Championnats de France Elites 2021

152 coureurs se disputant le maillot tricolore de Champion de France sur le parcours d’Epinal à travers 242,9 kilomètres : un fictif de 10.9 kilomètres suivi de seize tours de 14.5 kilomètres. Avec 4766 mètres de dénivelé positif, le parcours s’annonce usant et nul doute que les sprinteurs auront toutes les difficultés du monde à s’imposer. Cette année le titre devrait revenir à un puncheur ou un grimpeur.

jouer sur le surnombre ou etre obligé à anticiper

Le circuit final est composé de deux difficultés principales à savoir :

La difficulté principale par le Chemin de la Fontaine Goeury à peine plus de 2 kilomètres à près de 6 %. Situé dans le dernier tour à 6.5 kilomètres de l’arrivée, sa répétition usante devrait comme chez les amateurs et les femmes faire un écrémage progressif.

Plutôt excentré de la ville sur un circuit très urbain qui n’offre guère de répit.

Une mise à mal et un parcours casse patte illustrée par un faux plat d’un kilomètre juste après la difficulté principale.

La montée de l’arrivée qui offre un dernier kilomètre pour puncheurs.

Une difficulté à l’image du parcours : urbain au possible qui relève toute l’exigence du parcours comme nombre de relances.

Un temps menaçant mais dont la pluie ne devrait s’abattre qu’à la fin du championnat (fin estimé aux alentours de 16h50). Le peloton ou du moins ce qu’il en restera devrait être épargné par la pluie.

A l’image de Florent Castellarnau chez les amateurs qui aura animé le dernier tour du champion et longtemps résister à un groupe de contre, l’anticipation est la clé de la réussite et de la désorganisation des équipes sur-représentées. A ce titre, on pense aisément à Julian Alaphilippe. Véritable homme de championnat, Loulou n’aura guère réussi à s’imposer les dernières années. Quand bien même, le champion du monde aura réussi à animer chacun d’entre elles.

Encore une fois, toute la mesure sera de déjouer le surnombre d’équipe comme la Groupama-FDJ qui aligne dix neuf coureurs contre seulement trois pour la Deceuninck Quick Step. Ce qui réduit drastiquement la marge tactique de l’équipe d’Alaphilippe. D’ailleurs, les hommes de Marc Madiot ne sont pas les seuls à pouvoir user du nombre puisque la AG2R Citroën La Mondiale alignera dix-sept coureurs, seize pour les B&B Hotels P/B KTM, quinze pour les Total Direct Energie, quatorze pour les Arkea Samsic, etc.

Si Julian Alaphilippe est le favori logique sur un tel parcours, le nombre pourrait jouer en sa défaveur une fois de plus. Gardienne de sept des dix derniers titres, la Groupama-FDJ s’aligne comme la grandissisme favorite de l’épreuve. David Gaudu sur un parcours qui lui scie bien pourrait faire parler toutes ses qualités de puncheurs qui lui ont valu de bien places sur la Flèche Wallonne. Mais sans doute marqué comme un Alaphilippe, un second couteau pourrait s’en sortir. Champion de France amateurs à Vesoul en 2016, Valentin Madouas a sans nul doute le parcours de rêve pour réitérer l’exploit chez les professionnels cette fois. Sa pointe de vitesse au sprint pourrait être la clé en cas de sprint en comité réduit comme c’était le cas chez les amateurs et les femmes mais aussi sur le circuit exigeant de La Haie-Fouassière.

L’opposition préférée vient sans doute des Arkea Samsic qui aligne le Champion de France sacré, il y a deux ans de cela, à la Haie-Fouassière, à savoir Warren Barguil. Mais le breton partagera le leadership avec un homme en forme. Elie Gesbert qui de retour du Covid affiche des jambes de feu avec une victoire au Tour d’Algarve et une bonne route d’Occitanie. Champion de France junior en 2013, le breton aura aussi ravi la médaille de bronze au champion d’Europe la même année derrière son coéquipier.

Dans la chasse aux trois chiffres, un nom se démarquera. Ce sera Anthony Perez qui aura montré une santé de fer avec une quatrième place malgré avoir été mis au charbon pour Guillaume Martin sur le Mercan Tour et en vue sur le Dauphiné. Le coureur de la Cofidis trouve un terrain punchy parfait pour exprimer toutes ses qualités. Rapide au sprint, il ne faudra guère l’emmener.

Avis sur le Championnat d’Italie : Alessandro Covi (UAE en force sur un terrain punchy)
Avis sur le Championnat de Belgique : Mauri Vansevenant (sans grande conviction)

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Valentin MadouasVainqueur 130.25 %
Elie GesbertVainqueur 400.1 %
Elie GesbertPodium 90.15 %
Anthony PerezPodium 130.15 %
Anthony PerezVainqueur 1000.1 %

Flèche Wallonne 2021 Preview

Deuxième course du tryptique ardennais, la Flèche Wallonne est réduit depuis 2003 à une course de cote où le Mur de Huy en est le juge de paix. Une montée finale qui donne tout le prestige de la classique hutoise, qui rythme avril depuis son introduction en 1983.
Sur un parcours de 193,6 kilomètres avec une boucle de 31,8 kilomètres à parcourir deux fois.

Introduite dans le circuit final en 2014, il a fallu attendre l’année suivante pour que son couple indémodable avec la cote de Cherave remplace le duo côte d’Amay (1.6 kilomètres à 6 %) – côte de Villers-le-Bouillet (1.3 kilomètres à 6.5 %).

Situé à 9.7 kilomètres de l’arrivée, le chemin des gueuses offre une opportunité pour ceux désirant anticiper l’arrivée finale.

La boucle introduite en 2020 fait part au chemin des gueuses remplaçant la désormais regrettée côte de Cherave. Une modification qui “simplifie” somme toute le final. Les Gueuses étant situées à près de 10 kilomètres de l’arrivée en son sommet contre les seulement 6 kilomètres au sommet de son prédécesseur. Et dont le graphique montre des pentes plus “abordables”. Si le but en 2015 était d’offrir un final plus dynamique en plaçant Cherave en pénultième difficulté. La modification apportée l’an passé tant à éliminer les attaques qui ont des chances d’aller au bout. A l’image de Maximilian Schachmann en 2018. Pour favoriser un final explosif à Huy comme il est coutume.

Est-il nécessaire de présenter le monstre belge ? 1.3 kilomètres à 9.7 % selon les organisateurs, vous place parmi les géants du cyclisme moderne. Une seule obligation, aborder le Mur dans les premiers de cordée.

Plusieurs manières d’aborder le Mur de Huy :

  • anticiper la montée : un action de bravour comme Rigoberto Uran l’an passé ;
  • attaquer avant les 500 mètres : un aveu de faiblesse comme Igor Astarloa en 2006 ;
  • attaquer à 400 mètres : un excès de confiance dès les plus forts pourcentages comme Matthias Kessler en 2007 ;
  • attaquer à 300 mètres : porté par l’adrénaline juste après le virage Claude Criquielion comme Philippe Gilbert en 2011 ;
  • attaquer à 200 mètres : le moment idéal vers la petite chapelle face à Notre-Dame de la Sarte Calvaire où la majorité s’écrase quand il faut remettre une dent comme Alejandro Valverde et Julian Alaphilippe ont eu l’habitude d’y placer leurs accélérations décisives.

