en interview qu’il défendrait ses chances demain. Mais attention à ne pas s’y tromper, défendre son maillot ne veut pas dire faire rouler léquipe pour autant.
Avec Remco Evenepoel, troisième du GC à 20 secondes tout comme son coéquipier, Joao Almeida, quatrième, la Deceuninck Quick Step apparaît en tête de liste pour mener à bien cette tâche. L’occasion est parfaite pour l’équipe belge de revêtir le maglia rosa. Ces deux leaders ont une parfaite raison chacun d’aller à la rencontre du maillot : établir une hiérarchie claire entre les deux hommes. le portugais trouve sur le papier une étape à sa portée et fait figure de leaders le plus rapide au sprint. Quand le jeune belge lui peut, compte tenu de toutes les inconnus autour de sa capacité de récupération sur trois semaines et globalement de ses conditions de reprise de la compétition, se tester dans un rôle de leader du GC sur un Grand Tour.

Tomorrow our focus will be entirely on George. We are here to ride a good GC with him.

ARTHUR VAN DONGEN

Deuxième du GC, Tobias Foss pourrait voir son équipe roulait aussi. Bien que le directeur sportif des Jumbo-Visma annoncait la veille vouloir tester Tobias Foss pour le classement général en ne le bridant pas uniquement au rôle de grégario de luxe de George Bennett. Le chemin inverse semble être pris. Plusieurs inconnus demeurent autour du norvégien, notamment sa capacité à tenir dans un final si ardue. Et pourtant, Foss peut tant prétendre au maillot rose si tel est le cas qu’au maglia bianca (maillot blanc de meilleur jeune). Si les Killer Wasps ne sont pas attendus pour mener la chasse, ils peuvent néanmoins mettre la main à la pâte.
Ce sont plutôt des équipes comme la UAE émirates tant pour Diego Ulissi que Davide Formolo, les Bora hansgrohe pour Emmanuel Buchmann ou même les Israel Start-Up Nation pour Dan Martin qui apparaîssent comme les équipes les plus probables en vue d’un gain d’étape (et éventuellement un maillot de leaders pour le premier dans cette hypothèse).

Le final devrait commencer dans une bataille pour le placement dans la difficulté non répertoriée de Montecreto en vue d’être bien en tête du peloton pour aborder la descente vers le pied de Sestola.

Versant par lequel Giulio Ciccone s’est imposé en 2016, la descente vers Fanano fera l’objet de toutes les attentions pour se pas retrouver piéger ou trop loin pour aborder la dernière difficulté du jour.

Le Colle Passerino : 4.25 kilomètres répertoriés à 9.9 %, un véritable coupe-pattes. Avec un sommet situé à 2.45 kilomètres, que des leaders se marquent est possible mais qu’ils n’en profitent pas pour s’expliquer est inenvisageable. Encore une fois, en début de Giro, l’épreuve ne s’y gagne pas mais peut s’y perdre ou se tendre.

Pentue avec des pourcentages jusqu’à 16 % sur un bitûme qui par endroit ne rend guère. Les probabilités d’attaques avec un fort vent de dos sont d’ailleurs accrus à l’endroit même de ladite photo. Il ne restera que 1.75 kilomètres (à 9.8 %) avant le sommet.

Un final tortueux, pas totalement en descente. Ce qui favorise un groupe ou une victoire en solitaire suivant les écarts au sommet du Passerino.

Peu de visuel sur la courte portion descendante.

Un dernier kilomètre tortueux qui est favorable à ou aux hommes de tête.

Un dernier virage à négocier à 400 mètres de la ligne d’arrivée.

100 derniers mètres

UNE EXPLICATION ENTRE LEADERS INEVITABLE ?

Si explication entre leaders il y a, alors les puncheurs auront fort à faire pour accrocher le wagon de tête. La difficulté semble trop longue pour une bonne majeure partie d’entre eux. L’absence des ogres slovènes, Tadej Pogacar et Primoz Roglic est une bénédiction pour les grimpeurs du peloton qui n’auraient sans doute eu que des miettes à se partager sur ce type de profil.

