Etape 2 Giro d’Italia 2021

179 kilomètres pour relier Stupinigi et Novara pour un cumul risible de 706 mètres de dénivelé positif. Un GC forcément resserré après un court contre-la-montre dans les rues de Turin. Une occasion franche pour les équipes de sprinteurs. Comment dans de pareilles conditions en début de Tour peut-on échapper à un sprint massif ? Avec un condensé d’étape pour sprinteurs en première semaine (2, 5, 7 et 10), le temps presse pour les hommes les plus rapides qui n’auront en deuxième et troisième semaine que l’étape 13 et 17 pour se mettre quelque chose sous la dent. Ce qui laisse à penser que bon nombre abandonneront en cours de vol.
Etonnament, la chasse ne reposera pas sur les épaules de la Deceuninck Quick Step. L’équipe belge vient sans sprinteurs sur un Grand Tour, une grande première et une marque de sa volonté de briller au classement général final. Ce sont donc sur d’autres équipes… Belges notamment qu’il faudra compter pour prendre la chasse à leur compte. La Lotto Soudal sans réel leader pour le classement général fait partie de ces équipes misant sur le sprint. Avec Caleb Ewan dans ses rangs, l’équipe pilotée par Marc Wauters à une bien belle occasion d’accrocher un premier succès sur cette 104e édition du Giro d’Italia. Appuyé sans doute par la Cofidis Solutions Crédits qui chercherait un troisième succès sur le Giro en sept participations après les victoires de Damien Monier en 2010 et Rik Verbrugge en 2006. Une équipe totalement articuliée autour de son sprinteur local à savoir Elia Viviani. C’est sans nul doute accompagné des UAE Team Emirates pour Fernando Gaviria que les fuyards seront maîtrisés.

Chaque final d’étape à son lot de tension. C’est encore plus vrai sur les premières étapes sur les Grands Tours. Où la nervosité d’un sprint à venir s’entrechoque avec la nervosité des équipes de leaders qui souhaitent ne pas subir de cassures avant la neutralisation des temps à trois kilomètres de l’arrivée. Ce sera le cas dans les marées à près de 6 bornes de l’arrivée. Bien que le peloton accélèrera naturellement par ce jeu d’une bataille de position et de nervosité palpable à une vingtaine de kilomètres du but, comme à l’accoutumé.

Les équipes y frotteront pour être dans les premiers de cordée avant l’approche du changement de direction à 4 kilomètres de l’arrivée qui devait étirer naturellement le peloton.

S’en suit 2.6 kilomètres pour mener aux abords de la périphérie de Novara.

1.4 kilomètres de l’arrivée : le placement commence à être crucial avec un rond-point à négocier en empruntant la première sortie.

Un véritable billard pour dérouler son train.

700 mètres de l’arrivée : un dernier obstacle à négocier (à prendre à droite de préférence).

200 mètres : l’endroit idéal pour lancer son sprint.

Un vent de face léger (7km/h) toute la journée dont une petite partie vent de face entre 4 kilomètres et 1.4 kilomètres de l’arrivée, pour conclure par une sprint vent de côté.

PEUT-ON ECHAPPER A UN SPRINT ?

La Deuceninck Quick Step arrive sans sprinteur, ce qui laisse deux options aux coureurs de l’équipe belge. Economiser du jus en vue des étapes à venir ou dynamiter le final.

A la flamme rouge, une succession d’ouvrage urbaine dans des rues serpentant offre une occasion parfaite de late attacks. Mais la tâche semble ardue pour s’extraire d’un peloton lancé. Les probabilités de succès d’un tel mouvement sont presque nulles. Si une attaque doit dynamiter le final, c’est donc plus loin du but. Rémi Cavagna apparaît en tête de liste pour ce genre d’opération. Mais sa marge sur Filippo Ganna lui permettra-t-il une occasion ? A seulement 18 secondes, les Ineos Grenadiers devraient veiller aux grains. D’autant que les britanniques seront forcément bien placés et lancés pour permettre à leur leader de ne pas subir de cassures et donc de pertes de temps. De plus, le TGV de Clermont ên quête de sa première victoire de la saison. Ce qui le rendait extrêmement offensif. Une victoire acquise sur le contre-la-monde de clôture du Tour de Romandie devrait l’assagire.