Anticiper le Mur de Huy est souvent résumé à une attaque suicide. Quand bien même Maximilian Schachmann était à quelques 250 mètres de faire la nique aux favoris. La montée du chemin des Gueuses se fera avec un vent plutôt de côté. Mais au sommet en virant sur Bellegrade, c’est un vent défavorable qui attendra le suicide squad. Avec des Deceuninck Quick Step misant sur Julian Alaphilippe, des Movistar emmenant un Alejandro Valverde dans une forme presque juvénile, des Jumbo-Visma avec en tête d’affiche Primoz Roglic, des UAE émirates avec le tenant du titre Marc Hirschi et le prodige slovène Tadej Pogacar mais aussi une armada Ineos Grenadiers pouvant gagner avec moulte cartes, des Israel Start-up Nation engageant l’homme des pourcentages à deux chiffres Michael Woods et même les AG2R Citroën La Mondiale avec le puncheur de poche Benoit Cosnefroy ou les Groupama-FDJ avec l’explosif David Gaudu. Nombre sont les équipes fortes qui peuvent miser sur un comité de puncheurs/grimpeurs pour ravir Huy. Dès lors, la chasse ne devrait pas être parasitée et l’explication se faire une énième fois entre hommes forts.

Avec le champion du monde dans ses rangs, gardien de deux victoires à Huy et deux places de dauphin du Bala en quatre participations, la Deceuninck Quick Step vient avec une équipe solide autour de Julian Alaphilippe. Si le leadership semble désigné. Il est vrai que Mauri Vansevenant après son show en échappée l’an passé et son phénomènal Amstel Gold Race, dimanche dernier malgré l’accumulation des pépins, peut être remis en question. D’autant que Julian Alaphilippe sur le sommet du dernier passage du Cauberg n’a pas paru si bien.

Il est des raisons d’espérer d’abord parce que l’AGR est l’ardennaise qui correspond le moins au frenchy. Avec un Cauberg placé si loin de l’arrivée, plusieurs angles peuvent être vu pour la méperformance d’Alaphilippe. Contrairement à une arrivée sèche comme Huy, le Cauberg oblige à faire une sélection mais prolongé l’effort. Le champion du monde en titre était donc d’abord obligé de jouer son va-tout dans la montée. Quitte à être au rupteur et exploser au sommet. Ensuite, il avait la possibilité de se tester, observer le niveau de sélection et ne pas prolonger un effort qu’il aurait juger inutile en vue du gain de course. Enfin, parfaire sa condition en vue de son objectif de la semaine ardennaise : Liège-Bastogne-Liège. Ne pas trop en faire et éviter la pancarte qu’a eu Wout van Aert durant tout le printemps et qui lui a fait peser tout le poids de la course sur ses épaules. Une manière aussi de naviguer sous les radars. Puisque si le français sort d’un stage en Espagne après le Tour des Flandres qui lui a fait “manquer de fraîcheur” selon ses propres mots. Il n’est pas meilleur gestionnaire que Julian en vue d’un objectif où il sait être à 100 % le Jour-J. En témoigne, sa supposée méforme à Villard de Lans, sur une fin de Tour 2020 où il semblait à courir. Alors qu’un peu plus d’une semaine après, le français de l’équipe belge était au rendez-vous aux mondiaux d’Imola. Un objectif qu’il a su concrétisé comme les Strade Bianche et le maillot jaune l’était en 2019. Un type d’effort que le français maîtrise sur le bout des doigts.

La place de Mauri Vansevenant pose question. Sera-t-il coleader pouvant pallier à une méforme manifeste d’Alaphilippe ? Sera-t-il un relai de taille à l’image d’un Dan Martin en 2018 ? Ou pourra-t-il dynamiter de loin à l’image de son raid passé ? Un statut de dynamiteur que pourrait tout autant endosser Michael Honoré ou James Knox ?

Une équipe solide sur le papier dont on ne peut dégager un leader clair. Même si l’évidence pointe vers l’homme en forme du moment : Tom Pidcock, vainqueur de la Flèche Brabançonne et deuxième pour 6 millimètres de l’Amstel Gold Race. Sur les traces du printemps extraordinaire de Philippe Gilbert en 2011, le britannique n’est pas loin de se rapprocher sur fameux triplé du grand Phil. Hélas, la victoire de l’Amstel lui manquera tout autant que Liège-Bastogne-Liège. Puisqu’au sommet de Huy, il sonnera l’heure de couper pour le jeune prodige signé par les Ineos Grenadiers. Bien que ne mesurant qu’1m70 pour 58 kilos, Pidcock est un véritable touche à tout… Un coureur capable tant de grimper que de sprinter. Malheureusement du fait de son jeune âge, peu de référence dans les murs (si ce n’est sa victoire par exemple à la Philippe Gilbert chez les juniors) mais son gabarit léger et son explosivité acquise au cyclo-cross lui permettront à coup sûr de briller au sommet du Mur. Pour se faire, il sera entouré d’hommes expérimentés comme Michal Kwiatkowski, Adam Yates et Richard Carapaz qui peuvent tous bien figurer sur ce type d’arrivée.
Le premier gardien de quatre Top 10 dans le double de participations sera probablement un allier de choix. Le Mur impose de l’aborder dans les premiers du peloton. Le placement est une des clés de la victoire. Le Pole est un maître dans le placement.
Bien qu’Adam Yates apprécie les forts pourcentages. Il n’y a qu’à avoir en mémoire le Tirreno Adriatico 2019 pour s’en convaincre. S’il devait une avoir un coleadership avec Pidcock, Yates serait en tête de liste au vue de son printemps. Mais un grand point d’interrogation demeure après un UAE Tour et un Tour de Catalogne réussit. Le britannique n’est-il pas sur la descendante comme semble le montrer le Tour du Pays Basque ? C’est possible, tant il a souvent eu l’habitude d’être en forme trop tôt. Son rôle pourrait être d’attaquer le Mur dès le pied pour forcer les autres leaders à se découvrir plus tôt et essayer de les mettre dans le rouge trop vite.
Quant à l’équatorien, son tempérament parfois fougueux pourrait être une aubaine pour les Grenadiers qui n’aurait qu’à le laisser être un électron libre comme Vansevenant pourrait l’être pour les Deceuninck.
Quoi qu’il en soit, l’équipe a sur le papier un train possible dans le Mur rarement vu et une occasion de placer le plus explosif de leur coureur en tête à 200 mètres de l’arrivée. Jouer tactique et/ou assurer un train d’enfer dans les 10 derniers kilomètres pour ne pas perdre la tête du peloton est tout à fait dans leur corde.

Désireux de découvrir les ardennaises, les Jumbo-Visma emmène Primoz Roglic en fer de lance des Killer Wasps. Le slovène arrive en grande forme après un Itzulia Basque Country plus que réussi. Le champion de Slovénie s’est montré sous son meilleur jour dimanche, avant de ne subir un ennui mécanique dans la dernière montée du Cauberg. Alors qu’il aura au tour précédent, véritablement fait un travail de titan. Bouchant la vingtaine de secondes d’écart sur le groupe de tête.

Seulement le Cauberg n’est pas Huy. Rogla a montré maintes fois sur les arrivées punchy qu’il était l’un des meilleurs du monde. Mais Biot ou Suances sont outrement plus simple que Huy.

Un point qui n’empêche pas Roglic de voler dans les gros pourcentages. Mais il s’est illustré dans des arrivées pentues plus longues donc avec un effort moins violent puisque plus prolongé et gestionné. Evidemment l’arrivée de San Luca à la fois du chrono du Giro d’Italia que du Giro dell Emilia pourrait être mis en avant. Tout comme sa montée du mur final au chrono du Pays Basque :

Mais n’y a-t-il pas plus explosif que Roglic sur ce type d’arrivée ? La question demeure en suspens.
Quid de Jonas Vingegaard chez la Jumbo-Visma ? C’est la question que l’on peut se poser tant le jeune danois impressionne depuis deux ans sur les pentes escarpées. D’abord en Pologne il y a deux ans, avant Pologne en 2019 avant d’imprimer un sacré tempo sur les pentes de l’Angliru l’an passé. La forme est bonne après un Itzulia en tant que coéquipier mais aussi dauphin de Primoz et surtout un campagne Coppi e Bartali plus que réussi. Encore une fois, les néerlandais peuvent jouer sur deux tableaux et il sera intéressant comment ils jouent avec Vingegaard qui peut être au service de son leader, avoir sa carte dans le Mur ou lui aussi jouer de loin comme on l’a vu sur l’Amstel Gold Race ou il sautait sur tous les coups dès que le final s’est emballé à 50 kilomètres de l’arrivée.

