Etape 2 Tour de France 2021

Perros Guirec – Mûr de Bretagne Guerlédan : 183.5 kilomètres pour poursuivre l’aventure du départ en Bretagne avec 2149 mètres de dénivelé positif. Encore une journée casse-pattes dans le Finistère pour conclure le week-end d’ouverture qui aura fait la part belle aux puncheurs / grimpeurs du peloton.

La défense du maillot jaune dans la ligne de mire

La bataille pour l’échappée devrait être moins allétante qu’elle ne l’a été la veille. Les premiers maillots étaient à distribuer avec les premiers points attribués au sommet des difficultés répertoriées, de la première étape. Sans doute, faudra-t-il compter sur Ide Schelling pour aller défendre son maillot de meilleur grimpeur en allant chercher les quelques points offerts au sommet des difficultés de quatrième catégories avant le premier passage sur la ligne d’arrivée au Mûr de Bretagne. C’est-à-dire de prendre les quatre points aux sommets des côtes de Sainte Barbe, de Pordic, de Saint Brieuc et du village de Mûr de Bretagne. Voire éventuellement les deux points attribués au premier passage, mais pas nécessairement.
Nombre voudront aussi panser leurs plaies et calmer le jeu d’une nervosité ambiante. Mais c’est surtout Deceuninck Quick Step qui condamne naturellement toute réussite des échappées. Julian Alaphilippe, maillot jaune sur les épaules, trouve un final cette fois-ci entièrement cousue-main pour lui. Si la Fosse aux Loups lui était favorable. L’ “Alpe d’Huez de Bretagne”, comme les bretons aiment à la surnommer, ressemble à un terrain de jeu outrement plus avantageux. Gardien d’une victoire désormais sur le Tour, le leader emblématique du Wolfpack a déjà réussi son Tour. L’objectif d’une victoire d’étape est déjà remplie. Mais le champion du monde, que ce soit sur route que du panache, n’est pas du genre à laisser filer un maillot de leader. En démontre ses quatorze jours en jaune en 2019. Alafpolak n’a d’autres choix que d’aller chercher les bonifications. Pour d’une part, contrer le temps éventuellement pris par les leaders comme Primoz Roglic, Tadej Pogacar ou Geraint Thomas rapide en contre-la-montre et supérieur au français dans l’exercice. Mais aussi d’autre part, contrer des coureurs comme Mathieu van der Poel ou Micheal Matthews capables d’aller chercher des bonifications dans les sprints massifs. D’autant que pour le néerlandais, le bilan médical de Tim Merlier lui ouvre une porte pour les prochains sprints. Voire même un savant mélange des deux profils avec Wout van Aert capable d’aller chercher la victoire aux sprints de Pontivy et Fougères mais au contre-la-montre de Laval. Ce qui en fait potentiellement la menace numéro 1.
Cette fois-ci, les équipes capables d’accompagner la Deceunick et fournir une aide à Tim Declercq en tête du peloton sont plus restreintes. Malgré la déconvenue de Sonny Colbrelli dans la Fosse Aux Loups, la Bahraïn Victorious pourrait contribuer à la chasse. Mais c’est plutôt du côté de la Bike Exchange qu’il faut se pencher avec un spot possible pour Michael Matthews, qui ne pointe qu’à 12 secondes d’Alaphilippe. Bien que Tadej Pogacar et Primoz Roglic aient été au rendez-vous, la UEA émirates et Jumbo-Visma sont plutôt attendues dans le rôle défensif en préservant leurs effectifs. Tout comme les Ineos Grenadiers qui ne doivent être vus aux avants-postes que pour éviter que ses leaders ne soient piégés. A l’image du jour, c’est une nouvelle fois l’équipe du maillot érisé désormais teinté de jaune qui sera accompagné de l’équipe de l’insatiable Mathieu van der Poel. La Alpecin Fénix aura une nouvelle fois du pain sur la planche.

Au cours de la dernière décennie, le Mûr de Bretagne a accueilli par trois fois l’arrivée d’une étape du Tour de France.

editions
2018Dan MartinPierre LatourAlejandro Valverde
2015Alexis VuillermozDan MartinAlejandro Valverde
2011Cadel EvansAlberto ContadorAlexandre Vinokourov

Le final de la version 2021 est un savoureux mélange des deux dernières éditions avec le double passage de l’édition 2018 et le dernier passage s’abordera par la N164, sans l’élan de la Route de la Vallée. Un point commun à 2015 cette fois. C’est donc une fusion des deux derniers passages qui construit l’ensemble du circuit de la 108e édition.
Comme il y a de cela trois ans, le premier passage au sommet de Mûr de Bretagne offrera des bonifications aux trois premiers. Situé à 15.3 kilomètres de l’arrivée, toute la question est de savoir si elles auront une influence sur la course. Puisqu’en 2018, situées plus loin que la ligne d’arrivée, Geraint Thomas dans le groupe des leaders était allé les contester pour prendre deux petites secondes.

