Strade Bianche 2021 Preview

Plan des Strade Bianche 2021 © RCS MEDIAGROUP S.P.A.

A l’instar de Paris-Tours et ses chemins de terre dans le vouvrillon ou du Tro Bro Leon et de ses célèbres “ribinoùs”, les Strade Bianche (littéralement “chemins blancs“) arpentent les vignobles du Chianti qui n’est pas totalement inconnu tant des amateurs de vins que des plus cinéphiles grâce notamment à Hannibal Lecter. Son inscription dans le prolongement du week-end d’ouverture dans la région flamande n’a pas toujours été. Bien que son existence remonte à 1997, la course n’était qu’une cyclosportive qui ne se professionnalise que dix ans plus tard. Initialement placé en octobre, elle y avait toute sa place compte tenu du contexte des dernières années. D’une part, par ses similitudes avec la classique des feuilles mortes et d’autre part par sa géolocalisation dans le nord transalpin. Se situant dès lors dans le prolongement de l’enchainement des courses pré Tour de Lombardie :
– en Lombardie avec les Coppa et Tre Valli Vaserine,
– dans le Piemont avec la classique Milan-Turin,
– en Emilie-Romagne avec les Grands Prix.


L’édition aoûtienne de 2020 fait figure d’exception. Aux prémices de la crise sanitaire, encore d’actualité, son organisation vernale n’a pu être épargné face aux mesures de confinements généralisés en Europe et à l’arrêt mondial des activités sportives. Pour se voir déplacer à la saison chaude en ouverture d’une saison condensée à la suite du “lockdown”. Si la crise du coronavirus n’est toujours pas résolue un an plus tard et que les divers gouvernements européens ont pris des mesures de restrictions anti-Covid (huis clos, port du masque, gestes barrières, et cetera). C’est en mars que les Strade retrouvent leur agencement traditionnel pour cette quinzième édition. Malgré le fait que la province soit classé en zone rouge. Exit tout public sur la Piazza del Campo afin de répondre au mieux aux exigences des restrictions imposées à Sienne.

Profil des Strade Bianche 2021 © RCS MEDIAGROUP S.P.A.

PALMARES

Année🥇 PREMIER🥈 deuxieme🥉 troisieme
2007🇷🇺 Alexandr Kolobnev🇸🇪 Marcus Ljungqvist🇺🇦 Mikhaylo Khalilov
2008🇨🇭 Fabian Cancellara🇮🇹 Alessandro Ballan🇩🇪 Linus Gerdemann
2009🇸🇪 Thomas Löfkvist🇩🇪 Fabian Wegmann🇨🇭 Martin Elmiger
2010🇰🇿 Maxim Iglinskyi🇸🇪 Thomas Löfkvist🇦🇺 Michael Rogers
2011🇧🇪 Philippe Gilbert🇮🇹 Alessandro Ballan🇮🇹 Damiano Cunego
2012🇨🇭 Fabian Cancellara🇰🇿 Maxim Iglinskyi🇮🇹 Oscar Gatto
2013🇮🇹 Moreno Moser🇸🇰 Peter Sagan🇮🇹 Rinaldo Nocentini
2014🇵🇱 Michal Kwiatkowski🇸🇰 Peter Sagan🇪🇸 Alejandro Valverde
2015🇨🇿 Zdenek Stybar🇧🇪 Greg van Avermaet🇪🇸 Alejandro Valverde
2016🇨🇭 Fabian Cancellara🇨🇿 Zdenek Stybar🇮🇹 Gianluca Brambilla
2017🇵🇱 Michal Kwiatkowski🇧🇪 Greg van Avermaet🇧🇪 Tim Wellens
2018🇧🇪 Tiesj Benoot🇫🇷 Romain Bardet🇧🇪 Wout van Aert
2019🇫🇷 Julian Alaphilippe🇩🇰 Jakob Fuglsang🇧🇪 Wout van Aert
2020🇧🇪 Wout Van Aert🇮🇹 Davide Formolo🇩🇪 Maximilian Schachmann

Fait de chemins de terre, il n’est pas étonnant de voir les coureurs de classiques dominer les Strade Bianche. Des flandriens les plus assidus aux cyclocrossmen, tous font bonnes figures en Toscane et animent la course menant à Sienne.
Labellisée World Tour depuis 2017, la classique d’ouverture signe l’amorce d’une campagne de classiques aboutie pour tout coureur y brillant. En témoigne le triplé ardennais de Gilbert en 2011 ou même le printemps exceptionnel d’Alaphilippe et Fulgsang en 2019. Voir tout bonnement une année couronnée de succès au plus haut rang mondial ; le Pole étant sacré champion du monde en 2014, Spartacus champion Olympique par deux occasions en 2008 et 2016 ou même Alafpolak porteur du maillot jaune durant quatorze jours sur le Tour de France. Et plus récemment Wout van Aert, auteur d’une grandissime saison, glanant un Monument, un rôle d’équipier de luxe sur le Tour et deux médailles d’argent aux mondiaux.

PARCOURS

Le parcours 2021 reste inchangé à celui des deux précédentes éditions. Près de soixante-trois kilomètres de routes blanches réparties en onze secteurs sur les 184 km que jalonnent le tracé de la course. Avec un dénivelé positif total de 3073 mètres, le parcours est tout aussi exigeant physiquement que techniquement.

SECTEURS CLES

Secteur n°7 : Martino in Grania

Situé approximativement à 70 kilomètres de l’arrivée, c’est le secteur où la course se décante et où l’écrémage par l’arrière se fait. Autour des collines de la Crête de Senesi, la course y débute vraiment avec une bataille de placement en vue du prochain secteur où la course se joue à l’avant et se perd à l’arrière. Jusqu’ici, aucune édition n’y a vu d’offensives majeures pour la victoire finale à Sienne. La présence de Mathieu van der Poel changera-t-elle la donne ?

Secteur n°8 : Monte Sante Maria

Situé à pas moins de 50 kilomètres de l’arrivée, c’est le secteur qu’avait choisi Moser en 2013 pour prendre la poudre d’escampette du peloton et revenir sur l’échappée. Tandis qu’en 2018, ce sont Romain Bardet et Wout van Aert qui se sont extraits de l’échappée de favoris pour s’envoler vers une victoire promise avant d’être rejoint par Tiesj Benoot juste avant le dernier secteur et déposés dans ce dernier. En 2020, l’échappée victorieuse d’hommes costauds (Wout van Aert, Jakob Fuglsang, Alberto Bettiol, Maximilian Schachmann, Davide Formolo et Greg van Avermaet) s’est extraite du peloton pour ne plus être revue.
La course s’y décante, à chaque édition, une fois passé le Ponte del Garbo. Plus long que le secteur qui le précède, il n’est pas comme ce dernier presque totalement en montée. Long de 11.5 kilomètres, Monte Sante Marie permet de faire se dégager un gros d’hommes forts et/ou de porter les premières estocades au sein du peloton, qui n’en est plus un à la sortie dudit secteur. Il est vrai que mêlant courtes descentes parfois très raides et montées tout aussi abruptes, la sélection se fait naturellement entre techniciens, hommes encore frais et les coureurs plus mal placés. Pas moins de 3162 m à plus de 7.5 % dont 1155 à plus de 12.5 % montre l’exigence de ce secteur et son importance.
La première partie montante à la sortie d’Asciano allonge considérablement le peloton qui se scinde dans la partie descente qui s’en suit. Sa technicité est rendue d’autant plus complexe de par la nature de son revêtement. C’est pourtant dans sa dernière moitié, grimpant de manière inexorable et irrégulière durant sept kilomètres vers le hameau de Torre del Castello, que la sélection est définitivement établie.

