Strade Bianche 2021 Preview

Plan des Strade Bianche 2021 © RCS MEDIAGROUP S.P.A.

A l’instar de Paris-Tours et ses chemins de terre dans le vouvrillon ou du Tro Bro Leon et de ses célèbres « ribinoùs », les Strade Bianche (littéralement « chemins blancs« ) arpentent les vignobles du Chianti qui n’est pas totalement inconnu tant des amateurs de vins que des plus cinéphiles grâce notamment à Hannibal Lecter. Son inscription dans le prolongement du week-end d’ouverture dans la région flamande n’a pas toujours été. Bien que son existence remonte à 1997, la course n’était qu’une cyclosportive qui ne se professionnalise que dix ans plus tard. Initialement placé en octobre, elle y avait toute sa place compte tenu du contexte des dernières années. D’une part, par ses similitudes avec la classique des feuilles mortes et d’autre part par sa géolocalisation dans le nord transalpin. Se situant dès lors dans le prolongement de l’enchainement des courses pré Tour de Lombardie :
– en Lombardie avec les Coppa et Tre Valli Vaserine,
– dans le Piemont avec la classique Milan-Turin,
– en Emilie-Romagne avec les Grands Prix.


L’édition aoûtienne de 2020 fait figure d’exception. Aux prémices de la crise sanitaire, encore d’actualité, son organisation vernale n’a pu être épargné face aux mesures de confinements généralisés en Europe et à l’arrêt mondial des activités sportives. Pour se voir déplacer à la saison chaude en ouverture d’une saison condensée à la suite du « lockdown ». Si la crise du coronavirus n’est toujours pas résolue un an plus tard et que les divers gouvernements européens ont pris des mesures de restrictions anti-Covid (huis clos, port du masque, gestes barrières, et cetera). C’est en mars que les Strade retrouvent leur agencement traditionnel pour cette quinzième édition. Malgré le fait que la province soit classé en zone rouge. Exit tout public sur la Piazza del Campo afin de répondre au mieux aux exigences des restrictions imposées à Sienne.

Profil des Strade Bianche 2021 © RCS MEDIAGROUP S.P.A.

PALMARES

Fait de chemins de terre, il n’est pas étonnant de voir les coureurs de classiques dominer les Strade Bianche. Des flandriens les plus assidus aux cyclocrossmen, tous font bonnes figures en Toscane et animent la course menant à Sienne.
Labellisée World Tour depuis 2017, la classique d’ouverture signe l’amorce d’une campagne de classiques aboutie pour tout coureur y brillant. En témoigne le triplé ardennais de Gilbert en 2011 ou même le printemps exceptionnel d’Alaphilippe et Fulgsang en 2019. Voir tout bonnement une année couronnée de succès au plus haut rang mondial ; le Pole étant sacré champion du monde en 2014, Spartacus champion Olympique par deux occasions en 2008 et 2016 ou même Alafpolak porteur du maillot jaune durant quatorze jours sur le Tour de France. Et plus récemment Wout van Aert, auteur d’une grandissime saison, glanant un Monument, un rôle d’équipier de luxe sur le Tour et deux médailles d’argent aux mondiaux.

PARCOURS

Le parcours 2021 reste inchangé à celui des deux précédentes éditions. Près de soixante-trois kilomètres de routes blanches réparties en onze secteurs sur les 184 km que jalonnent le tracé de la course. Avec un dénivelé positif total de 3073 mètres, le parcours est tout aussi exigeant physiquement que techniquement.

SECTEURS CLES

Secteur n°7 : Martino in Grania

Situé approximativement à 70 kilomètres de l’arrivée, c’est le secteur où la course se décante et où l’écrémage par l’arrière se fait. Autour des collines de la Crête de Senesi, la course y débute vraiment avec une bataille de placement en vue du prochain secteur où la course se joue à l’avant et se perd à l’arrière. Jusqu’ici, aucune édition n’y a vu d’offensives majeures pour la victoire finale à Sienne. La présence de Mathieu van der Poel changera-t-elle la donne ?

