Etape 21 Giro d’Italia 2021

Un contre-la-montre de clôture pour achever cette 104e édition du Giro d’Italia et concrétiser le sacre d’Egan Bernal. Difficile de voir un retournement à la façon de 2018 où Tom Dumoulin avait repris 1’24 à Nairo Quintana comblant un retard de 53 secondes. Cette fois le vainqueur du Tour de France 2019 est un tout autre rouleur que le vainqueur du Giro 2014. Tandis que Damiano Caruso, véritablement dans l’effort individuel ne possède pas les excellentes qualités de tempo de TomDum. Sauf incident, la 1’59 semble impossible à combler.
Un chrono somme toute pour pur rouleur avec 30.3 kilomètres à parcourir dans les rues de Milan sur des routes totalement plats et un dénivelé positif risible, seulement 24 mètres. Un savoureux mélange de technicité avec de nombreuses relances et des portions de ligne droite pour exprimer toute la puissance que seuls les plus frais en bout de trois semaines pourront sublimer.

300 mètres : premier virage à négocier et première relance de la journée.

700 mètres : rebelotte

1.1 kilomètres : coinche

Ca roule, ça file

2.9 kilomètres : un rond-point qui se passe aisément sur les prolongateurs en serrant à gauche.

3.2 kilomètres : même fausse technicité apparente.

Oh shit, here we go again

3.4 kilomètres : décidément les obstacles n’en sont pas.

Une certitude : les poids-plume vont le détester.

5.7 kilomètres : “Toucher les freins, ça c’est vraiment pédé”

6.4 kilomètres : enfin une foutue relance !

A few moments later

A little longer than a few moments later

8.2 kilomètres : et même si t’es en ville et que par moment ça se rétrécit, ça roule ma boule.

9.3 kilomètres : contre-coinche

2000 years later

11.4 kilomètres : silence, ça tourne.

11.9 kilomètres : ça passe sans embuche.

Non, j’ai mal pour Romain Bardet vraiment !

13.5 kilomètres : c’est le début d’une série de cassage de rythme.

13.8 kilomètres : à gauche

14.1 kilomètres : à droite

14.3 kilomètres : à gauche

15.1 kilomètres : en haut

Ca file, Collins !

16.1 kilomètres : à tribord toute.

17 kilomètres : relance !

17.2 kilomètres : 14e relances de ce ITT.

18.2 kilomètres : moyen de ne pas être sur les freins, des petites secondes à, grapiller pour les plus kamikazes.

19.7 kilomètres : Bientôt plus de relances.

20 kilomètres : on sert sur la droite

20.1 kilomètres : Kamikaze vol.2

20.5 kilomètres : Kamikaze 2, le retour

22.4 kilomètres : pleine balle

Nairo il n’aurait vraiment pas aimé…

… des boulevards à n’en plus pouvoir.

800 mètres de la ligne : freine bon dieu !

600 mètres de la ligne : un peu moins cette fois !

400 mètres de la ligne : nous y voilà.

FIN

Vent de 7 km/h pour les premiers partants

Qui ne changera pas et restera défavorable toute la journée

filippo ganna, un maître du temps incontestable ?

Sans son coéquipier Rohan Dennis, Filippo Ganna fait figure de favori incontesté. Véritable maître en la matière après quatre titres de champion du monde de poursuite individuelle sur piste, l’italien n’a que très peu été bousculer au cours de la dernière année. Seul ce printemps avec une préparation tronquée par le Covid-19 et un entrainement accès en stage en altitude et non des compétition sur piste, l’ont sorti de sa routine. Ce qui a eu pour effet d’avoir un Pippo méconnaissable, friable et battable. Une vulnérabilité vite corrigée lors de l’étape d’ouverture avec un contre-la-montre de 8.6 kilomètres remporté à la manière. Tout comme les chronos de début de saison l’était jusqu’à ce que les ITT du Tirreno et du Romandie viennent créer des séismes dans le monde du cyclisme.
Que Filippo Ganna gagne avec autorité, ce ne serait guère surprenant. Mais peut-il consentir les efforts faits en montagne pour la protection d’Egan Bernal dans un Giro extrêmement soutenu et montagneux ? La réponse est toute aussi positive. Après tout, il convient de noter tous les efforts faits durant les deux dernières semaines depuis qu’Egan Bernal a revêti la tunique rose depuis la neuvième étape. Des efforts supplémentaires que le rouleur des Ineos Grenadiers aura fait jusque la veille sans trop en faire de plus par rapport aux autres rouleurs du peloton. Puisque le grupetto des sprinteurs/rouleurs s’est relevé au Chateau de Mesocco, dans les premiers contreforts de l’ascension de San Bernardino. Tandis que Pippo s’est relevé 5 kilomètres plus loin. Un effort de 15 minutes supplémentaires dans des pentes moyennes à 7.7 %. Loin d’être un effort titanesque supplémentaire à la veille d’un chrono mais tout autant loin d’être anecdotique avec l’accumulation des petits-plus.