Secteur n°9 : Monteaperti

Un secteur très court (seulement 800 mètres) mais raides avec ses 7.2% de moyenne. De par sa faible longueur, rares sont les mouvements qui s’y opère. Fuglsang y décida pourtant de s’extraire du groupe d’échappées en compagnie d’Alaphilippe sur l’édition 2019. Là où Kwiato lui en 2014 porta son attaque sur la partie asphaltée au sommet.

Secteur n°10 : Colle Pinzuto

Long de 2.4 km, il est le secteur le plus décisif des dernières années. Avec ses 500 premiers mètres d’une particulière difficulté, il offre une rampe de lancement parfaite en étant situé qu’à une petite quinzaine de kilomètres de l’arrivée.

https://veloviewer.com/segment/3530569

Stybar, Cancellera ou Kwiatkowski y ont construit leur sacre tandis qu’en 2018, Benoot s’échappa du groupe de contre pour revenir en costaud sur les deux échappées. De nombreux coureurs à l’image de Brambilla aiment à profiter des plus forts pourcentages (16.3 %) pour dynamiter les groupes trop conséquents.

Le sommet offre un terrain adéquate pour un regroupement mais tout autant pour toute équipe en surnombre désireuse de profiter du terrain pour faire travailler les autres membres du groupe de tête à l’image de Brambilla et Stybar jouant à faire rouler Cancellara en 2016.

Secteur n°11 : Le Tolfe

Un secteur court qui commence en descente mais dont la partie montante est extrêmement rude (400 m à 11.6% de moyenne et un maximum à 18%).

https://veloviewer.com/segments/8560459

En 2018 et 2020, Benoot et WVA y ont lancé leurs attaques victorieuses sur les premières rampes tandis que Cancellara y fit preuve d’une puissance monstrueuse pour revenir et déposer Greg Van Avermaet ayant attaqué dans la partie descendante.

annéeSecteur décisif pour la victoirenumero de secteurDistance de l’arrivée
2007Monte Sante Marie6 / 741
2008Colle Pinzuto7 / 79.6
2009Calle Santa Caterina1
2010Calle Santa Caterina1
2011Calle Santa Caterina1
2012Tolfe8 / 812.2
2013Monte Sante Marie5 / 850
2014Monteaperti8/ 1022
2015Colle Pinzuto9 / 1014.6
2016Colle Pinzuto9/ 1018.7
2017Colle Pinzuto9 / 1015.5
2018Tolfe11 / 1112.3
2019Monteaperti9 / 1123.3
2020Tolfe11 / 1112.4

La montée finale : Calle Santa Caterina

La Calle Santa Caterina, une montée finale terrible dont la dernière rampe (500m à 12.5% – max : 16%) menant à la Piazza del Campo. Si la montée finale ne met pas à l’arrêt les coureurs usés comme WVA qui y mis pied à terre en 2018.

Les 300 dernières mètres sont eux plus sans difficulté puisqu’en descente. Et le dernier virage dont la sortie n’est située qu’à 100 mètres de l’arrivée impose à toute arrivée en comité réduit de virer en tête. Bien que dans une large majorité, prendre le tournant à droite sur la via delle Terme, c’est s’assurer une victoire presque certaine (n’allez pas le dire à GVA ou à Fuglsang).

Arrivés en groupe, Iglynskyi et Löftvist y ont construit leur sacre sur une attaque tout en punch. Tandis que Cancellara, Gilbert et Alaphilippe ont tout deux anticipés le dernier virage à 100 mètres de la ligne d’arrivée en attaquant Ballan pour les deux premiers et Fuglsang pour le second.

L’approche du dernier virage de Cancellara face à Stybar est un parfait exemple. Son entrée se prend rapidement, ce qui oblige les coureurs à le prendre par son extérieur. En 2016, le suisse a coupé la trajectoire du tchèque qui n’a pu lui faire le déborder par sa gauche. Les 100 derniers mètres à près de -7 % redonnent une impulsion où il est quasiment impossible de doubler le coureur qui nous précède. Le triple vainqueur des Strade Bianche avec une tactique hors pair et un sens des trajectoires digne de sa maîtrise des chronos va lui fermer la porte à l’intérieur au 50m. GAME OVER

PREVISIONS METEOROLOGIQUES

Placer la course en mars, c’est espérer que la météo fasse des « Sienne ». Plus le temps est mauvais, plus le peloton a tendance à se morceler rapidement dès l’entame de Monte Sante Marie. Plus le temps est clément, plus les chances de voir un petit comité se disputer la victoire dans Sienne sont grandes ; le groupe à la sortie du secteur 8 étant un peu plus conséquent. Pinzuto ou le Tolfe ne permettant pas de faire une sélection suffisante en cas de comité plus ou moins grand.
Entre giboulées environ un tiers du mois, températures douces et mois le plus venteux, courir les Strade Bianche en mars semble être la période la plus opportune pour espérer un temps au minima humide.

Avec le passage à dix puis onze secteurs graviers, plus aucune arrivée dans Sienne n’a vu un groupe de plus de quatre coureurs se disputer la victoire. Gardons à l’esprit cependant que les récentes années ont vu un coureur arrivé en solitaire dans la citadelle de Sienne et sa fameuse montée finale. L’édition de 2020 mais aussi 2017 et 2018. Ces deux dernières qui ont pour point commun d’avoir connu des éditions pluvieuses, ce qui a rendu le revêtement non pas poussiéreux mais boueux (principalement en 2018 qui rappelait sans nul doute le passage du Giro dans les parages en 2010 lors de la désormais célèbre étape Carrara – Montalcino).

L’édition 2021 se rapprochera plutôt de celle de 2017 que celle de 2018 avec une potentielle petite pluie et un parcours humide. Exit donc la boue. Pourtant prime aux attaquants le vent sera de dos à partir de Monteaparti, ce qui n’est pas sans pimenter la course.

