Etape 5 Giro d’Italia 2021

177 kilomètres pour relier Modena à Cattolica pour 330 mètres de dénivelé positif. Comme un électrocardiogramme, plus c’est plat plus ça pue. L’étape en quasi ligne droite devrait être d’un ennui mortel. Une chance que les équipes de sprinteurs ne devraient pas laisser filer. Ce sont les Lotto Soudal de Caleb Ewan, les Alpenin Fénix de Tim Merlier vainqueur de la deuxième étape, les Codifis Solutions Crédits d’Elia Viviani et les Jumbo Visma de Dylan Groenewegen qui sont principalement attendus pour ramener dans les rangs les échappées matinaux. Avant de se diriger vers un sprint massif.

A près de 8 kilomètres et demi de l’arrivée, les équipes commenceront une grosse bataille de replacement pour rester en tête du peloton. A ce moment, la grande majorité des équipes à l’avant sera les équipes de leaders. Désireuse de ne pas se faire piéger par la moindre cassure avant la barrière fatidique des 3 kilomètres. Synonyme de neutralisation des temps en cas de problème.

6.9 kilomètres de l’arrivée : un carrefour giratoire qui signifie que le peloton s’étire naturellement en son passage.

6.4 kilomètres : rétrécissement en biffurquant sur la gauche de la roue.

6.1 kilomètres : ce n’est guère ici que le repositionnement pourra se faire avec un rond-point à prendre par la gauche.

Dans une longue rue serpentant, c’est à 4.8 kilomètres que les obstacles se représentent en travers de la route.

4.6 kilomètres : nouvelle occasion d’étirer le peloton avec un rond point à passer par la droite.

Avant un énième split dans un rond-point à passer par la gauche à 3.8 kilomètres du but.

3.4 kilomètres : encore et toujours un rond-point qui ne facilitent définitivement pas le remplacement.

3.2 kilomètres : le replacement ne peut se faire, il faut encore attendre.

3 kilomètres : la barrière kilométrique attendue pour les leaders est franchie, il ne leur reste plus qu’à rester alertes jusqu’à la ligne d’arrivée. Mais la question pour les sprinteurs est maintenant de se positionner devant les leaders.

Un repositionnement rendu compliqué par les ouvrages urbains.

Mais aussi par les nombreux virages comme à 2.7 kilomètres de l’arrivée.

Ou même à 2.6 kilomètres.

Voire des virages serrés comme à 2.2 kilomètres de l’arrivée.

En longuant la cote à 1.7 kilomètres de l’arrivée, la route va légèrement se rétrécir. Les coureurs tomberont sur de la une voie qui sera élargit en prennant la place des parkings.

1.2 kilomètres : un virage qui se prend sans toucher aux freins.

Pour retomber sur des routes qui ne sont pas larges lorsque l’on parle de sprint massif. Quand bien même les ouvrages amovibles en bétom sur la gauche seront enlevés et les places de parking sur la droite libérées.

Une étroitesse qui se confirme plus nettement ici.

900 mètres : dernier virage avant la ligne droite finale.

Un sprint somme toute technique où il est nécessaire d’être placé relativement tôt. Probablement à environ 5 kilomètres de l’arrivée. Pour éviter soit de rétrograder par le différents obstacles qui étire naturellement le peloton, soit d’être mal positionné aux 900 mètres et devoir faire des efforts trop tôt en vue du sprint final. Un repositionnement qui ne sera pas des plus simples dans la ligne droite finale, qui n’est pas la plus large pour un sprint massif.

Tim Merlier arrive en favori après sa victoire à Novara. Mais ce sprint ne lui scie guère. D’abord, parce que le belge a un défaut qui est celui du placement. Qui lui cause beaucoup de problèmes lors de nombreux sprints.

Mais surtout parce que le sprint du jour se fera vent de face, ce qui implique de déclencher son sprint le plus tard possible. Seulement non content d’avoir peu de visuel sur la ligne droite finale et de voir la ligne d’arrivée dans les derniers instants. Merlier est un sprint long, qui a pour habitude de déclencher son sprint tôt. Le sprinteur de la Alpecin Fénix nous fera-t-il une Ackermann ? C’est grandement possible. Dans ces conditions, le gain d’étape s’éloigne assez naturellement de meilleurs qui devra être au dessus de la meute pour s’imposer.

Un sprint qui aime le vent de face est bien Caleb Ewan. Mais l’australien a souffert du mauvais placement lors du premier sprint et globalement dans bon nombre de sprints cette saison. Ce qui lui a coûté un certain nombre de victoires alors qu’il apparaît comme le sprinteur le plus rapide du plateau. Son train à l’instar de tous les sprinteurs est déminué sur le Giro, ce qui n’est pas sans le contraindre. La question de la forme peut se poser lorsque l’on sait que l’aussie est l’un des meilleurs grimpeurs des sprinteurs purs. Lâché dans les premières difficultés de la troisième étape alors même que des sprinteurs comme Fernando Gaviria ou Elia Viviani ont accroché le wagon est relativement désappointant. Pocket Rocket vient avec l’objectif de gagner une étape sur les trois Grands Tours cette année. Il est probablement normal qu’Ewan ne soit pas à 100 %. Mais pour prétendre à la victoire du jour, il faudra être bien placé. Le coureur de la Lotto Soudal doit se resaissir.

De nombreux doutes planés autour de Dylan Groenewegen. Sa quatrième place à Novara aura montré quelques enseignements. D’abord dans les derniers mètres, le néerlandais semble encore un peu sur la retenue en évitant au maximum le contact. Mais les raisons d’être optimiste sont grandes. Comme on peut le voir à 3 kilomètres de l’arrivée, le sprint de la Jumbo Visma en jaune était en tête. Frottait jusqu”à jouer des épaules avec les coureurs de la Israel Start Up Nation pour garder la roue d’Edoardo Affini. Son train s’est ensuite mis en position avec une remontée de David Dekker. Avec de si gros rouleurs, un Groenewegen bien positionné est forcément mis sur orbite. Un candidat plus que redoutable pour la gagne.

Quand on parle de trains de leaders devant être placés avant les trois kilomètres, les DSM étaient très bien placés à Novara. Un travail dont pourrait tirer profit Max Kanter. Option privilégiée lors de l’étape de Canale. Mais les difficultés ont eu raison du sprinteur lourd. Emmené par Nikias Arndt, Kanter a un réel coup à jouer. Le très bon positionnement de son train pourrait lui être profitable. Lui qui a accroché deux podiums sur son premier Grand Tour, lors de la dernière Vuelta.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Dylan GroenewegenPodium 2 0.5 %
Dylan GroenewegenVainqueur 6.5 0.5 %
(cote boostée)
Max KanterPodium 120.25 %

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