Etape 12 Giro d’Italia 2020 Preview

A l’instar d’une étape comme Tortoreto, le profil du jour possède un final presque similaire. Un vent de “on prend les mêmes et on recommence souffle sur le Giro”.

Profil Etape 12 du Giro d’Italia 2020 ©️ RCS

204 kilomètres pour 3812 mètres de dénivelé positif, le parcours du jour est sur un circuit “up and down”.

Palmarès Memorial Marco Pantani ©️ Emilia Sports Group

Une journée casse-patte inspirée du mémorial Marco Pantani dont Fabio Felline est le dernier à avoir inscrit son nom au palmarès de la course passant par le Montevecchio. Après Rimini, le Giro continue son hommage dans une étape dans la ville natale du pirate.

Le vent devrait être un élément important dans la.composition de l’échappée. Frappant fort du SSO, les coureurs l’auront presque de face sur la première partie de parcours jusqu’à Meldola. Et de dos / trois quarts dos sur le retour vers Cesenatico à partir de la montée de la Madonna di Pugliano.

Avec un départ plat durant les premiers 27 kilomètres, la bataille pour prendre le large devrait une nouvelle fois être rude. Les gros moteurs auront sans doute un avantage avec ce vent pour se dégager plus facilement du peloton.

Si la sélection n’est pas faite avant, elle devrait nécessairement se faire dans la montée d’abord vers Bertinolo puis vers Polenta. Si un nombre suffisant d’équipes est représenté à l’avant, le rideau se fera. Évidemment, nul n’est à l’abri d’une nouvelle tentation de Peter Sagan de figurer aux avants-postes. Quid de la réaction de la Groupama-FDJ si tel est le cas ?

Dans une étape difficilement contrôlable et vallonnée, il est peu probable de voir l’étape française chassait plus loin que Pian di Spino (KM 55.3). La route grimpant alors vers San Matteo, un terrain clairement au désavantage de la G-FDJ. Tout au plus, c’est donc une heure de course menée tambours battants qui devrait attendre le peloton. Avant que ce dernier ne fasse rideau derrière la bonne échappée du jour.

Répertorié comme étant une montée de 6 kilomètres à 6.4%, la Ciola signe le début du journée casse-patte dans les forts pourcentages avec un maximum de 12%.

Le Barbotto quant à lui est répertorié en 4.5 kilomètres à 8.4%. Ce qui en fait une montée exigeante dont les pentes s’élèvent jusqu’à 17%.

Le Perticara (8.1 kilomètres à 4.7%) est le plus long du jour et sans doute le plus dur. Mais situé loin de l’arrivée peu de chance d’y voir des mouvements à l’avant de la course comme à l’arrière. La Montetiffi qui le précède est sans nul doute une ouverture complexe avec 1.8 kilomètres à 9.2% et des pentes maximales à 16%. L’endroit parfait pour faire un écrémage dans un groupe de tête trop consistant.

9.1 kilomètres à 5.5%, la Madonna di Pugliano est beaucoup plus roulant que ses prédécesseurs. Seul les 4 premiers kilomètres sont exigeants avec une pente moyenne à 7.7%. Mais arrivé à Serra di Maiolo, la pente se fait plus douce. C’est à partir de cette montée que les coureurs remonteront vers le nord et auront vent de dos.

Un lève cul non répertorié est situé à Passo delle Siepi. Rien de bien méchant comparé au menu précédent mais dans une journée où ça ne fait que monter descendre, c’est un relief qui pèse en fin de parcours.

Enfin les coureurs concluront par le Gorolo ou la montée de San Giovanni in Galilea. 4.4 kilomètres à 6.3%, la montée devrait servir d’appui pour les hommes les moins rapides du groupe de tête qui voudront éviter un sprint réduit. Le sommet est particulièrement exigeant avec un dernier kilomètre à 9.6%.

Cependant, une attaque en solitaire n’est-elle pas une opération suicide avec 29 kilomètres restants à parcourir ? Il faudra soit être accompagné, soit avec un groupe désorganisé en chasse pour espérer ne pas être repris.

Le final est vraiment plat et offre un billard pour les hommes les plus rapides du groupe se disputant la victoire.