Secteur n°8 : Monte Sante Maria

Situé à pas moins de 50 kilomètres de l’arrivée, c’est le secteur qu’avait choisi Moser en 2013 pour prendre la poudre d’escampette du peloton et revenir sur l’échappée. Tandis qu’en 2018, ce sont Romain Bardet et Wout van Aert qui se sont extraits de l’échappée de favoris pour s’envoler vers une victoire promise avant d’être rejoint par Tiesj Benoot juste avant le dernier secteur et déposés dans ce dernier. En 2020, l’échappée victorieuse d’hommes costauds (Wout van Aert, Jakob Fuglsang, Alberto Bettiol, Maximilian Schachmann, Davide Formolo et Greg van Avermaet) s’est extraite du peloton pour ne plus être revue.
La course s’y décante, à chaque édition, une fois passé le Ponte del Garbo. Plus long que le secteur qui le précède, il n’est pas comme ce dernier presque totalement en montée. Long de 11.5 kilomètres, Monte Sante Marie permet de faire se dégager un gros d’hommes forts et/ou de porter les premières estocades au sein du peloton, qui n’en est plus un à la sortie dudit secteur. Il est vrai que mêlant courtes descentes parfois très raides et montées tout aussi abruptes, la sélection se fait naturellement entre techniciens, hommes encore frais et les coureurs plus mal placés. Pas moins de 3162 m à plus de 7.5 % dont 1155 à plus de 12.5 % montre l’exigence de ce secteur et son importance.
La première partie montante à la sortie d’Asciano allonge considérablement le peloton qui se scinde dans la partie descente qui s’en suit. Sa technicité est rendue d’autant plus complexe de par la nature de son revêtement. C’est pourtant dans sa dernière moitié, grimpant de manière inexorable et irrégulière durant sept kilomètres vers le hameau de Torre del Castello, que la sélection est définitivement établie.

Secteur n°9 : Monteaperti

Un secteur très court (seulement 800 mètres) mais raides avec ses 7.2% de moyenne. De par sa faible longueur, rares sont les mouvements qui s’y opère. Fuglsang y décida pourtant de s’extraire du groupe d’échappées en compagnie d’Alaphilippe sur l’édition 2019. Là où Kwiato lui en 2014 porta son attaque sur la partie asphaltée au sommet.

Secteur n°10 : Colle Pinzuto

Long de 2.4 km, il est le secteur le plus décisif des dernières années. Avec ses 500 premiers mètres d’une particulière difficulté, il offre une rampe de lancement parfaite en étant situé qu’à une petite quinzaine de kilomètres de l’arrivée.

https://veloviewer.com/segment/3530569

Stybar, Cancellera ou Kwiatkowski y ont construit leur sacre tandis qu’en 2018, Benoot s’échappa du groupe de contre pour revenir en costaud sur les deux échappées. De nombreux coureurs à l’image de Brambilla aiment à profiter des plus forts pourcentages (16.3 %) pour dynamiter les groupes trop conséquents.

Le sommet offre un terrain adéquate pour un regroupement mais tout autant pour toute équipe en surnombre désireuse de profiter du terrain pour faire travailler les autres membres du groupe de tête à l’image de Brambilla et Stybar jouant à faire rouler Cancellara en 2016.

Secteur n°11 : Le Tolfe

Un secteur court qui commence en descente mais dont la partie montante est extrêmement rude (400 m à 11.6% de moyenne et un maximum à 18%).

https://veloviewer.com/segments/8560459

En 2018 et 2020, Benoot et WVA y ont lancé leurs attaques victorieuses sur les premières rampes tandis que Cancellara y fit preuve d’une puissance monstrueuse pour revenir et déposer Greg Van Avermaet ayant attaqué dans la partie descendante.

annéeSecteur décisif pour la victoirenumero de secteurDistance de l’arrivée
2007Monte Sante Marie6 / 741
2008Colle Pinzuto7 / 79.6
2009Calle Santa Caterina1
2010Calle Santa Caterina1
2011Calle Santa Caterina1
2012Tolfe8 / 812.2
2013Monte Sante Marie5 / 850
2014Monteaperti8/ 1022
2015Colle Pinzuto9 / 1014.6
2016Colle Pinzuto9/ 1018.7
2017Colle Pinzuto9 / 1015.5
2018Tolfe11 / 1112.3
2019Monteaperti9 / 1123.3
2020Tolfe11 / 1112.4

La montée finale : Calle Santa Caterina

La Calle Santa Caterina, une montée finale terrible dont la dernière rampe (500m à 12.5% – max : 16%) menant à la Piazza del Campo. Si la montée finale ne met pas à l’arrêt les coureurs usés comme WVA qui y mis pied à terre en 2018.

