Etoile de Bessèges – Etape 3 Preview

Le Grand Prix de Bessèges, 154.81 kilomètres pour 3053 mètres de dénivelé positif dans une étape sans cesse remodelée mais traditionnelle de l’Etoile de Bessèges, autour de la ville éponyme.

Une étape qui fait table rase du passé en abandonnant l’ouverture de course familière par le col de Trélis, qui se sera emprunté que par un versant raboté.

Pour les plus curieux, vous pouvez avoir un aperçu global du parcours du jour via l’activité Strava suivante : https://www.strava.com/activities/4722592879#2791719859539944522

Une question demeure à la bouche de tous : comment le peloton montera le Tarabias ? Une ascension de 7.6 kilomètres à 4.3% qui ne promet pas une échappée matinale formée dès le kilomètre 0 comme ce fut le cas la veille. Pour rappel, l’étape de Bessèges a pour habitude de fournir un départ musclé. Ce qui n’a pas été le cas l’an passé avec un temps clément (beau temps et peu de vent). Mais à tempérer avec les deux premières étapes qui avaient été marquées par les bordures à Bellegarde et un final à Poulx sous l’impulsion des CCC. Mais un départ musclé n’implique pas nécessairement la victoire d’un coureur comme Lilian Calmejane en 2017 ou de Sylvain Chavanel en 2016 puisque malgré un profil plus favorable aux sprinteurs en 2019, Marc Sarreau s’était imposé à Bessèges.

D’autant que le Col de Portes avec ses 6.6 kilomètres à 3.8% offre un terrain de jeu idéal pour toute équipe désireuse de faire sauter les sprinteurs les moins aériens.
Avec deux longs morceaux, en l’espace de 30 kilomètres, le départ pourrait être explosif. Evidemment, les velléités des équipes les plus audacieuses pourraient être réduites à néant par les équipes de sprinteurs comme les Arkéa Samsic qui ont tout intérêt à ce que l’étape se conclut par un sprint. L’étape de samedi taillé pour baroudeur comme celle de mercredi n’est en rien une garantie pour Nacer Bouhanni, encore moins celle de dimanche avec une épreuve chronométrée qui devrait être selon toute logique remportée par Filippo Ganna. A l’inverse, les Cofidis Solutions Crédits grâce aux aptitudes de Christophe Laporte a passé les difficultés ont tout intérêt à laisser les choses faire. Afin d’éliminer le plus de sprinteurs possibles et récolter des bonifications plus facilement.

Le Col de Trélis (2.4 kilomètres à 6.4%) est sans doute, malgré son rabotage, la difficulté du point de non-retour. Si le peloton a décidé de lâcher les sprinteurs définitivement.

D’autant que la zone est totalement boisée. Un désavantage pour les sprinteurs dans une montée à bloc.

D’autant qu’il sera suivi manu militari par le Col des Brousses dont le sommet est situé au bout de 54 kilomètres de course.
Un enchainement de difficultés qui devrait encourager à une résurgence d’un départ chaotique du côté de Bessèges et mettre à mal les plans des sprinteurs.

Mais dans l’ombre se cache la lumière. Les 100 kilomètres restants sont nettement moins ponctués de difficultés.

Avec le Col de Tharaux qui n’aura que peu d’impacts de par son placement…

… ou même la cote de Linde qui relève de l’anecdotique.

Gare toute de même à ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Si le départ pourrait signer un répit pour les hommes les plus rapides du peloton.

La cote de la route d’Aubenas, située à 26 kilomètres de l’arrivée pourrait voir une certaine nervosité ambiante s’installer.

Peu probable d’y voir des offensives, la route s’apparentant plutôt à un long faux plat (3.5 kilomètres à 3,5%). Mais un secteur à ne pas sous-estimer. L’année précédente, le peloton comptait 3’22” de retard en son pied. Sous l’impulsion des NTT Pro Cycling, l’écart a fondu drastiquement pour atteindre les 2’25” au sommet.

S’en suit la dernière difficulté du jour et la dernière occasion de faire passer par la fenêtre les sprinteurs. Avant d’y arriver et de virer sur la gauche, le peloton doit légèrement descendre. Sans difficultés techniques hormis un rond point très proche du sommet du faux plat. En 2020, les autres équipes avaient commencé à remonter afin de se placer et une chute avait eu lieu.

