Etape 7 Tour de Suisse 2021

Un contre-la-montre de 23.2 kilomètre entre Sedrun et Andermatt composé de deux parties distinctes. Une première moitié (11.85 kilomètres) grimpant inéxorablement jusqu’à sommet de l’Oberalpass et une seconde moitié redescendant vers l’arrivéé. C’est d’ailleurs sur la première des deux moitié que le dénivelé positif total s’élève à 654 mètres. Ce qui rend l’effort individuel hors de portée des spécialistes “poids lourds” et donne une opportunité aux meilleurs grimpeurs du plateau de gagner un CLM qu’ils n’ont guère l’occasion d’aborder.

1.8 kilomètres : début des ennuis avec les premières pentes qui feront leur apparition.

Une longue ascension d’abord sur une route ne serpentant que légèrement sur le flanc des Alpes glaronaises, en longuant le Rhin.

8.2 kilomètres : début des lancets menant au sommet du col de l’Oberalp et des plus forts pourcentages de la montée.

Une pente maximale à 10.5 % sur un col culminant à 2038 mètres après une ascension de 9.6 kilomètres à 6.5 %.

Un ITT en montagne difficile à gérer avec la combinaison : altitude et changement de rythme incessant.

11.85 kilomètres vient le moment de la bascule pour 11.35 kilomètres de descente.

D’abord une portion de près de deux kilomètres en faux plat descendant (- 0.9 %) autour du lac de l’Oberalp.

Avant une portion plus prononcée et plus technique aux abords d’Andermatt.

Mieux vaut être lourd et/ou aérodynamique pour profiter d’une longue section (5.8 kilomètres au total) de descente peu technique.

Une vision panoramique des lacets en contre-bas qui donne toute la mesure la technicité de la portion.

800 mètres de l’arrivée : dernier lacet de la descente.

700 mètres : on tourne à gauche…

… pour débouler sur une rue pavée.

Et d’en sortir à 200 mètres de la ligne d’arrivée.

UN CHRONO PLUS OUVERT AVEC LE RETRAIT DE JULIAN ALAPHILIPPE

Quand on pense qu’il faut être à la fois grimpeur et bon descendeur, avec la forme affichée. Dans la lignée du contre-la-montre de Pau, Julian Alaphilippe faisait figure de favori. Mais la paternité aura eu raison de sa fin de Tour de Suisse. Ce qui n’est pas sans ouvrir la voie à la fois du podium mais aussi du gain d’étape.

C’est à logique que Richard Carapaz fait figure de favori de l’étape du jour. Pas friant des efforts solitaires, l’équatorien n’est jamais monté sur le podium d’un CLM. Mais un chrono en montagne n’est pas vraiment un effort solitaire commun. C’est un effort spécifique où peu peuvent prétendre à la victoire. Son attaque sur les pentes de Leukerbad a démontré toute sa classe lorsque la route s’élève et à quel point il est alaise lorsque la pente est positive. Des qualités qu’il a maintes fois montrées sur les trois Grands Tours, au cours des trois dernières années. Bon en descente, il ne devrait pas perdre de temps où l’on peut raisonnablement penser qu’il sera le temps de référence au sommet de l’Oberalpass.

Son principal adversaire en l’absence de Julian Alaphilippe pourrait être Jakob Fuglsang. Le danois de la Astana Premier Tech est un des grimpeurs spécialiste de la discipline. Ses skills en descente du à son passé de vttétiste pourrait lui donner un avantage sur bon nombre de ses adversaires. Le matériel de l’équipe kazahk a montré toute son efficacité sur le Dauphiné avec des coureurs sortants de stage qui auront marqué le chrono de Roche la Molière. 9e temps intermédiaire du CLM de Pau, Birdsong devrait retrouver des marques dans un CLM qui lui scie comme un gant.

Un mix des deux profils pourrait revenir à Rigoberto Uran. Le colombien ne devrait souffrir de l’altitude mais surtout ses qualités dans l’effort individuel qui devrait être mis en avant. 6e de l’intermédiaire dans la Côte d’Esquillot à Pau en 2019, le coureur de la EF Education Nippo a montré être parmi les hommes en forme sur ce Tour de Suisse. Si la forme est proche de sa superbe, alors le playboy du peloton pourrait retrouver des résultats proches de 2014 où il a excellé. Une année marquée par des chronos montagneux :

  • départ en cote punchy sur la Vuelta a Espana à Borja (étape 10)
  • départ en cote sur le Giro d’Italia à Barolo (étape 12)
  • 3e de la Cima Grappa (étape 19 du Giro d’Italia)

Toute la mesure est de trouver un prétendant sous côté. Maximilian Schachmann réussira-t-il à trouver le rythme dans une telle montée et ne pas compter trop de débours au sommet ? Domenico Pozzovivo étonnamment à son aise dans l’effort individuel peut-il réitérer ses exploits de la Cima Grappa (5e) ou de l’Alto del Moncayo (Vuelta 2013) ? Ou des coureurs en forme en ce début de saison au profil très polyvalent comme Mattia Cattaneo, Andreas Leknessund ou Neilson Powless ?

La stature d’Esteban Chaves a toujours été celle d’un grand espoir gâché. Dont le palmarès ne reflète que peu le talent du colombien de la Bike Exchange. Mais cette année 2021 semble marqué une renaissance de Chavito. A l’attaque sur les pentes de l’Ershmatt, le vainqueur du Tour de l’Avenir 2012 signe un renouveau que les afficionados ne peuvent qu’apprécier. Agressif sur le Tour de Catalogne, il aura été chercher une victoire à la manière sur les pentes de Port Ainé après s’être mis en évidence sur les pentes de Vallter 2000. Dans la même trempe que Carapaz, Chaves pourrait profiter d’un CLM rare pour les coureurs de son accabit. Il n’y a qu’à se remémorer Alpe di Siusi sur le Giro 2016 où il aura pris la 6e place pour s’en convaincre. Au vue de la performance sur les pentes d’Ershmatt où il ne cessait de creuser l’écart, la seule crainte repose sur la descente où il a envoyé quelques mauvais signaux.

Concernant la météo, les premiers partants devraient bénéficier d’un vent plus léger que les derniers.

Un vent guère favorable dans la montée venant du NNO. Mais la différence étant légère et les meilleurs grimpeurs n’étant pas dans le lot des premiers partants, l’avantage tiré d’un départ tôt ne devrait pas être pris en compte.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Rigoberto UranPodium 60.5 %
Esteban ChavesPodium 300.25 %

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