Sans les deux monstres, le nom qui ressort naturellement est celui de Simon Yates. Le Passerino semble cousue-main pour le britannique. Leader impérial en 2018, il avait alors explosé en chassant tous les lièvres : défense du maillot, bonifications, victoires d’étape. S’agira-t-il comme sur la Vuelta qu’il a remporté à l’expérience. Le marquage sur l’étape du jour semble la meilleure option pour ne pas se découvrir trop tôt.

Le plus à même de porter ce rôle est bel et bien Remco Evenepoel. Etre co-leader lui permet de jouer plus facilement la carte offensive où son binôme n’a juste qu’à suivre les roues. L’offensive est d’ailleurs priviligiée. Le belge l’aura démontré lors du sprint intermédiaire de la deuxième étape, le sprint n’est pas son point fort. Mais peut-on lui en vouloir ? S’il est un coureur qui a peu sprinté dans sa courte carrière tant professionnel qu’amateur, c’est bel et bien R.EV. Véritablement dominateur chez les juniors, les seuls courses qu’il n’a pas remporté sont des épreuves/étapes où il n’a pas fini en solitaire (14 sur 27). Aucune victoire au sprint. La Deceuninck pourrait jouer le coup du Picón Blanco lors du Tour de Burgos avec son duo. Une étape qu’Evenepoel avait remporté et où Almeida avait pris la 5e place ou comme sur lAlto da Fóia à Algarve. Deux Tours que le jeune prodige avait remporté avant son terrible accident.

J’ai vu que Remco a vraiment une forme incroyable sur une des dernières ascensions. Je l’ai vu sur le gros plateau et je me suis dit “wow il a une forme fantastique”

Filippo ganna

La forme semble plus que présente quand on écoute les bruits qui se murmurent à l’extérieur et au sein du peloton. A en croire Pippo lui-même.

Un autre coureur qui tient une forme incroyable à en juger par sa performance sur le contre-la-montre de Turin et qui aime les forts pourcentages est bien Aleksandr Vlasov. Le leader de la Astana arrive après un Tour des Alpes réussi notamment sur les ascensions clés du Kaunergrat Piller Sattel et du Boniprati. Sa performances sur l’Angliru l’an passé tend à démontré que le russe aime les forts pourcentages et ne devrait partir d’une montée sélective. Ce qui devrait pêche au moins pour la gagne, ce sont ses capacités au sprint où il est apparu dominé a bien des occasions comme au Tour des Alpes sans être totalement ridicule face à deux hommes prétendus très rapide à savoir Simon Yates et Pello Bilbao.

C’est d’ailleurs ce dernier qui pourrait être un des prétendants sous les radars. Pello Bilbao est aligné en leader de rechange. Ce qui implique qu’il ne doit pas perdre de temps en première semaine pour pallier à toutes défaillances de Mikel Landa. Rapide au sprint sans doute le plus rapide avec Almeida sur le papier, quand bien même son sprint face à Ion Izagirre sous-tend le contraire. Le basque est aussi un coureur qui excelle lorsque les conditions climatiques sont apocalyptiques. Une aubaine et une occasion de victoire pour la Bahreïn-Victorious. Bilbao a cette marge de manœuvre grâce à la présence de Landa qui lui permet de passer à l’offensive. Et si celle-ci échoue ? Son sprint est bien meilleur que celui d’Evenepoel. Ce qui lui donne l’ascendant dans bon nombre de scénarios.

PRONOSTICS

CoureursType de Classementcotemisebookmakers
Remco EvenepoelVainqueur 100.25 %
Pello BilbaoPodium 80.25 %
Pello BilbaoVainqueur 300.25 %
Aleksandr VlasovPodium 5.50.5 %
Simon Yates et Dan Martin Podium 110.25 %(cote boostée)

Etape 3 Giro d’Italia 2021

190 kilomètres entre Biella et Canale pour un dénivelé positif total de 1869 mètres. Une étape où le profil suggère un final dynamique pouvant brouiller les cartes d’un sprint massif au profit d’un sprint réduit. Mais le final ne peut-il pas être encore plus explosif ?

Le final commence avec la difficulté de Piancanelli. Longue de 5 kilomètres à 5.9 %, la montée pourrait permettre de commencer à durcir la course pour faire sauter quelques sprinteurs. Mais avec un sommet à 67.8 kilomètres de l’arrivée n’est pas trop tôt sur un début de Grand Tour ? L’opération paraît plus probable lors d’une classique. Et pourtant, la tentation pour certaines équipes de leaders de distancer des concurrents à la victoire finale pourraient être grande.