VERS UN ÉNIÈME DUEL FRATRICIDE

Tous les profils de coureurs peuvent s’imposer sur les Strade quand on regarde de près les Top 10 hétéroclites de chaque édition. Les hommes de classiques font tout de même la part belle en tête du classement. Un tiers du parcours est alloué aux chemins de terre. Ce qui rappelle sans conteste les sous-bois, plus le temps est infecte.
Il n’est donc pas étonnant de mentionner Mathieu van der Poel comme le favori des Strade Bianche. Quadruple champion du monde de la discipline, le néerlandais de la Alpecin Fenix est une véritable bête à rouler. Gardien dans les sous-bois d’un record de 35 victoires consécutives, MVDP est tout aussi brillant sur un VTT. Vainqueur de trois manches de coupe du monde devant le maître Schurter désormais contesté en la matière, le champion des Pays-Bas est un machine tout terrain. Son objectif olympique en VTT à Tokyo cet été n’est pas anodin. Les Strade Bianche sont très probablement la course qui lui correspond le mieux, en fin technicien qu’il est sur les chemins de campagne. Sous condition humide, les secteurs deviennent plus techniques notamment dans leurs descentes et MVDP est à n’en pas douter le plus technique des coureurs sur les surfaces non asphaltées. Coureur non moins explosif, les montées punchy du circuit ne sont pas pour le déservir. À regarder que ce soit ses Tour des Flandres, son Amstel Gold Race, ses Flèche Brabançonne ou encore son très récent Kuurne-Bruxelles-Kuurne, le parcours des Strade peut lui permettre de se montrer sous son plus beau jour. En forme à la reprise sur route après une énième saison de cross couronnée de succès, van der Poel arrive avec le plein de confiance et les jambes pour être décisif. Lui qui a dynamité KBK à pas moins de 80 kilomètres de l’arrivée. A l’image des cross ou même du Tour des Flandres 2020, tout pointe vers un duel entre les deux phénomènes qui exacerbe le monde de la pédale depuis près d’une décennie dans les sous-bois et sur route depuis deux ans environ.

Ce n’est tout aussi peu étonnant de faire de Wout van Aert, l’autre grand favori des Strade. Vainqueur en titre, le belge de la Jumbo-Visma est désormais un coureur expérimenté sur les Strade en ajoutant deux places de troisième sur les éditions 2019 et 2018. Sa reprise de la compétition sur route et ainsi de fait son manque de rythme semble être le point qui pêche en sa défaveur. Mais sur l’édition 2020, le champion de Belgique du contre-la-montre était de retour de stage en altitude. Une routine réappliquée cette année encore. Les données sont édifiantes, le belge est en jambe.

De quoi animer une nouvelle guerre fratricide entre les deux jeunes prodiges pour le plus grand plaisir des fans de vélo. Une perspective d’un duel et d’une revenge du Tour des Flandres perdu dans un sprint à deux face à son éternel rival, qui devrait indubitablement peser sur la course et la stratégie des autres équipes. WVA réussira-t-il le premier back-to-back des Strade, lui qui n’y a jamais fini hors du podium ?

UN RAINBOW GANG POUR ANIMER LE FINAL ?

Si les deux champions du monde élites de cyclo-cross sont les favoris. Le champion du monde sur route actuel, vainqueur ici-même en 2019 n’est pas en reste. Julian Alaphilippe vient conquérant sur un terrain qui lui convient. D’une part, par la nature punchy du terrain. D’autre part, par la nature du revêtement. Le français s’étant fait connaître chez les amateurs au niveau international d’abord sur les cyclo-cross (vice-champion du monde juniors, à Tabor, en 2010). La question de la forme ne se pose pas du côté du français de la Deceuninck Quick Step. A l’attaque sur le Tour de la Provence et sur l’Omloop Het Nieuwsblad, le porteur du maillot jaune quatorze jours sur le Tour de France 2019 a des fourmis dans les jambes. Porter le maillot arc-en-ciel est un extra-boost pour le puncheur qui honneur plus que bien ledit maillot, en mettant un point d’honneur a levé les bras le plus tôt possible et à la manière avec le précieux sésame sur les épaules.

Nous devons maintenir l’esprit du Wolfpack. Comment les loups travaillent-ils avec leurs proies? Ils les isolent. Nous devons essayer de  faire ça dans les mois à venir (contre Van der Poel et Van Aert).

Patrick LEfevere – RTBF

Pour se faire, il pourra être aider d’une équipe de taille, si ce n’est pas la meilleure équipe alignée pour l’édition 2021. Pourfendeuse de classiques, la DQS met les petits plats dans les grands en alignant plusieurs têtes d’affiche. Si Kasper Asgreen ou Davide Ballerini peuvent être nommés parmi des candidats potentiels, leur rôle peut se cantonner à une late attack pour le danois et un sprint en petit comité (relativement peu vu et envisageable) pour l’italien. La carte Alaphilippe étant la numéro 1. Cela dit, l’équipe peut très bien se retrouver en surnombre et jouer sur des hommes comme Joao Almeida, en forme sur le UAE Tour. Cela dit comme pas mal de leaders de Grands Tours présents, le portugais devrait s’aligner sur le Giro d’Italia. La course pourrait être vu comme un repérage avant l’étape de Montalcino. Le meilleur plan B se dirige naturellement vers un autre ancien champion du monde de cyclo-cross, en la personne de Zdenek Stybar. Le tchèque a fait de cette course son fer de lance. Inscrivant pas moins de sept Top 10 en sept participations (à vrai dire sept Top 7 dont cinq Top 4). Ce qui en fait un client redoutable et fin connaisseur du parcours. Si la chute sur l’OHN peut susciter des interrogations, les nouvelles semblent relever de la chute mineure. Ce qui est rassurant au vue de la forme affichée sur la classique de reprise.

L’heure sonne des véritables phénomènes. Si MVDP et WVA font de l’ombre à tous les autres, il est une jeune qui monte. Des lionceaux près à rugir. Tom Pidcock est de ceux-là. Le britannique de la Ineos Grenadiers, champion du monde juniors et espoirs de cyclo-cross mais aussi de VTT a un terrain qui lui scie à merveille. Dans Sante Caterina, avec son poids plume, il pourrait être un coureur capable de rivaliser plus facilement avec Julian Alaphilippe que les deux mastodontes pesant près de quinze kilos de plus. Rappelons qu’il était le plus rapide sur la rampe à 20 % du mondial de cyclo cross à Ostende, devant Mathieu van der Poel. Sa troisième place au sprint à Kuurne et son contre à l’Het Nieuwsblad laisse à penser que malgré le manque d’espérience le britannique apprend vite. Quoi de mieux qu’un homme tout terrain par une équipe dont le sponsor est une marque de 4×4 ? Derrière le Wolfpack, les Ineos Grenadiers sont l’équipe qui semblent la plus à même d’être en surnombre dans le final. Un avantage stratégique qui pourrait bénéficier au jeune néo-pro. Si à la fois Pavel Sivakov et Egan Bernal en forme peuvent prendre des repères en vue du Giro, l’expérimenté Michal Kwiatkowski peut aiguiller et accompagner au mieux l’anglais. Fort de son expérience, le polonais aurait été un candidat plus que sérieux si sa chute au Trofeo Laigueglia, il y a deux jours, était moins sérieusement.

Qui pour tirer son épingle du jeu ?

Pourtant si la victoire semble se dessiner sur les trois hommes qui s’était échappés ensemble sur le Tour des Flandres, le podium reste ouvert à pléthore de candidats. Récent vainqueur du Tour organisé par le sponsor de son équipe, Tadej Pogacar n’est pas en reste. Le terrain des Strade scie au plus jeune vainqueur du Tour depuis plus d’un siècle. Epaulé par un Davide Formolo, 2e l’an passé, le surnombre peut être à son avantage. En terrain explosive, le slovène est l’un des meilleurs du peloton. Sous les radars malgré sa stature mondiale, il peut être redoutable si mésestimé.

