Amstel Gold Race 2021 Preview

Après une édition 2020 annulée à cause de la crise du coronavirus, la 55e édition de la classique ardennaise d’ouverture retrouve sa place dans le calendrier World Tour. Un retour permis par le Ministre de la Santé, du bien-être et des Sports incluant l’Amstel Gold Race sous le régime des exceptions à la règle pour les compétitions sportives élites et d’obtenir la confiance des maires de Valkenburg aan de Geul, Maastricht et Eijsden-Margraten et de l’autorité régionale de sécurité du Sud de Limburg.

editiondistancenombre de difficultéSdenivele positif total
2021215.5 kilomètres382624 mètres
2019266 kilomètres353489 mètres
2018261 kilomètres363449 mètres
2017261.5 kilomètres353283 mètres
2016264 kilomètres343271 mètres
2015260.5 kilomètres343510 mètres
2014254 kilomètres343447 mètres
2013254.5 kilomètres343452 mètres

Un format différent des précédentes éditions avec un rabottage moyen de 44.5 kilomètres pour une moyenne de 790 mètres de dénivelé positif total en moins. Qui s’explique par l’obligation d’un circuit pour pouvoir contrôler plus facilement l’interdiction du public au bord des routes. Un profil somme toute valonné mais avec des collines moins sélectives que les traditionnels :

  • Kruisberg : 500 mètres à 7.9 % ;
  • Eyserboswerg : 1 kilomètre à 8 % où Julian Alaphilippe et Jakob Fuglsang s’était isolé en 2019 ;
  • Keutenberg : 1.5 kilomètres à 5.1 %.

Le parcours est composé de douze boucles de 16.9 kilomètres comprenant trois difficultés majeures : Geulhemmerberg, Bemelerberg et Cauberg. Une boucle connue pour avoir été le final introduit en 2013 jusqu’en 2016. Avec une légère variable en 2017 en empruntant par le Cauberg sur la boucle de fin en tant que dernière difficulté.

Une boucle finale de 15.9 kilomètres qui est désormais connue de tous puisqu’elle est la même depuis 2018. Exit le Cauberg en juge de paix, le Bemelerberg est une nouvelle fois l’ascension qui doit clôre la journée depuis 2017.

Le Geulhemmerberg (1.4 kilomètres à 4.6 %) dont le pied est le plus dur : 900 mètres à 6.5 % avec une pente maximale à 8.3 %. Que ce soit en 2017 comme en 2018, c’est une cote que Alejandro Valverde aime à exploiter pour faire exploser le groupe de tête.

De quoi user le peloton au fur et à mesure des passages mais vraisemblablement pas un secteur où l’attaque décisif s’y déroulera.

numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième114.5 kilomètres
Huitième97.5 kilomètres
Neuvième80.5 kilomètres
Dixième63.5 kilomètres
Onzième46.5 kilomètres
Touzième30 kilomètres
Treizième13 kilomètres

Le Bemelerberg (800 mètres à 5.3 kilomètres) qui se poursuit par un long plateau en son sommet portant la difficulté à une distance totale à 4.3 kilomètres à près de 2 %.

Une difficulté sur une route serpentante et boisée favorable aux attaques, bien que le plateau au sommet offre un terrain de chasse presque idéal à un groupe organisé.

Numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième108.5 kilomètres
Huitième91.5 kilomètres
Neuvième74.5 kilomètres
Dizième57.5 kilomètres
Onzième41 kilomètres
Douzième24 kilomètres
Treizième6 kilomètres

La Cauberg pouvant aussi être appelé le Gilberg (800 mètres à 7.5 %) était un temps la dernière difficulté de l’Amstel et là où tout se décidait. Son placement en dehors du circuit final à changer la donne.

Véritable le secteur le plus dure, son dernier passage est situé à 17.5 kilomètres de l’arrivée. Ce qui offre une opportunité lointaine mais réduit la marge des puncheurs qui peuvent voir un retour des hommes les plus rapides sur le circuit final.

numéro de passagedistance de l’arrivée
Septième105 kilomètres
Huitième85 kilomètres
Neuvième68 kilomètres
Dixième51.5 kilomètres
Onzième34.5 kilomètres
Douzième17.5 kilomètres

Mais la boucle finale offre des opportunités aux nombreux coureurs notamment aux seconds couteaux qui souffrent moins du marquage et au contraire peuvent profiter du marquage des leaders entre eux.

D’abord, la descente courte et rapide vers le Geulhemmerberg qui s’opère sur des routes étroites.

Ensuite, la descente dans les champs après ladite difficulté du Geulme où Philippe Gilbert a subi la cassure entre les deux groupes de tête en 2018 et où Daryl Impey a tenté en vain de faire la jonction avec le groupe Valverde.

Enfin, bien que presque plat, il ne faut surtout pas mésestimer les 5 derniers kilomètres. Où Mathieu van der Poel a signé un come-back dans un groupe de chasse s’entendant à la perfection. Après que Jakob Fuglsang à 3 kilomètres de l’arrivée ait rompé la bonne entente en attaquant Julian Alaphilippe. L’écart d’une minute sur le groupe Van der Poel et de 30 secondes sur Kwiatkowski et Trentin y a fondu comme neige au soleil. C’est un terrain idéal qui plus est pour une late attack à la Michael Valgren comme en 2018.