Avec le champion sortant dans ceds rangs, les émiratis arrivent en quête du doublé. Seulement, Marc Hirschi mué en coéquipier de luxe pour Tadej Pogacar à sa reprise ne s’est guère montré lorsqu’il en a eu l’occasion dimanche. Ce qui laisse planer un doute sur ses capacités à pouvoir faire le doublé. Qu’à cela ne tienne, Jan Polanc, Davide Formolo, Diego Ulissi et Rui Costa pourrait placer sur orbite la pépite slovène. Tadej Pogacar, vainqueur du dernier Tour de France aura montré toute sa classe dans les pentes à deux chiffres. Marie Blanque, Cullera, Jebel Hafeet, Grand Colombier, et autant de podiums à son tableau de chasse. Problème, sa montée de Huy l’an passé n’a guère était convaincante manquant de tranchant. Avantage cependant, désormais il connaît la montée de quoi savoir un peu mieux la dompter.

Quintuple vainqueur de la Flèche Wallonne, Alejandro Valverde s’aligne en quarantenaire renaissant. Vainqueur du GP Miguel Indurain, Bala n’a eu de cesse de confirme son retour au sommet après ses podiums à Arrate et Ermualde. Son Amstel a été tout aussi rassurant. A quelques jours de ses 41 ans qu’il fêtera dimanche, à Liège-Bastogne-Liège. Le vétéran espagnol n’a jamais paru aussi jeune. Neuf Top 10 en quatorze participations, place Valverde sur le trône des puncheurs. Une couronne cependant, qu’il apparaît avoir perdu depuis deux ans et son sacre mondial.

Avec trio de leaders, la Groupama-FDJ misera sur Valentin Madouas, Rudy Molard mais surtout sur David Gaudu qui apprécie le Mur de Huy et les gros pourcentages. Le breton qui aura porté les premières estaucades en 2017 à sa première participation. Vainqueur au Pays Basque, le frenchy est en condition. Accroché un podium semble compliqué au vue de la concurrence mais un Top 10 est plus qu’abordable.

Un Jakob Fuglsang dont les grands objectifs de début de saison se présente à lui. Seulement pour le leader d’Astana Premier Tech, le début de saison n’a guère été convainquant et ne pas accroché le bon wagon à l’Amstel Gold Race n’a guère rassuré pour un danois qui arrive dans les vieux âge du peloton.

Les Israel Start-Up Nation viennent avec le maître des pourcentages à deux chiffres. Troisième l’an passé, Michael Woods aura fait trop d’efforts de replacement qui lui auront coûté la victoire. En sera-t-il de même cette année ? Avec autant d’équipes si fortes, la tâche semble ardue pour Rusty Woods, qui semble partout bien avoir récupéré de sa chute au Pays Basque.

Avec Patrick Konrad et ses multiples Top 10, la Bora Hansgrohe a une occasion de briller. Mais il faudra compter aussi sur Maximilian Schachmann et le remuant Ide Schelling. Tous semblent battu d’avance et devraient plutôt anticiper.

La AG2R Citroën La Mondiale a un énorme coup à jouer avec Benoit Cosnefroy, dauphin d’Hirschi. Seulement, des problèmes au genou ont retardé le puncheur français. Son objectif de la saison voire d’une carrière repose sur la Flèche Wallonne. Mais le français n’a guère rassuré. Absent de l’Amstel Gold, le français semblait de retour sur la Flèche Brabançonne… Semblait. Suivant Teuns dans le Moskesstraat, ce n’est que dans le Holsthelde que Benoit s’est mis à la planche pour revenir à 5 secondes du trio de tête. Seulement si l’effort pouvait apparaitre rassurant, le fait est que le groupe derrière fasse la jonction avec Dylan Teuns et Benoit Cosnefroy. Que dire de son interview à l’Equipe qui ne laisse qu’un goût amer.

PRONOSTICS

Coureurstype de classementcotemisebookmaker
Julian Alaphilippe ou Tom PidcockVainqueur 2.650.25 %
Julian AlaphilippePodium 2.21 %
Julian AlaphilippeVainqueur 50.25 %

Amstel Gold Race 2021 Preview

Après une édition 2020 annulée à cause de la crise du coronavirus, la 55e édition de la classique ardennaise d’ouverture retrouve sa place dans le calendrier World Tour. Un retour permis par le Ministre de la Santé, du bien-être et des Sports incluant l’Amstel Gold Race sous le régime des exceptions à la règle pour les compétitions sportives élites et d’obtenir la confiance des maires de Valkenburg aan de Geul, Maastricht et Eijsden-Margraten et de l’autorité régionale de sécurité du Sud de Limburg.

editiondistancenombre de difficultéSdenivele positif total
2021215.5 kilomètres382624 mètres
2019266 kilomètres353489 mètres
2018261 kilomètres363449 mètres
2017261.5 kilomètres353283 mètres
2016264 kilomètres343271 mètres
2015260.5 kilomètres343510 mètres
2014254 kilomètres343447 mètres
2013254.5 kilomètres343452 mètres

Un format différent des précédentes éditions avec un rabottage moyen de 44.5 kilomètres pour une moyenne de 790 mètres de dénivelé positif total en moins. Qui s’explique par l’obligation d’un circuit pour pouvoir contrôler plus facilement l’interdiction du public au bord des routes. Un profil somme toute valonné mais avec des collines moins sélectives que les traditionnels :

  • Kruisberg : 500 mètres à 7.9 % ;
  • Eyserboswerg : 1 kilomètre à 8 % où Julian Alaphilippe et Jakob Fuglsang s’était isolé en 2019 ;
  • Keutenberg : 1.5 kilomètres à 5.1 %.

Le parcours est composé de douze boucles de 16.9 kilomètres comprenant trois difficultés majeures : Geulhemmerberg, Bemelerberg et Cauberg. Une boucle connue pour avoir été le final introduit en 2013 jusqu’en 2016. Avec une légère variable en 2017 en empruntant par le Cauberg sur la boucle de fin en tant que dernière difficulté.

Une boucle finale de 15.9 kilomètres qui est désormais connue de tous puisqu’elle est la même depuis 2018. Exit le Cauberg en juge de paix, le Bemelerberg est une nouvelle fois l’ascension qui doit clôre la journée depuis 2017.

Le Geulhemmerberg (1.4 kilomètres à 4.6 %) dont le pied est le plus dur : 900 mètres à 6.5 % avec une pente maximale à 8.3 %. Que ce soit en 2017 comme en 2018, c’est une cote que Alejandro Valverde aime à exploiter pour faire exploser le groupe de tête.

De quoi user le peloton au fur et à mesure des passages mais vraisemblablement pas un secteur où l’attaque décisif s’y déroulera.

numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième114.5 kilomètres
Huitième97.5 kilomètres
Neuvième80.5 kilomètres
Dixième63.5 kilomètres
Onzième46.5 kilomètres
Touzième30 kilomètres
Treizième13 kilomètres

Le Bemelerberg (800 mètres à 5.3 kilomètres) qui se poursuit par un long plateau en son sommet portant la difficulté à une distance totale à 4.3 kilomètres à près de 2 %.