Une ligne droite finale de près d’1.5 kilomètres pour conclure une journée éreintante.

L’avantage numérique peut peser sur la balance.

Qui pour chasser derrière l’échappée ?

La situation est la même que pour Tortoreto, la Groupama-FDJ doit être éliminée. Certes, le final est plat après le Gorolo mais Arnaud Demare n’a de chance de le passer que dans un peloton qui n’aura pas mené la course à un rythme élevé. Si tel est la cas, cela implique que l’échappée se sera disputait la victoire. Les chances de voir Arnaud Demare ne pas souffler sur cette étape sont ainsi bien maigres.

La Bora Hansgrohe semble une nouvelle fois être l’équipe toute désignée. Seulement, l’équipe a plus d’intérêt de refaire le coup de Tortoreto et placer Peter Sagan à l’avant. D’autant qu’avec à la fois Rafa Majka et Patrick Konrad respectivement 7e et 6e du classement général, l’équipe n’a pas à rouler en chassant sur tous les tableaux pour la quête du maillot cyclamen avec le vainqueur de l’étape de mardi et le GC avec ses deux leaders.

La Sunweb en tant qu’équipe du dauphin de maillot rose n’a pas à assumer le point de la course sur une telle étape. D’autant que Michael Matthews n’est plus dans ses rangs à la suite de son contrôle positif (retesté négatif le lendemain) au Covid-19.

La Deceuninck Quick Step comme à son habitude devrait prendre en main de peloton, en roulant à un rythme qui endort le peloton et laisser filer les échappées en faisant grimper les minutes d’avance. Se faisant elle se libère à la fois d’une chasse usante et de potentielles bonifications à l’arrivée pour les concurrents du maillot rose, Joao Almeida.

A la fois la Astana fortement diminuée et la Trek Segafredo n’ont évidemment aucun intérêt à rouler sans le maillot rose. Dans une étape où l’effort consenti semble négatif dans le bilan coût-avantage. Quand bien même Jakob Fuglsang aurait du temps à rattraper.

La Ineos Grenadier est une équipe chasseuse d’équipes et ne doit juste que prendre les échappées comme elle l’a toujours fait depuis la perte de son leader, Geraint Thomas.

Reste les équipes invitées qui sont là pour montrer le maillot à l’avant de la course. Les Ag2R se retrouvent plus qu’à quatre et n’ont plus que les assessits en tête. Les EF éducation First n’ont personne pour jouer le Général, elle se doit de chasser comme les Ag2R. Même les équipes avec un leader faible comme la CCC (Ilnur Zakarin, 12e à 2’27”) ou même les UAE emirates (Brandon McNulty, 13e à 2’39”) comme les Movistar (Antoine Pedrero, 15e à 2’58”) doivent profiter de ces étapes.

En somme, hormis le cas d’une équipe non représentée à l’avant comme la UEA à Tortoreto. Aucune équipe n’a d’intérêt à chasser. Les feux sont au vert pour une échappée mais qui dit échappée dit loterie. Dans une loterie, tout l’art est de trouver les bons numéros.

Quels sont les meilleurs candidats ?

A peu près les mêmes profils que mardi en vérité. C’est pourquoi la journée ressemble plutôt à une “try again”.

Si les échappées ont de grandes chances de se disputer la gagne, il faut viser :

  • des gros rouleurs capables de sortir sur le plats
  • des puncheurs capables de faire la différence dans les forts pourcentages
  • des coureurs avec une bonne pointe de vitesse
  • des coureurs qui auront un bon de sortie en étant loin au GC
  • éviter les poids plume qui peuvent louper le coche avec le vent de face au départ.

Au cours du début d’étape de Tortoreto, beaucoup de noms ont tenté. Plusieurs ont insisté que ce soit des Diego Ulissi, Mikkel Bjerg, Andrea Vendrame, Josef Cerny, Jhonatan Restrepo, Peter Sagan, Filippo Ganna, Simon Clarke, Ben Swift, Giovanni Visconti, et cetera.