Les 300 dernières mètres sont eux plus sans difficulté puisqu’en descente. Et le dernier virage dont la sortie n’est située qu’à 100 mètres de l’arrivée impose à toute arrivée en comité réduit de virer en tête. Bien que dans une large majorité, prendre le tournant à droite sur la via delle Terme, c’est s’assurer une victoire presque certaine (n’allez pas le dire à GVA ou à Fuglsang).

Arrivés en groupe, Iglynskyi et Löftvist y ont construit leur sacre sur une attaque tout en punch. Tandis que Cancellara, Gilbert et Alaphilippe ont tout deux anticipés le dernier virage à 100 mètres de la ligne d’arrivée en attaquant Ballan pour les deux premiers et Fuglsang pour le second.

L’approche du dernier virage de Cancellara face à Stybar est un parfait exemple. Son entrée se prend rapidement, ce qui oblige les coureurs à le prendre par son extérieur. En 2016, le suisse a coupé la trajectoire du tchèque qui n’a pu lui faire le déborder par sa gauche. Les 100 derniers mètres à près de -7 % redonnent une impulsion où il est quasiment impossible de doubler le coureur qui nous précède. Le triple vainqueur des Strade Bianche avec une tactique hors pair et un sens des trajectoires digne de sa maîtrise des chronos va lui fermer la porte à l’intérieur au 50m. GAME OVER

PREVISIONS METEOROLOGIQUES

Placer la course en mars, c’est espérer que la météo fasse des « Sienne ». Plus le temps est mauvais, plus le peloton a tendance à se morceler rapidement dès l’entame de Monte Sante Marie. Plus le temps est clément, plus les chances de voir un petit comité se disputer la victoire dans Sienne sont grandes ; le groupe à la sortie du secteur 8 étant un peu plus conséquent. Pinzuto ou le Tolfe ne permettant pas de faire une sélection suffisante en cas de comité plus ou moins grand.
Entre giboulées environ un tiers du mois, températures douces et mois le plus venteux, courir les Strade Bianche en mars semble être la période la plus opportune pour espérer un temps au minima humide.

Avec le passage à dix puis onze secteurs graviers, plus aucune arrivée dans Sienne n’a vu un groupe de plus de quatre coureurs se disputer la victoire. Gardons à l’esprit cependant que les récentes années ont vu un coureur arrivé en solitaire dans la citadelle de Sienne et sa fameuse montée finale. L’édition de 2020 mais aussi 2017 et 2018. Ces deux dernières qui ont pour point commun d’avoir connu des éditions pluvieuses, ce qui a rendu le revêtement non pas poussiéreux mais boueux (principalement en 2018 qui rappelait sans nul doute le passage du Giro dans les parages en 2010 lors de la désormais célèbre étape Carrara – Montalcino).

L’édition 2021 se rapprochera plutôt de celle de 2017 que celle de 2018 avec une potentielle petite pluie et un parcours humide. Exit donc la boue. Pourtant prime aux attaquants le vent sera de dos à partir de Monteaparti, ce qui n’est pas sans pimenter la course.