Mûr de Bretagne : 2 kilomètres à 6.9 %. dont la partie raide mesure 700 mètres à 10.3 %. Toute la spécificité réside dans la capacité d’anticipation des uns et des autres dans la montée.
La Fosse aux Loups a démontré que l’opération est tout à fait réalisable quand Primoz Roglic et Tadej Pogacar se sont isolés ensembles en contre mais n’ont réussi à collaborer. Gardant cela à l’esprit, il est aisé d’y voir une nouvelle opportunité. Si Julian Alaphilippe semblait déjà remuant en 2018, accélérant à 1.5 kilomètres de l’arrivée dès le pied des pourcentages les plus forts. C’est Dan Martin qui aura eu le dernier mot en anticipant à 1.3 kilomètres de l’arrivée. La même distance que la première attaque de Vuillermoz. Qui aura été rattrapé par un Chris Froome en chasse. Et pourtant cela n’a pas empêché le français de répondre par un contre quasi immédiat à 800 mètres de la ligne.

Très certainement si Julian Alaphilippe n’est pas à l’origine de la première banderille, qui pour prendre en compte l’organisation du groupe pour combler les mètres pris par l’offensive ? Wout van Aert est sans nul doute la clé d’un sprint réduit comparé aux années précédentes en travaillant pour son leader comme il a su le faire à Landerneau. Dès que Julian Alaphilippe a réussi à creuser un écart sur le groupe. Problème, y aura-t-il suffisamment de main d’oeuvre pour se faire ? En 2015, personne n’a voulu emmener sur un plateau Chris Froome qui était marqué à la culotte. Et il ne restait guère de coéquipier aux uns et aux autres. Ce qui devrait une nouvelle fois être le cas avec une bataille de position pour aborder le pied en tête et dont le premier passage aura forcément fait un premier écrémage.

Le sprint long, à l’image de celui de Pierre Latour en 2018, est tout à fait un autre scénario envisageable. Pour rappel, le français à l’époque avait lancé à 500 mètres pour tenter de revenir dans la roue de Dan Martin.

Montée finale de l’édition 2018 – timecode : 33:00

Montée finale de l’édition 2015 – timecode : 2:20:40

Avec un vent favorable les offensives devraient être encouragées. Ce qui exclut les sprinteurs à la Matthews, Colbrelli et Sagan ou tout du monde ne les favorisent pas. Puisqu’ils devront impérativement au delà d’avoir les cannes, suivrent les mouvements.

Vers un nouveau show alaphilippe ?

Le leader de la Jumbo Visma, Primoz Roglic, après une troisième place au sommet de la Fosse aux Loups a montré tout le talent qu’on lui connait et surtout être au rendez-vous. Bien placé à l’amorce du pied de la difficulté, juste derrière les Deceuninck Quick Step. Le slovène a profité du travail de Wout van Aert pour tenter un temps de rentrer puis de limiter la casse sur Julian Alaphilippe.
Une nouvelle fois, il n’est pas inutile de faire un parallèle avec le final de Biot lors de Paris-Nice. Où Roglic aura réglé jusqu’à Christophe Laporte dans un sprint punchy où les grimpeurs comme Guillaume Martin avait leur mot à dire. Dans la foulée du sprint de Suance, le leader de la Jumbo Visma a démontré comment il peut être dominateur dans les arrivées punchy. On pensera aisément aux arrivées au sommet disputé face à Pogacar comme Orcières Merlette mais aussi le sprint bonification du col de Marie Blanque. Mais surtout au Tour de l’Ain et au Dauphiné 2020 où il a montré être la crême de la crême. Si Julian Alaphilippe venait à anticiper, il est un des seuls coureurs à pouvoir suivre le français dans sa fameuse injection. Mais c’est surtout la possibilité du sprint long qui peut être la force du vainqueur de la Vuelta, si on a en mémoire son accélaration dans le Mur de Huy, à la Flèche Wallonne à près de 500 mètres de l’arrivée.

Je suis déjà focalisé sur demain et l’étape de Mûr-de-Bretagne qui peut s’avérer piégeuse, même si le final est un peu moins technique qu’aujourd’hui

david gaudu

Local de l’étape, David Gaudu connaît le Mûr mieux que quiconque. Connu pour ses qualités de puncheurs qu’il aura démontré dès ses premières participations à la Flèche Wallonne à son entrée chez les professionnels. Le leader de la Groupama-FDJ s’est fait progressivement un nom chez les professionnels. Troisième de Liège-Bastogne-Liège, toute la dimension du vainqueur du Tour de l’Avenir 2016 a changé depuis la Vuelta a Espana de l’an passé avec deux succès à la Covatilla et à la Farrapona. Rapide au sprint, la fibre punchy de Gaudu s’est déjà vu au Romandie 2018 quand à Romont le frenchy s’est imposé au nez et à la barbe de Rui Costa, Primoz Roglic ou même Michael Woods pour ne citer qu’eux. Ce qui place le coureur sur l’échéquier World Tour. Si Julian Alaphilippe a su transformer la naissance dde son enfant en extra boost, c’est bien le soutien du public local qui devrait laisser pousser des ailes à l’enfant du pays.