Toutes les équipes de sprinteurs présentent sur le Giro d’Italia par la difficulté de parcours aligne un train de sprinteurs plus faibles qu’à l’accoutumé ou parfois totalement remanier. Sur la papier Dylan Groenewegen est le sprinteur le plus rapide. Sa période de suspension à la suite de l’incident au Tour de Pologne qui a failli coûté la vie à Fabio Jakobsen semble avoir été bénéfique physiquement pour le néerlandais de la Jumbo-Visma.

Son physique sur le contre-la-montre était impressionnant. Nul doute que le multiple vainqueur d’étape sur le Tour de France a pris de la masse. La puissance qui en découle et qu’il pourrait dégager sur le sprint est sans conteste la clé de la réussite. La hiérarchie dans l’équipe est claire, Groenewegen est le sprint numéro 1.

u début, je me suis dit que c’était dommage car j’aurais eu mes chances sur le Giro. Bien sûr, j’attendais cela avec impatience, car lors de l’UAE Tour, tout s’est bien passé dans les sprints. La confiance était là. Donc c’était décevant au début, mais j’ai aussi compris Dylan. Il a tellement gagné, a tellement de crédit et a un grand statut au sein de l’équipe. Je pense qu’il est normal que je doive sacrifier mes chances pour cela. Dans le Giro, je vais surtout avoir un rôle de soutien pour Dylan. J’espère pouvoir jouer un rôle important dans le dernier kilomètre. En plus de cela, je veux acquérir de l’expérience, apprendre des choses de Dylan avant et pendant la course. J’aime la façon dont il attaque et dont il aborde certaines situations. C’est la chose la plus importante

david dekker

C’est pourquoi Tim Merlier peut profiter de la situation pour s’imposer. Comme Caleb Ewan, le belge peut par occasion comme au Tirreno-Adriatico souffrir de problème dans son placement. Heureusement, le sprint est peu technique. Ce qui lui ouvre la voie. La qualité des sprints de Pocket Rocket à laisser à désirer cette saison. Sur le papier l’autralien de la Lotto Soudal est le plus rapide derrière Groenewegen. Mais son train est apparu faible cette saison, voire effacé. La marge de manoeuvre pour Merlier est donc un peu plus grande sur un sprint en World Tour. Le train avec Alexander Krieger, Dries de Bondt, Oscar Riesebeek et Gianni Vermeersch est relativement nouveau. Comme les autres, les automatismes ne sont pas en place. Mais le belge arrive en confiance avec trois succès au compteur et des victoires autoritaires au Samyn et à la Bredene Koksijde Classic. Le gros point négatif réside dans l’absence de Jonas Rickaert, poisson pilote attitré du belge. C’est pourquoi Krieger devra très vite pallier et faire tout aussi bien que son coéquipier.

Sur le train qui se connait le mieux est celui de la Cofidis Solutions Crédits. Elia Viviani est entouré de son frère Attilio, de son poisson pilote Fabio Sabatini et du sprinteur plus polyvalent Simone Consonni. La victoire à Cholet montre que l’italien a retrouvé de sa superbe après un Tour UAE convainquant. Jamais bien loin de la mettre dans le mille. Le seul point négatif a posé pour le champion d’Europe 2019 repose sur la non compatibilité avec Consonni qui n’a pas vraiment fait ses preuves par le passé. Mais c’est sans doute sur le travail de Sabatini qui figure parmi les meilleurs poissons pilotes du monde qu’il faudra compter pour aller chercher un premier succès sur le Giro.

PRONOSTICS

coureurstype de classementcotemisebookmakers
Tim MerlierVainqueur 5 0.35 %
Elia VivianiPodium 2.85 0.65 %

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