Une difficulté sur une route serpentante et boisée favorable aux attaques, bien que le plateau au sommet offre un terrain de chasse presque idéal à un groupe organisé.

Numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième108.5 kilomètres
Huitième91.5 kilomètres
Neuvième74.5 kilomètres
Dizième57.5 kilomètres
Onzième41 kilomètres
Douzième24 kilomètres
Treizième6 kilomètres

La Cauberg pouvant aussi être appelé le Gilberg (800 mètres à 7.5 %) était un temps la dernière difficulté de l’Amstel et là où tout se décidait. Son placement en dehors du circuit final à changer la donne.

Véritable le secteur le plus dure, son dernier passage est situé à 17.5 kilomètres de l’arrivée. Ce qui offre une opportunité lointaine mais réduit la marge des puncheurs qui peuvent voir un retour des hommes les plus rapides sur le circuit final.

numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième105 kilomètres
Huitième85 kilomètres
Neuvième68 kilomètres
Dixième51.5 kilomètres
Onzième34.5 kilomètres
Douzième17.5 kilomètres

Mais la boucle finale offre des opportunités aux nombreux coureurs notamment aux seconds couteaux qui souffrent moins du marquage et au contraire peuvent profiter du marquage des leaders entre eux.

D’abord, la descente courte et rapide vers le Geulhemmerberg qui s’opère sur des routes étroites.

Ensuite, la descente dans les champs après ladite difficulté du Geulme où Philippe Gilbert a subi la cassure entre les deux groupes de tête en 2018 et où Daryl Impey a tenté en vain de faire la jonction avec le groupe Valverde.

Enfin, bien que presque plat, il ne faut surtout pas mésestimer les 5 derniers kilomètres. Où Mathieu van der Poel a signé un come-back dans un groupe de chasse s’entendant à la perfection. Après que Jakob Fuglsang à 3 kilomètres de l’arrivée ait rompé la bonne entente en attaquant Julian Alaphilippe. L’écart d’une minute sur le groupe Van der Poel et de 30 secondes sur Kwiatkowski et Trentin y a fondu comme neige au soleil. C’est un terrain idéal qui plus est pour une late attack à la Michael Valgren comme en 2018.

Niveau météo, le vent sera de 16.5 km/h et favorable dans le Cauberg. Ce qui y favorisera les mouvements. Mais le vent de côté plus défavorable au sommet pourrait refroidir les ardeurs des plus téméraires. Compte tenu de la météo, le secteur clé pourrait être dans le Geulme… Problème, c’est la difficulté la moins favorable à un mouvement couronné de succès. Les six derniers kilomètres sont avec un vent nettement défavorable. Ce qui tend à favoriser un scénario au sprint réduit. Il est vrai que les éditions précédentes, avec des difficultés plus dures aux abords du circuit final, ont favorisé des mouvements lointain. Sans pour autant éliminer définitivement un petit groupe au sommet du dernier passage du Bemelerberg. En circuit, les attaques décisives ont tendance à être proche du but et lorsque le plateau s’homogénéise aussi. Tant d’éléments qui tendent à favoriser les hommes les plus rapides. A moins comme en 2018, à ce qu’une équipe profite de son surnombre et du marquage des gros leaders pour tirer son épingle du jeu.

C’est pourquoi malgré des indicateurs qui montrent Wout van Aert sur la pente descendante, le belge de l’équipe Jumbo-Visma est le grand favori. D’aucuns ne peut contester que le double vice-champion du monde commence à être sur la réserve.

Mais tout le monde souhaiterait un palmarès si garni malgré une fatigue naissante. Il est à noter que nombre de fois, WVA sera apparu comme l’un des plus forts si ce n’est le plus fort. En disparaissant dans le final ou en trébuchant. C’est le cas à l’E3 Saxo Bank Classic, au Tour des Flandres et plus récemment à la Flèche Brabançonne, battu au sprint par Tom Pidcock. Seulement dans ces trois cas, le champion de Belgique de contre-la-montre était seul dans le final et a dû accumuler les efforts superflus d’un marquage de prêt et d’une stature de leader incontesté. Sur l’Amstel, WVA n’aura jamais été aussi bien entouré et profitera de l’appui des deux hommes en forme de la formation. Qui ont composé le podium final du Tour du Pays Basque ; à savoir Primoz Roglic et Jonas Vingegaard. Ces deux derniers sont des alliers de taille pour Wout van Aert qui pourra passer en posture d’homme qui attend un sprint réduit. Une position somme toute défensive. Les efforts superflus du passé doivent être fait par le slovène et le danois. Qui doit contrôle les offensives en sautant dessus. Quand WVA n’a plus qu’à suivre les roues. Une position qu’à connu le belge à Gent-Wevelgem. Sa seule victoire sur les classiques mais surtout la seule fois où il était épaulé dans le final (par Nathan Van Hooydonck). Evidemment, le leadership est partagé. Si Wout van Aert reste la carte maîtresse d’un sprint réduit dont il peut être le maître en évitant les efforts de trop vu dans le passé. Primoz Roglic et Jonas Vingegaard coche les cases de bons voire très bons coureurs dans l’exercice individuel. Ce qui en fait des candidats en cas de late attack. Profitant d’être sous les radars grâce à la stature du belge. Mais aussi d’hommes explosifs donc plus ou moins rapide au sprint dans un comité réduits de 3 à 5 coureurs. Le marquage que Wout van Aert devrait subir parmi les leaders, ce qui l’élimine assez nettement des prétendants à la gagne est la force de ces deux coéquipiers. Le mood mental de Wout van Aert prêt pour sa dernière course avant la coupure nécessaire est plutôt à une bonne place plus que la gagne coûte que coûte. Ce qui ouvre d’autant plus les possibilités des deux comparses. N’oublions pas que si les bosses du circuit ne conviennent pas totalement à Roglic, rien ne l’empêche de faire la même late attack qu’à Tre Valli Varesine. le slovène ne s’empêche jamais rien.
Le fait est que l’équipe Jumbo-Visma sera nécessairement au contrôle de la classique ardennaise d’ouverture. Au début du millénaire, l’ancien Rabobank était l’équipe locale qui faisait la fierté de tout un peuple et qui avait l’habitude de contrôler pour Michael Boogerd. Gardien de sept podiums en dix éditions entre 1998 et 2007. Une prestance sur la classique locale que l’équipe cherchera à retrouver avec ses étrangers, cette année.

Oui parmi les favoris des bookmakers, on ne peut que citer des coureurs attendus comme Julian Alaphilippe et Marc Hirschi qui seront en répétition et en peaufinage avec la Flèche Wallonne de mercredi et de Liège-Bastogne-Liège, dimanche prochain. Le placement du Cauberg si loin de l’arrivée n’est pas pour les servir. D’autant plus que le suisse des UAE émirates n’a pour l’heure pas montré grand chose sur l’Itzulia Basque Country.

Pour être honnête, je ne sais pas vraiment où j’en suis. Je me sens bien, mais si c’est assez bon pour gagner, je ne sais pas. Peut-être que je suis trop prudent, on verra dimanche à l’Amstel. 

Marc Hirschi

Vraisemblablement, un flou chez le coureur qui doit être à 100 % pour réitérer ses sprints réduits presque imbattables de la saison passée. Après un début de saison décalé, le rythme sera sans doute atteint pour Hirschi qui accumule désormais treize jours de course en deux courses d’une semaine en Espagne. La question est de savoir si cela sera suffisant ? Quand on pense qu’un Alaphilippe cumule seize jours de course depuis février et devrait être proche des 100 % pour l’objectif de son début de saison : Liège-Bastogne-Liège. Mais les deux meilleurs puncheurs du monde devront se confronter à une lutte interne. Mauri Vansevenant ayant un statut d’homme protégé chez la Deceuninck Quick Step et Matteo Trentin qui sera l’autre atout côté émiratis. Ces deux derniers étant sans doute sur un sprint réduit si plat plus rapide que les deux premiers.