Si les routes n’y sont pas des plus larges, ce qui favorise un peloton étiré. La majorité de la montée se fait sur des zones découvertes.

Si la majeure partie des lacets au pied se font dans une zone boisée où le vent ici défavorable n’a pas d’impact. C’est dans le vignoble que la partie devient intéressante. Avec un vent favorable, ce qui pourrait inciter aux mouvements tôt dans la course. Une course rendue encore plus nerveuse par le mauvais temps puisqu’il est annoncé des averses toute la journée.

La descente se fera avec un vent défavorable.

Mais le placement y est important puisque les routes n’y sont pas larges et par endroit techniques. De quoi morceler encore plus un peloton qui pourrait être en pièces détâchées si une équipe se destine à profiter de cette étape pour dynamiter la course.

Il faudra pourtant envisager un retour de l’arrière sur les 10 kilomètres menant à Castino. Ce qui devrait normalement favoriser une course d’attente avant l’enchaînement des difficultés finales.

Près de 5 kilomètres à environ 5 %, une nouvelle occasion pour certaines équipes de durcir la course et faire passer par la fenêtre quelques sprinteurs les plus purs. A ce stade, il restera 45,5 kilomètres à parcourir.

Une courte descente sans difficulté technique qui permettra d’enchaîner avec la prochaine difficulté.

Manera : 5.3 kilomètres à 5.4 %

Une nouvelle occasion de durcir avec un sommet à 36.2 kilomètres de l’arrivée.

Mais les 18 kilomètres menant au pied de Guarene seront sans doute un frein à toute action et surtout un terrain de chasse où à la fois les équipes de sprinteurs et les Ineos Grenadiers peuvent faire rentrer les plus remuants dans les rangs. Cette dernière difficulté répertoriée (2.8 kilomètres à 7.1 %) se doit être le secteur clé de la course.

Des tentatives inévitables par plusieurs aspects :

  • sa difficulté : 7.1 % de moyenne et une pente maximale avoisinant les 17 % ;
  • un visuel limité dans les rues Plata et Garibaldi ;
  • un second sprint intermédiaire placé au sommet offrant 3, 2 et 1 secondes de bonification aux trois premiers au sommet ;
  • un sommet situé à 14.9 kilomètres de l’arrivée.

Mais les 10 derniers kilomètres offrent où il sera compliqué d’aller chercher un sprint massif.

Une dernière occasion pour une late attack dans le repecho d’Occhetti de 500 mètres à 6.3 %.

Suivi d’une courte descente à 5.5 kilomètres de l’arrivée sur des routes étroites qui ne facilitent pas l’organisation d’une chasse.

Jusqu’à virer à 4.7 kilomètres du but où le visuel s’étend et la route retrouve de sa largeur.

800 mètres à l’arrivée : un premier virage qui oblige à être placé en tête en cas d’arrivée en groupe plus ou moins conséquent.

Un semblant de “rond-point”… En vérité, un virage à négocier dans la foulée à 700 mètres.

Un dernier passage technique où le placement est primordiale à 500 mètres mais qui encore une fois se passe plus vite que ce que le plan peut laisser suggérer.

Pour débouler à 400 mètres sur la ligne droite finale.

Avec un final vent de dos d’une vitesse de 18 km/h, un temps pluvieux, des routes étroites et un enchainement de difficulté, le final s’annonce explosif.

UN SPRINT REDUIT INEVITABLE ?

Certaines équipes de sprinteurs auront tout intérêt à durcir la course en vue de se débarasser des sprinteurs les plus purs du peloton à savoir Dylan Groenewegen, Tim Merlier, Caleb Ewan, Fernando Gaviria et Elia Viviani.

Filippo Ganna ne s’y trompe pas lorsqu’il constate que l’étape est cousue-main pour Peter Sagan. Mais d’aucuns ne le conteste. La Bora Hansgrohe est attendue pour mener la chasse en vue du gain d’étape pour son sprinteur maison en quête du maillot cyclamen. Peto a montré toute sa forme récemment. Mataro sur le Tour de Catalogne n’était que le prémisce de ce que nous avons vu en Romandie. Sous une étape rendue nerveuse par la pluie et plus sélective par le vent et les difficultés, le triple champion du monde a dompté un peloton réduit avec autorité en enfermant astucieusement Patrick Bevin pour remporter l’étape de Martigny. Il en est de même lors de la dantesque étape d’Estavayer. Où malgré les difficultés jugées trop dures pour le slovaque, ce dernier est allé chercher la deuxième place derrière Marc Soler, vainqueur en solitaire.