Si l’on parle d’hommes en forme en début de saison et qui ont marqué les éditions précédentes des Strade Bianche, Greg van Avermaet est un client dont il faut se méfier. Toujours placé en tête de peloton, le belge de la AG2R Citroën La Mondiale se fait rarement piéger. Pas étonnant de le voir figurer dans tous les groupes de tête. Seul problème, le belge semble résigner à s’extirper d’un groupe pour pouvoir gagner. A l’image de Wout van Aert l’an passé. Une problématique s’appliquant à Bauke Mollema qui semble cependant bénéficier d’une meilleure équipe. Sur la papier, le jeune prometteur Quinn Simmons s’est montré à son avantage sur la Faune Ardeche et la Drome Classic. Champion du monde espoirs à Harrogate sous une pluie battante, le coureur de la Trek Segafredo aurait sans doute préféré un temps plus exécrable pour aller briller. Là où Gianluca Brambilla lui aussi avec la patte après sa victoire à Blausasc sur le Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var peut à la fois profiter de sa forme que de son expérience sur les Strade pour épauler ses coéquipiers. Si ce n’est profiter d’un jeu d’équipe. Sur le papier, tout semble pointer vers le néerlandais, véritable expert des courses d’un jour avantageant les puncheurs. Comme le montre son palmarès depuis 2019.

2e en 2019, Jakob Fuglsang ne peut être éliminé de la liste des candidats. Même si le danois des Astana Premier Tech semble moins mordant et dont les objectifs sont plus lointain. Là où un Tim Wellens est souvent inconstant, bien qu’en grande forme sur l’Etoile de Bessèges, le belge de la Lotto Soudal semble moins tranchant sur les récentes courses.

Si on est amené à parler des classics men, on ne peut éluder Alberto Bettiol, vainqueur du Tour des Flandres 2019 et présent dans l’échappée décisive de l’édition 2020. Pourtant à y regarder de plus près, les yeux doivent plutôt se river sur son équipier de la EF Education Nippo, Simon Carr.

En vérité l’une des plus équipes offensives sur le début des classiques est la Qhubeka Assos qui aligne deux hommes qui auront fait, il y a deux jours la reconnaissance du parcours. D’un part, Simon Clarke qui apprécie plus que tous la classique de Toscane. Natif en Australie sur des routes gravillonneuses, le puncheur peut afficher une certaine confiance depuis sa récente 5e place dans le sud de la France. Même si son coéquipier Michael Gogl aura montré plus de gagne à l’Het Nieuwsblad. L’autrichien offensif a tout pour du coureur au tempérament dynamiteur dans un final tactique où il faut placer la bonne attaque.

D’ordinaire, la Bora Hansgrohe aurait mérité une place plus haute dans la hiérarchie sur une classique. Mais sans doute que l’absence de Peter Sagan dû au Covid-19 y est pour beaucoup. Emmanuel Buchmann n’étant pas suffisamment convainquant sur le UAE Tour en plus de manquer d’explosivité, une caractéristique indispensable pour s’imposer sur les Strade. A moins de tenter le raid solitaire, ce qui semble très incertain pour l’allemand. Patrick Konrad cependant a ce punch que le leader de Grands Tours n’a pas. Cela dit si le Tour de Provence pouvait augurer le meilleur, l’autrichien a été tout aussi invisible au Moyen Orient. Sans doute, les yeux doivent-ils se river vers la performance de son vététiste mais un Top 10 serait déjà formidable.

AVIS

Difficile de dégager une hiérarchie claire entre les trois grands noms du moment. Les deux phénomènes sont indubitablement les hommes à battre mais le français Julian Alaphilippe n’est pas en reste. Sans doute pour ce dernier vaut-il mieux attendre une cote boostée des bookmakers français. C’est donc à la prime du meilleur puncheur des deux champions du monde de cyclo-cross qui départagera mon choix dans une course où WVA est contraint de réitérer le même scénario que l’an passé. Et où on a vu que même un puncheur comme Alejandro Valverde peut flancher dans Sante Caterina comme en 2016 lors que Kwiatkowski et GVA l’ont déposé, ce qui n’assure pas nécessairement Alaphilippe d’un sacre certain en cas d’arrivée groupée au pied de la dernière rampe finale.

PRONOSTICS

Mathieu van der Poel gagnant : 5 – 0.5 % (Unibet)

Tom Pidcock podium : 4 – 0.5 % (Betclic)

Zdenek Stybar podium : 9 – 0.25 % (Winamax)

Michael Gogl podium : 31 – 0.25 % (Unibet)

AJOUT 06 MARS 2021 – 11 H 10 :

Julian Alaphilippe podium : 2.75 – 0.5% (cote boostée Winamax)



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Omloop Het Nieuwsblad 2021 Preview

Profil Omloop Het Nieuwsblad 2021 © la-flamme-rouge.eu

La situation sanitaire actuelle ne permet pas aux organisateurs des classiques flandriennes de communiquer les parcours des différentes courses organisées en Belgique. Du moins de le connaître à l’avance.

Cependant, sur la base des reconnaissances Strava des différentes équipes et des sites web des équipes comme la Movistar, le parcours 2021 est connu. Les 110 derniers kilomètres restent inchangés par rapport à l’édition précédente. Reprenant la recette introduit en 2018 avec en désert l’enchainement Mur de Grammont – Bosberg dans les dix-huit derniers kilomètres et le final à Ninove établit en 2019. Comme à l’accoutumé, c’est dans ces kilomètres connus et reconnus que la sélection se fait et que la partie commence réellement.

La Deceuninck Quick Step vient avec une véritable armada. Hormis Tim Declercq qui sera réduit au rôle de métronome du peloton en domptant les premiers fuyards, toute l’équipe peut gagner. Davide Ballerini sera la carte sprinteur. Yves Lampaert plutôt dans celui d’un attaquant lointain quand Kasper Asgreen excelle, lui aussi grâce à ses capacités dans l’effort individuel, dans l’art de la late attack (à l’image de Kuurne-Bruxelles-Kuurne l’an passé). Florian Sénéchal et Zdeněk Štybar peuvent très bien être des cartes sprints réduits si Ballerini ne fait pas partie du groupe de tête. Quant à Julian Alaphilippe, il est mis en avant dans un rôle de leader annoncé. A l’image des années Tommeke (Tom Boonen), le maillot de champion du monde donne une aura supplémentaire au sein de l’équipe. Le leadership semble définit, un peu comme lors du dernier Tour des Flandres qu’il découvrait et où l’équipe n’a eu guère d’autres choix que de rouler pour lui. Dès lors, la course des DQS pourrait être beaucoup plus défensive qu’offensive lorsque l’équipe misait sur trois têtes par le passé lors des différents monuments et classiques du printemps avec le tchèque, Philippe Gilbert et Bob Jungels ou Niki Terpstra.

Face à l’équipe belge, la Trek-Segafredo sur le papier semble la mieux armée, avec son trio de sprinteurs qui ont opéré une véritable tournante sur le dernier Tour de France, pour bousculer le Wolfpack ; que ce soit avec le vainqueur sortant Jasper Stuyven, avec le champion du monde 2019 Mads Pedersen ou avec le local Edward Theuns. Ce dernier apparaît probablement comme la meilleure carte si un petit comité doit se disputer la gagne. Véritablement en forme sur l’étape de Bessèges, le belge à l’avantage comparé à son compatriote d’avoir du rythme avec des jours de courses au compteur. Le danois, lui n’a guère convaincu à Geraardsbergen sur le Binck Bank Tour 2020. Ce qui laisse à penser que les monts pavés auront encore raison de lui.