VERS UN ÉNIÈME DUEL FRATRICIDE

Tous les profils de coureurs peuvent s’imposer sur les Strade quand on regarde de près les Top 10 hétéroclites de chaque édition. Les hommes de classiques font tout de même la part belle en tête du classement. Un tiers du parcours est alloué aux chemins de terre. Ce qui rappelle sans conteste les sous-bois, plus le temps est infecte.
Il n’est donc pas étonnant de mentionner Mathieu van der Poel comme le favori des Strade Bianche. Quadruple champion du monde de la discipline, le néerlandais de la Alpecin Fenix est une véritable bête à rouler. Gardien dans les sous-bois d’un record de 35 victoires consécutives, MVDP est tout aussi brillant sur un VTT. Vainqueur de trois manches de coupe du monde devant le maître Schurter désormais contesté en la matière, le champion des Pays-Bas est un machine tout terrain. Son objectif olympique en VTT à Tokyo cet été n’est pas anodin. Les Strade Bianche sont très probablement la course qui lui correspond le mieux, en fin technicien qu’il est sur les chemins de campagne. Sous condition humide, les secteurs deviennent plus techniques notamment dans leurs descentes et MVDP est à n’en pas douter le plus technique des coureurs sur les surfaces non asphaltées. Coureur non moins explosif, les montées punchy du circuit ne sont pas pour le déservir. À regarder que ce soit ses Tour des Flandres, son Amstel Gold Race, ses Flèche Brabançonne ou encore son très récent Kuurne-Bruxelles-Kuurne, le parcours des Strade peut lui permettre de se montrer sous son plus beau jour. En forme à la reprise sur route après une énième saison de cross couronnée de succès, van der Poel arrive avec le plein de confiance et les jambes pour être décisif. Lui qui a dynamité KBK à pas moins de 80 kilomètres de l’arrivée. A l’image des cross ou même du Tour des Flandres 2020, tout pointe vers un duel entre les deux phénomènes qui exacerbe le monde de la pédale depuis près d’une décennie dans les sous-bois et sur route depuis deux ans environ.

Ce n’est tout aussi peu étonnant de faire de Wout van Aert, l’autre grand favori des Strade. Vainqueur en titre, le belge de la Jumbo-Visma est désormais un coureur expérimenté sur les Strade en ajoutant deux places de troisième sur les éditions 2019 et 2018. Sa reprise de la compétition sur route et ainsi de fait son manque de rythme semble être le point qui pêche en sa défaveur. Mais sur l’édition 2020, le champion de Belgique du contre-la-montre était de retour de stage en altitude. Une routine réappliquée cette année encore. Les données sont édifiantes, le belge est en jambe.

De quoi animer une nouvelle guerre fratricide entre les deux jeunes prodiges pour le plus grand plaisir des fans de vélo. Une perspective d’un duel et d’une revenge du Tour des Flandres perdu dans un sprint à deux face à son éternel rival, qui devrait indubitablement peser sur la course et la stratégie des autres équipes. WVA réussira-t-il le premier back-to-back des Strade, lui qui n’y a jamais fini hors du podium ?

UN RAINBOW GANG POUR ANIMER LE FINAL ?

Si les deux champions du monde élites de cyclo-cross sont les favoris. Le champion du monde sur route actuel, vainqueur ici-même en 2019 n’est pas en reste. Julian Alaphilippe vient conquérant sur un terrain qui lui convient. D’une part, par la nature punchy du terrain. D’autre part, par la nature du revêtement. Le français s’étant fait connaître chez les amateurs au niveau international d’abord sur les cyclo-cross (vice-champion du monde juniors, à Tabor, en 2010). La question de la forme ne se pose pas du côté du français de la Deceuninck Quick Step. A l’attaque sur le Tour de la Provence et sur l’Omloop Het Nieuwsblad, le porteur du maillot jaune quatorze jours sur le Tour de France 2019 a des fourmis dans les jambes. Porter le maillot arc-en-ciel est un extra-boost pour le puncheur qui honneur plus que bien ledit maillot, en mettant un point d’honneur a levé les bras le plus tôt possible et à la manière avec le précieux sésame sur les épaules.

Nous devons maintenir l’esprit du Wolfpack. Comment les loups travaillent-ils avec leurs proies? Ils les isolent. Nous devons essayer de  faire ça dans les mois à venir (contre Van der Poel et Van Aert).

