Etape 19 Giro d’Italia 2021

Profil Étape 19 Giro d’Italia 2021: Abbiategrasso, Alpe di Mera (Valsesia)

166 kilomètres pour relier Abbiategrasso et Alpe di Mera, avec 2811 mètres de dénivelé positif et une arrivée au sommet à la fois les échappées et les leaders seront inspirés. Une étape qui comptera dans la bataille au classement général.

Avec seulement deux étapes en ligne restantes, nombre sont ceux qui tenteront d’être à l’avant. De nombreuses équipes ne jouent plus le classement général, la Trek Segrafredo avec l’abandon de Giulio Ciccone rejoint la liste des équipes contraintes à l’offensive. Mais le départ plat et rapide n’est pas sans désavantager les purs grimpeurs qui auront nettement moins de facilité à sortir du peloton.

D’autant que la première difficulté n’apparait qu’après 70 kilomètres parcourus, une distance qui ne laisse guère de marge à l’échappée pour prendre le large si le groupe n’y est pas formé avant.
13.7 kilomètres menant au sommet de l’Alpe Agogna (2.9 %) qui n’est pas le seul obstacle au succès de l’échappée. L’étape de Sega di Ala a donné quelques enseignements :

  • Simon Yates doit être offensif
  • Joao Almeida a faim de victoire
  • Egan Bernal a montré des signes de faiblesse

C’est surtout le cumul de ses trois points qui devrait motiver à la fois la Bike Exchange et la Deceuninck Quick Step à rouler derrière les échappées et ainsi condamné toute leur chance dans une étape facilement contrôlable au vue de son relief. Les australiens ont tenté le coup de vice sur l’étape de Sega di Ala mais n’ont su rattraper un Dan Martin aérien, seul rescapé de l’échappée matinale. Quant aux belges, Joao Almeida a montré tant de forme à la fois lors de ladite étape que sur l’étape de Cortina d’Ampezzo, que le portugais fait figure de favori pour l’étape du jour. A 8’45 du maglia rosa, Almeida n’est en aucun cas un danger pour le leader, ni même pour le podium. Ce qui lui offre une marge de manoeuvre assez confortable lors qu’il attaque.

Si l’étape, sans le Mottarone originellement prévu, peut se résumer à une course de cote. Le Passo della Colma (7.5 kilomètres à 6.4 %) peut être le lieu des premiers écrémages.

Suivi d’une descente technique, l’importance du placement sera primordiale pour éviter tout incident comme celui de mercredi dans la descente du Passo di San Valentino.

Mais tous les yeux seront tournés vers le juge de paix du jour : Alpe di Mera. 9.7 kilomètres à 9 %, suffisamment exigeant pour faire de belles différences et asseoir encore plus certaines positions ou même rebattre les cartes.

Une montée difficile, comparable à l’ascension de Sega di Ala, bien que légèrement moins pentue mais tout aussi régulière.

Bien que l’ascension soit grimpée par un vent défavorable, la montée sera à majorité couverte et le vent sera léger guère plus d’ 1m/s soit à peine 4 km/h.

Sur des routes étroites, il faudra être bien placés pour tenter de surprendre en attaquant et surtout ne pas subir les cassures occasionnées par ceux craquants.

Un dernier virage à 200 mètres de la ligne d’arrivée…

… pour un potentiel sprint punchy en cas d’arrivée en petit comité.

OPéRATION REMONTADA POUR SIMON YATES

Simon Yates sur le Giro d’Italia à l’instar de 2018 et globalement de toutes ses saisons, souffle le chaud et le froid. Que ce soit au Monte Zoncolan qu’à Sega di Ala, le britannique a brillé par ses offensives. Dont la dernière qui a eu raison d’Egan Bernal, permettant au coureur de la Bike Exchange de grapiller du temps dans sa tentative de renverser la 104e édition. Parmi les coureurs, Yates est sans doute le meilleur du monde dans ce type d’ascension. Originellement favori du Giro à l’ouverture après son Tour des Alpes, il pourrait aisément profiter des réminences de douleurs au dos de Bernal. D’autant que les raisons d’espérer sont grandes pour l’étape du jour. Le temps sera clément, ce qui est nécessairement à son avantage. Yates détestant le mauvais temps. Mais surtout le sommet ne contient pas de section de replat, ce qui rééquilibre un matchup Yates/Almeida en cas de sprint entre les deux hommes sans doute les plus rapides du groupe des leaders.

Seulement, il faudra se défaire d’Egan Bernal dont les raisons de la défaillance de mercredi sont encore obscures. Est-ce une forme descendante après tant d’efforts consentis jusqu’alors pour parfois des gains marginaux ? On pense ici à tous les sprints intermédiaires disputés à Remco Evenepoel. Est-ce la réapparition des douleurs au dos qui le freine désormais ? Ou est-ce simplement un jour sans comme beaucoup ont connu le lendemain d’une journée de repos ? Les questions demeurent en suspens mais avec une journée totalement érintante, il est fort à penser que la dernière question est un élément de repos à privilégier. Le colombien comme tous les autres leaders a du faire face à plus d’une heure de bataille intense pour que l’échappée se forme. Le rythme ensuite n’a guère baisser longtemps. La Bike Exchange ayant pris à son compte la chasse des fuyards. Les deux ascensions du final ont été montées tambours battants, ce qui a sollicité les organismes. Qui ont probablement eu du mal à se débloquer le lendemain d’une journée de repos. Au final, le débours concédé par Bernal de 53 secondes aurait pu être plus importants. Il n’y a qu’à constater les défaillances de Romain Bardet, Aleksandr Vlasov et Hugh Carthy pour s’en convaincre.
Daniel Felipe Martinez a eu un rôle clé dans le maintien à flot de son leader. Solide sur tous les ascensions jusqu’ici, le vainqueur du dernier Critérium du Dauphiné (2020) est l’artisan de la mise sur orbite d’Egan Bernal. Ne lâchant jamais pour la bataille de son fond de Top 10 peut espérer mieux si les trois derniers cités font une nouvelle fois preuve de méforme sur une arrivée tout aussi exigeante. Si Bernal tient jusqu’aux alentours du sommet et se sent aérien, il n’est pas impossible de voir Martinez sur l’offensive dans deux situations :

  • un duo colombien volant vers le sommet et assommant les candidats au GC la veille de l’étape de la dernière chance ;
  • en attaquant pour servir d’éléments dynamiteur et permettre une offensive d’Egan Bernal qui n’aura juste qu’à marquer ses adversaires.

Dans les deux hypothèses, la réussite de Martinez dépend de l’état de forme de son compatriote. Mais si son leader est en jambe alors Bernal pourrait lui rendre la pareille et permettre à son grégorio de luxe de remporter un assessit pas démérité. S’il est un des équipiers les plus en forme avec Alberto Bettiol et des plus aériens quand les pentes sont escarpées, c’est bien Daniel Felipe Martinez.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Simon YatesVainqueur 50.5 %
Daniel Felipe MartinezVainqueur 400.25 %
Daniel Felipe MartinezPodium 100.25 %

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