La Lotto Soudal aurait des raisons de ne pas rougir. Tim Wellens se dégage en tant que leader après les récentes déclarations de Philippe Gilbert qui vient pour prendre du rythme, se tester mais pas le couteau entre les dents. L’objectif printanier de l’ancien champion du monde étant de décrocher une victoire à Milan San Remo.

Véritablement, les deux grands adversaires du Wolfpack sont les copains de toujours et désormais coéquipiers chez AG2R Citroën La Mondiale : Greg van Avermaet et Oliver Naesen. Le premier est des engagés, le coureur qui affiche le meilleur palmarès sur la classique d’ouverture. Pas moins de huit Top 6 pour deux victoires et deux places de 2. Sa forme à Bessèges parle pour lui. Mais le second qui a tendance à briller sur l’étape de Geraardsbergen trouvera un terrain qui lui scie à merveille.

La Bora-Hansgrohe devant composer sans Peter Sagan, récent positif au Covid-19, Nils Politt dont la forme semble plaider en sa faveur fait figure de leader. Mais l’expérience des monts pavés ne plaide pas nécessairement de son côté. Sans doute, Marcus Burghardt est un plan B solide.

La Bahrain Victorious peut compter sur plusieurs éléments. Dylan Teuns et Sonny Colbrelli en tête d’affiche. L’italien étant avant tout la carte sprint, là où le belge peut profiter d’une course de mouvement. Mais attention au vétéran australien, Heinrich Haussler qui sortant des sous-bois peut profiter d’un rythme que les deux autres n’ont pas.

Du côté des équipes françaises, la Cofidis Solutions Crédits emmène Christophe Laporte récent vainqueur à Bellegarde qui pourrait profiter d’un petit groupe pour s’imposer. Mais sur ce type de course, Jempy Drucker affiche un meilleur palmarès. La Groupama-FDJ elle aligne Stefan Küng en leader après sa campagne 2020 prometteuse. Kevin Geniets pourrait ainsi être réduit au rôle de coéquipier quand Jake Stewart, l’attrayant britannique devrait sans nulle doute s’économiser pour un sprint groupé si le scénario le permet. Là où la B&B Hotels p/b KTM semble hors de propos en envoyant une composition résolument tournée vers une durabilité de Bryan Coquard. Seulement, la forme parle plutôt en direction de Cyril Barthe. Une équipe qui doit se montrer, plus qu’elle ne va peser en somme. A l’image des Arkea Samsic dont les espoirs reposent sur Amaury Capiot. Contrairement à la Total Direct Energie dans un style purement tourné vers les classiques avec le vainqueur de Paris Roubaix 2014 et du Tour des Flandres 2018, en la personne de Niki Terpstra qui peine à retrouver de sa superbe sur les flandriennes depuis qu’il a quitté le Wolfpack. Le néerlandais partage le leadership avec Anthony Turgis. Mais le français ne souffrira-t-il pas de sa récente chute à Blausasc ? Peut être est-il temps de voir la renaissance d’Edvald Boasson Hagen.

Séduisante sur les courses précédentes, la Bingoal Wallonie Bruxelles n’a pas à rougir face aux équipes World Tour. Il n’y a quà voir comment l’équipe a réussi à placer en tête du peloton Arjen Livyns sur le final tantôt de Gourdon que de Fayence. Un candidat imminemment crédible au Top 10.

La Israel Start-up Nation comptera sur Sep Vanmarcke en fer de lance, à moins que Mads Würtz Schmidt ne le fasse la nique.

La Bike Exchange vient avec une armada assez homogène sur le papier. Luke Durbridge et Amund Grøndahl Jansen ont la préférence mais ont-ils les armes ?

La Jumbo Visma sans sa superstar Wout van Aert alignera Timo Roosen en leader déclaré. Poisson pilote, il y a quelques temps dans les pays arabes de Dylan Groenewegen, le néerlandais est rapide. Si la forme de 2018 frappe à la porte d’aussi bons résultats que dans le Nord de l’Amérique sont à prévoir. Mathieu van der Poel, le grand rival de WVA est lui aussi absent. C’est donc une Alpecin Fenix qui espèrera que Jasper Philipsen puisse aller au sprint. Mais sa durabilité sur ce type de courses, Dries de Bondt semble en meilleure voie si Xandro Meurisse ne retrouve pas les jambes du début de saison dernière.

La EF- Education Nippo souffre elle aussi du manque de sa grande star des classiques du Printemps. Sans ses Alberto Bettiol et Michael Valgren, il faut composer au mieux avec les expérimentés Sébastian Langeveld et Jens Keukeleire.

Les Ineos Grenadiers espèreront sans doute que Gianni Moscon ait retrouvé de sa superbe. Manosque a semblé le montrer. Si Tom Pidcock est attendu, tout comme Jhonatan Narvaez en cas de sprint, l’italien sur les flandriens avec son pédigré est la carte numéro 1.

Quid des Astana Premier Tech ? Alex Aranburu n’emballe pas sur des monts pavés. Entre méforme et profils qui ne collent pas, l’équipe est peu attrayante.

Les UAE Team Emirates peuvent se targer de gagner à domicile. Mais en Belgique, les cartes sprints semblent claires. Alexander Kristoff pour un emballage final ou Matteo Trentin dans une course plus débridée.

Malgré de bons rouleurs pas grand chose à attendre de la Quebeka Assos. Victor Campenaerts n’a pas le profil. Michael Gogl est contraint à l’attaque, là où Dimitri Claeys à une course d’attente.

La Movistar misera sur Ivan Garcia Cortina en forme l’an passé avant la pause Covid.

Enfin l’équipe DSM n’a pas à rougir. Si Tiesj Benoot est toujours en forme à la reprise. Romain Bardet se muera sans doute en coéquipier de luxe. Soren Kragh Andersen, 3e l’an passé pourrait à l’image de la 107e édition du Tour de France profiter du jeu d’équipe où la Sunweb excellait. A moins que Casper Pedersen, vainqueur de Paris-Tours n’en profite ou bien Joris Nieuwenhuis qui a pour avantage de sortir des cross et donc d’être en forme.

A vrai dire avec un temps clément et un vent soufflant du NE, la course n’est pas promise au mouvement les plus sélectifs. La Deceuninck peut en profiter pour prendre plus facilement la course à son compte grâce à son surnombre d’hommes forts se sacrifiant pour le collectif.

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En misant sur Alaphilippe comme les déclarations de Patrick Lefevere semble le suggérer, la course devrait se dessiner dans l’enchainement final. L’absence de Mathieu van der Poel bride un peu moins la course selon toute vraisemblance. Et les résurgences des années Boonen à la Quick Step ne sont pas à écarter, plutôt à anticiper.

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Les faveurs d’une attaque semblent se diriger vers le Mur de Grammont. L’effort y semble Alaphilippesque. Similaire en quasi tout point à cet effort dans une difficulté aux pourcentages abruptes où le champion du monde a pour tradition d’attaquer avant de filer vers la victoire dans un chrono de chaque instant comme dans les cotes de Mutigny et de la Jallière ou dans le col des Quatre Chemins sur les récents Tour de France ou encore dans la cote de la Gallisterna à Imola. Un effort qui caractérise le français depuis son succès à Milan San Remo avec là aussi une estocade portée dans le Poggio.