Que dire de la forme de Pierre Latour. Déjà en vue sur le championnat de France, en mettant une sacrée banderille en compagnie de Guillaume Martin à 47 kilomètres de l’arrivée. C’est-à-dire sur une course assez verrouillée à l’arrière que le coureur de la Total Energies était extrêmement actif déjà à près de 80 kilomètres de l’arrivée. La stature du coureur qui crie sur ses jambes lors des montées à évoluer jusqu’à obtenir le rôle de leader dans l’équipe il a été transféré après ses galons à la AG2R et dans son réservoir amateur à Chambéry. Rapide au sprint comme l’atteste sa troisième place à Levens. Pierre Roger de son prénom complet est à un niveau supérieur à la Vuelta 2019. Dont il était loin d’être ridicule au contraire. De bonnes augures pour prendre un place encore une fois et confirmer ce qu’on a vu de lui aux Asturies.
Et pourquoi pas à l’image de Dan Martin, respecter cet adage modifié à l’occasion : les deuxièmes seront un jour les premiers.

Une occasion rêvée pour Benoit Cosnefroy. Si celui-ci n’était pas tombé à deux reprises. Le puncheur ne français souffre de dermabrasions avec contusion dorso-lombaire et cervicale ainsi que d’une plaie au niveau du bras droit causée par un pédalier et qui a nécessité la pose d’un point de suture

Sonny Colbrelli a montré ses limites à la Fosse aux Loups alors pourquoi réussir quand on a déjà échoué dans une arrivée moins favorable. Heureusement Jack haig est en très bonne forme et trouve un terrain d’expression comme Pello Bilbao et Wout Poels.

Six coureurs à terre pour la Bora mais un Peter Sagan qui doit en profiter pour aller chercher de gros points dans une arrivées où il n’a réussi à s’immiscer sur le podium sans pour autant louper le Top 10.. Wilco Kelderman et Patrick Konrad sont préférés mais ont chuté.

Une arrivée moins bonne pour Alex Aranburu mais sera-t-il suffisamment bien placé ? Jakob Fuglsang et Alexey Lutsenko épargnés par les chutes sont préférés.

Une hanche douloureuse pour Guillaume Martin pris dans la chute de la femme à la pancarte. Et si Simon Geschke était le dark horse.

All-in Alaphilippe

Rigoberto Uran voudra faire mieux que sa quatrième place en 2011. Mais Sergio Higuita, pétrie de talent est immensément plus rapide.

David Gaudu a-t-il un boulevard au sein de l’équipe avec Valentin Madouas pris dans les chutes hier ?

Les Grenadiers doivent encore limiter la casse. Les chutes de Richie Porte et Tao Geoghegan Hart sont une sacrée épine dans le pied qui contraint les plans des Britanniques.

Loic Vliegen, Lorenzo Rota ou Georg Zimmermann pour un nouvel utopisme ?

Michael Woods ayant chuté, Dan Martin épargné. L’irlandais a la primeur et surtout l’expérience.

Le penchant va à Primoz Roglic mais Jonas Vingegaard ou Wout van Aert peuvent-ils anticiper pour pousser Alaphilippe à la faute ?

Caleb Ewan trouve un obstacle. Rendez-vous lundi donc.

Il faudra être ingénieux du côté de la Movistar pour briguer le général avec la perte de temps de Miguel Angel Lopez.

Michael Matthews ou Simon Yates plutôt du côté du britannique

Tiesj Benoot a la primeur, Soren Kragh Andersen ayant chuté

Carlos Barbero encore et toujours. Mais trop dur pour lui.

Entre Theuns et Pedersen que de malchance pour le train des sprinteurs de l’équipe. Trop compliqué pour Stuyven, il faut compter sur Kenny Elissonde, Vincenzo Nibali, Bauke Mollema et Julien Bernard.

Tout pour Tadej Pogacar qui retrouve un Marc Hirschi blessé. Sans doute l’une de ses meilleures armes pour aujourd’hui. Le slovène pourrait se retrouver bien vite seul.

Mathieu Van der Poel encore et toujours mais la question du placement qui demeure en suspens.

Montrer le maillot, point barre.

Warren Barguil pour réussir ce qu’il voulait entreprendre il y a trois ans ?

Pierre Latour pour ce panache au kilomètre ? Un final qui semble trop dur pour Anthony Turgis ou Julien Simon.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
David GauduGagnant 350.1 %
David GauduPlacé 100.15 %
Pierre LatourVainqueur 300.1 %
Pierre LatourPlacé 80.15 %
Primoz RoglicVainqueur 7.250.5 %

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