Etape 13 Giro d’Italia 2021

Près de 200 kilomètres à parcourir entre Ravenna et Verona où Carlos ne devrait théoriquement pas s’imposer dans une plate comme la main.

Avec les abandons de Caleb Ewan et de Tim Merlier, il est légitime de se demander si l’échappée peut avoir ses chances d’aller au bout. La majorité des équipes de sprinteurs étant limitées dans leur train. Qui pour chasser ?
La Bora Hansgrohe de Peter Sagan, porteur du maillot ciclamen pour 17 points sur Fernando Gaviria et Davide Cimolai. Hors l’arrivée offre 50 points au premier, 35 points au deuxième, 25 points au troisième jusqu’à la 15e place. Le lead de classement par points est en danger. L’équipe allemande serait ravis de voir laisser filer les gros points.
La Jumbo-Visma de Dylan Groenewegen, la Cofidis Solutions Crédits d’Elia Viviani, la Team Qhubeka Assos de Giacomo Nizzolo figure parmi la tête de liste des équipes pouvant collaborer à l’avant du peloton pour ramener tous les hommes dans les rangs.
La Israel Start Up Nation de Davide Cimolai et la UAE Team Emirates de Fernando Gaviria sont en renfort nécessaire tant par les qualités qu’ont montré leur sprinteur au cours des différents sprints massifs et réduits font d’eux des prétendants au maillot ciclamen à Milan. Mais aussi parce que leur leader au GC à savoir Dan Martin pour la première et Davide Formolo pour la seconde sont désormais hors jeu depuis l’étape de Montalcino.

La main d’oeuvre est donc présente pour aller ravir le probable dernier sprint massif tant des incertitudes planes autour de la 18 étape. Hors de question de laisser passer une telle occasion tant la voie sur la Corso Porta Nuova se libère avec l’abandon des deux sprinteurs s’étant imposé sur cette 104e édition.

Des bordures peuvent-elles troubler la fête ? Un vent par occasion trois quarts dos soufflera.

Sur des zones découvertes, qui pour tenter le coup ? La réponse est simple : PERSONNE. Sur des portions trop loin de l’arrivée, qui tenterait le coup alors que le parcours alterne zone urbaine et traversée de campagne. A la veille d’une étape cruciale comme celle du Monte Zoncolan, aucune équipe de leaders ne devraient vouloir tenter une telle opération. La mission principale du jour est de reposer ses éléments en vue d’une bataille entre les hommes du GC demain. Quant aux équipes de sprinteurs, les trains sur ce Giro ne sont pas les plus forts. Quel serait l’intérêt d’affaiblir voire d’anéantir un train avant le final dans les rues de Vérone. Souhaiter des bordures semble totalement utopique.
L’étape se dirige pour être d’un ennui total sur les 170 premiers kilomètres où les pro-Conti italienne habituelles prendront le large. Eolo-Kometa, la Bardiani CSF Faizane avec Umberto Marengo et la Androni Giocattoli Sidermec avec Simon Pellaud se battant aux classements de la Fuga (474 points pour le premier et 504 points pour le second) et de la Traguardo Volante (38 et 41 points). Sans doute, la Lotto Soudal cette fois ne mettra d’hommes à l’avant en misant sur Stefano Oldani au sprint.

Comme pour chaque sprint, la course s’emballera progressivement à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée. Où les équipes de leaders batailleront pour être en tête du peloton.

5.6 kilomètres de l’arrivée : premier obstacle avec un rond-point à prendre de préférence par la droite.

5 kilomètres de l’arrivée : une occasion de se replacer idéale, avec une route passant à trois voies.

4.4 kilomètres de l’arrivée : avant de passer à quatre voies.

4.2 kilomètres de l’arrivée : moment de tension avec un premier rétrécissement qui ne devrait étirer le peloton outre mesure.

Sur des boulevards tout aussi large que le peloton avancera inéxorablement vers la ligne d’arrivée.

3.4 kilomètres de l’arrivée : premier vrai moment de tension aux abords de la barrière fatidique des trois kilomètres et un peloton qui va se tendre.

Mais les occasions de remonter seront légions.

2.7 kilomètres de l’arrivée : un rond-point à passer obligatoirement par la droite, pour essayer de créer de la technicité là où il n’y en a pas selon toute vraisemblance.

Une fois de plus, le replacement est aisé pour qui subira les vagues montantes et descendantes.

900 mètres de l’arrivée : c’est ici que le placement est vital avec un pont à passer à pleine vitesse qui réduira l’espace devant. Un véritable entonoir… Un coupe gorge où les risques de chutes et de cission du peloton seront tellement accrues par la dangerosité du passage.

