Etape 1 Paris-Nice 2021

Un an après que la nuit noire du coronavirus ne se soit abattue sur la “Course au soleil”, après un séisme planétaire, ébranlant toutes les organisations sportives mondiales. L’aube de la fin de la crise sanitaire commence à peine à pointer au bout de l’horizon. L’étape inaugurale de la 73e édition de Paris-Nice tâchera d’instiguer les fondations d’une course qui doit se finir à Nice coûte que coûte. Rien n’est moins sûr avec les récentes mesures prises, notamment de vigilance renforcée dans le département des Alpes-Maritimes. Qui pourrait se voir instaurer un confinement partiel le week-end, comme le Nord Pas-de-Calais.

Profil Etape 1 de Paris-Nice 2021 © A.S.O.

Une étape de 166 kilomètres dans les Yvelines, pour un dénivelé positif total de 1525 mètres. Une journée somme toute loin d’être insurmontable pour les sprinteurs mais avec l’ambition d’être casse-pattes. Un parcours qui se veut ambitieux :

Plusieurs portions sont exposées au vent, mais se situent plutôt loin de l’arrivée. Il faudra faire attention aux bordures, mais en principe nous devrions voir une arrivée groupée à Saint-Cyr

François Lemarchand – Organisateur de Paris-Nice
Météo à Saint-Cyr-l’Ecole au 07 mars 2021 © meteociel.fr

Seulement, le vent ne sera pas assez fort pour que des bordures aient la chance d’être entreprises avec succès.

Nous avons placé un sprint intermédiaire au sommet de la très raide côte de Châteaufort, ce qui signifie que les favoris pour le général iront certainement batailler pour les secondes de bonification.

FRANÇOIS LEMARCHAND – ORGANISATEUR DE PARIS-NICE

La question qui demeure autour du final est l’impact de la côte de Châteaufort. Permettra-t-elle un final dynamité et d’éliminer les sprinteurs en vue de l’arrivée ?

400 mètres à près de 11 %, certains leaders devraient être tentés par les bonifications. Seulement plusieurs ombres pointent au tableau pour que le final échappe à un sprint.

D’une part, les quinze kilomètres restants menant à Versailles puis à Saint-Cyr-l’Ecole se feront majoritairement avec un vent certes léger mais défavorable. Ce qui n’est pas pour inciter au baroude pour rallier l’arrivée. D’autant que les équipes de sprinteurs auront le temps de s’organiser pour mener la chasse.

D’autre part, la montée de Châteaufort se fera sur une route peu large et boisée donc protégée du vent. Les sprinteurs auront tout intérêt à se positionner en tête à son amorce pour basculer non loin des leaders qui seront partis en chasse des bonifications. Le fait que la route soit peu large leur permettant de rétrograder de façon moins brutal. C’est donc très probablement que l’étape se clora par un sprint.

Peu après la Cathédrale Saint-Louis de Versailles, les coureurs tourneront à gauche en direction de Saint-Cyr-l’Ecole. C’est précisément sur la route de Saint-Cyr que la bataille de placement sera primordiale et rude avant d’entamer un sprint en faux plat. Les deux derniers kilomètres étant à 2% pour un maximum avoisinant les 5 %.

Un sprint somme toute technique où le placement sera primordial. A la flamme rouge, les coureurs feront face à un premier rétrécissement dû au terrain plein central séparant l’Avenue de la Division Leclerc avec son tunnel.

A 500 mètres, un nouveau rétrécissement qui étirera naturellement le peloton. L’aborder dans les premiers de cordée, c’est s’assurer une très bonne place à l’arrivée.

A 400 mètres, fin de la route à une voie pour retrouver une deux voies. Le placement est extrêmement important dans l’amorce du dernier kilomètre donc puisque les coureurs en tête du peloton aborderont les 300 derniers mètres avec une avantage confortable par rapport aux coureurs qui seront placés au delà de la quinzième place du fait de l’étirement du peloton sur les 600 premiers mètres du dernier kilomètre.

Les 400 derniers sont à 3.5 %, il faudra donc avoir du punch pour ce final.

Sur ce type de finish, les meilleurs puncheurs des sprinteurs sont avantagés mais il faut aussi avoir la science du placement et le lead-out est le facteur clé. C’est en toute logique que Sam Bennett, fort de deux succès au UAE Tour, arrive avec le plein de confiance. Son train est sans l’ombre d’un doute, l’un des meilleurs notamment pour ce genre de finish. La présence d’un gros rouleur comme Remi Cavagna permet à la Deceuninck Quick Step de garder une maîtrise du peloton et éviter toute late attack dans un final où il faut envoyer du rythme. Mais que ce sont principalement les éléments Florian Sénéchal et Michael Morkov qui sont les clés de la réussite du Wolfpack. Le danois est connu pour être si ce n’est le meilleur poisson pilote du monde. Les Emirats l’ont une énième fois démontré. Il ne fait guère de doute que Bennett sera assis en tête du peloton au kilomètre. Ce qui lui donne un avantage certain quant au sprint sur des voies élargies à 400 mètres.

Je pars avec l’envie mais, sur les dernières courses, je n’avais pas mon niveau. Cela allait mieux cette semaine, je sentais que ça répondait bien. Paris-Nice est une course que j’aime bien, j’y ai eu beaucoup de réussite. Côté sensations, je me sens bien en dessous par rapport au Giro. Il faut de la patience. Sur un sprint pur, je peux m’en sortir, j’ai de très bonnes sensations pour l’explosivité. Si la course est usante, ce sera différent. 

Arnaud demare

Sur le papier, la plus grosse concurrence pour l’irlandais est du côté du frenchy de la Groupama-FDJ. Mais le champion de France marche à la confiance et à l’heure actuelle cette dernière n’est pas au beau fixe. Si le train est actuellement le même que celui de sa formidable année 2020, le fait est que dans un sprint Arnaud Demare a souvent eu pour talon d’achille son placement en perdant la roue de son poisson pilote. Une hypothèse encore plus envisageable dans un sprint si technique.

A regarder les activités Strava récentes, seule l’équipe Bahrain Victorius a semble-t-il fait le repérage du final du jour avec Gino Mader, Heinrich Haussler et Marco Haller. Un avantage pour leur sprinteur Phil Bauhaus ? Il est vrai que l’allemand est en grande forme après sa victoire à Salon de Provence et son podium à Abu Dhabi. Enfermé à Al Marjan Island, il n’a pu faire mieux qu’une 7e place mais aurait pu prétendre à mieux. Ce qui montre que le sprinteur de l’équipe avec un tel train peut bénéficier de la confiance de toute sa équipe et d’un bon placement en vue du kilomètre final.

Attention, cependant, qui dit final sur des routes plus étroites dit grosses tensions. Les risques de chutes y seront multipliées. Il n’est pas impossible d’y voir un strike qui couperait alors le peloton et favoriserait une late attack. Prime donc au meilleur train, Florian Sénéchal peut passer d’étage de la fusée bleue et blanche à plan B.

PRONOSTICS

Sam Bennett vainqueur : 2.85 – 1% (Unibet)

Phil Bauhaus podium : 8 – 0.25% (Betclic)

Florian Sénéchal gagnant/placé : 80 / 15 (Winamax)

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