Etape 10 Tour de France 2021

190.7 kilomètres d’Albertville à Valence pour la première étape de reprise après une journée de repos. Les seulement 1488 mètres de dénivelé positif total suggèrent un sprint massif pour une étape aux allures de cessez-le-feu, le lendemain d’une journée de repos mais surtout la veille de la terrible double ascension du Mont Ventoux

Un sprint massif prévisible pas encore écrit d’avance ?

Si l’on parle de sprint massif, c’est essentiellement vers les équipes de sprinteurs qu’il faut se tourner pour mener la chasse à bien et ramener dans les rangs les échappées de la première heure. Et ces dernières ne sont plus légions. Avec l’abandon de Caleb Ewan, la Lotto Soudal est passée en mode offensif. Brent van Moer, Thomas de Gendt, Tosh van der Sande, Jasper de Buyst et Roger Kluge, tous ont à un moment ou un autre étaient vus aux avants-postes. La mise hors délai dimanche au sommet de Tignes d’Arnaud Démare et de Bryan Coquard a changé la donne puisque ni la B&B Hôtels p/b KTM, ni surtout les Groupama-FDJ ne collaboreront désormais à la chasse. Si les hommes de Jérôme Pineau étaient d’avance aperçus à l’avant qu’à l’arrière de la course, ce sont les hommes de Marc Madiot qui collaboraient le mieux pour rameuter les fuyards.
La certitude que la Deceuninck Quick Step ira de l’avant pour Mark Cavendish ne fait guère de doute. D’une part en l’absence de Caleb Ewan et de Tim Merlier, le Manx Missile est l’homme le plus rapide du peloton. Et d’autre part gardien de deux victoires à Fougères et Châteauroux, l’actuel porteur du maillot vert pourrait accroître son avance au classement par points. Mais c’est surtout la perspective du record d’Eddy Merckx qui est une réelle motivation et pas des moindres. Deux victoires l’assureraient d’égaler les 34 victoires du Cannibale en carrière sur le Tour de France. Trois victoires supplémentaires et le Cav’ sera seul en tête du classement. L’occasion est trop belle pour l’équipe belge pour qu’elle ne file entre les mains des hommes de Patrick Lefévère.
C’est cette perspective d’un Mark sur-dominateur des sprints massifs allouant 50 points au vainqueur, qui ne devrait guère pousser la Bahraïn Victorious et la Bike Exchange à collaborer. En effet, Michael Matthews et Sonny Colbrelli pointent respectivement à 38 et 47 points. Si l’autralien et surtout l’italien sont les sprinteurs les plus en forme du plateau, leur polyvalent a un défaut. Ils sont nettement dominés dans les sprints massifs par les sprinteurs pures.
Pour aider à la chasse, il faudra donc compter surtout sur la Arkéa Samsic pour Nacer Bouhanni qui voit pointer l’ombre d’une opportunité de luxe d’inscrire son nom parmi les vainqueurs d’étapes sur les trois Grands Tours. Et sur la DSM pour Cees Bol pour profiter du plateau de sprinteurs purs décimé.
Quid de la Alpecin Fénix et de la Jumbo-Visma ? Les belges ont perdu Tim Merlier et Mathieu van der Poel, ce qui amoidrit nettement le train de Jasper Philipsen tandis que les néerlandais ont perdu Primoz Roglic. Wout van Aert a une occasion rêvée de lever les bras, lui qui n’a pu endosser le maillot jaune ?

L’avantage pour les équipes de sprinteurs, si le filtrage est bien opéré, c’est une journée totalement couverte avec un vent défavorable. Mais il ne faudra pas laisser trop de rouleurs notamment en nombre comme au départ de Tours se faire la belle… De peur de ne pas être revu.

La météo est sans conteste un élément des plus imprévisibles. La veille, le vent invité à de possibles bordures soufflant trois quarts face à la sortie de Saint Romans.

Cette fois, le modèle Arpège semble se diriger vers un vent plus de côté et donc moins favorable aux bordures.

9.4 kilomètres de l’arrivée : le final deviendra stressant avec très probablement des tentatives de cassures au sein du peloton.

Le chemin vers le centre de Valence se fait sur des routes rectilignes…

… extrêmement exposé au vent.

5 kilomètres de l’arrivée : un enchainement de rond-points dont la droite semble la meilleure option (même si les deux en apparence se valent.

4.8 kilomètres de l’arrivée : le petit frère lui aussi à droite.

Nul besoin de paniquer quand le Boulevard Roosevelt laissera tout le loisir de se replacer.

1.5 kilomètres de l’arrivée : le boulevard Winston Churchill se retrécissera un peu en laissant tout de même la place nécessaire aux trains des sprinteurs.

Gardant la même largeur à 700 mètres.

Les trois derniers kilomètres sont les mêmes qu’en 2015, les 200 derniers mètres qu’en 2018.

300 mètres de l’arrivée : un rond-point à passer pleine balle. Ce qui contraint à virer en tête pour espérer entrevoir la victoire.

Pour débouler sur les 200 derniers mètres.

Un final qui aura offert par deux occasions des late attacks dans Valence : Zdenek Stybar en 2015 et Philippe Gilbert en 2018. Jamais bien loin du but, les deux coureurs de la Quick Step semblent montré la voie que tout est possible… Surtout dans une journée marquée par la pluie.

UN sprint incertain

Qui pour chasser ? Pu grand monde. Malgré tout le renfort potentiel de la Arkéa, de la DSM et éventuellement du Panzer pourrait soulager la DQS et favoriser un scénario classique de sprint inévitable à Valence. Mais l’étape de Tours a été une mise en garde, la mafia belge pourrait refaire surface après l’an passé où tout un groupe à tenter de redynamiter la course par le biais d’une entente nationale pour foutre le souk.

Qui dit rouleur… qui dit Lotto offensive dit Brent van Moer. Le jeune belge désormais habitué des raids en solitaire est le gros moteur du moment. Repris à seulement 300 mètres à Fougères, le Thomas de Gendt deuxième génération n’était pas loin de réitérer l’exploit d’Issoire. Une échappée victorieuse en solitaire sur le Critérium du Dauphiné après un Tour de Limbourg malchanceux.

Déjà en vue, la Bahreïn-Victorious pourrait être tenté de mettre des coureurs à l’avant. Déjà vainqueur, Mohoric est en grande forme. A la fois rouleur et très bon sprinteur, le slovène pourrait profiter du chaos autour des sprinteurs pour tirer une nouvelle fois son épingle du jeu.

Dans un scénario sprint massif, il est un coureur sous les radars qui ambitionne de profiter de l’absence des sprinteurs. Magnus Cort Nielsen pourrait se mêler au sprint du côté de la EF Education Nippo. Qui dit pluie, dit danois. On pense tout de suite à Mads Pedersen mais si la menace danoise ne venait pas d’ailleurs. Stefan Bissegger a les faveurs de nombre de personnes mais à l’instar d’un Stefan Küng ne devra-t-il pas rester auprès de son leader en cas de bordures ?

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Brent van MoerVainqueur 1250.1 %
Brent van MoerSprint intermédiaire100.1 %
Matej MohoricVainqueur 1500.05 %
Tosh van der Sande Vainqueur 3000.05 %
Harrison SweenyVainqueur 5000.05 %
Magnus Cort NielsenPodium 300.15 %

Laisser un commentaire