700 mètres de l’arrivée : peut-on parler de carrefour quand c’est sur de véritable boulevard ?

De la deux voies…

… avant de débouler à 500 mètres de la ligne d’arrivée sur un billard.

Vu des 200 mètres

Un sprint sans aucune technique dans les rues de Vérone qui devrait laisser place de la place aux trains de sprinteurs.

S’il est une étape qu’Elia Viviani a coché, c’est bel et bien l’étape de Verone qu’il a à la bouche depuis des mois. Et le natif de Isola della Scala (20 kilomètres de Verona) n’arrive pas sans pression.

C’est la chance d’une vie de gagner à la maison. En onze ans chez les professionnels, une étape du Giro d’Italia n’a jamais fini au sprint à Vérone.

https://www.cyclingnews.com/news/viviani-looks-to-raise-standard-in-giro-ditalia-homecoming-in-verona/

Un extra de motivation qui ne sera pas de trop. Mais attention vouloir briller à la maison à ses vices et ses vertus. La balance entre motivation et pression est difficile à trouver. Pour le mener à bien dans sa tâche, Fabio Sabatini et Simone Consonni devront l’emmener à la perfection. Jusqu’à présent ce dernier à fourni un travail parfait, apparaissant même plus rapide que son sprinteur. Son travail de replacement à Foligno en fut assez édifiant. Une différence assez édifiante à Catolicca où Viviani n’a pas su profiter de la position et du lancement parfait de Consonni. Un sprint où Viviani qui pourtant malgré un sprint en plusieurs temps à Novara est paru dominé par Giacomo Nizzolo avatn d’être terrasé par Caleb Ewan.

Quand on parle de poisson pilote de luxe, la patte de Juan Sébastian Molano pour Fernando Gaviria souffle le chaud et le froid. Le poisson pilote colombien à d’abord saborder son compatriote à Novara et à Catolicca avant de corriger parfaitement le tir à Termoli puis récemment à Foligno. Probablement que si Gaviria avait suivi et non fait la cassure derrière, la victoire devant Sagan était acté. Seulement, le final n’est guère technique. Les longs boulevards sont un dada pour El Misil qui apprécie les longues lignes droites où la puissance pure joue. Du moins, le El Quetzal Splendente d’antan, à l’apogée de sa vitessse. Ce qu’il n’a que peu montré au cours des différents sprints cette année.

Un autre à apprécier les sprints sur de longues lignes droites est bien Dylan Groenewegen. Le néerlandais rassure de jour en jour. Dans un final si peu technique, il ne devrait pas être à son désavantage. D’autant qu’il possède le meilleur train, sans nul doute le plus puissant avec Eduardo Affini, Tobias Foss et David Dekker. Le placement et la forme malgré le manque de rythme du à sa période de suspension sont derrière lui lorsque l’on voit sa surprenante septième place à Termoli. Dans un final qui ne lui sciait guère. Lancé dans de parfaite condition, en parfaite position, il est sans doute sur le papier, le sprinteur le plus rapide encore présent.

Souvent les sprinteurs sont des pistards confirmés, c’est le cas de Riccardo Minali qui mérite sa mention honorable. Comme Viviani, il sera le local de l’étape. Son train avec Quinten Hermans véritable artiste quand il s’agit de frotter dans le peloton et le rapide Andrea Pasqualon devrait lui ouvrir la porte dans un final où son placement cette fois ne devrait pas souffrir.

S’il est un poisson pilote qui peut profiter de l’abandon de son sprinteur, c’est bien Alexander Krieger. Parfait dans le placement, il aura été l’artificier de la victoire de Tim Merlier à Novara mais aussi de son podium. Sans doute, sa position de poisson pilote au sein de la Alpecin Fenix fait oublier à quel point Krieger peut être rapide. Il n’y a qu’à voir des sprints l’an passé comme à Paris-Chauny où il n’est battu que par Nacer Bouhanni mais devant un coureur comme Arnaud Demare. Bien que battu largement par ce dernier au luxembourg, il était au coude à coude avec un Jasper Philipsen. Cela ne l’epêchant d’accumuler les places d’honneur sur le podium. Une situation répété au Tour du Poitou Charente avec une nouvelle fois Arnaud Demare dans l’année de sa superbe et battu par Alvaro Hodeg. Une rivalité donc avec les grands noms du sprint mondial dont le belge n’a pas à rougir.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Dylan GroenewegenVainqueur 4.50.5 %
Alexander KriegerPodium 80.25 %

Pour les plus frilleux, l’assurance de la cote boostée Winamax semble ok. Avec une valeur similaire aux cotes étrangères.

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