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Seulement marqué et avec un vent certes léger mais défavorable dans le final, un petit comité pour se disputer la gagne n’est pas à exclure. Le terrain est propice à une chasse et une équipe comme la Trek Segafredo à l’effectif pour contrer la DQS. La carte d’un Sénéchal est alors toute vue. Mais Stybar porté par un extra boost voudra sans doute rentre très vite un hommage à son grand-père récemment décédé. Ce qui a forcé le tchèque a quitté son camp d’entrainement et faire pas moins de 1 500 kilomètres en voiture pour aller l’enterrer. Un ancien vainqueur de l’OHN galvanisé ? Pourquoi pas.

Mais qui dit sprint dit homme rapide et homme en forme. Dès lors, Nieuwenhuis pourrait profiter à la fois d’une énième masterclass de son équipe comme d’une arrivée en petit comité. Voire Roosen qui est mis en avant comme un homme en forme à la sortie des stages de février. Si les watts observés sont mis en pratique, le néerlandais a déjà montré qu’il avait une certaine durabilité par le passé et aussi une belle pointe de vitesse. Deux hommes sous les radars, deux hommes mésestimés dont il faudrait à tort ou à raison se méfier.

Mais qui dit Het Nieuwsblad dit Greg van Avermaet. Parfaitement entouré, les clés de la réussite sont entre ses mains. Dans une course par élimination, le belge sait mieux que quiconque se placer là où tout le monde veut se placer. La forme est parlante, ne reste plus qu’à viser la cible.

PRONOSTICS

Greg van Avermaet podium : 5,5 – 0.5% (Zebet)

Zdenek Stybar vainqueur : 25 – 0.25% (Betclic)

Florian Senechal vainqueur : 20 – 0.25% (Betclic)

Joris Nieuwenhuis podium : 90 – 0.125% (Zebet)

Timo Roosen podium : 40 – 0.125% (Zebet)

Strade Bianche 2020 Preview

Plan Strade Bianche 2020 – ©️ RCS MediaGroup S.p.A

Les Strade Bianche ou littéralement “chemins blancs” ont tout d’une Classique qui rythme le printemps du peloton professionnel. Et pourtant, il n’en a pas toujours été. Bien que son existence remonte à 1997, la course n’était qu’une cyclosportive qui ne se professionnalise que dix ans plus tard. Initialement placé en octobre, elle y avait toute sa place compte tenu du contexte des dernières années. D’une part, parce qu’elle est dans le prolongement de l’enchainement des courses pre-Lombardie dans le nord transalpin (exception faite des Calabre avec le Giro dell Emilia) ; en Lombardie avec les Coppa et Tre Valli Vaserine, dans le Piemont avec la classique Milan-Turin et en Emilie-Romagne avec les GP. Et d’autre part, parce qu’elle emprunte les chemins vignobles du Chiante (qui n’est pas inconnu tant pour les amateurs de vins que d’Hannibal Lecter), on peut noter une certaine similitude avec le nouveau final de Paris-Tours et ses chemins de terre dans le vouvrillon.

Fait de chemins de terre, il n’est pas étonnant de voir les coureurs de classiques dominer les Strade Bianche. Des flandriens les plus assidus aux cyclocrossmen, tous font bonnes figures en Toscane et animent la course menant à Sienne.

Pourvu d’un plateau tant quantitatif que qualitatif d’année en année, la classique d’ouverture signe les prémices d’une campagne de classique aboutie pour tout coureur y brillant. En témoigne le triplé ardennais de Gilbert en 2011 ou même le printemps exceptionnel d’Alaphilippe et Fulgsang l’an passé. Voir tout bonnement une année couronnée de succès au plus haut rang mondial ; le Pole étant sacré champion du monde en 2014, Spartacus champion Olympique par deux occasions en 2008 et 2016 ou même Alafpolak porteur du maillot jaune durant 14 jours sur le Tour de France.

Profil Strade Bianche 2020 ©️ RCS MediaGroup S.p.A

Le parcours 2020 reste inchangé à celui de l’an passé. Près de 63 kilomètres de routes blanches répartis en 11 secteurs sur les 184 km que jalonnent le tracé de la course.

Avec un dénivelé positif total de 3073 mètres, le parcours est tout aussi exigeant physiquement que techniquement.

En raison du contexte de Covid-19, cette année la Piazza del Campo sera interdite aux spectateurs tandis que des barrières spécialement conçues pour la distanciation sociale seront mise en place dans la montée de Santa Caterina.

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Situé à pas moins de 50 kilomètres de l’arrivée, c’est le secteur qu’avait choisi Moser en 2013 pour prendre la poudre d’escampette du peloton et revenir sur l’échappée. Tandis qu’en 2018, ce sont Bardet et Wout Van Aert qui se sont extraits de l’échappée de favoris pour s’envoler vers une victoire promise avant d’être rejoint par Tiesj Benoot juste avant le dernier secteur.

Secteur graviers numéro 8, il est le secteur où la course se décante, à chaque édition, une fois passé le Ponte del Garbo. Plus long que le secteur qui le précède : San Martino in Grania, il n’est pas comme ce dernier totalement en montée. Long de 11.5 kilomètres, Monte Sante Marie permet de faire les premiers écrémages et/ou de porter les premières estocades au sein du peloton, qui n’en est plus un à la sortie dudit secteur. Il est vrai que mêlant courtes descentes parfois très raides et montées tout aussi abruptes, la sélection se fait naturellement entre techniciens, hommes encore frais et les coureurs plus mal placés. Pas moins de 3162m à plus de 7.5% dont 1155 à plus de 12.5% montre l’exigence de ce secteur et son importance.

La première partie montante à la sortie d’Asciano allonge considérablement le peloton qui se scinde dans la partie descente qui s’en suit. Sa technicité est rendue d’autant plus complexe de par la nature de son revêtement. C’est pourtant dans sa dernière moitié, grimpant de manière inexorable et irrégulière durant 7km vers le hameau de Torre del Castello, que la sélection est définitivement établie.

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Secteur graviers numéro 9, c’est un secteur très court (seulement 800 mètres) mais raides avec ses 7.2% de moyenne.

De par sa faible longueur, rares sont les mouvements qui s’y opère. Fuglsang y décida pourtant de s’extraire du groupe d’échappée en compagnie d’Alaphilippe sur l’édition précédente. Là où Kwiato lui en 2014 porta son attaque sur la partie asphaltée au sommet.

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Secteur graviers numéro 10, long de 2.4km, il est le secteur le plus décisif des dernières années. Avec ses 500 premiers mètres d’une particulière difficulté, il offre une rampe de lancement parfaite en étant situé qu’à une petite quinzaine de kilomètres de l’arrivée.

Stybar, Cancellera ou Kwiatkowski y ont construit leur sacre tandis qu’en 2018, Benoot s’échappa du groupe de contre pour revenir en costaud sur les deux échappées.

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Secteur graviers numéro 11, un secteur court qui commence en descente mais dont la partie montante est extrêmement rude (400 m à 11.6% de moyenne et un maximum à 18%)

En 2018, Benoot lança son attaque victorieuse sur les premières rampes tandis que Cancellara y fit preuve d’une puissance monstrueuse pour revenir et déposer Greg Van Avermaet ayant attaqué dans la partie descendante.

