Etape 5 Giro d’Italia 2020 Preview

Une étape qui sur le papier pourrait intéresser plus qu’un coureur à prendre l’échappée. Mais en sera-t-il le cas ?

Une étape longue de 225 kilomètres et un dénivelé positif total de 4705 mètres dont le juge de paix devrait nul doute être la montée de Valico di Montescuro.

Les échappées peuvent-ils aller au bout ?

Plusieurs éléments semblent être en la faveur d’une journée favorable aux fuyards. D’une part, la journée est longue et exigeante. Ce qui l’a rend complexe à maîtriser. D’autres part, les positions au GC semble offre un boulevard aux échappées. D’abord, les écarts hors Top 20 commencent à se creuser. Ce qui permet un bon de sortie accordé plus facilement et un filtrage simplifié pour l’équipe du leader actuel. Un leader d’autant plus sous la menace de son dauphin qui ne pointe qu’à 2″. Avec un final en descente et des bonifications à l’arrivée, la Deceuninck Quick Step serait bien inspiré de laisser filer les secondes bonus en vue du Général. D’autant plus que les autres leaders du Top 10 sont principalement sous la minute. Du coup, si la DQS n’a pas de raison de rouler après les échappées hormis le fait d’avoir laissé passer un homme dangereux au Général. Quelle équipe peut prendre le relai ?

Les Education First ? De prime abord, on pourrait se poser légitimement la question. Caicedo ne pointe qu’à 2″ d’Almeida. Cependant, avec un dernier kilomètre en faux plat montant. Il convient de le faire exploser dans la montée finale et de faire la descente. Toute arrivée avec le portugais condamne ses chances de revêtir la tunique rose. Cela implique aussi de reprendre les échappées et d’inspirer les autres leaders à l’attaque. Ainsi être sous la houlette d’un meilleur grimpeur et descendeur. Traditionnellement et de façon assez conservatrice, l’équipe du dauphin laissera le peloton au main du leader pour ne pas avoir à lui faire son travail. Les hommes au casque à canard ne devraient donc pas tenir en respect l’échappée matinale.

Les équipes des leaders le mieux placé au Général comme la Trek et la Sunweb qui peuvent rêver de la victoire finale avec l’abandon de G. Thomas et de la défaillance de S. Yates ? Le bilan coût-avantage apparaît comme négatif sur le tableau. La montée finale est certes longue mais semble pas suffisamment sélective. Un gain marginal pourrait être à la clé. Un tel effort en début de Grand Tour pour une poignée de secondes semble peu probable.

Les mises actuelles hors jeu des deux grands favoris offrent un boulevard à Fuglsang. Mais les Astana étant réduit avec les abandons de Lopez et Vlasov semblent indiqués qu’en sous effectif le danois serait bien inspiré de préserver ses éléments.

La Jumbo-Visma alors ? Kruisjwik n’offre aucune garantie après un chrono d’ouverture décevant et une montée de l’Etna en dessous des meilleurs leaders en ayant décroché du groupe.

Reste la Bahreïn de Bilbao et la NTT de Pozzovivo. Mais ce n’est pas dans leur gêne et à l’instar des EF, pas à eux de prendre les choses en main.

En vérité, seule la Michelton Scott a un intérêt manifeste pour replacer Yates au GC à la suite de sa défaillance. Mais là encore, est-ce un jour sans ou un Yates sur la pente descendante ? Voire convalescent ? Rouler toute la journée dans l’incertitude d’un déjà-vu de la montée de l’Etna semble être un gros coup de poker. D’autant que son attaque dans la montée finale sera téléphonée. Là où elle ne sera que attendue sans plus de certitude si la MTS ne roule pas. On pourrait se dire que Yates a tout intérêt de prendre le large. Cependant, aucune équipe de leaders ne le laissera opérer une remontée au Général après son Tirreno-Adriatico dominateur. Tout comme son Tour des Émirats avant Covid.

C’est pourquoi les échappées ont toutes les chances d’aller au bout. Avec un départ en bosse sur 3 kilomètres, il faudra être bien échauffé et dans la roue de Thomas de Gendt pour prendre vite le large. Un tel départ favorise un filtrage plus simple pour la DQS. Sauf qu’une journée favorables aux échappées impliquent que les consignes d’équipe seront de placer un homme devant.

La difficulté du départ étant les attaques peuvent être incessante jusque la montée vers Borgia.

Le final est sans l’ombre d’un doute favorable aux meilleurs grimpeurs. Bien que les pourcentages les plus raides soient au milieu du col. Sans doute l’endroit clé pour faire l’écrémage.

La descente vers l’arrivée est rapide et techniquement seulement pour un Zakarin.

Et le dernier kilomètre en faux plat montant implique si une arrivée en petit comité a lieu d’aborder le dernier virage dans les trois hommes de tête. La position idéale étant sûrement la deuxième dans un sprint vent de face.

Une étape qui semble profilée pour Ruben Guerreiro. 2e de la dernière étape du Tirreno-Adriatico derrière le monstre Mathieu van der Poel et 16e de l’étape exigeante de Sassotetto le portugais a montré une forme éblouissante. Sur le papier, le coureur de la EF coche toutes les cases. Bon rouleue, il peut s’extirper facilement du peloton et lui tenir la dragée haute. Bon grimpeur, il peut suivre les meilleurs dans l’échappée. Bon descendeur, il devrait prendre de bonnes courbes. Et bon sprinteur, il peut rivaliser avec beaucoup de monde dans un sprint réduit. Si les jambes du Santuario del Acebo de la Vuelta 2019 sont là, Guerreiro est sûrement un très gros client aujourd’hui.

Du côté des Ineos, l’offensive est de mise. Avec un profil favorable aux puncheurs demain, un coureur comme Narvaez devrait être au chaud au fond du peloton. Jonathan Castroviejo est très clairement la meilleure option de l’équipe britannique après avoir été à l’attaque sur les pentes de l’Etna. Véritable bête à rouler pour ses leaders tout au long des années, une victoire à l’image de Kwiatkowski sur le Tour serait un juste retour des choses. Ses capacités en chrono peuvent lui permettre de s’extirper facilement du peloton.

Du coté de la Jumbo Visma finissant devant le groupe Gaviria donc n’étant pas lâché par le peloton, à la fois Antwan Tolhoek et Tobias Foss ont perdu 1’09”. Les faisant pointer respectivement à 23’13” et 16’25” du Général. La liberté d’action est permise. Foss est un néon pro, véritable phénomène du cyclisme norvégien qui aura remporté le Tour de l’avenir 2019. Ce qui vous place le bonhomme quand Bernal et Pogacar sont ses prédécesseurs. Sa 5e place au chrono d’ouverture a démontré à la fois ses jambes et ses capacités connues en amateur dans l’effort individuel. Tolhoek est quant à lui plus discret mais possède très bonne aptitude dès que la route s’élève en témoigne sa victoire sur le Tour de Suisse l’an passé devant Bernal. Sa forme est bonne au vue de son Tour de Lombardie. Les deux coureurs ont un bon coup à jouer sur cette étape.

PRONOSTICS

Ruben Guerreiro vainqueur/Top3 : 17/7.5 – 0.5% (Unibet/Winamax)

Jonathan Castroviejo Top 3 : 7.5 – 0.25% (Winamax)

Tobias Foss ou Antwan Tolhoek Top 3 : 36.84 – 0.15% (prendre les cotes Winamax 50/140)

Laisser un commentaire