Départ de Filippo Ganna : 14h08

C’est pourquoi s’il doit être battu ce ne peut être que par son compatriote : Eduardo Affini. Véritable bête à rouleur, le rouleur de la Jumbo-Visma signe un retour en fanfare après sa deuxième place lors du chrono d’ouveture. Bénéficiant d’un matériel à la pointe et surtout d’un secteur recherche et développement à la pointe chez Jumbo-Visma, le pistard de formation retrouve les traces de sa superbe en 2019.
Auteur du coup du kilomètre sans le vouloir à Vérone en passant un relai trop appuyé pour tenter de lancer Dylan Groenewegen. Affini a failli résister au retour du peloton. Le lendemain en échappée, il aura été l’artisan de la gagne de l’échappée en résistant à lui seul au retour du peloton. Un travail non conclué par George Bennett mais qui n’est pas sans démontré la force de cette bête à rouler qui n’est pas sans s’être illustré sur de telles distances dans les rangs U23. Ce qui doit-on le rappeler était il y a peu (3/4 ans). Une confirmation qui se fait attendre sur les longs distances chez les pros cependant et qui pourrait être corrigée dès aujourd’hui si la montagne ne la pas trop émoussée.

Départ d’Eduardo Afiini : 14h11

Parmi les hommes de l’homme ayant montré une belle forme, les performances de Matthias Brändle pour maîtriser les échappées et remettre les coureurs dans les rangs se sont vues en tête de peloton. Le rouleur de la Israel Start-up Nation est un spécialiste de l’effort solitaire. D’habitude si la distance ne dépasse guère la dizaine de kilomètres, l’autrichien n’est pas à mentionner. Préférant les efforts courts et intenses. Mais il est des exceptions dans son palmarès comme le chrono dans le Chianti en 2016 (40.5 kilomètres) où il avait pris la deuxième place derrière Primoz Roglic mais finit devant un monstre comme Fabian Cancellara, tout autant performant l’année de sa retraite. Il faudra se sublimer mais dans un Giro érintant, certains rouleurs ont cette fraicheur que beaucoup dans le peloton n’ont plus et force est de constater que Brändle a de l’énergie à revendre.

Départ de Matthias Brändle : 13h58

On pourrait aisément remplacer Matthias Brändle par Patrick Bevin son coéquipier qui trouve un terrain à sa mesure. Cité des noms parmi les leaders comme Joao Almeida, Daniel Felipe Martinez, Tobias Foss ou Damiano Caruso pour aller chercher une belle place et opérer une remontée éventuelle au classement général. Cité des rouleurs comme Rémi Cavagna, Matteo Sobrero, Nelson Oliveira, Jonathan Castroviejo, Michael Hepburn, Alberto Bettiol, Max Walscheid, Jan Tratnik, Maciej Bodnar, etc. Les chronos ont aussi cette intérêt de chercher des bons rouleurs du moment, qui ont affiché une belle forme. Et/ou (de préférence avec que sans) à la pointe dde la technologie au sein de l’équipe. Mais surtout qui sont sous côtés par les bookmakers. Il n’y a qu’à voir le podium de Jonas Vingegaard à 50 pour s’en convaincre, les podiums de la doublette de la Jumbo à deux chiffres ou même celui de Will Barta l’an passé pour ne pas se dédire. Evidemment la logique voudrait que le podium soit composé de Ganna/Affini/Cavagna, plus ou moins dans cet ordre. Ce qui laisse peu de place aux spéculations.
Pourtant loin d’être ridicule dans l’effort individuel, c’est Nikias Arndt qui méritera cette mention honorable. Gardien de deux places de deux au cours de ce Giro, l’allemande de la DSM n’est pas passé loin de la passe de trois l’autre jour à Stradella. Dans la forme de sa vie, Arndt est une véritable bête à rouler une fois lancée. Il n’y a qu’à voir ses chronos passés pour s’en convaincre :

  • 7e du CLM du Tour de France 2017 – étape 20 (Marseille)
  • 7e du CLM roulant du Tour d’Abu Dhabi 2018
  • 9e du long CLM du Tour de Suisse 2018
  • 9e du CLM roulant du Tour de Suisse 2019

Un gros moteur dans les rangs amateurs, capable d’éclats chez les professionnels. Avec la forme que Arndt tient, rien n’est véritablement impossible. Un pari osé mais est-ce raisonnable de se pencher sur un Pippo à 1.25 ou même un Almeida/Bettiol T3 à 3/3.5 tant le plateau est reserré ? D’autant que les surprises sont toujours présentes dans les CLM en fin de troisième semaine : victoire de Chad Haga ou Jos Van Emden devant Tom Dumoulin sur les précédentes éditions du Giro d’Italia.

Départ de Nikias Arndt : 15h07

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Eduardo AffiniVainqueur 60.25 %
Matthias BrändlePodium 370.15 %
Nikias ArndtPodium 900.1 %

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