Si comme dans l’esprit d’Hirschi et le mien, un groupe doit se disputer la gagne alors le surnombre est probablement la clé. La Astana Premier Tech après ses démonstration au Pays Basque arrive en tête de liste. Jakob Fuglsang arrive sur les objectifs de son début de saison. Toujours en vue sur l’Amstel, Fuglsang est tout de même réduit à éviter le sprint réduit. Bénéficiera-t-il des largesses d’un marquage ? Sans doute que non, et ce malgré un état de forme plutôt décevant et un début de saison assez effacé. Mais les Astana ont deux cartes qui se sont montrés au delà d’être ultra offensif véritablement en forme. L’enchainement des montées typiquement basque les aura mis en condition. C’est donc naturellement qu’il faut à la fois mentionner Alex Aranburu et Omar Fraile. Si ce dernier n’est pas l’option sprint, le basque est rapide en comité réduit et peut à l’instar d’un Valgren foudroyer le groupe d’une late attack victorieuse. Une position qu’Alex Aranburu peut adopter comme d’attendre un sprint réduit. Auteur de la descente qui a causé le retard de Tadej Pogacar sur Primoz Roglic lors de la dernière étape. L’avoir vu aux avants-postes à ce stade de la course malgré le rythme prouve que l’espagnol au delà d’être en excellente forme et extrêmement polyvalent. Sa victoire à Sestao potentiellement prévisible ne l’était pas dans la manière. On aurait pu attendre du basque qu’il attend un sprint réduit. Ce qui n’a pas été le cas. Le coureur est imprévisible. Il peut donc bénéficier de cette fougue en cas de final mouvementé qui le placerait en bonne position. Comme son équipe peut profiter du surnombre pour soit jouer les offensives, soit rouler pour lui et faire confiance en son sprint. Après tout si Pidcock a battu WVA pourquoi Aranburu ne le pourrait pas ? Kasper Asgreen a bien à l’usure eu Mathieu van der Poel.

En parlant de Tom Pidcock, le vainqueur de De Brabantse Pijl s’aligne en tant que figure de proue des Ineos Grenadiers. Son sprint n’est plus à démontrer après ses victoires en massif chez les amateurs mais aussi sa troisième place à Kuurne-Bruxelles-Kuurne et surtout son sprint victorieux face à WVA. Seulement, l’Amstel Gold Race avec ses routes étroites nécessite un placement toujours constant. Ce qui est le poids faible déjà vu de Pidcock sur l’Omloop Het Nieuwsblad. Le britannique peut subir les cassures et enchainer les efforts superflus. Dans un sprint plus plat qu’il y a quelques jours, la marge se réduit pour le multiple champion du monde de cyclo cross chez les amateurs. D’autant que malgré sa victoire, il semblait parfois à la rupture dans les monts de la Flèche Brabançonne. Des points qui viennent en somme noircir le tableau, de la pépite britannique qui a acquis sa première victoire World Tour et est désormais libéré d’un poids.

La liste de prétendants est grande entre hommes déjà en vue comme Greg van Avermaet, Ide Schelling, Dylan Teuns, etc ou d’homme rapide comme Daryl Impey ou Maximilian Schachmann entre autres. Mais s’il y avait un coureur à nommer, c’est sans doute le malchanceux Michael Matthews qui aura sur le mondial d’Imola montré toute sa durabilité sur les courses d’usure.

Non loin de gagner l’Amstel, il y a quelques années, l’autralien arrive vraisemblablement en forme. Dans le groupe de gagne de Gent-Wevelgem et de Milan San Remo, Bling-Bling pourrait profiter d’une équipe misant sur son sprint et d’un Smith Dion en forme le lançant si tel est le cas.

PRONOSTICS

Alex Aranburu vainqueur : 25 – 0.25 % (Winamax) / podium : 9 – 0.25 % (Winamax)

Omar Fraile vainqueur : 60 – 0.25 % (Zebet) / podium : 20 – 0.25 % (Winamax)

Primoz Roglic podium : 3 – 0.5 % (Betclic)

GP La Marseillaise 2021 Preview

Plan GP La Marseillaise 2021 © Veloviewer

Un Tour Down Under annulé mais remplacé par le Santos Festival of Cycling réservé aux seuls coureurs australiens. Une Volta a la Comunitat Valenciana qui devait avoir lieu le 7 février mais dont l’organisation est pour l’heure reportée à une date inconnue. Des mesures sanitaires à venir en France et partout en Europe. L’ombre du printemps 2020 plane au dessus de la tête du peloton professionnel. Le nouveau variant du Covid-19 menaçant chaque organisation. C’est dans ce climat délétère que la saison européenne va s’ouvrir dans le Grand Prix La Marseillaise, première manche de la Coupe de France et traditionnelle course d’ouverture sur le territoire français. Une course qui voit son maintien avec les annonces de Jean Castex, vendredi soir. Attention cependant, le monde du cyclisme professionnel marche sur des œufs et rien ne garantie que les prochaines courses échappent au joug du coronavirus.

Profil GP La Marseillaise 2021 © ProCyclingStats

Un parcours de La Marseillaise classique. Avec les traditionnelles difficultés des Termes, du Pas de la Couelle, du Plateau de la Sainte-Baume, du Col de l’Espigoulier, des Bastides, de la Route des Crêtes et du Col de la Gineste. A ceci près que la 42e édition est longue de 171 kilomètres soit un ajout de 26 kilomètres avec une boucle à effectuer autour de Fuveau. Les organisateurs désireux de redorer le blason perdu de la course d’ouverture depuis la prédominance du peloton dans l’hémisphère sud au moins de janvier, en se rapprochant des distances des semi-classiques printanières.

Un rallongement du parcours inopportun

Le rallongement de la distance du Grand Prix est loin de faire l’unanimité au sein du peloton, à raison. Placé en début de parcours, il ne changera pas la donne tactique de la fin de course où la course devrait comme sur les éditions précédentes se décanter dans les deux dernières difficultés. Un changement qui devrait s’opérer principalement par le biais de la fatigue des organismes. Rares sont les courses usantes de plus de 150 kilomètres à la reprise de la saison.

Multimodèle Météo Marseille © Meteoblue

Une fatigue d’autant plus marquée par les conditions météorologiques prévues dimanche dans le sud de la France. Un vent fort d’une trentaine de kilomètres par heure soufflant de face dans les deux dernières difficultés et trois/quarts face dans les 3 derniers kilomètres.

A l’instar de l’édition précédente, la route des crêtes se présente comme l’un des deux juges de paix de la course. En 2020, c’est ici que le peloton a fait la jonction avec les échappées avant que les hommes forts ne réussissent à s’en extraire.

4.1 kilomètres à 7,5%, la route des crêtes est la plus dure difficulté de la journée. Rien d’étonnant donc d’y voir le plus gros écrémage. Monté en 2018 à près de 23km/h par le groupe qui se disputera la gagne, c’est la difficulté idéale pour mettre les sprinteurs hors jeu. Une opération sans doute compliquée cette année de par la puissance et la direction du vent, véritablement défavorables aux attaques. Permettant dès lors une montée au train et aux sprinteurs de rétrograder au fur et à mesure de la montée.

La descente vers Cassis est courte, peu technique et rapide (approximativement un peu plus de 3 minutes).