Le dernier kilomètre du Col du Grand Chataigner, véritablement propices aux mouvements, réunit tous les ingrédients pour animer le final de l’étape.
Des pourcentages favorables aux hommes explosifs, une route étroite avec une visibilité limitée et rendue difficile par le secteur boisé qui l’entoure. Un sommet situé à 16 kilomètres de l’arrivée mais avec pour désavantage d’être une section presque entièrement plate. A l’entrée dudit dernier kilomètre, Zimmermann et de Bondt ne comptait guère plus de deux minutes sur un peloton qui semblait temporiser. Jusqu’à ce que Simon Clarke ne décide de remettre en route à l’amorce de la descente. Dès lors, l’écart n’était plus que de 1’42”. Là où en 2019, le peloton n’était qu’à 21″ des échappées. Le constat des deux dernières années est simple, le peloton a été peu secoué au cours de cette courte ascension ; uniquement par des attaques de coureurs en Pro Continental.

Le circuit final de 9 kilomètres est sans grande difficulté et devrait sacré un homme rapide comme il l’a fait maintes fois par le passé.

Attention aux pièges cependant. Avant les 3 derniers kilomètres, la situation devrait se tendre dans le peloton avant d’aborder un virage en épingle à cheveux.

Sous la flamme rouge, les coureurs prendront un embranchement. Qui nécessairement, à l’instar du rond-point de la veille va tendre le peloton et augmenter la tension au sein de celui-ci. Chaque train voulant aborder ce rétrécissement en tête.

Le reste du sprint est une affaire de train, de poisson pilote déposant au bon endroit et de puissance pure.

Les ingrédients de la victoire

  • Avoir un “leadout” pour être positionné parfaitement dans le dernier kilomètre.
  • Ne pas avoir chuté lourdement au cours des deux premières étapes.
  • Avoir des compétences lorsque la route s’élève pour encaisser un départ rythmé.
  • Avoir une bonne pointe de vitesse pour s’imposer dans une ligne droite finale sans l’ombre d’une difficulté.

Un trouble fête peut-il s’inviter à la table des sprinteurs ?

Compte tenu de l’étape de la veille, les équipes de sprinteurs ne devraient pas vouloir laisser filer pareille occasion. D’autant que l’édition précédente a démontré qu’avec une organisation millimétrée. 3’30” d’avance pour les échappées à 20 kilomètres de l’arrivée n’est pas un gage si les équipes de sprinteurs marchent de concert pour annihiler les chances des plus courageux. D’autant que si le placement du Col du Grand Châtaignier est propice à une attaque alaphilipesque, l’entreprise semble compliquée tant on a vu l’année dernière les écarts fondre tant du côté du peloton que du côté des poursuivants lâchaient dans ladite difficulté alors que Zimmermann et de Bondt collaboraient sans discuter. La partie finale est extrêmement favorable à un groupe de chasse. Surtout avec des conditions climatiques clémentes. L’hypothèse d’un départ musclé est présente mais maintenir la cadence sur les 150 kilomètres de course est peu probable. La refonte du parcours l’année passée favorise un sprint plus que les offensives. C’est naturellement que Giacomo Nizzolo se présente en favori, en l’absence de bonnes sensations pour Pascal Ackermann et d’un Mads Pedersen s’étant fait une frayeur en faisant un joli gauche/droite de la route pour se cogner les mains contre les barricades opposées. L’italien de la Qhubeka Asso est apparu à son avantage au cours des deux dernières étapes. La victoire lui échappe de peu hier ayant été obligé par la chute de lancer son sprint trop tôt en étant lâcher aux 300 mètres. Le train de son équipe n’est, certes sur le papier, pas le meilleur. Mais à pour l’heure toujours réussi à placer le champion d’Europe dans de bonnes conditions. L’avantage est que le champion d’Italie dispose de Simon Clarke dans ses rangs, artificié de la chasse sur le circuit final pour Cort Nielsen qui a réglé le sprint du peloton l’an passé. Sa connaissance du final devrait permettre à son sprinteur d’aborder le final dans les meilleures conditions.

Et si on devait parier ?

 Giacomo Nizzolo
Une régularité sur l’Etoile pour une victoire à 8 pour un podium à 2.75 en each way
 Marc Sarreau
Deux victoires à Bessèges dont une en 2019. Un Sarreau avec une équipe AG2R capable de dynamiter le final comme d’emmener le sprinteur qui semble s’être remis mentalement de sa chute en Pologne. Un podium à 7 pour un pistard qui sait frotter.
 Gerben Thijssen
Sans véritable explication entre sprinteurs, on prend les mêmes et on recommence. Le belge à 11 en podium qui garde la confiance et Degenkolb pour l’emmener.
Gerben Thijssen > Christophe Laporte
2.97

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