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La Calle Santa Caterina, une montée finale terrible dont la dernière rampe (500m à 12.5% – max : 16%) menant à la Piazza del Campo. Si la montée finale ne met pas à l’arrêt les coureurs usés comme WVA qui y mis pied à terre en 2018, les 300 dernières mètres sont eux plus sans difficulté puisqu’en descente. Et le dernier virage dont la sortie n’est située qu’à 100 mètres de l’arrivée impose à toute arrivée en comité réduit de virer en tête (au risque de faire comme Mühlberger à Bagnères-de-Bigorre). Bien que dans une large majorité, arriver au sommet de Santa Caterina c’est s’assurer une victoire presque certaine.

Arrivé en groupe, Iglynskyi et Löftvist y construit leur sacre sur une attaque tout en punch. Tandis que Cancellara, Gilbert et Alaphilippe ont tout deux anticipés le dernier virage à 100 mètres de la ligne d’arrivée en attaquant Ballan pour les deux premiers et Fuglsang pour le second.

L’approche du dernier virage de Cancellara face à Stybar est un parfait exemple. Son entrée se prend rapidement, ce qui oblige les coureurs à le prendre par son extérieur. En 2016, le suisse a coupé la trajectoire du tchèque qui n’a pu lui faire le déborder par sa gauche. Les 100 derniers mètres à près de -7% redonnent une impulsion où il est quasiment impossible de doubler le coureur qui nous precède. Le triple vainqueur des Strade Bianche avec une tactique hors pair et un sens des trajectoires digne de sa maîtrise des chronos va lui fermer la porte à l’intérieur au 50m.

Placé en août comporte un défaut majeur : peu de chance que la météo fasse des « Sienne ». Plus le temps est mauvais, plus le peloton a tendance à se morceler rapidement dès l’entame de Monte Sante Marie. Plus le temps est clément, plus les chances de voir un petit comité se disputer la victoire dans Sienne sont grandes ; le groupe à la sortie du secteur 8 étant un peu plus conséquent. Pinzuto ou le Tolfe ne permettant pas de faire une sélection suffisante. L’inconvénient majeur d’une classique durant l’été en Toscane, les chances de pluie sont presque nulles. A 3 jours du départ, ces dernières sont de moins en moins probable du fait que la période soit la plus sèche en Italie.

Avec le passage à 10 puis 11 secteurs graviers, plus aucune arrivée dans Sienne n’a vu un groupe de plus de quatre coureurs se disputer la victoire. Gardons à l’esprit cependant que seule 2017 et 2018 ont vu une victoire en solitaire durant cette période. Qui ont pour point commun d’avoir connu un Strade Bianche pluvieux, ce qui a rendu le revêtement non pas poussiéreux mais boueux (principalement en 2018 qui rappelait sans nul doute le passage du Giro dans les parages en 2010 lors de la désormais célèbre étape Carrara – Montalcino).

Météo du samedi 1e août 2020 ©️ meteociel.fr

La météo de samedi ne laisse que peu de doute. Après avoir annoncé des pluies possibles mardi et mercredi, les averses semblent désormais bien loin au cours de l’après-midi de samedi et les prévisions sont plus proches de celles d’y il a dix jours. Une journée ensoleillée, possiblement couverte mais des températures extrêmes. Jusqu’à 39°C, ce qui implique qu’avec un vent de 5km/h et une humidité de 25%, la température ressentie serait de 44°C. Autrement dit, une véritable fournaise. On le sait en cas de forte chaleur s’hydrater est important dans ses conditions. A la sortie du secteur de Monte Sante Marie, les équipes sur-représentées auront un avantage où les coéquipiers pourront ravitailler leur leader. Mais en période caniculaire, il ne faudra pas non plus négliger l’alimentation pour éviter toute fringale. Au cours des fortes chaleurs si la soif se fait ressentir, la faim elle est parfois totalement absente tout comme l’envie. De plus avec un vent de O/N/O, les 36.5 derniers kilomètres se feront de face voire trois quarts face. Ce qui devrait plutôt inciter les attaques dans les deux derniers secteurs. Toutes les conditions tendent à un Strade Bianche traditionnel avec une arrivée de 4/5 coureurs avant d’entamer la montée finale.

Tour de Sibiu comme Tour de Burgos ont montré une tendance à la reprise, les équipes courent de façon standard. Tout repose sur le fait d’anticiper les coureurs les plus en forme à l’entrée de cette période post-confinement et ceux qui devraient le plus souffrir de la chaleur.

Pour ce dernier élément, Wout Van Aert est probablement un des favoris (deux fois 3e en deux participations) à éliminer. Si nous avons peu de référence sur route pour ce dernier, on se souviendra de ses cyclo-cross aux Etats-Unis où il aura souffert de la chaleur et subit jusqu’ici ses plus mauvais résultats en CCX. Par cette chaleur tiendra-t-il le coup, il n’est pas incohérent de penser que non. D’autant que manquant de punch, WVA est contraint d’arriver en solitaire au risque de se faire déposer comme l’an passé. Un second couteau comme Alexey Lutsenko, toujours très fort à la reprise pourrait être un homme à citer. Costaud derrière Yates et Pogacar au UEA Tour, il aura confié avoir subi la chaleur sur l’étape la plus chaud dudit Tour. Ce jour-là, il finit à pas moins d’1min30 du premier cité. Ou encore un leader aussi en excellente forme en mars à l’aune des premières classiques : Tiesj Benoot. Splendide vainqueur 2018, le belge semblait prêt pour accrocher une nouvelle fois sa course préférée à son palmarès. Cependant, le leader de la Sunweb excelle lors que le temps est exécrable et le nouveau placement de la classique tant aimée ne semble pas à son avantage. La canicule pourrait avoir raison de ses ambitions. C’est en tout cas un gros point d’interrogation et une épée de Damoclès au dessus de sa tête.

Pour ce qui est de la forme des coureurs, il apparaît opportun d’éliminer d’entrée les coureurs ayant prévu un pic de forme et d’être à 100% pour le Tour et de ce fait de privilégier les coureurs visant des objectifs plus lointain. Dès lors, un nom nous vient immédiatement à l’esprit. En effet, le tenant du titre, Julian Alaphilippe a prévu d’axer sa saison sur le Tour en visant des victoires d’étapes, le Mondial et les classiques d’octobre. Ses déclarations à l’Equipe vont en ce sens :

[…] je sais que je n’ai pas la condition de l’année dernière. Ma priorité n’est pas d’être au sommet de ma forme sur les premières courses.

https://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Article/Julian-alaphilippe-j-ai-fait-ce-qu-il-fallait/1156220

Dans une course où le plateau sera relevé et des coureurs dans une grande forme dès l’ouverture, tout manque de forme se paye cash. A l’inverse, d’autres coureurs ont prévu d’être au top dès la réouverture de la saison. Comment ne pas citer dans ses conditions le favori de tous les bookmakers : Mathieu Van der Poel.