Niveau météo, le vent sera de 16.5 km/h et favorable dans le Cauberg. Ce qui y favorisera les mouvements. Mais le vent de côté plus défavorable au sommet pourrait refroidir les ardeurs des plus téméraires. Compte tenu de la météo, le secteur clé pourrait être dans le Geulme… Problème, c’est la difficulté la moins favorable à un mouvement couronné de succès. Les six derniers kilomètres sont avec un vent nettement défavorable. Ce qui tend à favoriser un scénario au sprint réduit. Il est vrai que les éditions précédentes, avec des difficultés plus dures aux abords du circuit final, ont favorisé des mouvements lointain. Sans pour autant éliminer définitivement un petit groupe au sommet du dernier passage du Bemelerberg. En circuit, les attaques décisives ont tendance à être proche du but et lorsque le plateau s’homogénéise aussi. Tant d’éléments qui tendent à favoriser les hommes les plus rapides. A moins comme en 2018, à ce qu’une équipe profite de son surnombre et du marquage des gros leaders pour tirer son épingle du jeu.

C’est pourquoi malgré des indicateurs qui montrent Wout van Aert sur la pente descendante, le belge de l’équipe Jumbo-Visma est le grand favori. D’aucuns ne peut contester que le double vice-champion du monde commence à être sur la réserve.

Mais tout le monde souhaiterait un palmarès si garni malgré une fatigue naissante. Il est à noter que nombre de fois, WVA sera apparu comme l’un des plus forts si ce n’est le plus fort. En disparaissant dans le final ou en trébuchant. C’est le cas à l’E3 Saxo Bank Classic, au Tour des Flandres et plus récemment à la Flèche Brabançonne, battu au sprint par Tom Pidcock. Seulement dans ces trois cas, le champion de Belgique de contre-la-montre était seul dans le final et a dû accumuler les efforts superflus d’un marquage de prêt et d’une stature de leader incontesté. Sur l’Amstel, WVA n’aura jamais été aussi bien entouré et profitera de l’appui des deux hommes en forme de la formation. Qui ont composé le podium final du Tour du Pays Basque ; à savoir Primoz Roglic et Jonas Vingegaard. Ces deux derniers sont des alliers de taille pour Wout van Aert qui pourra passer en posture d’homme qui attend un sprint réduit. Une position somme toute défensive. Les efforts superflus du passé doivent être fait par le slovène et le danois. Qui doit contrôle les offensives en sautant dessus. Quand WVA n’a plus qu’à suivre les roues. Une position qu’à connu le belge à Gent-Wevelgem. Sa seule victoire sur les classiques mais surtout la seule fois où il était épaulé dans le final (par Nathan Van Hooydonck). Evidemment, le leadership est partagé. Si Wout van Aert reste la carte maîtresse d’un sprint réduit dont il peut être le maître en évitant les efforts de trop vu dans le passé. Primoz Roglic et Jonas Vingegaard coche les cases de bons voire très bons coureurs dans l’exercice individuel. Ce qui en fait des candidats en cas de late attack. Profitant d’être sous les radars grâce à la stature du belge. Mais aussi d’hommes explosifs donc plus ou moins rapide au sprint dans un comité réduits de 3 à 5 coureurs. Le marquage que Wout van Aert devrait subir parmi les leaders, ce qui l’élimine assez nettement des prétendants à la gagne est la force de ces deux coéquipiers. Le mood mental de Wout van Aert prêt pour sa dernière course avant la coupure nécessaire est plutôt à une bonne place plus que la gagne coûte que coûte. Ce qui ouvre d’autant plus les possibilités des deux comparses. N’oublions pas que si les bosses du circuit ne conviennent pas totalement à Roglic, rien ne l’empêche de faire la même late attack qu’à Tre Valli Varesine. le slovène ne s’empêche jamais rien.
Le fait est que l’équipe Jumbo-Visma sera nécessairement au contrôle de la classique ardennaise d’ouverture. Au début du millénaire, l’ancien Rabobank était l’équipe locale qui faisait la fierté de tout un peuple et qui avait l’habitude de contrôler pour Michael Boogerd. Gardien de sept podiums en dix éditions entre 1998 et 2007. Une prestance sur la classique locale que l’équipe cherchera à retrouver avec ses étrangers, cette année.

Oui parmi les favoris des bookmakers, on ne peut que citer des coureurs attendus comme Julian Alaphilippe et Marc Hirschi qui seront en répétition et en peaufinage avec la Flèche Wallonne de mercredi et de Liège-Bastogne-Liège, dimanche prochain. Le placement du Cauberg si loin de l’arrivée n’est pas pour les servir. D’autant plus que le suisse des UAE émirates n’a pour l’heure pas montré grand chose sur l’Itzulia Basque Country.

