Etape 15 Giro d’Italia 2020 Preview

Etape de clôture de la deuxième semaine avec une arrivée au sommet. En période Covid, avec les risques d’annulation pesant comme une épée de Damoclès au dessus de la tête du peloton, on peut espérer une bataille des leaders. Mais les équipes ont montré certaines lacunes qui laissent beaucoup d’espoir aux échappées.

4481 mètres de dénivelé positif, aucun doute possible : l’étape du jour peut faire des dégâts. Le Giro ne s’y gagne pas, si l’épreuve va au bout. Mais il peut s’y perdre. Course aux bonifications, course dans la course, course aux assessits, course aux divers classements… beaucoup de paramètres incitent aux moments. A la veille d’une étape de repos et des tests PCR, l’ombre de la Michelton Scott et de la Jumbo-Visma hante le peloton de la 103e édition.

Le départ facile amène à penser que la bataille devrait une énième fois être âpre en vue de prendre la bonne échappée du jour. Il n’est donc pas à exclure que le même schéma des jours précédents se reproduisent avec une échappée partant au pied de la première difficulté située au bout d’une heure de course.

Mais c’est véritablement le dernier col qui semble dessiner le sort de l’étape. Si l’ombre du Covid-19 demeure, les organisateurs font montre d’abnégation et de détermination dans le but d’arriver à Rome. La troisième semaine est indigeste. Elle invite dans ce cadre à éviter tout effort superflu. En même temps, la journée de repos offre un cadre idyllique pour recharger les batteries. La balance semble être équilibrée sur les chances d’avoir une course dans la course. Joao Almeida est, exception faite de Wilco Kerderlan pointant sous la minute, avec une marge de plus de deux minutes sur les autres prétendants au Classement Général.

Si la montée de Piancavallo est longue avec ses 14.5 kilomètres, le débours peut vite se compter en minutes pour qui aura un jour sans. Y tenter des manœuvres est alléchant.

Le vent y sera d’une part mais quand bien même favorable. Et s’il est un élément annhilateur d’attaques dans une arrivée au sommet, c’est un vent de face, de peur de subir une « attaque boomerang ». Le problème aujourd’hui n’est pas les conditions climatiques. Mais le détail de la montée. Les 10 premiers kilomètres sont à près de 9%. Une partie vraiment escarpée contrairement aux cinq derniers kilomètres qui offre un boulevard visuel et des pentes beaucoup plus douces. La conclusion est sans appel, les manœuvres doivent être tentées dès le pied dans les pourcentages les plus raides pour espérer faire une différence.

La Deceuninck Quick Step comme à l’accoutumée laissera filer les échappées pour ne pas mettre aux mains de ses adversaires les bonifications à l’arrivée et aussi indirectement ne pas subir le poids de la course dans une chasse aux fuyards. Une économie bienvenue de son effectif en vue de la montée finale.

Les Ineos Grenadier, les Education First, les AG2R la Mondiale et les équipes invitées sont attendues pour tenter de mettre à leur compteur une énième victoire d’étape pour les deux premiers et une première pour les autres.

Probablement que si une équipe de leaders est intéressée par le gain d’étape mais surtout pour courir pour son chef de file, la stratégie la plus viable est de placer un homme dans l’échappée en point relais dans le but d’attaquer le peloton des leaders dans la première partie du Piancavallo.

La Sunweb semble courir de manière assez mesurée avec un tel final et un maillot rose paraissant solide, l’espoir de combler les 56 secondes de retard semble minime avec un tel final. La troisième semaine offre maintes occasions outrement plus intéressante.

Le poids revient sûrement aux équipes des leaders le suivant. La NTT Pro Cycling de Dominico Pozzovivo pointe en tête de liste. Des leaders, il a été un des plus actifs et à exposer toute sa forme. Son équipe a assumé que ce soit dans le final de Tortoreto que lors de l’étape de Cesenatico, le travail quand il le fallait. Bien que 7e du Général, à 2’33 » d’Almeida, l’italien n’est qu’à 22″ du podium. La hiérarchie peut donc très vite basculer.

Si Pozzovivo est aux portes du podium, cela implique la Bora Hansgrohe, la Trek Segafredo, la UAE-Team Emirates sont une menace pour la troisième place de Pello Bilbao. La main d’œuvre potentielle pour chasser l’échappée est donc conséquente.

Dans un scénario où les leaders devait se livrer bataille. Sans doute, un leader désormais à plusieurs encablures est une belle option.

Le chrono de la veille est un bon indicateur. 11e à 3’44 », Tao Geoghegan Hart n’est pas une menace pesante tant sur le leader qui pour le podium. L’un des hommes forts du Classement Général sur le chrono ne comptant qu’un faible débours. Profitant de sa position et de la faiblesse des équipes, il aura été à l’attaque sur les pentes du Roccaraso dans une situation similaire. Auteur d’un attaque tranchante dans le mur du Calaone a Monselice, il aura monté avec sa 4e place à la fois sa forme et sa pointe de vitesse qui peut être un atout si l’étape venait à se résumer à une neutralisation entre leaders.

Cependant, la faiblesse des équipes étant et la composition du final n’incitant pas au va-tout. Les chances des échappées demeurent. Ruben Guerreiro apparaît en tête de liste pour beaucoup puisque son intérêt est double avec la chasse aux points pour le maillot de meilleur grimpeur. Mais c’est sans doute vers son coéquipier Tanel Kangert qu’il faut se pencher. 7e du contre-la-montre, l’estonien est en forme. Loin au GC, il a bien sûr le bon de sortie pour prendre la poudre d’escampette. Sa forme est bonne en témoigne sa surprenant 7e place à Saturnia sur le Tirreno-Adriatico dans un profil marqué par les murs de Toscane. Un élément qui me faisait le pointer pour l’étape victorieuse de Peter Sagan. Tout en soulignant les craintes qu’il n’attend dimanche. Puisque les efforts dans les montées pour puncheurs ne lui correspondent pas. En véritable grimpeur, le coureur de la EF est ce qu’on appelle un véritable diesel. Le profil du jour lui scie donc à merveille. Un coureur qu’on a l’habitude de retrouver dans les échappées lors des arrivées au sommet. Son excellente place en début de saison sur l’étape de clôture de Paris-Nice à Valdeblore La Colmiane n’est pas sans rappeler que l’estonien peut faire partie du gratin mondial quand la forme est présente. Profitant d’un potentiel jeu d’équipe avec Guerreiro, Kangert naviguerait, à l’instar de Tao Geoghegan Hart dans l’échappée sous les radars.

Pronostics

Tao Geoghegan Hart vainqueur / Top 3 : 21 / 6.5 – 0.25% (Betstars/Unibet)

Tanel Kangert vainqueur / Top 3 : 30 / 9 – 0.25% (Betclic/Unibet)

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