Patrick LEfevere – RTBF

Pour se faire, il pourra être aider d’une équipe de taille, si ce n’est pas la meilleure équipe alignée pour l’édition 2021. Pourfendeuse de classiques, la DQS met les petits plats dans les grands en alignant plusieurs têtes d’affiche. Si Kasper Asgreen ou Davide Ballerini peuvent être nommés parmi des candidats potentiels, leur rôle peut se cantonner à une late attack pour le danois et un sprint en petit comité (relativement peu vu et envisageable) pour l’italien. La carte Alaphilippe étant la numéro 1. Cela dit, l’équipe peut très bien se retrouver en surnombre et jouer sur des hommes comme Joao Almeida, en forme sur le UAE Tour. Cela dit comme pas mal de leaders de Grands Tours présents, le portugais devrait s’aligner sur le Giro d’Italia. La course pourrait être vu comme un repérage avant l’étape de Montalcino. Le meilleur plan B se dirige naturellement vers un autre ancien champion du monde de cyclo-cross, en la personne de Zdenek Stybar. Le tchèque a fait de cette course son fer de lance. Inscrivant pas moins de sept Top 10 en sept participations (à vrai dire sept Top 7 dont cinq Top 4). Ce qui en fait un client redoutable et fin connaisseur du parcours. Si la chute sur l’OHN peut susciter des interrogations, les nouvelles semblent relever de la chute mineure. Ce qui est rassurant au vue de la forme affichée sur la classique de reprise.

L’heure sonne des véritables phénomènes. Si MVDP et WVA font de l’ombre à tous les autres, il est une jeune qui monte. Des lionceaux près à rugir. Tom Pidcock est de ceux-là. Le britannique de la Ineos Grenadiers, champion du monde juniors et espoirs de cyclo-cross mais aussi de VTT a un terrain qui lui scie à merveille. Dans Sante Caterina, avec son poids plume, il pourrait être un coureur capable de rivaliser plus facilement avec Julian Alaphilippe que les deux mastodontes pesant près de quinze kilos de plus. Rappelons qu’il était le plus rapide sur la rampe à 20 % du mondial de cyclo cross à Ostende, devant Mathieu van der Poel. Sa troisième place au sprint à Kuurne et son contre à l’Het Nieuwsblad laisse à penser que malgré le manque d’espérience le britannique apprend vite. Quoi de mieux qu’un homme tout terrain par une équipe dont le sponsor est une marque de 4×4 ? Derrière le Wolfpack, les Ineos Grenadiers sont l’équipe qui semblent la plus à même d’être en surnombre dans le final. Un avantage stratégique qui pourrait bénéficier au jeune néo-pro. Si à la fois Pavel Sivakov et Egan Bernal en forme peuvent prendre des repères en vue du Giro, l’expérimenté Michal Kwiatkowski peut aiguiller et accompagner au mieux l’anglais. Fort de son expérience, le polonais aurait été un candidat plus que sérieux si sa chute au Trofeo Laigueglia, il y a deux jours, était moins sérieusement.

Qui pour tirer son épingle du jeu ?

Pourtant si la victoire semble se dessiner sur les trois hommes qui s’était échappés ensemble sur le Tour des Flandres, le podium reste ouvert à pléthore de candidats. Récent vainqueur du Tour organisé par le sponsor de son équipe, Tadej Pogacar n’est pas en reste. Le terrain des Strade scie au plus jeune vainqueur du Tour depuis plus d’un siècle. Epaulé par un Davide Formolo, 2e l’an passé, le surnombre peut être à son avantage. En terrain explosive, le slovène est l’un des meilleurs du peloton. Sous les radars malgré sa stature mondiale, il peut être redoutable si mésestimé.

