Etape 2 – Tour de France 2020 Preview

Que celui qui avait vu la victoire de Kristoff après sa grosse chute mercredi à Plouay lors du Championnat d’Europe lève la main ? Que celui qui avait prévu que l’étape d’ouverture serait une hécatombe lève la main ? Si d’ordinaire les premières étapes sont marquées par la nervosité du peloton, rares sont les étapes qui obligent tous les coureurs à vouloir neutraliser l’étape de par sa dangerosité. Le départ à Nice promettait d’être dure mais c’est l’étape du dimanche qui venait immédiatement l’esprit de tous.

Profil Etape 2 du Tour de France 2020 ©️ A.S.O.

Pas moins de 4044 mètres de dénivelé positif. Et il va falloir s’accrocher car le départ risque d’être rapide avec les équipes de sprinteurs directement en formation. Pour cause, le sprint intermédiaire de la journée interviendra à seulement 16 km du départ.

Passons outre le fait que la ligne se situera juste avant un rond point… le sprint est en faux plat montant sur un véritable billard. Qui dit sprint en faux plat, dit Sam Bennett. 4e de la première étape malgré l’absence préjudiciable de Archbold et de Stybar à la dernière minute et même d’un étage de la fusée comme Lampaert, le train a montré qu’il était en place. Troisième en guise de mise en jambe du sprint du peloton pour le sprint intermédiaire de l’étape 1. L’irlandais ne sera pas du genre à laisser filer l’occasion de marquer des points si ce n’est les seuls points qu’il marquera dans la journée.

Les leaders ont-ils intérêt à une course de mouvement lors de cette étape ? L’enchainement du Col de la Colmiane et de l’exigeant Col de Turini pourrait les inspirer. Mais bien mal leur en prendrait dès la deuxième étape du Tour. Même si la situation sanitaire invite à défendre un maillot jaune tôt dans le Tour parce que l’on ne sait pas de quoi demain est fait. Et que les règles quant à la protection de la « bulle sanitaire » du peloton sont une menace constante sur le dos des équipes avec une possible exclusion à la clé. Il est peu probable de voir un leader tenter un coup.

Stephen Roche invitait à profiter de la descente de Turini pour tenter le coup. Il est vrai que la descente reste à la fois très technique notamment en raison de son revêtement mais celle-ci est placée trop loin de l’arrivée (86.5km) et les kilomètres de replat menant au circuit final n’est pas propice à des fuyards chassés par le peloton. L’idée semble bonne mais vouée à l’échec.

Un circuit final qui devrait inspirer toutes à la fois les participants réguliers de Paris-Nice avec l’arrivée désormais presque classique que des résidents monégasques qui connaissent ces routes par coeur. En effet, les coureurs ont emprunté le même circuit en 2018 et 2016, à quelques différences près notamment dans la composition du Col d’Eze. Le record Strava tant de la montée du Col de Quatre Chemins que de sa descente y étant établi pour tous les coureurs locaux que de la Course au Soleil.

Pour savoir où doit avoir lieu le mouvement le plus opportun la météo doit être prise en compte. Puisque le peloton va faire face à un vent de dos dans le Col d’Eze et des Quatre Chemins et de face dans la descente ralliant l’arrivée. Et les rafales qui devraient souffler, devraient pousser les plus téméraires à tenter leur chance dans la dernière ascension et non dans le col d’Eze.

L’ascension du Col des Quatre Chemins n’est pas la plus dure pour faire des écarts conséquents sur le reste du peloton. Les pourcentages les plus rudes étant situés en son pied. Cependant, avec un vent de dos et des bonifications attribuées en son sommet, nul doute que les mouvements y auront lieu. Le col des Quatre Chemins s’est toujours révélé sélectif lors de la Course au Soleil, une arrivée massive ne devrait pas être à l’ordre du jour. Menée à vive allure, favorisée par le vent, l’écrémage devrait se faire par l’arrière à l’asphyxie avant que les attaques ne pleuvent sur un peloton déjà bien écrémé.

