Etape 15 La Vuelta a España 2020 Preview

Plus étape de la 75e édition du Tour d’Espagne, l’étape du jour semble sourire une nouvelle fois aux échappées, mais pourquoi ?

230 kilomètres à parcourir, on pourrait presque comparer l’étape à une classique avec 4403 mètres de dénivelé positif. Une journée totalement usante rendue d’autant plus compliquée par les conditions climatiques dantesques.

Guère plus de 10 degrés, une pluie omniprésente, un vent fort et de face toute la journée… Une journée pour un danois ? Sans doute que Soren Kragh Andersen et Mads Pedersen aurait apprécié cette étape.

Les 48 premiers kilomètres promettent une énième bataille longue et âpre pour prendre l’échappée où les puissants comme Rémi Cavagna tenteront de faire la différence. Une différence compliquée à faire si une équipe n’est pas représentée à l’avant comme sur l’étape de la veille. Une différence d’autant plus complexe avec le vent de face.

La décision de laisser partir la bonne échappée devrait probablement se faire dans les quasi 22 kilomètres séparant Frieila et le sommet de l’alto de Carcedo, deuxième difficulté répertoriée du jour. Au vue de l’opportunité, le groupe pourrait être conséquent et assez hétérogène au niveau des profils le composant.

L’échappée formée, une fois de plus rares sont les équipes qui mèneront la chasse. Hormis, la Deceuninck Quick Step peu de noms peuvent être dégagés. Mais cela implique de ne pas être représenté à l’avant pour l’équipe belge et de miser sur Sam Bennett. Un pari risqué dans une journée si complexe, qu’il est plus profitable de mettre des hommes à l’avant. L’hypothèse d’une équipe chassant repose donc encore sur une équipe non représentée à l’avant mais à l’image d’hier, il sera compliqué d’aller chercher un groupe de costauds ayant pris la poudre d’escampette.

La sélection dans le groupe et le rythme dans l’échappée ne devrait s’intensifier que dans la dernière difficulté à l’alto de Paterne dont le pied est situé à 31 kilomètres de l’arrivée.

La question que l’on aurait pu se poser en regardant le profil est de savoir si un coureur pourrait profiter de la descente qui s’en suit pour couvrir les 18 kilomètres restants.

Cependant au delà d’être une technicité nulle, la descente offre des boulevards où il est impossible de faire des différences. Exception faite entre hommes encore frais et hommes cuits.

Un final pour costauds, un final promis sans doute à un comité réduit, un final se courant comme une classique. Toute pointe vers une journée qui devrait profiter à un vieux briscard. Un coureur d’expérience qui saura être à la fois rapide mais aussi malin en courant à l’énergie.

Comment de ce fait ne pas pointer le doigt sur Luis León SÁNCHEZ ? Puni et mis à la planche en ayant loupé la bonne à Ourense, les coureurs d’Astana n’ont eu que peu de soutien. Le mot au briefing devrait être clair : impossible de ne pas être représenté aux avants-postes. Alex Aranburu a deux occasions avec demain pour briller et l’espagnol est le plus rapide des coureurs de l’équipe Kazakh. Mais l’option la meilleure sur le papier semble être l’arrivée de vendredi. LLS a une bien belle occasion de se montrer. Déjà à l’avant sur l’étape de l’Angliru, il était des derniers survivants d’une échappée condamnée dès le départ. A 36 ans, le palmarès du champion d’Espagne est bien étoffé. Gardien de 49 victoires professionnelle, c’est un briscard avec un sens affiné de la course lui permettant de décrocher 4 victoires sur le Tour de France en carrière. On aura souvenir de son travail titanesque pour porter Jakob Fuglsang vers la victoire sur les pentes de l’alto de La Cubilla, l’an passé, tout en décrochant la 3e place. Dans un groupe d’échappée, il fait partie des hommes les plus dangereux au sprint avec sa pointe de vitesse qui lui aura un joli mano à mqno l’an passé avec Alejandro Valverde sur le championnat national. Véritable gros moteur, le condition de départ sur le plat peuvent lui permettre de s’extirper et ses qualités de grimpeurs de sortir du peloton dans les difficultés. Un coureur qui coche à somme si ce n’est trop de cases toutes les cases pour ne pas être vu comme un favori à la victoire du jour où il faudra être un vrai renard.

Quand on parle de renard, on mentionnera l’inévitable Rui Costa. C’est écrit à l’avance, le portugais sera à l’avant dans une telle journée. Les conditions climatiques sont à son avantage lui qui aura bien figuré au mondial du Yorkshire. Mais si les conditions climatiques sont aussi exécrables qu’à Harrogate, c’est vers le 5e qu’il faut se porter.

https://sport.tv2.dk/cykling/2020-11-04-moerkoev-faar-valgren-til-at-droppe-plan

Le danois Michael Valgren est assurément avantagé par les conditions : l’étape est longue, l’étape est exigeante, l’étape est sous une pluie diluvienne, l’étape est venteuse.

Pressenti depuis une semaine chez les EF Education First, Michael Valgren n’est toujours pas pour l’heure sans contrat pour la saison à venir. Une situation d’instabilité professionnelle accentuée par les déclarations de Bjarne Riis qui n’a pas trouvé de sponsors pour l’équipe NTT Pro Cycling en vue de 2021 signant la mort de l’équipe. Dans un entretien à une TV danoise, le coureur de la NTT admettait qu’aujourd’hui et demain sera sans doute ses dernières chances de s’illustrer avec une quasi-obligation de gagner. Le va-tout le plus prolifique semble être sur une journée de classicmen comme le départ de l’étape du jeudi qui sera donné à 10h50. Des conditions climatiques faisant penser à la Bretagne Classic où Valgren faisait partie des hommes costauds dans le final et surtout en vue. Sans doute pas le fruit du hasard, si Valgren est allé chercher une place d’honneur (5e) sur les pentes d’Aramon Formigal dans une journée marquée par… la pluie. Marquant les flandriennes mais encore plus les ardennaises avec de nombreuses prestations dont une victoire sur l’Amstel Gold Race, le classicman a du répondant pour l’arrivée à Puebla de Sanabria.

Un dernier mot ? Allez faire un tour dans ses mentions j’aime sur Twitter, vous ne serez pas déçu : https://twitter.com/MichaelValgren?s=09

PRONOSTICS

Luis León SÁNCHEZ vainqueur : 17 – 0.5% (Winamax) / podium : 5 – 0.25% (Betclic)

Michael Valgren podium : 5.5 – 0.25% (Unibet)

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