7.4 kilomètres à 3.1%, rien de bien méchant. Mais sur les dernières années, c’est l’endroit préféré des puncheurs/grimpeurs pour tenter d’éliminer les hommes les plus rapides du peloton. Une montée sur le Tour de La Provence en 2017 à 37.6 km/h par Mattia Cataneo. D’autant qu’il ne reste guère qu’une dizaine de kilomètres pour rallier Marseille dont la majorité du parcours est en descente. Un écart qui peut tantôt tout de même se combler lorsque le vent souffle et que le peloton est en chasse comme en 2019 où Anthony Turgis accompagné de Romain Combaud comptaient encore 2 minutes d’avance dans le col de la Gineste sur le peloton mal organisé qui finira à 23 secondes des deux échappées matinaux à l’arrivée dans la cité phocéenne. Tantôt ne pas se combler comme l’an passé où les relais au sein du groupe de chasse étaient coupés par les AG2R et n’étaient pu assurés par les Cofidis Solution Crédit qui avaient roulé pour placer Jesus Herrada avec le trio de tête. Et ce malgré un écart de 15 secondes au sommet de la Gineste.

Sans l’ombre d’un doute, la ligne droite finale après un dernier rond-point à 2 kilomètres de la ligne d’arrivée offre un billard pour les hommes les plus rapides. Mais aussi une ligne de mire visuelle pour un peloton en chasse des derniers fuyards.

Un plateau plus relevé pour une course plus attrayante ?

https://www.directvelo.com/actualite/86286/grand-prix-la-marseillaise-les-partants

C’est sans doute l’élément qui saute aux yeux lorsque l’on regarde la startlist. Avec des grands noms bien entourés, à l’image de Matteo Trentin et sa chasse gardée chez UAE-Team Emirates, des Lotto Soudal avec Philippe Gilbert (récent papa), Tim Wellens et John Degenkolb en tête d’affiche, d’une équipe Total Direct Energie hétérogène pouvant peser sur la course à tous les étages. Les trois équipes sur qui devraient reposer le poids de la course afin d’emmener au mieux leurs sprinteurs. Avec de telles armadas et un tel mistral, la tache des grimpeurs et des puncheurs semblent ardues pour faire la nique au peloton. C’est pourquoi, la résurgence des sprinteurs n’en est que plus favorisée.
Les débuts de saison signent souvent beaucoup d’incertitudes quant à la forme des uns et des autres. Il s’agit d’être prêt à démarrer la saison avec une solide base de foncier mais de ne pas être en forme trop tôt de peur d’aborder la saison des classiques en ayant passer son pic de forme.

A ce titre, parmi les équipes qui semblent aller sur un va-tout de leur sprinteur, la B&B Hôtels p/b KTM a un bon train pour concurrencer les équipes World Tour. Bryan Coquard qui selon ses propres mots, et avec l’expérience, a l’habitude d’être en forme à l’ouverture de chaque saison. A l’image de ses victoires en 2016 et 2019 lors de ses courses de reprise sur les premières étapes de l’Etoile de Bessèges ou même ses accessits au Moyen-Orient en 2017.

J’arrive à vite remettre en route et à directement retrouver un bon niveau. Je suis assidu à l’entraînement, ça paie directement.

https://www.directvelo.com/actualite/86272/bryan-coquard-l-impression-d-avoir-retrouve-mon-meilleur-niveau

Cyril Barthe et Jonathan Hivert (vainqueur ici-même en 2010) auront la tâche d’emmener au mieux le Coq dans la dernière ligne droite. D’autant que le vent est l’atout du sprinteur passe-partout qui a eu l’habitude de commencer ses saisons amateures par les plages vendéennes marquées par son vent marins.

Et si on devait parier ?


Bryan Coquard
Sans doute le meilleur gage parmi les sprinteurs d’un E/W bien côté où la victoire est aux alentours de 17 et donc un podium à 5
Alexys Brunel
La Groupama-FDJ affiche une belle équipe capable du pire comme du meilleur. Parmi les hommes qui en amateur ont eu l’habitude de se mettre en route vite, le français est un bel exemple. Sa victoire sur l’étoile de Bessèges l’an passé en est une démonstration formidable. Véritable rouleur, tenter le baroude pourrait être la clé de sa victoire (34) ou d’une place (9.25) qui le rassurerait quant à ses possibilités de rester chez les professionnels après 2021 (date de la fin de son contrat).
Kenneth Van Roy
Parmi les Pro-Conti, les équipes belges ont bien souvent des coureurs en forme très tôt dans la saison. Le vent, facteur d’une course durci est à l’avantage des hommes du plat pays. Van Roy en guise de sprinteurs surprises pour une belle cote placé (49.5) en est la parfaite illustration.

Championnat du Monde sur route hommes Elites 2020 – Imola Preview

Plan Imola 2020 ©️ A.S.O.

Aigle-Martigny, nous promettait un championnat du monde comme on n’en a plus vu depuis des décennies. Un mondial pour les purs grimpeurs. Bien loin désormais est le circuit helvétique. En délocalisant la chasse aux maillots arc-en-ciel à Imola, le panel des classicmen vient se placer en trouble-fête pour tous les grimpeurs rêvant d’aborer la tunique tant convoitée.

Profil Imola 2020 ©️ A.S.O.

Un championnat du monde somme toute classique avec une distance de Monuments : 258.2 kilomètres. Un dénivelé positif cependant hors du commun avec pas moins de 5000 mètres, ce qui rend le parcours encore plus exigeant.

Modèle Meteociel WRF ©️ A.S.O.
Modèle Meteociel Arome ©️ Meteociel

Moins fort que lors du contre-la-montre de vendredi et de la course féminine. La météo prévoit des potentielles averses en début d’après suivant les modèles. Mais les averses devraient avoir lieu sur les coups de 16h en accord avec la majorité des modèles. Avec une arrivée prévue entre 16h30 et 17h, les coureurs ne devraient pas échapper à une fin de course rendue compliquée et tendue par la pluie. Coté vent, s’il souffle se sera dans la descente après la dernière difficulté ramenant au circuit automobile d’Imola.

Le circuit de 28.7 kilomètres sera à parcourir neuf fois. Deux difficultés principales le jalonne. La première étant le Mazzolano, long de 2.8 kilomètres à 5.9%. Son premier kilomètre est le plus compliqué à 9.6%. Le restant étant beaucoup plus digeste.

La descente qui s’en suit n’est pas compliquée (hormis sous la pluie) cependant peu de chance de voir des grandes manœuvres décisives dedans.

Les routes menant à Isola offre un boulevard visuel pour un groupe ou peloton en chasse. On le sait, le mondial est couru sans oreille. Le visuel sur les fuyards est donc un point important. Dans les ultimes tours, avoir une avance suffisante pour ne pas être vu est à l’avantage des attaquants.

La seconde difficulté du parcours s’est avérée chez les femmes, le fer de lance de la sélection finale. Il devrait en être de même. Sur le papier, cela ne fait guère de doute. Un sommet situé à moins de 12 kilomètres de l’arrivée. Sa montée est une bénédiction pour les meilleurs puncheurs du peloton. La Cima Gallisterna ne fait que 2.7 kilomètres à 6,4%. Mais avec 1.3 kilomètres à près de 11%. Fortement exposé au vent, sa montée est corsée et propice aux mouvements.

La particularité du parcours est que si la route a été refaite pour l’occasion, la majorité du circuit se fait sur des routes de 3 m de large. Intrinsèquement, cela créera de la nervosité à l’abord des difficultés pour se placer mais aussi étirera le peloton dans ces dernières. La guerre du placement devrait donc faire rage.

La fin du parcours offre une descente menant au circuit d’Enzo e Dino Ferrari où sera jugé l’arrivée. Pas une descente avec énormément de visuel pour qui aura 15 à 20 secondes d’avance. Ce qui favorise d’autant plus les mouvements dans la dernière des difficultés.