L’équipe allemande devrait miser sur son sprinteur vedette, objet de toutes les attentions pour le mercato à venir. Pour l’aider dans la chasse, la Qhubeka Assos de Giacomo Nizzolo pointe en tête de liste pour être un allier de circonstance. L’équipe sud-africaine peut rêver du gain d’étape avec son sprinteur polyvalent qui aime les journées difficiles. En vue depuis la reprise à Besssèges, sa deuxième place la veille dans un sprint ne lui convenant pas totalement montre l’étendue de son talent. Sa durabilité sur un terrain vallonnée comme celui-ci n’est plus à démontré après sa compagne de classiques belges. Deuxième notamment lors de Gent-Wevelgem derrière Wout van Aert. Rien de bien étonnant tant on sait que l’italien s’est déjà montré sur des courses comme Le Samyn, Kuurne-Bruxelles-Kuurne, A travers la Flandres, etc.

Toute la question de leur équipe sera de trouver la balance parfaite pour durcir les difficultés sans mettre en difficulté tant leur sprinteur que leurs éléments en vue de garder de la main d’oeuvre pour le final et de rester prudent dans les parties un peu plus techniques des différentes descentes. La difficulté de Guarene pourrait être un obstacle de taille avec des leaders se mêlant à la zizanie et désorganisant le groupe. Notamment une Deceuninck Quick Step en recherche des bonifications avec Remco Evenepoel déjà remuant au second sprint intermédiaire de Novara. Et éventuellement Joao Almeida à l’arrivée qui dans une course d’usure, où peu de sprinteurs sont présents, peut faire parler de sa pointe de vitesse étant le plus rapide au sprint. L’aide précieuse de Rémi Cavagna et de Mikkel Honoré en parfait leadout pourrait le mener à bien dans sa quête et un gain d’étape à la clé. Sa 8e place à Mataro (maillot blanc de meilleur jeune) sans forcer son talent et sans être dans la roue de son coéquipier n’est pas sans montrer que le portugais est rapide. Une vitesse déjà vue à Chiusdino en portant le leadout de Julian Alaphilippe et surtout dans les sprints réduits de Monselice et Tortoreto du dernier Giro.
Mais sur ces attaques attendues que les Ineos Grenadiers pourraient mettre la main à la patte pour défendre le maillot de Filippo Ganna et garder le sésame quelques jours de plus. Difficile avec tant de main d’oeuvre d’échapper à un sprint réduit.

D’autres équipes cependant pourrait être tenter d’aller chercher les bonifications tant au sommet de la Guarene qu’à l’arrivée avec une potentielle sélection. L’étape de mardi à Sestola devrait convenir soit à un puncheur ou soit un leader. Si les intérêts de la DQS avec son duo de leader à 20 secondes chacun de Pippo ne sont plus à démontrer, d’autres restent en embuscade. Gianni Moscon du côté des britanniques peut assurer l’intérim en ne pointant qu’à 26 secondes. L’italien de la Ineos s’est montré véritablement renaissant sur le Tour des Alpes. A l’époque pré-Covid, évoquer une telle situation pourrait paraître improbable. Mais l’ADN de l’équipe s’est réécrite, les britanniques n’hésitent plus à passer à l’attaque.

On peut tout autant penser à Alberto Bettiol qui n’est qu’à 29 secondes. Sa 12e place lors du contre-la-montre d’ouverture n’est pas sans montré que l’italien est en forme notamment en signant un excellent premier intermédiaire (7e place). De retour au top après un printemps mitigé, gêné par une blessure. Dans une configuration à la façon du Tour des Flandres, l’italien pourrait profiter d’être sous les radars des Grenadiers tant le coureur de la EF Education Nippo n’est pas un danger pour le classement général. Offensif et aimant la pluie, Bettiol a une deux opportunités pour gagner du temps et ravir un temps le maillot rose.