Encore une descente technique dont les frères Izaguirre devraient se réjouir de la descendre sous un temps clément. Pour rappel, les deux coureurs de Astana y avaient chuté en 2018 alors qu’il avaient distancé Yates et qu’ils s’envolaient pour s’adjuger Paris-Nice (https://youtu.be/rF5dZGe1xMA). Technique, elle n’offre guère de grande portion favorable à une chasse. Et avoir une dizaine de secondes d’avance peut s’avérer suffisant. Cependant, la direction du vent peut être un sacré handicap si un groupe organisé est en chasse d’un ou deux hommes dans les parties plus planes des quais.

Est-ce que les échappées ont une chance d’aller au bout ? Avec autant de coureurs à seulement 10 secondes de Kristoff qui ne devrait pas survivre à une journée si complexe, la course au jaune devrait résumer la journée des échappées à une chasse aux points/pois. Alaphilippe n’aura évidemment pas de bon de sortie accordé n’ayant pas perdu de temps. Après son Tour 2019, il apparaît inconcevable que le peloton ne chasse pas derrière le chouchou des français. Exit donc les mouvements de loin voulu par Roche dans un article de l’Équipe où la Jumbo roulera obligatoirement après lui. Exit tout autant le placement d’un coéquipier dans l’échappée. Lorsqu’une étape est taillée pour Alaphilippe, ce n’est pas dans les gènes de la maison belge de ne pas prendre la course en main. Si mouvement il doit y avoir, ce sera donc dans le Col des Quatre Chemins. La Deceuninck Quick Step devrait être l’équipe qui mène la chasse toute la journée. Avec une échappée peut fournie, les coureurs de Lefévère trouveront toujours des alliés de circonstance. Fin du jeu pour les échappées.

Bien qu’on puisse s’attendre à une montée menée tambours battants par les Jumbo-Visma afin de contrecarrer toute attaque. Julian Alaphilippe sera attendu dans le Col des Quatre Chemins. Mais rappelons que son punch est hors du commun et bien qu’il fut attendu dans le Poggio, personne ne semble pouvoir le suivre lorsqu’il met la machine en route. Attendu dans Mutigny, l’an passé, il n’a pas déçu. La descente qui suit est une aubaine pour le coureur de la Deceuninck qui possède toutes les qualités pour briller aujourd’hui. Avec une bonne pointe de vitesse au sprint, une arrivée en petit comité peut le favoriser. Mais gageons qu’une arrivée en solitaire est plus apprécié par le jeu des bonifications. Dix secondes étant alloués au vainqueur de l’étape.

En face, Benoit Cosnefroy est le deuxième espoir français pour le maillot jaune à l’arrivée de l’étape. Et si vous ne l’avez pas lu je vous invite à visiter ce lien : https://goingfullgas.com/2020/08/27/qui-portera-au-moins-une-fois-le-maillot-jaune/ Si sa chute hier avev Sivakov n’était pas pour nous rassurer tant le russe lui semblait marqué. Sa tentative vaine pour secouer le cocotier du peloton dans les 25 kilomètres finaux de l’étape d’hier montre que la chute reste anodine pour le coureur d’AG2R la Mondiale. Rapide au sprint, c’est un autre client qui peut profiter de sa forme du moment dans un groupe réduit. L’envie de rattraper son arrivée au sommet de la cote de la Gachet doit être grande pour le français qui vise une victoire d’étape.

Dans la série des coureurs qui ont annoncé tenter dans le final du jour, Greg Van Avermaet se place en tête de liste. Un bémol subsiste quant à sa capacité à se démarquer du lot tant son Tour de Wallonie est décevant. Narvaez l’ayant nettement dominé lorsqu’il s’agissait de placer des attaques franches que ce soit à Visé dans la cote de la Cheratte mais surtout à Erezée dans la Cote de Beffe. Cependant, en petit comité le belge ne doit pas être sous-estimé. L’objectif pour le belge sera de suivre les bons coups et d’attendre l’emballage final d’un petit comité.

PRONOSTICS

Julian Alaphilippe vainqueur : 5 – 0.5% (Betclic)

Benoit Cosnefroy vainqueur : 40 – 0.25% (Betclic)

Benoit Cosnefroy podium : 12 – 0.25% (Winamax)

Greg Van Avermaet vainqueur : 40 – 0.25% (Winamax)

Greg Van Avermaet podium : 16 – 0.25% (Unibet)

Sam Bennett vainqueur du sprint intermédiaire : 2.8 – 0.5% (Unibet)

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