Si l’on parle d’hommes en forme en début de saison et qui ont marqué les éditions précédentes des Strade Bianche, Greg van Avermaet est un client dont il faut se méfier. Toujours placé en tête de peloton, le belge de la AG2R Citroën La Mondiale se fait rarement piéger. Pas étonnant de le voir figurer dans tous les groupes de tête. Seul problème, le belge semble résigner à s’extirper d’un groupe pour pouvoir gagner. A l’image de Wout van Aert l’an passé. Une problématique s’appliquant à Bauke Mollema qui semble cependant bénéficier d’une meilleure équipe. Sur la papier, le jeune prometteur Quinn Simmons s’est montré à son avantage sur la Faune Ardeche et la Drome Classic. Champion du monde espoirs à Harrogate sous une pluie battante, le coureur de la Trek Segafredo aurait sans doute préféré un temps plus exécrable pour aller briller. Là où Gianluca Brambilla lui aussi avec la patte après sa victoire à Blausasc sur le Tour des Alpes Maritimes et du Haut Var peut à la fois profiter de sa forme que de son expérience sur les Strade pour épauler ses coéquipiers. Si ce n’est profiter d’un jeu d’équipe. Sur le papier, tout semble pointer vers le néerlandais, véritable expert des courses d’un jour avantageant les puncheurs. Comme le montre son palmarès depuis 2019.

2e en 2019, Jakob Fuglsang ne peut être éliminé de la liste des candidats. Même si le danois des Astana Premier Tech semble moins mordant et dont les objectifs sont plus lointain. Là où un Tim Wellens est souvent inconstant, bien qu’en grande forme sur l’Etoile de Bessèges, le belge de la Lotto Soudal semble moins tranchant sur les récentes courses.

Si on est amené à parler des classics men, on ne peut éluder Alberto Bettiol, vainqueur du Tour des Flandres 2019 et présent dans l’échappée décisive de l’édition 2020. Pourtant à y regarder de plus près, les yeux doivent plutôt se river sur son équipier de la EF Education Nippo, Simon Carr.

En vérité l’une des plus équipes offensives sur le début des classiques est la Qhubeka Assos qui aligne deux hommes qui auront fait, il y a deux jours la reconnaissance du parcours. D’un part, Simon Clarke qui apprécie plus que tous la classique de Toscane. Natif en Australie sur des routes gravillonneuses, le puncheur peut afficher une certaine confiance depuis sa récente 5e place dans le sud de la France. Même si son coéquipier Michael Gogl aura montré plus de gagne à l’Het Nieuwsblad. L’autrichien offensif a tout pour du coureur au tempérament dynamiteur dans un final tactique où il faut placer la bonne attaque.

D’ordinaire, la Bora Hansgrohe aurait mérité une place plus haute dans la hiérarchie sur une classique. Mais sans doute que l’absence de Peter Sagan dû au Covid-19 y est pour beaucoup. Emmanuel Buchmann n’étant pas suffisamment convainquant sur le UAE Tour en plus de manquer d’explosivité, une caractéristique indispensable pour s’imposer sur les Strade. A moins de tenter le raid solitaire, ce qui semble très incertain pour l’allemand. Patrick Konrad cependant a ce punch que le leader de Grands Tours n’a pas. Cela dit si le Tour de Provence pouvait augurer le meilleur, l’autrichien a été tout aussi invisible au Moyen Orient. Sans doute, les yeux doivent-ils se river vers la performance de son vététiste mais un Top 10 serait déjà formidable.

AVIS

Difficile de dégager une hiérarchie claire entre les trois grands noms du moment. Les deux phénomènes sont indubitablement les hommes à battre mais le français Julian Alaphilippe n’est pas en reste. Sans doute pour ce dernier vaut-il mieux attendre une cote boostée des bookmakers français. C’est donc à la prime du meilleur puncheur des deux champions du monde de cyclo-cross qui départagera mon choix dans une course où WVA est contraint de réitérer le même scénario que l’an passé. Et où on a vu que même un puncheur comme Alejandro Valverde peut flancher dans Sante Caterina comme en 2016 lors que Kwiatkowski et GVA l’ont déposé, ce qui n’assure pas nécessairement Alaphilippe d’un sacre certain en cas d’arrivée groupée au pied de la dernière rampe finale.

PRONOSTICS

Mathieu van der Poel gagnant : 5 – 0.5 % (Unibet)

Tom Pidcock podium : 4 – 0.5 % (Betclic)

Zdenek Stybar podium : 9 – 0.25 % (Winamax)

Michael Gogl podium : 31 – 0.25 % (Unibet)

AJOUT 06 MARS 2021 – 11 H 10 :

Julian Alaphilippe podium : 2.75 – 0.5% (cote boostée Winamax)



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