Pour être honnête, je ne sais pas vraiment où j’en suis. Je me sens bien, mais si c’est assez bon pour gagner, je ne sais pas. Peut-être que je suis trop prudent, on verra dimanche à l’Amstel. 

Marc Hirschi

Vraisemblablement, un flou chez le coureur qui doit être à 100 % pour réitérer ses sprints réduits presque imbattables de la saison passée. Après un début de saison décalé, le rythme sera sans doute atteint pour Hirschi qui accumule désormais treize jours de course en deux courses d’une semaine en Espagne. La question est de savoir si cela sera suffisant ? Quand on pense qu’un Alaphilippe cumule seize jours de course depuis février et devrait être proche des 100 % pour l’objectif de son début de saison : Liège-Bastogne-Liège. Mais les deux meilleurs puncheurs du monde devront se confronter à une lutte interne. Mauri Vansevenant ayant un statut d’homme protégé chez la Deceuninck Quick Step et Matteo Trentin qui sera l’autre atout côté émiratis. Ces deux derniers étant sans doute sur un sprint réduit si plat plus rapide que les deux premiers.

Si comme dans l’esprit d’Hirschi et le mien, un groupe doit se disputer la gagne alors le surnombre est probablement la clé. La Astana Premier Tech après ses démonstration au Pays Basque arrive en tête de liste. Jakob Fuglsang arrive sur les objectifs de son début de saison. Toujours en vue sur l’Amstel, Fuglsang est tout de même réduit à éviter le sprint réduit. Bénéficiera-t-il des largesses d’un marquage ? Sans doute que non, et ce malgré un état de forme plutôt décevant et un début de saison assez effacé. Mais les Astana ont deux cartes qui se sont montrés au delà d’être ultra offensif véritablement en forme. L’enchainement des montées typiquement basque les aura mis en condition. C’est donc naturellement qu’il faut à la fois mentionner Alex Aranburu et Omar Fraile. Si ce dernier n’est pas l’option sprint, le basque est rapide en comité réduit et peut à l’instar d’un Valgren foudroyer le groupe d’une late attack victorieuse. Une position qu’Alex Aranburu peut adopter comme d’attendre un sprint réduit. Auteur de la descente qui a causé le retard de Tadej Pogacar sur Primoz Roglic lors de la dernière étape. L’avoir vu aux avants-postes à ce stade de la course malgré le rythme prouve que l’espagnol au delà d’être en excellente forme et extrêmement polyvalent. Sa victoire à Sestao potentiellement prévisible ne l’était pas dans la manière. On aurait pu attendre du basque qu’il attend un sprint réduit. Ce qui n’a pas été le cas. Le coureur est imprévisible. Il peut donc bénéficier de cette fougue en cas de final mouvementé qui le placerait en bonne position. Comme son équipe peut profiter du surnombre pour soit jouer les offensives, soit rouler pour lui et faire confiance en son sprint. Après tout si Pidcock a battu WVA pourquoi Aranburu ne le pourrait pas ? Kasper Asgreen a bien à l’usure eu Mathieu van der Poel.

En parlant de Tom Pidcock, le vainqueur de De Brabantse Pijl s’aligne en tant que figure de proue des Ineos Grenadiers. Son sprint n’est plus à démontrer après ses victoires en massif chez les amateurs mais aussi sa troisième place à Kuurne-Bruxelles-Kuurne et surtout son sprint victorieux face à WVA. Seulement, l’Amstel Gold Race avec ses routes étroites nécessite un placement toujours constant. Ce qui est le poids faible déjà vu de Pidcock sur l’Omloop Het Nieuwsblad. Le britannique peut subir les cassures et enchainer les efforts superflus. Dans un sprint plus plat qu’il y a quelques jours, la marge se réduit pour le multiple champion du monde de cyclo cross chez les amateurs. D’autant que malgré sa victoire, il semblait parfois à la rupture dans les monts de la Flèche Brabançonne. Des points qui viennent en somme noircir le tableau, de la pépite britannique qui a acquis sa première victoire World Tour et est désormais libéré d’un poids.

La liste de prétendants est grande entre hommes déjà en vue comme Greg van Avermaet, Ide Schelling, Dylan Teuns, etc ou d’homme rapide comme Daryl Impey ou Maximilian Schachmann entre autres. Mais s’il y avait un coureur à nommer, c’est sans doute le malchanceux Michael Matthews qui aura sur le mondial d’Imola montré toute sa durabilité sur les courses d’usure.

Non loin de gagner l’Amstel, il y a quelques années, l’autralien arrive vraisemblablement en forme. Dans le groupe de gagne de Gent-Wevelgem et de Milan San Remo, Bling-Bling pourrait profiter d’une équipe misant sur son sprint et d’un Smith Dion en forme le lançant si tel est le cas.

PRONOSTICS

Alex Aranburu vainqueur : 25 – 0.25 % (Winamax) / podium : 9 – 0.25 % (Winamax)

Omar Fraile vainqueur : 60 – 0.25 % (Zebet) / podium : 20 – 0.25 % (Winamax)

Primoz Roglic podium : 3 – 0.5 % (Betclic)

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