Si la carte Ag2R en la personne d’Andrée Vendrame était intéressante. Avec un départ si ventueux, un profil similaire est sans doute plus approprié. Giovanni Visconti, véritable expert des échappées sur le Giro d’Italia (cumulant une vingtaine au cours de sa carrière) est de ceux-là. Le coureur de la Vini Zabu déjà échappée de nombreuses fois pourrait profiter de sa pointe de vitesse en comité réduit. Deuxième de l’étape de l’Etna, ses qualités de grimpeurs ne sont plus à démontrer. Prendre l’échappée aujourd’hui aurait un double intérêt : viser la victoire d’étape et revêtir le maillot ciclamino de meilleur grimpeur. Avec 76 points, l’italien ne pointe qu’à 8 points de Ruben Guerreiro. Ce dernier devrait d’ailleurs marquer à la culotte le triple champion d’Italie (2007, 2010 et 2011).

Pour les mêmes raisons que Tortoreto, il convient de mentionner une nouvelle fois Josef Cerny qui a fait montre d’envie sur les dernières étapes sans jamais prendre le bon wagon comme cela pouvait être vu sur les caméras embarquées au sein du peloton. Véritable gros moteur, si l’échappée venait à prendre le large, il aurait de grande chance de figurer parmi les hommes de tête. 3e de l’étape de Murcia n’est pas sans démontrer ses qualités lorsque les routes s’élèvent. Ses qualités dans l’effort individuel, lui permettent à l’instar d’un Pipo Ganna de liser son effort. Cette fois-ci contrairement à Tortoreto, il n’aura pas à anticiper un sprint. Mais si tel est le cas et son envie, il ne faut cependant pas lui laisser beaucoup de marge. Et si un sprint réduit devait se dérouler sa pointe de vitesse est aussi une des plus rapides des potentielles échappées.

Si on parle d’échappée, l’équipe qui se démarque le plus et apparaît comme redouble, reste la Ineos Grenadier. Ayant montré beaucoup d’envie sans jamais mettre la balle au fond des filets, Jhonatan Narvaez est un candidat redoutable sur un tel circuit. Véritable dynamiteur sur le Tour de Wallonie dans les cotes de Beffe et de Cheratte. Le colombien est enfin remis d’une allergie contractée en Italie. Vainqueur et homme fort du Coppi e Bartali, Le puncheur de la Ineos a une étape qui lui scie à merveille. Ben Swift après ses démonstrations récentes pourraient être la meilleure carte. Mais se réservera-t-il pour le sprint de demain ? A vrai dire Salvatore Puccio est sans doute le meilleur plan B, déjà échappée deux fois (à Camigliatello Silano, l’étape remportée par Ganna son coéquipier et à Vieste où il a pris la 2e place). Véritable grégario, il a une jolie pointe de vitesse en comité réduit. La perte de G. lui permet tout comme Michal Kwiatkowski sur le Tour de France de nous éclabousser de tout son talent.

Avec un tel vent, le final pourrait être mouvementé. Mikkel Bjerg a fait montre de talents jusqu’à présent quand il s’agissait de rejoindre les échappées dans des chasse-patates infernaux. Le scénario qui le favorise est celui d’une late attack dans le final où comme McNulty, il ferait parler ses qualités dans l’effort individuel pour résister à un groupe chassant. Il n’est pas sans rappeler que le danois est triple champion du monde de contre-la-montre chez les espoirs et s’est classé troisième lors du chrono d’ouverture du Giro à Palerme. Un groupe chassant derrière lui qui pourrait être désorganisé si Ulissi venait à se glisser lui aussi dans l’échappée. Ne collaborant pas et faisant figure d’épouvante, le jeu d’équipe parfaite pourrait être de permettre à Bjerg de tenter un baroude d’honneur sur les 10/15 kilomètres de plat menant à l’arrivée. Le vent de dos aidant, il serait difficile de rejoindre le jeunot une fois lancé.

PRONOSTICS

Giovanni Visconti gagnant / Top3 : 30 / 11 – 0.25% (Unibet/Zebet)

Josef Cerny Top 3 : 50 – 0.1% (Zebet)

Jhonatan Narvaez ou Salvatore Puccio gagnant : 12.85 – 0.25% (prendre les cotes 15 et 90 sur Winamax/Zebet)

Mikkel Bjerg vainqueur : 26 – 0.15% (Unibet)

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