Mathieu Van der Poel ©️ PHOTOPRESS, PHOTONEWS & MICHAL CERVENY

Véritable bête à rouler, quand on pense aux Strade, on pense forcément aux cyclocrossmen. Et le triple champion du monde, auteur de 35 victoires consécutives dans le domaine n’est pas en reste. Brillant sur VTT, vainqueur de trois manches de coupe du monde devant le maître Schurter désormais contesté en la matière, le néerlandais est un champion tout terrain. Les Strade Bianche sont sûrement la course qui lui correspond le mieux en fin technicien qu’il est sur les chemins de campagne. Pas de problème de punch, quand on voit les ascensions de l’Amstel Gold Race et du Tour des Flandres qu’il a pu faire, l’an passé. Cependant sur route, il n’a pas encore totalement prouvé sur les courses World Tour. Il ne faut pas oublier qu’il a gagné par la force des choses, parce qu’Alaphilippe et Fulgsang se sont trop regardés. A la Flèche Brabançonne, il gagne mais Matthews (le seul a pouvoir rivaliser en pointe de vitesse) se fait serrer contre le trottoir et sa roue frotte ce dernier. A À Travers la Flandres, il règle un groupe sans opposition. Dès que l’opposition est un peu plus corsée, MVDP bûche à l’instar de Gent Wevelgem. En condition extrême, le petit-fils de Poulidor, nous a montré qu’il peut subir. En témoigne sa fringale lors du Mondial 2019 au Yorkshire où il apparaissait être le plus. Saura-t-il gérer son alimentation sous de telle température ? Saura-t-il anticiper les attaques et suivre tous les mouvements ? Avec possiblement aucun coéquipier dans les derniers secteurs, si une poignée de coureurs sort, tout porte à croire que la chasse reposera sur ses épaules, en étant la bête noire de la course. Personne ne voulant emmener un Van der Poel sur son porte-bagage. La tâche s’annonce rude sur un circuit exigeant dans des conditions compliquées.

Les coureurs avec des objectifs en octobre peuvent se permettre d’être au top dès la reprise. C’est le cas des coureurs qui feront le Giro mais avant vise le mondial. Il est donc logique de voir un coureur comme Jakob Fuglsang parmi les favoris.

Jakob Fuglsang ©️ Astana Pro Team

Déjà dans une grande forme pre-confinement en remportant deux étapes et le Général de la Ruta del Sol, le dauphin des Strade Bianche 2019 apprécie ses routes. Rappelons que le danois est un vttiste de formation. Mais, bien qu’ayant fini deuxième de la Flèche Wallonne, le leader d’Astana semble condamné à finir en solitaire pour pouvoir lever les bras n’ayant ni le même punch, ni la même pointe de vitesse nécessaire. Et ce au risque comme l’an passé de ne pas réussir à lâcher son principal rival dans Santa Caterina et à aborder le dernier virage au moins en deuxième position. En cas d’arrivée en petit comité, Fuglsang est donc astreint à pas mieux que la deuxième place.

Parmi les coureurs aux objectifs lointain, on pense nécessairement aux classics riders. Comment dans ses conditions ne pas pointer directement et obligatoire un belge ? Il faut rappeler que la Belgique a instauré un régime plus clément que certains pays pour les sportifs notamment les cyclistes lors du confinement. Il n’est donc pas surprenant de voir des coureurs en grande forme et cumulant un total de 20 000 bornes comme Oliver Naesen et de comprendre pourquoi ces coureurs ont parfois excellé sur les courses virtuelles. Greg van Avermaet en tête de liste.

Greg van Avermaet ©️ CCCteam

GVA n’est jamais en reste quand on parle de classique et encore moins des Strade. Adepte des courses d’usure, il coche tous les cases pour aller chercher la gagne. Habilement placé, il est rarement piégé. Disposant d’un bon punch, il est un client dans les arrivées explosives. Ayant une bonne pointe de vitesse, il est tout autant un client lors des arrivées en petit comité. Champion olympique en 2016 à Rio, il a montré que la chaleur n’était pas un facteur qui le dérangeait. Ce n’est pas un hasard de le voir présent sept fois en neuf participations dans le Top 10 des routes de Toscane. Deux fois deuxième, il ne manque plus que la gagne au leader de CCC. Les ambitions sont claires, Greg vient pour animer la course.

Les Strade Bianche sont une de mes courses préférées. C’est spécial d’en faire ma course de reprise. […] J’ai toujours bien couru ici et j’espère que ce sera encore le cas. J’ai pu rester motivé pendant le confinement et après le stage à Livigno, je sens maintenant que ma forme est là où elle doit être. Bien sûr, les circonstances seront un peu différentes et la chaleur jouera un rôle important samedi, mais je suis prêt

https://cccteam.eu/race-preview/van-avermaet-restarts-season-eyeing-return-to-strade-bianche-podium/

Enfin, il y a d’autres coureurs qui ont des objectifs annoncés très tôt. Comment ne pas penser à Milan San Remo et les ambitions de Philippe Gilbert

Philippe Gilbert ©️ Lotto Soudal

Double vainqueur du Tour de Lombardie, vainqueur du Tour des Flandres, de Liège-Bastogne-Liège et depuis 2019 de Paris-Roubaix, il ne manque plus qu’au récent ruban rouge d’afficher Milan San Remo à son palmarès. Et de rentrer ainsi dans le club très fermé (Merckx, de Vlaeminck et Van Looy) des vainqueurs des cinq Monuments. La Primavera étant le 8 août, soit une semaine après les Strade Bianche, le belge doit être à 100% immédiatement. Mais a-t-il intérêt à se découvrir lors des Strade ? N’a-t-il pas à laisser la pression sur ces concurrences pour éviter un trop gros marquage le long de la Mer de Ligurie ? La composition de la Lotto Soudal va d’ailleurs en ce sens en envoyant de jeunes (25 ans de moyenne) et relativement inexpérimentés sur les classiques (Vermeersch, Oldani, Goosens, Holmes). L’objectif de cette course de reprise qui semble se dessiner est donc de prendre du rythme avant la course d’une vie.

Inévitablement, on ne peut conclure un article sur les Strade Bianche sans mentionner Simon Clarke comme un outsider sérieux.

Si en tant qu’australien, le coureur d’EF Pro Cycling est en forme tôt, ses origines à Melbourne ne sont pas un désavantage dans une telle course. Habitué des chemins, on comprend aisément pourquoi le leader d’EF noue un sentiment particulier envers les Strade dont il en avait fait son objectif de la saison en début d’année. Bis repetita ? L’an passé, il était l’un des coureurs les plus offensifs du groupe des leaders et apparaissait comme l’un des plus forts avec le malheur Maximilian Schachmann qui manqua de chance en crevant au plus mauvais moment. Mais avait malheureusement loupé le bon coup par hésitation s’obligeant à fournir moultes efforts qui lui sont restés dans les jambes dans le final. En cas d’arrivée en petit comité, il faudra pouvoir le lâcher car il est l’un des plus rapides et peut rivaliser avec les meilleurs. Après une première partie de saison réussie en France (une victoire et deux podiums), la reprise sur les Strade Bianche est une bénédiction. Une chose est certaine, son excitation est à son paroxysme et il sera un animateur de cette édition 2020 : https://twitter.com/SimoClarke/status/1288190013054824453?s=19

PRONOSTICS

Greg van Avermaet gagnant : 25 – 0.5% (Winamax)

Greg van Avermaet podium : 8.25 – 0.5% (Unibet)

Simon Clarke podium : 13 – 0.5% (Unibet)