Etoile de Bessèges – Etape 1 Preview

Le Grand Prix de Bellegarde, 143.55 kilomètres pour 803 mètres de dénivelé positif avec une arrivée désormais connu au sommet de la Route de la Tour. Qui pour succéder à Alexys Brunel dans une arrivée taillée pour les puncheurs ?

Une étape copier-coller de la 50e édition, à ceci près que la Côte de la Tour ne sera pas grimpée à moins de 10 kilomètres de l’arrivée. Ce qui devrait nettement moins dynamiter le final.

Toute la question est de savoir, si le peloton profitera comme l’année passée des zones découvertes avant Arlès…

… ou après pour créer des bordures et piéger des leaders à l’instar d’Alberto Bettiol, l’an passé.

Avec un vent de face menant à Bellegarde et de côté en direction de Beaucaire, la partie semble courue d’avance. Les risques de bordures sont amoindries fortement, d’autant que le vent ne devrait pas être assez puissant.

Sans surprise avec un plateau si relevé, l’arrivée dans Bellegarde devrait voir un vainqueur au sein du peloton et non d’un groupe réduit. Voici donc deux manières de se faire une idée de l’arrivée. D’abord, avec Street View qui permet de juger d’une part de l’étroitesse de la route et ensuite du type d’arrivée punchy que la Cote de la Tour offre.

Ensuite, grâce au replay de l’édition précédente où Cosnefroy 2e de l’étape avait montré toute sa classe de puncheur. Vous pouvez voir les trois montées du live aux timecodes suivants : 44:36 ; 1:36:09 et 1:48:24. La montée la plus révélatrice et qui se rapprochera sans doute plus de l’arrivée de cette 51e édition devrait être la deuxième. En considérant que le plateau est plus relevé, les équipes World Tour devraient pouvoir contrôler plus facilement les late attackers. Exit donc les coups à la Brunel. De plus, les voitures comme celle de la gendarmerie sur la dernière montée ne devraient cette fois pas gêner les coureurs au sommet de la Cote avant le replat de 200 mètres menant à l’arrivée.

De prime abord, le dernier kilomètre peut laisser des chances aux sprinteurs.

D’autant que la section la plus pentue lorsque les coureurs tournent à droite n’est guère plus longue que 300 mètres. Ce qui peut permettre aux plus aériens des sprinteurs de passer.

Cependant, la route est peu large. Ce qui contraint nécessairement tout prétendant à la victoire à être placé en tête du peloton pour aborder la Route de la Tour dans les premiers et ne pas être piégé.

Les ingrédients de la victoire

  • Avoir un “leadout” pour être positionné avant la sortie de la D38 dans les dix premiers du peloton. La route de Beaucaire à l’entrée de Bellegarde n’offrant que peu d’espace.
  • Avoir un bon punch pour distancer les sprinteurs s’étant accrochés et profiter de son explosivité au sommet de la Route de la Tour afin de pouvoir en remettre une.
  • Avoir une bonne pointe de vitesse pour ne pas s’écraser comme Alexys Brunel qui avait failli de peu se faire rattraper par un Benoit Cosnefroy aux trois relances sur le sommet.

Le Pole position ?

A la réunion de ces trois critères, le nom de Michal Kwiatkowski vient tout de suite à l’esprit. Outre, la prééminence de sa forme passée en début de saison. Ce type d’arrivée lui va comme un gant. Sans doute mieux que le très mentionné Felix Großschartner qui s’était imposé dans une arrivée similaire à Mirador del Castillo. Cependant, la cote était plus longue. La Cote de la Tour semble trop juste pour que l’autrichien puisse faire parler son explosivité comme il a su le démontrer à Suances ou même à Sabiñanigo sur la dernière Vuelta a Espana. D’autant que les derniers mètres ne plaident pas totalement en sa faveur. Contrairement au coureur de la Ineos qui pourrait qui plus est bénéficier d’un train de taille pour être placé idéalement et aborder la Route de la Tour en tête. Il n’y a qu’à se remémorer le travail de Filippo Ganna à Matera pour permettre à ses coéquipiers d’aborder la dernière difficulté en tête. Que ce soit Salvatore Puccio, Owain Doull ou même Ethan Hayter, les Ineos Grenadier dispose d’une armada pour étirer le peloton et placer leurs leaders sur orbite.
Mais s’il est un autre homme fort, pour qui le placement n’a pas de secret, Tim Wellens est un candidat tout désigné dans une arrivée à la Cosnefroy. Sur ce type de final, le belge de la Lotto Soudal est l’un des plus forts du monde. Tranchant vent de face sur les pentes de la Route des Crêtes sur le GP La Marseillaise, Wellens peut profiter d’un train royal emmené par Philippe Gilbert qui en vieux bricard le mettra dans des conditions idéales. D’autant que si l’éternel ami de Thomas de Gendt est en grande forme, son coéquipier Andreas Kron n’est pas en reste et s’est montré très en vue dans le final dimanche dernier que ce soit dans la Route des crêtes que dans le Col de la Gineste où il avait pour consigne de dynamiter le peloton. Un élément trouble-fête qui en rentrant dans les rangs pourrait être un renfort de taille pour Wellens qui vise la victoire au GC.

Et si on devait parier ?

 Michal Kwiatkowski
Un leadership à reprendre aux Jumbo-Visma en reprenant les bonnes vieilles habitudes ? Les Ineos Grenadier ne viennent pas pour faire de la figuration. Kwiatkowski, l’homme qui avait anticipé l’attaque de Julian Alaphilippe dans la Galisterna a les cartes en main pour briller comme il sait si bien le faire quand il n’est pas muet en gregario. Une victoire à 21 pour un podium à 6.
 Tim Wellens
Les débuts de saison signent l’inconnu autour de la forme des uns et des autres. Ce qui n’est pas le cas du belge qui a été vu, il y a 3 jours à son avantage dans le sud de la France. Une victoire à 12 et un podium à 5 en Belgique, que demander de plus ?
 G. Thomas > E. Bernal
Un gallois prétendant à la victoire du Général de Bessèges face à son coéquipier qui signe son retour à la compétition après son abandon au Tour de France dû à des douleurs au dos. Quid de la place du colombien qui pourrait endosser le rôle de fer de lance du vainqueur du Tour 2018. A 2, le coinflip semble profitable.

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