Les UAE émirates sont très certainement l’équipe qui avec la DQS peut véritablement jouer sur l’offensive dans le final. L’équipe a plusieurs cordes à son arc. D’abord, en misant sur la double casquette de Diego Ulissi dont les capacités de puncheurs ne sont plus à démontrer et qui ne pointe qu’à 32 secondes de Top Ganna. L’italien rapide au sprint peut tout autant tenter d’aller chercher un accessit sur l’arrivée à Canale. Mais dans ce cas, la vitesse n’est pas suffisante pour faire la nique à des sprinteurs de la trempe de Sagan ou Nizzolo qui apparaissent comme les deux grands favoris de la journée. Ce que peut tenter Alessandro Covi qui a déjà montré au Giro dell’Appennino l’an passé qu’il avait la vitesse nécessaire pour faire partie des tout meilleurs. Sa 5e place à Martigny ne pose pas de doute sur sa durabilité sur ce type d’étape. Ce qui jete le doute, c’est la capacité des émiraties à faire bloque dans un tel sprint. Trop désorganisés lors du Tour de Romandie, les coureurs du golfe persique n’ont jamais réussi à faire front commun ensemble. D’abord à Martigny où Covi et Marc Hirschi ont été autorisés à faire leurs propres sprints. Le lendemain à Saint Imier où Ulissi, Hirschi et Rui Costa ont fait une nouvelle fois jouer la carte personnelle au détriment d’un sacrifice pour le collectif. Une situation similaire le surlendemain à Estavayer où les trois n’ont pu faire front commun.

Mais attention à ne éliminer trop vite les Ineos pour un sprint réduit. Jhonatan Narvaez est sur le papier, leur homme le plus rapide. L’équatorien aura montré une belle pointe de vitesse la veille sur le deuxième sprint intermédiaire. Gêné par une blessure plus tôt dans la saison, la petite balle de fusil des britanniques ne devait pas être présent sur le Giro. Le remplacement d’Ivan Sosa lui a laissé une place jusqu’ici inespéré. Si la forme de la semaine Coppi e Bartali de l’an passé est présent et qu’il est autorisé à faire le sprint, Narvaez peut aller chercher une nouvelle étape sur le Tour d’Italie après sa victoire l’an passé sous la pluie à Cesenatico.

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Felix GrosschartnerVainqueur 220.3 %Zebet
Koen BouwmanVainqueur 400.2 %Betclic
Koen BouwmanPodium 120.2 %winamax
Matteo FabbroVainqueur 650.15 %Winamax
Matteo FabbroPodium 130.15 %

Etape 2 Giro d’Italia 2021

179 kilomètres pour relier Stupinigi et Novara pour un cumul risible de 706 mètres de dénivelé positif. Un GC forcément resserré après un court contre-la-montre dans les rues de Turin. Une occasion franche pour les équipes de sprinteurs. Comment dans de pareilles conditions en début de Tour peut-on échapper à un sprint massif ? Avec un condensé d’étape pour sprinteurs en première semaine (2, 5, 7 et 10), le temps presse pour les hommes les plus rapides qui n’auront en deuxième et troisième semaine que l’étape 13 et 17 pour se mettre quelque chose sous la dent. Ce qui laisse à penser que bon nombre abandonneront en cours de vol.
Etonnament, la chasse ne reposera pas sur les épaules de la Deceuninck Quick Step. L’équipe belge vient sans sprinteurs sur un Grand Tour, une grande première et une marque de sa volonté de briller au classement général final. Ce sont donc sur d’autres équipes… Belges notamment qu’il faudra compter pour prendre la chasse à leur compte. La Lotto Soudal sans réel leader pour le classement général fait partie de ces équipes misant sur le sprint. Avec Caleb Ewan dans ses rangs, l’équipe pilotée par Marc Wauters à une bien belle occasion d’accrocher un premier succès sur cette 104e édition du Giro d’Italia. Appuyé sans doute par la Cofidis Solutions Crédits qui chercherait un troisième succès sur le Giro en sept participations après les victoires de Damien Monier en 2010 et Rik Verbrugge en 2006. Une équipe totalement articuliée autour de son sprinteur local à savoir Elia Viviani. C’est sans nul doute accompagné des UAE Team Emirates pour Fernando Gaviria que les fuyards seront maîtrisés.