Wout van Aert – “I came to fight for the love of the game, unstoppable”

Grand favori désigné de tous, le belge mérite bien sa stature. Gardien de cinq victoires depuis la reprise dont les Strade Bianche, Milan-San Remo et deux étapes sur le Tour. Wout van Aert aura tantôt jouer sa carte personnelle sur les sprints tantôt était un coéquipier de luxe pour Primoz Roglic en montagne. Cela ne l’a pas empêcher de finir le Tour avec du jus. 2e du chrono vendredi avec le temps le plus rapide sur la deuxième partie, une certitude est faite. WVA est encore en forme. L’équipe de Belgique avec un tel monstre est ambitieuse et 100% derrière son leader.

Un statut d’ultra-favori qui n’est pas sans le desservir. Rapide au sprint, personne ne voudra collaborer en tête avec pour l’emmener vers un titre comme on sert un dessert sur un plateau. Pour autant, la Belgique a tout intérêt à profiter de ce marquage. D’emblée, l’évidence est que si la Belgique verrouille la course et y arrive, le boulevard s’ouvre droit devant WVA. L’intérêt de la Belgique devrait être de prendre la course à son compte pour placer sur orbite son leader. Mais Verbrugghe, le sélectionneur belge, a annoncé que ce n’est pas à eux de prendre la course à leur compte.

Un commentaire ? Bonne chance pour justifier ça aux autres sélections qui verront d’un très mauvais œil travailler pour Wout van Aert. Cependant, la Belgique peut faire aller sur un terrain où on ne l’attends pas. Il est établi d’avance que les belges ne laisseront pas des coups partir sans mettre de pions dedans. Mais qui s’attend à ce que Wout van Aert soit a l’offensive. Lui qui n’a juste qu’à être sur la défensive ? Si WVA veut gagner, il doit se débarrasser dans tous les cas de ses adversaires qui tenteront de l’esseuler mais aussi ne collaboreront pas avec lui. Anticiper avant la dernière montée du Cima Gallisterna en attaquant sera nécessairement inattendu et probablement la même stratégie puisque les attaques adverses auront lieu dans cette dernière montée.

Et si le Plan ne fonctionne pas ? Il est un coequipier qui a annoncé être à son service. Tout en maintenant l’ambiguïté autour de ses ambitions. En effet, Greg van Avermaet a eu ces mots :

Il est donc naturel que Wout soit le leader de cette équipe et qu’il reçoive toute l’aide dont il a besoin. Je suis prêt à le lui donner, mais je peux toujours garder la pression loin de Wout. J’ai certainement encore ma valeur dans cette équipe.

C’est certainement dans cette phrase qu’il faut lire que si le champion olympique a une fenêtre de tir, il l’a prendra. Et à défaut travaillera dans le final pour et avec Wout. Sans doute, la meilleure seconde chance belge au vue de la forme en deça de Tim Wellens et Tiesj Benoot.

Les sélections parasites – “Off the leash, out of the cage, an animal”

Il est des nations qui contrairement à la Belgique ont tout intérêt à ce que la course soit dynamiter. Galvanisée à domicile, la Squadra Azura est sûrement l’équipe qui devrait le plus animée la course. D’ordinaire, on aura désigné Vincenzo Nibali comme leader de la Nationale Ciclismo. Cependant, l’italien a été clair. Il arrive sur ce mondial sur la pointe des pieds. Mais est fier de l’équipe nationale qui a plusieurs cordes à son arc. Les seconds couteaux comme Damiano Caruso ou Andrea Bagioli ont un gros coup à jouer. Des italiens, ils sont en grande forme.

Le premier sur le Tour aura montré une grande troisième semaine. A la fois à la planche pour Landa sur les pentes du col de la Loze qu’à l’attaque sur les routes menant à la Roche sur Foron le lendemain. 10e du Tour, il est un des hommes qui sort avec la confiance et la forme.

Le second est un des grands animateurs des Deceuninck sur les courses annexes au Tour. Signant les prémices de ce qu’il a bâti en Italie, en remportant la première étape du Tour de l’Ain au sprint devant Roglic. Bagioli a assuré un vrai rôle de coéquipier sur le Giro dell Emilia. Avant de s’imposer de nouveaux sur les routes de la Coppi et Bartali. Que ce soit en remportant la Ronde de l’Isard que les Monuments espoirs du Lombardie et de la Doyenne. Le jeune italien a montré apprécier ce genre de profil exigeant.

Julian Alaphilippe – “I know I can beat it”

Bergen, Innsbruck, Yorshike… A chaque mondial, Alaphilippe est une figure incontournable des mondiaux où les classicmen ont leur mot à dire. Il est vrai qu’une fois de plus, le parcours est cousu main pour le français. Cependant, bien que son Tour soit teinté de jaune. La troisième semaine nous a montré si ce n’est un Julian Alaphilippe à court de jus, en manque de tranchant. Sans doute qu’à Imola, le cumul de dénivelé lui pèsera dans les cannes. Comme l’enchainement du Gnadenwald (2.6km à 10.5%) à Innsbruck avait eu raison de lui en fin d’épreuve. Mais la perspective d’un temps exécrable peut aussi peser dans la balance. Le français l’a admis l’an passé après Harrogate. Les temps pluvieux et frais ne sont pas ses préférés. Évidemment, pour la sélection française, la stratégie est simple. Si Alaphilippe est l’option numero 1, alors il convient d’avoir une course cadenassée pour économiser son leader. Le francais de la Deceuninck sera alors attendu avec une pancarte énorme pour la dernière montée où tout le monde saura qu’il attaquera. Réussira-t-il son coup comme à les cotes de Mutigny et de la Jallière ou dans le col des Quatre Chemins ? Rien n’est moins sûr.

Encore une fois, désolé de devoir dresser ce constat : Il faudra sûrement attendre un an de plus.

Michael Matthews – “Won’t give up cause I believe it”

Quand on parle de mondial cadenassé, il est un sprinteur qui peut passer les difficultés comme avait passé Salmon Hill, à Bergen. Véritable homme des championnats, ces dernières années son palmarès est effacé par les performances de Sagan.

3e à Bergen, 4e à Doha et 2e à Richmond, Matthews n’est jamais bien loin de viser la cible. Placé dans les ardennaises depuis des années, contrairement aux purs sprinteurs, Bling-Bling a prouvé maintes fois pouvoir tenir sur des reliefs escarpés.

Récemment, Matthews a montré être un des hommes forts de la reprise de la saison. Vainqueur a Plouay, 3e de Milan San Remo, Michael Matthews vient a Imola avec un co-leadership avec Porte. Mais sans nul doute de meilleure référence sur les courses d’un jour. Puisque Richie Porte au cours de ses quatorze années professionnelles aura participé à seulement 59 courses d’un course pour n’en finir à peine plus de la moitié.

Si la Belgique cherche un allier pour verrouiller la course, les sélections françaises et australiennes sont les plus à même de mettre la main à la patte. En cas de sprint en comité réduit, Matthews est sans doute le plus rapide du peloton et n’a rien à envier à Wout van Aert. Gardons à l’esprit que Matthews a fêté sa 30e bougie samedi, une médaille en guise de cadeau ne serait pas démérité.

Michael Woods – “That’s why I’m undefeated”

Quand on parle d’Italie, on ne peut éviter Michael Woods. Véritablement amoureux des classiques italiennes exigeantes, chaque année Woods y performe : Giro dell Emilia, Tre Valli Veserine, Tour de Lombardie, Milan-Turin rien n’y échappe. Décrit comme le frère de Liège- Boston- Liège, le mondial d’Imola devrait tout autant lui convenir. Le canadien n’est d’ailleurs jamais sorti du Top 10 du Monuments qui cloture le printemps des classicmen.

