Etoile de Bessèges 2021 Preview

Plan Etoile de Bessèges – Tour du Gard

Exit les courses espagnoles du mois de février, la France commence à ressembler de plus en plus à un Eldorado pour les équipes du peloton professionnel. Avec vingt-deux équipes invitées soit deux équipes de plus que l’édition 2020 et une obligation d’atteindre un maximum de 50% d’équipes World Tour, ce qui a contraint les organisateur de refuser la présence d’équipes comme la Deceuninck Quick Step, Astana, UEA Team Emirates ou la Movistar. Le plateau de l’Etoile est le plus relevé de l’histoire de la course.

Une édition qui favorise un rouleur ?

Une étape autour de Bellegarde remasterisée par rapport à l’année dernière mais dont l’arrivée au sommet de la Route de la Tour est conservée.

La Calmette devrait bien porter son nom, tant l’arrivée ne comporte guère de difficultés pour les sprinteurs, sauf si bien sûr le vent vient jouer des tours au peloton.

Il est coutume que l’étape 3 se déroule autour de Bessèges et que celle-ci se termine par un sprint. Bis repetita en 2021 ou comme l’année dernière les sprinteurs seront trompés par de vaillants téméraires.

Nouvelle occasion pour les puncheurs de récolter du temps dans une arrivée taillée pour eux et d’ajouter le crédit de bonifications qui seront les bienvenus avant le contre-la-montre individuel de clôture.

Traditionnel effort solitaire avec une majeure section plate et une arrivée explosive qui favorise les rouleurs aux bonnes aptitudes quand la route s’élève.

Filippo Ganna, un favori indiscutable ?

Avec deux arrivées cousues main pour les puncheurs, deux arrivées massives et un contre-la-montre individuel, l’italien se place en grand favori de l’épreuve tant il domine la discipline de l’effort individuel avec autorité. La grande interrogation demeure sur sa capacité a comblé l’écart qu’il devrait accumuler sur les étapes de Bellegarde et Saint Siffret. Organisés à la fin février, les championnats du monde sur piste ont par le passé influencés la forme précoce de Pippo, qui s’est montré en 2020 et 2018 à son avantage, en Argentine, sur le Tour de San Juan. Compte tenu de l’importance prédominance du CLM de dimanche, le champion du monde de la discipline est en position favorable pour aller chercher la victoire finale.
A ceci près que le recordman du monde de la poursuite individuelle n’a contrairement à la saison passée pas pu bénéficier d’une préparation sur piste fin octobre / début novembre. D’une part à cause du Covid-19 qui l’a contraint à rester à l’isolement et d’ainsi fait manquer les championnats d’Europe. Et quand bien même d’autre part par les restrictions imposées à cause du coronavirus qui a noirci les compétitions en la matière qui n’ont pu lieu depuis mi-décembre. Dès lors, quid de la préparation de Ganna qui a dû changer ses plans à de nombreuses reprises. Devant reprendre tantôt à San Juan, tantôt à Valence ; deux épreuves annulées coup sur coup.

Son activité Strava depuis le 9 décembre aux Canaries ne désemplie pas et montre que l’italien a fait un sacré bloc. En allant prendre des petits KOM par ci, par là.
Cela étant dit que ce soit avec Geraint Thomas que Michal Kwiatkowski, les Ineos Grenadier ont définitivement l’équipe type pour peser sur la course et aller chercher le Classement Général final si Pippo n’était pas écrasant d’entrée. Pour le britannique, la tendance est à des reprises plutôt timorées et un bloc plus convaincant en mai/juin, à un mois et demi du Tour de France. Le voir performer tôt par le passé impliquait soit une campagne de classiques flandriennes, soit une participation au Giro d’Italia. Là où le polonais est un adepte de la position de leader sur Paris-Nice qui lui scie comme un gant ou sur le Tour d’Algarve. Le champion du monde 2014 est un véritable gros moteur sur les efforts individuels, un pourfendeur des classiques ardennaises, loin d’avoir une pointe de vitesse ridicule. En somme, le Pole coche toutes les cases pour aller chercher des bonifications un peu partout et être un prétendant sérieux au GC de l’Etoile de Bessèges.

Et si on devait parier ?

 Michael Kwiatkowski
Avec l’armada envoyée, il est nécessaire de placer un Ineos Grenadier dans les prétendants à la victoire finale. Le Pole apparaît comme un choix logique avec une prétention au podium en ayant l’ascendant sur son coéquipier Pippo Ganna sur les quatre premières étapes et de belles aptitudes en ITT. Dès lors, sa cote à 15 en E/W revient à une cote 4.5 en podium. D’autant qu’avoir deux Ineos sur le podium n’est pas à exclure.
 Filippo Ganna
Très en vue par le passé à San Juan notamment sur les arrivées au sommet roulante de l’Alto Colorado. Le bloc hivernal semble suffisamment convainquant pour penser que Pippo aura les jambes dès la reprise. Mais à 2.5, c’est la gagne ou rien. La marge de manœuvre est faible d’un point de vue stratégique si on se laisse tenter par ce pari qu’il vaudrait peut être mieux éviter.
 Benjamin Thomas
Un autre spécialiste de l’effort individuel comme Ganna issu de la piste, multiple champion du monde de l’omnium. Un temps annoncé comme fer de lance de la Groupama-FDJ sur l’étape d’ouverture l’an passé. Le travail opéré durant les bordures aura eu raison de ses prétentions pour la victoire d’étape. Un podium à 5 par le jeu du each way, tout à fait envisageable si à l’aube de la dernière étape il n’a pas perdu trop de temps sur des puncheurs bons rouleurs. La forme à Marseille était plus que bonne.

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