Etape 13 La Vuelta a España 2020 Preview

Un contre-la-montre très probablement décisif dans une troisième semaine plus légère. La Vuelta peut s’y gagner assurément au lendemain d’une journée de repos.

Un contre-la-montre en apparence pour les rouleurs mais ne cacherait-il pas quelques pièges ?

Les presque 32 premiers kilomètres sont à l’avantage des gros cuisses. Plat, c’est un terrain de jeu pour les rouleurs qui peuvent y faire péter les watts.

D’autant que le vent sera fort et de face, une large majorité du circuit. Ce qui est un élément favorisant d’autant plus les spécialistes qui savent rester gainés pour ne perdre aucune sur ces portions côtières de la Galice. Un vent au plus fort entre 15 et 16h.

Le Murito de Ézaro est une abomination : 1.8 kilomètres à 14.1% pour un maximum de 23.9%. Tout indique que les grimpeurs peuvent y reprendre du temps.

Le changement de vélo y sera autorisé dans une zone dédiée. Un changement à la Bergen, avec un vélo sur place et non sur la galerie de la voiture suiveuse. La poussette du mécanicien est autorisé sur un espace donné. Mais est-ce le changement de vélo est profitable sur une difficulté de 7 minutes.

L’endroit choisi est avant le rétrécissement dans le début des pourcentages ascendant, juste après un virage. Un élément qui aura tendance à ralentir les coureurs. S’il apparaît comme peu bénéfique de changer de vélo sur une partie plate comme à Bergen où on perd tout le bénéfice de la lancée à 50 km/h. Dans le cas précis, la perte de vitesse est déjà enclenchée. Bien entendu, l’endroit idéal aurait été une centaines de mètres plus loin. Mais il apparaît sur de telles pentes de se délester du kilo supplémentaire du vélo de CLM par rapport au vélo traditionnel. Tout comme celle d’un roue lenticulaire dont le bénéfice est nul voire négatif au vue du poids dans une montée.

Pour se faire une idée de la difficulté de la pente, voici la dernière arrivée au sommet du Murito de Ézaro avec la victoire de Purito mettant près d’une minute sur un Philippe Gilbert.

Comme expliqué dans cet excellent thread, la partie plate est sans nul doute la plus décisive. Si le débours peut se contenter en minutes sur celle-ci, le mur final peut voir entre une centaine de secondes à 45. L’objectif est donc de limiter la casse sur le plat et d’écrasser au maximum sur le plat pour les rouleurs afin d’avoir le meilleur matelas possible au pied des 1.8 kilomètres restants.

Selon toute vraisemblance, ce sont les rouleurs qui sont avantagés malgré la difficulté du Mirador pour mettre la daronne à l’abri et faire plaisir à son papy comme dirait Kezah et Freddy.

A l’image de la partie plane du chrono de la Planche des Belles Filles, le mano à mano pour la victoire devrait se situé entre Primoz Roglic et Rémi Cavagna. Le plateau de rouleurs n’étant pas élevé, il n’est pas incohérent de les voir au dessus du lot chez les bookmakers. Cependant, une place reste à prendre sur le trône. Le meilleur élément pour se faire est sans doute Nelson Oliviera qui aura montré beaucoup de forme jusqu’à présent. Le parcours semble lui aller comme un gant en poussant exprimer sa polyvalence que Cavagna n’a pas. Ce n’est pas un hasard si sur un chrono similaire au mondial de Bergen, le portugais avait pris la 4e place à seulement 7 secondes de Christopher Froome. Dans une composition différente mais avec une grosse difficulté au cours du parcours, c’est à la 5e place qu’il avait fini à Innsbruck. Nul doute que le spécialiste de la Movistar le fera à fond pour donner des indications à Enric Mas.

Derrière Roglic, le leader de la Movistar est sans doute, l’homme à battre. Toujours dans le Top 10 des chronos des Grands Tour, que ce soit à Pau en 2019 qu’à la Planche des Belles Filles cette année. Tout le monde a pour référence sur chrono de Torrelavega sur la Vuelta 2018. A 1’50” de Carapaz et 1’18” du podium, rien n’est interdit pour Mas qui peut profiter de sa forme tant pour exploser les chronos sur le plat lui qui était 12e sur le deuxième intermédiaire de la Planche des Belles Filles à 1’38” de Cavagna et 1’18” de Roglic. Animateur de la montée de l’Angliru, il a démontré qu’il devrait pouvoir avaler le mur.

Mais pour le podium, il devra se confronter à des spécialistes sous les radars comme Will Barta qui aura montré une forme éblouissante en étant régulier sur cette Vuelta mais au delà en prenant une surprenante 25e place à quelques encablures de son coéquipier Jan Hirt sur l’Angliru. Véritable spécialiste, la portion plate est à son avantage tant ses chronos 2020 au Poitou-Charentes et à Tirreno-Adriatico ont montré sa puissance.

PRONOSTICS

Enric Mas podium de la Vuelta 2020 : 3.5 – 0.5% (Unibet)

Nelson Oliviera podium : 2.6 – 0.25% (Betstars)

Will Barta podium : 15 – 0.25% (Winamax)

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