Rusty Woods est un des coureurs les plus en forme du Tirreno-Adriatico. Vainqueur d’une main de maître de l’étape exigeante de Saturnia. Pour triompher cependant, Woods est un des coureurs qui est presque condamné à arriver en solitaire. Il faudra donc pour le coureur de la EF d’être très intelligent. Une qualité qu’il a mainte fois démontré en course.

Et si jamais Wout van Aert venait à gagner malgré tous ces constats pour son premier mondial ? Eh bien ça serait…

PRONOSTICS

Michael Woods podium : 4.5 – 0.75% (Betclic)

Michael Matthews vainqueur/podium : 31/8.5 – 0.25% (Unibet)

Greg van Avermaet vainqueur/podium : 60/20 – 0.25% (Winamax/Betclic)

Andrea Bagioli vainqueur/podium : 86/15 – 0.15% (Pasinobet/Winamax)

Damiano Caruso gagnant/placé : 175/44.5 – 0.10%(PMU)

Championnat du monde contre la montre Elites homme 2020 – Imola Preview

Plan CLM Imola 2020 ©️ U.C.I.

Un contre-la-montre en dessous de la moyenne des dix dernières années avec seulement 31.7 kilomètres contre 47.31 kilomètres en moyenne. Un chrono qui se disputera sur le même circuit et la même distance que les féminines. De quoi tirer en quelques leçons.

Profil CLM d’Imola 2020 ©️ A.S.O.

Sans grande surprise, comme pour les féminines, ce chrono est une affaire de spécialistes. Des gros rouleurs avec un très gros rapport poids/puissance. En somme, les grosses cuisses du peloton. Et les conditions climatiques devraient accentuées ces exigences.

Au niveau précipitation, tous les coureurs devraient être logés à la même enseignement. Passant entre les averses de 14h et celle de 19h. Cependant, si le vent peut être un peu plus clément pour les tout premier partant. Sur la partie aller, le vent ne devrait guère changer une fois stabilisé au alentour de 35 km/h. Tout devrait se jouer sur les rafales peut-être au désavantage des derniers partants. Mais c’est potentiellement pour les tout derniers partants que le vent devrait jouer un rôle sur la fin de parcours. En soufflant un peu moins fort pour les coureurs comme Rohan Dennis en dernier à 15h54. A prendre avec des pincettes, n’ayant pas de données minutes par minutes. Ceci n’est qu’une extrapolation des prévisions heure par heure.

La première partie du parcours se fera sur des routes larges avec un vent de face fort. Comme pour les féminines, les temps au premier intermédiaire devrait donner une hiérarchie qui peut être basculée dans la seconde partie. En effet, après le premier intermédiaire les coureurs retournent vers Imola avec un fort vent de dos. Une seconde partie que Audrey Cordon-Ragot décrivait comme une partie “F1”. Une partie où les hommes devraient affoler les compteurs tant le vent les poussera.

Très peu de passages techniques hormis la descente qui suit cette ligne droite où Dygert a chuté en prenant une mauvaise trajectoire et en restant sur les prolongateurs sur un virage qui ne lui permet pas de maintenir une telle position. Sur route humide comme aujourd’hui, quelques secondes peuvent être perdues pour qui ne prendra pas les bonnes courbes et sera trop sur les freins.

Sur la fin de parcours, menant au circuit Enzo et Dino Ferrari d’Imola, deux lève-cul qui se passent tout en puissance mais où on a vu chez les féminines qui peuvent jouer un rôle avec les meilleures techniciennes. Un constat que l’on peut dresser avec le duel Reusser-Van der Breggen où la suissesse a perdu du temps principalement dans les virages où il fallait relancer et où elle était plus sur les freins que la néerlandaise.

Reste le circuit automobile avec un faux plat montant à gérer puis une descente et un derniere virage où on a pu voir qu’il était compliqué de bien y virer de façon optimale. Un endroit où on peut grappiller quelques secondes pour finir devant les paddocks.

Ce n’est donc pas un hasard de voir les grosses cylindrées en tête d’affiche des bookmakers.

FILLIPO GANNA EST-IL LE FAVORI INCONTESTÉ ?

Quatruple champion du monde de poursuite individuelle sur piste (2016, 2018, 2019 et 2020), l’italien de la Ineos est aussi le triple recordman du monde du temps sur cette épreuve avec un 4’01″964 d’affiché en début de saison pré-Covid. Récemment, Ganna a pulvérisé le record du chrono traditionnel de fermeture du Tirreno-Adriatico. Fixé par Cancellara à 11’08, Ganna a terminé les 10km en 10’42”. Développant une moyenne stratosphérique de 580 watts sur les 2 derniers kilomètres. Excusez du peu. Quand on sait que son record du monde de poursuite est estimé à 607 watts, cela explique pourquoi Ganna fait figure de favori incontesté. Seulement depuis qu’il est professionnel, Ganna a participé à 23 chronos, en a gagné 21.74% et fini sur les deux autres places du podium dans 26.09% des cas. Mais la distance moyenne de ses chronos gagnés est de 20.1 kilomètres effectués contre les 24.56 de ceux auxquels il a participé. Ce qui montre que Ganna apprécie les efforts courts et que le chrono du jour, bien que court pour un mondial, semble être un peu trop long pour l’italien.

Le CLM est par le manque de difficulté extrêmement ouvert. D’autant plus, dans cette saison si particulière. Rohan Dennis fait évidemment figure de favori. Malgré son manque de résultats cette année. Battu sur tous les chronos auxquels il a pris part. Seulement, deux coureurs apparaissent en forme et historiquement colle parfaitement à la distance du mondial d’Imola.

Victor Campenaerts est le premier des deux. Sur les 31 chronos qu’il aura disputé sur les trois dernières années, pas moins de 19 podiums pour 5 victoires. Mais c’est surtout une moyenne de 31.38 kilomètres pour les chronos gagnés. Une distance qui est la plus proche parmi tous les participants et favoris. Véritable bet à rouler, plus c’est plat mieux c’est. Campanaerts ne fait que monter en puissance et en battant de 8″ le record du chrono de Tirreno, il s’affiche comme Ganna en candidat à la gagne. Plus frais que les participants du Tour, il bénéficie de l’influe du Tirreno-Adriatico sans la potentielle fatigue post-Tour. Certes, le record sur le Tirreno-Adriatico peut être contrebalancer par la pression atmosphérique plus faible en septembre qu’en mars. Mais c’est un bon indicateur de forme pour celui qui n’aura pas loupé un podium depuis la reprise post-lockdown.

Le second est Tom Dumoulin. Qui n’a eu de cesse de monter en puissance sur le Tour. Gardien du meilleur temps au deuxième intermédiaire du clm de la Planche des Belles Filles, TomDum a retrouvé ses meilleures sensations et surtout ses données de puissance égale à son apogée avec son titre de champion du monde de chrono en 2017. Ce qui prouve une chose. Que tout va bien pour le néerlandais. C’est de tous les coureurs, celui pour qui la distance colle le mieux. Avec une moyenne de victoire sur 32.3 kilomètres et une moyenne de podium sur 31.15 kilomètres. Un effort somme toute optimal pour le coureur de la Jumbo.

Pour les avis sur les autres coureurs, vous pouvez revoir en replay le live RedSportsBe avec Gillou : http://www.twitch.tv/redsportsbe/v/750706679?sr=a&t=2s

PRONOSTICS

Victor Campenaerts podium : 3.3 – 1% (Unibet)

Tom Dumoulin podium : 2.8 – 0.5% (Unibet)

Victor Campenaerts ou Tom Dumoulin vainqueur : 6.3 – 0.25% (Winamax)